Merci Luhu & x - Beautiful Blass - x & Gellergreen.
Pas de réaction de ce genre Gellergreen, mais bientôt (enfin, si je peux dire ! Mais, chut ...)
On continue "joyeusement" avec un peu de Chuly et de NBJC
Liliane Rhodes quitta le bureau du chirurgien le cœur lourd et les jambes tremblantes. Elle fit un détour par les lavabos, histoire de reprendre un peu contenance avant d'annoncer la nouvelle aux enfants.
Elle passa un peu d'eau sur son visage et inspira profondément avant de pousser une longue exhalation. Mais cela ne suffit pas à alléger le poids qui opprimait sa poitrine. Charles était son fils au même titre qu'Éric.
Leur relation s'était vraiment développée et avait évoluée en quelque chose qu'elle n'aurait même jamais imaginé. Parfois, elle se disait qu'elle avait réellement commencé à être une mère digne de ce nom à l'adoption de Charles.
Elle n'avait pas vraiment eu les capacités de concourir pour le titre de mère de l'année quand Éric et Serena étaient petits. Elle les avait laissés plus d'une fois chez les Waldorf pour parcourir le monde avec son petit ami du moment.
Mais depuis quelques années maintenant, elle s'efforçait de remédier à ces absences et d'être une meilleure mère. Le hasard avait sans doute choisi comme coïncidence que cela aille de pair avec l'arrivée d'un autre enfant dans sa famille et dans son cœur.
Il y avait quelque chose chez Charles qui l'avait toujours profondément troublée. L'idée même qu'il avait été élevé par Bart contribuait certainement à cette empathie qu'elle avait immédiatement ressentie pour le jeune-homme qui clamait se désintéresser totalement de ce que quiconque pensait de lui … à part son père, qui n'était pas exactement du genre encourageant et magnanime.
Il avait fait tout son possible pour la décourager à entretenir le lien familial qui les unissait à la mort de ce dernier, mais il était évident que ce dont il manquait le plus, c'était l'amour de ses parents.
Il s'était débattu de son mieux, comme un animal sauvage pris au piège et acculé dans un coin. Il avait utilisé tous les trucs qu'il connaissait pour l'obliger à se détourner de lui mais elle n'avait jamais cessé de croire en une relation possible entre eux et au final c'était sans doute ce qui lui avait valu son respect et son amour.
Il ne les donnait pas à n'importe qui, il en connaissait trop la valeur et la douleur de la perte, mais elle avait su l'apprivoiser à force de patience et de tendresse.
Elle rassembla son courage et sortit dans le couloir pour rejoindre la chambre 10-89. Lorsqu'elle y pénétra, Blair était toujours à son poste. Tenant la main de Charles dans la sienne. Elle s'était juste déplacée, s'asseyant sur le rebord du lit pour être plus proche de lui.
Si seulement sa présence avait pu suffire à faire disparaître toutes les blessures de son fils !
Serena était assise auprès de Nathaniel, non loin. Ils semblaient s'appuyer l'un sur l'autre pour réussir à traverser ce moment difficile.
La jeune-fille blonde faisait de son mieux à la fois pour tenir le choc et épauler le jeune-homme, dévasté par l'accident de son meilleur ami. Il se reprochait amèrement ce qui était arrivé même s'il n'était en rien responsable.
S n'ignorait pas que les deux amis étaient fortement liés. Leur amitié avait toujours réussi à tout dépasser, même les plus grandes tempêtes. Ils étaient comme des frères l'un pour l'autre, aussi proches qu'elle et Blair.
Elle observa sa meilleure amie, assise à la droite de Chuck. Elle ne lui avait rien demandé quand elle était arrivée. Ni comment, ni pourquoi. La dernière conversation qu'elles avaient échangée avant l'accident portait sur ses fiançailles et sa robe de mariée.
Pourtant, il était clair qu'il n'en n'était plus question. La blonde avait soupçonné ce fait dès la fin de l'été. Il était plus qu'évident que B ne pourrait jamais oublier l'amour de sa vie, ni cesser de l'aimer, et inversement.
Malgré tout, il semblait que c'était la voie qu'ils avaient choisie. Mais peu importe ce qui se passait, il y avait cette force magnétique, presque mystique, qui les ramenait invariablement l'un vers l'autre comme des aimants. Les deux faces d'une même pièce qui ne pouvaient être dissociées, peu importe combien ils essayaient.
Serena sentit les doigts de Nate presser les siens en signe de soutien, lui aussi étudiait Blair.
La brunette passa délicatement ses doigts dans les cheveux foncés de son ancien amant puis caressa sa joue.
Les trois amis étaient assis dans le silence. Ils n'avaient pas échangés plus de trois mots, les paroles étaient vaines et inutiles. Chacun connaissant parfaitement les inquiétudes et les sentiments des autres face à cette situation.
Ils avaient toujours été là les uns pour les autres, quelques soient les problèmes. Les disputes et les ressentiments passaient après en temps de crise. Mais cette fois, il n'y avait aucun malaise entre eux, ils étaient plus proches que jamais après avoir réglé son compte à Juliette.
C'était il y a un million d'années, entre temps, la brune s'était fiancée et s'était exilée à Monaco pendant tout l'été pour vivre son compte de fée avec son prince. Elle se sentit horrible à cette idée.
Comment avait-elle seulement pu envisager de vivre ailleurs qu'à New-York ? Loin de chez elle, loin de ses amis, loin de Chuck.
Elle dessina à nouveau les traits de son visage parfait du bout du doigt. Elle n'avait aucune idée s'il percevait sa présence mais elle s'assurait que si c'était le cas, il sache qu'elle était là, près de lui.
La jeune-femme tourna son visage vers Lily à son entrée et comprit immédiatement que les nouvelles n'étaient pas bonnes.
La mère de Serena avait les yeux rougis et elle pouvait constater qu'elle avait pleuré sous le mascara qu'elle avait ré-appliqué. C'était quelque chose qu'elle n'avait encore jamais vu et qui réveilla une grande frayeur en elle vu les circonstances.
Elle quitta la main de Chuck à regret quand Lily leur fit signe de l'accompagner à l'extérieur de la chambre, sa meilleure amie et Nate se levèrent pour la suivre.
Une fois dans le couloir les trois amis s'approchèrent de Lily.
- Je préfère ne pas parler dans la chambre, indiqua-t-elle, même s'il est plongé dans un coma artificiel pour lui éviter de souffrir.
Inutile de faire semblant que ce serait une bonne nouvelle.
- C'est pour ça qu'il ne se réveille pas ? interrogea Nate.
Lily acquiesça d'un signe de tête.
- Tant que son poumon n'est pas réparé, il ne peut pas respirer par lui-même. Ils lui ont posé un drain thoracique et il devra rester branché au respirateur pendant au moins deux semaines minimum, le temps de la cicatrisation partielle, ensuite on verra par rapport aux examens complémentaires.
- Il va aller bien, alors ? questionna encore Nate, se raccrochant à un dernier espoir, que ce n'était peut-être pas aussi terrible qu'ils le craignaient tous.
- Les médecins refusent de se prononcer sur un pronostic vital, dit sa mère d'une voix tremblante.
Blair sentit l'air lui manquer et sa tête se mettre à tourner.
Nate eut l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac.
Serena lutta contre les larmes qui menaçaient au coin de ses paupières.
- Il a un hématome sous-dural.
- Ça veut dire quoi au juste ? questionna Serena d'une voix où s'entendait parfaitement les trémolos.
- Il a une hémorragie dans son cerveau, une poche de sang s'y est accumulée dans une partie et il lui faut une autre chirurgie pour évacuer l'hémoglobine et réparer les tissus. Les risques de réussites sont peu élevés selon les statistiques.
- Mais ils ne sont pas réduits à zéro, commenta Nate qui ne voulait pas battre en retraite.
Son meilleur ami ne l'aurait pas fait.
Blair tenta de supprimer la vague de douleur qui la submergeait entièrement. Depuis l'ongle de son petit orteil à la pointe de ses cheveux.
- Plus on attend, plus les risques augmentent … mais il y a un autre problème, reprit doucement Lily. La défaillance cardiaque dont il a souffert pendant l'opération ne permet pas une nouvelle intervention dans l'immédiat, du moins pas sans risques conséquents. Il ne … il … n'est pas … certain … qu'il … Il faut prendre une décision.
Serena hoqueta, incapable de contrôler ses sanglots.
Lily la prit dans ses bras et laissa échapper une larme elle aussi.
Nate, le visage aussi pâle que la craie chercha dans les yeux de Blair un signe, une lueur d'espoir qui subsisterait. Elle était toujours la première à trouver des solutions pour les tirer des mauvais pas. Mais tout ce qu'il vit c'est cette dernière qui s'effondrait.
Il la rattrapa dans un réflexe, elle n'était qu'une poupée de chiffon dans ses bras.
- Blair, cria-t-il, se rendant compte que leur amie venait de perdre connaissance.
