Chapitre 6

Point de vue : Elena

Nous avions passé la nuit à lire le grimoire de l'ancêtre de Bonnie. Cette dernière avait découvert ce qu'elle pouvait leur infliger : la torture. C'était au moins un point positif pour nous. J'avais décidé de continuer à travailler. Bonnie avait refusé, prétextant qu'il fallait que je reste cachée jusqu'à ce que Stefan se manifeste. Toutefois, je n'avais pas été d'accord. Il fallait réfléchir maintenant. Stefan s'attendait à ce que je me cache sous la couette, terrorisée à l'idée de mettre un pied dehors. Il fallait fonctionner à l'envers. Savoir que je vivais ma vie sans réellement m'en soucier, allait le surprendre. Tout se jouait sur la surprise. C'était aussi une manière pour moi de ne pas me laisser aller, de garder espoir. Il fallait que je me batte : l'instinct de survie me poussait à persévérer. Je ne savais pas où tout ça me mènerait, mais si je devais mourir, se serait avec fierté. Après tout ce que j'avais vécu, je ne voulais pas être une lâche. La vengeance me poussait aussi, me donnait de la force. Je voulais venger la mort de mes parents, c'était une manière pour moi de faire mon deuil.

Je me tournai vers la photo encadrée sur ma table de nuit. Elle datait de 12 ans, à mon anniversaire. J'étais entourée de mes parents et de mon petit frère. Je me redressai ressourcée par la nuit que j'avais passée. Oui je me battrais jusqu'au bout. Mon seul but était de planter un pieu dans le cœur de ce vampire, ce psychopathe comme dirait Bonnie. J'en avais besoin pour vivre une nouvelle vie.

Je me préparai rapidement pour aller au bureau et laissai un petit mot à l'intention de ma grand-mère.

Grand-mère, je serais de retour ce soir. Je ne pense pas avoir le temps de revenir à midi. J'ai énormément de travail en ce moment. C'est pour ça que je suis peu avec toi en ce moment. Je te promets de m'occuper de toi dès que ça se sera arrangé. Il te reste des légumes dans le frigo et de la viande. Je ferais des courses avant de revenir. Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle moi. Bisous

Elena.

La journée, c'était passé sans encombre. J'avais réussi à peu prêt à travailler correctement mais si parfois, je me laissais divaguer dans mes pensées les plus sombres. Avec du recul, je réalisais que Bonnie et moi allions devoir élaborer un plan d'attaque. Nous ne pouvions pas attaqué de front. C'était surement ce que Stefan attendait.

Remarquant que je divaguais de nouveau, je soupirai et me concentrai sur les sacs de courses que je venais de faire. Je me dirigeais vers ma voiture et rangeais rapidement les courses dans le coffre. Je montais dans la voiture et poussai un cri en voyant la vitre du côté passager brisée. Des morceaux de verre s'étalaient sur le siège en cuir. Je me reculai rapidement contre mon siège, voulant à tout pris m'enfoncer dedans pour ne plus jamais en ressortir. Tout à coup, lorsque mon cœur se calma un peu je remarquai quelque chose de blanc dans l'obscurité. Je me penchai et avec précaution le pris entre mes dents. C'était une lettre. La même que la dernière fois. Je serais le poing, soudain terrorisée. J'ouvris la bouche pour tenter de reprendre ma respiration. Je regardais autour de moi, espérant ne voir personne. Une fois fait, j'ouvris l'enveloppe et fermai les yeux quelques secondes avant de lire le petit mot soigneusement écrit.

Ce soir, 22 heures 30.

S.

Mon cœur battait à la chamade. Stefan allait passer à l'acte ce soir. Je regardais rapidement l'heure sur ma montre. 18H32. Complètement effrayée, je mis rapidement en route la voiture et fis grincer les pneus. Finalement, la fin était plus proche que je ne le croyais. Je pensais que Stefan allait surement faire durer la chose, mais je mettais tromper. Il était là, à Mystic Falls, surement en train de rigoler à l'idée de me rendre complètement folle. Les larmes me brulaient les yeux, sans daigner coulées. J'accélérai, voyant leur tourner et me dirigeai droit en direction de la maison de ma meilleure Bonnie. Elle seule pouvait m'aider, maintenant. Le moment était venu de se battre.

Après des minutes de conduite effrénée, je vis enfin la maison blanche de Bonnie, éclairée. Je me garai et courus le plus rapidement possible sur le perron.

- Bonnie ! Hurlai-je en frappant sur la porte.

J'entendis des pas se rapprocher rapidement et le visage de Bonnie apparut enfin.

- Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle inquiète.

- Il est là ! Réussis-je à articuler.

Elle me prit le bras et me fit entrer avant de fermer la porte. Je me décomposais en voyant mon reflet dans le miroir de l'entrée. On aurait pu me prendre pour une folle.

- Mais de quoi tu parles ? S'exclama Bonnie en me prenant les épaules pour me réveiller.

- Je... J'ai trouvé ça dans la voiture, bredouillai-je en lui tendant la lettre que je n'avais pas lâché.

Elle fronça les sourcils et l'attrapa. Son visage se décomposa après sa lecture. Elle se tourna vers, les yeux brillants et sa bouche s'ouvrit en forme de « O ». Elle se tourna maintenant vers la pendule, qui affichait 18h48.

- Tu veux bien dire quelque chose s'il te plait ? Marmonnai-je complètement effrayée de son silence.

Elle ne répondit rien et monta à l'étage dans un bruit sourd en me faisant signe d'attendre. Mais pourquoi ne répondait-elle pas ? Pourquoi ne disait-elle rien ? Je restai figée sur place, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Etait-ce ça façon à elle de me faire comprendre qu'elle n'était pas prête et que irrévocablement que tout était perdu ? Je l'entendis brassé à l'étage.

- Elena monte ! Cria-t-elle.

Je fronçai les sourcils, inquiète. Montant les marches, j'élaborai tout un tas de scénarios de la soirée que nous allions passer.

- Où es-tu ?

- Dans ma chambre, répondit-elle.

Je passai le seuil de la porte. Bonnie était assise par terre, des grimoires étalés sur son tapis de chambre. Pleins de morceaux de bois taillés étaient étalés au sol. Des fleurs violettes embaumaient la chambre.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Demandai-je en pointant du doigt les plantes.

- De la verveine ou veine de Vénus.

- Et ça sert à quoi ?

- A tuer les vampires, dit-elle d'un ton qui me fit frissonner.

Elle m'invita à m'assoir, ce que je fis aussitôt. Son front était froncé, signe qu'elle réfléchissait.

- Où as-tu trouvé ça ?

- Aujourd'hui, pendant que tu travaillais, j'ai lu les autres pages du grimoire. J'ai appris de nombreuses choses sur la façon de tuer les vampires. Ils ne sont pas si invincibles que ça finalement. La verveine est une plante toxique pour eux. Elle permet aussi aux humains de ne pas être hypnotiser par les vampires. C'est un moyen de défense en quelque sorte, expliqua-t-elle sans prendre le temps de respirer.

J'acquiesçai, pendue à ses lèvres. J'allais répondre quand elle me tendit son doigt, signe qu'elle n'avait pas fini de parler.

- J'ai eu une vision aujourd'hui, Elena. J'ai su que quelque chose se passerait, mais je ne pensais pas que se serait aussi tôt. Mais Elena, ce n'est pas Stefan qui va venir. Je ne sais pas qui, mais ce ne sera pas lui. Ce n'est pas fini Elena. Ce n'est que le début, termina-t-elle en baissant le ton au fur et à mesure qu'elle ajoutait des phrases.

- Mais qu'est-ce qu'il veut ? M'égosillai-je.

- Il veut s'amuser Elena, c'est le but d'un vampire, soupira-t-elle en prenant un pieu dans sa main.

- Que va-t-on faire ?

- On va se battre Elena. Avec le temps qu'il nous reste, nous allons trouver un plan pour attaquer. Un plan simple et efficace, dit-elle avec un petit sourire pour se donner du courage.

Bonnie et moi n'avions pas bougé de la pièce pendant deux heures environs. Nos cerveaux fulminaient à mesure que les heures s'écoulaient. Le plan était en place, même si, il y avait un risque. J'avais confiance en elle, j'étais tout simplement obligée puisqu'elle était la seule. Nous étions rentrées chez moi, puisque c'était là que le vampire viendrait. Grand-mère avait été dans le salon, complètement inquiète. J'avais réussis à la calmer et fort heureusement, elle dormait maintenant à point fermée, ne sachant pas ce qui allait se passer dans les prochaines minutes. Bonnie et moi étions dans le salon, attendant dans un profond silence. Nous attendions, sans trop savoir quoi, ou qui. J'avais le regard viré sur l'heure. Au fur et à mesure quelle avançait je serrais la tasse de café entre mes mains. Le liquide chaud se refroidissait au fur et à mesure et je me rendis compte soudant que je n'y avais presque pas touché. Bonnie avait posé tous les matériels sur la petite table en face de nous. Elle tenait fermement son grimoire entre ses mains. Je la voyais quelques fois froncées les sourcils au fur et à mesure qu'elle lisait. Je sentis ma main tremblée. Il était 22h20. Il ne restait plus que dix minutes. Je posai rapidement la tasse froide, manquant de la faire tomber avec mes tremblements incessants. Le bruit de la tasse posée sur la table rompit le silence dans un écho. Bonnie releva la tête en sursaut et fronça les sourcils.

- Ca va ? Murmura-t-elle.

- Je... Je ne sais pas, bredouillai-je.

- Elena, soupira-t-elle en se levant avant de s'assoir à côté de moi. Tu vas y arriver. C'est la seule façon pour nous de le vaincre.

- Je sais... mais je ne sais pas si j'aurais le courage.

- Elena ! S'exclama-t-elle. Regarde-moi ! Tu es la personne la plus courageuse que je connaisse ! Tu y arriveras et je suis là.

Soudain, elle se redressa. Je sentis ses mains se raidirent. Elle mit du doigt sur sa bouche pour que je me taise. Un bruit provenant de l'extérieur me fit tressaillir. Il y a avait quelqu'un. Je jetai un regard furtif sur l'heure : 22h30. Je déglutis et m'humectai les lèvres. Je regardai Bonnie sans trop savoir quoi faire à présent. Tout ce que nous avions manigancé les heures précédentes s'était envolé. Je ne savais plus quoi faire à présent. Elle acquiesça de la tête pour me donner du courage. Je me levai et pris avec moi un petit bout de plante ainsi qu'un pieu que je positionnais correctement dans les deux poches arrière. Mes mains étaient complètement moites. Je les essuyais sur mon jean en me dirigeant vers la porte d'entrée. Mon cerveau fulminait. Je sentis mes jambes flanchées. Ce n'était vraiment pas le moment. Je m'accrochai sur le meuble dans le hall d'entrée et soufflais un grand coup. Bonnie n'avait pas bougé, attendant que j'ouvre la porte pour faire ce qu'elle avait à faire. L'effet de surprise, comme elle disait. Personne ne savait que c'était une sorcière, voilà notre force. Je soufflai un grand et ouvris la porte. Le visage du rouquin se matérialisa devant moi. Je fis un hoquet de surprise, prise d'une envie irréfutable de claquer la porte et de m'enfuir dans ma chambre. Courage Elena, pensai-je avec force pour rester consciente. Il souriait de toutes ses dents.

- Cher Elena, susurra-t-il.

- Qui êtes-vous ? Demandai-je après un temps de silence.

- Je m'appelle Joseph, ravis que tu me le demandes, railla-t-il.

Il s'avança sur le seuil de la porte et posa ses mains à chaque extrémité. Je reculai, apeurée mais me souvint rapidement ce que Bonnie m'avait dit : Les vampires ne peuvent rentrer chez toi seulement si tu les invites.

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- Je viens te chercher.

De quoi parlait-il ? Stefan ne l'avait pas amené juste pour s'amuser ?

- Pour quoi faire ? Demandai-je en fronçant les sourcils.

- Te donner à Stefan, bien sur, rigola-t-il.

J'ouvris la bouche, voulant répondre, mais aucun son ne sortit. Je sentis mes mains tremblées. Soudain, je vis son visage se tendre. Il poussa un cri et positionna ses mains sur son visage.

- C'est quoi ce bordel, réussit-il à hurler.

Joseph tomba à genoux sur le tapis extérieur. Je me retournai et vis Bonnie qui s'avança impassible dans ma direction, le visage tendu. Je me tournai de nouveau vers le vampire qui se tordait de douleur. Je pris le pieu dans ma poche et le brandis la main tremblante. Que devais-je ? Pensai-je complètement perturbée. Je fronçais les sourcils pour me souvenir, mais mon cerveau n'arrivait plus à réfléchir. Je commençai à paniquer. Elena concentre toi. Le cœur.

Flash Back.

- Voilà ce que tu feras, s'expliqua Bonnie en faisant les cents pas dans la pièce. Tu iras ouvrir la porte, sans jamais sortir de la maison. La verveine l'empêchera de t'hypnotiser pour l'obliger à le faire rentrer. Le vampire ne doit pas savoir que je suis là, c'est pourquoi je resterais cacher. J'attendrais le moment opportun pour lui infliger une migraine. Tu attendras quelque temps. Il faut que tu sois sur de pouvoir attendre son cœur pour te jeter sur lui. Même s'il n'aura surement pas la force de te faire le moindre mal, on ne sait jamais. Il faut que tu puises dans tes forces pour être sur de lui attendre le cœur. Une fois faits, il mourra.

Fin du Flash Back.

Je me jetai sur le vampire qui était maintenant allongé sur le dos, essayant de reculer pour s'enfuir. D'une main assurée et précise, j'élançai de toutes mes forces le pieu sur son cœur exposé. Son corps se raidit. Le vampire poussa un hoquet de surprise, ses yeux tournés maintenant vers moi. Il tenta de dire une dernière phrase avant que son visage commence à craqueler. Ses crocs étaient sortis ainsi que ses yeux. Il porta sa main, dans un dernier geste, vers le pieu qui était en train de l'envoyer en enfer. Puis plus rien, il cessa de se défendre. Il était mort. Je le regardai sans bouger, reprenant ma respiration la bouche grande ouverte.

Je sentis une main se poser sur mon épaule. Je me tournai et vis le visage de Bonnie, souriante.

- C'est fini, murmura-t-elle.

J'éclatais en sanglots et me jetai dans ses bras, tremblante. Nous avions réussis. Joseph était mort. Je la serrai de toutes mes forces. L'adrénaline descendit rapidement, me laissant complètement seule. Je me détachai de mon amie pour jeter un dernier regard au vampire gisant au sol. La joie était là, toutefois, quelque chose m'empêchait de la déguster : « Ce n'est que le commencement ». La phrase de Bonnie me percuta de pleins fouets. Elle avait raison, Stefan n'allait pas laisser passer ça. Il se vengerait.


Et enfin de l'action ;) ! J'espère que vous aimerez :)

Réponse review :

Lorin : Damon arrive ne t'en fais pas pour ça :) Mon personnage préféré quand même ;D