Coucou!! Et voilà un ptit chapitre tout juste sorti du four qui ne demande qu'à être lu!! J'espère que vous l'aimerez, je crois qu'il répond à certaines des questions que vous me posez dans vos reviews. Bonne lecture!
Chapitre 7 : On ferme les yeux et on donne un coup de pouce…
Hermione fit tourner sa louche trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre, puis elle ajouta un gramme d'excréments de dragon. Elle laissa mijoter deux minutes précisement. Elle retint son souffle. Là, elle devait ajouter l'élément le plus instable de sa préparation : deux écailles de Basilic. Elle respira un bon coup et ferma les yeux en jetant les écailles dans le chaudron.
C'est simple : ça passe ou ça casse !
Et cela cassa. En fait, pour être exact, ça explosa !
Un BOUM retentit dans tout le manoir. Le contenu du chaudron avait disparu dans l'explosion et une fumée noire s'échappait de Robert. Cette épaisse fumée salissait tout sur son passage et la chambre de l'esclave fut vite recouverte d'une couche de suie noire et grasse. Hermione eut tout juste assez de présence d'esprit pour retirer Robert du feu et le cacher dans la baignoire avant que la porte de sa chambre s'ouvre à grands fracas.
- Bon sang ! Mais qu'est ce qui c'est passé ici ? s'écria Snape en voyant que son esclave et toute sa chambre, qui était d'habitude dans les tons crèmes, étaient désormais récouvertes de noir.
- Je ne sais pas maître, mentit Hermione. Je crois que ça vient de la cheminée. Cela fait longtemps que le conduit n'a pas été ramoné ?
Snape grogna. L'explication d'un conduit non ramoné était plausible, certes, mais quelque chose clochait. Il y avait un truc qui le dérangeait. Elle mentait ! Son air était trop innocent pour être sincère. Il eut un instant l'envie d'utiliser la légilimencie mais elle allait le sentir et il fallait qu'elle se sente en confiance si il voulait savoir ce qu'elle manigançait.
Il lança un sortilège de nettoyage très puissant pour décrasser la pièce tandis qu'Hermione attendait impatiemment qu'il parte. Elle avait peur qu'il n'ait l'idée de jeter un coup d'œil à la salle de bain.
- Voilà pour la chambre ! grogna t'il, maintenant la salle de bain.
- Non ! s'écria Hermione alors qu'il s'apprêtait à ouvrir la porte. Non, ce n'est pas nécessaire, ajouta t'elle. La porte était fermée quand c'est arrivé donc la salle de bain n'a pas été touchée.
Snape la fixa intensément.
Pourvu qu'il me croit
Malheureusement pour elle, Snape sut aussitôt que quoiqu'elle prépare, l'objet de ses manigances se trouvait dans cette salle de bain.
- Très bien, finit il par dire en s'éloignant de la porte. Dans ce cas, dépêchez vous de vous laver et descendez dans dix minutes dans le jardin. Il y a une famille de gnomes qui se sont installés et je ne tiens pas à ce que ces sales vermines restent plus longtemps. Vous y passerez le temps nécessaire mais je veux que ce jardin soit dégnomé.
- Bien maître, dit elle en ressentant un pincement en sa poitrine. Les gnomes lui rapellaient toujours le Terrier, Ron, les chaudes soirées d'été à rire, les farces des jumeaux, les lubies de Mr Weasley, les gateaux de Mme Weasley et les visites de Bill et Charlie… son Charlie.
Perdue dans sa mélancolie, elle ne vit pas Snape sortir de sa chambre. Elle porta inconsciemment la main à son doigt, là où sa bague était cachée par un sortilège d'illusion que lui avait lancé Charlie. Ils avaient décidé d'annoncer leurs fiançailles qu'à un groupe restreint d'amis. Si les mangemorts l'apprenaient ils pouvaient utiliser l'un ou l'autre pour attraper les deux dans un piège. Le soir, elle s'endormait en caressant sa bague invisible. Elle la connaissait par cœur. Elle était en or avec un rubis en forme de cœur. La bague de fiançailles de l'arrière grand-mère de Charlie. Un bijou inestimable. Elle avait été soulagée que la bague soit invisible lorsque les mangemorts l'avaient capturée. Il la lui auraient pris autrement. Elle déposa un baiser sur l'anneau et partit dans la salle de bain pour retirer cette horrible couche de suie.
Il resta dans son bureau, les sens aux aguets. Puis au bout de quelques minutes elle descendit de l'escalier et sortit dans le jardin. La voie était libre !
Fidèle à sa nature d'espion, il se glissa sans bruit de la pièce et monta à l'étage. Il n'était qu'une ombre, rien de plus. Même un chat aurait pu difficilement le voir. Puis il ouvrit lentement la chambre de son esclave et se faufila à l'intérieur. Après avoir refermé la porte derrière lui et lancer un sort de détournement d'attention, il commença son inspection.
Il vérifia la chambre rapidement mais il savait que ce qu'il cherchait se touvait dans la salle de bain. Il posa la main sur la poignée et une douleur vive le prit aussitôt. Une piqure ! Il venait de se piquer à quelque chose ! Du sang perlait sur son doigt. Il se baissa pour voir le dessous de la poignée et vit une petite punaise tâchée de son sang. Snape ne put s'empêcher de sourire. Cette gamine avait vraiment de la ressource. Même sans magie, elle parvenait à savoir si quelqu'un avait tenté de pénétrer son antre ou pas grâce à cette tâche de sang sur la punaise. Mais Snape était un sorcier muni d'une baguette, contrairement à elle, aussi il lança un sort de nettoyage sur la punaise en fer.
Il prit garde à ne pas se piquer une deuxième fois et ouvrit la porte de la salle de bain.
C'était une pièce parfaitement normale. Un lavabo, un miroir de deux mètres de longueur sur un mètre de largeur, un wc, une baignoire assez large pour deux personnes et une armoire. Tout était dans les tons blanc et bleu. Une pièce parfaitement normale… si on ne prenait pas en compte la fumée étrange qui s'échappait de derrière le rideau de douche. C'était cette même fumée noire que tout à l'heure. Fumée, qui selon son esclave, provenait de la cheminée…
Snape bloqua sa respiration et tira un grand coup sur le rideau, ce qui laissa un énorme nuage de fumée noire s'échapper et envahir toute la salle de bain. Lorsque la fumée se dissipa, Snape put regarder d'où elle provenait.
Si Robert avait pu parler, ou même penser il se serait écrié un « Mon Dieu qu'il est laid ! ». Hélàs, la seule chose qui lui échappa fut une autre volute de fumée.
Snape fronça les sourcils et plusieurs questions défilèrent dans son esprit :
Mais qu'est ce qu'elle a fabriqué ?
Mais d'où vient ce chaudron ?
Pourquoi essaye t'elle de préparer une potion ?
Où a-t-elle trouvé des ingredients pour tenter de fabriquer une potion ?
Puis il refit le tour de la salle de bain avec ses yeux et son regard tomba sur l'armoire. Il passa doucement son doigt sous la poignée et celui-ci rencontra une autre punaise.
Snape sourit. C'était ici.
Il ouvrit la porte de l'armoire et se retrouva face à … une brosse pleine de cheveux, des serviettes propres, des tampons, des savons de rechange, du papier toilette…
Il prit garde à ne rien bouger et parcourut les étagères du regard jusqu'à ce qu'il voit au fond de l'étagère la plus haute un petit sachet en papier et une pile de parchemins. Il les attrapa et ouvrit le sachet. Des ingredients !
Où a-t-elle pu se procurer des ingre…
- La peste ! s'écria t'il en comprenant soudainement la raison de son mystérieux malaise sur le Chemin de Traverse. Elle l'avait volé ! Et le pire, c'est qu'il ne s'en était même pas rendu compte.
Il posa le sachet sur les serviettes de bain pliées en tas et posa son regard sur les parchemins. La lumière se fit dans son esprit dès qu'il vit la toute première ligne :
« Le Fais Dodo Petit Potter et son antidote »
Tous les parchemins étaient noircis de notes, d'observation, de théorie et d'hypothèses. Il les lut rapidement et comprit qu'elle tournait en rond. Il avait choisi une potion très rare et très difficile. Presque plus personne ne la connaissait et Granger mettrait des années avant de parvenir à recomposer le poison. Pour l'antidote ce n'était pas trop compliqué mais il lui fallait d'abord confectionner le poison pour commencer l'antidote. Lui-même ne l'avait pas fait. Le Seigneur des Ténèbres lui avait demandé uniquement un poison puissant et rare. Pas son antidote.
Snape pourrait la punir pour ce qu'il venait de découvrir : vol et trahison.
Mais étrangement il eut envie de voir si elle parviendrait à refaire le poison. C'était par pure curiosité intellectuelle. Et puis, il devait s'avouer que si elle réussissait à créer l'antidote, elle ramènerait l'espoir dans ce monde angoissant et invivable. Si elle sauvait Potter alors elle corrigerait la faute qu'il avait faite. On ne lui avait pas dit à qui le poison était destiné. La seule chose qu'on lui avait ordonné c'est que le poison devait être puissant et connu de lui seul. Il avait choisi ce poison en particulier justement parce qu'il ignorait l'identité de la cible. Il ne voulait pas tuer à l'aveuglette. Même s'il détestait Potter, il était soulagé de ne pas lui avoir donné un poison mortel... ou du moins pas immédiatemment mortel... Ce n'est qu'ensuite qu'on l'avait félicité pour avoir réduit à néans le seul espoir du monde libre: Potter. Comme s'il n'avait pas déjà assez de poids sur ses épaules il fallait qu'ils rajoutent celui ci : anéantisseur de tout espoir! Merveilleux!
Plein d'amertume, il remit les parchemins et le sachet exactement là où il les avait trouvés et referma l'armoire.
Puis il rabattit le rideau de douche et s'en alla de la chambre après avoir lever le sort de détournement d'attention.
Une semaine s'était passée depuis l'incident de la fumée noire et Snape ne le lui en avait plus parlé, elle se sentait donc rassurée. Il l'avait cru! L'imbécile! Hermione se lova dans un des fauteuils blancs et moelleux et ouvrit le livre qu'elle avait choisi dans les étagères : Premier Pas du Pianiste, c'était un livre théorique sur comment apprendre à jouer du piano. Mais la jeune femme se rendit vite compte qu'apprendre à jouer d'un instrument au travers d'un livre était tout aussi inefficace que pour n'importe quelle activité manuelle. Il lui fallait de la pratique. Elle soupira et ferma le livre d'un coup sec. A ce moment là une voix familière retentit du seuil de la salle :
- Vous seriez fort aimable si vous n'abimiez pas mes livres Miss Granger.
- Désolée maître, répondit elle d'une voix lasse, sans même se retourner.
Snape se glissa derrière son dos pour lire le titre de l'œuvre qu'elle tenait dans ses mains. Il renifla d'amusement lorsqu'il le vit.
- Vous savez que pour apprendre un domaine inconnu, le meilleur moyen c'est d'avoir un professeur et de la pratique.
- Je le sais parfaitement, répliqua t'elle agacée, mais comme je ne peux avoir ni l'un ni l'autre, je m'en sors comme je le peux.
- Votre comportement est il dû à un quelconque aveuglement, inévitable conséquence de votre bêtise, ou à l'arrogance caractéristique des Gryffondors?
- Où voulez vous en venir ? demanda t'elle en se retournant dans son fauteuil pour le regarder dans les yeux.
Il soupira, exaspéré. Etait ce si difficile à comprendre ?
- Vous avez à porter de main un piano pour la pratique et un professeur pour l'apprentissage alors je ne comprends pas pourquoi vous vous obstinez à étudier la théorie.
- Vous voulez m'apprendre ? demanda t'elle pleine d'espoir
- Oui, répondit il, amusé par la lueur de pur bonheur qui envahit les yeux de son esclave à cette réponse.
Elle lui fit un immense sourire, la petite étudiante avide de nouvelles connaissances était de retour ! Snape allait partir quand il se souvint de la vraie raison de sa visite. Et heureusement il avait un motif valable pour faire ce qu'il s'apprêtait à faire.
- Miss Granger, au lieu d'occuper mon fauteuil préféré pour lire des œuvres inutiles, lisez plutôt ceci, dit il en lui tendant l'épais grimmoire qu'il avait à la main, au moins ce genre de lectures parviendront à remplir de façon utile votre cerveau…
Il fit volte face et s'arrêta au seuil de la porte. Il la regarda, un sourire mauvais aux lèvres.
- … du moins, uniquement si ces informations parviennent à l'atteindre en évitant de rester bloquées dans cette tignasse incoiffée et incoiffable que vous honorez du nom de cheveux !
Sur ces aimables paroles, Snape fit sa sortie !
Il avait réussit l'exploit de l'aider et de l'insulter en même temps. Fier de lui, il partit voir Lucius pour boire un verre. Dans un bar de préférence. Il n'avait pas envie de se coltiner la potiche, qu'on appelait communément Narcissa, toute la soirée. Non merci.
Hermione avait bien envie de courir après Snape, de l'immobiliser au sol et de lui fourrer son fichu grimmoire dans un lieu en particulier mais elle se retint lorsqu'elle vit le titre du grimmoire : Poisons rares et anciens !
Si ça se trouve Snape vient de me donner la solution à mes problèmes, à mes recherches infructueuses !! Quel idiot ! Si il savait !
La chose qu'Hermione ignorait, c'est que Snape faisait rarement quelque chose sans avoir au préalable pesé le pour et le contre. Il avait hésité à donner un coup de pouce à son esclave mais finalement il voulait voir si elle saurait reconnaître le bon poison parmis les 593 poisons repertoriés dans le grimmoire.
Frémissante de bonheur, elle prit le grimmoire contre elle et courut à sa chambre où elle griffonna des parchemins en parcourant l'œuvre jusqu'à tomber endormie dessus, ignorant qu'elle s'était faite menée par le bout du nez par un homme bien plus expérimenté qu'elle en matière de manipulation...
