Bonjour/Bonsoir, toi qui lis ce chapitre ^^. Du à quelques problèmes d'inspiration, il n'a pas pu sortir avant, mais j'espère qu'il vous plaira quand même!

Aussi, j'aimerais remercier tout ceux qui prennent la peine de reviewer, ça fait toujours plaisir de voir que des gens s'y intéressent :3.

Egalement, bah.. bonne lecture! ^-^.


Chapitre VII

Analia ouvrit les yeux. Des tourbillons de neige l'encerclait, et le soleil était inexistant sous la couche épaisse des nuages. Elle tourna la tête vers le cocher qui la regardait avec inquiétude. Elle eut un sourire d'excuse et descendit promptement de la carriole. Elle se fraya un chemin entre les bourrasques de flocons et parvint tant bien que mal à l'Académie. Elle finissait de grimper le premier escalier qu'une voix impérieuse l'arrêta.

« Passez ce pont à vos risques et périls ! C'est un chemin dangereux et la porte ne s'ouvrira pas ! Vous n'entrerez pas !

- Je ne veux aucun mal à votre académie, dit Analia en observant l'Altmer qui se tenait devant elle. Je cherche simplement à y entrer. C'est possible ?

- Peut-être, mais qu'espérez-vous y trouver ?

- Je cherche un puissant mage pour m'aider dans ma quête, répondit la Nordique en toisant la magicienne.

- Les magiciens de l'Académie n'ont pas pour habitude d'en sortir. Si vous voulez entreprendre quelque chose avec le soutien de l'Académie, vous devrez d'abord voir l'Archimage.

- Je comprend, dit Analia entre ses dents. Je peux passer maintenant ?!

- Allez-y, mais je vous préviens, j'ai été tolérante de vous laisser passer, mais les autres membres de l'Académie pourraient ne pas vous accepter..

- Et pourquoi ne pas les prévenir dans ce cas ? Persifla la guerrière en bousculant l'Altmer.

- Ca serait beaucoup moins amusant, grommela l'elfe en suivant Analia des yeux. »

Levant les yeux au ciel, Analia gravit le chemin tortueux menant à l'Académie à proprement parler. Recrachant un flocon de neige, elle tomba nez à nez devant une dispute entre une Brétonne et un Altmer portant l'armure Thalmor. Elle porta instinctivement sa main sur le pommeau de son cimeterre. L'Altmer rompit la discussion et se dirigea vers elle, la bousculant au passage. Pestant contre les Altmers, la guerrière s'avança vers la Brétonne, déjà replongée dans son livre.

« Excusez-moi, je cherche l'archimage.., dit-elle, en n'observant aucune réponse de la magicienne. Excusez-moi ?! Reprit-elle plus fort, la faisant sursauter.

- Oui ? Qui êtes-vous ?

- Je m'appelle Analia. Je cherche l'archimage, vous pourriez m'indiquer où il se trouve ?

- Pourquoi cherchez-vous à déranger l'archimage avec vos problèmes mineurs ?

- Comment pouvez vous dire que ce sont des problèmes mineurs ? S'insurgea la Nordique. Je n'ai encore rien dit !

- L'archimage ne doit être dérangé sous aucun prétexte.

- J'ai besoin de lui ! Une affaire de 5 minutes et je m'en vais ! Vous pouvez bien m'accorder cela, non ?

- Bon.., soupira la magicienne. Allez-y, ses quartiers se trouvent tout en haut de la tour que vous voyez là. Mais je vous aurais prévenue.. »

Analia haussa les épaules et se dirigea vers la grande porte de la tour. Elle avait toujours eu en grande estime les mages, mais ceux de l'Académie semblaient de mèche avec le Thalmor, et elle préférait que sa mission ne s'éternise pas dans ce lieu. Le calme de l'entrée calma légèrement son trouble, et elle commença à monter les escaliers menant aux appartements de l'archimage. Arrivée devant la porte, elle reprit un instant son souffle. Pourquoi donc, par Ysmir, construire des bâtiments si haut ? Elle n'en savait trop rien. Elle toqua à la porte, qui s'ouvra d'elle-même dans un grincement ténu.

« Je vous en prie, entrez. Cela faisait bien longtemps qu'une personne étrangère à l'Académie n'avait pas pris la peine de me voir »

Cette voix chaude et pleine de gentillesse donna du baume au cœur à Analia, qui s'avança dans la pièce circulaire. Elle fut émerveillée par les volutes de lumières qui flottaient autour d'un arbre blanc au milieu de la pièce. Sur le côté droit, un grand homme aux larges épaules, portant un étrange costume doté d'une capuche s'avançait vers elle, un sourire aux lèvres.

« A votre mine, je devine que vous venez de très loin. Asseyez-vous, je vous en prie, et contez moi ce qui vous amène dans ce lieu coupé du monde !»

Analia, un peu surprise par tant d'amabilité, s'assit comme il le lui proposait. Elle le regarda s'asseoir en essayant de déterminer à quelle race appartenait-il. Il était un elfe, pour sûr, mais.. était-il Bosmer ? Dunmer ? Elle n'avait jamais voyagé en dehors de Bordeciel et n'avait jamais vu d'autres races que les Nordiques, hormis dans les livres. Elle s'efforçait de ne pas le dévisager avec trop d'insistance, tandis que lui la dévisageait avec un sourire poli. Après quelques minutes, l'archimage prit la parole :

« Vous êtes bien silencieuse pour quelqu'un qui souhaitait si ardemment me voir.

- Comment saviez-vous que..

- Ma chère, vous n'êtes pas dans la pleine campagne de Bordeciel, ici. Vous êtes dans l'un des plus grands lieux de magie de Tamriel. Les murs ont des oreilles, si ce n'est plus. Et vos esclandres dans la cour de l'académie ne sont pas passés inaperçus.

- Désolée.., murmura la nordique en s'empourprant. Mais votre maître-sorcier n'a pas le contact facile.

- Je reconnais que Mirabelle ne voit pas d'un très bon œil les va-et-vient des personnes étrangères à l'Académie, mais c'est une partie de son métier ici. A présent, dîtes moi ce pourquoi vous êtes venu jusqu'à moi.

- Je dois.. mener à bien une mission, et j'aurais besoin d'un conjureur de très haut niveau.

- Les mages de l'Académie ne se mêlent pas aux affaires extérieures. Seul Sergius, notre enchanteur, se déplace dans les villages à la demande des habitants pour réaliser leurs enchantements.

- J'ai de l'or vous savez, et ma mission est.. tenta de plaider Analia.

- L'or ne nous intéresse pas. Nos mages ne sortent pas de l'Académie, c'est tout.

- Je vous assure que c'est une mission de la plus extrême importance ! S'écria la nordique, d'une voix presque implorante. »

L'archimage la regarda d'un air sévère. Il n'avait pas l'habitude de voir ses décisions contestées, ou même discutées plus que de raison. Pour qu'elle l'implore ainsi ça devait être important..

« En quoi est-elle importante ? Demanda l'archimage.

- Je.. ne peux pas vous en dire beaucoup, mais si vous ne m'aidez pas, la guerre civile continuera de saigner Bordeciel. C'est ce que vous voulez ?

- Qu'est-ce que ça pourrait bien me faire ? Je suis un Dunmer, mademoiselle, je ne m'intéresse pas aux problèmes des Nordiques.

- Mais vous habitez en Bordeciel ! Allez-vous vous intéresser aux problèmes de votre pays d'accueil lorsque aucune route ne sera plus sûre, lorsque tous les habitants peuplant cette terre devront craindre d'être embarqués dans une embuscade des Impériaux ou des Sombrages ? Quand même votre académie ne sera plus sûre? »

Analia s'était levée en lâchant sa tirade. Elle ne regardait plus l'archimage comme un grand homme plein de savoir, mais comme un petit être lâche qui préférait se terrer dans son académie plutôt que de sauver son pays. L'archimage s'était figé en entendant les paroles de la guerrière. Il ouvrit sa main et des volutes bleues se mirent à tourbillonner dans sa paume. Analia pouvait voir dans ses yeux son esprit peser le pour et le contre de sa décision. Et soudain, le Dunmer lâcha un profond soupir et se cacha le visage de ses mains.

« … Faîtes donc comme bon vous semble.. Mais si jamais il devait arriver malheur.. »

L'archimage secoua la tête, et tourna le dos à Analia, qui sentit son cœur remonter dans sa poitrine. Elle voulut s'en aller sur la pointe des pieds, mais la voix de l'archimage retentit de nouveau avant qu'elle n'ait pu esquisser un pas.

« Allez au Pavillon de la Prestance, les appartements de nos professeurs. Demandez Phinis Gestor, c'est notre maître conjureur... Et surtout.. ne remettez plus les pieds ici pour l'instant.. »

Analia obtempéra et fila sans demander son reste. La perspective d'avoir à affronter la tristesse et la rancoeur de l'archimage ne l'enchantait pas du tout.


Alfsigr salua la vieille Tilma en s'approchant de la table de banquet. Les guerriers de Jorrvaskr étaient tous présents autour, sauf Athis qui était à la Forgeciel pour faire réparer sa dague. La vieille femme alla s'asseoir entre les jumeaux, Farkas et Vilkas. Aela, la chasseuse du groupe prit la parole après avoir bu la moitié de sa chope :

« Cela faisait longtemps qu'on ne t'avait pas vue, Alfsigr !

- On pourrait la voir plus souvent si elle nous demandait de l'accompagner dans ses périples, au lieu de demander à n'importe qui, grommela Vilkas, acerbe.

- Vous ne pouviez pas m'accompagner là où je me rendais, cette histoire ne concernait que moi, répliqua la vieille femme sans se laisser démonter.

- Dîtes tout de suite que nous sommes une bande d'incompétents, grogna Farkas, le nez dans son verre de bière.

- Je n'ai pas dis ça, cervelle gelée, dit gentiment la prêtresse. De toute façon, vous aurez bientôt l'occasion de vous rendre utile!

- Les regards de tous les Compagnons se fixèrent sur Alfsigr. Enfin une nouvelle intéressante après tant de semaines d'inactivité !

- Nous t'écoutons Alfsigr, reprit Aela en croisant les bras.

- J'organise une expédition de la plus haute importance, au tombeau d'Ysgramor. Je n'ai pas besoin de beaucoup de monde, un seul Compagnon devrait me suffire pour compléter l'équipe que j'ai rassemblé.

- Qui compose votre équipée ? Demanda Farkas.

- Eh bien, un maitre conjureur que mon.. associée doit ramener, cette fameuse associée dont le nom est Analia et..

- Qui ? Interrogea Torvar qui venait remplir sa chope au tonneau à côté de la table.

- Analia. Une guerrière très expérimentée, Vilkas et Ria l'ont déjà rencontrée au temple de Kynareth.

- Encore elle ?! S'exclama Vilkas en fronçant les sourcils.

- Oui, exactement, encore elle, répliqua Alfsigr en serrant les lèvres.

- Qui comptez vous emmener avec vous au tombeau ? Demanda Ria avec une pointe d'espoir dans la voix.

- Pour le peu de technique que tu fais preuve face à un simple smilodon, tu ne devrais pas te sentir concernée par cette expédition, lâcha Vilkas.

- Vilkas ! Gronda Aela tandis que Ria ouvrait la bouche, choquée.

- De toute façon, ce n'est pas Ria que j'emmènerais, mais Vilkas, trancha Alfsigr.

- Et pourquoi lui ? Souffla Aela en regardant Vilkas qui arborait un sourire satisfait.

- Parce que si jamais je prenais toi ou Farkas, j'en entendrais parler pendant une ère ! S'exclama la disciple en riant. »

Le sourire de Vilkas se figea en une seconde, tandis que l'assemblée de guerriers éclata d'un grand rire. Il se leva et se dirigea vers les quartiers privés de Jorrvarskr dans ce qu'il considérait comme un silence plein de dignité. Alfsigr poussa un soupir ; si elle et Analia devait supporter ce Nordique pendant tout le voyage jusqu'au tombeau d'Ysgramor, autant commencer par lui apprendre à avoir le sens de l'humour..


« Donc, vous êtes en train de me dire que je devrais risquer ma peau dans je ne sais quelle vieille ruine nordique moisie, pour ramener à la vie je ne sais combien de personnes dans le but d'une quête énigmatique sur laquelle repose le sort de Bordeciel tout entier ?! »

Analia soupira, intérieurement comme extérieurement. Cela faisait dix minutes que Phinis Gestor énumérait tout le contenu de la quête. Elle se contenta de hocher la tête. Le conjureur continua de faire les cent pas dans sa petite chambre. La guerrière commençait à perdre patience ; pendant qu'il tergiversai de la sorte, la vie de centaines de soldats et de civils était en danger.

« D'accord ! Quand est-ce qu'on part ?! »

La voix enthousiaste du mage fit sursauter Analia. Phinis s'était retourné vers elle, un grand sourire aux lèvres. Ce revirement d'humeur était le bienvenu, mais Analia ne put s'empêcher de se méfier.

« Vraiment ? Vous allez venir ? S'exclama la guerrière.

- Absolument ! Vous savez, je n'ai pas toujours vécu ici. Auparavant, quand j'étais encore fringuant, je...

- Ouais, d'accord, vous étiez un aventurier et après vous êtes devenu un portemanteau à l'Académie. On peut y aller maintenant ? »

Le conjureur se tût. Il se tourna vers sa table de travail et commença à entasser des artéfacts magiques dans une sacoche. Puis, passant la bandoulière sur son épaule, il fit un signe de tête à la guerrière pour lui signaler qu'il était prêt. Analia ouvrit la porte, et montra d'un signe du pouce leur destination. Phinis soupira, et après avoir jeté un dernier coup d'oeil à ce qui avait été toute sa vie des années durant, il franchit le seuil, suivit de près par Analia, qui referma d'un grand coup le battant.

« Où devons-nous aller ? S'enquit le mage tandis qu'ils descendaient le pont de pierre de l'Académie.

- Pour l'instant, nous devons retrouver ceux qui nous accompagnent à Blancherive, ensuite nous déciderons de la marche à suivre, car je doute que nous parviendrons à nous mettre d'accord tout de suite.

- Cela dépend, si le plan est suffisamment précis, il n'y a aucune raison de..

- Oh si, si c'est celui à qui je pense qui vient avec nous, gronda Analia en fronçant les sourcils.

- Euh... de qui vous- ? »

Analia leva la main pour lui intimer l'ordre de se taire. Ils étaient arrivés à l'orée du village de Fortdhiver, et en face d'elle, sur des chevaux encore écumants, une quinzaine de soldats aux couleurs des Sombrages s'apprêtait à entrer dans l'auberge. Et parmi eux, Galmar parlementait avec le jarl Korir.

« Phinis, vite ! S'écria-t-elle en courant du plus vite qu'elle put vers une maison calcinée. »

Le pauvre mage ne comprit pas pourquoi elle était dans un tel état de nerfs, mais il ne posa pas de questions et s'accroupit à ses côtés derrière le pan de mur. Analia entendait de sa cachette la voix profonde du commandant Sombrage.

« Ce n'est qu'une simple visite Korir, pour renouveler les troupes et voir la situation.

- Tout va bien de mon côté, Galmar ! Répliqua Korir. Et j'aimerais voir tes soldats à l'oeuvre un peu plus souvent, nous ne pouvons pas protéger Fortdhiver avec deux personnes seulement !

- Ulfric estime bon d'envoyer des troupes uniquement parce que Fortdhiver est prêt de Vendeaume, et que si la châtellerie tombe sous contrôle impérial, Ulfric aura de gros soucis à se faire. »

Le jarl s'apprêta à répondre mais Galmar coupa court à la discussion en entrant dans la taverne. Analia attendit que la porte se fut refermée pour sortir de derrière son mur. Elle courut vers là où les soldats avaient laissés leurs chevaux, s'agrippa à la selle de l'un d'entre eux et monta dessus. Seul Phinis ne savait pas quoi faire.

« Bon alors, vous venez ou pas ? Demanda Analia en serrant les rênes.

- Je ne vais pas monter derrière vous tout de même ?

- Bien sûr que non, prenez un cheval et fichons le camp !

- Mais ils appartiennent aux Sombrages !

- Faîtes ce que je vous dis ou vous finissez à pied ! »

Phinis grommela légèrement mais finit par obtempérer. Il détacha l'un des chevaux, grimpa sur la selle et rejoignit Analia. Puis d'un commun accord, ils talonnèrent leurs montures et s'élancèrent dans la toundra glacée.

« De qui vous vous cachiez, tout à l'heure ? Demanda le mage tandis qu'ils ralentissaient.

- D'une.. vieille connaissance.. lâcha Analia du bout des lèvres.

- Vous avez servi chez les Sombrages?

- En quelque sorte, termina-t-elle en regardant au loin. »

Et tandis que l'équipée sauvage disparaissait dans les tourbillons de neige, la 'vieille connaissance' regardait l'horizon en fronçant les sourcils, constatant que deux chevaux manquaient à l'appel.


Voilà donc ce septième chapitre! J'espère qu'il vous aura plu! N'hésitez pas à me faire parvenir vos ressentis! :3.