Finis les examens, je suis presque tranquille jusqu'à la rentrée ! ^^ Pour fêter ça, voici le chapitre 7. :)


7. Seeing Red

(1x07 Voyant Rouge)

L'affaire était bouclée, ils ne leur restaient plus qu'à ranger leurs affaires et rentrer chez eux. Lisbon était de bonne humeur, de très bonne humeur même. En y réfléchissant bien, c'était presque phénoménal. Voilà pourquoi elle était à la recherche de Jane. Leurs ébats furieux semblaient les avoir rapprochés et elle mentirait si elle niait espérer qu'un jour, il ait le courage de l'embrasser. Elle ne serait certainement pas celle initierait ce genre de contact, pas lorsqu'il agissait comme s'il était sacré, pas lorsqu'elle savait que ce petit geste était si spécial pour lui. Il serait insensible et maladroit de sa part de piétiner ainsi ses sentiments pour quelques baisers. Elle tenait beaucoup trop à lui pour ne serait-ce qu'imaginer faire une chose pareil.

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était de si bonne humeur, mais elle avait envie de la partager avec la personne dont elle se sentait la plus proche et un petit dîner semblait être le moyen idéal pour le faire. Rien d'extraordinaire, juste un repas chez elle, peut-être même qu'ils le prépareraient ensemble. On fait ce genre de choses, entre amis, n'est-ce pas ?

Lorsqu'elle entra dans l'open-space, elle balaya la pièce du regard dans l'espoir d'y trouver son consultant mais ne le vit nulle part. Elle fronça les sourcils. Elle était pourtant sûre qu'il était encore dans les parages.

« Van Pelt, vous n'auriez pas vu Jane, par hasard ? »

La rousse baissa la tête et fixa le sol quelques secondes avant de répondre.

« Euh… Il est quelque peu…occupé.

- Il faut que je lui parle. »

Elle parcouru une nouvelle fois la pièce de regard et scanna les environs à la recherche du moindre signe indiquant la présence du consultant, mais ce, sans succès.

« Patron, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de le faire maintenant. »

Croisant le regard de Van Pelt, elle put y noter un malaise flottant. Un millier de scénarios se jouèrent alors dans sa tête et aucun d'eux n'étaient rassurants.

« Pourquoi ?

- Ça me gêne un peu de vous raconter ça, mais il est plutôt bouleversé.

- Comment ça ? »

Lisbon n'était pas certaine de ce que la jeune agent entendait par « bouleversé » mais elle avait besoin de le savoir. Elle avait besoin de le retrouver et de s'assurer qu'il aille bien.

« Bouleversé au point de pleurer. Kristina venait de sortir de la salle d'interrogatoire où il se trouve et quand je suis passée devant il … »

Lisbon se dirigea vers la salle 209 avant même que Grace ne puisse terminer sa phrase. Voyant sa supérieure courant presque jusqu'à la porte close, Grace réalisa que Jane et elle étaient plus proches l'un de l'autre qu'elle ne le pensait. Elle envisagea un instant la possibilité qu'ils soient plus qu'amis mais chassa rapidement cette idée de sa tête et retourna à son bureau.

Lisbon, elle, n'avait plus rien entendu après le mot « pleurer ». Sa bonne humeur était retombée en deux secondes et l'idée que Jane soit aussi triste la fit presque fondre en larme. Elle avait vu le coup d'œil que Grace avait lancé vers la salle 209 et s'y était dirigée avant même de réfléchir. Ses pieds la portèrent là-bas plutôt rapidement tandis que son cerveau cherchait ce qu'elle pourrait dire pour qu'il se sente mieux, mais elle ne trouvait rien d'adéquat.

Elle ouvrit délicatement la porte et entra sans faire de bruit avant de la refermer derrière elle. Jane ne remarqua rien ou alors, il s'en fichait. Elle ne savait pas vraiment. Son cœur se brisa un peu plus à chaque secousse de ses épaules. Chacun de ses sanglots silencieux laissait une douleur désagréable au creux de sa poitrine. Elle ne savait pas quoi faire. Il lui tournait le dos et elle ne savait pas si elle devait le contourner pour lui révéler sa présence ou seulement dire quelque chose.

Une de ses mains sembla vouloir agir d'elle-même et se tendit jusqu'à lui pour le toucher avec douceur. C'était un simple petit geste pour l'avertir de sa présence, elle espérait seulement qu'il comprendrait à quel point elle aimerait pouvoir soulager sa douleur. Il ne se retourna pas et cela leur convint très bien. La main de la jeune femme se glissa autour de son torse tandis que l'autre faisait le même chemin de l'autre côté. La table sur laquelle il était perché la gênait un peu dans ses mouvements mais elle fit avec. Se pressant le plus qu'elle put contre son dos, elle posa son front entre ses omoplates. La chaleur d'une des mains du consultant vint envelopper la sienne, lui prouvant ainsi qu'elle faisait ce qu'il fallait, et, avant qu'elle ne réalise ce qu'il se passait, il la tira par le bras jusqu'à ce qu'elle soit face à lui. Leurs regards se croisèrent, celui de Jane emplit de larmes, le sien compréhensif. Avant qu'ils ne puissent dire quelque chose, ils serrèrent tous deux leurs bras autour de l'autre dans une étreinte désespérée. Jane s'accrocha à son corps menu comme si elle était son unique espoir de survie et il laissa enfin couler les larmes qu'il avait jusqu'ici essayer de retenir. Il l'étouffait un peu mais elle s'en contrefichait. La seule chose à laquelle elle prêtait attention à cet instant était à la tête de Jane enfouie contre son cou et au fait qu'il semblait se calmer grâce à la main qu'elle laissait trainer dans ses cheveux. Elle aurait voulu lui dire que tout irait bien, qu'ils surmonteraient tout cela ensemble mais elle ne trouva pas la force d'en former les mots.

Après ce qui sembla être une éternité, les larmes de Jane séchèrent enfin, mais aucun d'eux ne desserra la prise qu'il avait sur l'autre. Aucun d'eux ne voulait être le premier à briser ce contact. Lisbon finit pourtant par se reculer lentement.

« Qu'est-ce que Kristina t'as dit ? »

Elle ne savait pas encore si elle voulait donner un coup de poing à la soi-disant voyante pour l'avoir bouleversé aussi profondément ou si elle devait la remercier pour avoir obliger Jane à faire face à quelque chose qui le préoccupait autant.

« Juste ce que je voulais entendre »

Sachant que ce serait probablement la meilleure réponse qu'elle obtiendrait de lui pour l'instant, elle laissa tomber. Il lui en parlerait lorsqu'il serait prêt et elle serait là pour lui.

Un silence gêné s'installa entre eux alors qu'ils avaient encore le regard rivé sur l'un sur l'autre. C'était un peu étrange de se retrouver de l'autre côté, généralement, il était celui qui la réconfortait mais cette fois, les rôles était inversés. Elle était sur le point de partager cette pensée avec lui lorsque son estomac décida de faire des siennes. Un gargouillement bruyant brisa le silence lourd qui flottait entre eux, leur arrachant ainsi un sourire.

« Tu as faim ? demanda Jane.

- Un petit peu. Je venais justement te proposer de venir chez moi pour manger un petit quelque chose.

- Je pense que c'est une excellente idée. »

Sa voix était encore un peu rauque, mais cela ne fit que renforcer l'intensité des mots qu'il venait de prononcer. Se détachant délicatement de lui, Lisbon mena le pas en sortant de la salle et en se dirigeant vers l'ascenseur. Elle ignora les coups d'œil curieux de ses collègues et des gens qui passaient par là. Ce n'était par leurs affaires de savoir pourquoi Jane semblait avoir pleuré ou pourquoi ils partaient ensemble.

Ce ne fut qu'une fois arrivée à sa voiture qu'elle se rendit compte qu'elle n'était plus vraiment d'humeur à cuisiner, le côté marrant de la chose s'étant envolé et ne revenant surement pas. Elle choisit d'attendre qu'ils soient tous deux chez elle, dans son salon pour soulever l'idée de commander quelque chose. Elle voulait qu'il reste un peu chez elle et le seul moyen d'y arriver était de commencer par l'y faire venir. Il était beaucoup trop simple d'aller manger quelque part et de décider ensuite qu'il serait mieux que chacun rentre de son côté.

« Chinois, ça te va ? demanda-t-elle. Je n'ai pas vraiment envie de cuisiner.

- Est-ce que tu as du fromage, du pain et du beurre ? »

Sa question la prit de court et elle dû y réfléchir un instant avant de réussir à se rappeler si elle avait les ingrédients qu'il venait d'énumérer.

« Euh, oui. Je pense que oui.

- Je pense que, là maintenant, un sandwich au fromage fondu (*) passerait mieux que du chinois. Je les ferai, montre-moi seulement où trouver les ingrédients.»

Il se dirigea vers la cuisine avant qu'elle ne puisse répondre. Le suivant de prés, elle se fraya un chemin jusqu'à la cuisinière. C'était étrange de penser que quelqu'un cuisinerait pour elle dans sa propre cuisine, mais c'était aussi plutôt agréable. C'était une chose à laquelle elle pourrait s'habituer.

Il n'eut aucun problème à trouver le pain, le beurre ainsi que le fromage les couverts, cependant, se révélèrent être plus difficiles à trouver jusqu'à ce qu'elle lui pointe le tiroir à droite de l'évier. Lisbon lui tendit une poêle avant de se hisser sur le plan de travail pour s'y asseoir. C'était ce qu'elle faisait toujours lorsque sa mère faisait des cookies les lundis après-midi et de s'asseoir ainsi encore une fois la fit se sentir jeune à nouveau.

« Merci de te proposer pour cuisiner notre repas.

- Meh… Ce n'est rien d'extraordinaire. »

Elle acquiesça tandis qu'il s'activa à beurrer les tranches de pain. Ce ne fut que lorsqu'elle remarqua qu'il beurrait la même tranche depuis quelques minutes qu'elle commença à s'inquiéter.

« Kristina Frye m'a dit que ma fille ne s'est pas réveillée. Qu'elle n'a jamais su ce qu'il lui arrivait.

- Jane…

- Comment aimes-tu ton sandwich au fromage fondu ? Doré, ou bien grillé ? »

Il mit fin à la conversation avant même qu'elle n'ait le temps de commencer, ne voulant pas montrer ses faiblesses une deuxième fois dans la même soirée. Lisbon s'en rendit compte mais choisit de ne pas pousser le sujet plus loin. Elle se sentait déjà assez privilégiée de savoir qu'il avait assez confiance en elle pour lui en dire autant.

« Euh… Bien grillé. »

Il plaça les sandwichs dans la poêle et les laissa dorer à l'intérieur. La spatule qu'il tenait à la main trouva résidence sur le comptoir, près de la cuisse de Lisbon, tandis qu'il se frayait un chemin jusqu'entre ses jambes. Elle voulu parler mais il se pencha vers elle avant qu'elle n'en ait l'occasion. Son visage était près du sien, si près qu'elle sentait son souffle mourir contre sa peau. Un frisson parcouru son corps lorsqu'il leva la main pour effleurer ses lèvres du bout des doigts et elle prit sur elle pour ne pas perdre contrôle. Le sexe ne résolvait pas tout.

« Patrick, on devrait vraiment… »

Le regard de Jane se riva sur les lèvres de la jeune femme et instantanément, elle prit pleinement conscience de ce qu'il se passait autour d'elle. L'odeur émanant de la poêle, le crépitement que les sandwichs faisaient à l'intérieur de celle-ci et la sensation brûlante de son pouce caressant sa lèvre inférieure. Jane s'assura d'avoir toute son attention puis laissa son nez frôler le sien. Quelques centimètres de plus et ils échangeaient leur premier baiser.

« Euh… On…Hum, marmonna Lisbon.

- Je sais, pas ce soir. »

Rassemblant tout le courage nécessaire, il se pencha un peu plus et déposa ses lèvres à la commissure de celle de Lisbon. Ce n'était pas le baiser dont ils mourraient tous deux d'envie, mais c'était un début. C'était nouveau, et Lisbon se fichait pas mal du fait que seul les coins de leur bouches se touchaient, cela restait quelque chose qu'ils n'avaient encore jamais partagé ensemble. Lorsqu'il se recula pour la regarder dans les yeux, ils étaient tous les deux encore un peu sous le choc de ce pas en avant qu'ils venaient de faire.

« Tu vas laisser mon sandwich brûler. »

Un petit rire échappa à Jane tandis que l'estomac de Lisbon grogna comme pour ponctuer ses propos.

« Je ne brûlerai pas ton repas. Promis »

Pour la première fois de la soirée, il sourit. Un vrai sourire sincère, qui s'effaça légèrement lorsque quelque chose se rappela à lui.

« Je me demandais si je pouvais rester ici ce soir. Sur le canapé. Je prendrai le canapé.

- Tu peux rester où tu veux. »

Lisbon mentirait si elle disait ne pas espérer secrètement qu'il choisisse de rester dans sa chambre. Pourtant, elle savait qu'il prendrait le canapé et qu'elle resterait seule dans son lit. Le bon côté des choses était qu'il serait là, le lendemain matin, lorsqu'elle se réveillerait.

Était-elle la seule à remarquer qu'ils passaient de plus en plus de temps ensemble, sans que cela ne se rapporte seulement au sexe ?


(*) Dans le texte original, c'est « Grilled Cheese ». En voyant ce que c'est sur google Image, ça à l'air pas mal, non ? ^^Pas très diététique, mais bon... Je crois que je vais essayer x)