La liste des envies de Lisa
Chapitre 7 : paper cape
Par ChicTess
Et sa Bêta, Lily
- Avance plus vite Dém. Bon sang, tu te disperses ! m'exclamai-je en assimilant que Démétri me conduisait partout sauf à l'accueil pour ma prise en charge.
- Bella, arrête de pester comme ça. Tu ne peux te servir ni de ton bras ni de ta jambe, s'exaspéra-t-il. Je suis tes deux membres manquants ! Par principe, tu me dois le respect.
Je levai les yeux au ciel.
- Je suis surtout damnée, maugréai-je en appuyant mon coude gauche sur l'accoudoir de la chaise roulante, lassée de l'excentricité de mon collègue.
- Franchement, c'est la première fois que je te vois aussi maladroite, me signala-t-il, appuyant un tout petit peu plus le couteau dans la plaie.
- C'est le comble pour une ambulancière ! L'ironie du sort ! La stupidité absolue, rétorquai-je excédée, en me tournant vers lui.
- Bella, tiens-toi tranquille. Le mal ne prend même plus le dessus sur toi. Tu es quoi une sur-femme ?
- Je suis dure au mal Dém. Je ne souffre pas. Qu'est-ce que je peux dire de plus ?
- Super-Bella, railla-t-il. Tu veux que j'aille chercher ta cape dans l'ambulance ?
- Très drôle ! Tu vas m'en fabriquer une avec le papier du rouleau hygiénique du brancard ? me moquai-je.
- T'aurais fière allure ! Accrochée à ton chariot !
- Oui et tout le personnel hospitalier viendrait la signer comme si j'avais un plâtre. Bon dieu, faites qu'ils ne me collent pas un plâtre !
- Excellente idée ! Je vais chercher tout ça !
Mon fauteuil roulant s'immobilisa.
Quoi ?
J'orientai mon corps pour le regarder et le vis foncer tout droit vers la porte coupe-feu de la sortie des urgences.
- Démétri, reviens ! Non mais, tu ne vas pas me lâcher là quand même ? rouspétai-je en tapant sur le fauteuil de ma main accidentée. Aie, m'écriai-je.
- Trop tard apparemment.
Je me retournai brusquement. Je ressemblai à une girouette sur ma chaise aux roulettes usées, cherchant à tourner en fonction de la direction du vent.
- Je...
Je bloquai une seconde et mes yeux tracèrent de bas en haut le corps de l'homme devant moi. Sainte mère de Dieu ! Le vent était favorable !
- Salut, je suis Edward. (n/L salut moi c'est Lily )
- Bella. Salut, me présentai-je en fixant son visage.
Il était sublime, enjoué dans son observation face à mon étonnement.
- Besoin d'aide Bella ? m'interrogea-t-il en plantant son regard dans le mien.
- Non. Oui. Je ne sais pas.
- C'est plutôt grave alors, me sourit-il en attrapant son stéthoscope autour de son cou pour jouer avec.
Je fis une moue un peu gênée sans le vouloir et inspirai discrètement.
- Je suis bloquée ici, soufflai-je. Mon collègue n'a fait que la moitié de son job, pestai-je en faisant un signe derrière moi.
- Vraiment ? Quel type ferait ça ?
- Le genre de collègue qui... peu importe. Il me donne une occasion de négocier quelques heures de remplacement.
- Le chantage ? éclata-t-il de rire.
- Je sais avancer quelques pions quand c'est le moment. Dém fait tout pour me rendre chèvre !
- Petit-ami ?
Ses pupilles sondèrent plus intensément les miennes et j'étais presque sûre qu'elles se dilataient. J'aurais voulu m'approcher pour vérifier mais me retins.
Déstabilisée, je chassai mon regard pour m'éviter un moment d'embarras supplémentaire. Ma chemise professionnelle me donnait subitement chaud. Guère de vent pour faire tourner la girouette… j'étouffai.
- Un collègue mais aussi un ami à vrai dire.
Il se baissa à mon niveau et appuya sa main sur l'accoudoir de la chaise roulante, près de mon bras gauche. Je le sondai un instant et louchai sur son badge, cousu sur sa blouse blanche près du logo de l'hôpital. « Dr Cullen ».
- Bella, qu'est-ce qu'il t'arrive pour que tu sois sur ta formule 1 ?
Il était si près de moi que je pouvais découvrir son effluve naturel si délectable. Mélangé aux odeurs limite nauséabondes du milieu hospitalier, le sien prenait le dessus sur tout le reste. En réalité, je séparais tellement son parfum des autres que je ne retenais que lui, l'enregistrant admirablement. Le Docteur Edward Cullen était si envoûtant que je remontai de sa main gauche, sans alliance, à son visage proche du mien. Il me sourit et pinça ses lèvres, m'expédiant ailleurs.
- Je…, baragouinai-je. Je suis tombée de l'ambulance après avoir déposé un patient ici.
Il semblait amusé et ses yeux verts se déplacèrent sur mon corps, recherchant quel morceau de mes jambes était abîmé en plus de ma main.
- Est-ce que je peux m'occuper de toi ?
Je déglutis et ma respiration chahuta. Je réprimai un halètement sonore. Est-ce que j'étais prête à lui confier mon corps ? ( n/L pfff en voilà une question idiote )
Sans avoir besoin de réfléchir concrètement à ma question, j'acceptai d'un léger hochement de tête. Il se releva lentement et se plaça derrière mon dos pour pousser ma charrette maudite. Il nous dirigea vers l'accueil et saisit un formulaire vierge sur le comptoir, à disposition des patients.
- Bonjour, pourriez-vous m'indiquer si une salle ou un box est libre s'il vous plaît ? demanda-t-il à l'infirmière d'accueil et d'orientation.
- Bien sûr Docteur Cullen, lui dit-elle occultant complément ma présence.
Je m'arrangeais toujours pour éviter Tanya Volturi. Elle ne n'avait jamais aimée et la réciproque était justifiée. Démétri m'arrangeait constamment en s'occupant des entrées et sorties des patients des urgences de cet hôpital. Je ne m'interrogeais même pas de savoir si elle m'avait vue. En définitive, je ne pensais pas. Elle semblait allumée par Edward, son corps en feu et j'eus envie de rire en regardant son visage rouge. Je me demandais si je pouvais trouver un extincteur dans le coin pour empêcher qu'elle s'embrase ! Son assurance l'avait désertée et je ris sous cape pour les fois où elle avait soûlé certains malades parce qu'il leur manquait une attestation. Tant pis pour l'extincteur, je préférais la laisser cramer !
Edward se tourna vers moi et je compris que j'avais ri un peu trop fort. Il pencha sa tête et me sourit en coin.
- Ça va Bella ?
J'acquiesçai et pinçai mes lèvres vers l'intérieur pour me contrôler mais mes yeux s'humidifièrent en réponse à ma bêtise mentale. Face à Edward, je sentis mes joues s'échauffer légèrement à mon tour.
- La salle 26M est libre Docteur Cullen, nous interrompit Tanya.
- Très bien, nous la prenons. Merci.
Ce « nous » me fit prendre quelques degrés supplémentaires. Bon dieu, j'étais aussi cuite que l'autre pimbêche !
- Je vous suis pour préparer les papiers de l'admission, Docteur.
N'avait-elle pas la langue brûlée depuis le temps qu'elle fumait !
- Je vais m'en occuper, lui lança-t-il sans appel.
- Mais...
Elle s'interrompit et je constatai qu'Edward haussait ses sourcils et attendait une suite qui n'avait pas lieu d'être. Le téléphone sonna et elle répondit.
- Docteur Cullen, j'ai un appel pour vous ?
- Transférez-le au Docteur Whitlock s'il vous plaît. (n/L Bon Dieu quel hôpital O.o *cours faire sa lettre de motivation* ) Il vient de terminer sa pause, rétorqua-t-il en regardant sa montre en cuir noir. Je suis occupé pour un bon moment.
- Très bien, répondit-elle déçue.
Elle me porta finalement un regard et sans un salut, elle reprit son travail, un peu déconcertée par le refus de coopération d'Edward.
- Elle va me le faire payer, assurai-je faisant rire Edward à ma réflexion.
- On verra ça, décréta-t-il sûr de lui.
Il me guida doucement vers ladite salle et je tentai de me raisonner pour reprendre la direction des opérations de mon corps. Bella-la-maladresse devait rester zen et cool. Zen et cool, deux mots que je devais apprendre à maîtriser. Je pouvais le faire.
Il poussa le brancard vide contre le mur et approcha un siège près du meuble où bon nombre de tiroirs attendaient d'être ouverts pour commencer à suturer plaies et autres accrocs. Il s'assit devant moi et saisit le stylo noir accroché au niveau du revers de sa poche.
- Alors Bella, commençons le supplice.
J'étais au centre de la pièce et Edward, avec sa réflexion, augmenta ma sensation de porter ma croix, enfin à une main et à cloche-pied. Je refoulai mon envie de rouler des yeux.
- Isabella, le repris-je comme si cela allait m'aider à assurer mon évasion de cet hôpital.
Mais avais-je vraiment envie de partir d'ici finalement ?
- Pardon ?
- En réalité, mon prénom complet est Isabella.
- Très bien, Isabella, répéta-t-il en grattant sur le formulaire. Je me disais que Belladone ne coïncidait pas. La toxicité des fleurs ne correspond pas à ta façon d'être.
Je ris. Et du vocabulaire en plus Docteur ?
- As-tu déjà entendu quelqu'un qui s'appelait Belladone, Edward ?
Il me sourit.
- Définitivement pas. Mais tu me sembles différente alors peut-être aurais-tu un prénom peu ordinaire !
- Différente ? chuchotai-je ma voix empreinte d'un scepticisme, ne comprenant pas vraiment ce qu'il voulait dire par là.
- Isabella n'est pas commun non plus. Il te va bien, lança-t-il en occultant ma question. Continuons, tu veux bien. Quel est ton nom de famille ?
Était-ce un compliment ? Avait-il décidé qu'il allait me torturer avec ses petites remarques sexy ?
- Swan.
- Ton lieu de naissance ?
- Ici, répondis-je alors qu'il grattait toujours sur son formulaire.
- Ta date de naissance ?
- Treize septembre mille neuf cent quatre-vingt cinq.
- Ton adresse ?
- 825 Eastlake Avenue East. Seattle.
- Ton numéro de téléphone ?
- 607 123 4005
- Célibataire ? En concubinage ? Mariée ?
- Célibataire.
- Célibataire comme sans petit-ami ?
Surprise, je levai les yeux, jusqu'ici fixés sur son stylo, vers son visage toujours concentré sur ce qu'il écrivait. Cette interrogation qui n'était absolument pas sur le formulaire accentua les battements de mon cœur. C'était bien la deuxième fois qu'il me posait la question, je ne rêvais pas tout de même ?
- Pas de petit-ami, déglutis-je.
Évidemment, il ne nota pas ce renseignement et je vis une esquisse de sourire. Il ne me regarda pas une seule fois.
- As-tu des enfants ?
- Aucun.
- Le nom de la personne à contacter en cas d'urgence ?
- Mon frère Emmett Swan, à la même adresse.
- Quel est son numéro de téléphone ?
- 206 288 1000.
- Numéro d'assuré social ?
- 342-625-9682
- Très bien, j'ai tout Bella.
Il releva sa tête vers moi et nous nous observâmes.
- Je ne pense pas avoir dit autant de choses personnelles à un homme en si peu de temps, confessai-je pour détendre l'atmosphère.
Il rit.
- La procédure, expliqua-t-il presque nonchalamment.
- Vraiment ? répliquai-je en étirant mes lèvres.
- Une partie de la procédure, admit-il en me dévoilant légèrement ses dents.
Il bascula son dos vers le dossier de sa chaise et tapa discrètement son stylo sur le formulaire.
- Pourrait-on activer la procédure ? le taquinai-je.
Il secoua la tête et je le vis expirer doucement pour se reprendre. Je n'étais pas la seule à avoir des points faibles finalement. Il quitta son siège sur roulettes et se posta devant moi.
- Alors, où souffres-tu Bella ?
- Cheville et poignet droits. Ça me lance un peu, je suis tombée sur le côté.
- Je vais devoir t'aider à enlever ta chaussure. Avant cela, il faut que tu grimpes sur le lit.
J'acquiesçai. Il cala correctement le brancard contre le mur et freina les roues pour ne pas qu'il bouge. Il tira le tissu en papier blanc pour assurer l'hygiène sous mon corps.
Lorsqu'Edward Cullen s'approcha de moi et qu'il me souleva doucement pour que j'avance à cloche-pied, mes pensées convergèrent vers mon corps nu contre le sien et je me demandai comment j'allais tenir sans accrocher mes jambes à son bassin. Ma cheville accidentée ! ricanai-je intérieurement en essayant de baisser l'intensité des papillons qui venaient de se mettre à voler.
Une fois allongée délicatement sur le lit, il prit ma tension. Après cela, il retira ma chaussure et ma chaussette et les déposa à terre. Il alla se laver les mains et j'en profitai pour me regarder de tout mon long. Ma tenue ne me mettait pas en valeur, non pas que j'aie un corps fabuleux mais je paraissais plus fine, habillée en civil et quand il me rejoignit, je ne me trouvai définitivement pas à mon avantage.
À première vue, mon pied me paraissait tout à fait normal mais quand il releva un peu mon pantalon de travail réglementaire, je constatai que ma cheville était légèrement enflée. Il la tourna doucement dans tous les sens pendant une minute ou deux puis toucha plusieurs endroits différents, me faisant grimacer de douleur par moments.
- Je pense que tu te l'es foulée mais ce n'est rien de grave, annonça-t-il en laissant reposer sa main sur mon pied.
Elle était douce et les couleurs de nos peaux s'accordaient fabuleusement. Il avait un teint un peu plus hâlé que le mien. À cet instant, je me dis qu'il fallait que je déguste le fait d'être avec lui. Edward m'attirait physiquement mais j'appréciais terriblement le caractère et la façon d'être de l'homme en face de moi.
- C'est supportable mais je ne pense pas pouvoir marcher, repris-je délestant mes pensées un peu trop audacieuses à mon goût.
- Nous allons quand même faire une radio de contrôle. Montre-moi ta main s'il te plaît.
Je la relevai à son niveau et il la prit pour la manipuler tout aussi délicatement qu'il l'avait fait pour mon pied. Je ressentis clairement quelques picotements et je filmai intérieurement ses gestes sur moi, espérant que je pourrais me passer quelques extraits plus tard. Il me fit faire plusieurs exercices pour tester ma main et quelqu'un nous interrompit en portant un coup discret sur la porte.
Edward reposa ma main doucement sur mon ventre et mes papillons le regardèrent s'éloigner alors qu'il entrouvrît la porte de notre salle d'examen.
- Hey salut papa, entre je t'en prie.
- Salut fils.
- Ça tombe bien que tu sois là, tu vas me donner ton avis, lui précisa Edward, me gratifiant d'un sourire confiant.
- Bonjour Miss...
- Swan. Bella Swan, me présentai-je à son père.
- Bonjour Miss Swan.
Je regardai l'homme plus âgé. Le fils et le père ne se ressemblaient absolument pas. Edward avait des cheveux à peine un peu plus foncés que son père. L'homme d'âge mûr avait une stature différente, plus longiligne. Edward entretenait son corps. Non pas qu'il soit difforme mais les muscles de son torse étaient fermes, d'après ce que j'avais constaté quand il m'avait prise dans ses bras pour me poser sur le lit. Edward était rassurant. Tout en lui était rassurant.
- Bella, voici mon père. Il fait partie de l'équipe de chirurgiens de cet hôpital.
- Si je n'étais pas clouée sur ce lit Docteur Cullen, je serais enchantée de faire votre connaissance, plaisantai-je.
Ils sourirent face à ma répartie.
- J'aimerai avoir ton avis papa. Foulure poignet droit et entorse cheville droite. Je vais programmer une radio de contrôle. Je reviens Bella, finit-il en me regardant.
Je lui souris en signe d'approbation et il sortit. Je me retrouvai avec son père qui effectua quasiment à l'identique les gestes de son fils. Edward revint entre temps et me sembla un peu essoufflé.
- Radios Edward, vraiment ? lui demanda son père en reposant avec prudence ma main sur mon ventre.
- Je... Ouais, cafouilla Edward.
Son père se retourna vers lui et je l'aperçus hausser les sourcils.
- Même diagnostic fils. Tu devrais programmer un IRM tant que tu y es. Tu ne crois pas ? lui dit-il en le rejoignant et en serrant fièrement son épaule gauche l'espace d'un instant.
Edward lui sourit, complice.
- Je vais commencer par une radio. Merci pour tes conseils papa, poursuivit-il en pinçant ses lèvres, joueur.
- Bien sûr Docteur Cullen. Oh au fait, on te cherche.
Docteur Cullen senior se retourna vers moi, se rappelant certainement de ma présence.
Mais qu'est-ce qu'il se passait ? J'avais quelque chose qui clochait pour que son père veuille me faire passer un IRM ?
- À bientôt Miss Swan. Au plaisir de vous revoir... bientôt, me salua-t-il aussi poliment que gentiment.
Ses yeux étaient brillants et je me demandais s'il riait ou si je devais être inquiète du diagnostic. Je portai mon regard vers Edward qui me fixait à son tour.
- Au revoir Docteur Cullen, lui dis-je avant qu'il ne prenne congé.
Edward revint à mes côtés et je tournai mes jambes pour m'asseoir sur le lit. Je posai mon pied valide et il approcha le fauteuil roulant, me soutenant pour ne pas que je me blesse.
- Edward, est-ce que c'est grave ? Tu as parlé d'une foulure et d'une entorse mais ton père avait l'air de dire que...
Il posa sa main sur ma joue gauche et je levai mes yeux vers lui. J'étais perdue et l'intimité de son geste remit en place mes méninges naïves jusqu'à présent. Edward Cullen m'aimait bien...
- Non, ne t'inquiète pas. Je veux juste contrôler avant de te lâcher.
- Me lâcher ?
Mon cœur était fou furieux et je jetai un coup d'œil à sa main qu'il replaça le long de son corps.
- Te laisser dans la jungle de Seattle, concéda-t-il presque à regret.
Je n'ajoutai rien et il partit ouvrir la porte. Il poussa mon fauteuil à travers les ascenseurs et les différentes salles et j'eus l'impression qu'Edward nous lançait dans une course folle à travers les étages pour rejoindre le niveau de radiologie. Il occulta tous les regards qui chassaient dans sa direction comme si la recherche de la salle à rayons X était sa priorité du jour. Edward Cullen était devenu ma priorité du jour !
Près de la machine imposante, j'eus un moment de gêne lorsqu'il dût enlever mon pantalon pour prendre la radio de ma cheville et je me retrouvai en lingerie et chemise de travail pour grimper sur la table près de l'appareil. Edward ne fit aucune remarque et j'eus le sentiment que son professionnalisme nous séparait. Il devint Docteur Cullen dès l'instant où je m'assis pour prendre le cliché, me faisant prendre la pose.
Au moment de réaliser la radio de mon poignet, il écarta un manipulateur qui voulait me prendre en charge et le renvoya en lui expliquant qu'il se débrouillerait sans lui et qu'il connaissait bien les appareils de radioscopie. Nous étions restés seuls tout au long des examens comme si la salle avait été privatisée. Le temps passé avec lui s'égrainait tellement vite que j'aurais pu continuer toute la soirée. Edward Cullen réchauffait tellement mon corps que tout l'endroit me semblait moins lugubre en sa présence.
Après avoir joué les mannequins pour rayons ultrasons, j'attendis qu'il revienne avec les radios, regardant tout ce qu'il y avait de plus inintéressant. La pièce était redevenue froide et fade, assombrissant mon sentiment de solitude.
- Désolé, ça a pris plus de temps que prévu, s'excusa-t-il en revenant, m'apaisant dans l'instant.
Il alluma le négatoscope et y plaça les clichés les uns après les autres, sans émettre aucun commentaire. Il y en avait dix de chaque. Dix ! Bon sang, c'était plutôt grave alors. Il avait des doutes !
- C'est bien cela Bella. Foulure et entorse, proclama-t-il en éteignant le panneau lumineux.
Il campa auprès de moi après avoir remis les radios dans leurs pochettes respectives et me jeta un coup d'œil.
- Bella, est-ce que tu vas bien ?
J'opinai.
- Tu es livide. Tu ne te sens pas bien ? Est-ce ta tête ? s'alarma-t-il.
Il me regarda les billes rondes et je fermai mes yeux un instant. D'un geste immédiat, il prit mon pouls et mes paupières se relevèrent, reconnaissant son toucher instinctivement.
- Je croyais que tu allais m'annoncer une mauvaise nouvelle.
- Non. Non Bella. Je ne voulais pas t'inquiéter, excuse-moi, consentit-il en prenant ma main valide.
- Tu… tu as fait plein de radios, expliquai-je. Je n'en ai jamais vues autant pour si peu.
- Oh, ça... Je voulais m'assurer que tu allais bien. Ta tête ?
- Oui, oui je vais bien. Bon sang, tu m'as fichu une peur bleue.
Je baissai mes yeux sur mes cuisses nues et je me sentis un peu stupide.
- Edward, tu veux bien m'aider à me rhabiller s'il te plaît ?
- Bien sûr. Il faut que je soutienne ta cheville avec une attelle et je vais bander ta main. Je vais aller chercher ce dont j'ai besoin à la pharmacie de l'hôpital.
Il m'assista pour que je puisse me vêtir et lorsqu'il boutonna mon pantalon pour que je soulage mon poignet droit, je sentis cette même attirance puissante qui cavala entre nous. Nous étions si près et nous relevâmes nos visages l'un vers l'autre simultanément. Je ne souhaitais qu'une chose, les lèvres du Docteur Cullen deuxième du nom sur les miennes.
- Bella, tu es ma patiente pour quelques dizaines de minutes encore, objecta-t-il la voix rauque.
Je hochai la tête sans pouvoir exprimer quoi que ce soit. Je plissai mes paupières pour cesser mon attitude idiote. Comme si le Docteur Cullen allait embrasser ou même sortir avec une fille qui se fichait en l'air en sortant de l'ambulance qu'elle conduisait, comme si j'étais assez bien pour pouvoir appâter un homme comme lui, homme qui devait certainement courir après toutes les filles de Seattle et même des autres contrées.
Il m'assit sur mon détestable fauteuil à quatre roues et bizarrement, ça me plaisait moins de passer du temps avec le Docteur Cullen. Stupide et avide Bella !
Lorsque nous fûmes de retour au hall des urgences, Edward me laissa et prit la direction de la pharmacie, soulageant un peu le poids du caillou échoué au fond de mon cœur. Dém me rejoignit en trombe, sa feuille de papier avec lui. Stupide cape à la noix !
- Ça va ? me lança-t-il tout sourire.
- Tu m'as lâchée Dém au milieu des urgences pour me faire une cape. Mais qui fait ça ? m'étonnai-je encore. Parfois, tu n'es qu'un idiot !
- Ne te plains pas, il paraît que tu es partie avec le célèbre pédiatre de l'hôpital. D'après Tanya, c'est le célibataire le plus en vue du corps hospitalier.
- Pédiatre ? redis-je abasourdie.
- Oui. Tout son service le cherche partout. Il devait juste récupérer des papiers à la direction de l'hosto pour les ramener dans son service et a priori, il s'est fait la malle avec une ambulancière maladroite. Je me demande bien qui cela peut être, ricana-t-il.
Le Docteur Cullen deuxième du nom avait-il des vues sur moi ou bien était-ce simplement de la pitié ?
- Au fait, Tanya l'a mauvaise. Elle a ajouté un « salope » sur ta série d'autographes.
J'éclatai de rire.
- Montre-moi ça.
J'examinai le papier et il y en avait dans tous les sens. Des numéros de téléphone d'inconnus, des poèmes improvisés sur le moment, un « Happy Birthday Lisa » coloré et adorable certainement comme elle. Je terminai en voyant la signature de Tanya et secouai la tête avant d'éclater de rire une seconde fois.
- Que se passe-t-il ?
Je détournai mon regard de la fausse cape de Dém et vis Edward devant moi.
- Bella a une foule d'admirateurs. J'ai sélectionné quelques spécimens pas trop amochés dans cette salle ! me devança Dém.
- Admirateurs ?
- Je dois la caser avant la fin de l'année, ajouta Dém mi-complice mi-taquin avec un faux air de « Sais-tu garder un secret ? ». Vous voulez ajouter votre candidature Docteur ?
Edward passa sa main sur sa nuque et remua sa tête doucement de gauche à droite pour se détendre.
- Merci de ta sollicitude mais je peux arranger mes affaires, lui dit-il gentiment. Je ne manquerai pas de te tenir au courant cependant. Démétri, c'est bien ça ?
Mon collègue acquiesça.
- C'est noté. Par contre, vous êtes recherché par le FBI, lui lança-t-il en regardant vers l'accueil. Enfin, elle tient votre agenda à jour en tout cas.
Edward et moi tournâmes la tête de concert et Tanya s'empourpra quand elle vit que nous la fixions tous les trois. J'espérai un instant un miracle pour que la combustion s'amorce et que les inhalations de fumée la fassent taire pour quelques minutes. Son insulte sur ma cape était clairement en trop.
Je ne pus empêcher un ricanement et levai les yeux vers Edward qui me dévisageait, ses pupilles pétillantes.
- On te laisse Démétri, j'ai une patiente en cours !
- Ok Doc. Bella, je te ramène à la maison dans notre carrosse ! Et je vais mettre les gyros rien que pour toi, blagua-t-il alors que j'enfonçai ma tête dans mes épaules.
Edward poussa ma chaise roulante de malheur et nous trouva une autre salle. Il alla chercher un sachet pour y mettre mes chaussette et chaussure inutiles et glissa mon attelle autour de mon pied en vérifiant que ce ne soit ni trop grand ni trop serré. Il se rapprocha ensuite de moi pour bander ma main droite. Ses gestes me rendirent si émotive que j'aurais souhaité que ma convalescence dure éternellement et qu'il veuille bien assurer l'intérim des soins infirmiers.
- Voilà Bella. Tu es parée pour la jungle de Seattle.
- Merci, arrivai-je à dire, encore secouée par l'intensité du moment.
- Je vais te prescrire quelques cachets au cas où tu souffrirais cette nuit. Je te fais un arrêt de travail de dix jours, d'accord ? m'indiqua-t-il en remplissant les documents qu'il trouva dans un des tiroirs du meuble derrière lui.
- Merci Docteur.
- Docteur ? soupira-t-il en relevant sa tête vers moi.
- Je suis ta patiente pour quelques dizaines de minutes encore, répétai-je ses paroles.
- Malheureusement oui, me sourit-il.
- Malheureusement ?
- Oui, murmura-t-il.
- Bon, je vais repartir vers mon carrosse alors. Peux-tu me conduire auprès de Démétri s'il te plaît ?
- D'accord. Avant ça, je voulais te demander si... Il y a une sorte de soirée caritative pour l'hôpital samedi prochain. Et je voulais savoir si tu accepterais de m'y accompagner ?
Je l'examinai tentant de cacher mon étonnement. Edward Cullen n'avait donc aucune pitié pour moi.
- Vous êtes en train de me demander de sortir avec vous sur votre lieu de travail Docteur Cullen ? N'est-ce pas déontologiquement incorrect ? m'amusai-je.
- Techniquement oui, me répondit-il en mordillant sa lèvre inférieure. Mais étant donné que je n'ai rien à faire dans le service des urgences puisque je suis rattaché au service néonat´, je pense que je peux m'offrir quelques libertés.
- Voyez-vous cela ! ris-je de bon cœur
- Est-ce que c'est un oui ?
- Edward, je suis en fauteuil roulant. Je ne pense pas pouvoir me déplacer toute seule pendant quelques jours. Mais je te remercie pour l'invitation.
- Un refus, surjoua-t-il en pliant ses bras contre son torse. Bella, je t'ai poussée tout l'après-midi. Je pense pouvoir m'occuper de toi tout une soirée, je ne te lâcherai pas d'un pas.
- L'apitoiement ?
- Avant le chantage ! J'ai appris de la meilleure, amplifia-t-il en se référant au début de notre conversation, plus tôt dans l'après-midi. Je crois que ton collègue te doit quelques heures de remplacement, non ?
Je lui souris, bien consciente de m'être fait avoir comme une débutante. Pour mon plus grand plaisir...
- Très bien, mais je compte sur toi. Je ne désire pas rester en tête à tête avec mon fauteuil tout la soirée.
- Je ne te laisserai pas au milieu de la salle de bal comme certains ! s'offusqua-t-il faussement, se référant à l'attitude cocasse de Démétri. Je ferai tourner ton fauteuil pour danser, ne t'inquiète pas pour ça ! plaisanta-t-il.
- Danser ?
- Allez, je te ramène à ton collègue, me dit-il en éludant ma question. Je crois qu'ils m'attendent en néonatalité. Je passerai te prendre à dix-neuf heures samedi si cela te convient.
- D'accord.
Après cela, il me confia à Dém et je montai dans l'ambulance, suppliant mon collègue de ne pas faire marcher les gyrophares. Je perdis encore une fois mais mon exaspération fut vite remplacée par la perspective de mon rendez-vous avec Edward.
Plus tard dans la soirée et alors que je luttais dans les tâches quotidiennes les plus simples, la sonnette de la porte d'entrée retentit. J'atteignis la porte avec difficulté à cloche-pied.
- Edward ? le saluai-je surprise. ( n/L quel professionnalisme ce Dr tout de même ^^ )
- Salut.
- Entre, je t'en prie.
Il était là, dans mon salon et je le trouvai encore plus sublime que dans sa blouse de médecin-pédiatre-urgentiste. Je le détaillai discrètement et il était habillé d'un jean brut et d'un tee-shirt bleu marine, fissurant immédiatement l'image professionnelle qu'il m'avait présentée aujourd'hui.
- Je voulais savoir comment tu allais.
- Je... Ça va. Non, en fait je galère, ris-je.
- Je m'en doutais. Est-ce que tu as mal ?
- Non pas du tout.
- Ton frère n'est pas là ?
- Il est en déplacement pour affaires.
- J'ai bien fait de t'amener à manger alors, s'enthousiasma-t-il en me montrant le sachet en papier qu'il tenait dans sa main gauche.
- Merci Edward, c'est gentil, lui souris-je, heureuse qu'il ait pensé à moi.
Il me renvoya son sourire en version yeux pétillants et bouche tentatrice.
- J'ai oublié de te donner mon numéro de téléphone. En fait, non. J'ai fait exprès d'oublier, soupira-t-il en passant sa main sur sa nuque. Je voulais me donner un prétexte pour venir te voir.
- Vraiment ?
- Ouais, je m'inquiétais, avoua-t-il.
Il posa son sachet sur la console près de l'entrée et fit trois pas vers moi. Nous n'étions qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et je fatiguais de rester debout sur une patte. J'étais devenue un flamant rose depuis deux heures. Je vacillai légèrement et il me rattrapa.
- Repose-toi sur moi, me pria-t-il d'une voix douce.
- Merci, expirai-je, reconnaissante.
Nous étions plus proches que jamais et Edward, plus grand que moi d'une bonne tête et demi, inclina son visage, m'obligeant à relever légèrement le mien. J'entourai mes mains autour de son cou sans y réfléchir et nous nous sourîmes.
- Je suis content d'avoir séché mon travail cet après-midi pour m'occuper de toi, même si les circonstances sont quelque peu particulières.
Nos regards se parlèrent presque et la chaleur de son torse si près de moi diffusa une essence si spéciale que j'eus l'impression qu'Edward momifiait son organisme au mien.
- Bella, j'aimerais que l'on sorte ensemble, reprit-il. Est-ce que tu crois que toi et moi, on pourrait...
Je hochai la tête et déglutis. Nos lèvres se rapprochèrent pour se fondre ensemble, romançant nos corps. Mes papillons coururent dans tout mon corps pendant de longues et précieuses minutes. La douleur se rappela à moi lorsque je posai malencontreusement le pied par terre, enrayant notre étreinte si parfaite. Je gémis et Edward s'écarta, nous laissant reprendre nos souffles en m'interrogeant silencieusement.
- Je suis désolée. Ma cheville, lui précisai-je à demi-mots.
- Tu me laisses m'occuper de toi ? me questionna-t-il charmeur.
- C'est la seconde fois que tu me poses la question Docteur Cullen. Il semblerait que je t'aie déjà donné mon accord. Dois-je signer un nouveau formulaire ? jouai-je.
- Très bien, commenta-t-il en crochetant mes cuisses pour me porter jusqu'à mon canapé.
J'entourai mes bras autour de son cou en riant.
- Au fait Bella, il me faut le numéro de Démétri pour qu'il arrête sa petite quête infantile du « Trouvons un mec à ma collègue ! ».
J'éclatai de rire à sa réflexion jalouse.
Ce soir-là, Edward intégra ma vie définitivement et tint sa promesse de s'occuper de moi. Les papillons n'arrêtèrent jamais de voler, le flamant rose arriva rapidement à se positionner sur ses deux pattes et la girouette tourna dans tous les sens, occultant le sens du vent surtout lorsqu'Edward Cullen m'encensait. Ma cape en papier fut encadrée dans notre chambre, devenant finalement l'emblème de notre rencontre... ( n/L ohlala c'était trop top… je suis trop jalouse Lisa ! )
Happy B-DAY "Ma Petite Reviewveuse So Funny" !
Ce petit OS a été écrit en pensant à toi et à tout ton univers si attachant.
Merci Lisa pour ta gentillesse et ta bonne humeur et au plaisir de te retrouver pour de nombreux anniversaires, autour de FF.
Des bisettes à toi ma Lisa et à toutes les copines avec qui je me suis bien amusée ces derniers jours.
Tess
PS 1 : Pour celles qui ne l'aurait pas reconnu Lisa est "lisouarras", une des lectrices les plus appliquée ici.
PS 2 : Pour toutes les pipelettes qui viendront lire ce petit OS, je suis heureuse de vous en faire partager un tout nouveau. L'occasion est spéciale et les commentaires de Lily exceptionnellement intenses ;-) N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Bises à toutes et à très vite...
