Chapitre 7 :

La Naissance du Scorpion

~ Appartement du père de Yohann ~

Romain éteignit l'écran qui diffusait les dernières informations, notamment sur l'explosion qui avait ravagé une partie du secteur 2 de la zone C la veille. Il n'avait d'aucune façon envie d'entendre parler d'attentat, d'incendie et de mort. Il n'avait de toute façon envie de rien. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il n'avait plus goût à rien. La nouvelle de la mort de son frère l'avait plongé dans une léthargie inquiétante. Même son père n'arrivait plus à communiquer avec lui. Allongé sur le canapé, il poussa un soupir. Il n'arrivait toujours pas à croire au décès de Yohann.

Ses pensées se concentrèrent sur cette soirée où un homme avait frappé à la porte de leur appartement. Il s'était présenté comme étant un officier de l'O.M.S du nom de Ahmed Amrani. C'est lui qui leur avait appris la mort de Yohann. Selon lui, il avait été tué par un sans-abri qui avait contracté un virus de folie. Seulement, Romain n'y croyait pas. Ils n'avaient pas pu voir le corps du jeune homme et lors de l'enterrement, deux jours plus tôt, le cercueil avait été verrouillé. Son père avait dit que le corps était dans un tel état qu'il était méconnaissable. C'était trop de paramètres improbables. Son frère qui se faisait tuer par un sans-abri dans une partie de la ville où le taux de SDF était au plus bas, la plupart étant dans les bidonvilles de la Couronne, et l'état désastreux de son corps. Toutes ses informations compilées au comportement étrange de Yohann avant sa disparition ne laissait pas de doute pour Romain. C'était un complot.

Il tentait de démêler ses pensées quand quelqu'un sonna à la porte. Il râla contre l'inconnu qui osait le déranger en pleine après-midi et se leva. En marchant vers la porte, il se rendit compte qu'il n'était pas vraiment habillé pour recevoir du monde. Il portait un vieux haut noire délavé et un caleçon à carreau rouge. Pourtant, il ouvrit tout de même la porte à son visiteur, espérant que sa tenue le fasse fuir. Il allait dire quelque chose de déplacée quand ses yeux se posèrent sur le nouveau venu. Ou plutôt, la nouvelle venue.

C'était une femme d'une quarantaine d'année. Bien apprêtée, elle portait un tailleur noire avec une jupe. Ses cheveux blonds étaient coiffés en un chignon serré, lui donnant un air sévère. Ses yeux bleus légèrement maquillée se posèrent sur le jeune homme. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire qui se voulait doux et apaisant. Romain ne put dire qu'un seul mot devant cette apparition.

- Maman ?

- Tu as bien grandit, Romain, dit la femme en tentant de cacher la joie de revoir son fils. Est-ce que je peux ?

Le jeune homme ne pouvait dire non à la femme et il s'écarta pour la laisser rentrer. Elle marcha lentement dans le salon, observant la pièce décoré sobrement. Sur une étagère, elle tomba sur un cadre avec une photo de Romain, Yohann et leur père. Elle l'attrapa pour l'observer de plus près. Tandis qu'elle regardait l'image, une larme coula le long de sa joue.

- Excuse-moi, mais pourquoi tu es venu ?

Huit ans s'étaient écoulés depuis son départ, lui n'avait que sept ans quand elle avait quitté la maison. Pourtant, il l'avait reconnu sans trop de difficulté. Elle n'avait pas changé. Il aurait eu envie de se blottir dans ses bras. La rancune qu'il éprouvait envers elle l'en empêchait. Après tous, elle les avait abandonné pour poursuivre sa carrière. Elle les avait ignorés pendant plusieurs années. Il ne pouvait pas faire de son retour un moment si simple, surtout après la disparition de Yohann.

- Tu as vraiment bien grandit.

- Bien sur, ce n'est pas parce que tu es partis que le temps s'est arrêté, rétorqua Romain plus violemment qu'il ne l'aurait souhaité.

Elle lui lança un regard plein de tristesse et de remord. Pendant une fraction de seconde, le jeune adolescent se demanda s'il devait baisser sa garde. Pourtant, il n'en fit rien et attaqua immédiatement sur un sujet plus douloureux.

- Je suppose que tu as appris pour Yohann et que c'est pour ça que tu es là.

- J'ai fait aussi vite que j'ai pu.

- Tu as loupé son enterrement.

- Je ne pouvais pas me libérer comme ça.

- Mon frère est sous-terre ! Ragea Romain en tremblant. Tu reviens ici du jour au lendemain et tu penses que l'on va t'accueillir les bras grands ouverts ? On avait besoin de toi avant !

- Je comprends que tu puisses m'en vouloir...

Non ! Tu ne comprends rien du tous !

Le père de Romain et Yohann entra à cet instant dans la pièce. Encore vêtus de son costume, il se figea en apercevant son ancienne compagne. Romain profita de cet instant pour fuir dans le couloir. Comme souvent depuis quelques jours, il s'enferma dans la chambre de son frère. Il claqua la porte et se laissa glisser le long de la porte. C'était trop dure pour lui. Comment pouvait-elle revenir après tant d'années d'absences. Les voix des deux adultes s'élevèrent dans le salon.

- Comment ? Tu veux me l'enlever alors que tu n'as jamais été là pour lui ? Hurla son père. Il est tous ce qu'il me reste ! Tu ne peux pas débarquer et me le prendre !

- Je suis sa mère !

- Et moi, je suis son père et contrairement à toi, j'ai toujours été là pour lui. J'ai été là à toutes les étapes de sa vie et j'ai pris soin de lui. Il est plus en sécurité avec moi !

- Comme Yohann ? Répliqua la femme avec insolence.

- Comment oses-tu ?

- Je ne fais que raconter les faits. Si tu avais été plus strict, il ne serait pas mort à l'heure où nous parlons.

- Tu n'as pas à me critiquer sur l'éducation que j'ai donné à mes fils.

- Ce sont aussi les miens !

- Tu as été absente pendant huit ans, comment penses-tu prétendre être leur mère !

- Je n'avais pas le choix.

- Sors de cette maison.

Il y eut un bruit de verre qui se casse. Son père lança un juron et une porte se claqua. Romain resta un long moment assis sur le sol, écoutant son père pleurer. C'était fréquent ces derniers temps. Jusqu'à ce soir, le jeune homme n'avait jamais pris le temps de tenter de consoler son paternel, mais ce soir était différent. Il finit par quitter sa tannière et marcha en silence jusqu'au salon. Son père était assis sur le canapé, les yeux rougis par la tristesse. Il tenait dans la main la photo qui se trouvait dans le cadre que sa mère tenait. Il avait du tomber et se briser pendant leur dispute.

- Papa ? L'appela Romain en avançant lentement.

L'homme s'essuya le visage et tenta de faire bonne figure face au regard de son enfant. Pourtant, les sillons creusés sur ses joues par les larmes versées ne pouvaient pas tromper Romain. Le jeune homme s'assit près de son père.

- Je suis désolé pour ça, souffla l'homme en passant une main sur l'épaule de son fils. Je te jure qu'elle ne reviendra pas.

- P'pa, je veux rester avec toi.

- Je sais.

- Et je voudrais tant que Yohann soit encore avec nous, continua le garçon en reniflant. Il me manque.

- Moi aussi, il me manque énormément.

Romain pouvait sentir la tristesse de son père dans ses paroles. Pour la première fois depuis longtemps, père et fils restèrent blottit l'un contre l'autre, retrouvant une complicité qui s'était étiolée à l'arrivée de l'adolescence du deuxième. Ils n'étaient plus que tous les deux à présent et, Romain s'en fit la promesse, jamais il n'abandonnerait son père. Il devait le protéger et lui redonner son sourire. Et une idée germa dans son esprit. S'il y avait un espoir que son frère soit en vie, il devait explorer toutes les pistes.

À cause de l'épuisement, son père finit par s'endormir dans le canapé. C'était le moment idéal pour agir. Il se glissa lentement hors de la pièce et entra dans la chambre de son frère. Pendant plus d'une heure, il fouilla dans la pièce à la recherche du moindre petit indice qui indiquerait que Yohann était encore en vie. Mais rien. Il n'avait plus qu'un espoir. L'ordinateur portable du défunt. Romain s'installa devant l'écran et tomba sur la fenêtre qui demandait un mot de passe pour accéder au reste de la machine.

- J'avais déjà essayé toute une liste, se souvint le garçon qui avait à de nombreuses reprises tenter d'espionner son frère même avant sa mort. Et puis, je suis sûr qu'il l'a changé depuis.

Il tenta un premier mot de passe, la date de naissance de son frère. ERREUR. La date de naissance de leur père. ERREUR. La sienne. ERREUR. Il connaissait trop bien son frère. Il n'avait pas du mettre une date. Il tenta tout un tas de combinaison. Le nom de son groupe de musique préféré. ERREUR. Le plat qu'il préférait. ERREUR. Son film favori. ERREUR. La meilleur série. ERREUR. Son livre fétiche. ERREUR. Il passa plus d'une heure à tenter tout un tas de mot ou de phrases mais ce fut sans résultat.

- Putain, y'a bien un moyen de trouver son mot de passe !

Il tenta de repenser aux derniers instants qu'ils avaient partagé ensemble. Immédiatement, il repensa à cet étrange bracelet que Yohann avait trouvé et dont il ne se séparait plus. Il tenta en combinaison « Bracelet Rouge ». ERREUR. Il poussa un soupir. Alors qu'il réfléchissait, ses yeux tombèrent sur un dessin accroché sur le mur. Yohann avait toujours aimé dessiné et, Romain lui avait dit plus d'une fois, il avait un très bon coup de crayon. Sur le dessin, on apercevait un homme dans une tenue de motard futuriste de couleur rouge. En haut de la feuille était noté en gros « RED RANGER ».

- Comme-si ça pouvait être si simple, pouffa Romain.

Il resta quelques minutes sans bouger, le regard perdu sur le dessin. Finalement, il se décida à taper le nom du croquis sur le clavier de l'ordinateur. Lorsqu'il appuya sur entrée, il y eut un bip sonore et l'écran passa sur une nouvelle page.

- Super, souffla le garçon fier de son entreprise. Maintenant, voyons voir ce que tu nous cachais.

Il observa les icônes disposés sur l'écran d'accueil. L'une d'elle attira son regard. C'est un document de traitement de texte et il portait le nom « Red Ranger, le soldat rouge ». Avec curiosité, Romain ouvrit le document. Il comprit vite en lisant les premières lignes du texte qu'il s'agissait d'un journal intime. Ce qu'il y découvrit le laissa sans voix. Le Ranger Rouge dont on vantait les exploit à la télé. C'était son frère. C'était Yohann.

~ Quartier Général de l'O.M.S ~

Lentement, le scientifique termina d'observer les relevés médicaux des cinq Rangers. L'équipe médical les avait retrouvés gisant sur le sol. Heureusement pour eux, ils avaient été protéger par leurs amures. Ils n'avaient que quelques lésions et leurs vies n'étaient pas en danger. Ils avaient besoin d'un peu de repos. Ahmed envoya un synthèse de ses notes sur l'ordinateur de Maximilien, préférant ne pas le déranger. Le rouquin s'était enfermé dans son bureau et n'en était pas ressortis depuis le retour de Yohann et ses compagnons.

Ahmed donna ses instructions aux infirmières qui s'occupaient des blessés et quitta la salle des soins prioritaires. Il retourna lentement jusqu'à son bureau. Tandis qu'il marchait dans les couloirs, il repensait à la discussion qu'il avait eut au sujet de Axel. Cette bombe humaine était le fruit des recherches de l'ancien directeur de la section scientifique, juste avant que Maximilien ne soit nommé à ce poste à sa place. Le projet mutant avait été abandonné à son arrivée et les sujets instables avaient du être éliminé. Axel avait réussit à s'échapper, mais l'incident avait été classé sans suite. Personne n'aurait pensé qu'il referait une apparition.

Le basané s'installa derrière son bureau et commença à rédiger ses rapports de la journée. Il espérait que les Rangers se réveilleraient rapidement. Grâce aux informations que Sarah leur avait fournis en activant son micro, ils avaient appris les desseins de Red Storm. L'armée avait été envoyé sur la Porte Ouest pour contenir les hommes du criminel et pour le moment, la chance était de leur côté. Seulement, cela pouvait ne pas durer. L'homme était plongé dans ses pensées lorsque le téléphone sonna.

- Ahmed Amrani, j'écoute, dit-il en décrochant le combiné.

- Bonjour Mr Amrani, j'ai un appel pour Mr Hissef, déclara la voix d'une femme qui devait sûrement travailler dans les bureau de l'OMS. Seulement, je ne peux pas faire le relais. Sa ligne semble être bloquée.

- Mr Hissef ne veut pas être dérangé, je vais prendre l'appel. Savez-vous de qu'il s'agit ?

- Il a dit qu'il s'appelait Romain Carter.

- Carter ? S'étonna Ahmed.

Ce nom ne lui était pas inconnus. Il fit attendre la jeune femme à l'autre bout du combiné et pianota sur son ordinateur. Une photo de Yohann apparut. Puis, celle de son frère. Romain Carter.

- Transmettez moi l'appel, ordonna l'homme.

- Bien Mr.

- Elle raccrocha, laissant la parole à un jeune homme.

- Mr Hissef ?

- Désolé, je ne suis pas le Directeur, déclara Ahmed en tentant de ne pas trahir son inquiétude. Je peux savoir ce que vous voulez ?

- Je souhaite parler au directeur responsable du Projet Power Rangers, déclara Romain froidement. Je suis au courant que mon frère est l'un de ses types qu'on voit aux informations.

- Je suis Ahmed Amrani.

- Ah oui, le type qui nous a annoncé la mort de mon frère.

- Qu'est-ce que tu attends ?

- Soit vous acceptez de me rencontrer, soit je raconte tous ce que je sais aux médias.

- Tu mettrais la vie de ton frère en danger ?

- Vous m'avez pourtant dit qu'il était mort.

Cette fois Ahmed était coincé. Il n'avait pas le choix. Il devait allait à la rencontre de ce jeune homme. Ils décidèrent d'un lieu et d'une heure de rendez-vous et le scientifique raccrocha. Ahmed quitta son bureau, jetant sa blouse sur un fauteuil et se rendit rapidement vers la sortie du bâtiment. Sur le parking, il retrouva sa voiture de sport noire et rangea une mallette dans son coffre. Romain avait beau l'avoir contraint à venir à sa rencontre, il avait tout de même un atout dans sa manche. Il avait compris que ce jeune homme tenait à son frère. Il ne pourrait pas refuser la proposition qu'il allait lui faire. Devenir lui aussi un héros.

~ Une semaine plus tard ~

Burning Witch courait depuis plus d'une heure dans les rues sombres de la ville. Son poursuivant ne semblait pas près d'abandonner la chasse. Elle vira dans une ruelle sombre en pestant contre son patron. Ce sale type avait disparu de la surface depuis l'explosion de son quartier général. Il avait été le seul chef de gang qui pouvait potentiellement posséder les informations qu'elle recherchait, mais il était clair qu'il n'avait fait que se servir d'elle. À présent, il comptait sûrement la supprimer par le biais de l'individu qui la poursuivait.

Adossée contre le mur, elle passa sa tête dans la rue suivante pour vérifier que la voie était libre. C'était une allée déserte au milieu d'une ancienne zone industrielle. Sombre et éclairée par quelques lumières fonctionnant à l'énergie solaire, l'endroit était envahit de vieilles carcasses de voitures et de poubelles. Elle aperçut une échelle montant sur les toits d'un entrepôt désaffecté. Si elle pouvait l'atteindre, elle prendrait de la hauteur sur son adversaire et ainsi lui tendre un piège.

La sorcière décida de tenter le tout pour le tout. Elle partit en sprint vers l'échelle. C'était sa seule échappatoire. Des bruits de courses se firent entendre dans son dos. Elle poussa un juron, comprenant que l'assassin était à ses trousses. Elle préféra ne pas jeté un regard dans son dos de peur que cela la ralentisse. Elle poussa sur ses jambes, accélérant sa courses. Des objets tranchants la frôlèrent à plusieurs reprises, l'un d'eux déchirant un peu plus son collant et entaillant sa cuisse. Elle rejeta la douleur, forçant son esprit à se concentrer sur son objectif. Lorsqu'elle arriva à un mètre de l'échelle, elle prit appuie sur ses deux pieds pour sauter et attraper les barreaux en métal. Elle grimpa le plus rapidement qu'elle put et une fois en haut, elle se laissa tomber sur le sol pour prendre quelques secondes de répit.

Essoufflée, Burning Witch savait qu'elle ne devait pas baisser sa garde. Elle jeta un coup d'œil dans la rue. Il n'y avait personne. Elle était pourtant sûr que son poursuivant était dans son dos. Soit il s'était dissimulé, soit il s'était retiré. Elle rejeta la deuxième option. Son assaillant n'avait pas cessé de la traquer depuis qu'elle était sortis d'un bar clandestin du secteur B. Pourquoi se stopperait-il maintenant ? Elle se releva lentement, prenant appuie sur la rambarde qui faisait face au vide. Un bruit de frottement attira son attention. Une ombre passa sur elle. Elle eut juste le temps de se jeter sur sa droite, roulant sur la toit, esquivant une lame qui trancha la barrière de façon nette et précise. Elle ravala sa salive, surprise mais aussi soulagée d'avoir eut se réflexe.

La sorcière leva les yeux sur son assaillant. Il se tenait droit comme un piquet, face à elle. Elle remarqua tout de suite l'étrangeté de sa tenue. Vêtu d'une combinaison similaire à un ninja, il faisait sa taille et seul ses deux yeux bleus étaient visible, semblables à deux saphirs brillant dans l'obscurité de la nuit. Son costume était blanc avec des bordures et une ceintures noires. Il portait des bouts d'armures fait d'un métal argenté sur différentes parties du corps, poignets, coudes, épaules, genoux et tibias. Elle pouvait apercevoir le fourreau de son sabre accrochée dans son dos et des étuis accrochés à sa ceinture, ses cuisses et ses bras, contentant sûrement des projectiles comme ceux qu'il avait lancé plus tôt.

- Qu'est-ce que tu me veux ? C'est Red Storm qui t'envoie ? Hurla-t-elle en colère. Tu es venu me tuer, c'est ça ?

Le ninja blanc resta silencieux. Il rangea lentement son katana dans son dos et observa longuement la fille. Cette dernière ne comprenait pas son comportement. Qu'est-ce qui lui prenait de ranger son arme alors qu'il venait de tenter de lui trancher la tête ? Ce type bizarre ne lui inspirait pas confiance. Lentement, elle porta sa main vers son fouet, accrochée à sa ceinture. Ses doigts allaient se refermer dessus, mais l'autre la stoppa. Avec une vitesse incroyable, il lui lança une aiguille qui se planta dans sa main. Burning Witch poussa un cri de douleur. Elle tenta de bouger, mais ses doigts ne lui répondaient plus.

- Qu'est-ce que tu m'as fais ? Cria-t-elle en tombant à genoux, serrant sa main contre elle.

- J'ai seulement bloqué l'un de tes nerfs avec mon aiguille, dit l'homme d'une voix métallique. Il serait dommage que tu tentes de m'affronter.

- T'es qui bordel ?

- Je te connais bien, Burning Witch, continua l'individu en s'avançant et posant un genoux sur le sol pour planter son regard dans le sien. Ou devrais-je t'appeler Aura Evans ?

- Comment...

- Cela fait une semaine que j'enquête sur toi et j'ai appris beaucoup de chose. Je sais ce que tu recherches et j'ai les moyens de t'aider à le trouver. Je sais où se trouve l'homme qui a enlevé ta sœur.

Une lueur s'alluma dans les yeux de la jeune fille. Une flamme animée par l'espoir et la vengeance. Elle ne pouvait ignorer les paroles de cet homme, aussi étrange fut-il. Désormais, elle était sûr que ce n'était pas un sbire de son ancien patron. Mais pouvait-elle lui faire confiance ?

- Qu'est-ce que tu me veux ?

- Je veux bien t'aider à retrouver ta sœur, mais en échange, je vais avoir besoin de toi, annonça l'homme. Je suis en train de former une équipe de personnes dotées de talents particulier. Tu es l'une d'entre elle. Je te veux à mes côtés.

- Pourquoi ?

- Parce que je sais qu'au fond de toi, tu n'es pas quelqu'un de mauvais. Tu fais le mal juste pour te rapprocher de celui qui a brisé ta vie. Je peux te rendre cette vie, mais seulement si tu m'aides à récupérer la mienne.

Aura ne comprenait pas où il voulait en venir, mais l'idée de retrouver sa petite sœur ne laissait aucun doute dans son esprit. Le ninja avança sa main et, d'un mouvement rapide, il retira l'aiguille planté dans sa main.

- Je pourrais te tuer maintenant, tu le sais ?

- Tu ne le feras pas.

Il avait raison, elle ne pouvait pas le tuer. Pas tant qu'elle aurait un espoir de retrouver sa sœur en acceptant son marché. Lentement, elle porta la main sur le masque qui couvrait la partie haute de son visage.

- Seulement, je refuse de me battre aux côtés de quelqu'un qui ne me montre pas son visage, dit-elle avec un sourire malicieux.

Le ninja lui tourna le dos. Pouvait-il prendre ce risque ? Alors qu'il réfléchissait, Aura put apercevoir et détailler le motif imprimé sur le dos de sa tenue. C'était un scorpion noir aux reflets d'argent dans un cercle. L'homme finit par porter la main sur sa cagoule. Lentement, il a retira et se tourna, révélant son identité à sa première équipière. La deuxième membre de son équipe. L'Escouade du Scorpion.

~ Une semaine plus tôt ~

Ahmed arriva sur le lieux de rendez-vous, un pont qui enjambait la seine. L'endroit était calme et assez loin des rues tumultueuses où les habitants sortaient dans les bars et les clubs. C'était le garçon qui avait donné cet endroit comme lieu de rencontre, à mi-chemin entre le quartier où il vivait et les bâtiments de l'O.M.S. Le basané resta quelques instants appuyé contre la voiture, surveillant l'heure sur son smartphone. Si quelque chose l'agaçait au plus haut point, c'était les personnes en retard.

Un léger vrombissement résonna sur le chemin qui s'enfonçait sous le pont. Un bruit de moteur que Ahmed connaissait bien. Il ne fut donc pas surpris de voir arriver Romain sur un overboard anti-gravité, planant à quelques centimètres du sol. Le jeune homme s'arrêta à quelques mètres de la voiture. Il descendit de sa planche et, d'un coup de pied plutôt habile, il la souleva pour la porter sous son bras. Lentement, il s'avança vers le scientifique.

- Vous êtes seuls ? Demanda-t-il en observant les alentours pour être sur que l'homme n'était pas venu avec de la compagnie.

- Tu as menacé de diffuser les informations que tu avais même en étant à distance si je tentais quoi que ce soit, déclara l'autre. Je ne sais pas comment et je ne veux pas le savoir, mais je ne peux pas prendre de risque.

- Je veux voir mon frère.

- C'est impossible. Yohann est actuellement sur une mission des plus importantes.

- En rapport avec l'attentat de la zone C ?

Ahmed garda le silence. Il ne devait pas en révéler d'avantage. Il devait d'abord s'assurer que le jeune homme allait coopérer. Le basané contourna sa voiture et ouvrit son coffre. Il en tira sa mallette et la posa aux pieds du jeune homme.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Je te propose un marché jeune homme.

- C'est pas pour ça que je suis là.

- Laisse-moi parler, veux-tu, le coupa Ahmed avant que le jeune homme n'ouvre de nouveau la bouche. Tu as l'air de beaucoup apprécier ton frère, mais comme je te l'ai expliqué, nous ne pouvons pas te laisser le voir pour le moment. Du moins, pas comme tu es actuellement.

- Qu'est-ce que vous me chantez ? C'est quoi votre problème ?

- Ce que je veux dire c'est que, si tu veux le revoir, tu dois prendre une autre identité. Devenir quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre.

- Vous voulez que je devienne un super-héros ? C'est ça ? Rit le jeune homme.

- En quelque sorte, souffla Ahmed en posant un genoux au sol pour déverrouiller la valise noire. Contrairement aux Rangers, j'ai besoin que tu agisses dans l'ombre. Tu pourras ainsi aider ton frère et ses amis dans ta mission.

Il ouvrit en grand la valise et la tourna face au garçon. Elle contenait une tenue avec un imprimé de scorpion. Romain s'abaissa et passa une main sur la tenue. Ahmed lui tendit une autre enveloppe. Le garçon l'ouvrit et découvrit des photos et des dossiers sur quatre individus.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Les autres membres de ton équipe.

- Mon équipe ?

- L'Escouade du Scorpion. Est-ce que tu acceptes ?

Romain resta silencieux un long moment. Il n'avait jamais eu envie de devenir un héros, mais son frère avait décidé de servir son pays en devenant un Power Ranger. Et lui voulait le soutenir. C'était pour le moment la meilleur solution.

- Je ne suis pas un héros.

- Cet tenue n'est pas juste un tissu pour te faire changer d'apparence, déclara le chercheur avec un sourire malicieux. Ne t'en fais pas, en une semaine, tu seras devenu un ninja d'élite. Tu pourras de cette façon aider Yohann. Alors, qu'en dis-tu ?

- Très bien. Je vais devenir le Scorpion.

Ahmed sourit. Il avait réussit. Les Power Rangers allaient agir ouvertement, à la vue de tous et l'Escouade du Scorpion serait la partie immergé de leur plan. Maximilien n'approuverait pas cette décision. Il avait toujours refusé la mise en place de ce plan, mais Ahmed était sûr de lui. Son plan ne pourrait pas échouer.