Hey ! Un autre chapitre c'est pas génial ça ? Non ? Oh ... bon ! En tout cas bonne lecture j'espère et n'hésitez pas à me faire part de vos impressions ! ^^ Ca pourrait m'aider à trouver plus d'inspiration comme ça je pourrais écrire plus vite. Je vous assure vos commentaires m'intéresse et m'aident grandement dans mon travail d'écriture. Que vous aimiez ou non, dites-le moi et surtout ce qui vous plait, ce que vous trouvez bizarre ou bien ! Enfin bref ... je vais vous laisser lire ça sera ptet mieux ...


La corde qui voulait se pendre

Il était trois heures du matin lorsque je me levais ce jour-là. Un bruit de pas m'avait tiré de mon sommeil déjà léger. Je tournai la tête et tombai nez à nez avec le dos nu de Tanya, ses longs cheveux s'étalant tout autour d'elle. Je plissai les yeux, suspicieux, il y avait très peu de chance qu'elle se soit levée. J'abandonnai le lit faisant voler la couverture.

Il faisait nuit noire, seul la lune perçant à travers les rideaux me guidait. Je devais être le plus silencieux possible si je ne voulais pas que le connard qui s'était infiltré ne se fasse la malle. Je pris à la volée le colt que je gardais cacher sous mon oreiller et commençai à descendre au rez-de-chaussé. Je me sentais si bien. L'adrénaline courrait dans mes veines et un fin sourire carnassier prenait peu à peu place sur mon visage.

C'était sûrement une mince consolation cependant, je sentais déjà la vie reprendre possession de mon corps. Dans mon esprit, je me faisais déjà tout les scénarios possibles et imaginables. J'élaborai ma stratégie et attaquait sans demander mon reste. Je tentai néanmoins de faire le moins de bordel possible afin de pas réveiller Tanya pour dire vrai. Elle m'aurait gâché le moment. Elle rendait tout si … ennuyeux. En fait, je me fichais que l'inconnu sache que je le traquais, une course poursuite donnerait un goût d'autant plus délicieux à l'action.

Tout mes muscles étaient tendus, ma respiration était maîtrisée tandis qu'à l'intérieur, je bouillonnais littéralement. J'étais extatique, à tel point que cela en devenait risible. Chaque geste, chaque pas étaient mesuré, pensé. Je ne laissais rien au hasard, mes instincts les plus primitifs reprenaient le dessus tandis que je me précipitais lentement vers la salle d'eau.

En effet, un fin filet de lumière s'en échappait. La porte était ouverte. Je la poussais et me pétrifiais sur place.

C'était un de ces moments. Celui où plus rien autour ne compte, plus rien n'existe. Plus d'avenir alors que le passé tant refoulé fait sont retour en fanfare. J'avais presque oublié ce que cela faisait. Je ressentais les picotements parcourant mon corps en tentative de survie. Je ne pouvais pas croire que j'avais failli effacé cette sensation. Le passé est une chose contre laquelle je n'avais jamais pu me battre. J'avais passé trop de temps à le fuir tant et si bien que je ne savais plus vraiment comment réagir. J'étais comme figé entre joie et colère. L'ennuie avait toujours été le pire de mes vices.

Il m'avait ainsi poussé à jouer avec le feu, à m'y brûler et à continuer, encore et encore. Le danger était très vite devenu une drogue dont je ne pouvais me passer, dont je ne voulais me passer. C'était un putain de cercle vicieux : plus l'ennuie me dévorait plus je me réfugiais dans le danger. J'avais toujours besoin de plus, si seulement j'avais pu atteindre l'infini … peut-être l'aurais-je épargné …

J'avais été trop loin avec elle. Pourtant, j'avais beau me répété inlassablement que ce que j'avais fait été horrible, impardonnable, inhumain, j'étais incapable d'éprouver ne serait-ce qu'un infime regret. Au départ, elle n'était qu'un simple caprice, maintenant, elle résumait à elle seule toute mon existence.

Je lâchais mon arme et courus jusqu'au miroir au dessus du lavabo. Le robinet était encore légèrement ouvert et son odeur embaumait toute la pièce. Ce si doux parfum d'antan … je fermai les yeux dans l'espoir de faire durer la sensation plus longtemps. C'était grisant, enivrant et rien au monde n'aurait pu remplacer cette sensation. Je sentais pratiquement sa peau sous mes doigts, ses cris dans la jouissance, ses gémissements. L'air ambiant était électrique.

Tout était beaucoup trop frais. Elle était là. Tout en moi était en alerte dans l'expectative d'un signe de sa part. Je laissai tomber la douche pour le reste de la villa. Je passais chacune des pièces dévalant les escaliers pour aller à l'étage. Je redescendais espérant la découvrir derrière chaque porte que j'ouvrais.

Tout était beaucoup trop frais. J'étais certain qu'elle était encore là. C'était instinctif, comme si tout mon être avait été conçu dans l'optique de reconnaître sa présence. Je devais la trouver. Plus je tournais en rond à travers la maison plus le besoin devenait pressant, viscéral. Je courais plus que je ne marchais me foutant éperdument de la gêne occasionnée. Je jetais tout sur mon passage comme pour me rappeler que j'avais déjà cherché à tel ou tel endroit.

Mais au bout d'un temps, je fus obligé de me faire à l'idée que je l'avais manquée. Revenant sur le lieux de départ, je me glissais au sol le visage entre les mains. Encore une fois, j'avais perdu. Je ris jaune à cette pensée. J'avais toujours perdu face à elle. Je n'avais jamais compris sa façon de procéder, même lorsque je gagnais, j'échouais lamentablement. J'avais fixé toutes les règles du jeu alors comment pouvais-je autant me planter ?

Je soufflais et contemplais les dernières traces de son passage, de son existence. Je me demandai comment j'avais pu la croire morte, elle qui s'était littéralement cramponnée à la vie en y plantant chacun de ses ongles l'un après l'autre. Je posai ma tête contre le mur froid et fermai les yeux me laissant aller à un sommeil de mort. Ses mots, écrits – assez cliché – au rouge à lèvre, me hantait.

« Je n'oublie ni ne pardonne. »