Et oui me voilà de retour !
Tout d'abord pardon, un immense pardon pour avoir laissé cette fic en suspens beaucoup trop longtemps. Pardon donc à tout ceux et celles qui la lisent. Tout le monde sait à quel point la vie peut être imprévisible et certains évènements ont fait que j'ai mis plus de temps que d'habitude pour écrire cette suite, et j'ai dû en outre faire face à un léger syndrome de la page blanche. Mais bon, je pense que c'est passé. Je m'excuse encore, en espérant que ce chapitre comblera votre attentes et que vous prendrez plaisir à le lire.
Je voulais aussi expliquer l'attitude aimable que les professeurs ont à l'égard de Pétunia, il faut se remettre dans le contexte de ce qu'elle est en train de traverser : son fils est à l'hôpital et son neveu est entre la vie et la mort. Ses remords quant à son attitude antérieure envers Harry sont sincères, de même que son inquiétude ce qui explique que Dumbledore, McGonagall et les autres professeurs l'accueillent avec courtoisie, elle se sent suffisamment coupable sans qu'il l'abreuvent de reproches en tout genre.
Enfin, merci à Severia Rogue, titpuce86, Zazaone, jenny944, adenoide, reality.dreamss, harrypottermanga, Touraz, Dalou28, Lotis et lola, onarluca, lyly, Soleil DU Matin, Nepheria, Grispoil pour leurs encouragements et surtout merci à Isabellelp, amie sincère et disponible qui m'a patiemment (et le mot est faible) aidé à apporter quelques modifications à ce chapitre.
Chapitre 6 :Une compatibilité plus qu'improbable.
La Médicomage s'avança jusqu'à la table des enseignants une expression singulière sur le visage. Bon ou mauvais présage ? Le silence se fit dans la Grande Salle, tous attendaient qu'elle prenne la parole.
– Mme Evans, Severus, veuillez me suivre s'il vous plait, fit-elle en désignant la porte qui se trouvait sur le côté.
Le maître des potions mit quelques instants à réagir. Se pouvait-il que… ? Non, ce devait être pour une formalité quelconque… Peut-être une nouvelle potion à administrer au Survivant qui demandait le consentement d'un expert en la matière ?
Pétunia ne dit rien mais se leva vivement pour rejoindre l'infirmière, suivie de près par le maître des potions. Ils passèrent la porte pour rejoindre la petite pièce qui jouxtait la Grande Salle.
– Mme Evans j'aurai besoin de votre paraphe sur ce parchemin. En tant que représentante légale de Harry Potter vous devez nous autoriser à lui faire la transfusion maintenant qu'une personne compatible a été identifiée parmi les échantillons que j'ai analysés.
Pétunia hocha mécaniquement la tête. Elle prit la plume que lui tendait Poppy et apposa immédiatement sa signature au bas du parchemin. Quand cela fut fait, elle rendit la plume à sa propriétaire qui la tendit alors au professeur Rogue.
– J'aurai aussi besoin de votre signature sur ce parchemin, Severus.
Celui-ci la regarda suspicieusement à la recherche d'un éventuel coup fourré mais ne reçut en réponse que l'exaspération de l'infirmière.
– Severus… Je vous en prie, le temps presse ! La transfusion ne peut plus attendre ! Alors vous signez ce parchemin d'acceptation et vous me suivez ! Mme Evans, je vous laisse le soin de retourner dans la Grande Salle et de leur expliquer que nous avons finalement un donneur compatible.
La tante du Survivant, les larmes aux yeux, se contenta d'acquiescer d'un signe de tête. Le professeur Rogue, lui, tentait de conserver un visage impénétrable même si cette nouvelle, qui venait de le frapper de plein fouet, avait ébranlé – et le mot était faible – des fondations qu'il croyait solides. Cela ne pouvait être vrai !
Comme un automate, il apposa alors son paraphe sur le parchemin de Poppy donnant ainsi son consentement final pour la transfusion dont avait si désespérément besoin le Survivant. Puis il se dirigea vers une autre porte et suivit l'infirmière dans le dédale de couloirs et d'escaliers qu'était Poudlard.
Ce fut une Pétunia seule qui reparut, par la porte dérobée, dans la Grande Salle. Ses yeux, bien qu'embués par les larmes, étincelaient d'une lumière nouvelle, l'espoir qui se lisait aussi à travers les franc sourire qu'elle arborait. La lumière était enfin au bout du tunnel, bientôt le cauchemar prendrait fin. Les membres du corps professoral la fixaient à présent silencieusement n'osant la questionner. Finalement, elle prit la parole, trouvant difficilement ses mots tellement elle était bouleversée.
– Mme… Mme Pomfresh… a trouvé… un donneur…
Tous l'écoutaient religieusement attendant qu'elle poursuive, certains osaient à peine respirer.
– Oui… C'est… C'est Monsieur… Rogue… Il est compatible… compatible…
La grande majorité des personnes présentes étaient bouche bée. Le terrible et redouté « Vampire des cachots » se trouvait finalement être la personne la plus compatible avec Harry Potter ! A croire que les dieux avaient décidément un bien curieux sens de l'humour. Une fois la stupéfaction générale retombée, les commentaires allaient bon train.
– Ce n'est pas possible, c'est certainement une erreur, chuchotait le professeur Sinistra à son collègue de Sortilèges. James Potter et Severus Rogue ayant un lien de parenté, si ce n'était pas Poppy Pomfresh qui avait effectué les analyses, je n'aurais pas voulu y croire et lui aurais conseillé d'aller consulter un spécialiste à Ste Mangouste.
Le professeur Flitwick se contenta d'opiner simplement du chef. Lui aussi avait du mal à se faire à cette surprenante nouvelle.
La même scène se jouait également aux côtés du directeur. Minerva McGonagall avait l'air d'une carpe sortie de l'eau, ce qui en disait long sur son état de stupéfaction. Elle peinait d'ailleurs à trouver ses mots.
– Albus… Albus… Ce… Ce n'est… pas possible ! Si… Si James Potter et… Severus Rogue étaient apparentés… nous l'aurions forcément su… Qu'en… qu'en dites-vous ?
Dumbledore qui caressait songeusement sa barbe, semblait ne prêter aucune attention aux paroles de son adjointe, et pour cause : cette annonce l'avait pris de court lui aussi. Cependant son esprit fatigué était plutôt enclin à se porter sur le côté positif de la situation. Cela lui fit reprendre du poil de la bête. Il interrompit alors les jérémiades de son adjointe et parla assez fort pour que les autres enseignants entendent ce qu'il avait à dire.
– Minerva, il faut voir le bon côté des choses : Harry a un donneur compatible ! Alors peu importe de qui il s'agit du moment que cela lui sauve la vie ! Et cela est valable pour tout le monde ici présent ! Je veux bien que cette découverte soit étonnante certes, mais il ne sert à rien d'en faire toute une histoire ! Nous ne savons même pas à quel degré Severus et James sont apparentés et puis vous oubliez que si on remonte généalogiquement on se rend compte qu'à l'origine les familles sorcières de Sang-Pur sont quasiment toutes liées !
Le ton était sec aussi le professeur de Métamorphose baissa la tête quelque peu honteuse de même que les autres membres du corps enseignant. Voir le professeur Dumbledore s'énerver de la sorte n'était pas courant et signifiait combien il était exaspéré par leur attitude qu'il jugeait puérile et déplacée en de telles circonstances. Le vieil homme passa une main devant ses yeux fatigués et sortit silencieusement en direction de son bureau. Quand il y pénétra, il fit à peine attention à son phénix qui émit un piaillement de mécontentement et s'installa à son bureau toujours plongé dans d'intenses réflexions. Il passerait plus tard à l'infirmerie. Une fois que Pompom lui dirait que cela serait possible. Pour le moment il était inutile de la déranger ainsi que Severus au vu de ce qu'ils devaient accomplir.
Pendant ce temps, dans son antre, la Médicomage s'occupait des préparatifs nécessaires à la transfusion. Tout d'abord elle ôta les poches de sérum que l'Elu en sursis recevait par perfusion et sortit quelques minutes chercher tout ce dont elle aurait besoin.
Severus, assis dans un fauteuil, regardait fixement droit devant lui. Plus exactement, il méditait sur son triste sort. Par quel malheur se trouvait-il apparenté à cet être arrogant, méprisable et insignifiant qu'était Potter Senior ? Pourtant sa mère lui en aurait parlé si les Prince et les Potter avaient eu un quelconque lien de filiation… Dommage elle n'était plus la pour lui répondre. Car oui, le professeur Rogue devait bien s'avouer que si elle avait encore été de ce monde, il l'aurait à l'instant même harcelée de questions. En y réfléchissant, il voyait peut-être une possibilité… Son arrière arrière grand-oncle Archibald surnommé le Foldingue à cause de son instabilité mentale supposée ou avérée. C'était en quelque sorte le paria de la famille et Severus ne savait d'ailleurs que très peu de choses à son sujet si ce n'est qu'il avait un passé assez obscur et une vie très dissolue. Il était donc parfaitement probable que… du fait de son instabilité mentale… Qu'il puisse être à la source même de cette compatibilité plus qu'improbable entre leur deux familles… Plongé dans ses pensées plus ou moins vraisemblables, il remarqua à peine Poppy qui revenait dans la pièce avec tout l'attirail nécessaire.
– Avant d'effectuer la transfusion, Severus, j'ai quelques questions à vous poser. Elles risquent d'être gênantes pour vous comme pour moi, je m'en excuse d'avance et vous demande de me répondre le plus sincèrement possible. Elles seront, en outre, complétées par un sort de diagnostic.
Le maître des potions hocha la tête.
– Allez-y.
La sorcière soupira et pinça ses lèvres avant de continuer.
– Bien… Donc, je voulais savoir si vous entretenez actuellement une liaison suivie ou non avec une ou plusieurs personnes du sexe opposé ou de même sexe.
Rogue blêmit et fusilla Pompom du regard.
– C'est non, dans les deux cas.
– Donc vous n'avez pas eu de rapports protégés ou non récemment ?
Le professeur Rogue lui répondit sur son ton le plus doucereux.
– Brillante déduction. Pour le moment je n'ai de « relation suivie » comme vous dites qu'avec mon chaudron et mes fioles. Et vous devriez aussi savoir que je suis avant tout fidèle à moi-même.
La Médicomage soutint son regard.
– Ces questions sont obligatoires, je vous le rappelle. Vous ne souffrez pas non plus d'une quelconque maladie sexuellement transmissible ou hépatite ?
Severus soupira.
– Vous savez très bien que non puisque c'est vous qui me suivez depuis que je suis professeur ici.
Poppy acquiesça et jeta rapidement le sort de diagnostique sur le directeur de Serpentard.
– Rien, vous êtes en parfaite santé, fut son seul commentaire.
A ses mots les maître des potions lui offrit un sourire sarcastique avant de rétorquer.
– Mens sana in corpore sano.
La sorcière se contenta de lever les yeux au ciel, décidément son collègue finissait toujours par avoir le dernier mot.
– Maintenant, je vais vous expliquer comment je vais procéder. Je vais placer un autre cathéter sur Harry, il aura deux embouts : un qui lui permettra de recevoir directement votre sang et un autre pour évacuer le sérum de son organisme au fur et à mesure que votre fluide vital et magique le remplacera. Nous procéderons bien sûr en plusieurs fois et entre chaque vous vous sustenterez, prendrez une potion de régénération sanguine et vous reposerez puis nous recommencerons.
Le directeur de Serpentard acquiesça subrepticement. La potion de régénération sanguine… Le jeune Potter n'avait pas pu en bénéficier car trop affaibli… Foutu oncle de Potter ! C'était à cause de cet énergumène à l'intelligence sous développée qu'il se trouvait dans cette foutue situation avec ce foutu gamin ! Il ricana, désabusé, il n'avait jamais véritablement eu de chance et cela ne faisait que le confirmer. Néanmoins, son rictus s'accentua à la pensée qu'après ceci le jeune Potter aurait une dette envers lui et pas des moindres… Même si certaines circonstances faisaient que… sa dette à lui restait bien plus lourde… un peu comme une trace indélébile qu'on ne peut et qu'on ne veut oublier… Comme pour se rappeler que l'on existe…
Puis, repensant à ce que Mme Pomfresh venait de lui dire, il demanda :
– Pourquoi ne pas prélever mon sang en plusieurs fois, le conditionner dans des poches et le lui transfuser ensuite ?
La Médicomage secoua vivement la tête tout en posant le cathéter à double embouts au Garçon-Qui-Etait-En-Voie-De-Survie.
– Cela prendrait beaucoup trop de temps, ce dont nous manquons crûment et nous ne pouvons risquer que sa puissance magique ne s'affaiblisse encore davantage. Je vous rappelle que le sérum ne fait qu'assurer les fonctions premières du sang, il le maintient en vie. Néanmoins, il a impérativement besoin de sang sorcier et ce immédiatement, maintenant que nous savons que vous êtes compatible avec lui. C'est la seule solution et vous le savez ! Allez, relevez votre manche que je vous pose aussi un cathéter !
Le maître des potions soupira bruyamment et se leva pour défaire lentement les boutons de sa redingote noire qu'il ôta et plia soigneusement avant de la poser sur le dossier d'un siège près de lui. Ensuite il défit les boutons de manchette de sa chemise blanche et remonta le tissu au niveau de son coude. Enfin, il se plaça dans le fauteuil prévu à cet effet, son avant-bras droit posé sur l'accoudoir, paume tournée vers le haut. L'infirmière s'approcha alors de lui, avec précaution, elle désinfecta soigneusement son avant-bras et y plaça le cathéter. Puis, avec un long et fin tube de plastique, elle relia le cathéter de Severus et celui de Harry à un flacon. Le procédé était on ne peut plus simple : le sang de l'homme en noir passait d'abord dans le flacon puis dans un autre tube pour arriver enfin jusqu'à l'adolescent.
Severus ne pouvait s'empêcher de suivre du regard le chemin qu'empruntait son fluide vital. Décidément c'était vraiment une curieuse sensation. Comment quelque chose en apparence aussi banal pouvait en même temps être indispensable à l'existence ? Cela lui faisait drôle de se dire que grâce à une partie de lui quelqu'un pourrait bientôt continuer à vivre, que son sang coulerait bientôt dans les veines du Survivant. Il allait devoir s'y faire, ils étaient désormais liés par le sang qu'il le veuille ou non. Mais plus cette parenté serait éloignée et mieux se serait. Finalement, le maître des potions décida de fermer les yeux, laissant un flot d'émotions contradictoires l'envahir…
Quelques millilitres de sang en moins plus tard, le professeur de potions eut à peine le temps d'esquisser un mouvement pour se lever que Mme Pomfresh lui présenta une énorme tablette de chocolat. Severus lui jeta un regard noir mais la sorcière ne se laissa pas démonter.
– Vous ne sortirez pas d'ici avant de l'avoir terminée, sous mes yeux bien entendu, car je sais de quoi vous êtes capable, l'avertit-elle.
Rogue leva les yeux au ciel. Que ne devait-il pas faire pour ce gamin ! Il avala un à un les morceaux de chocolat tout en lançant des regards lourds de sens à la Médicomage qui lui souriait narquoisement.
– Voilà, vous êtes contente ? lui demanda-t-il sèchement une fois le dernier morceau ingurgité.
Elle lui tendit une fiole.
– Vous la prendrez en deux fois : tout d'abord ce soir en cours de repas qui sera correct et consistant. Je donnerai d'ailleurs des instructions aux elfes de maison vous concernant pour les prochains jours, et l'autre moitié avant de vous coucher, elle régénérera votre volume sanguin et…
– Je connais parfaitement la posologie et les effets de cette potion, l'interrompit-il, puisque c'est moi qui la prépare ! Maintenant excusez-moi mais j'ai d'autres chats à fouetter.
Sur ce et après un ultime regard meurtrier en direction de Pompom, il prit la potion et sortit à grandes enjambées de l'infirmerie.
A suivre…(1) Pour les non latinistes voici la traduction : Un esprit sain dans un corps sain.
