Rappel : le contenu de ce chapitre peut heurter la sensibilité de certain…


Après


Son mal de tête est devenu trop douloureux et lancinant pour qu'il puisse essayer de venir au secours des deux créatures prisonnières des chasseurs.

Malgré le fait qu'il soit dans sa prison où la nuit l'enferme et l'étouffe par sa noirceur, il réussit a posséder et contrôler par la pensée l'animal qui se trouve à l'extérieur de sa cellule.

Il ne sait pas comment il peut faire ça. Il voulait juste s'évader d'ici. Il ne comprend pas comment il voit à la place du chat et le soumet à sa volonté.

La seule chose dont il est certain, c'est que son esprit part en lambeaux et que son corps ne le supporte plus. Sa respiration est tremblante et son crâne semble soudainement trop lourd pour qu'il puisse le supporter. Sa tête dodeline désespérément sans pouvoir l'arrêter.

Mon Dieu, il donnerait tout ce qu'il a pour que ça s'arrête.

Mais ici, il ne possède rien.

Un filet de sang chaud s'échappe de son nez et glisse le long de sa lèvre supérieure lorsqu'il voit, par l'intermédiaire de l'animal, des chasseurs entrer dans la pièce où se trouve les captifs aux yeux noirs.

- Et bien ! Lance Mac Finley aux deux hommes attachés. Je vous ai laissé suffisamment de temps pour réfléchir. Lequel des deux va parler ? Hum ? Lequel des deux va vivre ?

- Tu peux crever sale bâtard ! Crache l'une des créatures en lui expédiant un jet de salive sur sa veste.

Le visage du chasseur pâlit tandis que ses lèvres se pincent de rage avant de se transformer en un sourire mauvais. Il a toujours détesté les créatures surnaturelles et celles-ci sont particulièrement arrogantes et parfaitement conscientes du pouvoir dangereux qu'elles possèdent.

Cependant, après des années de recherche, il a découvert comment se débarrasser d'elles. Quelques sacrifices ont été toutefois nécessaires et la mort de plusieurs amis chasseurs a été inévitable pour éliminer cette vermine démoniaque !

C'est tellement simple de les éliminer quand il y pense maintenant

Une lame courbée qu'il tient dans la main surgit alors de nulle part et coupe dangereusement la carotide de l'un des prisonniers. Le sang jaillit et l'homme grogne. Un gargouillis s'échappe de sa bouche alors qu'il lutte pour ne pas s'étouffer avec son propre sang. Puis la plaie, miraculeusement, s'arrête de saigner et commence déjà à cicatriser.

Mac Finley se redresse et respire lentement. Il plonge son regard brillant de haine dans celui du démon blessé.

- Je repose ma question. Reprend-il d'une voix parfaitement maîtrisée. Vous n'avez plus qu'une chance avant d'être expédié en Enfer. Donnez-moi le nom des autres humains qui ont pactisé avec vous ?

- Tue-nous tout de suite p'tite merde ! Rugit l'autre captif. Parce que jamais nous ne te dirons où ils sont. Tu as compris espèce d'attardé, J.A.M.A.I.S. !

Décidément avec ces deux démons, il n'obtiendra rien. Pense le chasseur.

Il regarde alors l'un de ses trois compagnons qui l'assistent.

- James. Lui lance-t-il. Commence l'exorcisme !

L'homme acquiesce de la tête, ouvre un vieux livre qu'il tient entre ses mains et débute sa lecture...

- Exorcisamus te, omnis immende spiritus, omnis satanica potestas, omnis incursio infernalis adverserii, omnis legio, congregatio et secta diabolica In nomine et virtute domini nostri lesu + Christi, eradicáre et effugáre a Dei Ecclésia, ab animábus ad imáginem Deo cónditis ac pretióso divíni Agni sánguine redémptis +. Non ultra áudeas, serpens callidísime, decípere humánum genus, Dei Ecclésiam pérsequi

Les deux créatures commencent à grimacer de douleur et se tordent sur leur siège en serrant les poings jusqu'au sang pour essayer de s'échapper.

- Ac Dei eléctos excútere et cribráre sicut tríticum+. Imperat tibi Deus altíssimus+, cui in magna tua supérbia te símilem habéri adhuc praesúmis qui omnes hómines vult salvos fíeri, et ad agnitiónem veritátis veníre. Imperat tibi Deus Pater

Caché derrière l'épaisse tenture de la fenêtre, il écoute les paroles du chasseur lorsqu'une nausée, encore plus forte que la précédente le frappe soudainement, son esprit se détache péniblement de l'animal et le chat qu'il possède commence à se tordre lui aussi de douleur.

Mac Finley surpris, tourne la tête vers l'animal et le regarde soupçonneux.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? S'interroge-t-il à haute voix.

James s'arrête de lire et regarde son ami avec étonnement.

- Qu'est-ce qu'il y a Patrick ?

Les démons reprennent difficilement leur souffle et halètent bruyamment. Ils savent que les chasseurs essayent de les chasser des corps qu'ils habitent. La douleur est brutale, un peu comme une peau qu'on arrache par morceau à main nue ou une dent qu'on extrait de la gencive sans anesthésie. Ils se sentent pousser vers l'extérieur, exposant leur vraie nature sans protection aux yeux de tous.

Mais pour rien au monde les prisonniers ne se sépareraient de leur précieux corps. Il est aussi hors de question qu'ils retournent en Enfer. La peur et la souffrance ici n'est pas comparable à ce qu'ils vont ressentir là-bas s'ils y sont réexpédiés.

- Ne t'arrête pas James ! Hurle le chasseur à son compagnon, ses yeux laissant paraître une lueur de folie passagère en direction des captifs. Continue !

- Imperat tibi Deus Fílius. Reprend son ami. Imperat tibi Deus Spíritus Sanctus+. Imperat tibi Majéstas Christi, aetérnum Dei Verbum, caro factum+, qui pro salúte géneris nostri tua invídia pérditi, humiliávit semetípsum factus obédiens usque ad mortem qui Ecclésiam suam aedificávit supra firmam petram, et portas ínferi advérsus eam nunquam esse praevalitúras edíxit, cum ea ipse permansúrus ómnibus diébus usque ad consummatiónem saeculi

Il a quitté la lumière pour se retrouver de nouveau dans la nuit. Sa migraine est si atroce, qu'il se tord de douleur et se cache le visage entre ses mains pour atténuer son supplice. Il sent le sang sur ses lèvres pénétrer dans sa bouche et le goût âcre et cuivré lui provoque un haut le cœur qui le fait vomir.

Seulement il n'a rien mangé depuis des jours et n'a rien à recracher. Il a juste cette remontée acide qui lui brûle l'œsophage et qui lui tord l'estomac.

Un flash le propulse de nouveau dans la clarté, mais il sent que quelque chose ne va pas.

Il voit les corps des deux créatures définitivement mortes attachées à leur siège. Elles ont été aussi égorgées et leur tête penche dangereusement vers l'arrière, retenue seulement par des lambeaux de chair.

Mais il les voit de trop haut… face à lui… et de trop près…

Il essaye de tourner la tête mais son cou est agrippé par une main puissante qui l'empêche de faire le moindre mouvement.

- Je le savais ! Eclate une voix victorieuse.

Le chasseur retourne vers lui l'animal qu'il tient entre ses doigts et l'observe avec dégoût.

- Et maintenant c'est ton tour… Samuel !

Mac Finley relâche le félin qui détale à toute vitesse alors qu'un autre chasseur s'amuse à lui tirer dessus en éclatant de rire. Les coups de feu éclatent dans la maison et résonnent partout, jusque dans la tête du jeune Winchester enfermé au sous sol.

Sam, quand à lui, demeure dans le noir et ne tremble plus. Il n'en a plus la force. Il a oublié un instant la douleur fulgurante qui lui martèle le crâne, la faim et la peur.

Il a maintenant soif de vengeance.

Il sait que ses geôliers se préparent à l'interroger une nouvelle fois. Le torturer encore pour connaître ses capacités et l'étudier avant de l'éliminer.

Même s'il se sent comme une merde, il ne veut pas finir comme les deux démons égorgés comme des bêtes.

Parce qu'il n'est pas un putain d'animal !

Soudain, il entend les craquements du bois qui se rapprochent inévitablement de lui. Il retient son souffle pour maîtriser la panique qui cherche à le dominer. Il s'éloigne en rampant le plus possible de la porte et se plaque tout au fond de sa prison, contre le mur froid et rugueux qui lui permet de ne pas s'effondrer.

Lorsqu'un grincement métallique se fait entendre et qu'une lumière vive surgit réellement devant lui, ses yeux se ferment aveuglés. Instinctivement, il place son bras devant le visage pour en atténuer sa violence.

Il est trop ébloui pour voir ce qui se passe, mais il entend des personnes entrer dans sa prison et s'approcher de lui.

La peur qu'il voulait refouler au plus profond de lui-même rejaillit et l'assaille complètement quand il est empoigné brutalement et emmené sans ménagement hors de la nuit.

Il est ensuite jeté au centre de la pièce au sous-sol, exposé nu en pleine lumière, face à ses geôliers qui ne cessent de s'esclaffer d'impatience.

Sam cherche à se redresser mais un coup de pied envoyé dans ses côtes lui fait rencontrer de nouveau le sol.

- Je crois que nous avons fini de rigoler Samuel Winchester ! Lance le propriétaire de la maison, en le dominant de toute sa hauteur. Alors, est-ce que tu as enfin appris qui tu étais vraiment ?

- Je… Répond-il en reprenant son souffle difficilement. Je sais qui je suis ! Mais vous… vous n'êtes pas des chasseurs… vous êtes… une… une bande de malades !

- Détrompe-toi ! Reprend Mac Finley en s'accroupissant devant lui. On est parfaitement conscient de qui tu es en réalité… Tu n'es pas le seul à être passé entre nos mains… Vous êtes tous jeunes, tous beaux, tous choisi dès que vous avez eu six mois pour être des traîtres à votre propre espèce… alors que vos pauvres mères ont été sacrifiées… brulées pour que vous puissiez empoisonner et gangréner les humains qui vous entourent…

- C'est n'importe quoi ! Hurle Sam en gémissant, reculant involontairement pour mettre plus de distance entre lui et ses tortionnaires.

- Vous avez tous des pouvoirs qui attendent le moment opportun pour être utilisés contre nous. Continue le chasseur. Et tu sais quoi ?… j'ai découvert comment les faire apparaître plus tôt que prévu… avant que vous ne deveniez l'un d'entre eux, avant que vous ne fassiez ce que le Mal vous demande !

- Je n'ai pas de pouvoir ! Affirme Sam ébranlé par ces paroles.

Du revers de la main le chasseur lui envoie une gifle si forte que sa joue prend immédiatement une teinte rouge foncée alors que du sang s'écoule de nouveau par le nez.

- Menteur ! Pourquoi mon chat s'est tordu de douleur lorsqu'on a exorcisé les démons ? Hum… Dis-moi ? Tu es un monstre comme eux, Sam Winchester et le simple fait que tu existes est déjà une honte !

- Je… je ne sais pas comment j'ai fait ! Reconnait le jeune homme bouleversé. Mais ça … ça ne fait pas de moi…

Il ne peut finir sa phrase car il est violement empoigné par les cheveux et traîné rudement sur le sol jusqu'à ce que le chasseur le face tomber sur les cadavres de plusieurs personnes égorgées qui gisent dans un angle de la pièce.

Sam recule de terreur, mais le pied de Mac Finley appuyé sur son thorax le repousse et le plaque sur le corps sans vie d'une jeune femme brune.

- Tu es celui qui peut ouvrir les portes de l'Enfer ! Feule gravement l'homme en se rapprochant si près de son visage qu'il peut en sentir son haleine. C'est elle qui nous l'a dit ! Dit-il en orientant son index vers la jeune femme. Tu peux la remercier…

- C'est faux ! C'est faux ! Répète Sam la voix brisée et les larmes au bord des yeux.

Quand il voit le chasseur sortir un poignard d'une longueur assez impressionnante, il pense que son heure est arrivée. Après être resté des semaines oublié dans la nuit il se retrouve maintenant face à la mort. Accusé de crimes qu'ils pourraient commettre dans le futur. C'est complètement fou ! Se répète-t-il en boucle dans sa tête. C'est eux les monstres sanguinaires. Pas moi !

Mais désormais, il n'arrive plus à apprivoiser cette peur excessive qui se diffuse partout dans son corps. Il sent que toutes les défenses qu'il s'est forgé se sont brisées les unes après les autres au fil des semaines. Ils l'ont tellement affaibli qu'il lui est impossible aujourd'hui de se battre. Le sentiment d'impuissance face à ses tortionnaires et surtout le doute qu'ils lui ont insufflé sournoisement n'ont cessé de le détruire intérieurement.

Fermant les yeux, il laisse sa peur et son désespoir le submerger. Il se gorge d'eux et en fait ses alliés. Il sent au fond de lui une force se libérer et lui provoquer un sentiment de puissance sans limite. Une explosion d'énergie qui se nourrit de lui pour en ressortir autrement… différent

Il souhaite aussi que le chasseur ne le touche pas et qu'il s'éloigne le plus loin possible de lui. Il veut que ses complices meurent comme ils ont tué ces pauvres gens. Personne ne mérite de mourir de cette façon… Personne

Lorsqu'il voit son bourreau avancer farouchement l'arme vers lui pour le tuer, il avance sa main pour le repousser. Geste tellement dérisoire devant la force herculéenne de son ennemi qu'il en rirait presque s'il n'était pas si désespéré.

Seulement, ce qui se produit ensuite le surprend lui-même.

Mac Finley est violemment projeté vers le fond de la pièce par une force invisible.

Une force qui provient de Sam.

Les deux autres chasseurs se précipitent alors sur lui et le saisissent par les bras.

Il se débat rageusement et réussit à libérer son poing gauche qu'il envoie s'écraser sur la figure de l'un d'eux.

Sam sent au fond de ses trippes une chaleur comme il n'a jamais ressenti auparavant. C'est une brûlure qui lui fait étrangement du bien. C'est paradoxal, mais il sait cependant qu'elle est là pour le protéger.

Et lorsqu'il veut étouffer l'autre chasseur qui lui tord horriblement le bras vers l'arrière de son dos, il le voit soudain stopper son geste et porter ses mains à la gorge pour dégager cette force qui lui broie le cou.

L'homme tombe sur ses genoux et ouvre la bouche désespérément pour avaler l'air qui ne passe plus. Il suffoque encore un court instant et lorsqu'il entend un petit craquement sec au niveau de son cou, tout s'arrête.

Il s'écrase alors lourdement sur le sol, mort.

Voyant cela, l'autre se jette sur Sam et s'apprête à le massacrer lorsque Mac Finley, se redressant péniblement de sa chute sort son arme et tire sur le jeune Winchester.

Sam sent une piqûre froide et douloureuse se diffuser dans sa cuisse. Il porte instinctivement sa main vers elle et retire une fléchette anesthésiante.

Il a juste le temps de faire encore reculer ses geôliers grâce à son pouvoir avant de perdre tout contrôle.

Il voit Mac Finley s'approcher de lui en jubilant et éclater de rire.

Un rire sinistre à vous faire glacer le sang.

Tout devient ensuite trouble et son corps part à la dérive.

Comme au ralenti, il voit l'homme s'approcher à quelques centimètres de lui.

- C'est lorsque vous êtes poussé à bout que vos pouvoirs apparaissent. Confesse le chasseur victorieux. Maintenant, il n'y a plus aucun doute. Tu vas bientôt avoir le privilège de mourir de ma main sale monstre... Mais avant, tu verras ta famille mourir par ta faute.

Sam essaie de se redresser mais ses bras ne le supportent plus, ses jambes deviennent molles. Il tente de parler, de dire que son père et son frère n'ont rien à voir là dedans, qu'ils sont innocents, mais les sons qui s'échappent de sa bouche n'ont ni queue ni tête.

La seule chose qu'il voit avant de perdre conscience est le regard dément et triomphant du chasseur plongé dans le sien et l'anéantir.


- Mais qu'est-ce que tu fais papa ?!

Mon cri attire l'attention de mon père qui relâche un instant la pression de ses mains sur les épaules de Sam.

Son regard est un mélange de colère et d'inquiétude.

Il me dévisage confus puis regarde de nouveau mon frère qui ne cesse de secouer négativement la tête, replié sur lui-même, insensible désormais à tout ce qui l'entoure.

John le libère, se redresse et constate l'horreur de son geste. Il recule d'un pas chancelant puis me dévisage de nouveau.

- Je… je voulais juste savoir ce qu'il a fait quand il était prisonnier. Lance-t-il désolé. Nous devons le savoir pour pouvoir le protéger… tu comprends Dean ?

- Tu n'aurais pas pu attendre ? Il commençait à peine de se remettre de toute cette merde !

Ma voix est plus forte que je ne l'aurais voulu, mais je bous vraiment de rage contre lui. J'ai l'impression que tous les efforts que Sam a fait depuis sa libération ont été réduit en poussière.

Il a suffit que mon père s'en mêle pour que mon cadet s'effondre de nouveau.

Je m'avance, l'observe avec dégoût et m'agenouille devant Sam qui se plaque un peu plus contre le mur.

- Hey Sammy, c'est moi… Dean !

Je le vois toujours si crispé et angoissé que je n'ose pas le toucher.

Donnez moi un loup-garou à tuer ou un fantôme à brûler je saurai comment faire, mais me retrouver devant mon petit frère si dévasté me laisse complètement démuni.

Alors, je décide de lui parler doucement. Je lui raconte combien il est fort et combien je suis fière de lui… que peu de personnes ne s'en seraient sorties vivantes après tout ce qu'il a vécu… que je suis heureux d'être avec lui maintenant et qu'il nous a terriblement manqué.

Je sens derrière mon dos mon père qui s'éloigne lentement. Il ne m'a pas fait ces remarques habituelles sur ma façon de lui avoir répondu et j'ai la certitude qu'il a compris son erreur.

Sam, quand à lui a arrêté ses mouvements répétitifs. Ses mains cependant restent plaquées de chaque côté de sa tête.

Il n'en a pas l'air, mais je sais qu'il m'écoute. Qu'il cherche désespérément un bras tendu pour le sortir de cette peur qui l'a piégé et qui joue vicieusement avec lui.

Je pose alors ma main sur son genoux et lui fait prendre conscience que mon contact fait partie de la réalité.

Que c'est moi qui suis devant lui.

Seulement moi !

Il sursaute, mais ne cherche pas à éviter mon contact.

- Tu ne vas pas rester toute la journée assis par terre Sammy ! Je t'ai préparé quelque chose à manger… tu veux manger quelque chose ?

Ma question le fait réagir enfin et je crois, en fait, que sa faim est plus forte que sa peur. Il lève les yeux vers moi, moins anxieux, mais pas tout à fait rassuré.

J'entends mon père qui sort de la pièce et qui revient quelques secondes plus tard avec le plateau repas que j'avais préparé. Il le dépose ensuite le plus lentement possible sur le lit proche de nous.

Tout doit être froid, mais je crois que Sam s'en fout car son regard c'est automatiquement dirigé vers la nourriture.

Il a baissé ses bras et ses mains passent plusieurs fois dans ses cheveux indisciplinés qui retombent systématiquement devant ses yeux.

Je lui découpe alors soigneusement l'omelette en petit cube et lui présente un morceau piqué sur une fourchette.

Sam s'en saisit, hésite un moment et la porte enfin à la bouche. La nourriture est mâchée méticuleusement une bonne dizaine de fois avant d'être avalée.

Les autres bouchées subissent le même sort et bientôt je vois mon frère reprendre vie.

Je lui tends ensuite le jus de fruit qu'il avale seulement en quelques gorgées.

Lorsque je le vois soupirer de satisfaction, je crie intérieurement victoire.

La crise est passée et mon petit frère refait surface.

- Tu veux manger autre chose ?

- J'n'ai plus faim… Souffle-t-il doucement en se frottant les yeux avec les paumes de ses mains.

- Tu veux dormir ?

- Je… je ne sais pas… tu… tu vas rester aussi ?

Sa question me fait mal au cœur. Il doit mourir de trouille à l'idée de s'endormir seul et de revivre les évènements qu'il a vécu ou peut être a-t-il tout simplement peur de subir un nouvel interrogatoire de notre père ?

- Hey, je reste aussi… c'n'est pas comme si je n'avais pas besoin de repos ! J'ai mal partout et une petite sieste ne me fera pas de mal !

Je lui tends la main et l'aide doucement à se relever. Ces articulations craquent lorsqu'il se déplie et je le retiens par la taille lorsqu'il tangue légèrement.

Je me rends compte alors que mon père à quitté la chambre, sans bruit, nous laissant tous les deux comme au bon vieux temps.

Lorsque mon petit frère s'allonge sur son lit, je vois qu'il lutte pour fixer son attention sur moi.

Ma présence le rassure et je suis prêt à rester ici le temps qu'il faudra.

Je fais alors semblant de m'installer aussi confortablement que possible sur mon lit en tapotant plusieurs fois l'oreiller un peu trop compact à mon goût.

Mon attitude le fait sourire légèrement. La pression qu'il a subit dernièrement semble disparaître provisoirement et lorsqu'il lâche un profond soupire de soulagement je sens que moi aussi je me détends à mon tour.

Il ne met pas plus de quelques minutes pour qu'il rejoigne les bras de Morphée et lorsque je suis sûr qu'il dort, je rejoins à pas de velours mon père qui se trouve au rez-de-chaussée, dans le bureau, en compagnie de Bobby.

Je les vois tous les deux penchés sur une table recouverte de papiers diverses. Ils sont silencieux mais je remarque qu'ils trépignent d'impatience.

- Qu'est-ce qui se passe ici ?

Bobby me regarde en souriant et mon père se retourne vers moi le regard brillant d'enthousiasme.

- Quoi ?!

Le vieux chasseur s'approche de moi et me tend une feuille de papier comme s'il s'agissait d'un billet de cent dollars.

- Nous savons où se trouvent les salopards qui ont fait du mal à ton frère ! Me lance-t-il victorieux.

A Suivre…


Et voilà encore un chapitre de terminé, l'heure de la vengeance approche…

Toujours un grand merci pour vos reviews, mp, favoris et follows !

Rendez-vous bientôt…

Elisab