Tout d'abord, merci pour vos commentaires ! Chacun me fait vraiment plaisir ! C'est toujours un régal de les lire, lol ! 83
Ensuite, mon histoire semble bien ténébreuse apparemment... C'est pourquoi j'ai écrit ce long chapitre pleins de douceurs en priant qu'elle détende un peu l'atmosphère... J'espère que ça plaira et remontera le moral d'Ayumuri-chan, Bocchan-chan et NotreDame, lol ! En plus, si jamais vous l'avez trouvé drôle, dites-le moi, parce que l'humour et moi sommes séparés par une barrière sans limites ! Bien, trêves de papotages, je vous laisse le découvrir.
PS : dès que le récit avec Deiderich et Rainer s'est terminé, pour écrire la suite et mettre de l'ambiance -non, c'est pas la fête chez mister Spock non plus !- j'ai écouté une petite chanson qui convient très bien au reste de mon chapitre. Léger et doux, enfin, c'est mon avis seulement. Si ça vous dit de mieux immerger dans l'ambiance de ma partie, je vous propose d'écouter Surfer Girl de Cocorosie sur n'importe quel site de musique.
En espérant qu'elle vous plaise !
Chapitre 7 :
Les larmes des enfants martyrs qui venaient d'être enfermés il y a peu cessèrent de couler quand un rire mauvais retentit dans la salle circulaire.
-Ne dis pas de bêtises, mon frère ! Moi, te trahir ? Il faudrait déjà que ta place soit légitime ! Tu n'es qu'un serviteur quelconque de notre Sainte, n'oublies jamais ça. Ce n'est parce qu'elle t'a choisi provisoirement pour occuper le rôle du Grand Prêtre que tu ne peux pas te retrouver du jour au lendemain aux côtés de tous ces impurs !, menaça Rainer, constatant que la crainte rallongeait peu à peu les traits de son camarade.
Satisfait de son silence coupable, il enfonça le clou :
-Et là, tu devras subir l'Ultime Torture que tu as toi-même imaginé afin de punir ces condamnés…, susurra le subordonné, se rapprochant suffisamment de son chef pour qu'il sente son souffle désagréable sur le visage. A savoir t'empaler avec tes compagnons de cellule devant nous… Et je suis certain que vu ce que tu leur as fait subir, ils s'en donneront à cœur-joie pour te rendre la pareille ! Tu crèveras pitoyablement, tel monsieur Guillotin qui passa sous sa guillotine !
Son rire triomphant s'arrêta net pendant qu'il reculait à temps contre un mur, évitant de justesse le même sort qui avait été réservé au numéro 139 quelques instants plus tôt. Menaçant l'intégrité de son embonpoint avec l'Epée maculée de sang, Deiderich profita de l'occasion pour écraser sans retenue son index gauche sur le nez de son rival :
-Mais pour l'instant, c'est moi qui commande, Herr Thorsten Rainer. Et vous ne trouverez rien à mon sujet qui puisse me perdre, vous m'entendez ? Car je suis l'être le plus pur d'entre vous TOUS ! , tonna-t-il, se tournant vers ses frères et les désignant de la main gauche.
Un jeune martyr qui avait assisté à la scène vit douze adultes, y compris celui qui s'était révolté, s'agenouiller autour du Grand Prêtre en répondant d'une même voix :
-Vous êtes le maître de vos fidèles servants, Père Morrigan.
Après ces évènements, quelques années se passèrent sans « encombre ». Etant haut gradé, le chef de la secte n'eut plus aucun mal à capturer le nombre d'impurs nécessaires pour ou les éliminer, ou les purifier s'ils cédaient, et sut faire passer leur disparition inaperçue aux yeux des autorités allemandes.
Son fils aîné, lui, terminait ses études avec brio et commençait à travailler. Comme le lui avait conseillé sa mère, il cachait une partie de son salaire pour préparer leur fuite vers la France, pour ensuite s'installer aux Etats-Unis. Il ne pouvait pas compter sur l'aide de ses amis qui ne lui accorderaient aucun crédit s'il se mettait à exposer tous les méfaits commis par son géniteur et leur implorait de sauver le reste de sa famille. En effet, comment croire un jeune comte dont la mère ne sortait que rarement par rapport aux autres aristocrates de l'époque, et qui donc avait sûrement des choses à cacher ? Et un colonel digne de ce nom pouvait-il être responsable des mystérieuses disparitions de centaines d'ouvriers ? Impossible ! Les hommes du Kaiser auraient fini par l'arrêter si c'était le cas ! Au final, le pauvre garçon savait qu'au lieu de recevoir l'aide de quelqu'un, il aurait perdu la confiance de toutes ses connaissances qui l'auraient accusé de fils indigne, jaloux son père et de vouloir prendre sa place de colonel par la ruse. Tout se serait retourné contre sa famille, sauf le véritable coupable, et cet Arschloch d'empereur les aurait décapités comme des criminels. Il se rappelait des larmes qu'avait versées sa mère quand elle sut que personne ne viendrait à leur secours, et que quoi qu'ils tentent maintenant, la possibilité que les hommes de son mari les retrouvent était grande. Prendre un risque pareil, c'était courir vers la mort, et elle aurait même déjà tendu ses deux bras vers celle-ci, si ses enfants étaient en sécurité et capables de se débrouiller seuls.
-Quelles fautes avons-nous commises pour souffrir de la sorte ? Pourquoi le monde est-il aussi injuste ?, soupira Anne.
-Ne pleure pas mère, tenta timidement sa fille, essayant de consoler celle lui avait donné la vie en serrant son bras droit avec tendresse.
-Comme tu es sage, Séraphine.
Puis elle ouvrit grand les yeux quand elle entendit son second enfant affirmer :
-Il n'y a pas de justice dans ce monde, mère. Ce sont les plus forts qui dominent ici.
Du haut de ses neuf ans, le jeune garçon faisait déjà preuve de plus de lucidité que beaucoup d'autres petits comtes du même âge. Ses paroles surprirent également l'aîné qui rectifia :
-Pas toujours. Il n'est pas nécessaire d'être fort pour vaincre les autres, il suffit parfois d'utiliser les bons moyens et d'exploiter les failles de son adversaire. Cela dit, en général, tu n'as pas tort, dit-il en ébouriffant affectueusement les cheveux sombres de son frère. Celui-ci lui renvoie son sourire et redressa sa tête et son torse, tout fier d'obtenir de la considération venant de l'homme qu'il admirait le plus au monde. C'était décidé. Plus tard, il suivra chacun de ses pas et espérait atteindre la même perspicacité de son frère afin d'être aimé lui aussi par les enfants qu'il aura avec sa dulcinée. Sans aucun doute.
Tout en se rappelant cette discussion qu'il avait eue un an auparavant avec sa famille, Conrad prit un fiacre pour rentrer chez lui. Quelques jeunes filles outrageusement maquillées l'observaient depuis un moment et l'une d'entre elles soupirait d'aise :
-Regardez-moi ce bel étalon jeune et élancé, comme il me plait !, chuchota-elle à ses collègues.
-C'est que t'as pas tort ma p'tite Heidi ! Il a l'air si sombre avec ses cheveux noirs alors que sa peau est si blanche ! Et ses yeux… de biche ! Aha ! On dirait pas qu'il est Allemand, ma parole !
-Ouais beh c'est ça qui m'dérange ! Il est si mince, et même un peu efféminé ! Pas assez viril pour moi, je vous le laisse les filles, critiqua la dernière avec un soupçon de dégoût.
Quand il monta dans le véhicule, l'objet de cette discussion fut surpris d'entendre une demoiselle déguenillée lui balancer avant d'éclater de rire avec ses copines :
-Eh mon mignon ! Si t'as jamais eu de donzelle encore, moi je peux te satisfaire ! C'est gratuit la première nuit ! Viens chez moi quand tu v-
Conrad se fichait pas mal de ces filles aux mœurs légères. Mais il était tout de même gêné de leurs compliments qu'il avait très bien entendu sans le vouloir. En même temps, c'était normal puisque ses parents avaient également tout pour plaire. Il se dit qu'il tenait pourtant plus de caractéristiques de sa mère dont la forme du nez et des yeux. Bizarrement, malgré ses origines asiatiques, Anne avait des yeux relativement grands et un petit nez fin. Ainsi, il était difficile de voir qu'elle ne venait pas seulement d'Europe. A lui seul, son charme naturel et innocent la rendait désirable. D'ailleurs, elle ne prêtait guère d'attention à son apparence et se voulait la plus simple possible. Lorsqu'elle était jeune, ses yeux bruns et ses cheveux de jais tranchaient étrangement avec sa peau claire et donnaient un joli visage de poupon. On aurait dit une enfant encore innocente malgré un passé remplis de drames et de tristesse. Seule sa fille gardait le même air éternellement envoûtant, d'autant plus que ses cheveux étaient bleus sombres tel un beau saphir emprisonné dans une boîte mystérieuse. Au contraire, lui et son petit frère avaient l'air plus ouverts et déterminés, ce qui venait du père, même s'ils n'ont rien hérité de lui. Et heureusement.
En rentrant, il vit sa mère en train de l'attendre. Il remarqua alors qu'il s'était trompe sur elle : elle avait plus de charisme qu'auparavant, ayant dû passer par des épreuves douloureuses, mais qui avaient formé son caractère combatif actuel. Elle était encore plus belle ainsi, mais il aurait souhaité qu'elle garde sa douce allure d'avant en épousant un homme plus digne et gentil qui pourrait faire son bonheur.
Le jeune Morrigan abandonna subitement ses rêveries quand sa mère lui posa cette question :
-Est-ce que tu vas bien mon fils ?
-Je n'ai rien, mère. Tu as quelque chose à me demander ?
-Tu n'as pas remarqué quelque chose d'anormale chez ton père ces derniers temps ?
-Hum… Eh bien, disons qu'il a une meilleure mine, risqua le jeune homme.
-C'est bien le mot : une meilleure mine.
-Qu'est-ce qu'il lui est passé par la tête cette fois-ci ? A quoi va-t-on s'attendre avec cet impur encore ?
-Shhh, fais attention à ce que tu dis ! Il va bientôt rentrer, ne l'appelle pas comme ça devant lui.
-Mais comment puis-je le nommer alors ? Père ? Il ne veut même pas ! Nous ne sommes pas ses enfants, a-t-il dit ! Au contraire, ce type espère qu'on va l'appeler « enfoiré », tu te rends compte mère ?
Conrad avait terminé sa phrase sur un ton visiblement excédé. Les deux plus jeunes s'arrêtèrent de jouer un moment, étonnés, puis reprirent leurs activités enfantines.
-Je sais bien que c'est absurde, répondit la femme aux cheveux noirs. Mais je pense qu'il y a une raison à ceci : il croit sans doute qu'en l'insultant contre notre propre gré, nous nous enfonçons encore plus tandis que lui apparait comme un pauvre homme malheureux, rejeté et martyrisé par sa famille. Il espère être plus pur, si tu veux mon avis. Comme si l'on pouvait effacer ses crimes d'une manière aussi simple… Qu'en est-t-il d'elle alors ? Puisse Dieu être plus clément avec son avenir !
Anne et l'aîné de la famille regardaient la petite fille débattre avec son camarade de jeu sur ce qui leur semblait absolument primordial, comme si de rien n'était. Impossible de déchiffrer ce qui effleurait les pensées de cette enfant aux yeux légèrement bridés, forme qui rappelait les organes visuels des jeunes biches. Un regard tout aussi européo-nippon quoique plus sombre le fixait depuis quelques secondes.
-Alors, t'as trouvé un nom pour lui ou pas ?
-Attends Clement ! J'arrive pas à trouver ! C'est compliqué, déclara sa sœur avec dépit.
-Tu vois, et dire que je t'en avais proposé pleins !
-Mais n'importe quoi ! On ne va pas l'appeler Big Girl non plus ! Pourquoi pas grande Fille !
-Pourquoi une fille ? C'est un garçon, un Monsieur Nounours !, dit leur frère, intervenant brusquement dans leur conversation. Il se tut quand il vit quatre yeux revolvers le fusiller du regard.
-Si, c'est une fille, parce que moi, je n'aime pas les garçons !, rétorqua Séraphine avec une mine boudeuse toute mignonne.
-Ah bon, tu nous aimes pas alors ?, demanda Clement surpris par sa révélation.
-Si, mais j'aime pas les autres garçons ! D'ailleurs, c'est décidé, je me marierais avec personne plus tard et j'aurais pas de bébés tous rouges et moches ! Berk !
Mais elle se calma bien vite et croisa ses bras de rage quand deux rires sincères résonnèrent dans le vaste salon du manoir. Les deux adultes n'en pouvaient plus et pleuraient même face à la candeur naïve de leur fille et sœur. Le cadet finit par les rejoindre lorsqu'il comprit la raison de leur joie soudaine. En fait, il voulait aussi les imiter.
Mécontente, la petite ange vola dans sa chambre pour s'y enfermer.
Décidément, quelle gamine !, pensa Conrad en montant les marches avec Clement, tandis que leur mère recommençait à tisser.
Toc toc toc.
Pas de réponse.
-Eh Sessé ! Allez, ouvre-nous, c'était pour rigoler !
-Nan !
-Mais t'as pas pris ton nounours ! En plus, c'est dommage, il est tout mignon, siffla l'aîné en déposant un bisou bruyant sur la tête du doudou.
-Si tu ne le veux pas, on va le garder ! Et je lui donnerais le nom que je veux ! Ha ha !
-Vilain Clement !, cria la petite en ouvrant brusquement la porte. Et elle arracha l'étrange bestiole en coton des mains de son autre frère. En effet, il était blanc sur la majorité du pelage, mais le noir de ses membres, de ses yeux et de ses oreilles permettait un contraste amusant et étrange pour l'époque. Il avait la même origine que la défunte grand-mère de mademoiselle Morrigan puisqu'il venait tout droit du Japon. Cela s'appelait un panda, comme les animaux qui peuplaient quelques forêts de ce pays. Quelques, car ils étaient au départ chinois.
Dès la première fois qu'elle avait aperçu le nounours bicolore, Séraphine l'adorait déjà et sa nature possessive ne lui permettait pas de le prêter à Clement. Celui-ci avait au moins le droit de lui imaginer un nom, et s'il était joli, elle baptiserait son doudou avec.
Lorsque l'aîné partit de la pièce, les deux derniers s'assirent sur le sol et reprenaient une énième fois leur « dispussion ».
-Bon, ça va pas, j'aime pas tes idées.
-Trouve-toi un prénom toute seule alors, Mademoiselle je suis trop exigeante avec le prénom de mon panda chéééri ! Na !
-Berk, t'es gnan gnan ! Chéri, euahhhhh !
-Petite enfant immature, va !
-Eh, tu m'as donné une idée !
-Dis alors !
-Je vais l'appeler… Sébastielle, finit par dire fièrement la maîtresse du désigné. Alors, t'en penses quoi ?
-Euhhhh… M-mais… C'est excellent, very good, ganz toll, sugoi !, s'exclama le garçon agréablement surpris et presque sautillant.
-Oui ! Merci ! Mais c'est quoi ganss tôle ? Et sous quoi ?, s'enquit sa sœur qui ne maîtrisait pas aussi bien les quatre langues que les enfants et la mère parlent grâce à leurs nombreuses origines.
-Ganz toll, pas tôle. En allemand, ça veut dire « très bien ». Et sugoi, en japonais, bah ça veut dire pareil.
Les deux enfants furent interrompus dans leur apprentissage linguistique improvisé par un claquement de porte.
-Ooohhh, père est rentré…, soupira Clement tout d'un coup morose.
-C'est pas père, mon cher monsieur, c'est « enfoiré ». Et ça veut dire quoi ?
-Je ne sais, mademoiselle, figurez-vous que votre mère n'a pas daigné me le dire.
-Votre frère non plus, cher monsieur, répondit Séraphine sur un ton enjoué.
Avez-vous un commentaire à faire sur une quelconque partie du chapitre ? Alors reviews please ! :D
