Auteur : Nami-chan.

Couples : DateSana en principal, un peu de IeMitsu et du KôjuSasu

Disclaimers : Je ne possède pas Sengoku Basara

Oiran

Chapitre epilogue

Quand il avait été convoqué par Takeda Shingen ce matin, alors même qu'il venait de sortir de son lit pour exécuter sa session d'exercices matinaux, Sanada Yukimura n'avait pas ressenti l'excitation habituelle que cette simple idée aurait dû instaurer chez lui et qui ne lui avait jamais fait défaut depuis que l'homme l'avait pris sous son aile.

Maintenant qu'il se tenait assis devant lui sur un piédestal portant tout son attirail de combat, Yukimura à genoux dans une posture humble sur les tatamis et que le silence instaurer depuis qu'il était entrée dans la pièce se prolongeait, le jeune homme n'avait qu'une certitude, c'était qu'il avait grandement déçu cet homme.

Le jeune brun aux cheveux longs avait été si excité de pouvoir seconder Shingen lors des batailles annuelles qui l'opposaient à Uesugi Kenshin. Quel n'avait pas été sa fierté et son honneur quand son seigneur avait montré combien il avait confiance et croyait en lui en choisissant une bataille si importante à ses yeux pour être la première sortie de Yukimura. . Depuis sont plus jeune âge, on avait attendu de Yukimura le meilleur alors il avait toujours fait ce qu'on attendait de lui, il avait toujours fait son possible pour être le meilleur et s'améliorer encore et toujours. C'était pour éviter les punitions au départ, puis c'était devenu une échappatoire, un moyen d'espérer être libre, alors même lorsqu'il avait atteint le plus haut rang d'Oiran il avait continué à faire de son mieux. Alors il savait que son empressement, sa précipitation à être sur le champ de bataille était la raison principale pour laquelle il avait reçu une blessure, et il savait qu'il n'avait pas été à la hauteur de ce que Shingen attendait de lui.

Rien de grave, juste un coup de lance reçu à la cuisse, qui sera guéri en un rien de temps. Non, ce n'était rien comparé à ceux qui avaient laissé la vie au service de leur seigneur. C'était peut-être là toute la racine du problème. Comment Yukimura, qui n'avait jamais côtoyé la mort d'aussi près avant, avait pu s'imaginer qu'il serait si simple d'ôter une vie ? Bien sûr il avait toujours su et il s'était préparé à cela, du moins le croyait-il. Il ne pouvait même pas s'avouer à lui-même qu'il avait reçu cette blessure parce qu'il avait hésité. Quand il avait vu la peur dans les yeux d'un jeune homme en face de lui, le bras qui tenait sa lance avait flanché et la blessure qui aurait dû être fatale à son ennemi ne fit que le mettre à terre. Le croyant incapable de bouger, Yukimura avait continué son avancé avec un dernier regard vers sa forme ensanglanté...il n'osait même imaginé à quel point la blessure aurait pu être grave si Sasuke n'avait pas remarqué sa faute et n'était intervenu à temps, au final le jeune homme qui s'était opposé à lui était mort de toute façon. Le poids de son rokumonsen, le pendentif à six pièces, le symbole de sa famille, n'en devenait que plus lourd.

Sa plus grande crainte était désormais que Shingen ait eu vent de son échec.

"Yukimura !" raisonna soudainement la voix caverneuse de son seigneur.

Le jeune samouraï sursauta, tiré brutalement de son train de pensée...cela aussi était une habitude qu'il avait encore du mal à mettre de côté.

"Oui !" répondit-il en relevant fièrement la tête.

Une fois de plus il ne vit pas le coup de poing qui vint s'écraser en plein sur sa joue comme un marteau, Yukimura senti ses membres se décoller du sol et il ne réalisa ce qui s'était passé que quand il retomba lourdement au sol. Il cligna rapidement des yeux.

"O-oyakata-sama ?!" cela ne ressemblait pas non plus à Shingen d'initier une leçon sans la moindre explication.

"Ne soit pas si naïf ! Tu n'es vraiment encore qu'un enfant !" lui lança l'homme le surplombant de toute ça sa large forme.

Yukimura essaya instinctivement d'échapper à l'étrange pression qu'exerçait son mentor sur lui. " Que voulez-vous dire ? Oyakata-sama ! Naïf ? Mais je,-"

"Es-tu triste pour ceux tombé sur le champ de bataille ?" La voix de Shingen, bien que toujours forte se fit plus douce d'une certaine façon, l'interrompant.

Yukimura se remit à genoux, refusant toujours de rencontrer le regard de son seigneur. "NON ! J'ai simplement manqué de discernement, Oyakata-sama. J'ignore comment expier ma faute à vos yeux-" continua-t-il de se mentir.

Shingen n'était pas décidé à le laisser continuer à dire de telles stupidités. Il l'interrompit en frappant du pied si fort que le bois caché sous les tatamis explosa envoyant une latte se planter dans le plafond des débris se rependant dans la grande pièce à la décoration épurée. "Tu en as le droit Yukimura ! Ce n'est pas une faiblesse. Tu dois garder cela dans ton cœur et avancé en ces temps de guerre tu ne peux pas rester avec les morts, ou t'apitoyer sur ceux qui vont mourir ! Ne gâche pas la vie qui t'a été accordée et ne gâche pas celles que tu as prise. C'est ton devoir en tant que samouraï et en tant qu'homme né dans ce pays de guerre ! Yukimura !"

Cette fois il ponctua sa tirade par un coup de poing qui finit par envoyer Yukimura dans la coure extérieure, emportant avec lui le fusuma qu'il avait été fermé à son entrée. Le bruit qu'il fit en atterrissant sur le sable du jardin zen lui fit grincer des dents .

"Oyakata-sama !" lança Yukimura en se relevant, sentant déjà les mots entrer dans son cœur comme la force des coups pénétrait tout son être. La force de son seigneur et la sagesse dont il faisait preuve était si inspirante. Pas étonnant qu'il ait vu clair à travers Yukimura.

"Devient fort ! Fait raisonner ton cœur de guerrier et surpasse-moi !" continua Shingen

"Oyakata-sama !" il se lança sur Shingen, lui répondant par un coup de poing bien à lui, signifiant qu'il s'attelait déjà à la tâche.

"Yukimura !" Shingen répliqua, renvoyant Yukimura à sa position initiale, agrandissant le trou qu'il venait de faire.

"Oyaka-" ce fut le temps de pause qu'il fallut au jeune samouraï pour se rendre compte des larmes qui coulaient maintenant abondamment de ses yeux. En colère contre lui-même et contre cette démonstration de faiblesse, il tenta de les essuyer vivement avec le revers de sa manche. Il n'avait pas pleuré depuis...depuis le jour où ses sentiments pour Masamune avaient fait éclater son cœur. "Pourquoi suis-je si faible !"

Les yeux embués de larmes, les épaules secouées de sanglots et distrait par la vérité qui le frappait de plein fouet, il ne vit pas l'homme massif se rapprocher mais il le sentit projeter son ombre sur lui. Il anticipa le coup qu'il allait probablement recevoir, espérant de tout son cœur que cela lui remette les idées en place. Le picotement attendu d'un coup en plein visage ne vint pas, au lieu de cela, Shingen posa simplement sa main sur l'épaule de Yukimura. Le plus jeune eut honte du réflexe qui lui fit relever un visage souillé de larmes et de sécessions nasales face à cet homme respectable qui en retour lui offrait un sourire compréhensif.

"Tu n'es pas faible Yukimura, tu es encore jeune, c'est notre devoir à nous les vieux de vous guider sur le bon chemin. Ne pas avoir pitié de tes ennemis ferait de toi un monstre, Yukimura." dit Shingen avec une douceur que le plus jeune n'avait jamais vue chez lui.

Yukimura renifla. "Oyakata-sama." répéta-t-il avec douceur cette fois. Il ne savait pas quoi dire. Me sourire de Shingen faisait remonter ces petites moustaches sur ses joues et la prestance avec laquelle il l'affichait stoppèrent les lamentations du jeune samouraï. Il ne pouvait plus pleurer en entendant les mots de Shingen, il ne pouvait plus pleurer en voyant l'acception et la fierté dans son regard.

"J'ai invité quelques seigneurs voisins pour une rencontre de courtoisie et je crois que tu es fin prêt pour m'assister." Fit Shingen, une fois qu'il jugea Yukimura suffisamment calme.

Le plus jeune se raidit, il plaqua ses mains contre ses hanches et releva la tête, venait-il d'entendre correctement ? Évidemment, il avait été placé au côté de Shingen sur le champ de bataille, mais il avait cru que c'était pour le surveiller étant donné qu'il était novice...mais ça, c'était montré à tout le monde que Shingen le choisissait comme bras droit pour le seconder, lui ! Un pauvre orphelin abandonné dans une maison close, il ne savait pas s'il en méritait tant... "C'est un tel honneur pour moi, je... Oyakata-sama !" s'exclama Yukimura tellement fier.

Shingen émit un grognement d'approbation en hochant la tête. "Prépare-toi pour ce soir."

Yukimura cacha la panique qui s'emparait de lui. Ils arrivaient si tôt ? Bien sûr il lui restait la journée pour se préparer, il devait encore digérer la nouvelle, il devait le dire à Sasuke, il... peu importe si Shingen le jugeait digne de le seconder alors il n'y avait pas moyen qu'il fasse d'erreurs. "Je serais prêt !"

"Très bien Yukimura !" lança Shingen.

"Oyakata-sama !" lança à son tour Yukimura, gonflé à bloc.

"Yukimura !"

"Oyakata-sama !"

"Yukimura !"

"Euh, Oyakata-sama ?" Sasuke savait que s'il n'intervenait pas maintenant, il y avait de forte chance pour qu'il ait une somme de travail encore plus grande. Les deux hommes se tournèrent vers le ninja. Sasuke observait le grand trou fait dans la salle d'armes et soupira après avoir remarqué l'état du sol. "Ne vaudrait-il pas mieux que j'aille chercher les bâtisseurs maintenant ? Ils vont avoir du travail si vous contez recevoir ce soir."

Le silence suivit sa remarque. "Je vais trouver le jardinier !" lança Yukimura fonçant déjà à travers le château de son seigneur.

La main de Sasuke trouva son visage et il soupira, si ce n'était qu"en dépit de son agacement, un fin sourire était venu se peindre sur ses lèvres.

Ooooooooooooooooooooooooo

Au final il aurait été inhumain pour les charpentiers de réparer les dégâts causés à la salle d'armes en un seul après midi. Shingen avait dû recevoir ses invités dans une salle plus petite, une salle qui n'était utilisé que pour la réunion des chefs de clan sous la bannière du clan Takeda. Les quatre chefs présent s'en retrouvait plus serrés les uns aux autres, mais la boisson et la nourriture qui les accompagnait semblé les avoir mis de bonne humeur.

En premier à la gauche de Shingen, Uesugi Kenshin évidemment, le voisin direct de son seigneur, ensuite venait un envoyé de Mutsu du clan Mogami semblait-il, Yukimura n'avait pas bien saisi son nom, mais il était très bruyant et sa petite moustache très similaire à cette de Shingen semblait douée d'une volonté propre. Directement à côté de Yukimura qui se tenait à la droite de Shingen, un homme d'un certain âge venu au nom de Hojo Ujimasa dont le grand âge limitait les déplacement , mais Yukimura était incapable de dire quel nom il avait utilisé pour se présenter.

Et pour cause, bien sûr que Yukimura aurait dû le savoir ce fut même pour cela qu'il ne parvint pas à prêter la moindre attention à ce qui l'avait entouré durant toute la soirée ni même de ce qui avait été discuter, même lorsqu'il était Oiran il avait été bien éduqué sur la géographie du pays du soleil levant. Donc quand Shingen avait dit avoir invité des seigneurs voisins, il aurait dû y penser, Oshû restait très proche de Kai...Pourtant voir Date Masamune assis directement en face de lui, Kojûro à sa droite et vêtu de son armure complète, une veste sans manches du bleu qu'il affectionnait tant lui couvrant le dos. Et bien que ces cheveux bruns soient resté libres, Yukimura voyait bien le casque noir orné d'un croisant de lune asymétrique posé entre lui et Kojûro. Masamune portait également un air profondément ennuyé sur le visage tandis qu'il fixait le jeune samouraï de son regard bleu...Yukimura ne pouvait que se taire et retenir l'étincelle qui menaçait de l'embrasser tout entier.

Leurs regards ne pouvaient se détacher l'un de l'autre, Yukimura semblait avoir perdu sa voix tandis que Masamune participait à la conversation avec les autres hommes présents portant parfois quelque denrée à ses lèvres. Yukimura ne voyait plus que lui, passant sa langue sur ses lèvres tandis que le dragon laissait échapper un ricanement face à la remarque que quelqu'un venait de faire. Yukimura dégluti quand son train de pensée défia vers ce qu'il savait Masamune capable de faire avec ses lèvres délicieuses. Il secoua la tête pour chasser cette pensée tout aussi rapidement.

Personne ne semblait avoir remarqué l'échange entre les deux plus jeune hommes parce que Masamune était assez doué pour ne pas se faire prendre, mais Yukimura ne pouvait rien y faire, c'était pour lui comme s'il ne restait plus qu'eux.

Yukimura aurait voulu que sa tête ne soit pas pleine de leurs moments passé ensemble, des images et des promesses que Masamune lui avait faite dans ses courriers...c'était comme s'ils ne s'étaient quitté qu'hier. Pourtant Yukimura n'osait pas l'approcher, n'osait pas lui adresser la parole...il était trop tôt, il ne se sentait pas encore digne de Masamune...cet homme avait toujours été extraordinaire aux yeux de Yukimura, mais le voir ainsi assumer pleinement son rôle de chef de guerre, porter la tête haute et une armure qui ne faisait qu'accentuer sa dangerosité...Yukimura déglutit encore une fois, sa gorge étant bien sèche, tentant une fois de plus de se focaliser sur la conversation.

Il n'aurait put prévoir que c'est à ce moment la que Masamune choisirait de se lever brusquement, un éclat défiant scintillant dans son œil unique.

"Je n'aurais jamais dû accepter l'invitation d'une bande de vieux fous. J'aurais dû savoir que ce n'était pas que par simple courtoisie ! Kojûro !" Aussi promptement qu'il s'était levé Masamune quitta la pièce d'un pas colérique, invitant son vassal à le suivre.

Le charme avec lequel il avait envoûté Yukimura toute la soirée se rompit et le jeune samouraï tenta de le retenir "Ah, Masamune-dono !" il fut sur le point de partir à sa suite quand Kojûro s'inclina humblement face au seigneur Takeda.

"Excusez l'impétuosité de mon seigneur. Il est vrai qu'il n'est pas dans les habitudes des Date de former des alliances, cela ne veut pas pour autant dire que mon seigneur n'a pas apprécié l'hospitalité, sur ceux, nous partirons demain matin. Mes seigneurs." il ponctua son discours en s'inclinant une nouvelle fois et parti à la suite de Masamune sans même vérifier qu'il avait bien apaisé d'éventuelles tensions.

Shingen émit à nouveau un bruit entre l'agacement et l'approbation et pour la première fois depuis le début du repas, Yukimura retourna son regard sur lui. "Yukimura." le jeune homme se redressa quand son seigneur appela son nom. "Veux-tu bien veiller à ce que notre invité regagne bien sa chambre." Yukimura entendit Kenshin glousser doucement derrière son poing fermé, il était bien loin d'imaginer à quel point tout le monde avait remarqué le manège des deux jeunes.

"J'y vais de ce pas." et Yukimura eut lui-même bien du mal à cacher son appréhension maintenant qu'on lui offrait l'occasion de parler seul à seul avec Masamune.

Il n'avait pas réussi à rattraper Masamune, mais à entendre les voix qui s'élevaient de la chambre qui avait été apprêté pour le jeune seigneur, le dragon borgne avait trouvé son chemin sans son aide.

Yukimura était tenté partir se coucher, épuisé après avoir reçu une telle charge d'émotion dans la journée, une autre partie de lui voulait appeler Masamune et l'embrasser à pleine bouche au moment où il poserait un pied à l'extérieur. N'arrivant pas à prendre une décision, le jeune jeta un coup d'œil à la lune autre dans le ciel, brillante par une nuit sans nuages. Yukimura réalisa qu'il n'avait plus vraiment pris le temps de contempler sa vieille amie depuis qu'il vivait à Kai, alors qu'ici elle était plus belle que jamais, sa pâleur argentée n'était plus polluée par les lampions colorés et les hauts immeubles de la ville. Yukimura esquissa un sourire à cette pensée. Un peu comme lui, il avait retrouvé ses couleurs naturelles, il n'avait plus à mentir plus à tricher, il n'avait jamais été aussi heureux loin des remparts protecteurs de la ville.

"Cet accoutrement te va mieux que n'importe quel kimono, Sanada Yukimura. Long time no see."

Le bandeau rouge qui ornait son front voleta derrière lui, soulevé par la vitesse du mouvement que fit Yukimura pour se retourner. "Ma-Masamune-dono." bredouilla Yukimura, essayant de calmer l'affolement soudain de ses battements de cœur.

"So sly, tu écoute aux portes maintenant ?" lui reprocha le dragon, faisant un pas vers lui tandis qu'un sourire en coin soulevait ses lèvres.

"N-non, je ne, ce n'est pas-" toute forme d'articulation cohérente semblaient vouloir échapper à Yukimura tandis que Masamune continuait de se rapprocher de lui, le plus jeune ne flancha pas pour autant, se gardant de perde du terrain face à son adversaire. Lorsqu'ils ne furent plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, Yukimura prit une grande inspiration. "Tu portes très bien les habits de guerre toi aussi Masamune-dono."

"Tch." les épaules de Masamune se secouèrent dans un éclat de rire qu'il tenta de dissimuler. De sa main recouverte de cuir noir, il toucha délicatement la joue de Yukimura, caressant une pommette avec son pouce.

Yukimura se laissa aller malgré lui dans la caresse, dire qu'il n'avait pas attendu ça de toute la soirée serait un mensonge éhonté, probablement même qu'une sorte de ronronnement aurait fini par sortir de sa gorge si Masamune n'avait pas brusquement cessé son geste.

"Quand le singe a dit qu'il t'avait trouvé un seigneur légitime, j'étais loin de m'imaginer qu'il s'agissait du vieux Takeda." Masamune prit le temps de détailler une nouvelle fois la forme de Yukimura, habillé par cette armure de cuir rouge. Il n'appréciait pas trop la façon dont elle laissait son torse à découvert mais il devait avouer que cela était des plus attrayants...c'était comme si...comme les choses étaient comme elles auraient toujours dû l'être. "Il te traite bien ?" il avait posé cette question sans même vraiment y réfléchir.

La réaction de Yukimura ne tarda pas face à une telle implication et elle fut aussi enflammée que ce que Masamune attendait. "Oyakata-sama est un seigneur noble et juste ! Il me traite avec autant d'égard que n'importe lequel de ses généraux et avec la sévérité que je mérite ! Son enseignement me rend plus fort et plus sage ! J'espère être à ses côtés quand nous franchirons un jour les portes de la capitale, je suis certain-"

Masamune leva les mains devant lui en signe de capitulation espérant calmer la tirade de Yukimura. "Il faut un vieux tigre pour apprendre à un jeune à se servir correctement de ses griffes, huh ?"

Yukimura croisa les bras sur sa poitrine, se renfrognant face à Masamune. Cherchant à retirer cette expression désagréable sur le beau visage de son bien aimé, Masamune ne tarda pas à lui saisir le menton même si cet air d'enfant agacé éveillait encore d'autres instincts chez lui. "Ne fais pas cette tête, ça me donne envie de t'affronter...ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée après tout. Right ?" ajouta-t-il après un court moment de réflexion.

Un frisson d'anticipation parcourut le corps de Yukimura à cette idée et il ne faisait aucun doute que Masamune devait l'avoir senti lui aussi, pourtant le jeune samouraï détourna les yeux, retirant son menton de la main de l'autre d'un mouvement de tête. "Je ne sais pas si..." il repensa à son erreur lors de la bataille et l'égratignure sur sa cuisse le brûla soudainement. "Je ne pense pas être encore digne de toi Masamune-dono." ajouta-t-il, essayant de garder une voix ferme.

"Certain ?" demanda Masamune en se penchant sur lui, dans le fond il n'apprécia pas vraiment que l'autre jeune décide ça pour lui. Yukimura ne retourna pas son regard sur lui mais décroisa les bras, ses mains se raidirent tandis qu'il aspirait à toucher Masamune mais se retenait. "Peut-être que tu préférerais qu'on fassent l'amour, là maintenant." Masamune fut direct, ponctuant sa phrase d'un petit baiser chaste qui en disait long sur ses intentions.

Les yeux de Yukimura s'écarquillèrent d'étonnement face à tant d'impertinence et il éloigna Masamune de lui en le tenant à bout de bras, secouant vivement la tête. "Tu devrais avoir honte Masamune-dono ! Une telle proposition indécente, en ces lieux...quelqu'un aurait pu nous voir et-...ce n'est pas que je ne veux pas mais..." ce n'était vraiment ni le moment ni l'endroit pour faire une telle proposition.

Masamune, légèrement déçut continua de taquiner Yukimura. "Serais-tu devenu timide ? Ou alors tu ne fais pas ça gratuitement ?" il haussa les épaules nonchalamment, s'il avait bien calculé, Yukimura n'aurait pas d'autre choix que de marché dans le piège qu'il venait de tendre.

Yukimura resta béa, s'il n'avait pas fait nuit le rouge de ses joues aurait rivalisé avec celui de son armure. Il était en colère et cela se voyait. "C'est très méchant Masamune-dono ! D'accord, j'accepte un duel ! Retrouve-moi dans une heure sur la colline à l'Est du palais et tu vas voir les fruits de mon entraînement!" D'un pas déterminé, Yukimura se retourna et clôtura leur discussion, fulminant contre ce dragon éhonté.

"All right. Ces vieux fous étaient déjà ronds comme des tonneaux quand j'ai quitté la pièce, je doute qu'ils se rendent compte de quoi que ce soit." Fit Masamune en voyant son dos disparaître après un tournant. Exactement comme prévu, même si une partie de lui était quand même un peu déçu que Yukimura ait rejeté l'autre proposition. Peu importe, les deux étaient plaisantes, il mourait d'envie de constater par lui-même les progrès de Yukimura et qui sait ce qui pourrait arriver ensuite...

Ooooooooooooooo

La pleine lune offrait sa lumière pâle et distante lorsque Masamune quitta l'enceinte du château sans même prendre une torche pour éclairer ses pas. De son point de vue sur la colline, Yukimura vit sa silhouette franchir discrètement les portes, il continua de le suivre du regard lorsqu'il sortit du halo de lumière qu'émettaient les torches du mur extérieur. Il le vit lorsqu'il chercha un chemin à travers les rizières pour le trouver. Il le vit lorsqu'une fois son regard habitué à la pénombre Masamune le remarqua sur son poste en hauteur. Une fois de plus, Yukimura frémit en le voyant s'approcher de sa démarche assuré. Masamune avait revêtu son casque et Yukimura fut impressionné par son allure. Cependant, il ne pouvait ni sourire ni se réjouir de la perspective d'un duel avec Masamune, ses craintes et ses doutes étaient revenus...mais si c'était réellement ce que Masamune attendait de lui, il refusait de reculer.

Masamune se rapprocha, le sourire aux lèvres, il grimpa les derniers mètres qui le séparaient de l'autre jeune homme. Il était fébrile, impatient de croiser le fer avec l'homme que son cœur avait choisi, l'homme dont il était certain qu'un jour il serait son égal. Pourtant quelque chose le troubla. La pénombre ne cachait pas le fait que l'ardeur qu'il avait fait naître en Yukimura par ses provocations était retombée et que ne restait maintenant que de l'hésitation. Bien que Yukimura est les mains serrées sur ses deux lances, la lame luisant dans la nuit, des armes réelles et bien dangereuses, Masamune pouvait pratiquement sentir que Yukimura aurait voulu ne pas les avoirs avec lui en ce moment.

Le dragon croisa les bras sur sa poitrine face au regard silencieux et légèrement contemplatif qui l'accueillit. Il attendit quelques instants que Yukimura prenne la parole, mais voyant que celui-ci n'attendait qu'un mot de sa part, il soupira

"Not good, Yukimura, si tu ne veux vraiment pas te battre, je ne te forcerais pas, mais dit moins pourquoi pour que je puisse te convaincre." il en avait assez de tourner autour du pot et encore plus assez de voir le jeune tigre essayer d'attraper sa queue pour ne pas voir que le dragon le regardait.

Yukimura se raidit, avant de se détendre presque aussitôt en entendant les mots de Masamune. Il ne savait pas s'il pouvait vraiment faire cela...mais s'il avait retenu une chose de sa rencontre avec un jeune général aux cheveux d'argent, c'était bien que se taire n'offrait pas souvent la meilleure solution. "Tu veux vraiment entendre ça, mes doutes, mes erreurs, pourquoi je refuse de prendre les armes contre toi alors qu'on en a tous deux tellement envie ?" soupira Yukimura. C'était plus facile de parler à Masamune, le dragon le connaissait de la façon la plus intime possible. Il n'était pas son seigneur, il ne le jugerait pas. Il n'était pas Sasuke, son point de vue ne pouvait être qu'objectif.

Pour toute réponse Masamune haussa les épaules, posant son poignet nonchalamment sur le pommeau de son sabre accroché à ses haches. S'il fallait qu'il écoute Yukimura pour avoir au moins une bonne chose durant cette journée qui n'avait été pour lui qu'une bête perte de temps.

Yukimura baissa la tête et commença dans une voix faible. "Il y a encore quelques mois je n'étais qu'un Oiran parmi tans d'autres voués à une vie de débauche, enfermé entre quatre murs, sans pouvoir rien faire d'autre que de regarder les gens autour de moi souffrir et endurer." Il commença à affermir un peu plus ce qu'il voulait dire, commençait à savoir mettre les mots corrects sur ce qu'il ressentait...et Masamune l'écoutait, il sentait que le dragon avait rapidement tourné toute son attention sur lui. " Même ainsi j'étais privilégié... j'avais quelqu'un, il y a toujours eu quelqu'un pour veiller sur moi... j'étais égoïste puisque pour ne pas voir mon impuissance face à cette situation, pour ne pas voir le monde dans lequel je vivais, je ne me suis concentré que sur la façon pour combler ma dette au plus vite, la meilleure manière de quitter ce monde..." à ce moment Yukimura marqua une pause, plongeant son regard dans celui de Masamune. "Puis...j'ai rencontré Date Masamune et quelque chose a commencer à changer en moi...quelque chose qui était sans doute déjà là mais...tout est arrivé si vite par la suite...ces sensations lorsque nous nous entraînions...ce sentiment que ma place était ailleurs... pourquoi un petit Oiran comme moi méritait-il plus d'attention qu'un autre ? Dis-moi Masamune, parce que même maintenant j'ignore la réponse. "

Masamune fut sur le point d'ouvrir la bouche pour répondre mais Yukimura ne lui en laissa pas le temps, continuant sa tirade qui s'enflammait tout comme ses yeux, sa voix se remplissait d'émotion pourtant il restait ferme. "Oyakata-sama est venu me trouver et j'apprends que je suis de noble naissance, je le suis parce que je veux comprendre, comprendre ce qui me rend différent...alors je me bas à ses côtés et même s'il croit en moi je remarque bien que je suis toujours le Yukimura du quartier rouge, faible et incapable de protéger qui que ce sois, incapable de faire le moins qu'on attend de lui...Yuki reste une partie de moi, je pensais porter cela comme une arme...en être fier mais, mais pourquoi mériterais-je l'honneur d'un duel avec l'un des généraux les plus respectés alors que je suis toujours cet Oiran ? Je ne suis pas prêt Masamune-dono...je ne mérite pas-"

Bien qu'il ait promis tacitement de ne pas l'interrompre, Masamune en avait assez entendu. Il posa une main rassurante sur l'épaule de Yukimura. "Je crois que c'est simplement ton rêve qui se dessine Yukimura." affirma-t-il simplement une once de fierté dans la voix.

Yukimura fronça les sourcils, il ne comprenait pas le point de Masamune, en quoi son rêve avait-il un lien avec les doutes dont-il lui avait fait par ? Cela n'était pas clair. "M-mais Masamune-dono, j'ignore encore quel peut être ce rêve qui doit me guider à être un homme meilleur..."

Masamune secoua la tête. "Mon rêve ne fait pas de moi un homme meilleur, il m'aide simplement à déterminer mes choix, qu'ils soient bons ou mauvais. Rahh, Kôjuro es meilleur que moi pour ça, you see ?" râla-t-il, ne sachant pas lui-même comment interpréter ce que lui inspirait les dires de Yukimura. "...c'est comme si," tenta-t-il. "Tu t'en veux peut-être d'avoir laissé ces gens derrière toi, tu ne te crois peut-être pas à l'auteur de ce qui t'a été confié, mais au final n'est tu pas devenus un exemple pour eux, pour les Oirans ? Tu leur montre la voix Yukimura, leur sort n'est plus une fatalité, tu changes les choses à ta manière."

Yukimura sembla perplexe, il considéra les mots de Masamune. "Je mérite de me tenir au côté d'Oyakata-sama ?" demanda-t-il plus à lui-même.

"Plus que quiconque, même moi j'ai vu ça en toi." répondit le dragon. "Cette petite étincelle que tu as en toi, ce tigre. I like it, je sais que même si ce n'est pas maintenant, un jour ton potentiel se réveillera pleinement. Hah, j'ai intérêt à pas traîner parce que tu commences déjà à me rattraper on dirait."Et il savait que comme ça, Yukimura le maintiendrait toujours à son plus haut niveau.

Yukimura souri à cela, il commençait à comprendre les mots de Shingen, il se sentait plus que jamais fier d'avoir été choisi pour être le bras droit du tigre de Kai. "Je...je pense pouvoir te montrer que mon étincelle peut devenir un brasier ! Laisse-moi gagner ma chance d'être un rival digne de toi Masamune-dono !" lança-t-il soudainement, manquant presque de surprendre Masamune.

Lentement, Masamune tira le premier croc de son fourreau, il fit se refléter la lune sur la lame lorsqu'il la porta dans une posture de combat, la tenant au-dessus de son épaule droite.

"Tu acceptes ce duel?"plus que jamais maintenant, il voulait voir ce que le tigre lui resservait comme surprise.

Yukimura referma sa prise sur ses lances, il les fit tournoyer avant d'adopter lui aussi une position de combat. "Je souhaite te montrer mes progrès Masamune-dono, puisses-tu me pardonner si je ne suis pas encore à ta hauteur !" c'était ce qu'ils voulaient tous les deux, il n'y avait plus de raison d'hésiter.

Et le combat débutant. Et c'est à la fois tout et rien de ce qui les définissait eux et leur relation. C'était exactement comme leur première fois, Yukimura se sentit vivant, vibrant, sentant la foudre de Masamune lui parcourir les bras dès l'instant où leurs lames se touchèrent. Ils brûlaient dans une passion ardente, l'écho de leurs cris de guerre et de leurs passes d'armes raisonnant dans la nuit.

Yukimura se souvenait parfaitement de ce qu'il avait ressenti quand Masamune lui avait fait l'amour...c'était quelque part déstabilisant de penser qu'il se battait de façon très similaire. Une pointe de jalousie le toucha tandis qu'il pensa à tous ces autres généraux qui avaient ainsi combattu Masamune. Ce dragon était une créature de passion, il répondait à chacun des assauts de Yukimura sans hésité, son corps bougeant avec l'habitude et l'instinct gagné au cours de nombreuses batailles.

C'était la première fois que Yukimura le voyait ainsi, et c'était la première fois que c'était lui qui parvenait à tenir tête à Masamune, pas une fois il ne mit un genou à terre. Le dragon souriait, les coups volaient, un saut, une estocade, une parade, un autre saut, une tentative d'attaque sur le côté, des éclats bleu et rouge se percutant...un phénomène alchimique indéfinissable était en train de se produire sans qu'aucun témoin autre que les responsables de cette réaction ne puisse en juger les conséquences.

Eux-mêmes ne savaient pas depuis combien de temps cela durait, mais quand le soleil levant envoya des reflets de miel dans les cheveux châtains de Yukimura, ils firent ensemble un saut qui les éloigna l'un de l'autre, toujours proche mais hors de portée de lame. En sueur, essoufflé, Yukimura était euphorique. Masamune portait un sourire comme jamais un n'en avait eu, c'était ça...c'était cette sensation, cette douleur dans ses muscles, cette difficulté à respirer...

Ensemble ils posèrent un genou à terre. D'un regard ils s'accordèrent et l'épuisement les poussèrent à s'allonger dans l'herbe, arrachée et écrasée par leur bataille frénétique.

"Je ne peux plus bougé, tu gagnes cette fois Masamune." affirma Yukimura, reprenant son souffle, ses paupières papillonnantes de sommeil.

"Hun," fit Masamune, Yukimura avait bien senti qu'il lui restait encore des forces et que s'il aurait voulu il aurait humilié le guerrier rouge. C'était pour le récompenser qu'il avait choisi de se reposer lui aussi. "Et encore je ne t'ai pas montré tout ce dont je suis capable." dit-il, il n'allait pas avouer qu'à un moment il avait presque tiré ses six griffes.

"Pour être honnête, moi non plus Masamune-dono." taquina Yukimura.

Masamune se mit à rire en fermant les yeux. "Pour une prochaine fois, ok ?"

"Bien sûr." répondit Yukimura.

Et des prochaines fois il y en aura d'autres, Masamune n'allait plus lâcher Yukimura maintenant. Il ignorait lui-même quel tour du destin lui avait fait rencontrer ce jeune Oiran, qu'est-ce qui à ce moment l'avait poussé à le mettre au défi de devenir fort, tout ce qu'il savait c'était combien il avait vu juste, combien tout les avait rapprochés...combien cet idiot c'était emparer de son cœur et cela de toutes les manières possibles. Il se redressa en s'appuyant sur ses coudes pour voir l'expression heureuse qui rayonnait sur les traits de Yukimura

"Et on refera l'amour aussi." ajouta-t-il.

"M-Masamune-dono !" s'exclama Yukimura indigner.

Masamune éclata d'un rire franc en voyant le rougissement que Yukimura tenta de dissimuler entre ses mains. Malheureusement pour lui, ses oreilles tout aussi rouges restaient à la vue du dragon.

….

Sasuke ne put se retenir de sourire quand après avoir fouillé le palais de fond en comble durant toute la matinée, il avait enfin retrouvé les deux idiots. Silencieusement, il fit signe à Kojûro qui était en contrebas de le rejoindre de l'autre côté de la colline. Kojûro pressa le pas en rencontrant les quelques signes de dévastation qui ornait maintenant cette même colline. Il s'était attendu au pire, le sourire de Sasuke le rassura bien avant qu'il ne puisse les voir.

Masamune et Yukimura s'étaient endormis côte à côte, le dos appuyé contre un arbre, absolument insouciants face au reste du monde. Leurs souffles étaient paisibles et chacun portaient une sorte d'expression sereine, presque satisfaite, mais ce qui venait compléter le tableau, c'était leur doigts entrelacés, leur main reposant à côté d'eux.

Kojûro se prit lui-même à un léger sourire, jusqu'à ce que le murmure de Sasuke finisse par le pousser à en afficher un pleinement.

"Tu me laisses le plaisir de les réveiller. Juste pour tout le mal qu'ils nous ont donné à disparaître comme ça ?" taquina le ninja.

Le samouraï à la cicatrice ne put retenir un léger rire. "Ne soit pas trop méchant, ils nous auront accordé plus de temps ensemble." affirma-t-il, voulant un baiser aux lèvres in-soupçonneuses du ninja.

FIN Finale !

Bonus 18 ans et plus : Ieyasu et Mitsunari.

Quand Mitsunari ouvrit à nouveau les yeux, repoussant Ieyasu dans le but de respirer ne serait-ce qu'un peu, il remarqua que le plus petit les avaient amenés jusqu'au lit.

Une exclamation de protestation mourut dans sa bouche quand la main du brun vint lui caresser tendrement la joue, une fois de plus Mitsunari fut aveuglé par son sourire. "Si seulement tu savais à quel point tu es beau Mitsunari." murmura le jeune seigneur de Mikawa.

Mitsunari, cligna des yeux...Yuki avait eu raison, jamais il n'aurait voulu partager un tel moment avec quelqu'un d'autre. "Ieyasu...quel sort m'a tu donc jeté ?" demanda-t-il dans un soupir.

Il ne laissa pas vraiment le temps à l'autre homme de lui répondre et l'attira dans un baiser fiévreux, enivré déjà...depuis le temps qu'il avait désiré cela...depuis le temps qu'il n'avait pas cru cela possible...est-ce qu'il était en train de rêver ? Non c'était définitivement les mains de Ieyasu qui tentait de s'introduire dans son kimono, lui arrachant malgré lui un gémissement étouffé peur leur baiser, c'était bien les dans les cheveux d'Ieyasu qu'il s'agrippaient maintenant, de peur de perdre le peu de contenance qu'il lui restait encore...cet homme le rendait fou, et il ignorait encore si cela lui déplaisait ou non.

Une fois de plus le manque d'air les poussa à se séparer. "Pourquoi ne m'avoir jamais rien dit, stupide tanuki." demanda Mitsunari entre deux respirations saccadées.

Ieyasu continua pourtant de l'embrasser, des baisers plus brefs puisqu'il devait absolument lui dire ce qu'il avait sur le cœur. "Ne m'a tu pas dit que tu m'aurais certainement arraché les yeux si je t'avais dit ça de but en blanc."

"Hum." ronronna littéralement Mitsunari, la main de Ieyasu venant de se frayer un chemin jusqu'à ces côtes. Son dos se souleva dut lit sous la caresse, offrant au brun le loisir de lui retirer le haut de son kimono. "Très juste." se souvenant brièvement dans son cerveau déjà embrumé de l'enseignement de Yuki, Mitsunari s'empressa lui aussi de défaire le kimono tourne-sol de Ieyasu, se remémorant combien le contact de leur peau devait être important.

Bien sûr, cela n'avait rien à voir avec ce que Yuki lui avait montré et il douta même que l'Oiran ait pu le préparer à ce que lui faisaient les mains et les baisers de Ieyasu. De ses doigts rendus calleux par la pratique du sabre, il effleura un biceps à la peau dorée par le soleil, ces muscles étaient l'inverse complet des siens taillé pour la vitesse, ceux-ci étaient faits pour frapper fort, cette force qu'il put littéralement sentir le traverser quand Ieyasu guida la main aventureuse jusqu'à son torse ferme et sculpté par les années d'entraînement au pugilat.

"Tes mains...elles sont si agréables." murmura Ieyasu.

Le ton rauque de sa voix surprit Mitsunari qui mit fin précipitamment au contact. "Mitsunari ?" demanda Ieyasu en fronçant les sourcils...avait-il froissé son bien aimé ? Alors que tout semblait se passer si bien. Cela pourrait presque devenir une torture si Mitsunari les obligeait à s'arrêter maintenant. Il ne s'attendit pas à ce que l'argenté ne l'attire brusquement à lui, passant ses bras autour de son cou.

"Tais-toi et embrasse-moi."

Ieyasu n'eut pas besoin de l'entendre une seconde fois, ses mains reprirent alors leur exploration sensuelle. Le désir s'empara de tout son être et cette chaleur qui montant en lui ne pouvait être qu'enivrante, il perdait pied, mais il n'en avait que faire, parce que c'était avec Mitsunari que cela lui arrivait. Son monde, ce qu'il avait toujours désiré sans même se l'avouer. Ce puissant et dangereux samouraï maintenant allongé sous lui, soupirant et gémissant tandis que leurs langues apprenaient à se connaître.

Mitsunari gémit plus fortement quand un de ses tétons dressés entra en contact avec celui d'Ieyasu. Curieux, le plus jeune relâcha ses lèvres rougies et gonflées pour venir voir ce qui avait provoqué une telle réaction. Doucement, il passa un pouce sur le bouton de chair pâle, il le sentit durcir légèrement sous son touché, tirant un autre son de plaisir de la bouche de Mitsunari.

"Tu aimes ?"

Rouge de honte et de désir, Mitsunari ne parvint qu'à hocher la tête. Avec beaucoup d'attentions, Ieyasu souffla sur le téton avec lequel il ne jouait pas du bout de ses doigts.

"Ah, ahn..." Le dos de Mitsunari se souleva du futon, c'était si étrange. Tellement agréable.

Le jeune samouraï perdit brusquement son souffle quand le brun se décida à engouffrer le téton dans sa bouche, il sentit alors quelque chose de dur et de brûlant battre contre sa cuisse et il était certain que ce battement avait été en parfaire harmonie avec ses battements de cœur. "Ieyasu !" parvint-il à souffler.

"Mitsunari." soupira Ieyasu tandis qu'il remontait dans son cou, laissant derrière ses lèvres une traînée ardente sur la peau blanche du son bien aimé. "Je t'aime." les mots tant désirés sortirent enfin pleinement de sa bouche.

Les entendre envoya une nouvelle vague de chaleur parcourir Mitsunari tout entier. Comment aurait-il pu ne serait-ce qu'imaginer une telle chose possible, jamais les soldats ni personne d'autre d'ailleurs ne parlaient d'amour en ces termes. Il en voulait plus, toujours plus...alors pourquoi Ieyasu avait cessé de l'embrasser ?

"Je te désire tellement Mitsunari...mais je ne sais pas vraiment quoi faire." avoua Ieyasu avec difficulté.

Mitsunari se redressa en s'appuyant sur ses coudes, il cligna des yeux pour s'éclaircir les pensées, plongeant ses iris olive dans les prunelles noisette qui arborait un air désolé. Cet imbécile était sérieux.

Furieux, le sang de Mitsunari ne fit qu'un tour et tout plaisir oublié, il envoya bouler Ieyasu d'un coup de pied. "Va mourir imbécile ! Et tu avais l'air si sur de toi, tu pouvais pas prévenir avant ?!" de rage Mitsunari termina de retirer ses vêtements. Se mettant debout, il offrit la vue libre de son érection dressée et palpitante sans honte à Ieyasu. "Qu'est-ce que je fais avec ça maintenant ?!"

Ieyasu déglutit de désir, passant la langue sur ses lèvres devenues sèches en voyant l'effet que ses attentions avaient eu sur l'autre jeune homme. Il émit tout de même un rire léger. "Ne dit pas ça avec une expression si sérieuse Mitsunari." Mitsunari le fixa encore plus méchamment et Ieyasu se dit que c'était peu être le moment de craindre pour sa vie. "Tu m'as mal compris...je ne sais pas comment faire parce que...je ne sais pas comment tu me veux..." avoua-t-il péniblement, il avait du mal à parler de sexe aussi ouvertement avec l'objet de ses fantasmes, c'était quelque chose de le lire dans les livres, c'en était une autre d'avoir à le dire.

L'aveu eux l'effet escompté puisque Mitsunari se radoucit, venant se rasseoir en face de lui sur le lit. "Comment...je te veux... ?" ça Yuki ne l'avait pas expliqué.

Ieyasu haussa de larges épaules. Doucement avec précaution, Ieyasu fit remonter Mitsunari sur ses genoux, il le calma avec des baisers, sur les jours, les paupières, la mâchoire, le front puis enfin les lèvres. Le jeune aux cheveux d'argent hoqueta quand son érection entra en contact avec celle d'Ieyasu. Perdu mais maintenant calmé par les gestes du brun, il se risqua à jeter un œil vers l'amas de tissu qui recouvrait toujours l'entre-jambe d'Ieyasu. Il pouvait voir dépasser le bout de son membre gorgé de sang, moins long que le sien mais ô combien plus large...comment cela pouvait-il fonctionner entre deux hommes ? Et pourquoi ne s'était-il pas posé la question avant ?

"Ne t'inquiète pas pour ça, nous verrons quand tu seras prêt...maintenant, je sais comment m'occuper de ça si tu me le permets." avec un hochement de tête, Ieyasu désigna leurs deux érections si proches l'une de l'autre que Mitsunari pouvait sentir la chaleur émise par celle d'Ieyasu.

"Nh." répondit simplement l'argenté.

Un sourire solaire se désignant sur ses lèvres, Ieyasu continua dans ses gestes d'apaisement, aussi quand il s'empara du membre de Mitsunari celui-ci ne put que laisser échapper un hoquet de surprise bien vite coupé par un nouveau gémissement de plaisir. Subjugué par les mouvements que faisait Ieyasu tandis qu'il éloignait ce qui lui restait de vêtement et venait ainsi prendre ensemble leurs deux membres dans sa paume, Mitsunari s'accrocha aux épaules d'Ieyasu quand il raffermit sa caresse.

Bien vite il ne fit même plus l'effort d'essayer de contenir son plaisir. Le vas et viens que faisait la main du brun sur leurs sexes était divin, de plus en plus rapide, mais doux, d'une poigne ferme, la cadence augmentant avec le volume de sa voix. Sans s'en rendre compte, sa main vint le rejoindre et doubla l'intensité de la caresse. Quand Ieyasu ne l'embrassa pas, il mordait sa lèvre inférieure pour s'empêcher d'être trop vocal.

"C'est...nhg...bon." lui souffla Mitsunari dans l'oreille.

Il lui répondit en l'embrassant, scellant leurs lèvres et finalisant leur union.

"Nh..." murmura Mitsunari dans le baiser, de la salive s'écoulant sur son menton. C'était comme la dernière fois, mais tellement plus rapide, tellement plus incontrôlable...ça montait, ça devenait encore et encore et encore, c'était trop, encore encore, il allait...il allait

Sa main agrippa soudainement l'épaule d'Ieyasu, ses mouvements devinrent sporadiques mais il sentait toujours la main de l'autre aller plus vite, encore et encore...lui aussi était proche. "Ie-Ieyasu !" laissa-t-il échapper.

"Mitsunari !" une râle rauque sortit de la gorge de Ieyasu lorsque Mitsunari explosa dans leurs mains jointes, il le suivit presque immédiatement, n'ayant pas le temps de savourer l'euphorie d'avoir réduit le dangereux samouraï à cette masse frémissante entre ces bras.

Les étoiles qui dansaient devant ses yeux mirent quelques longues secondes avant de partir, son souffle mit autant de temps avant de lui revenir. "Je t'aime Mitsunari." lui souffla Ieyasu.

Mitsunari ne fut jamais certain de savoir si c'était bien un sourire qu'il avait senti s'étirer sur ses lèvres.

FIN DU BONUS

Et Voila, c'est la fin fin et au finale je crois que cet épilogue peu en fait être considérer comme u n vrai chapitre. Autant j'ai adoré écrire cette fanfic que ce chapitre je l'ai réécris quatre fois...grrr..c'est très rare chez moi, le maximum ou j'ai réécrit un chapitre en entier étant deux fois...et c'était aussi sur cette fanfic. Pour le bonus, j'ai choisi finalement de mettre que Ieyasu et Mitsunari puisque après relecture je trouve que laissé Kojûro et Sasuke comme ça est bien plus romantique. Enfin j'espère que vous avez aimé aussi.

Enfin bref, j'ai hâte d'attaquer le premier chapitre de Dragon Tales deux, d'abord je met un peu d'ordre dans mes autres fanfic, trop de projets à la fois et pas assez de temps pour me consacré à tous, donc pourvu que je puisse posté ce chapitre rapidement tant que vous êtes encore là.

Sur une note plus aléatoire et carrément inutile : je crains vraiment pour la saison trois de Sengoku Basara qui commence le 7 Juillet. Le fait que la seule chose qui n'a pas changé étant le casting vocal ne me rassure pas du tout. Puis au vu du nouveau design...je trouve que Yukimura à l'air méchant et Ieyasu et disproportionné, il a un torse tout fin et des épaules énormes...sérieux...

Je répond aux reviews...je sais ça fait longtemps.

AliceGarden : Pardon ! J'ai été tellement longue pour cet épilogue et en plus ça ma retardé pour Dragon Tales meuh.

Merci de ton soutien ô fidèle lectrice, je m'accroche mais c'est très difficile en ce moment.

Aka-chan : No please don't be sorry, I was late in translating the latest chapter, hopefully, I will translate this one faster, english is my second language so it's easier for me if I write my story in French first.

I'm busy with Dagon tales 2 but I still wanted to finish this first.

Brokentimespace : Quand j'ai commencer à écrire en fait je n'avait en tête que le premier et le dernier chapitre...cette histoire écrite sur un coup de tête m'aura pris une année entière, je suis confuse au moment ou j'écris cette réponse...

Le traitement des personnages est pour moi important dans une histoire, des personnages bien pensés et fort peuvent porté une histoire avec un scenario un peu bateau comme cette histoire je pense, c'est mon point de vu. Je suis contente d'avoir réussi sur ce point là.

Toi aussi tu fais parti de mes auteurs favoris, tes histoires me manques, tu reviens bientôt écrire ?

Yumi Shina : Désolé de ma lenteur, extrême je dois dire, record battu pour ce chapitre, j'espère que la fin t'a plu

ptiteyuko : Ouah, merci, j'espère que tu liras aussi mes autres fanfics.