Je vous jure que j'essaye d'écrire et de poster les chapitres de cette fic rapidement. Seulement... ma bonne volonté est incompatible avec mon emploi du temps. Alors pour compenser (un peu), j'essaie de vous faire des chapitres plus longs qu'à mon habitude. J'espère que celui-ci vous plaira !


Chapitre 7 – Le problème Nick Spencer

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Les mains appuyées sur le bord du lavabo, le visage dégoulinant d'eau, Tony regardait son reflet dans le miroir sans vraiment le voir. Tout tournait dans sa tête, ce qu'il s'était passé ces derniers jours, ces dernières années même, comme ce qui allait arriver. Ses pensées s'emmêlaient sans qu'il puisse rien y faire. L'inquiétude qui avait pris possession de son esprit en revenant au NCIS dans l'après-midi ne le quittait plus. Pire, elle commençait à se muer en angoisse.

Tony DiNozzo avait peur. Ce n'était pas courant, mais c'était vrai. Pour Abby bien sûr, mais avoir peur pour les autres arrivaient de temps en temps. Il pouvait qualifier ça de normal. Non, fait rarissime dans sa vie, il avait peur pour lui-même. Peur de ne pas pouvoir mener la mission de Starlight à bien. Peur de se faire prendre. Peur des réactions des autres quand ce serait le cas...

Car il ne voyait pas comment ça ne pourrait pas l'être. FBI et NCIS montaient en ce moment même une opération pour attraper « The new Robin Hood » comme disait les journalistes. Il mettait assurément de la mauvaise volonté à les y aider, ses collègues aussi. Mais Nick Spencer, ce type qu'il détestait encore plus que Sacks, Cruz et Kort réunis, n'était pas dupe. Il parait toute faille de leur plan d'action, celle qu'ils laissaient pour qu'il ne se fasse pas prendre.

Il était fier de ses amis. Ziva, McGee, Gibbs, même Fornell, faisaient des pieds et des mains pour sauver Starlight. Ils voulaient les aider et il savait qu'Abby était tout aussi touchée que lui par leurs gestes.

Il soupira. Abby et lui. Lui et Abby. Ils étaient au cœur de ce qu'il se tramait à l'agence. Ce qui le rassurait, c'était que personne jusqu'à présent n'avait mis en avant une aide extérieure pour Starlight. Spencer l'avait bien supposée, mais rien ne prouvait qu'il n'agissait pas seul. Sur le terrain, il n'y avait jamais eu qu'une seule personne. Alors, même s'ils se préparaient à toute éventualité, ils ne visaient qu'une personne cette nuit, une seule. Lui.

Ça avait un bon côté. Il pouvait ainsi protéger la gothique. Même s'il se faisait prendre, il savait qu'il pourrait la tenir à l'écart sans problème. Il prendrait tout sur lui. Il en était parfaitement capable et il n'était même pas envisageable que sa petite sœur soit un jour interroger sur Starlight.

Oui, il voulait protéger Abby et il y arriverait. Mais, ce qu'il voulait surtout, c'était échapper aux agents fédéraux cette nuit. Il était hors de question qu'il se fasse prendre. C'était là le problème, il n'avait aucune idée pour l'instant de la façon d'agir. Car l'agent DiNozzo devait être là lors de l'opération autant que Starlight et il n'avait pour l'instant pas le don d'ubiquité.

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Timothy planta férocement sa fourchette en plastique dans les spaghetti bolognaise. Passer sa colère sur les pâtes ne l'apaisait qu'à moitié, mais c'était ça ou mettre son poing dans la figure de l'agent du FBI qui s'était invité dans leur agence.

Dire qu'il le détestait était un euphémisme. Il le haïssait ! Nick Spencer était un homme détestable en tout point. Il se sentait supérieur par rapport à eux. Dès leur première rencontre, il les avait pris de haut. Ses échecs à attraper le plus célèbre cambrioleur des États-Unis l'avait rendu aigri et sous son air hautain, on sentait qu'il en voulait à la Terre entière à cause de ça. Alors, oui, McGee ne le supportait pas. Et devoir l'aider à arrêter Starlight le mettait dans une colère pas possible.

- Calme-toi, McGee, tu vas finir par percer la boite.

Sa main se suspendit dans les airs tandis qu'il braquait son regard sur Ziva. La jeune femme ne cachait pas sa mauvaise humeur non plus. Cependant, elle ne passait pas ses nerfs sur des pâtes qui n'avaient rien demandé. Il eut une moue contrite en prenant conscience de ses actes.

- Désolé, marmonna-t-il sans se soucier une seconde de transgresser une des règles de Gibbs.

Elle haussa les épaules en piochant à son tour dans sa boite de pâtes.

- Je comprends, ne t'en fais pas.

Un ange passa et Tim repoussa la sienne sur son bureau.

- Tu devrais manger, tu sais. Surtout avec la nuit qui nous attend.

- Pas faim.

- Ne donne pas raison à Spencer, Tim.

- On va l'aider à arrêter Starlight !

- Non, on va être là en renfort au cas où le FBI aurait besoin de nous.

- C'est pareil.

- Non. On pourra l'aider à s'échapper quand il sera là.

- Tu veux qu'on...

- Tu n'es pas d'accord ?

- Pour aider Starlight ? Bien sûr que si ! Mais... tu crois qu'on va réussir ?

- Qui ne tente rien n'a rien. C'est bien ce qu'on dit, non ?

- Oui.

- Dans ce cas, on doit trouver un plan d'action !

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Nick Spencer pointait Abby du doigt. Bras croisés sur sa poitrine, un air buté sur le visage, la gothique se fichait pas mal de ce qu'il pouvait penser d'elle. Starlight devait agir cette nuit et elle était prête à tout pour qu'ils réussissent leur mission sans que Tony soit attrapé.

- Vous ne pouvez pas lui permettre de rester, siffla l'agent à l'adresse de Vance. C'est trop dangereux !

Le directeur haussa un sourcil.

- C'est pour cette raison que vous m'avez demandé de venir ici ? Pour lui dire de rentrer chez elle ?

- Elle va tout faire pour aider Starlight !

Gibbs les écoutait sans mot dire. Son regard vissé sur le responsable de l'opération était aussi engageant que son visage. Il était prêt à tout pour défendre la laborantine et sortirait les griffes dès qu'il le faudrait.

À ses côtés, Fornell rongeait son frein et se retenait, non sans mal, de coller une bonne droite à Nick Spencer. Il avait le don de le faire sortir de ses gonds plus efficacement que Diane quand elle réclamait sa pension alimentaire.

- Agent Spencer, rétorqua Vance d'une voix maîtrisée, mademoiselle Sciuto est sous ma responsabilité, pas la vôtre. Vous n'avez aucun droit pour lui donner un ordre, que ce soit ou non par mon intermédiaire.

- Directeur, elle est contre cette intervention.

- Elle n'est pas la seule il me semble.

- Mes agents auront à l'œil les vôtres, pas elle.

- Et donc ?

- Elle doit être mise à l'écart.

Abby ne répondit rien mais lui accorda une moue dédaigneuse significative du peu de considération qu'elle lui portait.

- Vous savez que j'ai raison, directeur.

Leon devait bien lui reconnaître ça et ce n'était pas pour le ravir. Mais de là à le lui dire...

- Il n'est pas question que j'exclue mademoiselle Sciuto de cette opération.

- Je vous demande simplement de l'empêcher d'y nuire.

- Et vous pensez qu'en la renvoyant chez elle, ce sera le cas.

- Un agent la surveillera.

- Un des vôtres je présume.

- Pas forcément.

- Vous n'avez pas peur qu'un de mes agents la laissent s'échapper ?

L'ironie pointait dans sa voix. Le visage de l'agent s'assombrit.

- Écoutez, directeur, vous...

- Je ?

- Des pas, quelqu'un vient.

- Venir ici n'est pas interdit.

Mais Spencer s'empara vivement de son arme et braqua le nouvel arrivant.

- Hé ! Non mais ça va pas ?

- DiNozzo !

- Oui, DiNozzo. Vous vous attendiez à qui ? Un serial killer ?

L'agent rangea son arme en grommelant.

- Vous faîtes une réunion Tupperware et vous ne m'avez pas prévenu ? questionna Tony en entrant plus avant dans la pièce.

- Qu'est-ce-que vous faîtes là, DiNozzo ?

- Et vous ?

- J'ai posé la question le premier !

- C'est moi qui étais braqué par une arme !

- On se calme, messieurs, tempéra Vance. Agent DiNozzo, répondez à sa question, je vous prie.

- Je suis venue voir Abby.

- Pourquoi ?

- Ça ne vous regarde pas, agent Spencer.

- Je crois que si au contraire ! Vous étiez venu l'aider à trouver un plan d'attaque pour sauver Starlight, n'est-ce-pas ?

- Vous êtes un peu parano sur les bords, non ?

- DiNozzo, coupa Gibbs en prenant pour la première fois la parole. Qu'est-ce-que tu viens faire ici ?

L'agent eut une moue embêtée.

- Ben... c'est que je ne suis pas sûr de pouvoir te le dire sans que tu te fâches, patron.

- Tony !

Le jeune homme jeta un regard ennuyé à la gothique, puis lâcha d'une traite :

- Je suis là pour empêcher Abby de faire une bêtise.

- Quoi ?

- Vous voulez que je répète, Spencer ?

- Pourriez-vous nous expliquer ? demanda Vance.

- Je...

- C'est un ordre, agent DiNozzo.

Tony regarda la laborantine qui le fixait avec horreur.

- Désolé, Abs, mais c'est pour ton bien, dit-il.

Il se tourna ensuite vers Gibbs.

- J'étais venue l'empêcher d'aller aider Starlight.

Gibbs fronça les sourcils pendant que Vance et Spencer cherchaient à savoir s'il disait vrai.

- Vous plaisantez ? s'enquit Fornell.

- Absolument pas. Je suis là pour qu'il n'arrive rien à Abby. Et avec ces fanatiques de la gâchette...

Il indiqua Spencer tout en marquant une courte pause.

- … j'ai des raisons de m'inquiéter pour elle !

- Vous...

L'agent du FBI cherchait ses mots. Leon les trouva pour lui.

- Je crois que vous avez trouvé l'agent qui surveillera mademoiselle Sciuto, agent Spencer.

- Vous voulez que je fasse quoi ?

- Que vous la surveilliez cette nuit à son domicile pour qu'elle n'entrave pas notre opération, agent DiNozzo.

- Mais, directeur, je dois être sur cette opération !

- Et aider Starlight vous-même ? rétorqua Nick Spencer. Jamais !

- Mais...

- Ils ont raison, Tony.

- Patron !

- L'affaire est entendue, termina Leon, vous vous occuperez d'elle cette nuit.

Abby lui jeta un regard noir.

- Tu me le payeras ! dit-elle avec colère.

Tony supplia du regard Gibbs, Fornell, puis Vance. Aucun d'eux ne revint sur la décision. Les quatre hommes commencèrent au contraire à quitter le labo.

- Un de mes agents vous escortera jusqu'à son domicile, ajouta Spencer avant de franchir le seuil, afin d'être sûr que vous ferez votre travail.

Tony ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose, l'homme s'éloignait déjà. Il reporta son attention sur Abby qui s'éloignait déjà.

- Qu'est-ce-que tu fais ?

- Tu as entendu, non ? répondit-elle agressive. Je dois rentrer chez moi, alors je prends mes affaires !

Conscient que les toutous de Spencer devaient surveiller les caméras, Tony retint un sourire. Pourtant il aurait explosé de joie s'il avait pu.

Ils avaient réussi ! Leur mise en scène avait été un succès. Il leur suffisait maintenant rester dans leurs rôles quelques minutes encore et ils pourraient se concentrer exclusivement sur la mission de Starlight. Et une fois toute cette histoire terminée, il leur payait des vacances de rêve !


Et j'en prendrai aussi. Mais d'ici là... si vous me disiez ce que vous avez pensé du chapitre et de qu'il s'y passe ?