Et voilà la suite. Bonne lecture...

Chapître VII How Do I Live

Il était passé 16 heures lorsque Tony se gara devant l'hôtel, laissa les clés sur le contact pour le voiturier et monta les marches quatre à quatre. Il était inquiet, il avait essayé à plusieurs reprises le portable de Kate sans réponse puis la réception lui avait dit que sa clé n'était plus là et que le téléphone de sa chambre n'était pas en dérangement. Il ne savait que penser. Il n'était pas en colère contre elle, il aurait dû et l'aurait été contre n'importe qui d'autre mais il savait que Kate ne lui aurait pas posé un lapin sans raison, sans une bonne raison. Il redoutait qu'elle soit avec Alec, il fallait qu'il parle à Kate. Il lui devait cette vérité et peut-être une autre aussi car il ignorait maintenant pourquoi il ne lui en avait pas parlé auparavant. Plus aucun de ses arguments n'était valable.

Et depuis son départ, ce matin, il avait tourné en rond, évitant toujours l'endroit où il aurait dû aller.

"Quel courage !? Aurait proclamé mon père !"

Pourtant, Tony savait que le courage n'avait rien à voir, c'était uniquement parce qu'une fois là-bas, il devrait lui dire "au revoir" et il n'y était jamais parvenu. Il allait arriver quand la pluie s'était mise à tomber sans relâche. Il s'était garé là-bas et avait écouté pendant longtemps les gouttes marteler le toit et le pare-brise de sa voiture. Etait-ce un signe qu'il ne devait pas y aller maintenant ? Sa Mère croyait à tout cela et lui aussi ce week-end !!! Il s'était remis en route direction SandMan House. Et plus il s'en rapprochait, plus le ciel se dégageait, offrant des pans de ciel bleu. Et enfin plus de pluie, un rayon de soleil était apparu et tout semblait baigné de lumière. Et forcément, ça l'avait fait penser à Kate et ce fut là qu'il avait l'appelé sans succès ...

Il pénétra dans le hall puis dans le restaurant sans apercevoir sa partenaire. Dans le jardin, maintenant que la pluie avait cessé et que le soleil était désormais de la partie, la musique résonnait : une "garden party" aurait annoncé Margo avec un accent aristocratique bien trop poussé. Mais pas de Kate !

Tony fit demi-tour et prit la direction de la chambre et frappa :

- Qui est là ?

- A ton avis !

- Pas maintenant, Tony.

- Kate ! Ouvre enfin. Qu'est-ce que tu as ? Ne fais pas ta Scarlett. "Autant en emporte le vent" dure bien trop longtemps, dit-il, en frappant à nouveau.

- Non.

- Tu sais que je peux forcer cette porte en quinze secondes minimum.

- D'accord ! D'accord mais promet ...

- Promettre quoi ?

- De ne pas te mettre en colère, dit-elle, en ouvrant.

- Je ne suis pas en colère contre toi ...

Mais le dernier mot de Tony fut pratiquement aspiré par le hoquet de surprise qu'il eut en voyant le bleu sur la joue de Caitlin.

- Qu'est ce que .. ! Alec, comprit Tony, ensuite ses mâchoires se crispèrent marquant les contours de son visage.

- Tony, non !

- Je ne suis pas Rhett Buttler mais il ne va pas être déçu.

" J'aurais pu lui éviter ça et j'aurais dû la protéger. Je sais que Kate est capable de se défendre, elle m'a déjà mis à terre lors de l'enquête Dealon. Pourtant, c'est plus fort que moi : L'air qui se bloque, le temps qui se fige en imaginant la vie sans elle. Comment vivre sans elle ?! Trop dur, rien que d'y penser. Impossible !! Comment continuer sans poser mes yeux sur elle, l'observer sans qu'elle le sache mais surtout comment vivre sans sentir son regard sur moi ?

Ce regard qui, plus d'une fois, aurait pu me percer à jour si je n'avais pas autant l'habitude de faire diversion, d'exacerber mes défauts. Je m'arrange pour la maintenir à l'écart, afin de ne pas avoir à lui montrer qui je suis. Cela fait si longtemps que je me suis composé un rôle : le gars sûr de lui, moqueur, dragueur, macho, ... Une manière de me protéger de ma famille d'abord, des autres ensuite et de moi-même surtout.

Ma vie dans cette famille m'a fourni une bonne base entre faux-semblant et hypocrisie vivante; ensuite mon job de flic m'a permis d'étoffer tout ça et de devenir l'Anthony DiNozzo que les autres voulaient que je sois et celui qui me permettait de ne plus souffrir. Et je suis seul. Seul avec ce coeur qui espère encore que tout est possible. Avec le temps, je me résignais car personne autour n'arrivait à remplir cet espace. Personne jusqu'à elle. Jusqu'à Kate... Je sais combien j'ai besoin d'elle. Je sais combien je me sens vivant pendant nos "chamailleries". Lorsque nous nous sommes mis à nous bombarder de nourriture, lorsque j'ai joué les blasés face à sa tenue qui la rendait encore plus belle, avant son rendez-vous avec McAllister. Je peux l'avouer, j'étais jaloux, même si je suis arrivé à le lui cacher. Il y a aussi eu ce moment dans la salle de bain et avant ça, sa descente en rappel qui l'amenait à moi... Et elle ne se rend pas compte que je n'ai jamais vécu cela auparavant et que ça ne m'arrivera avec personne d'autre. Le seul moment où j'ai failli jeter le masque, c'est lorsqu'elle me martelait que l'argent de ma famille avait dû faire mon bonheur. Là, je ne suis pas parvenu à me retenir, c'est sorti tout seul et j'ai vu le visage de Kate changer au fur et mesure. Je suis tout de même arrivé à me recomposer un visage neutre à souhait. Elle a été déstabilisée mais elle ne devait pas me voir : pas là, pas comme ça.

Depuis le jour où je me suis rendu compte que j'avais de plus en plus besoin de Caitlin, de la voir, d'être là, j'ai su que je ne franchirais jamais le pas. Elle mérite mieux, tellement mieux que moi. Nous ne serons qu"amis". Pourtant, elle est là, avec moi, ici ! J'ai changé les règles entre nous et elle a pu me voir mais même si elle m'a vu différent, elle ne pourra jamais m'ai... Surtout maintenant que je l'ai laissée avec Alec. Tu mérites tout ce qui va t'arriver... "

Tony n'arrivait pas à reprendre son calme et il ne le voulait pas. Alec avait touché à Kate. Tony ne mit pas longtemps à localiser son cousin, ce dernier se trouvait au milieu du hall en train de déployer ses plumes de paon auprès d'une jeune fille, d'une très jeune fille même.

"Une de perdue dix de retrouvées, n'est-ce pas ? "

Anthony le surprit donc en l'empoignant, il lui fit traverser ainsi le hall et le plaqua au mur sans qu'Alec n'ait eu le temps de protester mais il se rattrapa très vite.

- Le petit Tony est fâché.

- Tu as touché à Kate !!! C'était plus fort que toi !!

- Je m'excuse ...

- Ton refrain, je le connais. Tu ferais mieux de ne plus prononcer un seul mot.

Le hall s'était figé tandis que Kate arrivait en bas des escaliers. Tony ne hurlait pas, son ton était glacial. Kate aurait cru entendre Gibbs en plein interrogatoire. Une voix se fit alors entendre. James DiNozzo arrivait et Jonas le suivait, fidèle à son don de lèche botte.

- Anthony, lâche-le tout de suite !!!

- Ne t'approche pas, lui décocha Tony, sans se retourner. Tu étais censé contrôler ton jouet mieux ça.

Tony, lui, contrôlait sa fureur mais pour combien de temps ?

- Je ne suis pas ...

Mais Alec ne sut finir sa phrase, Tony resserra son étreinte lui coupant le souffle. Kate n'avait pas besoin qu'il joue les D'Artagnan, elle avait besoin qu'il soit là et prouve qu'il n'y avait qu'elle qui comptait. Kate, près de Tony, posa sa main sur son épaule en disant :

- Anthony, s'il te plaît. Tu vaux mieux que ça.

Kate glissa en face de lui et le regarda. Tony sut ce qu'il avait à faire. Il continua à se nourrir du regard de Caitlin et ensuite le calme revint en lui. De son côté, elle se demanda si c'était elle qui était arrivée à faire ça.

"Bien sûr que non, Caitlin. Tu n'es pas capable de provoquer ça et il vaut mieux d'ailleurs vu ce que ça pourrait signifier ...Serait-ce si terrible, tout compte fait ? Non."

Tony lâcha Alec, qui, du coup, faillit tomber à terre.

- Tu n'aurais jamais dû revenir, asséna James.

Anthony, face à son père, son regard plongé dans le sien, lui dit sans une hésitation :

- Tu sais pour qui je suis là.

Tony allait mettre son pied sur la première marche de l'escalier quand Alec se mit à rire.

- Tu as toujours été le côté humain de notre famille, nous aurions fait une bonne équipe. Mais je savais que tu te dégonflerais encore. Jamais capable d'aller au bout des choses, Sex Machine.

- Alec, suffit ! dit James.

- Je fais ce qui me plaît. En fait, il a compris pourquoi elles me préfèrent toujours à lui. C'est avec moi que ta Caitlin est allée dans les bois et elle n'a pas ...

Et Alec ne comprit rien à ce qui lui arriva par la suite. Ne permettant pas qu'il termine sa phrase, qui ne manquerait pas d'être insultante et injurieuse, Tony lui décocha un coup de poing qui le fit basculer. S'il ne se retrouva pas à terre, ce fut uniquement grâce au mur derrière lui. Tony s'apprêtait à s'excuser auprès de Kate quand cette dernière lui fit non de la tête, le dépassa en disant :

- A mon tour. Tu permets ?

Et d'un mouvement du pied, Kate happa les jambes d'Alec qui se retrouva à terre.

- Tu réfléchiras avant de t'en prendre aux agents du NCIS, conclut Kate.

Et elle retrouva Tony, un même sourire sur leurs lèvres.

Alors qu'ils gravissaient les escaliers ensemble :

- Les temps ont bien changé, commenta Kate. Il ne reste plus que le grand escalier.

- Quoi ?

- Oui dans le film, Buttler portait Scarlett, lui expliqua Kate.

" Kate parlant de cinéma à ma place ! Les choses étaient vraiment en train de changer."

- Taratata, dit Tony, entrant dans le jeu.

- Ah non ! Ca, c'est ma réplique !

A suivre...

Si vous voulez la suite avant que je ne parte en vacances, dites le moi accompagné d'un petit avis sur ce chapitre... A vous de jouer...