Auteur : Nakano Hana
Traduction : Ariani Lee
Bêta-lecture : Shangreela
Note pour les lecteurs de Cœurs Déjà Pris: Un nouveau poll sur mon profil n'attend que vos avis ^^
Plus Loin Que Dans Mes Rêves
Chapitre 6 : L'Enchanteur
- Zexion : Roxas, sache que ce genre de choses ne m'apporte aucun plaisir !
Enfin… ça m'amuse un peu, mais ce que je veux vraiment…
C'est le royaume de ton père.
- Roxas : Prenez-le ! Vous en avez le pouvoir.
Au plus profond de la forêt, près du pied des montagnes d'Amon se trouvait un lac d'eau fraîche et scintillante. Les gens du coin eux-mêmes ne s'aventuraient que rarement dans ces bois, et jamais très loin. Ils en avaient peur, car ils les pensaient peuplés d'étranges bêtes et d'esprits qui s'amusaient à attirer ceux qui s'y attarderaient vers une mort certaine. Mais même s'il y avait quelque chose de mystérieux et de mystique dans la forêt, les faëries, esprits et autres démons supposés la peupler n'étaient que pure superstition…
A côté de ce lac se dressait un vieux château de pierre, oublié par le temps et couvert de poussière et de vignes. D'un seul regard, on comprenait que personne n'y avait fait un peu de ménage ou des réparations depuis des années. Mais la lumière de la chandelle qui brûlait à l'une des fenêtres indiquait qu'il n'était pas complètement abandonné…
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Roxas se réveilla seul dans une des nombreuses chambres du château oublié, une chambre dont l'unique fenêtre était trop haute pour qu'il puisse l'atteindre. Les seules choses qui se trouvaient dans la pièce étaient un vieux lit poussiéreux et une unique bougie posée sur la petite table qui se trouvait à côté pas de quoi monter un plan d'évasion. Si la fenêtre avait été à sa portée il aurait pensé à nouer les draps pour s'en faire une corde et descendre le long du mur, mais de toute façon, il ne savait pas s'il se trouvait en haut d'une tour ou dans un donjon. La lumière qui suintait faiblement d'en haut ne le renseignait guère.
Enfouissant la tête dans ses mains, Roxas s'assit au bord du lit, en silence, prenant un moment pour faire le tour de la situation.
Où suis-je ? Quel est cet endroit ?
La dernière chose dont il se souvenait, c'était le trajet pour rentrer…
- Père !
Roxas s'empoigna par les épaules, son corps tout entier agité de tremblements violents et ses yeux se remplissant de larmes pendant qu'il se souvenait du peu qu'il pouvait de l'attaque. Il n'y avait pas d'erreur possible il avait entendu ce bruit horrible, puis le cri de douleur qui l'avait suivi. Lorsqu'il avait été rudement tiré du véhicule, il avait aperçu la forme pâle et ensanglantée près de la roue…
- Non… Père…
Le garçon blond replia les genoux et y pressa son front pendant que ses yeux se mettaient à déborder, lentement, mais d'un flot de larmes qui se déversa en ruisseaux sur ses joues. Il était parfaitement clair pour lui que le roi était mort. Il devait l'être, maintenant, d'après la quantité de sang que Roxas avait vue. En quelques minutes, ses pleurs silencieux se transformèrent en gémissements pitoyables, de rage et de désespoir. Il avait l'impression d'être seul au monde.
Il pleura longtemps avant que quelque chose vienne le déranger. La porte s'ouvrit lentement, grinçant légèrement et jetant un rai de lumière dans la pièce. La silhouette entra en silence et, bougeant rapidement, rejoignit Roxas et s'assit à ses côtés sur le lit. Le prince était trop absorbé par son chagrin pour réaliser qu'il avait de la compagnie. Mais il s'en rendit parfaitement compte, quand il sentit des mains froides lui caresser gentiment le dos, et il sursauta et s'éloigna instinctivement de l'homme.
L'homme aux cheveux ardoise lui sourit, le regardant avec ses yeux au bleu nuageux, tendant vers ses lèvres un doigt calme.
- Tu n'as pas à avoir peur, Roxas. Je ne te ferai pas de mal…
Roxas cligna des yeux et sécha ses larmes avant de lancer à l'homme un regard assassin.
- Vous… Vous avez tué mon père…
Ce n'était pas une question.
L'homme haussa légèrement les épaules et chassa quelques mèches de son visage d'un geste désinvolte.
- J'espère que tu pourras me pardonner d'avoir dû me montrer si brusque pour te récupérer. Je ne voulais pas que ça soit si violent, mais on m'a opposé plus de résistance que je ne m'y étais attendu. Je suppose qu'on ne les appelait pas la Garde Royale pour rien…
Roxas bondit du lit et l'apostropha, le pointant d'un doigt accusateur en grondant.
- Vous avez tué tout le monde, n'est-ce pas ? Pour qui diable vous prenez-vous ? Qu'avait bien pu vous faire mon père ? Pourquoi m'avez-vous enlevé ? QUI êtes-vous?
L'homme sourit, complètement indifférent. Il s'étira et s'appuya sur le lit, regardant le plafond d'un air légèrement ennuyé.
- Seigneur, tout de suite dans le vif du sujet, à ce que je vois. Hé bien, pour commencer, je m'appelle Zexion…
Il ramena son regard sur Roxas que sa nonchalance semblait mettre encore plus en colère.
- Tu devrais t'assoir. Cela va prendre un moment, et bien sûr, nous avons tout le temps du monde…
Roxas lui jeta un regard méfiant, toujours livide de colère mais il s'assit néanmoins, réticent, et croisa les bras avec impatience.
- Vous ne pourrez pas toujours me retenir ici… dit-il, impassible.
Zexion lui répondit d'un simple rictus qui le fit tressaillir.
- Avec un peu de chance, je n'en aurai pas besoin…
Il se redressa lentement mais ne fit pas mine de se rapprocher du prince, ce dont, bien sûr, Roxas se sentit reconnaissant. Il ne voulait rien avoir à faire avec cet homme et même s'il espérait ne pas en arriver là, il était prêt à se battre s'il tentait de le forcer à quoi que ce soit.
- Veux-tu du thé ?
Interprétant le silence du garçon et son regard noir comme un non, le sorcier prononça une invocation et fit apparaître une tasse et une théière fumante. Lentement et avec précaution, il se servit puis fit un geste distrait en direction de la théière. Celle-ci s'évapora aussitôt avec un petit « pop » et Roxas regarda son ravisseur avec des yeux ronds, peinant à masquer son émerveillement. Dès qu'il remarqua son sourire triomphant, cependant, le prince le foudroya du regard puis se détourna.
Il y eut un court moment de silence inconfortable que le prince passa à attendre que son ravisseur s'explique. Prenant une petite gorgée de thé, Zexion commença à parler.
- Autrefois, j'étais un grand sorcier. C'était il y a de nombreuses années, au royaume de Fhelm. Je suis né là-bas, dans une des villes qui bordent la côté, et mon père me fit étudier la magie. Si j'avais de fait une véritable passion pour cet art depuis mon plus jeune âge, je détestais par contre être obligé de me tuer à la tâche pour survivre dans une petite ville. Tout, même les sorts, avait un prix, et parfois même celui-ci excédait la valeur du sort lui-même, ou tout du moins le pensai-je, moi. Mais mon père était content de son travail et n'avait jamais rêvé de faire mieux ou de devenir plus important que ça…
Mon père fut appelé à faire un voyage lorsque j'eus dix-sept ans, comme il en était coutume pour les sorciers de la région. Cela fait partie d'une interminable cérémonie qui consiste à communier avec la terre et à se souvenir des origines de la magie, et en tant qu'apprenti magicien, je le suivis de ville en ville. Quand il s'arrêtait quelque part, il se livrait à quelques sorts et incantations pour les paysans ou les nobles qui en avaient besoin. Lorsque nous quittâmes Fhelm et visitâmes de nouveaux endroits, je vis plus du monde que jamais auparavant parfois peut-être même plus que je ne l'aurais voulu.
Zexion sembla se perdre dans ses souvenirs pendant un moment. Roxas attendit, sans patience, mais il ne voulait pas le déranger. Il ne savait toujours pas à quel point exactement il était dangereux.
Après un instant, cependant, Zexion se remit à parler.
- C'était un travail difficile, et des leçons dures à apprendre mais cela ne me rendit que plus fort. Un jour, cependant, mon père et moi durent nous rendre à Kisyria pour nous procurer des grimoires et des fournitures. À l'instant même où nous entrâmes dans la capitale, je fus captivé. Le pays était captivant et puissant bien qu'en friche, je pouvais sentir la magie qui coulait dans la terre. La ville était colorée, le paysage beau à couper le souffle. Alors quand mon père décida de retourner à ses voyages, je choisis, moi, de rester et de faire ma vie là-bas. Je travaillai pour la noblesse pendant un moment, jusqu'à ce que ton père entende parler de mes capacités et me fasse appeler pour que je vienne travailler à la cour.
Le blond lui lança un regard incrédule. Roxas n'avait pas souvenir d'avoir entendu son père mentionner cet homme, mais il était vrai aussi qu'il n'avait que rarement était présent à la cour même car ce n'était à ses yeux, que bavardages politiques et ennuyeux. Mais d'une certaine façon, Zexion lui semblait tout de même familier…
Lorsqu'il remarqua le regard perplexe de Roxas, le sorcier lui fit un sourire froid et ricana.
- Tu étais bien trop jeune pour te souvenir de l'époque où je suis arrivé au château. De plus, mon travail consistait essentiellement en basse-besognes il s'agissait la plupart du temps de tâches agricoles, comme fertiliser les champs ou manipuler la météo. Avec une touche de nécromancie ici et là.
Roxas resta coi, mais un frisson le secoua comme si la température de la pièce avait chuté. Traiter avec les morts était risqué et très dangereux aucun magicien à Kisyria n'en aurait parlé sur un ton si désinvolte. Être capable de regarder la mort en face et d'en sourire… Roxas pensait qu'un tel homme ne pouvait être que le plus puissant des sorciers… ou le plus fou.
- Quand je n'étais pas occupé sur l'un ou l'autre royal projet, cependant, je passais de longues heures enfermés dans mon laboratoire à étudier, à affiner mon art jusqu'à la perfection. Et plus j'explorais les villes et villages voisins, plus j'aimais ce pays. J'en voyais la beauté et le potentiel, dans les gens autant que dans ses ressources naturelles. Alors j'ai décidé qu'il fallait qu'il m'appartienne.
J'ai alors commencé à mettre ma magie au service de mon propre intérêt, en ruinant une récolte par-ci par-là, par exemple, pour mettre un peu de pression sur le roi. Rien qui ne se remarquât vraiment, mais je comptais plonger progressivement le royaume dans la détresse tout en me renforçant, en attendant le bon moment pour frapper. Le peuple ne tarderait pas à devenir superstitieux, à voir le règne de Lucas comme une malédiction, et à exiger qu'il abdique. Mais avant que j'ai pu mettre mon plan à exécution, ton père, je ne sais comment, en eut vent et envoya sa garde dans mon laboratoire pour m'arrêter. Ils détruisirent la plupart de mes grimoires et de mon équipement, affaiblissant grandement mes pouvoirs et me faisant perdre même certains de mes plus vieux sorts avant de m'emmener au château pour que j'y sois jugé. C'est ce jour-là que je t'ai rencontré, lorsque je fus banni du pays…
Roxas cligna des yeux, le reconnaissant soudain parfaitement. C'était l'homme qu'il avait bousculé ce jour-là, tant d'années auparavant ! Le jeune homme aux cheveux sombres, presque mauves, à l'air renfrogné dont il n'avait jamais, jusque là, compris la signification.
Mais en se rappelant, Roxas ne put s'empêcher de remarquer à quel point Zexion semblait avoir vieilli et s'être usé, plus que n'aurait pu le causer le simple et inévitable passage du temps. Ses yeux étaient profondément enfoncés dans leurs orbites et recelaient une obscurité froide et une amertume qui semblaient bouillir juste sous la surface. Il y avait de nombreuses mèches grises dans sa chevelure et sa peau si pâle semblait presque l'image même de la mort. Mais s'il y avait une chose qui n'avait pas changé, c'était bien la façon dérangeante qu'il avait de le regarder. Le prince remua nerveusement, défiant l'homme de tenter quoi que ce fût. Il sentait ses yeux froids le détailler lentement…
- Que comptez-vous faire de moi ? Demanda-t-il sèchement, coupant la parole à Zexion avant que celui-ci poursuive. Si c'est le royaume que vous voulez, prenez-le, il n'attend que vous ! Prenez-le et laissez-moi tranquille !
Le regard de Roxas tomba sur ses mains qui reposaient dans son giron et il les serra en deux poings durs. Il tremblait un peu. Il voulait rentrer chez lui, ou même retourner auprès d'Axel s'il le pouvait…
Zexion soupira et se rapprocha de Roxas, en dépit de ses regards menaçants.
- Je crains que ça ne puisse pas se passer comme ça, Roxas. J'ai juré ce jour-là que je reviendrais et que je prendrais tout au stupide roi qui m'avait offensé. Mais les choses qui comptaient le plus à ses yeux n'étaient pas matérielles. Non, ce qu'il aimait le plus, c'était son peuple et, bien sûr, toi, Roxas…
Le garçon se raidit lorsque Zexion ronronna son nom. Il haïssait l'indifférence dont le sorcier faisait preuve, surtout par rapport à la mort de son père. Oh, comme il aurait voulu pouvoir lui mettre son poing sur la figure ! Il se retint de toutes ses forces, mais cela ne l'empêcha pas de bondir du lit et de regarder Zexion droit dans les yeux, furieux, croisant son regard amusé.
- Ecoutez, Zexion… Je me fiche éperdument de pour qui vous vous prenez, mais je ne suis pas juste un objet qu'on peut donner ou prendre à sa guise ! Quels qu'aient été les problèmes que vous aviez avec mon père, c'est terminé, maintenant ! Alors faites ce que vous voulez de votre côté et laissez-moi rentrer chez moi !
Le blond se détourna et marcha vers la porte en essuyant rageusement une larme égarée.
- Je crains que tu doives rester ici, Roxas, répondit nonchalamment l'homme, bien qu'il n'ait pas esquissé le moindre geste pour tenter de l'arrêter. Il prit une autre gorgée de son thé et sourit moqueusement.
- Tu comprends, je ne suis pas à proprement parler extatique à l'idée de me lancer dans ce genre de coup d'état ou de conquête sanglante. Ce n'est pas vraiment mon style. De plus, la violence n'appelle qu'à davantage de violence. Quand on vole quelque chose, on passe ensuite toute sa vie à se battre pour le garder…
- Mais vous m'avez volé, moi ! Cria Roxas. Vous avez tué mon père et toute sa garde et m'avez emmené de force ! Je pense que ça peut être considéré comme un acte violent et sanglant !
Il prononça le dernier mot sur un ton sarcastique.
- Qu'ai-je à voir là-dedans, de toute façon ?
Zexion claqua des doigts et soudain, la chambre autour d'eux se mit à changer. Roxas glapit et regarda nerveusement autour de lui tandis que la pierre grise et froide fondait révélant des couleurs, du bruit et de la lumière qui semblaient tous étrangement familiers. Au bout d'une minute, il réalisa qu'il s'agissait d'échos de sa propre maison et de sa famille. Les Illusions matérialisèrent une foule de gens rassemblée autour d'eux dans le grand hall. Tout le monde tenait à la main des bouquets de fleurs ravissantes et parfumées et portait d'élégantes tenues de cérémonies blanches et gris sombre. Certaines personnes poussaient des cris de liesse et d'autres applaudissaient en souriant chaleureusement au prince.
Roxas observait, surpris et stupéfié. Tout le monde était là, exactement comme le soir où lui et Axel…
Sa respiration resta coincée quelque part dans sa gorge lorsqu'il aperçut le prince aux cheveux rouges auquel il était justement en train de penser qui se tenait non loin, avec sa mère. L'Illusion d'Axel croisa son regard et lui fit amicalement signe de la main en le gratifiant de son si chaud et si charmant sourire.
- Axel…
Mais Zexion passa devant lui, prit vivement sa main ballante et mit en genou en terre.
- Voici ma demande, Roxas. Si je t'épousais, au cours d'une cérémonie officielle, nous pourrions éviter toute effusion de sang supplémentaire et inutile.
Roxas le regarda, sidéré, tout en tentant de retirer sa main de celle, trop dure, du sorcier.
- …Je vous demande pardon ?
Zexion gloussa légèrement en croisant son regard bleu et perdu, l'air avide.
- C'est la solution la plus raisonnable, Roxas. Ainsi, j'obtiendrai ce que je veux et nous pourrons régner légitimement sur le royaume de ton père. Je serais plus qu'heureux de partager ce pays avec toi, roi et –
- Jamais ! Jamais je n'accepterai une telle chose, espèce de salaud ! Répondit Roxas dans un grondement vénéneux, chassant les plaisantes Illusions d'un geste rageur. Elles se dissipèrent comme de la fumée, les laissant à nouveau seuls tous les deux dans la vieille chambre de pierre, à se fixer dans un silence lourd de malaise. Quand la pièce eut totalement récupéré son aspect originel, le blond se dirigea vivement vers la porte et sortit en la faisant claquer.
- Roxas -
- Non ! Merde, ne m'approchez pas !
Zexion grogna légèrement en écoutant ses pas qui s'éloignaient mais se répéta de se montrer patient vis à vis du garçon. Ça faisait beaucoup d'un seul coup, pour lui, avec la perte de sa seule famille, ça devait être dur. Il avait peut-être simplement besoin de temps, et l'enchanteur était habitué à attendre. Il finissait toujours par obtenir ce qu'il désirait, qui veut la fin veut les moyens…
Mais le risque de voir Roxas s'échapper était un problème. Zexion leva la main et une volute d'énergie sombre apparut devant lui, s'élargissant jusqu'à devenir un portail menant vers l'extérieur. Il s'y engagea et se laissa avaler par les Ténèbres, disparaissant avec eux dans un tourbillon de brume noire…
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Après avoir passé un moment à chercher, Roxas finit par trouver la sortie du château. Il s'arrêta à côté du lac pour reprendre son souffle, s'appuyant à ses genoux.
Un silence mortel régnait, on entendait à peine quelques animaux qui furetaient dans les bois. Le monde civilisé devait être profondément endormi, à cette heure, et Roxas se demanda quand et si quelqu'un découvrirait l'attelage sinistré. Qu'en penseraient les gens ? Est-ce que quelqu'un viendrait le chercher ?
Regardant la pleine lune, il supposa qu'il devait avoir disparu la veille. Le paysage qui l'entourait était très vert, mais pas très humide. La pluie avait dû effacer toutes les traces, depuis…
- Axel…
De désespoir, le blond eut l'impression se sombrer dans les profondeurs du sol. C'était affreux d'être si solitaire, et même s'il n'était pas un bébé et ne se mettait pas à geindre dès que quelque chose d'inhabituel se produisait, il ne pouvait nier qu'il avait peur et qu'il se sentait seul. Si Axel avait été là… Roxas commençait à souhaiter n'être jamais parti, n'avoir pas si durement traité l'autre prince. Peut-être que s'il s'était contenté de rester là et d'accepter ce qui lui était offert, il ne serait pas fourré dans ce pétrin, maintenant. Et il avait réellement des sentiments pour -
Une main pâle surgit soudain de nulle part et caressa doucement sa joue mais le garçon sut aussitôt que ce n'était pas celle d'Axel. Elle était froide et dure, et Roxas tressaillit de surprise avant d'apostropher violemment l'étranger en dépit de ses larmes.
- Ne me touchez pas !
Zexion s'était matérialisé juste en face de lui, et par pur réflexe, Roxas le frappa de toutes ses forces en plein visage avant de se replier sur lui même dans une attitude défensive. Quand il osa risquer un regard entre ses paupières verrouillées, il sursauta légèrement en voyant celui, vibrant de colère, des yeux bleus de l'enchanteur. Vrillés sur lui, ils semblaient brûler.
Le mage avait clairement perdu patience. Une main posée sur sa joue endolorie, il foudroyait Roxas du regard et son aura était maintenant très différente. Où il y avait eu une énergie sombre et tranquille, il y avait maintenant un mélange d'amertume et de fureur qui l'enveloppait.
- Tu vas trop loin, Roxas. Je ne vais pas te forcer à m'épouser tout de suite, mais en tant que mon invité ici, tu te conduiras correctement. Je détesterais avoir à t'inculquer ce qu'est la discipline…
Le blond sentit le courage lui revenir et, se tenant droit et ferme, lui jeta à son tour un regard noir.
- Allez au diable ! Je n'épouserais jamais un malade comme vous, même si vous étiez le dernier être humain sur terre !
Zexion tremblait légèrement il avait maîtrisé assez longtemps son indignation.
- Il suffit ! J'ai essayé d'être gentil avec toi, Roxas, mais tu ne me laisses pas le choix !
En un clin d'œil, Zexion fut à côté de lui, le regard brillant de pure malice.
- Hé, qu'est-ce que vous – aïe ! Lâchez-moi ! Grogna-t-il quand le sorcier le saisit brusquement par le poignet. Il se mit à fredonner des incantations dans sa barbe. C'était un langage ancien avec un accent très prononcé, d'après ce que Roxas entendait, mais il était bien trop occupé à se débattre pour se dégager pour faire vraiment attention.
Il frissonna quand Zexion le tira vers lui pour lui attraper durement le visage. Il fit courir un de ses ongles sur la peau douce de sa joue, la griffant.
- Un si beau visage… Un véritable gâchis. J'avais espéré que tu joindrais à moi sans faire d'histoires.
- L-Lâchez-moi ! Cria Roxas, rejetant sa tête de côté. Il réussit à mordre la main de Zexion, presqu'à sang, ce qui le fit crier et reculer un peu, mais son autre main était toujours solidement refermée sur son poignet, l'empêchant de s'enfuir. Zexion se rétablit rapidement et ses yeux jetaient de véritables déflagrations de rage il était plus en colère que jamais et il gifla violemment Roxas, le faisant sursauter puis vaciller légèrement.
- Tu vas me respecter, morveux ! Cracha-t-il en le frappant une seconde fois tandis que, lentement, le maléfice prenait forme.
- Regarde-toi ! Vraiment, Roxas, c'est pathétique ! Tu n'es qu'un petit prince gâté et tu crois que tout t'es acquis, et maintenant que le moment est venu pour toi de combattre, tu es trop faible pour faire quoi que ce soit tout seul ?
Les yeux de Roxas lançaient de vrais poignards mais il ne dit rien. Il essayait de le provoquer, maintenant ? Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il cherchait à faire, mais son ravisseur était clairement quelqu'un d'instable. Il fallait qu'il trouve un moyen de se libérer, et tout de suite !
Zexion ne sembla pas le moins du monde gêné par son absence de réaction en fait, il se contenta de ricaner.
- Hé bien dans ce cas, peut-être est-il temps pour toi de découvrir la dure réalité des choses !
Roxas se débattit encore plus frénétiquement lorsque le sorcier lui tordit brusquement le bras dans le dos.
- Vous êtes malade !
A ce moment-là, le bras de Roxas commença à émettre une lumière blanche, et il se mit à hurler. Une sensation de brûlure lui déchira la chair, se propageant à tout son corps et lorsque Zexion le lâcha, il se jeta pratiquement sur le sol.
- ÇA FAIT MAL ! AH ! ARRÊTEZ !
Mais le mage l'ignora et acheva le sortilège, la bouche étirée en un sourire vicieux tandis qu'il regardait le corps du prince se tordre et trembler violemment.
- Tu es le seul responsable de ceci, Roxas. Peut-être que ça t'apprendra à maîtriser un peu mieux ton sale caractère…
Son corps était comme en feu. Roxas sanglotait, incapable de se contrôler, implorant que quelque chose, jusqu'à la mort elle-même, vienne le libérer de la douleur. Sa voix était faible et rauque, et quand il leva les yeux vers Zexion, ceux-ci miroitaient de larmes.
- Arrêtez ça... je vous en supplie… arrêtez…
La souffrance devint rapidement intolérable, le prince toussa, s'étrangla et vomit un long filet de bile, souillant la terre qui devint rouge. Quelques secondes plus tard, il s'effondrait sur le sol froid, sombrant dans un sommeil bizarre et inconfortable pendant que l'enchanteur, au-dessus de lui, observait son corps changer et pâlir…
