Auteur : Ayakai (lacarpetteyahoo.fr)
Nom : Terminal 5 to eternity
Genre : au, sf (dans le genre space-opera), angst, gore, yaoi
Disclaimer : Les Dir en Grey sont au japon, je suis en France. C'est un concours de circonstance malheureux s'ils ne sont pas à moi actuellement.
Pairing : Une soudaine scission du groupe fait que... bah y' a toujours pas de couples !
Mot de l'auteur : Je commence ce chapitre sans réellement savoir ce que je vais mettre dedans, mais je ne m'inquiète pas pour ça, ça viendra au fur et à mesure que j'écrirai. Au passage je voulais faire remarquer que je ma gave : j'ai réussi à trouver un nom de chanson ou de groupe pour chaque chapitre et que ça corresponde ! Je précise pour ceux qui ne baragouinent (on peux faire un jeu de mot sur les lesbiennes avec ce mot, c'est top) pas l'anglais, que Nine inch nails et Six pieds sous terre c'est la même chose, d'où le titre du chapitre précédent.
Aya, curieuse
(21/11/07 ; 23:55)

Terminal 5 to eternity

Chapitre 7 : What a wonderful world

Lorsque le vaisseau s'immobilisa enfin dans un astroport quelconque, Die tentait désespérément d'empêcher de vomir un Shinya peut habituer aux transports spatiaux. Il était tellement blanc qu'il brillait dans le noir comme une luciole.
Le rouquin aurait tout donné pour savoir où ils étaient, dans quelle ville, quel pays, quel astroport. La seule chose sûre était qu'ils étaient sur terre. Il ne savait absolument pas où il allait trouver les sous pour se faire sceller à nouveau, ni si il trouverait assez rapidement un contrat pour prendre un vaisseau et se faire la malle. Puis se posait le problème de Shinya. L'adolescent ne voulait absolument pas revenir au grand jour, et comptait profiter de l'accident pour se faire passer comme mort auprès de sa famille. Il lui avait même demandé de l'engager comme mécano une fois qu'il aurait un vaisseau. A priori ça ne lui posait pas de problème, excepté qu'il voudrait sûrement être rénuméré et que tant qu'il était descellé il serait plus un poids mort qu'autre chose. Puis il devrait lui apprendre à tirer, à garder son sang-froid lors d'attaques, à piloter, à... bref, le bordel. Mais en y réfléchissant, cette perspective l'amusait plus qu'elle l'emmerdait. Il se voyait déjà comme prof et tuteur, balayant ensemble l'espace. Puis ça lui ferait de la compagnie.
- Comment on va sortir du coffre ?
La question le sortie de ses pensées. Il posa son regard sur l'adolescent, essayant de se remémorer ce que Toshiya lui avait raconté. Sûrement qu'il avait livré l'explication avec et que ça faisait partie de ses tests à la con ? Il était flatté que le tueur lui donne de l'importance, mais franchement, il lui en donnait trop. Quoi de plus chiant qu'un mentor qui parle uniquement par énigme. Et ce n'était même pas son mentor...
- Il y a un système d'ouverture depuis l'intérieur sur le porte du coffre, mais elle ne réagit qu'à l'empreinte de la main de Toshiya.
- Comment le savez-vous ?
- C'est lui qui me l'as dit.
Il devinait le regard inquisiteur que l'adolescent avait posé sur lui. Son comportement ressemblait un peu à celui du brun, mais en plus posé et moins supérieur. En ce moment il devait sûrement se dire qu'il lui avait confié une clé quelconque qui les aiderait à sortir. En vérité les seules choses qu'il lui avait passé était une combinaison araignée intégrale, ses fringues et son matos...
- C'est toi qui as mon couteau suisse ?
- Ce que vous m'aviez passé pour réparer la borne ?
- Oui.
- Tenez.
Le contact froid du métal sur sa peau le fit frissonner. Il se saisit de l'objet. Dans ses souvenirs il avait une paire de gants à adaptateurs quelque part dedans. Il espérait qu'il ne s'était pas trompé et qu'ils y étaient bel et bien.
- Tu as pas quelque chose qui fasse de la lumière ?
- Non.
- Cool...
En désespoir de cause, Die tritura son appareil au petit bonheur la chance, touchant les boutons les uns après les autres jusqu'à trouver la bonne option. Une paire de gants enveloppa ses mains. Il avait horreur de ça, ils lui donnaient l'impression d'avoir plongé ses doigts dans un morceau de viande, mais il devait bien admettre que jusque là ça avait toujours marché. Retenant involontairement sa respiration, il plongea entre les bagages dans l'espoir d'atteindre le fond du coffre. La serrure devait émettre une quelconque lueur, comme toutes les serrures du genre, ne restait plus qu'à la trouver.
Un cri de victoire lui échappa lorsque enfin la lumière tant espérée apparut sous un sac qui devait au moins contenir deux bouteilles de plongée et un barbecue portatif au vu de son poids. Il nagea péniblement jusqu'à elle, faisant appel au moindre de ses muscles pour éviter de se faire écraser par la pile de bagage, et plaqua sa main dessus. Un frisson de dégoût lui parcourut l'échine quand il sentit sa paume prendre la forme de celle de Toshiya, mais il ne bougea pas, attendant patiemment que le coffre daigne s'ouvrir.
- C'est bon, annonça Shinya, on peut sortir.
- Tu vois la porte ?
- Elle était sous moi.
Le rouquin eut la bref vision de Shinya se cassant la figure sur le quai, cul par dessus tête. Il se retint de rire tellement, venant de lui, ça pouvait paraître loufoque. Prenant appuie sur ses mains, il se propulsa entre deux valises aux lourdes propulsions anti-pesanteur, s'accrochant pour retourner là où il était au départ. Il n'aurait jamais imaginer qu'un coffre puisse être aussi grand, la technologie moderne était vraiment effroyable. Les nouveaux modèles devaient avoir des coffres tellement grands qu'on pouvait les transformer en chambre d'ami quand le coeur en disait.
Quand enfin il glissa sa grande carcasse squelettique hors de l'appareil, la lumière trop vive lui brûla les yeux. Le vent qui balayait les plates-formes le désarçonna un court moment, le temps qu'il reprenne la mesure de la pesanteur terrestre qui lui sembla considérable. L'adolescent était déjà presque sorti du garage, sa silhouette élancée se découpant sur le noir et orange des vestiaires, il avait sorti de sa tenue un gunblast vert fluo et était occupé à remettre le chargeur en place. Mais savait-il seulement tirer ? Die décida qu'il en jugerait plus tard et courut le rejoindre, sortant de sa propre poche la version rouge vif de l'arme. Il était dans l'incapacité de tuer, mais il pouvait toujours effrayer ou blesser.
- J'ai vu Toshiya et hide s'en aller, la voie est libre, murmura l'enfant en poussant du bout des doigts la porte.
- Putain, t'as déjà chopé le truc de la discrétion, tu carbures, lui lança le tueur en passant par l'entrebâillement, prenant soin de d'abord vérifier ses dire.
Il ne réagit même pas, se contentant de lui emboîter le pas d'un air mécanique. Son compagnon frissonna, peut rassurer. S'il devait l'avoir pour équipier, il devrait lui apprendre à balancer des vannes et à sourire, sinon autant engager un robot. Un robot, c'est cool, ça demande pas à être rénumérer, ça ne bouffe pas et ça ne respire pas, ça demande juste son quota d'énergie pour fonctionner.
Bref, ce n'était pas le moment de faire une fixette sur ça. Leur premier problème était de sortir et de trouver un véhicule. Il songea à sa bulle, avec un peu de chance elle était toujours à sa place. Sinon ils devraient trouver un moyen d'aller la récupérer à la fourrière, ou bien de voler une voiture. Il attrapa Shinya par le bras, le bloquant dans un coin pour lui expliquer la suite des opérations. A vrai dire, la perte de son scellé avait ébranlé sa confiance en lui-même, mais il se sentait malgré tout exalté par l'aventure. Déjà la course folle de son coeur était ralentie par la maîtrise extraordinaire qu'il avait de son coeur.
C'était ça qu'il appelait vivre.

- WOUHOU !!! C'était fuuuuuun !! T'es pas d'accord, Shin-shin ?

Le Shin-shin en question lança un regard impassible au rouquin surexcité par la chute de 20m de haut qu'ils venaient de faire dans une des artères principales de Paris, avant qu'il ne réussisse à redémarrer la bulle. Encore une fois, Die avait été le seul à prendre son pied dans ce genre de trucs de dingue. Mais ça, il avait eu le temps de l'expérimenter depuis leur arrivée. Entre son idée géniale d'aller récupérer la bulle à la fourrière, celle encore plus supérieur de se faire passer pour un père et son fils, et la course-poursuite à laquelle ils n'avaient réchappé que grâce à la chute du véhicule, tout ceci sous les fous rires et les cris de joie du rouquin, il en était venu à douter encore plus sérieusement de sa santé mentale. Mais malgré tout, le respect et l'admiration qu'il avait envers lui ne faiblissait pas. S'il devait avoir un maître dans sa vie, ce serait ce tueur à gage cinglé.
- Où allons-nous ? Demanda-t-il au bout d'un long moment passé à zigzaguer entre les voitures et à voler entre les voies de circulation.
- Chez un pote. Celui qui me file mes contrats. Il devrait pouvoir m'avancer sur un contrat histoire que je puisse me faire sceller et reprenne du service.
L'adolescent aurait aimé, lui aussi, se faire sceller, mais il n'osait pas le demander. Ils n'avaient pas d'argent et utiliser une de ses cartes bancaires reviendrait à signaler sa position. Quand à utiliser l'argent du tueur... ce serait un sacrifice que Die ne ferait sans doute jamais, aussi s'il voulait pouvoir être en mesure d'apprendre de lui et de l'aider, il devrait nécessairement devoir tuer. L'idée ne lui faisait pas peur, et l'excitait plus que le dégoûtait. Peut-être était-ce dû à l'arhynium négatif qui se promenait dans ses veines, peut-être avait-il toujours possédé, en état latent, ces pulsions meurtrières.
La bulle piqua brusquement, et il réalisa qu'ils étaient dans une artère descendante. Ils se dirigeaient vers les bas-fonds à une vitesse ahurissante. Les tours étaient de plus en plus moches. Le pied n'était pas délabré (ça aurait été trop dangereux) mais la peinture n'avait pas été refaite depuis des années, et des graffitis et tags de qualité plus ou moins pitoyable formaient une croûte écailleuse sur des bâtiments qu'on n'avait visiblement jamais recouvert d'une couche de vernis anti-dégradation. Quand le tueur redressa enfin l'appareil à peine à un mètre du sol, il posa ses yeux sur la réalité des bas-fonds pour la première fois de son existence. La haute société et les classes moyennes ne descendaient en général que dans le centre historique, pour admirer l'antique arc de triomphe et la tour Eiffel qui ne tenait debout que grâce à un miracle de la technologie moderne. Il se souvenait avoir été saisi, tout jeune alors, par la taille des maisons dans lesquelles les habitants les plus proche du sol vivaient. Des vieux bâtiments d'une moyenne de 6 étages -minuscules, donc- aux fenêtres sûrement trop fine pour bloquer le nuage de pollution qui planait sur la ville. Lui-même n'était pas sorti des bulles dépolluées dressées autour des monuments célèbres et s'était contenté de regarder d'un oeil de riche tous ces pauvres qui se déplaçaient à pied sur des trottoirs goudronnés.
Ce qu'il voyait à présent dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer. Des vêtements complètement dépassés, des véhicules datant de Matusalem, des clochards et autres mendiants aux cheveux sales et aux loques trouées. Bon, ils n'étaient pas tous à ce point, mais rares étaient ceux qui possédaient des propulsions et des plaques anti-gravitationnelles, qui étaient pourtant une base de l'habillement moderne..
- Tu n'avais jamais vu les quartiers de l'ombre ? Demanda Die, qui l'observait du coin de l'oeil.
Shinya décolla son nez de la paroi transparente de la bulle, hochant brièvement la tête. Il tiqua sur le nom qu'il venait de lui donner :
- Pourquoi « quartier de l'ombre » ?
Un brève sourire illumina le visage du rouquin, comme si aborder ce sujet lui faisait plaisir. Il se cala confortablement dans son fauteuil, sans lâcher des mains le volant, contrairement à ce qu'aurait pensé le garçon.
- Quartier de l'ombre, parce qu'il est dirigé par un gouvernement de l'ombre. Les bas-quartiers ont leur propre loi, si tu vois ce que je veux dire, et le gouvernement actuel n'a aucune emprise sur eux, excepté l'implantation d'arhynium. Tu ne verras jamais de policiers ou de gendarmes dans le coin, puisqu'ils n'ont aucune influence dans ces zones. La classe, non ? Conclut-il en se tournant vers son compagnon.
- Je ne comprend pas comment c'est possible, trancha Shinya, incrédule. Qui sont ses habitants, pour qu'ils aient la force de tenir tête au gouvernement des lumières ?
- Des rebuts de la société, des peintres au talent trop étrange pour obtenir une licence, des musiciens qui ont refusé de se vendre, des anciens salaryman qui ont abandonné leur vie tranquille, des gens qui rêvent de faire des grandes choses, et d'autres qui n'ont pas vraiment de rêve. Mes parents étaient des gens de l'ombre...
- Etaient ?
Il lu dans l'oeil du conducteur que tant d'intérêt le surprenait, mais c'était trop nouveau et trop bizarre pour qu'il ne cherche pas à comprendre. Puis son manque de curiosité vis-à-vis d'une autre personne, en général, était largement compensé par l'intérêt politique et artistique qu'il portait aux choses.
- Ils ont été tué quand l'armée à fait une descente dans les bas-quartiers. Tu as du entendre parler du massacre de Janvier 150 après.
- Bien entendu. Ils ont trouvé le noyau d'une association secrète qui montait un coup d'état, la population à tentée de la défendre, et ils ont du tirer dans le tas pour s'en sortir. C'était de la légitime défense, et ça a contribué à la mise en marge des bas-fonds.
Un rictus de dégoût s'afficha sur le visage du rouquin. Il avait visiblement une autre vision des choses. Il fit pivoter la bulle dans une rue annexe, s'élevant de quelques mètres au dessus du sol pour éviter de provoquer un accident de la route. Sa conduite était bien plus prudente et soigneuse de la vie des gens qu'auparavant. Comme si la valeur des âmes de l'ombre était supérieur à ses yeux de celle des autres habitants.
- Il n'y avait aucune légitime défense dans l'histoire et aucun complot qu'il s'agisse d'un coup d'état ou d'autre chose, c'était juste une réunion du gouvernement de l'ombre. Ils ont détruit tout ce qui avait été fait, le chef et ses conseillers, les sous-chefs et les arpenteurs. Et bien sûr, la rue à pris les armes pour défendre les seuls qui faisaient quelque chose pour eux. Ils se sont fait massacrer. Mon père était un conseiller et ma mère une arpenteuse. Tu ne peux même pas avoir une idée du nombre d'orphelins qu'ils ont créé. Tout ça par pure et simple propagande, et parce que le président était emmerdé par ces type sans aucune valeur qui faisaient régner la loi chez eux.
Shinya ne trouva rien à répondre. Il recolla le nez à la vitre, essayant de distinguer sous la couche de misère, qui pouvait être peintre ou ancien salaryman. Quoiqu'en dises Die, il devait s'agir d'un des plus gros repaire à mafieux, gangs et autre punk dans le genre. Mais en regardant de plus près, leurs visages n'étaient pas aussi malheureux qu'il aurait pu l'imaginer. Même ces gamins crasseux qui jouaient à la balle dans une flaque de boue... il pouvait presque entendre leurs éclats de rire.
- On arrive.
Il se demanda l'espace d'un instant où il pourrait garer sa bulle pour qu'elle ne se fasse pas voler, mais il ne sembla pas s'en soucier, et la posa sur le bord d'un trottoir.
- Vous ne craignez pas qu'elle se fasse voler ? S'inquiéta le jeune mécano en fronçant légèrement les sourcils.
Le tueur à gage éclata de rire, comme si l'idée elle-même semblait ridicule. Il héla un des gosses qui jouaient au ballon. L'enfant accourut en lui adressant des grands signes de mains, délaissant ses amis.
- Daisuke ! Ça va ?
- Justement, j'ai un problème et j'ai été descellé si tu vois ce que je veux dire. J'aurai donc besoin que tu me gardes ma voiture.
Le gamin fit signe qu'il n'y avait aucun problème. Il devait faire peine 1m50, le visage fier, bien que crasseux. Ses dents blanches étaient parfaitement alignées, ses traits juvéniles démentis par son regard étonnamment mature. Il portait un tatouage dans son poignet qu'il devina comme étant un scellé. Ce gosse avait donc, lui aussi, le pouvoir de tuer.
- De toutes façons, il suffit que je dise qu'il s'agit de la bulle de l'arpenteur Andou et t'inquiète que personne viendra t'emmerder !
Die éclata de rire et asséna une grande claque sur l'épaule du gamin qui le lui rendit avec enthousiasme. Il fit signe à Shinya de le suivre et ils se dirigèrent tout les deux vers un magasin à l'enseigne miteuse, et aux vieux néons vert et rouge, annonçant « le Merry Christmas ». Les décorations de façades, sensément joyeuses, donnaient un petit air funèbre à l'endroit, avec ses étoiles mortes et son père Noël au visage gommé par le temps. Le tueur ouvrit la porte, et une antique clochette résonna dans la salle vide. Il n'y avait pas un chat, même le barman semblait avoir déserté les lieux.
- Die, mon ami ! S'exclama soudainement une voix sortant du néant.
Le néant en question se trouva être un homme d'une trentaine d'année au visage carré surmonté d'un magnifique chapeau noir à larges bords. Il portait, sur un corps mince qu'on devinait relativement musclé, un costard noir et rouge, dont l'aspect classieux était démenti par une paire de vieilles rangers à sangles. L'adolescent bloqua un moment sur cette tenue complètement dépassée qu'il ne pouvait s'empêcher d'apprécier. L'homme lui plaisait.
- Gaara, toujours aussi jeune, répliqua le rouquin en s'avançant pour lui serrer la main.
- J'avoue que je ne pensais jamais te revoir quand tu as accepté le contrat pour aller descendre Toshiya, tu as réussi ?
Le tueur sembla vaguement embêté, jetant un regard en coin à son compagnon. Shinya lui rendit son regard. Il espérait qu'il n'allait pas tenter de raconter des bobards, il avait tout à fait l'air du type à fanfaronner.
- Bien sûr que non, je n'ai pas réussi, avoua-t-il, bien que j'ai failli.
- Entre et raconte moi tout ça, s'exclama Gaara en entourant ses épaules de son bras.
Le garçon trouva ridicule qu'il lui dise d'entrer alors qu'il était déjà à l'intérieur, mais fidèle à lui-même, il garda ses remarques pour lui et se contenta de suivre le couple qui avançait vers l'arrière-salle entre deux fous rires, parlant d'amis commun, et prenant des nouvelles d'eux et de leurs dernières fêtes. Lui n'avait jamais fait la fête avec ses amis. A vrai dire il n'avait même jamais eu d'ami, et Die était ce qui s'en approchait le plus pour lui. Toshiya aussi avait été très gentil, mais il y avait quelque chose chez ce type qui ne le poussait pas à lui faire confiance.
- Et ton ami, il ne rentre pas ? Demanda l'homme en se retournant vers Shinya.
- Je ne suis pas... commença l'adolescent.
- Bien sûr que si ! Le coupa le rouquin en lui adressant un clin d'oeil, comme s'il avait compris ce qu'il s'apprêtait à dire, Gaara je te présente Shinya. C'est un protagoniste important de l'histoire que je vais te raconter, et je compte le garder avec moi. C'est un excellent mécano, tu sais ?
- Vrai ?! S'étonna sincèrement le barman en se libérant du bras du tueur pour s'approcher de lui, c'est très rare pour un tueur à gage de trouver un mécano qui accepte de se battre à ses côté. Tu as énormément de chance, mon ami ! Il est scellé ?
- Justement, coupa Die d'un air très embêté, je vais te raconter ce qu'il m'est arrivé, j'aurai un service à te demander.
De là où il était, Shinya vit nettement Gaara lever les yeux au ciel, désespéré à l'avance.

- J'vous assure, Yoshiki, je ne sais absolument pas comment ils ont pu s'échapper. Il n'y avait personne dans le vaisseau avec nous, j'en suis sûr ! Ou alors ils étaient vraiment très forts !
- Et dans le coffre ?! Ça t'es jamais venu à l'idée, triple imbécile ?!
- Hého ! Comment vous vouliez que je me doute qu'ils s'étaient échappé ! Vous savez bien qu'on n'a pas assez de personnel de nuit pour se permettre et de faire décoller un vaisseau de cette importance, et de renforcer la garde autour des cellules en même temps ! Je sais que ça vous emmerde d'avoir perdu un mécano et un prisonnier, qu'en plus c'est ceinture jusqu'à ce que je revienne et que...
- Ceinture ?! S'étonna Toshiya en rentrant dans la pièce avec un plateau de thé.
L'humanoïde s'empourpra à sa manière, et sa peau d'un blanc de neige pris soudainement une couleur bleuâtre. Le tueur avait toujours détesté ça, lorsqu'un habitant de la galaxie d'Andromède « rougissait », la couleur de son sang lui amenait le bleu au joue et c'était particulièrement moche.
- Fais pas genre t'avais rien deviné, grogna le chewing-gum en fixant son regard sur le visiophone qu'il tenait sur ses genoux.
L'autre sourit, posant le plateau sur la table basse avant de s'allonger lascivement sur le lit à l'épaisse couette rouge.
- C'est juste que je pensais que vous formiez un couple libre.
- Couple libre pour lui, objecta le chef pirate, moi je n'en pas l'occasion. Mes goûts sont trop spéciaux pour que je m'envoie à l'air avec qui que ce soit d'autre. Et puis, ce n'est pas trop mon trip.
- Et le pervers de l'histoire, c'est moi ? Soupira hide
- Non, je crois que d'entre nous trois c'est Toshiya le pire.
- Voyons, Yoshiki, s'offusqua faussement le brun, je ne suis pas un pervers, je ne fais que suivre mes pulsions !
Le pianiste lui sourit d'un air amusé. Puis, semblant se souvenir de ce qui l'avait amené à les contacter, il fronça les sourcils et entreprit de questionner Toshiya sur l'affaire.
- Non, franchement Yosh, je ne vois pas comment ils auraient pu grimper dans mon vaisseau. La porte principale était-bien gardée et il n'existe qu'un seul autre accès, par le toit. Donc, à moins qu'ils aient eu connaissance de cet accès, je ne vois pas comment...
- Peut-être connaissaient-ils ce modèle ?
- Franchement, vu leur jeunesse et l'âge de mon vaisseau, je vois mal comment... quoique... Shinya est un génie, et un mécanicien, qui plus est. C'est bien possible qu'il ai lu et vu des articles dessus. Quand ce modèle est sorti la première fois, ça a fait un tabac. Mais c'était il y a plus de 10 ans, c'était mon premier véhicule spatiale.
- Bon sang, jura l'humanoïde, je vous avais prévenu que ces deux types étaient plus malins qu'ils n'en avaient l'air. Le rouquin à très rapidement appris à dissimuler ses pensées. Je vous l'avais dit, chef !
- C'est vrai, mais ça ne nous avance pas... soupira Yoshiki, tant pis... je leur fais confiance pour garder le secret de la base. Die étant un tueur à gage, je ne pense pas avoir à craindre de lui. C'est le gosse qui m'inquiète plus.
- Franchement, je ne pense pas qu'il y ai de raison, trancha le tueur en s'asseyant à côté d'hide., il ne voulait pas qu'on sache qu'il était vivant et m'avait l'air tout décidé à plonger jusqu'au cou dans l'illégalité.
- Bon, je fais confiance à ton jugement, conclut le chef pirate avant de les saluer et de mettre fin à la communication.
L'humanoïde poussa un long soupir d'agacement en s'allongeant sur la moquette, les bras sous la tête. Toshiya avait confiance en lui, et ne craignait pas d'être découvert, il devait cependant faire attention à ce qu'il laissait traîner comme information, tout au fond de son cerveau.
- Pourquoi tu me caches tes pensées ? Questionna soupçonneusement le chewing-gum.
- Tu tiens à ce que je te fasse partager mes fantasmes érotiques débridés ? Sourit le beau brun.
Hide éclata de rire, bien que ce rire semble légèrement jaune. Il n'avait pas dû apprécier que son chef passe ses nerfs sur lui. Ou bien il cogitait sur la fuite des deux prisonniers. C'était mauvais pour lui, il devait faire quelque chose pour l'en détourner.
- Tu te stresses à cause de ce que t'as dit Yosh ?
- Un peu, avoua-t-il avec une grimace d'agacement, depuis quand c'est toi qui lis dans les pensées ?
- Pourquoi ? Tu ne veux pas, toi aussi, partager tes fantasmes débridés avec moi ?
Cette fois, le rire fut plus franc. C'était leur façon à eux de demander « on baise ? » et la réponse avait l'air tout à fait positive. Il ne fallut que quelques secondes pour que le tueur invente toutes sortes de fantasmes et entreprenne de les mettre en application.

- Tu as suivi ? Demanda Die avec un faux sourire.
- En gros, tu veux que je t'avance pour te faire scellé à nouveau ? Grogna Gaara en tapotant sur la table du bout des ongles.
- Euh... ouais...
Le silence tomba dans l'arrière-salle. Les deux amis, face à face, se jaugeaient. Seul Shinya, tranquillement installé à côté d'eux, restait neutre, se contentant d'observer le manège auquel ils se livraient. C'était impressionnant de voir tout ce qui passait dans les regards. Que ce soit supplique ou agacement. Pour sa part, il espérait que Gaara accepterait, mais en même temps, il comprendrait tout à fait qu'il n'ai aucune envie de faire confiance à un type aussi spécial.
- Okay, soupira finalement le barman en mettant son chapeau, je vais aller de chercher de quoi te sceller. A condition que tu me promettes de le faire chez les Niikura, ce coup-ci. Ce sont les meilleurs scelleurs de l'ombre et leur encre est réputée pour s'incruster si profondément dans la peau qu'elle nécessite que le membre soit coupé pour que la personne soit descellée.
- Les Niikura ? D'accord, mais ça coûte cher, chez eux, non ?
Un sourire sadique s'afficha sur les lèvres de l'homme, qui se leva en faisant tinter les sangles de ses rangers.
- Bien entendu, c'est pour ça que la mission que tu devras faire en compensation sera d'un niveau autrement plus élevé que celles de d'habitudes.
- Si je me plante, tu l'auras dans le cul, répliqua le rouquin en croisant les bras.
- C'est pour ça que tu ne te planteras pas, conclut Gaara avant de disparaître dans un escalier en colimaçon qui faisait le coin de la pièce.
Restés seul avec Die, Shinya se résolut à lui poser une question qui le titillait depuis près d'une heure.
- Qu'est-ce qu'un arpenteur ?
Le tueur, qui venait de sortir une boîte et en sortait une pilule, lui jeta un regard surpris. Il lui fit signe d'attendre, et avala le cachet avec un sourire de satisfaction. Immédiatement, il s'affaissa légèrement dans son siège, plaquant une main sur ses yeux. Un médicament ? Ou la drogue dont avait parlé Közi lors de la réunion dans la station pirate de la lune.? Quoiqu'il en soit, il avait l'intime conviction que toute question était interdite sur le sujet. Il attendit donc que Die daigne rouvrir les yeux, le regard un peu flou.
- Les arpenteurs... on est un groupe de personnes ayant la faculté de tuer. En gros, on assure la protection des gens de l'ombre... En gros. Mais comme les trois quarts d'entre nous sommes tueurs à gage ou chasseurs de prime, on tourne. Je suis dans le groupe d'hiver. Bientôt je vais revenir m'installer dans le coin et faire la loi pendant une saison...
L'adolescent ne put retenir une grimace. S'il devait se taper une saison coincé dans les bas-fonds, ça le branchait moins que sillonner l'espace à bord d'un vaisseau. Le rouquin dû lire dans ses pensées, puisqu'il lui tapa sur l'épaule et lui dit, sur un ton encourageant :
- On profitera de ce temps sur terre pour se faire une cagnotte et pour t'apprendre les bases ! Si tu veux devenir mon mécano, t'auras intérêt à savoir te battre ! Et puis si on n'a pas assez de frique, on pourra pas te faire sceller !
Et pour la première fois depuis un long moment, un sourire de joie sincère s'afficha sur le visage trop grave du garçon.

A suivre...

Fin de ce chapitre ! J'aurais mis un peu de temps à le taper, mais j'en suis satisfaite ! Je commence vraiment à énormément apprécier les différents personnages et à aimer l'ambiance ! Si j'avais pu deviner qu'un jour j'écrirai ce genre d'histoire oO ! Tout arrive !

Bon, on se revoit au prochain chapitre !!
(26/12/07)
Aya, joyeux Noël !