Titre : Hell.

Disclamer : Rien en ma possession

Genre : Slash HP/DM

Rating : M

Note : Bon, et bien voilà... 1 an et demi sans publication et 4 ans sans nouveau chapitre pour cette histoire. Est-ce honteux, misérable ou même carrément indigne ? Oui, je l'avoue. Et pourtant, ma,vie a tellement changé en si peu de temps que je ne vois pas comment j'aurais pu faire autrement.

Tout ce que je peux dire est que, même si je n'ai presque plus de temps libre, mes fictions sont toujours restées dans un coin de ma tête et tant que j'en aurais l'envie, je continuerai à écrire dès que je le peux. Les prochains chapitres de cœur à prendre et Interdit sont en écriture d'ailleurs. Mais, à quand la publication... Ça, seul l'avenir nous le dira, n'est-ce pas !

Bon, bien sur, je n'attends pas de review et à vrai dire, je ne pense pas vraiment en mériter mais je continuerai à publier pour moi et pour vous.

A bientôt !

Remerciements : Merci aux lecteurs qui (on peut toujours rêver) peuvent encore suivre mes fics.

Merci à fanfiction d'être toujours là et à ma mémoire d'avoir garder les mots de passe du compte FF:D .

Résumé : Un après-midi caniculaire, un démon pour adversaire, l'enfer avait décidément un goût amer…

Chapitre 7 : Un réveil tourmenté

Un mal de tête épouvantable réveilla Harry Potter. Ses membres semblaient peser des tonnes, il n'avait plus l'impression de pouvoir contrôler son corps. Néanmoins, cette pensée plus qu'effrayante n'eut pas le temps de le faire paniquer car son mal de tête empirait à chaque seconde rendant toute réflexion impossible. Seul son visage semblait encore connecté à son cerveau. Il le mit alors difficilement en marche.

Ses paupières papillonnèrent et furent immédiatement éblouies par un rayon de lumière. La douleur dans son crâne passe de difficilement supportable à carrément intolérable. Un gémissement inarticulé de désespoir lui échappa malgré lui ce qu'il regretta immédiatement. Ce son, bien que faible, sembla résonner mille fois amplifié dans sa boîte crânienne en feu.

- Ron, entendit-il.

C'était une voix féminine qu'il connaissait bien mais pourtant mettre un visage sur cette voix lui semblait impossible tant la simple action de réfléchir le faisait souffrir. Il discerna des bruits de pas rapides qui s'éloignaient puis qui revinrent accompagnés d'un claquement de talons. Ce martèlement sur le sol carrelé lui donna envie de se tenir la tête et de crier de douleur à pleins poumons.

Une main fraîche se posa sur son front lui procurant, pour la première fois depuis son réveil, une sensation de bien-être qui estompa très légèrement la souffrance.

- Monsieur Potter, est-ce que vous m'entendez ?

Un nouveau gémissement plaintif lui échappa se répercutant une fois de plus dans sa tête.

- Comment vous sentez-vous ? Lui demanda la même voix grave inconnue mais féminine.

Au prix d'un effort surhumain, Harry ouvrit la bouche pour tenter de remédier à son mal.

- Ma tête... Laissa-t-il échapper dans un souffle.

Sa gorge asséchée paraissait faite de parchemin très ancien.

- Oui, je m'en serais doutée. Buvez-ça monsieur Potter, vous vous sentirez bien mieux après.

Un gobelet vint se poser sur ses lèvres. Harry ouvrit automatiquement la bouche et sentit un liquide lui coulait sur la langue. Le goût lui déplut aussitôt : acide et amer à la fois. Pourtant, il n'y prêta pas plus attention car son mal de tête épouvantable disparut presque aussitôt.

Harry Potter prit alors conscience de plusieurs choses :

- il ne savait pas où il était mais il était allongé sur un lit dur et inconfortable

- au vu du goût de la boisson qu'il avait ingurgité, c'était forcément une potion curative

- à l'odeur aseptisée qui saturaient ses narines, il devait se trouver dans un hôpital ce qui sous-entendait Ste Mangouste

- à la douleur qu'il sentait se propager au niveau de son estomac, il avait encore dû faire une connerie.

Le visage de Dolohov lui revint en mémoire avec la même violence qu'un coup de poing dans le ventre. Son corps se crispa et Harry ouvrit enfin les paupières, prêt à affronter la nouvelle merde qu'il venait de créer.

La forte luminosité emplissant la chambre lui brûla les rétines. Il tenta de se redresser en avisant trois visages penchés vers lui.

Le visage d'Hermione était pâle et ses grands yeux marron étaient soulignés par de larges cernes mauves.

Ron, lui, avait la mâchoire crispée et ses traits étaient tirés.

Une brune aux yeux verts lui souriait doucement. Il supposa alors que cette jolie femme était son médicomage.

- Bonjour monsieur Potter ! Le salua-t-elle d'un air avenant. Je suis très heureuse de vous voir enfin réveillé.

Harry eut un mauvais pressentiment en percevant le ton soulagé de la jeune femme.

- Je... Harry se racla la gorge. Combien de temps suis-je resté … euh …

Il jeta un coup d'œil à Ron et Hermione qui s'étaient redressés et reculés vers le fond de la pièce.

- …. alité ? Finit-il dans un filet de voix.

- 5 jours Monsieur Potter, l'informa la médicomage en s'asseyant sur le siège positionné à son chevet. Je suis Amy Sanders, médicomage spécialisée en sortilèges de haut niveau. Vous avez été transporté à Ste Mangouste après avoir reçu un coup de poignard lancé par Antonin Dolohov lors de l'attaque de Gringott auquel vous avez participé en tant qu'auror. Cette arme blanche moldue avait été ensorcelé par de la vieille magie noire : un sort du nom d'Agaliarep .Nous avons eu beaucoup de mal à l'identifier.

Elle s'approcha d'Harry une expression sérieuse et professionnelle sur le visage.

- C'est la raison pour laquelle vous êtes resté si longtemps inconscient. Lorsque nous avons découvert enfin le sortilège et donc son contre-sort, la magie maléfique contenue dans ce sort avait eu le temps de paralyser la plupart de vos organes vitaux. De plus, vous aviez perdu beaucoup de sang dû à ce coup de poignard.

Plus la médicomage expliquait la situation, plus Harry se sentait mal. Ron et Hermione allaient le tuer, il n'osait même plus les regarder, se demandant cette fois-ci comment ses deux meilleurs amis pourraient lui pardonner son inconscience.

Amy Sanders se méprit sur le silence du survivant en observant sa mine torturée. Elle le rassura aussitôt.

- Ne vous inquiétez pas Monsieur Potter, vous n'aurez aucune séquelle. Le contre-sort a été appliqué à temps, mais vous avez besoin de beaucoup de repos. Vous êtes interdit de reprendre le chemin du ministère avant 6 semaines, minimum.

- 6 semaines ! Répéta le jeune auror incrédule en se redressant brusquement oubliant son précédent malaise pour se sentir outré.

Il grimaça immédiatement en sentant une affreuse brûlure se répandre dans son ventre.

- Vous semblez oublier facilement le fait que vous avez failli mourir ! Lui répondit-elle en le réinstallant sur les oreillers.

La médicomage se redressa en souriant.

- Je suis heureuse de vous voir réveillé et en si bonne forme, vous nous avez fait peur...

Son sourire se renforça pour devenir moqueur. De plus, je n'aurais pas vraiment apprécié avoir à annoncer au monde sorcier la mort du « garçon qui a survécu ».

Harry ne put s'empêcher de grimacer. Effectivement, la catastrophe avait été proche cette fois.

- Bien, je vais vous laisser pour continuer mes visites. Si vous avez le moindre problème, n'hésitez pas à me contacter.

La jeune femme lui pressa gentiment l'épaule et se retourna vers Ron et Hermione.

- Ne l'assaillez pas trop de questions, il a vraiment besoin d'un repos total et serein.

Elle sortit enfin, après un dernier sourire.

Alors, seulement, Harry se permit de regarder ses deux meilleurs amis. Il se sentait faible, un peu nauséeux et surtout complètement con.

En découvrant le visage fermé et constellé de tâche de rousseur de Ron, il eut la confirmation que les prochaines minutes qui allaient suivre n'allaient pas être de tout plaisir.

Comme tout bon ancien griffondor, il baissa les yeux piteusement et attendit avec courage et désespoir le flot de reproche dont Hermione avait le secret.

Cependant, ce fut avec surprise qu'il sentit le matelas s'affaissait au niveau de sa hanche. Harry sentit la petite main froide de sa meilleure amie s'emparait de la sienne et la serrer avec force. Il releva le regard pour découvrir des larmes couler le long du visage blafard de la jeune femme.

Harry écarquilla les yeux, il détestait voir les gens pleurer. Cela le mettait mal à l'aise au delà de l'inimaginable et voir Hermione dans cet état faisait partie de la tête de liste.

- Oh Harry, tu nous as fait tellement peur ! Chuchota-t-elle à travers ses larmes et ses sanglots silencieux.

- Mione, ne pleure pas s'il te plaît. Ça n'en vaut pas la peine, je suis là regarde ! Répondit le concerné d'un ton qu'il espérait rassurant.

- Comment tu peux dire ça ? Rétorqua-t-elle aussitôt la voix plus forte et également plus perçante. Ce n'est pas rien ce qu'il vient de se passer Harry ! Tu as vraiment failli mourir cette fois !

Le jeune homme détourna son regard émeraude de celui baigné de larmes de son amie. Il ne voulait pas entendre cela. Il savait qu'il avait vraiment merdé. Mais putain, c'était Dolohov ! Rien que revoir le visage de cet enculé de la pire espèce, il avait eu des envies de meurtre. Il savait qu'il avait agi de manière totalement irraisonnée mais il savait également que s'il avait à revivre cette journée à Gringotts, il referait la même chose.

Bon, ce n'était sûrement pas le moment d'émettre cette opinion tranchée et particulièrement tordue...

Harry voulait maintenant passer à autre chose, ne plus entendre parler de cette histoire. Il voulait qu'Hermione arrête d'être malheureuse et que Ron lui fasse une blague de mauvais goût sur les mangemorts ou encore les hôpitaux. Il avait besoin de rire et le rouquin était le meilleur remède pour ce genre de problème.

Il chercha alors sans attendre l'aide de son ami qui se faisait attendre.

Malheureusement, Ron ne viendrait pas à son secours pour la simple et bonne raison que celui-ci ne regardait même pas sa femme lui faire un sermon. Lui qui adorait voir les autres se faire remonter les bretelles. « Quand elle engueule les autres, elle ne pense pas à mes conneries » lui avait-il confié en souriant une fois lors d'une soirée.

Il lui tournait le dos, son regard errant dans l'image magique recréée par la fenêtre de la chambre d'Harry. Tout ce qu'il pouvait discerner c'était la ligne de la mâchoire du rouquin qui était contractée au plus au point.

Merde, si Ron était en colère alors il ne donnait pas cher de sa peau..

- Harry, tu m'écoutes ? S'écria Hermione en lui posant une main sur la joue.

Les pensées et l'attention du sauveur du monde sorcier se reposèrent aussitôt sur la brunette. Heureusement, ses yeux s'étaient asséchés mais son visage reflétait toujours autant de tristesse.

- Bien sur que non, il ne t'écoute pas, Harry Potter n'écoute personne ! Lança la voix sèche et tranchante de Ron coupant Harry dans sa réponse toute faite.

Le jeune joueur de quidditch se retourna enfin. Si son attitude entière renvoyait sa déception et sa colère, ses prunelles couleur azur, elles, le hurlaient. Ce dernier poursuivit sa tirade acerbe ne laissant pas le temps à Harry de se justifier ou même de réaliser à quel point son meilleur ami avait l'air mal.

- Harry Potter est le survivant. Harry Potter a tué Voldemort. Harry Potter est un puissant auror. Gronda-t-il les poings serrés. Harry Potter ne craint rien, ni personne. Harry Potter est invincible. Harry Potter est un CONNARD. Finit-t-il en hurlant.

Hermione posa sa main devant sa bouche, ses yeux se remplissant une nouvelle fois de larmes. Harry n'y prêta même pas attention tant il était choqué par le ton et les paroles de son meilleur ami.

En plus de 10 ans d'amitié, les fois où Ron lui avait hurlé dessus pouvaient se compter sur les doigts d'une main. Et à chaque fois, c'était la colère qui dictait ses actes. Aujourd'hui, ce qu'il voyait dans le yeux bleus dépassait de loin une simple rancœur, il avait l'air enragé.

Nullement touché par les réactions qu'il créait, Ron poursuivit sa diatribe vidant ainsi tout le fiel qui lui rongeait le cœur depuis bien trop longtemps.

- Et oui, Harry Potter est un véritable hypocrite qui trompe son monde avec son sourire et sa gentillesse... Parce qu'il n'y a que les foutus enfoirés, qui ne pensent qu'à eux, qui ne font attention qu'à leur nombril et à leur petite personne, qui ne livrent ni leurs sentiments, ni leurs craintes et encore moins leurs peines.

Le jeune homme aux yeux turquoise attrapa violemment le pied en ferraille patiné du lit d'hôpital dans lequel reposait le dénommé Harry Potter. Il serra ses deux poings sur l'armature vieillie faisant blanchir ses jointures et ressortir ses tâches de rousseur.

- Est-ce que tu as seulement pensé une seule seconde à nous, Harry, quand tu t'es lancé sur Dolohov ? Siffla-t-il d'un ton glacial. Est-ce que tu as pensé à ton filleul ? A tes amis ? A ta famille ?

- Ron... Murmura Harry la voix étranglée tant il était bouleversé.

- Ta gueule Harry ! J'ai pas encore fini ! Pour une fois que je l'ouvre pour dire quelque chose d'intéressant, vaut mieux écouter tu crois pas ! Gronda-t-il en réponse d'une voix éraillée.

Ses paupières se fermèrent et après quelques secondes, son visage rougi par la colère se détendit. Lorsque Ron rouvrit les yeux, ils étaient déterminés et plus froids que jamais.

- Tu n'es qu'un putain d'égoïste Potter ! Tu te fous de tout et surtout de ta vie. Mais tu sais quoi Harry ? A partir de maintenant, je m'en fous aussi. Tu veux crever ? Vas-y, te gêne pas ! Saute d'un balai en plein vol, prends-toi des sortilèges impardonnables dans la gueule, poursuis des mangemorts... Peut m'importe, mais tu n'emmèneras pas mes fils avec toi dans cette connerie ! Joan t'admire et t'aime et je n'accepterai pas de le voir détruit et perdu comme je le suis en ce moment.

Le souffle d'Harry se bloqua dans sa gorge comprimée. Les paroles de l'homme qu'il considérait comme son frère étaient en train d'achever son corps déjà bousillé. Il ne pouvait pas insinuer ce qu'Harry avait encore du mal à formuler... Pas comme ça...

- Que veux-tu dire ? Laissa échapper Harry dans un souffle.

- Ce que je veux dire, c'est que c'est la dernière fois que tu agis comme un connard. Si tu continues dans cette voie que tu sembles avoir prise depuis plusieurs semaines si tu ne règles pas ton problème avec Draco et le reste...

Ron fit une pause, semblant défier Harry de le contredire. Il ne l'avait pas quitter des yeux depuis le début de son monologue épiant chacune de ses réactions.

Comme si Harry pouvait réagir à tout cela, il était juste en train de comprendre la douleur de ses amis et là, Ron qui lui balançait ses quatre vérités...

Le jeune joueur de quidditch se redressa soudain, carrant les épaules :

- Tu ne verras plus Liam et Joan.

Ça y était, la bombe avait été lancée. Elle avait atterri dans le cerveau du survivant et semblait entraîner une série d'explosions de douleur dans tout son corps et en particulier au niveau de son muscle cardiaque.

Ron lui jeta un dernier regard amer avant de faire volte-face et de sortir de la chambre d'un pas rapide et saccadé.

Une fois la porte refermée, il s'accorda enfin un instant de répit. Ses mains se mirent à trembler si fort qu'il dût agripper violemment son pantalon pour tenter de les contrôler.

Il avait pris la bonne décision.

Cette situation ne pouvait plus durer.

Il fallait réagir.

Et c'est sans accorder de l'importance à sa vision trouble et à ses joues trempées qu'il se dirigea vers la sortie.

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP

- Il … il n'est pas sérieux ? Coassa pitoyablement Harry en se tournant vers la femme de l'homme qui venait de piétiner son univers.

Ne recevant aucune réponse d'Hermione qui baissait la tête, il sentit ses poumons déjà largement privés depuis quelques minutes protestaient encore une fois.

- Hein, Mione ? Il n'est pas sérieux, hein ? Murmura-t-il cherchant vainement un espoir auquel se raccrocher.

- Je suis désolée Harry. Lui répondit-elle enfin dans un sanglot confirmant ainsi ses pires craintes.

Elle releva enfin le regard pour découvrir avec effroi la douleur se dessinant sur le visage du sauveur du monde sorcier.

- J'ai essayé de le raisonner, commença-t-elle en balbutiant.

Elle ne termina pas sa phrase n'ayant pas besoin d'ajouter quoique ce soit d'autre.

Chaque nouvelle parole ne faisait qu'enfermer un peu plus Harry dans une prison d'horreur. Les jumeaux étaient toute sa vie, l'une des seules choses qui lui donnaient envie de continuer à se battre, à sourire, … Le silence s'étira, rendant le moment encore plus insupportable à vivre.

- Mais, pourquoi ? Chuchota enfin Harry.

Certes, il avait fait le con mais ce n'était pas la première fois qu'il risquait sa vie ni qu'il se retrouvait à Sainte Mangouste à cause de son travail. En même temps que cette pensée faisait son chemin, l'abattement laissa de plus en plus place à la colère. Il n'avait pas le droit de lui prendre ce qui le rendait heureux. C'était tellement injuste !

Cette rage si soudaine et si forte se dirigea contre une seule et unique personne : Malfoy. Toute cette merde qui était en train de l'ensevelir ne venait que de ce qu'il s'était passé avec ce connard.

- Harry, tu as failli mourir ! S'écria Hermione le ramenant brusquement à la réalité et l'éloignant de cette haine si puissante qu'elle menaçait de le rendre dingue. Si tu commençais par te remettre en question un peu plutôt que de jouer sans cesse à la victime, peut-être que Ron ne réagirait pas comme ça. Poursuivit-t-elle de plus en plus énervée.

- Ça veut dire que tu es d'accord avec lui ? Siffla Harry.

- Non, je trouve que sa réaction est démesurée, répondit Hermione d'une voix forte en se levant d'un bond. Mais vu ta manière de réagir, je me dis qu'il a peut-être raison.

Les larmes qui apparurent dans les yeux de sa meilleure amie le calmèrent brusquement. Qu'est-ce qui lui prenait ? Hermione ne lui avait rien reproché, au contraire, elle restait avec lui pour le soutenir. Et comment la remerciait-il ? En étant un vrai salopard !

L'ancien griffondor se prit la tête entre ses mains tremblantes.

- Pardon Mione ! Je fais n'importe quoi...

La jeune femme brune, qui s'apprêtait à partir sans demander son reste, sentit sa colère s'évanouir dès qu'elle entendit le timbre cassé de la voix de son meilleur ami. Elle se rassit à l'endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant sur le lit.

- Parle-moi Harry ! Le pria-t-elle d'une voix douce en lui attrapant une main sans savoir qu'elle disait exactement les mêmes mots que son mari quelques jours auparavant.

Elle la serra gentiment, le priant par ce geste de se confier à elle. Harry resserra ses doigts autour de la petite main de la brunette.

- Je sais que tu en veux à Ron mais il s'inquiète tellement pour toi. Il n'en dort plus, ça le tue de voir cette personne si différente que tu es devenue ces dernières semaines et de ne rien pouvoir y faire.

Harry la dévisagea. Était-il si transparent ?

Sentant une faille se créer dans la carapace du jeune homme brun, Hermione poursuivit sur sa lancée.

- Nous savons que ça a un rapport avec Draco car que ce soit toi ou lui, vous ressemblez à des fantômes depuis l'anniversaire de Joan et Liam.

La mâchoire d'Harry se crispa à l'instant même où le prénom de Malfoy fut prononcé.

- Sauf qu'il faut bien avouer que lui ne fait que passer ses jours et ses nuits à l'hôpital, il n'a pas de tendances suicidaires...

Malfoy ne pouvait pas être aussi mal que lui depuis que cette nuit était arrivée. Ce n'était pas possible, c'était un homme froid que rien ne touchait. Il avait sûrement déjà oublié tout ce qui s'était passé entre eux. Il manipulait son monde et avait enfin réussi à détruire Harry. Il devait bien se marrer ce salaud condescendant en expliquant à ses copains à quel point Harry avait été pitoyable de se jeter sur lui comme un affamé. Malfoy avait compris qu'Harry le désirait et il avait voulu tester son pouvoir sur lui.

Son plan avait parfaitement réussi, même si c'était le connard en chef qui s'était fait baiser contre un mur, c'est Harry qui avait tout donner et tout perdu aussi...

Et c'était cela qui le rendait dingue. Quoiqu'il se passe, il savait qu'il ne pourrait jamais oublier ce qu'il avait découvert de Malfoy cette nuit-là. Son souffle qui se bloquait dans sa gorge quand il l'embrassait, sa manière de le regarder avec ses yeux anthracite avaleurs d'âmes, sa peau tellement blanche et plus douce qu'il n'aurait pu l'imaginer, le plaisir qu'il avait ressenti en s'enfonçant en lui.

Il arrêta là ses pensées qui n'avaient pas lieu d'être et se recentra sur l'ancienne préfète.

Hermione était censée être la personne la plus intelligente de son entourage. Elle pourrait peut-être l'aider à s'y retrouver, à y voir plus clair, à reprendre le cours normal de sa vie. Il se sentait tellement paumé, il voulait que tout redevienne comme avant, avant qu'il n'embrasse Malfoy pour la première fois, avant de plonger en enfer.

- J'ai couché avec Malfoy. Annonça-t-il avant de ne plus s'en sentir capable.

Il lâcha la phrase d'une voix détachée presque désincarnée.

En avouant enfin ce fardeau qui lui pesait sur les épaules depuis des semaines, il s'attendait à toutes les réactions possibles sauf à celle qu'eut l'ancienne meilleure élève de Poudlard. Il pensait qu'elle serait choquée, consternée, énervée ou même déçue. Mais le petit sourire qui se dessina sur ses lèvres le laissa complètement interdit.

- Écoute Harry, ne m'en veux pas mais... je le savais.

- Comment ça ? Riposta Harry sur la défensive ayant soudain l'image de la brunette les espionnant derrière la porte de leur chambre d'amis et les observant en train de...

Il se secoua la tête énergiquement, horrifié par cette idée.

Les yeux écarquillés de son ami forcèrent Hermione à s'expliquer.

- Depuis Poudlard, je vous vois vous tourner autour comme des gosses, prenant tous les prétextes possibles et inimaginables pour vous sauter à la gorge. C'était un peu comme si vous aviez besoin du moindre contact entre vous qu'il soit verbal ou physique pour vous sentir bien.

Hermione parlait d'une voix calme et posée. Harry eut soudain l'impression - malgré l'incongruité totale de leur conversation - de revenir à l'époque de Poudlard lorsqu'elle leur expliquait, à lui et Ron, un sortilège ou une potion trop complexe.

- Bien sur, plus d'une fois ça a failli dégénérer. Votre rage et votre haine mutuelle semblait toujours trop forte pour laisser place à autre chose. Pourtant, votre obsession l'un pour l'autre s'est calmée après la guerre. J'ai même cru pendant un moment que je m'étais trompée... C'était à l'époque où tu sortais avec Ginny.

La jeune femme eut un sourire doux, plongée dans ses souvenirs. Elle repoussa une de ses mèches de cheveux châtain et soupira.

- Puis, les garçons sont nés et tout a changé. Enfin, Draco a changé. Il est devenu quelqu'un de bien, une personne digne de confiance. Et avec Ron, on t'a vu évoluer de manière brutale sans que l'on puisse t'en parler sereinement ou même trouver une solution au problème. Tu ne semblais plus supporter le moindre contact avec lui et paradoxalement, quand tu ne le voyais pas, tu passais ton temps à nous parler de lui, à échafauder des hypothèses sur ses manigances, ses actions, ses sourires. On avait l'impression de revenir au temps de notre adolescence. Sauf que Draco n'en était plus là. Il te défendait presque lorsque nous condamnions ton attitude à son égard.

Harry sursauta à cette nouvelle ce qui fit renforcer le sourire d'Hermione.

- Et oui, étonnant hein ? Pourtant, il n'arrêtait pas de nous répéter qu'il s'en fichait, qu'il était assez grand et mature pour supporter ta haine et qu'il fallait laisser le temps à ton petit cerveau atrophié de griffondor pour assimiler le fait que nous n'étions plus en guerre.

La grimace qui déforma les traits tirés du survivant fit rire sa meilleure amie.

- Je n'ai pas dit qu'il n'était plus Malfoy, le serpentard hautain et sarcastique qui a fait sa renommée, Harry. Juste qu'il avait évolué. Bref, pour moi, il n'y avait plus de doute. Ron était plus pessimiste. D'après lui, un passé commun comme le votre ne pouvait pas permettre un avenir entre vous. Je n'avais alors plus qu'à attendre que l'un de vous ouvre les yeux. Et, au fur et à mesure des mois, je me suis rendue compte que Draco les avait ouvert... Depuis bien plus longtemps que je ne l'avais imaginé d'ailleurs...

Elle posa sa main fraîche sur la joue d'Harry. Ses yeux émeraude ne semblait pouvoir y croire et dévisager le visage d'Hermione souhaitant y trouver sans doute une trace de plaisanterie.

- Mais, le sexe ne résout pas tout. Tu n'as pas l'air d'avoir eu ce fameux déclic, ou alors ce n'est pas celui auquel je m'attendais. Souffla-t-elle avec tristesse. Tu ne t'en es peut-être pas rendu compte mais tu as été tellement... tellement odieux ces dernières semaines. Ça a été un véritable supplice de ne pas pouvoir intervenir. Vous êtes adultes et j'ai pensé que vous régleriez la situation seuls. Mais, les hommes et leur foutue fierté mal placée...

Elle s'arrêta enfin laissant échapper un profond soupir de soulagement. La jeune femme regretta en cet instant que Ron ne soit pas avec elle.

Tout au long de l'explication d'Hermione, Harry avait eu la sensation qu'une caméra moldue à effet flash black avait élu domicile dans sa tête pour lui repasser le film de son passé avec Malfoy.

La première fois où il l'avait vu dans le magasin de Mme Guipure, son attitude hautaine et méprisable lors de leur première année, les défis qu'il lui lançait fréquemment comme autant de piques l'aiguillonnant et l'appelant à lui, le besoin irrépressible qu'avait Draco de l'humilier à la moindre occasion comme lors du tournoi des 3 sorciers, l'obsession incompréhensible qu'il avait eu pour Malfoy durant la totalité de sa sixième année et qui – il avait bien du mal à se l'avouer – ne s'était pas arrêté depuis, la manière dont il l'avait sauvé alors qu'il se trouvait dans le manoir des Malfoy aux prises des mangemorts ou même la peur irrationnelle qu'il avait ressenti lorsque Malfoy s'était retrouvé piégé dans la salle sur demande en feu.

Tant de souvenirs...

Sa tête recommençait à le lancer désagréablement mais ses yeux semblaient s'être enfin ouverts. C'était comme si un voile opaque lui avait brouillé la vue depuis toujours et qu'il se dissipait enfin.

Est-ce qu'Hermione avait raison ? Est-ce que cette haine qu'il avait toujours ressentie n'était qu'une illusion ? Est-ce qu'il s'était caché derrière sa rage pour ne pas voir qu'il ressentait peut-être quelque chose de plus fort, de plus profond mais aussi de plus destructeur ? Est-ce qu'il avait envie, tout en sachant cela, de changer son comportement vis à vis de lui ?

Et enfin, la question à 100 000 gallions : est-ce qu'il n'était pas trop tard pour une prise de conscience aussi violente qu'inattendue ?

- Qu'est-ce que tu en penses Harry ? Murmura Hermione brisant le silence.

Hermione eut l'impression qu'Harry mit des heures à lui répondre. Son visage était crispé, ses traits tendus, son regard perdu dans le vague.

« Au moins, il n'est plus en colère et ne ressemble plus au zombi de ces dernières semaines » pensa-t-elle avec espoir.

Les yeux verts se troublèrent et finirent par s'ancrer dans ceux d'Hermione.

- Je pense... qu'il faut que je parle à Malfoy. Laissa-t-il échapper dans un souffle.

A suivre...

La fin se rapproche les amis (je sais, dis comme ça, on pourrait y croire...).

En tout cas, pour les éventuels lecteurs, merci pour avoir pris le temps de lire ce chapitre.

D.O.L