Auteur : Choupette

Titre (ô combien glorieux) : Amour et bonbons.

Disclaimer : sont pas à moi. Sans regret, car quand on en accete un, on les accepte tous. Que voulez-vous que je fasse d'Ombrage et de Lockart.

Avertissements : rien à signaler, pas de lemon, même pas de lime, suis restée très sage.

And now... The blabla.

Je m'excuse auprès de tous les lecteurs, de vous avoir fait poireauter. Je suis désolée, mais avec le boulot ça a pas été facile de finir ce chapitre, que je trouve d'ailleur assez mou vu que j'avais plein de choses à mettre en place. Enfin voilà, je m'incline devant vous et demande pardon. Ou alors je peux aussi faire de la lèche... Je sais pas si ça va marcher, mais je peux toujours essayer.

Je voulais remercier toutes celles (et ceux ?) qui ont reviewé, ou inclu cette fic dans leur favori ou alertes, ainisi que tous les anonymes (qui ont le sait bien ont extrémement peur du bouton review. lol) Merci beaucoup. Aller je vous laisse lire, sinon je vais vraiment me faire lincher.

Bonne lecture.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

Chapitre 7

Percy leva la tête en entendant quelques coups frappés doucement à sa porte. Il jeta un coup d'œil à la pendule. Il n'avait pas de rendez-vous ce matin et avait suffisamment de travail pour s'éviter la visite de qui que ce soit. Bien décidé à faire le mort, il se replongea dans les dossiers hautement importants. Rien ne pourrait le détourner de la grève gobelins de Gringotts.

On frappa de nouveau. Exaspéré, il reposa sa plume et retira ses lunettes. Il respira un grand coup avant d'inviter la personne à entrer. La porte s'ouvrit légèrement, laissant juste passer la tête de Ron et le haut de ses épaules.

« Salut, Percy. Je te dérange ?

- Ron ? Non, vas-y entre et assied toi. Ça va ?

- Ça va. Désolé de passer à l'improviste.

- Ce n'est pas grave. Qu'est-ce qui t'amène ?

- J'avais une affaire à régler, mais je me suis perdu dans les couloirs du ministère et au final, la personne que je voulais voir n'était plus là. J'ai donc décidé de te rendre une petite visite.

- Tu as bien fait, c'est gentil. On ne se voit pas très souvent, ça me fait plaisir. D'ailleurs, à propos de famille Ginny est sortie de l'hôpital ce matin.

- Et comment vont les doigts d'Harry ?

- Il est tellement heureux que je ne sais même pas s'il s'en est encore rendu compte.

- C'est bien possible. Comment va Pénélope ?

- On ne peut mieux. Que venais-tu faire au ministère ? »

Ron détourna le regard, triturant nerveusement ses doigts, ne sachant s'il devait se lancer ou non.

« J'étais venu pour me renseigner…

- Sur quoi ?

- Je… Dans l'optique ou Draco et moi voudrions un enfant, je me demandais quelles seraient les démarches à faire.

- Vous voulez entamer une procédure d'adoption ?

- Pas vraiment. Pour le moment, ce n'est qu'une idée, ça n'est pas pour tout de suite. Plutôt que l'adoption, je pensais à la grossesse masculine. »

Devant la mine déconfite de son frère, Ron regretta aussitôt de lui avoir parlé. Percy n'avait jamais été très ouvert d'esprit sur certains sujets et bien qu'il n'ait rien dit, Ron ne savait absolument pas si son frère voyait d'un bon œil sa relation avec Draco.

« Tu comptes porter l'enfant ? »

Ron sursauta à cette question.

« Bien sûr que non !

- …

- Enfin… je sais que Draco veut une famille, moi aussi et je pense qu'il serait prêt à avoir notre enfant. Je ne lui ai encore rien dit, il ne sait même pas que je suis là. Je voulais d'abord connaître les lois, les conditions… Être informé et prendre les dispositions qu'il faut. J'ai envie de lui offrir cette famille, faire en sorte que tout soit en ordre lorsque nous prendrons cette décision ensemble.

- D'accord, je vois. C'est vraiment bien de ta part de faire ça, après tout c'est normal de vouloir fonder une famille, je te le souhaite de tout cœur. Écoute, ma collègue au service de régulation des naissances est en vacances, mais si tu veux je peux arranger un rendez-vous avec celle qui la remplace. C'est une amie et je suis sûre qu'elle pourra t'aider.

- C'est vrai ! Ça serait super.

- Je vais voir ça tout de suite. »

Percy se leva et sortit, laissant un Ron au bord de la crise de nerfs dans la pièce. Après plusieurs minutes d'attente, Percy revint les lèvres pincées.

« Elle est complètement débordée, elle a des rendez-vous pendant au moins deux semaines…

- Tant pis, j'attendrais. Après tout, ce n'est pressé. »

Percy esquissa un sourire en voyant l'air déçu de son cadet.

« En revanche, elle veut bien te laisser deux heures de son précieux temps si tu l'invites à déjeuner aujourd'hui.

- C'est vrai ? C'est super ! Je l'invite où elle veut, même si ce chantage est honteux. On s'étonne après que le ministère n'ait pas la cote auprès de la population.

- Arrête de dire des bêtises. Elle t'attend d'ici une demi-heure et vu ton sens de l'orientation, tu devrais déjà être parti.

- Je m'en vais tout de suite. Merci beaucoup Percy, ça me touche énormément.

- Y a pas de problèmes. Si tu as besoin d'aide, tu pourras toujours venir me voir.

- J'en prends note. Par contre, pas un mot de tout ça à personne et surtout pas à Draco.

- Je serai muet comme une tombe. »

Ron ne mit pas plus d'une seconde à sortir du bureau et partir en quête du service de régulation des naissances.

-/- -/-

Draco, assit face à son chevalet, faisait les dernières finitions à sa toile. Le nez presque collé au tissu, les yeux plissés, il s'évertuait à mettre les ultimes touches de couleur, concentré, obnubilé par le bout de son pinceau1. Cela faisait trois semaines qu'il travaillait sur ce tableau, trois semaines qu'il sortait rarement de son atelier. Ron lui apportait même ses repas, accompagnés de quelques baisers et il n'allait se coucher que lorsque ses yeux refusaient de rester ouverts. Trois semaines qu'il ne voyait presque plus son compagnon, qui croulait également sous le travail. Un sourire s'étira sur ses lèvres, car ce soir il aurait fini sa toile.

« Dracooooo ! »

Le blond sursauta violemment, son pinceau s'envolant soudain dans les airs. Il essaya tant bien que mal de le rattraper, alors que le pinceau allait maladroitement d'une main à l'autre. Draco jonglait, légèrement paniqué, pour que les poils de soie ne touchent le tissu. Ce n'est que lorsqu'il le stabilisa entre la paume de sa main droite et le dos de sa main gauche qu'il pu souffler. La peinture était intacte, mais ce n'était pas le cas de sa blouse et de son visage. La porte de son atelier s'ouvrit en grand, laissant passer un George survolté.

« Salut, Draco ! Comment ça va ? Ben, tu peints avec le nez maintenant ? Remarque, c'est un style, mais ça ne doit pas être pratique…

- Espèce d'imbécile ! On entre pas chez les gens en hurlant et encore moins sans leur permission !

- Oh, ça va ! Qu'est-ce que tu peux être ronchon ! On dirait Severus.

- Veux-tu, s'il te plait, sortir de mon atelier et arrêter de dire des âneries !

- Ok, je t'attends dans la cuisine, je vais préparer du thé.

- Personne ne t'a demandé de t'incruster !

- Déthéiné pour toi.

- Sors de cette maison ! »

Les paroles de Draco résonnèrent dans le vide, George s'était déjà éclipsé. Il nettoya lentement ses pinceaux pour se calmer avant d'aller à la rencontre de la tornade rousse. Que la famille de son compagnon pouvait être envahissante.

« Peut-on savoir ce que tu fais ici ?

- Ce soir, j'ai rendez-vous avec Andrew…

- Et tu as l'intention de ramener de la viande saoule à la maison ?

- Non, gros malin. En fait, j'étais tellement stressé que Fred m'a foutu dehors alors qu'on expérimentait des lentilles clignotantes pour le marché moldu. Je ne tenais pas en place chez moi donc…

- Tu es venu me pourrir la vie alors que j'ai du travail.

- Exactement ! Et puis, c'est toi qui as voulu me mettre avec Andrew, je me suis dit que cela pourrait t'intéresser...

- Pas tant que ça.

- D'ailleurs, j'ai aperçu Ron en venant. Il ne travaillait pas aujourd'hui ?

- Normalement, si. Où l'as-tu vu ?

- Il entrait au ministère. Tu ne sais pas ce que fais Ron de ses journées ?

- Il est à la galerie. Peut-être qu'il avait quelque chose à faire. En ce moment, on n'a pas trop le temps de discuter. Je travaille jour et nuit depuis presque trois semaines, entre le repas de l'autre soir et la naissance de Raphaëlle, on n'a pas eu beaucoup de temps pour nous.

- Attends une seconde, tu veux dire qu'à chaque fois que tu te lances dans un nouveau projet vous vivez votre petite vie chacun de votre côté et faites ceinture ! »

Draco prit une jolie teinte rosée.

« Bien sûr que non ! Mais c'est vrai qu'on se voit moins. De quoi tu te mêles d'abord ?

- Mais ça ne gêne pas Ron ?

- Comment ça ?

- Ça ne doit pas être facile lorsque la personne avec qui tu vis n'est pas auprès de toi, qu'elle n'est pas là à te sourire lorsque tu rentres le soir, pas là pour t'écouter si tu as des problèmes ou tout simplement si tu veux la prendre dans tes bras…

- Ne sois pas si mélodramatique.

- Parce que tu le supporterais, toi ? En tout cas, je ne savais pas Ron aussi patient.

- Je n'y avais jamais pensé, il ne m'en a jamais parlé, ni donné l'impression que ça le gênait. »

Draco fronça les sourcils, un pli barrant son front, complètement perdu dans ses réflexions. George sourit, content de son petit effet. Un Weasley stressé et sur actif était un Weasley taquin et rancunier et embêter les gens autour de lui devenait une passion. Le fait que Draco ait invité Andrew l'autre soir sans le prévenir lui revenait de façon étrange à l'esprit… À lui, le coup de grâce !

« Remarque, il s'est peut-être trouvé un amant, c'est pour ça qu'il ne se plaint pas.

- George, fous le camp.

- C'est pour rire voyons.

- Moi, ça ne m'amuse pas du tout ! Sors d'ici tout de suite ! »

George ne se fit pas prier, regrettant sa mauvaise blague. Il laissa Draco assit dans la cuisine. Un Draco qui commençait à imaginer toutes les soirées où Ron avait dîné seul dans cette même pièce. Quel égoïste, il avait été ! Un doute germa doucement dans son cœur, les paroles de George résonnant dans son esprit.

-/- -/-

Ron avait finalement réussi à trouver le bureau occupé par Mlle Emma O'Connel. Alors qu'il allait frapper, la porte s'ouvrit à toute volée sur une jeune femme que Ron qualifierait aisément de magnifique. Grande, de lourdes boucles brunes tombant sur ses épaules, des yeux d'un bleu profond assortis avec son tailleur. Elle le gratifia d'un sourire avant de refermer la porte derrière elle.

« Pile poil à l'heure M. Weasley.

- C'est d'ailleurs un miracle mademoiselle…

- Évitons les civilités, s'il vous plait. Je meurs de faim et j'ai tous les documents vous intéressant dans mon attaché-case. Alors où m'invitez-vous ?

- Où vous voulez.

- Parfait ! »

Ron lui donna le bras, montrant un minimum de galanterie pour l'emmener au restaurant jouxtant le ministère. Aucun des deux ne remarqua alors la personne qui suivrait leur moindres faits et gestes pendant les heures qui allaient suivre.

--

« Alors je vous ai apportée un dossier de demande pour vous montrer toutes les démarches, à vous de voir si vous voudrez l'emporter à la fin de ce repas.

- D'accord.

- Alors commençons, avant que l'entrée n'arrive. La première partie du dossier concerne les personnes faisant la demande. Pour faire court, une fiche d'identité ultra précise qui servira de base à l'enquête menée par l'agent qui sera en charge de votre affaire. Généralement, il s'agit d'une enquête de routine pour éviter les fraudes et abus de ce procédé. La deuxième partie reste dans le même ordre d'idée, mais de manière un peu plus poussée : salaires, moyens financiers, domicile, famille…. Tous les détails qui joueront sur le bien-être de l'enfant.

- Est-ce que les membres de la famille peuvent être la cause d'un refus du ministère ?

- En de très rares occasions, mais il semble que de votre côté, il n'y ait pas de problèmes. Avec votre père et votre frère, vous avez de bons atouts.

- C'est plutôt du côté de mon compagnon que cela pourrait être problématique.

- Qui est votre compagnon ? »

Ron la regarda surpris.

« Vous devez bien être la seule personne à ne pas être au courant ou à ne pas lire la Gazette du sorcier !

- Si vous le dites. Nous réglerons ce problème plus tard, je vous explique la suite. La troisième partie concerne les tests médicaux. Quel que soit le porteur, vous devez tous les deux passer le test. En fait, cela va vraiment être une insémination, cet enfant sera le votre et non le fruit de la médecine et grâce au génotype mis en place par les moldus, on pourra éviter certaines héréditaires et d'autres détails que je ne saurais vous expliquer. Je ne suis pas médecin. De plus, on s'est vite rendus compte que lorsque le porteur initial ne pouvait avoir l'enfant, son conjoint prenait souvent le relais. Cela vient en général de problèmes physiques et si vous êtes tous les deux en bonne santé, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Vous me suivez à peu près ?

- Oui, oui. Je m'étais un peu documenté sur le sujet donc tout va bien pour le moment.

- Vous devez vraiment être sûr de ce que vous voulez. Vous devez absolument comprendre ce qui vous attend et les responsabilités auxquelles vous vous exposez. Un enfant bouleverse une vie et vous serez obligé de concilier vie de famille et travail. Ce que je vous dis peut paraître bête, mais c'est parfois utile. »

Ron lui sourit, alors que la serveuse apportait l'entrée. Oh que oui, c'était utile. Il y a encore une semaine, il n'avait jamais pensé à avoir un enfant, du moins pas sérieusement. Et là, il prenait conscience que d'ici un an ou deux, il tiendrait un petit être entre ses bras, comme sa nièce à l'hôpital et que lui et Draco seraient aussi heureux que l'étaient Harry et Ginny. Un sourire presque béat se figea sur ses lèvres.

« Pour tout vous dire, je n'étais pas sûr au début et j'ai pris la décision il y a peu, mais maintenant je suis certain que nous pourrons apporter tout ce qu'il faut à un enfant y compris notre amour.

- C'est une bonne chose. Parlons de votre conjoint. Oh, un détail. Êtes-vous mariés ? Ou liés par un pacte magique ?

- Rien de tout ça, même si une alliance ne quitte pas ma poche depuis quelques mois.

- Un mariage moldu ?

- Il y a beaucoup de chances pour que cela soit ainsi. C'est un problème ?

- Absolument pas, il faut juste montrer la solidité de votre couple, c'est toujours mieux vu. Ensemble depuis longtemps ?

- Presque deux ans ?

- C'est court, mais si vous ne faites pas la demande tout de suite, ce devrait être bon. Alors qui est votre moitié ?

- En fait… Le problème c'est qu'il s'agit d'un ancien mangemort qui a été innocenté après la guerre. C'est Draco Malfoy.

- Oh… Je comprends votre inquiétude et la partage. L'enquête risque d'être approfondie et de repousser la décision. »

Le visage de Ron se referma et il baissa les yeux. Mlle O'Connel le regarda attaquer à coups de fourchette la garniture de son assiette.

« En même temps, s'il a été innocenté c'est bien pour une bonne raison, non ? Tout devrait donc bien se passer. Vous pouvez de plus, demander à vos proches de faire une déclaration écrite en sa faveur, en votre faveur. Ajouter des pièces au dossier n'est pas interdit.

- Je ne sais pas à qui demander.

- Voyons M. Weasley, je ne lis peut-être pas la gazette régulièrement, mais il me semble que M. Potter, voir d'autres membres de votre famille ou de ses amis feront l'affaire. Ces lettres peuvent être très bénéfiques au dossier, je vous conseille vivement de les faire faire, ainsi que d'offrir rapidement votre alliance à M. Malfoy si tel est votre souhait. »

La serveuse apportant le plat de résistance coupa la discussion et le silence s'installa à table. Ron mangeait lentement, réfléchissant à tout ce qui allait bouleverser leur vie. La décoration de la chambre, Draco dont le ventre s'arrondirait de jour en jour, radieux de porter leur enfant. L'achat d'un landau, de vêtements minuscules, d'une poussette. Il priait déjà pour que, fille ou garçon, il ou elle hérite des cheveux bonds de son amant et que finisse la malédiction des belettes. Un sourire s'étira sur ses lèvres devant l'air amusé de Mlle O'Connel.

« Qu'est-ce qui vous fait rire ?

- Vous.

- Merci.

- Je rencontre des tas de gens qui veulent adopter ou avoir recours à l'insémination ou autres procédés. Pour certains, on sait tout de suite si leur dossier sera accepté, s'ils feront de bons parents. Vous avez l'air tellement heureux rien qu'à l'idée d'être papa… Je ferais mon possible pour appuyer voter demande. »

Ron aurait bondit de joie s'il n'avait été dans un lieu publique. Il se contenta d'un sourire radieux et prit la main de la jeune femme dans la sienne pour lui signifier sa gratitude. Il faisait le bon choix, il serait un jour père et cela valait tout l'or du monde.

Le reste du repas se passa agréablement, Mlle O'Connel répondant comme elle le pouvait aux dizaines de questions venant d'un Ron exalté. Lorsqu'elle du repartir au ministère, Ron ne pu s'empêcher de déposer deux bises sonores sur ses joues, avant de partir de son côté sur le chemin de traverse. Le cœur léger, il se dirigea vers Ste Mangouste pour prendre rendez-vous et faire les tests le plus tôt possible. Il fila ensuite chez la famille Potter, à la fois pour voir sa nièce, mais aussi pour la première fois de sa vie, demander un service au Survivant, au grand Harry Potter. Il ne lui fallut qu'une demi seconde pour le convaincre. Ron passa également chez Blaise et Pansy pour la même raison. L'avis des plus proches amis de Draco aurait sans aucun doute un poids non négligeable. Il ne vit pas l'après-midi passer et il était déjà tard lorsqu'il rentra chez lui.

Il poussa la porte et jeta négligemment sa veste sur le portemanteau. La lumière de la cuisine était allumée. Il fronça les sourcils en s'avançant dans la pièce : la table était mise et Draco l'attendait. C'était inhabituel, voire curieux. En semaine, il dînait souvent seul sans que ça le dérange le moins du monde. Lorsque Draco ne peignait pas, il lui préparait un verre de martini lorsqu'il arrivait, puis ils se mettaient à table. Mais là, le blond était assis, le regardant avec tendresse et il n'allait pas s'en plaindre ! Il alla vers lui et l'embrassa.

« Bonsoir, mon cœur.

- Bonsoir, mon amour. Tu rentres tard aujourd'hui, beaucoup de travail ?

- Je n'ai pas pu quitter la galerie de toute la journée, j'y ai même mangé. »

Le visage de Draco s'assombrit devant ses paroles.

« Et toi ? Tu ne devais pas finir ta toile ce soir ?

- Si. Je me suis dit que cela pouvait attendre. Que je mange avec toi n'a pas l'air de te faire plaisir.

- Ce n'est pas ça, mais comme tu devais peindre, j'ai ramené du travail à la maison. Je voulais m'avancer pour t'emmener au restaurant demain. »

Ron avait pris une réservation dans le meilleur restaurant de Londres pour enfin lui demander de l'épouser et peut-être lui parler du projet d'avoir un enfant. Il ne fallait pas tout précipiter. De plus, il avait espéré commencer à remplir la demande de grossesse alors que Draco travaillait. Il soupira, un peu déçu.

« Je peux annuler la réservation, on ira plus tard.

- Non ! Ça ira. Je mange avec toi et je file finir ma toile, elle sera terminée pour demain soir.

- Génial. »

Ron avait retrouvé le sourire et alors que Draco lui racontait la visite de George et le fait de renforcer les sécurités de l'appartement, il pensait déjà aux mots qu'il allait prononcer le lendemain. Draco, de son côté, était partagé entre le mensonge de Ron et l'invitation au restaurant. En tant qu'ancien Serpentard, il trouvait ça assez louche, mais avait confiance en Ron.

-/- -/-

George retourna une pile de vêtements pour mettre la main sur une chemise blanche qui avait du s'y glisser. Le blanc, c'était classique, mais avec des cheveux couleur feu on ne pouvait pas tout se permettre. À éviter comme la peste : le jaune poussin, le rose bonbon 2 et le mauve sucette à la violette. Et puis, ça passerait très bien avec sa robe noire. Il avait réussi à voler à Fred, avec l'aide d'Alicia, un pantalon noir à pinces, qui d'après cette dernière lui faisait un « derrière des plus trognons ». Il passa une main dans ses cheveux, écartant les mèches qui retombaient systématiquement dans ses yeux. Un coup d'œil sur sa montre lui fit prendre conscience que s'il ne trouvait pas cette fichue chemise d'ici dix minutes, ce premier rendez-vous se ferait torse nu3.

Alors que l'on sonnait, il poussa un cri de victoire et enfila la chemise avant de se précipiter sur la porte d'entrée et de l'ouvrir. Andrew faillit en perdre sa mâchoire en voyant George, légèrement essoufflé, essayant de boutonner les derniers boutons d'une chemise récalcitrante.

« Bonsoir Andrew, entre je t'en prie.

- Bonsoir… Euh, je t'ai apporté ceci. »

Andrew tendit, hésitant, une rose rouge à George. Il se sentait ridicule, mais le sourire de George valait bien cela.

« Je ne savais pas trop quoi acheter, je ne voulais pas venir les mains vides.

- C'est très gentil, merci beaucoup. J'ai plus l'habitude d'en offrir que d'en recevoir, mais ça me fait très plaisir. Je vais finir de me préparer, désolé je suis en retard.

- On a tout notre temps. »

George s'éclipsa, tenant toujours la rose à la main. Il s'appuya à la porte de sa chambre et respira un grand coup. Surtout ne pas crier, surtout en pas crier ! Il allait devoir se retenir pour ne pas sauter sur le blond. Un pull en cashmere noir, col en V, et un jean bleu clair moulant ça n'avait pourtant rien d'exceptionnel… Tout dépendait surtout de celui qui les portait. Et lorsque ce dernier vous plaisait, il pouvait bien porter ce qu'il voulait. George se dépêcha de finir de se préparer et retourna dans le salon.

« Alors, où m'emmènes-tu ?

- J'ai réservé dans un restaurant moldu pas loin d'ici. On peut y aller à pied.

- Parfait. »

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« Est-ce que vous pouvez de nouveau vérifier ? J'ai appelé samedi matin pour une table pour deux au nom de Mc Fee.

- Je suis vraiment désolé, monsieur, mais nous n'avons aucune réservation à ce nom.

- Regardez encore !

- Cela ne changera rien. »

George posa sa main sur l'épaule d'Andrew qui était prêt à exploser. Cela faisait bien dix minutes qu'il discutait avec l'employé du restaurant, un anglais pure souche, air pincé et armada de balais dans une contrée qui ne serait sûrement jamais explorée. George essayait de calmer le jeu, même si créer un scandale dans le hall du restaurant le démangeait. Il avait été impressionné par le cachet du lieu… Mais arriver avec des robes noires de sorcier ne devait pas être de bon ton. Le reniflement dédaigneux du réceptionniste et les regards de la clientèle avaient tout de suite étaient clairs, leur disant de partir.

« Andrew, ce n'est rien. Nous pouvons aller manger autre part. »

George lui prit le bras et l'entraîna à l'extérieur. Ils restèrent silencieux un moment, le temps pour Andrew de se calmer.

« Je suis désolé, je voulais vraiment t'inviter dans ce resto, que la soirée soit parfaite.

- C'est vrai que cela aurait été bien… Mais c'est avec toi que je veux passer la soirée et pas avec une bande de snobs. Marchons un peu, on va bien trouver un endroit pour manger. »

Andrew sourit timidement alors qu'il rencontrait le regard de George. L'important, c'était d'être avec lui, au diable le restaurant. Ils commencèrent à parler de tout et de rien, un léger sourire teinté de gêne figé sur leur visage. Aucun ne remarqua les lourds nuages qui s'amoncelaient au-dessus de la ville, trop préoccupés par l'autre, par la vision qu'on lui donnait de soi, de ce qu'on lui disait.

Andrew connaissait les ruelles de Londres comme sa poche, entraînant George dans le dédale de la ville. Leurs discussions prenaient parfois des détours exaltés, d'un humour parfois douteux, timorés. C'était un premier rendez-vous, on se couvait du regard, mais l'on n'osait se toucher. Leur main se frôlait, un regard s'égarait. Ils en avaient oublié de dîner. Ce n'est que lorsqu'un éclair déchira le ciel et que des gouttes commencèrent à s'écraser sur le sol qu'ils se mirent en quête d'un endroit où manger et où s'abriter. Andrew prit soudainement George par la main, dont le cœur se mit à battre plus vite, et le tira vers un bouiboui à peine visible. Trempés, ils se réfugièrent d'abord sous un porche, histoire de se sécher.

George bénit intérieurement la magie de pouvoir sécher des vêtements en une seconde chrono. Vive les sorts maîtrisables dès la première année. Un jeu d'enfant. Il se jeta le sort, alors qu'Andrew faisait de même. Le roux haussa un sourcil en voyant le geste maladroit d'Andrew. Détail vite oublié devant le sourire du blond. Ils rentrèrent enfin à l'intérieur sous les regards curieux et méprisants des habitués de ce taudis.

« Riches ou bourrés, les robes de sorciers ont du mal à passer. Tu crois qu'on va aussi nous mettre dehors ?

- Pas si on paie notre repas. »

Pouffant de rire, ils s'installèrent au fond de la salle. Il ne fallut pas une minute pour que l'on vienne prendre leur commande. Un homme plus large que long, au tablier constellé de tâches de gras s'était planté devant leur table, l'air renfrogné.

« Qu'est-ce que je vous sers ? »

George se retint de rire devant la mine patibulaire et la joie communicative de l'homme, alors qu'Andrew essayait d'essuyer la table qui collait à ses manches, on ne sait par quel miracle.

« Ça dépend de ce que vous avez à nous proposer mon brave.

- À ct'heure-ci, le plat du jour.

- Et quel est le plat du jour ?

- Tartine de la mer. »

George et Andrew grimacèrent, mais l'homme s'était déjà retourné et avait disparu dans ce qui devait être la cuisine. George éclata de rire.

« On a pas idée d'avoir une tête pareille, on dirait le batteur des Ours féroce, l'équipe de Sibérie.

- Batteur ? Tu suis le base-ball ?

- Baise-bol 4 ? Qu'est-ce que c'est ? Un sport moldu ?

- Oui…

- Je ne connais pas. Non, je te parle de Quidditch ! D'où est-ce que tu sors ?

- Le Quidditch ! Excuse-moi, j'étais déconnecté.

- Même si tu n'as jamais joué, tu as du voir les matchs à Poudlard. Tu étais dans quelle maison ?

- Ben…

- Deux tartines de la mer ! »

Andrew soupira de soulagement alors que Mine Patibulaire jetait les assiettes sur la table avant de s'en aller. Les deux sorciers regardèrent intensément leur assiette, où trônait une tartine de pain grillée surmontée de quelques crevettes, moules et autres ingrédients non identifiables, le tout recouvert d'une sauce marron translucide 5. George porta l'assiette à hauteur de ses narines, essayant de reconnaître, de trouver le moindre indice sur ce qu'il allait « peut-être » avaler. Andrew donnait des coups de fourchettes, de peur que les fruits de mer se carapatent.

« Ça sent le caoutchouc brûlé.

- Ma fourchette rebondit dessus.

- On risque de finir à Ste Mangouste.

- Et une armée de médecins ne suffira pas à traiter notre cas. »

Médecin, d'après Hermione il s'agissait de l'équivalent moldu pour médicomage. George n'eut pas le temps de faire la moindre remarque qu'un futur malade mordait ardemment dans sa tartine, mâchant consciencieusement chaque petite bête de l'océan.

« Alors ?

- C'est bizarre, mais je devrais survivre, j'ai mangé des choses bien pires.

- Avec toutes les expériences faites avec mon frère, je dois pouvoir surmonter ça. »

C'est exactement ce que n'importe quelle personne normalement ou anormalement constituée aurait pu penser…

--

Accroché à un poteau, George regardait avec attention le fond du caniveau. Il tanguait dangereusement d'avant en arrière et essayait d'ignorer Andrew qui redonnait leur liberté aux fruits de mer et à la tartine qui n'avait rien demandé. Il déglutit péniblement avant qu'un spasme ne le plie en deux. Lui qui se croyait blindé contre tout, qui avait mangé toutes les sortes de dragées de Bertie Crochue y compris celle à la morve de troll. Il avait été vaincu par un « repas » moldu. Le cuistot devait l'avoir fait exprès, on ne pouvait pas faire quelque chose d'aussi indigeste sans le savoir. Le sourire en coin auquel ils avaient eu le droit en sortant du bouge prenait un tout autre sens. Une fois remis, il devrait en parler à Fred et soumettre le cuistot fou à un interrogatoire en règle.

Il s'essuya la bouche, respirant à fond… Mauvaise idée. Le mélange pot d'échappement et Fish and chips n'avait rien de curatif et son estomac se remit à faire du yoyo. Les passants les regardaient amusés, parfois compatissants. Andrew se redressa difficilement, le teint verdâtre.

« Tu vas finir par fuir, à chaque fois qu'on se voit, je finis par vomir.

- Je commence à en prendre l'habitude et puis comme ça il ne me reste que tes bons côtés à découvrir. »

Andrew s'essuya la bouche d'un revers de main, absolument pas convaincu. George avait réussi à se stabiliser et posa sa main sur l'épaule du jeune homme pour le soutenir. Il sentit le tissu humide sous ses doigts, comme si le sort qu'Andrew s'était lancé pour se sécher n'avait pas marché. Andrew tourna la tête vers lui.

« Ça va aller ?

- Oui, je vais m'en remettre, merci. Mais mon frère va me tuer lorsque je vais lui rendre son pantalon… Qu'est-ce que je donnerait pas pour un bonbon ou un chewing-gum à la menthe avant de mourir de ses mains et ainsi arriver au paradis avec l'haleine fraîche.

- Je crois que je peux exaucer ton souhait. Il suffit d'aller à la boutique.

- Boutique ?

- Honeyducks… Je peux y entrer, je connais les sorts qui la protègent.

- Nous n'avons qu'à transplaner à Pré au Lard. »

Les traits d'Andrew se crispèrent légèrement, mais il se força à sourire.

« On se rejoint là-bas !

- George attend… Euh… Je ne me sens pas très bien et je… ne suis pas sûr d'arriver au bon endroit.

- Tu n'as qu'à t'accrocher à moi. »

Andrew ne se fit pas prier, légèrement plus grand que George et plus carré, il passa ses bras autour de lui. Le roux eu du mal à transplaner avec un koala géant accroché à lui et c'est un peu chancelants qu'ils atterrirent à Pré au Lard, devant Honeyducks. Andrew agita sa baguette 6, prononçant de façon inaudible quelques formules. La minute suivante, la porte s'ouvrit et des chandelles illuminaient la boutique.

Andrew mena George dans une pièce à l'écart du magasin et que, malgré toutes ses visites, il n'avait jamais vu. Il s'agissait d'un petit salon de thé avec quelques tables. Un feu crépitait dans une immense cheminée à côté de laquelle se trouvaient des fauteuils moelleux. Il lui fit signe de s'asseoir près de l'âtre, avant de disparaître pour revenir quelques instants plus tard avec du thé et des bonbons menthe glaciale qui vous gelait le bout de la langue. Il s'assit sur un fauteuil près de George et le servit. Le roux prit aussitôt un bonbon pour faire passer le goût âpre et écoeurant qui le suivait depuis le bouiboui. Il frissonna en sentant le froid geler peu à peu sa langue. Il but une gorgée de thé pour se réchauffer et son regard se tourna instinctivement vers le feu. Andrew voyait les reflets des flammes jouer avec les mèches rousses, l'hypnotisant totalement. Il avança sa main prudemment jusqu'à les caresser. Ses doigts glissèrent doucement sur la joue de George qui inclina la tête pour que sa peau entre en contact avec la paume de la main.

Il posa sa tasse de thé, de peur que ses mains ne le trahissent. Les pensées se bousculaient dans son esprit. Il avait angoissé à l'idée de ce rendez-vous, ne sachant quelle attitude adopter face à Andrew. Il ne savait comment gérer le fait qu'il était avec un homme, qu'il perdait en quelque sorte le rôle de dominant, qu'il n'était pas le seul à prendre les devants. Pourtant, il se sentait bien entre ses bras, lorsque Andrew le touchait, cela lui paraissait tout naturel. Il se pencha en avant pour que leurs lèvres se frôlent. Et cette fois-ci, ce n'est pas de froid qu'il frissonna. Un picotement partant du bas de son dos, remonta le long de sa colonne vertébrale jusqu'à la base de ses cheveux. Contrairement à ce qu'il avait pu imaginer, cela n'avait rien de brute, de possessif, c'était doux, tendre… Le fait qu'Andrew soit un homme n'avait rien de problématique, puisqu'il voulait être avec lui et que c'était tout simplement réciproque.

Ils s'embrassèrent pendant quelques minutes avant de se séparer, reprenant leur souffle. Sans s'être parlé ni même regardé, ils s'étaient arrêtés et éloignés. Ils n'étaient pas pressés, ils ne voulaient rien précipiter. Ils avaient passé l'âge pour ces balbutiements de début de relation, mais c'était aussi ce qu'il pouvait y avoir de meilleur. Le regard brillant, George se cala dans le fauteuil. Andrew souriait, rêveur, la tête dans les étoiles.

« Andrew ? À quoi tu penses ?

- Que cette fois-ci, même si j'ai encore été malade, je me souviendrais de cette soirée toute ma vie. ».

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

1. D'horribles pensées ont assailli mon esprit en écrivant la fin de cette phrase.

2. Le rose Réléna. (Même dans Harry Potter, je pense à Gundam…)

3. Sans chemise, sans pantalonnnnn ! Hum hum… Désolée, on reprend.

4. Nouveau sport en chambre non homologué. A vous de voir ce que vous faites du bol…. Aucun commentaire sur mon humour.

5. Si vous avez vu la comédie romantique avec Mathew Perry et Neve Cambell, vous devez voir à quoi je fais allusion. Me rappelle plus du titre.

6. Ha ha ha ha ha ha ha…. HA HA HA HA HA… Sans commentaires, les perverses me comprendront.

Et voilà ! J'espère que vous n'êtes pas trop déçu(e)s d'avoir attendu aussi longtemps pour ce chapitre, m'excuse encore... Aller vous fait de gros bisous à tous...