Merci pour vos commentaires et vos avis, cela compte vraiment beaucoup pour moi !

Désolé de mon temps de publication, j'essaierai d'être plus rapide au prochain chapitre ! :D

Bonne lecture!


Logan longeait la cour extérieure de la villa. Il faisait nuit noire, un vent glacé balayait les environs, soulevant avec insistance les cheveux du vieux gladiateur. Son regard acéré courait le long du mur de pierre. Son cœur, habitué à l'adrénaline des combats, battait avec force et régularité. Il écoutait la nuit, il attendait le bon moment. Dans son dos, il sentait respirer et vibrer la trentaine d'hommes qui l'accompagnait. C'était pour ce soir, ce soir ils allaient prendre d'assaut la villa et libérer les esclaves de Shaw, avant d'aller frapper aux portes des autres demeures environnantes. Logan attendait le signal. Les yeux rivés à l'une des fenêtres de la villa.

Erik ne dormait pas. Il attendait allongé dans le noir, la respiration courte, les muscles tendus, il patientait. Il fixait sans le voir le plafond de sa cellule, il savait que, quoi qu'il allait se passer, c'était la dernière fois qu'il regardait ce foutu plafond. Car cette nuit soit il gagnait sa liberté et celle de Charles, soit il mourait en essayant. Il c'était économisé toute la journée en vue de l'assaut de la nuit. Son oreille décelait le moindre son, l'impatience commençait à monter petit à petit.

Charles cherchait à tâtons sa toge. Il venait d'offrir son corps pour la dernière fois à son maître. Il avait tout fait pour le fatiguer et l'endormir. Charles devait se dépêcher avant que n'importe qui ne se réveille. Il faisait si noir… mais il ne devait pas encore allumer la lampe à huile. Enfin il trouva son vêtement, il s'habilla à la hâte. Au pas de la chambre de Shaw, Charles se retourna et observa le corps inerte de son maître. Il dormait… Charles serra les dents. Oui, il venait de se laisser faire pour la dernière fois !

Raven attendait dans le couloir qui menait au ludus. Elle tenait pressé contre son cœur la clé qui ouvrait les cellules des gladiateurs. Charles l'avait dérobé dans la journée et le lui avait confié avant de se rendre au service nocturne de Shaw. Elle avait entendu les ébats de Charles avec leur maître. Elle avait osé un regard, avant de partir le cœur révolté. Depuis plusieurs jours ils avaient mis au point leur plan, il n'était pas question de laisser son esprit être envahit par des considérations secondaires… Raven avait les mains qui tremblaient, elle avait peur, et si jamais elle mourait cette nuit ? Et si jamais elle perdait la vie sans jamais avoir été aimé par un homme ?

Charles alluma enfin la lampe à huile, après s'être assuré que les gardes sommeillaient après le repas trop copieux qu'il leur avait fait livrer. Il posa la lampe sur le rebord de la fenêtre. Les ténèbres s'allumèrent et la lumière informa Logan et ses comparses que la voie était libre. Charles avait déverrouillé les portes de la villa. Charles se dépêcha ensuite de donner le signal à Raven. En entendant le doux sifflement de son ami, la jolie blond descendit les marches et couru à petits pas vers les grilles du ludus pour commencer au ouvrir les cellules. Erik se leva au son leste des pas de la jeune femme. Quand elle glissa la clé dans sa serrure le fier gladiateur se tenait devant elle. L'espace d'un instant, juste avant que la grille ne s'ouvre, Raven s'imagina ce que cela pouvait faire d'être aimé par cet homme ? Elle s'imagina aussi qu'il était à lui et qu'en ouvrant sa cellule il la prendrait dans ses bras et l'embrasserait avant de se battre pour elle… mais non, il était là pour Charles. Une fois libre Erik lui adressa un regard perçant avant de foncer vers l'armurerie. Il se saisit de deux lames courbes avant de gagner la villa à pas de loup. Peu à peu les gladiateurs envahissaient la villa par la cour carrée et par la grande entrée. Charles regardait filer dans la nuit ses hommes qui pénétraient dans la villa pour bouleverser son destin. Il se tenait droit tout en laissant entrer les loups dans ce lieu. Logan s'arrêta devant lui. Il lui posa une main lourde sur l'épaule.

- Tu es prêt gamin ?

- Oui.

A cet instant Erik déboucha depuis l'escalier, il aperçut son Charles en compagnie de Logan. Sans plus pouvoir se retenir il traversa l'espace qui les séparaient et s'empara du corps chaud de son amant. Il l'embrassa avec une force telle que Charles en fut étourdit.

- Gardes tes forces pour le combat, chuchota Logan.

- Tu te trompes l'ami, répondit sans le regarder Erik. Là, je puise mes forces dans ce baiser.

Charles leva ses yeux vers Erik. Ils se tenaient l'un contre l'autre si proche à la vue de tous, c'était grisant, nouveau, inédit, incroyable, il avait envie de rire.

- Tu as peur ? chuchota Erik une fois que Logan c'était un peu éloigné.

- Seulement de te perdre.

- Je te jure que non. Ni dans cette vie, ni dans celle d'après.

- Puisse les dieux t'entendre et t'exaucer.

- Je n'ai pas besoin d'eux pour savoir que je tiendrais promesse.

- J'ai foi en toi.

Erik sourit. Il relâcha Charles et se tourna vers la troupe d'hommes armés et prêt à se battre qui avaient répondu à son appel. Tous attendaient son signal. Erik sourit comme un tigre à Charles, puis il tira une des lames qu'il avait dérobées à l'armurerie et la leva bien haute en poussant un rugissement. Sitôt le signal donné des torches s'embrasèrent par dizaine et les hommes se répandirent dans toute la villa en hurlant à leur tour. Les gardes en poste se réveillèrent immédiatement, sonné par l'urgence de la situation. En quelques secondes la villa fut prise de panique, les esclaves, les gardes, les résidents, tous hurlaient, se sauvaient en courant. Les gladiateurs, sortis de leur cellule, rejoignirent le mouvement et bientôt le sang commença à colorer. Les gardes en grands nombres se battaient, mais ils n'étaient pas aussi nombreux que la cinquantaine d'hommes armés qui les acculaient. Bientôt il n'y eut plus personne pour résister et les esclaves soudainement devenus libres étaient à la foi pétrifiés devant cette vérité et pleurant de joie. Les dieux répondaient enfin à leurs prières ! Pourtant il restait une personne à affronter et Erik c'était fait une promesse : tuer Shaw.

- Nous allons attaquer la villa suivante ! s'écria Logan au cœur d'une belle troupe d'hommes couverts de sang frais.

Le grondement des hurlements favorables le fit sourire.

- Il est temps que ces « maîtres » apprennent à nous craindre et qu'ils répondent de leurs actes ! Il est temps que vous soyez libres ! Il est temps de se venger !

Tous se dirigèrent vers la porte et coururent dans la nuit, sous le vent avec leurs torches à la villa suivante. Logan resta un instant en regardant Erik rester sur place.

- Eh l'ami ?!

- J'arrive, mais avant j'ai un dernier compte à régler.

- Ah… je vois. Ne perds pas trop de temps, la nuit est belle et il nous faut en profiter à profusion !

Logan éclata de rire et couru vers la sortie, en chemin son regard croisa celui de Raven. La jeune fille effrayée par les cris et les morts c'était réfugiées dans une niche de l'entrée de la villa. En l'apercevant Logan eut l'impression de croiser une nymphe effarouchée. Il lui adressa un sourire tendre avant de reprendre son chemin.


Erik, enjamba le cadavre chaud d'un garde, ses pieds nus glissaient sur le carrelage barbouillé de rouge. Il marchait vers la pièce où c'était réfugié Shaw lors de l'agitation : la cave à vin. Erik l'avait vu s'y précipité et dans le tumulte de la bataille, il avait enfermé l'homme dans la cave pour être certain de le retrouver vivant et d'avoir le privilège de le tuer lorsque tout se serait calmé. En arrivant devant la cave, il trouva Charles, un couteau de cuisine en main, les épaules dures et son regard planté sur le bois qui constituait la porte. Erik s'approcha doucement.

- Tu vas bien ? demanda-t-il doucement en apposant ses lèvres dans le creux de la nuque du brun.

- … Oui.

- Qu'as-tu ?

- Je n'ai jamais vraiment cru que ce moment arriverait.

- Lequel ?

- Celui où je verrais Shaw expier.

- Tu veux être l'auteur de sa mise à mort ?

Charles frissonna, il se tourna vers Erik, cherchant à s'accrocher à quelques choses. Penser à tuer c'était facile, mais le faire… non, impossible. Pourtant Charles le voulait, il voulait tuer Shaw, mais… son corps était pétrifié. Il tenait dans ses mains le couteau, tout en étant incapable de s'en servir.

- Je peux le faire pour toi, chuchota Erik avec douceur.

- … je veux voir… je veux le voir mourir. Je veux voir la peur dans ses yeux. je veux savoir qu'il va éprouver le supplice que je l'ai vu infliger à tant d'autres, dit d'une voix serrée Charles.

Erik tourna délicatement le menton du brun vers lui et il l'embrassa lentement. Charles tremblait. Les émotions étaient si fortes.

- Il ne te fera plus jamais de mal.

- Je sais…

Erik ouvrit la porte. Dans la petite cave voutée, où étaient stockées les amphores provenant de toute la République, il trouva Shaw debout, acculé dans l'ombre. Erik approcha sa torche du centre de la pièce et il attendit. Charles se glissa à son tour dans la pièce, trouvant l'ombre où se fondre et il attendit lui aussi.

- Alors c'est toi mon bourreau ? fit placidement Shaw.

- D'après l'adage : « on a que ce que l'on mérite ».

- Il est vrai que je mérite de mourir de la main de l'homme le plus puissant de Rome… mais savoir que c'est un chien qui se retourne contre la main qui l'a nourrit me révolte. Ne t'ai-je pas tout donné ?

- Tu m'as contraint à la muselière ! gronda Erik en faisant glisser les deux armes qu'il tenait dans chacune de ses mains.

- Et tu vas m'égorger ici ? Comme ça ?!

- Mérites-tu mieux ?

- Je mériterais de me battre à la loyale, mais tu es un gladiateur entrainé par mes soins… alors fais-ça vite, chien !

Shaw se tenant debout, il affrontait son destin avec fougue, refusant de céder et de supplier. Erik s'approcha leva son bras prêt à en finir.

- Attends ! coupa Charles en s'approchant du cercle de lumière délimité par la torche laissé au sol.

- Charles ! s'écria Shaw en perdant son masque de suffisance. Charles ! Aide-moi ! Aide-moi et nous serons ensemble à nouveau et…

- Je ne suis pas heureux.

- … pardon ?

Erik s'écarta de Shaw et laissa Charles s'avancer encore.

- Vous m'avez demandé si j'étais heureux avec vous… j'ai répondu « oui », mais c'est faux. Je ne le suis pas.

- Charles, voyons, tu…

- Dès que vous me touchiez j'avais envie de mourir. J'aurais préféré mourir que d'être à vous encore une nuit de plus.

- Charles…

Shaw tremblait, la déception, la peur, la fierté s'entrecroisaient dans son corps. Soudain la colère surpassa le reste et Shaw s'emporta brutalement dans une tempête de mots rudes :

- Tu n'es qu'un petit bâtard ! Tu oses me repousser ?! Tu oses rejeter ton maître ?! Tu seras puni par la plus atroce des morts ! Car même si ce soir vous avez l'impression de gagner votre soit disant liberté, vous allez être poursuivit par tout Rome ! Vous allez être retrouvé, où que vous soyez sur cette salope de Terre et on vous fera souffrir plus que la mort ! Oui, Charles, je te souhaite de crever ! De crever de la plus douloureuse des façons ! je prie les dieux de t'envoyer ces plus affreux sbires pour t'arracher les tripes et te laisser sécher au soleil bouffé par les rapaces ! Tu me répugnes ! Comment ai-je pu être si bon avec une créature telle que toi ? Je me suis laissé aveugler par ta beauté, mais aujourd'hui je vois enfin le vice qui se cache sous ce regard ! Je vois qui tu es vraiment !

- Alors… vous devez voir un homme libre, dit Charles sans trembler.

- Je vois un cadavre en sursis ! cracha Shaw avec hargne.

- Non, ce que tu vois, sans le savoir c'est autre chose, reprit Erik en passant un bras trempé de sueur et du sang d'un autre autour de Charles.

Le regard de Shaw devint furibond en voyant ce geste si intime relier ces deux hommes.

- Sous mon toit ? Sous mes yeux ? Vous avez frayé dans mon dos ?! ORDURES ! Tu as touché Charles ! S'insurgea Shaw au bord de l'hystérie.

- J'ai fait tout cela pour lui, informa Erik en affirmant sa prise autour de son amant. Et cette nuit après ta mise à mort, apprends que nous partirons ensemble si loin que jamais les griffes de Rome ne pourras nous retrouver. Sachez aussi que nous serons ensemble à jamais et que je serais toujours là pour protéger Charles de tes menaces futiles. Nous allons vivre heureux, libres et loin de ces romains que j'exècre.

- Alors qu'attends-tu ?! éructa Shaw.

Erik regarda Charles, ils étaient déterminés l'un et l'autre. Le gladiateur se détacha de Charles, le temps des mots était fini, il fallait maintenant exécuter la sentence de mort.

- Un dernier mot, romain ? questionna Erik avec froideur.

- Pas pour toi chien !

- Alors pour personne !

Le bras d'Erik s'abattit et en une seconde Shaw perdit la vie et la tête.


L'aube grise se levait sur la vallée. Une centaine de renégats nouvellement libres gagnaient les hauteurs et la forêt pour se cacher et quitter Rome. Erik marchait en tête en compagnie de Charles qui semblait être devenu un nouvel homme, il souriait, il parlait, il ne semblait pas se soucier d'avoir froid, il était tout à son bonheur. Raven était avec les autres esclaves de maison qui avait décidé de suivre les gladiateurs : au milieu de la troupe. Elle avançait en serrant autour d'elle un châle qu'elle avait volé à son ancienne maîtresse. Fort heureusement pour elle et sa fille, elle n'était pas présente lors de cette nuit de massacre. Tandis que Raven pensait à cette fillette qu'elle ne verrait plus jamais, Logan la rejoignit.

- A qui penses-tu ? demanda doucement Logan d'un ton un peu bourru.

- A Malicia…

- Malicia ?

- Ma petite maîtresse.

- Elle ne l'est plus.

Raven leva ses yeux vers Logan et lui sourit.

- Oui, tu as raison…

- Quel est ton nom ? interrogea sans détour Logan tout en écartant d'un geste de la main une branche basse qui menaçait de griffer la peau pâle de la jeune femme.

- Raven.

- C'est très beau…

La jolie blonde sourit et elle sentit ses joues rosir. Logan posa un regard doux sur elle et pour la première fois de sa vie Raven se sentit importante.


Ils établirent leur campement dans une gorge éculée de l'arrière-pays de Rome. Loin des routes et des sentiers, là où personne n'aurait l'idée d'aller les chercher. Il était plus de midi et tous désiraient se reposer et profiter des vivres cachées dans leur sanctuaire. Logan et Erik prirent la tête des opérations et répartirent les tâches. Dix hommes à la surveillance des environs, dix autres à la préparation du repas, dix pour aller puiser de l'eau dans un cours d'eau attenant et le reste devait préparer le campement pour le reste de la journée et une partie de la nuit. Il avait été décidé de quitter la région durant la nuit, le couvert de la lune leur était bénéfique. Tous étaient fatigués, tous avaient faim et n'aspiraient qu'à se laver.

Charles affecté à la quête d'eau avec Raven en profita pour se jeter en amont dans l'eau claire. Il lava les dernières traces de Shaw, il lava son passé et bu de grande gorgée de liberté avant de remplir son amphore en terre cuite et de remonter vers le campement en compagnie de Raven.

- Tu sembles différentes, nota Charles ses cheveux luisant d'eau.

- C'est presque irréel d'être ici…

- Oui, j'ai bien du mal à y croire.

- … qu'est-ce que l'on va faire ? Avant on avait quelqu'un pour nous dire quoi faire, quoi porter, quoi manger, maintenant on est livré à nous-même et ça me fait presque peur.

Charles sourit, il éprouvait les même inquiétudes, pourtant il avait le cœur en joie, car il savait que ce n'était que temporaire cette émotion.

- On se sent un peu perdu non ?

- Oui…

- Mais, j'ai cru noter que tu avais déjà commencé à passer à autre chose, s'amusa le brun.

A ces mots ils débouchèrent sur leur campement et Logan riait à gorge déployé avec un camarade. Charles regarda ce gladiateur à la peau marquée, qui cessa de rire en apercevant la chevelure de Raven.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, s'empourpra la blonde.

- Ah ? Dommage…

Raven en réponse infantile lui pinça tendrement le bras avant d'emporter son amphore dans la direction de Logan. Charles resta en retrait, il souriait, il souriait et pour la première fois de sa vie, il ne fixait pas le sol en parlant ! Il regardait les gens ! Il regardait le ciel, il était libre. Durant quelques instants il resta en retrait observant son amie flirter avec un Logan plus que subjugué.

- Tu les espionnes ?

Charles sursauta, manquant de fracasser l'amphore qui venait de lui échapper des mains.

- Je ne te savais pas maladroit, dit Erik en rattrapant de justesse le récipient.

- Désolé, je ne t'ai pas entendu approcher.

- D'ordinaire c'est toi qui excelle à ce petit jeu.

- Tu n'es pas mauvais non plus.

Erik fit glisser l'amphore au sol avant d'enlacer Charles.

- Et si on explorait les environs…

Charles sentit un frisson d'excitation l'envahir.

- Ce n'est pas risqué ?

- Peut-être… surtout si on attend trop, grogna tendrement Erik en mordillant sa nuque.

Erik accola son bassin contre Charles, lui faisant nettement ressentir le désir qu'il avait pour lui. Ils s'embrassèrent, puis s'éclipsèrent du campement sans éveiller le moindre soupçon. Ils se trouvèrent un petit recoin tranquille tandis que le jour tombait enfin. En quelques secondes ils étaient nus. Ils étaient nus et libres au milieu de nulle part. Charles découvrait ce que c'était que de faire l'amour sans avoir une boule au ventre, causée par la peur d'être surprit et tué.

Charles, les cuisses ouvertes, se laisser faire, il se laissait pénétrer en profondeur et lorsqu'Erik l'empala au plus profond frappant ce point si sensible, il s'autorisa à laisser aller un cri de plaisir fulgurant. Sentir Erik en lui, était la chose la plus extraordinaire qu'il n'ait jamais connu. Son corps ne lui obéissait plus, il répondait à l'appel de celui d'Erik et l'un et l'autre se coordonnaient dans un ballet de sensualité. Erik tout en l'embrassant langoureusement s'enfonçait en Charles avec délectation, il ne retenait pas ses coups de reins, il savourait son plaisir et en donnait à Charles. C'était tellement bon, tellement jouissif de s'abandonner ainsi en pleine nature sans avoir à se soucier d'être discret. Erik aimait entendre gémir Charles et il ne se privait pas de tout faire pour que le brun gémisse de plaisir. Charles allongé, le dos dans l'herbe sèche, avait refermé ses jambes en étau autour du puissant corps d'Erik, l'invitant à prendre toujours plus possession de lui. Leurs doigts s'entremêlaient, leurs bouches se cherchaient, se mordaient. Et tandis qu'ils allaient jouir à quelques instants d'écarts, les premières étoiles s'affichaient au-dessus des frondaisons. Lorsqu'ils retournèrent au campement ils étaient plus unis que jamais, Charles effleurait la main d'Erik, cherchant- son regarda avant de se faire happer par Raven.

- Mais vous étiez où ?! s'exclama la jeune femme en collant entre les mains de Charles son repas du soir qu'elle lui avait gardé malgré l'heure très tardive.

- On s'est promené.

- … dis plutôt que tu as profité de vôtre moment d'intimité !

- … peut-être…

- C'est même sûr. Pendant plus de deux heure son vous a cherché ! Quelqu'un a fini par trouver où vous étiez et quand il est rentré on a tous bien compris que ce n'était pas une balade ordinaire.

- On nous a vus ?! pâli Charles.

- Un peu… en tout cas tu as traumatisé le jeune gladiateur : Hank.

Raven désigna du menton un jeune garçon fin brun foncé qui discutait tranquillement avec d'autre.

- Je ne le connais pas…

- Il fait partie des gladiateurs emmené par Logan.

- Et il nous a vus ?

- Pas qu'un peu vu la tête qu'il faisait !

- …

- Allons, ne soit pas si gêné ! s'amusa Raven.

Charles avala son repas assit sur un tronc en compagnie de Raven, tandis que devant le feu, Logan et Erik établissait un plan pour les jours à venir. Quel chemin prendre, quelle villa attaquer, quelles vivres à voler sur les routes ? A toutes ces questions les deux hommes cherchaient des réponses. Charles s'allongea pour dormir sur un canevas de matelas en lin, il l'avait emporté de la villa, maigre lit, mais il fut nettement plus confortable lorsqu'Erik finit par le rejoindre. Il n'y avait presque plus aucun bruit dans le campement, les gardes veillaient, les autres dormaient. Erik colla son nez dans les cheveux de Charles.

- Tu es fatigué ? demanda le brun en se blottissant contre le blond.

- Un peu…

- Est-ce de ma faute ? chuchota Charles avec malice.

- C'est vrai que tu m'as demandé beaucoup d'efforts…

Ils s'embrassèrent. C'était un baiser long, langoureux, tendre.

- Charles, ce n'est que le début ici… bientôt on passera les Alpes et nous regagnerons l'Est. Mon pays deviendra le tient et nous y serons heureux.

- Je le suis déjà.

Erik serrait dans ses bras cet homme qui le poussait à se surpasser. Il avait craint pour sa vie lors de l'attaque, et maintenant encore il avait peur que les romains ne les rattrapent et ne lui arrache son Charles. Alors des mots lui glissèrent hors de sa bouche avant qu'Erik ait pu les contrôler. Et lorsqu'il s'entendit parler, il sut que c'était vrai et qu'il avait gardé cette vérité pour lui depuis trop longtemps :

- Je t'aime… je t'aime Charles.


J'espère que ce chapitre vous a plu! N'hésitez pas ( genre pas du tout! ) à me laisser vos commentaires! j'adooooore ça !

A très vite !