Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair est à moi.

Rating : T

Personnages : le Trio d'Or, Albus, Severus, Minerva, OC.

Correctrice : Fantomette34.


Premiers contacts de nos héros avec Agreus et sa famille. Severus - et Harry - vont sauver une vie, et Ron... ben, aujourd'hui, c'est lui qui est dans la m... élasse.

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Bonne lecture !


Le Collier de Minos - Avec eux, entre nous, liens...

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Première partie

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Pendant quelques secondes, les deux groupes restèrent figés...

Puis les Crétois reculèrent en désordre : les femmes gémirent, l'homme les fit passer derrière lui, l'adolescent tourna les talons et courut vers la ferme, le jeune garçon clopina derrière le rempart illusoire d'un buisson.

"Mais... mais pourquoi ont-ils peur de nous ?

- Ron, s'exaspéra son amie, on arrive de nulle part, et en compagnie d'un Minotaure, en plus ! Ils ont de bonnes raisons d'avoir peur."

Alistair s'ébroua. La joie qu'il avait éprouvée à retrouver son île et son époque natale s'estompait, maintenant qu'un premier contact s'était établi avec ceux du passé.

Bon, au moins, ils ne nous ont pas attaqués.

Pas qu'il craignit ce genre de combat, mais la famille de paysans n'était pas une menace, et il espérait s'en faire des alliés. Commencer par une bagarre n'était pas le meilleur moyen d'y parvenir.

Il regarda les adultes. Les femmes s'étaient calmées, après un bref discours du chef de famille. L'enfant, par contre, semblait vouloir disparaître dans la terre, un peu plus à chaque fois qu'on l'observait. Quand à l'adolescent...

Il revenait, tenant d'une main le cou d'un chevreau tout en ruades, et de l'autre un couteau de bronze, beaucoup trop orné pour être d'un usage courant.

"Que veut-il faire ? s'étonna Albus.

- Nous l'offrir en sacrifice.

- Hein ?!

- Il nous prend pour des Dieux, reprit le Potionniste, et pense pouvoir nous amadouer en immolant ce jeune animal."

Severus disait vrai : telle était la volonté de l'adolescent, et Alistair l'avait bien compris, lui aussi.

Il avança vers le couple disparate...

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La silhouette immense du Minotaure se pencha tout d'abord vers l'animal, et - ô miracle - celui-ci se calma aussitôt. Severus sourit : son compagnon d'âme pestait souvent contre sa double nature, humaine et bestiale, mais elle avait des avantages. Entre autres, celui de pouvoir communiquer par télépathie avec toute créature portant des cornes ; cela se vérifiait avec les bœufs et les vaches, les boucs et les chèvres, les béliers... Alistair prétendait même qu'il pouvait échanger avec des escargots, mais n'en avait jamais apporté la preuve. Quoi qu'il en soit, son habilité fit coup double : le chevreau vint trottiner à ses pieds sans peur aucune, et l'adolescent en resta bouche bée.

"Quel est ton nom ? demanda Alistair à ce dernier.

- Mon... mon nom, Seigneur ?

- Oui, je veux savoir quel est ton nom et ta lignée.

- Je... je suis Télésphore, fils d'Athamas. Ma mère et moi faisons partie de la Maison de Nomios.

- Est-ce toi ? demanda le Minotaure à l'homme adulte.

- Non, Seigneur, Je suis Agreus. Nomios était mon frère. Il est mort des fièvres l'an passé, et comme ses terres se retrouvaient sans maître, j'ai rejoint son épouse et les sœurs de celle-ci pour veiller sur la ferme."

Et aussi pour empêcher des citoyens "intéressés" d'obliger la veuve à épouser l'un d'eux. Alistair connaissait la coutume : toute femme perdant son mari ne pouvait rester seule et devait se remarier avec un homme de sa communauté. La venue du frère avait dû la libérer d'un grand poids.

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La glace étant rompue, les Crétois observaient désormais les Sorciers avec curiosité. Une intense curiosité, même, et ceux qui la suscitaient le plus étaient Albus et Minerva, et, bizarrement, Ron Weasley.

"Mais qu'est-ce qu'ils ont à me dévisager ? s'irrita le Gryffondor.

- C'est pourtant évident.", répliqua Severus. Et pour illustrer son propos, il tira franchement sur les cheveux du garçon.

"Aïeuuh !

- Réfléchissez, Weasley, pour une fois. Ces paysans n'ont sans doute jamais quitté leurs terres...

- ... donc, ils n'ont jamais vu quelqu'un avec des cheveux roux ! s'écria Hermione, c'est ça ! Ils doivent te prendre pour quelqu'un d'anormal, peut-être même maléfique.

Perspicaces, pensa Severus.

- ... après tout, dans nombre de civilisations, les cheveux roux étaient portés par des Créatures malfaisantes, et...

- Merci, Miss Je-Sais-Tout, nous avons compris. Et vous avez raison : seuls ceux qui naviguent et fréquentent les ports savent que certains peuples ont des cheveux blonds... ou roux. Ce qui n'est pas le cas de cette communauté.

- Cela se comprend, commenta Minerva, mais pourquoi nous regardent-ils aussi, Albus et moi ?

- Parce que vous êtes vieux, avoua Alistair.

- Euuuh... mais encore ?

- La vie des gens de cette époque ne dépasse guère les quarante ans, et pour les femmes encore moins, car beaucoup meurent lors d'un accouchement. Et leurs cheveux n'ont pas le temps de blanchir, alors, la longue barbe de neige du Directeur les intrigue."

Albus hocha la tête. Merlin, les Sorciers avaient toujours vécu beaucoup plus longtemps que les Moldus, mais là... par rapport à eux, il avait l'impression d'être aussi âgé que Nicholas Flamel.

Bon, cet intérêt était compréhensible, il pouvait s'en accommoder.

Ce qui n'était pas le cas du jeune Weasley.

"J'en ai marre, dit-il, j'suis pas un phénomène de l'Allée des Embrumes.

- Ça expliquerait bien des choses, pourtant.

- Severuuus !

- Non, mais c'est vrai ! s'énervait le rouquin, être dévisagé comme ça n'a rien d'amusant. Je commence à te comprendre, Harry...

Harry ?"

Pas de réponse.

Une chape de glace tomba sur le groupe. Harry Potter n'était plus là.

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C'est pas vrai ! pesta intérieurement Severus, nous l'avons quitté des yeux cinq secondes et il a disparu.

Heureusement, ni lui ni les autres n'eurent le temps de paniquer, car une main qu'on ne pouvait voir secoua brusquement la manche du Potionniste.

"Potter ?!

- Oui... Hum, pardon ! fit ce dernier en retirant l'anneau de Gygès qui le rendait invisible.

- Par les moustaches d'Ombrage, qu'est-ce qu'il vous a pris ?!

- J'ai... je devais aller voir le petit garçon, sans lui faire peur.

- Et pour quelle raison ?

- J'avais une curieuse impression, qui s'est confirmée quand je l'ai vu boiter. Cet enfant est malade, Professeur, et quelque chose me dit que c'est grave.

Sauvez-le, s'il vous plaît !"

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Severus accepta de poser un diagnostic, et Alistair traduisit pour ses hôtes la requête de son compagnon d'âme.

"Vous voulez qu'on le laisse seul avec lui ? s'inquiéta la mère du garçon, et s'il a le mauvais œil ? S'il lui jette un Sort ?

- Oh, il ne ferait jamais ça !"

A part sur ses élèves, bien sûr...

Toutefois, pour la rassurer, le Potionniste commença par soigner grâce à un onguent la cheville foulée de Granger, au vu et au su de toute la famille. Le résultat les laissa bouche bée.

"Potter, vous me suivez !

- Pourquoi ?

- Ces gens semblent croire que vous êtes mon apprenti, et les apprentis sont censés suivre leur Maître, et apprendre d'eux."

Râlant dans sa barbe inexistante, Harry escorta Snape jusqu'au buisson. L'enfant s'était assis dans l'ombre maigre et il ne fallait pas être Sorcier - Hum ! - pour comprendre qu'il allait mal. Ce qui se confirma quand le Potionniste sortit directement le Sang de la Méduse.

"Bravo, Potter, vous venez de sauver une vie.

- Hein ?

- Ce garçon avait contracté le Tétanos. Il n'avait aucune chance de s'en tirer."

Le mot Tétanos * eut un effet puissant sur Agreus et les siens. Cette époque connaissait bien, hélas, cette maladie et l'issue en était toujours fatale. Quand Alistair confirma que l'enfant était guéri, ils pleurèrent de joie.

Plus question de penser à la récolte, aux heures qui fuyaient, la maisonnée rentra avec ses hôtes - pardon, ses invités de marque - pour préparer un repas digne des Dieux.

Et Ron Weasley semblait très enthousiaste à l'idée de rejoindre la ferme.

"Tu as si faim que cela ? se moqua Hermione.

- Non, en fait, j'ai très envie d'aller aux toilettes."

Un éclat de rire d'Alistair lui fit comprendre que cela ne serait pas aussi simple.

"Mais les toilettes n'existent pas à cette époque ! Enfin si, dans les palais, mais pas dans les humbles demeures. On se soulage dans les champs.

- Et pour... pour s'essuyer ? demanda le rouquin.

- Tu prends une feuille, une plante. Tu t'débrouilles !"

Le visage écarlate, le jeune homme se glissa entre deux haies naturelles...

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"OUAIIIIILLE !"

Alistair alla voir la cause de ce cri terrible. Quand il revint...

" C'est Weasley, dit-il platement.

- Que lui arrive-t-il ?

- Il a utilisé une poignée d'orties... après sa grosse commission."

Merlin !

Severus poussa le plus long soupir de son existence.

Avec des zozos pareils, pas sûr qu'il survive à son séjour dans la Crète antique.

...


* Tétanos est un mot grec qui signifie Rigidité.