Bonjour à toutes ! Un énorme merci pour vos messages qui me touchent et m'encouragent. Je m'excuse d'avance pour les fautes, ma bêta n'ayant pas corrigé ce chapitre, mais je ne voulais pas vous faire attendre plus longtemps.
Et merci à ma chérie pour son message de soutien. Tu sais que je t'aime, toi XO
Disclaimer : Les persos appartiennent à James LaRosa, je ne fais que lui emprunter.
En espérant que la suite vous plaise autant.
Sur ce, bonne lecture !
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― Si tu savais comme j'ai eu peur, murmura Jude, le souffle saccadé par ses sanglots contenu.
N'obtenant aucune réponse, il releva la tête pour voir que Zero avait de nouveau sombré dans l'inconscience. Le médecin et l'infirmière l'ayant prévenu qu'il ne resterait pas éveillé très longtemps, son corps épuisant toute son énergie pour guérir, il prit sur lui de ne pas ameuter tout l'hôpital.
Les vingt-quatre heures qui suivirent furent meublées par les courtes phases de réveil de Zero, avant qu'il ne replonge aussi vite dans le sommeil. Ils n'avaient échangés que quelques mots. Son amant ne reprenait conscience que pour réclamer de l'eau qui pourrait soulager sa gorge irritée ou pour étouffer une plainte de douleur. Jude voyait les jointures de ses doigts blanchirent et serrer à en déchirer les draps. Dans ces moments-là, tout son corps se contractait, semblant presque se soulever pour retomber lourdement sur le fin matelas.
Ses constantes étant stables, ils lui posèrent une pompe à morphine. Lui expliquant qu'il n'avait qu'à appuyer sur le bouton pour que cette dernière lui délivre une dose d'antidouleur qui le calmerait pour plusieurs heures. Mais, contrairement à ce que Jude avait espéré, la molécule s'avérait inefficace.
S'il avait trouvé l'attente longue et difficile, ce n'était rien comparé aux plaintes du blond. Le regarder endurer toute cette souffrance sans pouvoir le soulager, était une torture. Son impuissance face à la situation le tuait.
Ce n'est que deux jours plus tard que Zero se réveilla réellement. Il fut d'abord surpris de voir Jude endormi, la tête posée sur son lit. Il leva difficilement une main, pour la poser sur cette dernière et glisser ses doigts entre les mèches brunes.
Jude sursauta et regarda autour de lui, l'œil agar, avant de fixer son regard sur son compagnon de chambre.
― Tu es réveillé depuis longtemps ? demanda-t-il après s'être calmé.
Zero hocha la tête négativement. Il aurait aimé parler, mais il s'en sentait incapable. Sa main, maintenant échouée sur le lit, trouva sa jumelle et, sans même s'en rendre compte, il la caressa du bout des doigts, par de petits mouvements saccadés.
Jude fasciné par le geste, contemplait le spectacle, hypnotisé. Quand un raclement de gorge le ramena à la réalité.
― Pardon, tu veux quelque chose ? De l'eau ?
Zero opina. Le liquide frais qui coula dans sa gorge lui fit un bien fou, mais il s'arrêta vite de boire quand il sentit une quinte de toux arriver, qu'il réprima de son mieux pour éviter la violente douleur qu'il savait suivre.
Il ouvrit la bouche à plusieurs reprises et la referma aussi sec.
― Merci, arriva-t-il à souffler, non sans mal, d'une voix rocailleuse.
Jude ne comprit pas de suite. Il lui fallut quelques secondes durant lesquelles il étudia attentivement le blond. Et soudain, la lumière se fit.
― Où voudrais-tu que je sois ? le réprimanda-t-il avec un sourire rassurant.
Zero n'était pas en mesure de lui rendre son sourire. Les rouages de son cerveau se mirent en route et il essayait d'analyser la situation, mais certaines pièces du puzzle étaient manquantes. Son corps le faisait tellement souffrir qu'il ne parvenait pas à identifier et localiser ses blessures.
L'angoisse montait en flèche, menaçant de le submerger.
Un silence pesant s'était installé dans la pièce et ce fut le basketteur qui le rompit.
― Que s'est-il passé ? Pourquoi je suis dans un hôpital ? questionna-t-il derechef. La respiration rapide et le regard affolé.
― Hé ! Calme-toi, ça va, le stoppa Jude en le sentant paniquer. De quoi te rappelles-tu ?
Zero réfléchit un long moment.
― Je me suis pris la tête avec l'équipe pendant l'entrainement… et je me suis battu avec Otis. Après…je ne sais plus, souffla-t-il épuisé par le simple fait de parler.
Jude médita un instant sur ses paroles, ne sachant comment lui dire. Sentait-t-il ses blessures ? Avait-il compris ?
― Je ne sais pas ce que tu as fait. Je sais juste que quand les joueurs sont entrés sur le terrain, tu n'étais pas avec eux. J'ai essayé de te joindre jusqu'à tard dans la nuit, sans succès. Quand mon téléphone a sonné, j'ai pensé que c'était toi, mais c'était Pete. C'est lui qui m'a annoncé que tu avais eu un accident de voiture. Je suis venu aussi vite que possible. Nous sommes toujours à Boston.
Zero sembla avoir du mal à assimiler toutes les informations. Le brun n'osait pas aller plus loin. Il ne le pensait pas capable d'en supporter plus pour le moment. Et puis, comment lui dire que sa carrière était sans doute finie ? Le dire à voix haute rendrait la situation bien trop réelle et Jude lui-même, n'était pas sûr d'être en mesure d'y faire face.
― J'ai été inconscient ? Jude opina. Combien de temps ?
Il hésita longuement. N'était-il pas trop tôt pour cette conversation ? Il finit tout de même par céder face au regard insistant de son amant qui, même dans son état, paraissait menaçant.
― Quatre jours.
Zero ne fit aucun commentaire. Il dirigeait l'information avant de reporter son regard sur lui.
― C'est grave, n'est-ce pas, dit-il comme une affirmation. Qu'est-ce que j'ai exactement ? Jude baissa les yeux refusant de lui répondre. Parler me demande beaucoup d'effort, alors ne m'oblige pas à me répéter, insista-t-il.
Il savait que son amant avait eu une enfance difficile, sans en connaître les moindres détails. Que les nombreux obstacles qu'il avait dû franchir lui avait forgé une carapace et un mental d'acier, mais qu'était-il en mesure de supporter avant que le masque ne se fissure ?
Et résigné, Jude lui récita, tel un automate, la liste de ses blessures. Il encaissa sans broncher, enregistra les nouvelles informations, comme il l'avait fait jusqu'à présent. Le pneumothorax, la commotion, les divers contusions et hématomes, l'hémorragie…la liste était longue.
― Il y a autre chose, devina-t-il face à la mine effondrée de son vis-à-vis. Que me caches-tu ?
― Il semblerait que tu te sois fait percuter par la gauche…
Zero prit enfin conscience de plusieurs détails. La bande qui recouvrait son bras gauche. Son incapacité à bouger ses doigts ou sa jambe. Loin d'être stupide, il n'eut pas besoin de Jude pour comprendre.
― Je ne pourrais plus jamais jouer. Ma carrière est finie, siffla-t-il d'une voix à peine audible.
― Nous ne savons pas encore. Le chirurgien garde espoir. Il t'en dira plus quand il passera te voir, essaya de le rassurer Jude, mais il était trop tard.
Zero s'était muré dans le silence. Le brun n'insista pas, préférant lui caresser les cheveux dans un geste qu'il espérait apaisant et réconfortant. Le regard de son amant s'était perdu dans le paysage que lui offrait la grande fenêtre à gauche de son lit.
L'arrivée du médecin, plusieurs heures après, n'éveilla aucun intérêt chez le blond. Jude le prit à part et s'excusa du comportement de son amant. Le médecin soupçonnait un choc post-traumatique. Seul bémol avec ce type de pathologie, c'est que personne ne pouvait prédire combien de temps il faudrait au patient pour guérir, si guérison il y avait.
Jude avait emmené son ordinateur pour travailler de la chambre et ainsi, ne pas avoir à quitter Zero. Il mettait de la musique, lui faisait la lecture, espérant une réaction de sa part, n'importe quoi. Il aurait préféré l'entendre hurler de rage, contre la vie, contre le monde entier, même contre lui. Tout aurait été préférable plutôt que ce silence assourdissant. Son mutisme allait le tuer. Malgré tout, il restait calme, lui laissant le temps et l'espace dont il avait besoin.
Ce n'est que plusieurs jours après que Catherine, inquiète, commença à lui expliquer que si Zero restait dans cet état catatonique, ils se verraient dans l'obligation de le changer de service. Qu'aucune rééducation ne serait possible dans son état actuel.
― J'estime que l'on paye assez cher ses soins dans un hôpital privé pour ne pas avoir ce genre de désagréments. Il me semblait qu'un établissement comme le vôtre avec son standing, n'était pas censé traiter ses patients à la chaine, comme le font les hôpitaux publics, siffla Jude.
― La question n'est pas là, monsieur. Je suis désolée, mais s'il ne reprend pas pied avec la réalité, ce ne sera plus de notre ressort. Il nécessitera une prise en charge psychiatrique.
Catherine paraissait confuse, mais à cet instant, malgré sa gentillesse, Jude avait envie de l'étrangler. Il était visiblement en colère et pourtant, à l'intérieur, c'était la peur qui prédominait. Il se sentait tellement impuissant face à l'état de Zero, qui ne faisait qui ne faisait que s'enfoncer. Il était persuadé que si le blond finissait en psychiatrie, il n'en reviendrait jamais.
Jude laissa l'infirmière seule, au beau milieu du couloir et rentra en trombe dans la chambre, dont il claqua la porte. Il prit une seconde pour regarder le regarder, n'étant plus très sûr que ce qu'il allait faire.
La situation était sans issus s'il ne faisait rien. Fort de cette nouvelle résolution, il s'avança, plus déterminé que jamais et se plaça à côté de son amant. Se mettant délibérément devant la fenêtre. Le blond fut obligé de bouger pour ne pas regarder Jude. Et il prit ce geste pour un encouragement. Ça allait fonctionner. Ça devait fonctionner.
Il se pencha au-dessus de son amant et posa brutalement ses lèvres sur les siennes. Il mentirait s'il disait qu'il n'avait rien ressenti, mais il ne pouvait pas se laisser aller. Alors, il fit abstraction de ses sentiments et glissa une main tremblante vers l'entre-jambe du blond qui sursauta derechef.
― Putain, mais qu'est-ce que tu fous, souffla-t-il douloureusement, ses côtes s'étant rappelées à son bon souvenir.
― Qu'est-ce que je fous ? vociféra Jude. Je t'évite le pôle psychiatrique. Je sauve tes fesses, comme je l'ai toujours fait. C'est mon boulot après tout, lui balança-t-il avec un air de dédain.
Zero fixait Jude d'un œil mauvais, tandis que ce dernier cachait ses mains dans ses poches pour calmer les tremblements. Surpris par son audace. La colère légèrement dissipée, il reprit la parole, soudain, moins sûr de lui.
― L'infirmière m'a bien fait comprendre que si tu restais léthargique ils ne pourraient rien faire pour toi et tu serais transféré. C'est ce que tu veux ? Passer ta vie bourré de médicaments qui te rendront amorphe ?
Bien malgré lui, sa vue se brouilla et une larme roula sur sa joue sans son consentement. Pour cacher son trouble, il fit le tour du lit et se dirigea vers la porte de la chambre. Etait-ce ses propos ou son état qui fit réagir le blond, mais il sentit sa main se poser sur son bras. Ses doigts se refermèrent sur la chair tendre et d'une poigne ferme, il l'attira à lui.
― Viens, souffla Zero, de sa voix éraillée.
Jude hésita longuement, mais son amant n'avait pas l'intention de le relâcher, alors il obtempéra. Et doucement, en évitant de lui faire mal, il s'allongea près de lui. Mais ça ne semblait pas suffisant pour le blond.
― Je n'ai pas mal de ce côté-là, lui rappela-t-il un brin exaspéré.
Et comme ils en avaient l'habitude, le brun se coucha contre son amant. La tête posée sur son épaule et un bras autour de sa taille. Quand le bras de Zero vint l'envelopper et que ses doigts frôlèrent sa peau en de douces caresses, il sentit ses muscles se relâcher. Il respira à plein poumons pour la première depuis deux semaines.
C'est là, tandis que son compagnon ne pouvait pas le voir, que Zero parla enfin.
― Je suis désolé de te faire subir tout ça, mais comment t'expliquer ce que je ressens ? Sans le basket je ne suis rien. Je n'avais qu'un but et durant des années c'est ce rêve qui m'a poussé. C'est grâce à lui que j'ai survécu. Si je ne suis plus basketteur, je ne suis plus personne.
Jude voulu le contredire, mais Zero le força à reposer sa tête sur son torse.
― Si tu m'interromps, j'arrête, c'est compris ? Pour toute réponse, le brun enfoui son nez dans la poitrine de son amant et hocha vigoureusement la tête. Le blond sourit, amusé par son air enfantin et reprit. Je te promets de faire des efforts, mais tu dois arrêter de me traiter comme un handicapé. Il y aura des moments difficiles ou je m'en prendrais certainement à toi, mais je vais faire de mon mieux. Et souviens-toi, dans ces moments-là que je t'aime, murmura-t-il d'une voix suppliante.
Son vêtement s'humidifia, mais il ne fit aucun commentaire, se contentant de resserrer son bras autour du brun.
Oui, il s'avait que les prochains mois allaient être un enfer. Il n'était même pas convaincu par son laïusse, mais à cet instant, ça lui paraissait être la chose à dire pour apaiser Jude. Et il ferait n'importe quoi pour lui. Le mensonge lui parut être moins douloureux que la vérité en cet instant. Il n'était plus sûr de rien. A part peut-être que sa vie était foutue.
Il s'était souvent demandé quelles étaient ses limites et il avait vite compris qu'il était capable de tout ou presque pour arriver à ses fins. Cette fois-ci, il semblerait qu'il les avait atteintes. Il n'avait plus la force de recommencer. Pas après tant d'effort et de sacrifice. Pas après avoir fait tant de chose dont il n'était pas fier. C'était bien trop cher payé. Son esprit fut envahi de pensées plus sombres les unes que les autres, il eut soudain peur des idées qui lui traversaient l'esprit. Zero choisit de se concentrer sur la respiration, devenue lente, de Jude. Ce dernier avait fini par s'endormir, en sécurité au creux de son bras.
Il sentit la douleur le frapper de plein fouet. Serrant les dents pour ne pas réveiller le bel endormi, sa main tâtonna pour atteindre le bouton de la morphine et s'en injecta une dose. Elle ne réussissait pas à faire disparaitre la douleur, mais l'atténuait suffisamment pour qu'il puisse espérer s'endormir à son tour.
Demain serait là bien assez tôt.
…
A bientôt
Bisous
Sarah
