Auteur : Drusilla

Paring : HG/SS bien sûr

Rating : R

Disclaimer : Je n'ai toujours rien. Je patiente, je patiente. Sev finira bien par arriver.

Résumé : On a beau fuir le plus loin possible, un jour notre passé nous rattrape. Et il faut l'affronter Hermione. Mais qui peut t'aider ? Severus ? …

Chapitre 7 : Droit au bonheur

Hermione profita des vacances pour réapprendre tout doucement à vivre, à profiter d'une simple balade au bord du lac ou d'un bon thé autour d'une partie d'échec. Severus l'accompagnait patiemment dans chacun de ses pas. A sa grande surprise les quelques fois où il avait croisé Potter dans les appartements de Sirius, le garçon, tout comme son parrain s'étaient comportés de manière civilisée.

Bien sûr tout n'alla pas bien du premier coup, il y avait encore des fois où Hermione se mettait à angoisser, persuadée de ne pas être la meilleure. Elle semblait certaine qu'elle allait être exécutée. Severus et Harry se relayaient donc pour calmer ses frayeurs. Cependant la jeune fille avait besoin d'aller plus loin dans ses connaissances.

La solution vint de Minerva, lors de la réunion de pré-rentrée. Miss Granger ne pouvait pas rester en cours avec ses camarades, ça devenait aberrant. La jeune fille ayant émit le désir de devenir professeur de métamorphose, elle se proposa de la prendre en assistance. La Gryffondor passerait ses examens en même temps que tout le monde, puis son diplôme, mais autant l'enseignement de Minerva ne serait pas négligeable pour elle, autant son aide permettrait aussi à la directrice adjointe d'avoir le temps de tout faire.

Dumbledore approuva cette idée, et Severus se proposa de la perfectionner aussi en potion et en défense, ce qui lui permettrait d'être multi-diplomée. Elle en avait largement le niveau, et Rogue savait que c'était un bon moyen pour elle de se sentir en sécurité : devenir plus forte que eux. Le reste fut rapidement organisé, la jeune fille allait avoir ses propres appartements et passerait ses journées entre cours de potions et cours de métamorphoses à aider les plus jeunes.

Etrangement quand le professeur Lendev proposa lui aussi de la perfectionner, Severus s'étrangla et il dut laisser le soin à Minerva de refuser l'offre. Cette dernière le regarda étrangement, ayant de plus en plus de soupçons sur ce nouveau professeur. Heureusement qu'il ne devait rester qu'une année et que Remus Lupin avait déjà accepté de revenir l'an prochain.

Hermione fut ravie d'apprendre qu'elle ne retournerait pas en cours avec les autres. Harry et Ron la félicitèrent, bien que plus compatissants à l'idée du temps qu'elle allait passer avec le bâtard graisseux. Ses appartements n'étant pas très loin de ceux de Sirius, elle put déménager rapidement et le jour de la rentrée, elle était prête.

La première semaine, la confusion régna un peu. Les plus jeunes ne savaient pas comment agir avec elle, en particulier en potion, où elle était plus douce que le professeur Rogue, surprenant les nuls par sa patience. En métamorphose elle s'occupait plutôt de ceux qui allaient plus vite, offrant quelques conseils pour s'améliorer, tandis que Minerva pouvait enfin se concentrer sur les élèves en difficultés.

Le soir ils se retrouvaient tous les trois pour corriger des copies et donner à Hermione des cours plus perfectionnés, comme le jeudi où elle apprenait à devenir animagus (et Severus profitait d'ailleurs des cours). Certains soir, Minerva se chargeait de la paperasserie tandis que les deux autres faisaient des potions. La confusion laissa place à la routine très rapidement.

Dès fin janvier à la grande stupeur de tout le monde, Hermione commença à se changer en louve. Chez elle ce fut plus de l'horreur qu'autre chose. Un soir, marchant dans la neige, elle expliqua à Severus comment les loups avaient dévorés ceux qui s'éloignaient trop dans la forêt. Comment cette nuit là, ils avaient fait un festin de ceux qui s'était échappés, les pistant surs des kilomètres grâce au sang qui jaillissait de leurs blessures.

Ils avaient dus affronter les gardes, les loups et les ours polaires simultanément, et elle était choquée de se transformer en un animal qui chez elle représentait la mort. Severus lui parla des loups, de ses animaux qui se couplaient à vie, qui mourrait de chagrin sans l'autres, des animaux intelligents et fidèles. Courageux aussi. Tout ce qu'elle était dans le fond.

Ce jour là marqua un tournant dans leur relation, puisque lorsqu'ils se séparèrent, elle l'embrassa délicatement sur la joue. Après cela, sous le regard bienveillant de Minerva ils se cherchèrent un peu, tâtonnant les premiers temps, sans véritablement oser se déclarer. La veille de la St Valentin, lassée et impatiente, la vieille dame finit par prendre son collègue à part.

- Je dois te parler Severus.

- Je suis tout ouie, Minerva, répondit ironiquement celui-ci.

- C'est au sujet d'Hermione.

- Il y a un problème ?, demanda-t-il avec cette fois plus d'inquiétude que d'ironie.

- Oui, il y en a un. Et c'est moi ce problème. J'en ai assez de vous regarder vous refuser le bonheur. Je ne connais pas l'histoire d'Hermione, mais je connais la tienne Severus. Je ne resterai pas les bras ballants pendant que vous vous évitez. Tu l'aimes ça se voit. Et c'est tout à fait compréhensible, vous êtes si semblables. Elle est la femme qui te faut Severus, celle qui saura te rendre heureux.

- Et son avis à elle, il ne compte pas ?

- Son avis à elle ? Merlin Severus, tu n'as donc pas vu comment elle te regarde ? Cette confiance aveugle qu'elle a en toi ? Je ne peux même pas la toucher, pas plus de Harry ou Sirius et toi, elle n'hésite pas à te frôler. Je t'en pris, elle commence à souffrir de toute cette situation. Alors demain, tu prends ton courage à deux mains et tu lui sors le grand jeu.

- Demain ?

- Oui demain. A l'occasion de cette fête que le commun des mortels sortant un tant soit peu des cachots appelle St Valentin. Je dois… m'absenter, tu seras seul avec elle. Tu oublies la potion que vous aviez prévu, et tu demandes aux cuisines un repas aux chandelles. Tu te montres attentionné, prévenant et surtout tu n'oublies pas de lui offrir un cadeau.

- Un cadeau ?

- Un cadeau parfaitement. Un collier, un foulard, une plume, je ne sais pas. Quelque chose de personnel. Tu la connais mieux que moi.

- Minerva, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

- Je ne te laisse pas le choix Severus. Si tu ne le fais pas, je me vengerai, et je pense que tu te souviens des rares fois où les Maraudeurs m'ont poussé à bout.

Elle put nettement entendre le bruit de déglutition qu'émis son collègue et en déduit donc que son message était passé. Elle fit demi-tour et repartit de son côté sans se soucier de l'air ébahi de Severus.

Le maître de potion resta figé dans le couloir pendant près d'un quart d'heure, jusqu'à ce que Sirius ne le heurte alors qu'il sortait de chez lui. L'ancien prisonnier retint une remarque acerbe sur sa présence puisqu'il savait qu'il venait chercher Hermione. Il se contenta de tenir le portail ouvert jusqu'à ce que sa Némésis ait disparut.

- Bonjour Miss Granger, Mr Potter.

- Bonjour professeur, je suis prête. Merci de m'avoir laissé une partie de ma soirée.

- Il est normal que vous preniez un peu de temps pour vous retrouver avec vos amis. Minerva est probablement déjà dans vos appartements.

Il aida galamment la jeune fille qui se débattait avec toutes ses affaires. Elle le remercia d'un sourire, le faisant fondre. Son cœur était déchiré entre les paroles de Minerva et ce qu'il savait de celle qui faisait battre son cœur. Comment avec tout ce qu'elle avait vécu, avec tout ce qu'elle vivait aujourd'hui, pouvait-elle avoir la tête à aimer ?

Il dut presque courir pour pouvoir la suivre. C'était toujours comme ça le jeudi. Même lui adorait cet entraînement, surtout depuis que le plus dur était fait, à savoir la transformation. Minerva avait d'ailleurs protesté bruyamment qu'à elle – comme à tout sorcier normal – il lui avait fallu des année, et non pas un petit mois. Enfin un mois pour Severus, trois semaines pour Hermione.

Sitôt dans ses appartements, la préfète en chef laissa tomber ses affaires dans un fauteuil et se transforma en louve, rejoignant la chatte postée à la fenêtre. Severus pris le temps de retirer sa robe avant de prendre la forme d'un tigre aussi blanc que ce que lui était sombre. Qu'est-ce qu'il avait pesté contre son animagus ! Un tigre blanc ! Lui ! La louve lui donna un coup de patte joueur et il s'empressa de répondre.

Cette fois, la jeune fille fut la première à perdre le contrôle de son instinct. Elle se mit à grogner, réclamant de toute évidence la soumission des deux autres. Severus enchaîna alors malgré ses efforts pour conserver son calme. Cela fini comme tous les soirs par une Minerva amusée qui les retransformait de force.

Le vendredi était consacré aux corrections de devoirs. Ils se retrouvaient dans les appartements d'Hermione vers 6h, après son dernier cours. Comme elle passait voir ses amis, en général quand elle arrivait, les professeurs, était déjà en train de bavarder, autour d'un goûter sommaire.

Severus avait pourtant d'autres projets en tête et avait, avec l'aide de Minerva, transformé les appartements en un lieu romantique. Il attendait calmement le retour de la jeune fille. Il eut un léger sursaut quand la jeune fille débarqua précipitamment. Elle resta figée devant le spectacle inattendu. Severus, dans une magnifique robe vert foncé, l'attendait posément dans le canapé, une bouteille de vin ouverte sur la table basse et deux verres pleins à la main.

- Severus ? Où est Minerva ? On ne travaille pas ce soir ?

- Tu courrais ?

- Hein ? Ha, oui. Rien, je n'en pouvais plus d'être poursuivie par des adolescents dirigés par leurs hormones. Harry a agi en traître et a mis sa cape d'invisibilité mais moi je n'avais d'autres choix que courir. Où est Minerva Severus ?

- Je n'en sais rien, et de toi à moi, je n'ai pas envi de le savoir. Elle a un rendez vous je pense.

- Bien. Et le vin ?

- J'ai simplement pensé que l'on pouvait en profiter pour se détendre.

Son air inquiet disparut quand elle sourit. Elle hocha la tête et sur une promesse de retour rapide, elle passa dans sa chambre. Il écouta la douche couler, sans chercher à retenir les images qui lui venaient. Quand l'eau s'arrêta il continua à la voir se sécher les cheveux, s'habiller, se coiffer. Chaque geste qu'il rêvait de pouvoir partager avec elle.

Elle réapparut finalement, complètement transformée. L'élève modèle était devenue une femme merveilleuse. L'uniforme de collégienne avait fait place à une robe échancrée et moulante. Le chignon strict s'était effacé devant une coiffure plus complexe dont quelques mèches s'échappaient pour retomber avec grâce le long de son cou.

Elle s'assit près de lui, rougissante sous les compliments dont Severus n'était pas avare. Le verre de vin la détendit finalement assez pour qu'elle quitte cet air gêné qu'elle abordait. L'humour cynique dont elle raffolait tant la fit rire aux éclats jusqu'à ce que le dîner leur soit servi. Ce dont elle se doutait depuis son arrivée fut confirmé par la présence de chandelles sur la table. Il franchissait enfin le pas.

Il avait mis les petits plats dans les grands sur les conseils de Minerva, mais elle ne lui avait pas dit qu'Hermione lui rendrait la pareille, passant d'amicale à envoûtante. Visiblement elle avait comprit ce qu'il avait en tête et avait décidé de l'aider. Il fut ravi de découvrir cette nouvelle facette séductrice en elle. Peut-être que finalement Minerva avait raison.

Son cadeau lui plut énormément. Il avait eu de mal à trouver, craintif quand à l'idée de lui rappeler d'une quelconque manière son passé. Et quand il eut fait toutes les boutiques du chemin de traverse, il comprit enfin que Hermione et Tatiana ne faisait qu'une. Son passé serait toujours présent en elle. Quel que soit son cadeau, elle pouvait le rapporter à son passé. Le craindre ou au contraire l'affronter.

Elle ouvrit le paquet avec une certaine méfiance quand elle le vit trembler. Elle jeta un coup d'œil à Severus, mais son sourire mystérieux ne la rassura pas. Elle défit le nœud précautionneusement et ne put empêcher un cri d'émerveillement en soulevant le couvercle. Elle prit délicatement le chaton et le sortit de sa prison, prenant garde à ne pas mettre de poil dans les assiettes.

- Severus, il est magnifique !

- Il te plait ?

- Enormément.

- Je t'ai vu regarder avec envie Harry et Shiva son serpent. Tu m'as dit penser faire une mauvaise mère. Je te prouverai que tu sauras t'occuper de ce chaton, même si tu n'as jamais connu ça.

Elle accepta d'un simple sourire cette chance qu'il lui offrait. Elle ne chercha pas longtemps le nom qu'elle lui donnerait. Scya. Le nom de sa sœur. Celle dont elle aurait du s'occuper et qui avait été exécutée. Le temps de ses explications, Severus avait posé sa main sur la sienne, la pressant quand sa voix déraillait.

Au dessert, elle s'était ouverte comme jamais, acceptant de parler des coups et de l'épuisement. De la terreur. Cette chose si présente dans son cœur, ce sentiment qui dirigeait tout en elle, prenant le pas sur son cerveau rationnel. Elle ne cacha rien, pas même les morts. Les gardiens qu'ils avaient tués. Les squelettes de son placard.

Il lui offrit les siens, les actes terribles des mangemorts, la haine aussi. Ils pansèrent leurs blessures. Ne cherchant pas à nier leurs ressemblances. Identiques. Les mêmes doutes, les mêmes certitudes. Si bien qu'à la fin du repas, le baiser qu'elle lui offrit leur sembla normal.

Comme le reste. Minuit sonnait quelque part dans le château mais ils s'en moquaient. Elle le guida vers sa chambre sans hésitation, il la déshabilla sans incertitude. Ses gestes étaient timides, il lui montra ce que les livres n'enseignaient pas. Il guida ses mains là où elles le faisaient frissonner. Elle comprit rapidement le pouvoir qu'elle avait sur lui et s'en servit jusqu'à ce qu'il lui montre tout ce qu'elle pouvait ressentir. Son premier orgasme la laissa comblée d'un bonheur qu'elle n'avait jamais connu.

Elle s'appliqua à lui redonner tout ce qu'elle avait eu, l'obligeant plus vite qu'il ne l'aurait cru à rendre les armes. Il se laissa aller avec joie, profitant pleinement de sa langue mutine. Ensuite ils restèrent quelques minutes enlacés. Hermione fut la première à se remettre et s'occupa de Severus. Il finit par ne plus tenir à ses caresses et se plaça entre ses cuisses.

Elle savait que ce serait douloureux, mais son seuil de résistance était supérieur à la moyenne. Ce fut gênant mais pas insupportable, à plus forte raison que Severus était patient et attentif. Tout ce que Hermione n'était pas, si bien qu'une fois la douleur passée, elle imposa un rythme plus rapide. Ils firent l'amour à l'image de leurs animagus, sauvages et passionnés. Ils en garderaient quelques marques, mais cela valait bien leur fierté d'avoir marqué son compagnon.

Et surtout, une fois le contrôle repris, dans la béatitude post-orgasmique, la joie d'appartenir à l'autre. De ne former qu'un. Ils s'endormirent pour la première fois sans être sur leurs gardes. Confiants et amoureux.


Voilà pour l'avant dernier chapitre. La fin demain. J'espère que ça vous a plu.

Bisous,

Drusilla