[Bah oui, en plus de deux chapitres, celui là est plutôt grand (environ 2 pages de plus que d'hab...) Encore une fois, Joyeux Nowel!]

***

Lorsque la cloche annonçant la pause du déjeuner sonna, Aiko fut la première sortie. Elle n'avait pas envie de se faire de nouveau interroger par Saehara. Après avoir prit son repas dans son casier, elle sortit rapidement de l'école. Immédiatement, elle passa en coup de vent dans la cour, se dirigeant presque en courant vers la petite forêt qui bordait le collège. Cette même forêt où elle avait connue son père, la veille.

L'adolescente ne prit même pas la peine de chercher un banc. Question de discrétion. Elle s'enfonça profondément dans la forêt, mémorisant les objets qui pourraient l'aider à retrouver son chemin. Pas qu'elle en ait vraiment besoin, ayant un bon sens de l'orientation, mais on n'est jamais trop prudent.

Elle s'assit sur le sol, s'adossant contre un chêne massif, et commença à manger. Mais à peine un instant plus tard, elle reposa son plat de sushi en soupirant. Elle leva les yeux au ciel en disant assez fort pour que la personne à qui elle s'adressait l'entende:

- Vous savez, c'est très impoli d'épier les gens... Hiwatari-san.

Brusquement, elle tourna ses yeux améthystes, fixant un arbre qui se trouvait à environ une dizaine de mètres d'elle.

- Sortez de votre cachette...

Comme elle s'y attendait, l'adolescent aux cheveux bleus-gris fit un pas, se montrant à moitié. S'il était surpris de s'être fait repéré, il n'en montrait rien. Il était impassible, comme à son habitude, visiblement. Son regard de glace était rivé sur la jeune fille. Celle-ci lui rendait son regard.

Elle eut un petit sourire.

- Ça tombe bien, je voulais vous parler...

Cette fois, l'adolescent fronça les sourcils.

- Puis-je savoir à quel sujet?

- À vous de devinez, Commandant Hiwatari, chef de la section sur Dark, diplômé Universitaire et descendant des Hikari, adopté par Kei Hiwatari dans sa tendre enfance. Et hôte de Krad, aussi.

Le trouble se lit pendant quelques secondes dans le visage du collégien. Finalement, il haussa les épaules. D'un ton désinvolte, il dit:

- Tu as tout dit, je ne vois pas quoi ajouter.

Son regard de glace se fixant dans ceux de son interlocutrice.

- Mis à part que je vois que tu as héritée des dons de piratages de Dark...

La remarque fit grimacer la concernée. Les deux collégiens se défièrent du regard quelques temps. Puis, Aiko reprit la parole.

- Dites-moi, quand je blesse Krad, ça vous blesse aussi, n'est-ce pas? C'est pour ça que vous avez toutes ces blessures?

Hiwatari hocha imperceptiblement la tête.

- Je vois...

L'adolescente ferma les yeux, pensive. Lorsqu'elle les rouvrit, son regard était dur.

- Je suis désolée. Mais sachez que si Krad s'en prend à moi, ou à n'importe qui d'autre, surtout des civils, je lui assènerais tous les coups qu'il faudra pour qu'il arrête. Ou plus, s'il attaque des innocents.

Elle se mordilla la lèvre inférieure.

- Mais... Je ne crois pas que je serais en mesure de le tuer. Premièrement car je ne suis probablement pas assez puissante, mais aussi parce que je ne veux pas que vous meuriez.

Une lueur de moquerie passa dans ses yeux lorsqu'elle ajouta:

- Même si vous m'épiez sans arrêt.

La remarque n'amusa pas le commandant. Au contraire, son regard durcit. D'une voix sans émotion, il déclara:

- Saches que moi, je ne retiendrais pas mes coups. Et je répètes ma menace. Surveilles tes arrières. Sois toujours sur tes gardes.

Tout à coup, son visage se crispa de souffrance. Il ferma les yeux. Quand il les rouvrit, toute trace de douleur avait disparut de son visage. Il tourna les talons et partit, rapidement engloutit par les profondeurs de la forêt.

Pesant les mots qui venait de lui être dit, l'Hasegawa continua de manger. Lorsqu'elle eut fini, elle retrouva sans peine son chemin vers le collège.

Le reste de la journée se passa sans encombres. Saehara devait avoir oublié la question qu'il voulait posé à Aiko, ce qui réjouissait celle-ci. Elle n'aurait pas à mentir.

Elle quitta le collège d'un bon pas. Comme la veille, elle prit le tramway. Une fois descendu, elle se laissa entraînée par la foule, tournant à certaines routes pour arrivée chez elle. Mais, ne pouvant se fier à des pistes précises à cause du trop grand nombre de gens, elle se perdit.

L'adolescente se mit à la recherche d'un téléphone, qu'elle trouva plutôt rapidement. Elle entra dans la cabine et, après avoir mit quelques pièces à l'intérieur du combiné, elle appela sa mère.

- Bonjour?

- Oui, maman? C'est Aiko.

- Qu'est-ce qui se passe?

- Rien de grave, ne t'inquiète pas. Je me suis seulement perdue. Je voulais seulement te prévenir que je serais en retard.

Elle entendit un petit soupir au bout du fil, ce qui lui arracha un petit sourire.

- D'accord. Mais essaie de faire vite, je t'en prie.

- Oui. Je ne tiens pas à traîner dans les rues, de toutes façon. À plus tard.

- Bye.

La jeune fille raccrocha. Elle sortit de la petite cabine et observa les alentours. Elle était probablement dans le centre-ville. Plusieurs magasins bordaient les rues bondées de personnes. Il ne serait pas difficile de demander son chemin. À un détail près.

Elle se retourna vivement, faisant voler sa longue chevelure. D'un pas décidé et un petit sourire aux lèvres, la collégienne se dirigea vers une petite ruelle. Lorsqu'elle fut sûre que personne ne pourrait l'entendre, elle leva les yeux au ciel et parla.

- Vous n'avez pas une impression de déjà vu, Hiwatari-san?

Sur les derniers mots, sans bouger, l'Hasegawa avait tourné son regard sur la silhouette d'un adolescent caché au bout de la ruelle. Le jeune homme avança. Son visage était maintenant éclairé par un rayon du soleil couchant. Un visage où régnait une telle détermination qu'Aiko frissonna. Le Commandant n'avait pas arrêté sa course.

L'adolescente se retourna pour lui faire face. Inquiète, elle fronça les sourcils.

- Que me voulez-vous, Hiwatari-san?

Le concerné s'arrêta et fixa son interlocutrice. Celle-ci, soudain méfiante, était sur la défensive. Le jeune hôte ne lui avait-il pas dit quelques heures auparavant de ne jamais baisser sa garde? Peut-être s'était-elle jetée dans la gueule du loup en venant à sa rencontre... Cette pensée la fit frissonner.

Tout à coup, avant même qu'elle n'ait pu réagir, elle se retrouva plaquée contre le mur. Elle sentit des mains serrer solidement ses poignets et les emprisonner au-dessus de sa tête. Incapable de bouger, elle fixa son regard améthyste dans celui d'Hiwatari.

- Lâchez-moi.

Un petit sourire en coin se dessina sur les lèvres de l'adolescent. Il se pencha et murmura à l'oreille de la jeune fille:

- Au nom de la loi je vous arrête, Hasegawa Aiko, alias Yuko, pour complicité de vol de l'œuvre "Les fonds marins".

Les yeux de la concernée s'écarquillèrent. Il n'oserait pas, non? Son comportement lui prouvait le contraire. Elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Elle ne connaissait pas le code de justice sur le bout des doigts, mais savait les bases. Il devait bien avoir une règle qui la sortirais de ce pétrin!

La lumière se fit dans sa tête. Sur un ton acide, elle répliqua:

- Vous ne pouvez pas m'arrêter sans avoir une preuve concrète de ce que vous avancez!

Soulagée de son argument, la collégienne se détendit légèrement. Mais son soulagement fut de courte durée, car le sourire du Commandant s'était élargit. D'un geste rapide, il mit la main dans la poche du cartable de l'Hasegawa et en sortie une bague. LA bague. Celle dont elle s'était servie pour se transformer, la veille.

D'un geste vif, il glissa l'anneau dans le doigt de sa prisonnière. L'effet fut immédiat. Aiko grandissait, ses traits changeaient. Ses cheveux palissaient à vu d'œil, devenant blonds, alors que ses yeux devenait bleus. Même sa tenue changeait, à son étonnement. Son uniforme fut rapidement remplacé par un jeans confortable et un T-shirt moulant. Ses chaussure de classe avaient été remplacées par des espadrilles de course.

En moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire, elle était devenu Yuko, complice du voleur fantôme. Elle retint un juron, ne poussant qu'un grognement.

Brusquement, l'adolescente se sentit retournée. Elle était maintenant face contre le mur, et ses bras étaient ramenés dans son dos. Elle s'affola. Que pouvait-elle faire? Elle ne pouvait pas se laisser emmenée aussi facilement!

Elle commença à se débattre, mais la poigne du jeune homme était solide. Il ne la laisserait pas partir. Pas maintenant qu'il tenait le moyen de coincer Dark.

Un tintement métallique parvint aux oreilles de la jeune fille. Des menottes! Il allait la menotter!

Elle sentit le contact du métal froid sur sa peau. Mais pas de la manière dont elle le songeait. En effet, les menottes glissèrent le long de son poignets pour tomber sur le sol dans bruit métallique. La pression sur ses poignets disparut d'un coup alors qu'un bruit sourd retentissait. Surprise, la collégienne se retourna vivement.

Sur le sol, Hiwatari était à quatre pattes, haletant. Il se tenait fermement le cœur. Inquiète malgré se qui venait de se passer, elle s'accroupit près de lui et dit, une pointe de panique dans la voix:

- Ça va, Hiwatari-san?!

L'adolescent leva les yeux vers elle.

- Vas-t-en. Tout de suite! Il... Il va sortir! Et il ne te veut pas du bien!

Le commandant n'avait pas besoin de le préciser. Depuis quand Krad voulait-il du bien aux gens, de toute façon?

Sans se faire prier, l'Hasegawa sauta sur ses jambes. Ses ailes... Comment faire sortir ses ailes? Elle n'avait pas le temps de s'attarder sur la question. Elle se mit à courir à toutes jambes, bousculant un peu les gens sur sa route. Pour l'instant, personne ne la reconnaissait. Comme auraient-ils pu? Ils ne l'avaient vu que vaguement, après tout.

Mais voilà qu'une voix bien désagréable se fit entendre au-dessus d'elle.

- Où te caches-tu, chère Yuko?

Lui, il se fit reconnaître sans peine. Facile à faire, avec les deux grandes ailes blanches qu'il avait dans le dos! Les gens levèrent la tête vers le ciel. Une voix d'homme s'écria:

- C'est lui! C'est le Dark blanc!

Suite à la déclaration, les gens se mirent à chercher la personne à qui "le Dark blanc" s'adressait. Cette fois, ce fut un enfant qui vendit la mèche.

- Maman, regarde! C'est la fille avec des ailes qui est passée à la télévision, hier!

Le petit la pointait du doigt. Krad suivit des yeux la direction indiquée. Dès qu'il vit sa cible, il eut un sourire mauvais et fonça sur elle.

Paniquant, elle se mit à courir. Mais elle ne pouvait rivaliser avec la vitesse de l'ange. Elle ne tiendrait pas bien longtemps. Comment faire apparaître ses ailes, bon sang? Une idée lui vint à l'esprit. Elle devait faire vite... Krad n'allait pas tarder à la rattrapée!

Aiko concentra sa magie dans sa main, sans cesser de courir. Dès qu'une lueur violette enveloppa sa main, elle la plaqua dans son dos. Son action eut l'effet souhaité.

Une douleur aiguë se fit sentir dans ses omoplates. Elle vacilla. Mais elle ne devait pas tombée. Pas maintenant! Une aile perça la peau de son dos, lui arrachant un cri de douleur. La deuxième suivit rapidement. La foule était stupéfaite.

L'adolescente, sans plus attendre, fit un bond prestigieux et se retrouva dans les airs. Elle battait les ailes, tentant de prendre de la vitesse et ainsi semer son adversaire. Mais celui-ci n'était pas dupe. Il ne comptait pas la laisser filer aussi facilement.

Lorsque la jeune fille sentit un éclair blanc la frôler, elle frissonna. Elle se retourna vivement, faisant face à Krad. Ce dernier s'arrêta à son tour. Immobiles, les deux adversaires se défièrent du regard pendant quelques secondes. En-dessous d'eux, la foule était excitée. Certains étaient armés d'appareils photos. Quelqu'un avec un air paniqué avait son téléphone portable à la main. Il devait appeler la police...

Soudain, l'ange blanc passa à l'attaque. Il lança une plume en direction de la jeune ange, mais celle-ci l'évita en descendant un peu vers le sol. Le projectile se ficha dans un mur plus loin.

Le blond n'attendit pas. Il eu un bref sourire et envoya un nouveau projectile, qui se transforma rapidement en rayon doré, vers son adversaire. Elle l'évita une fois de plus, se déplaçant sur le côté. Nouveau sourire de Krad.

Cette fois, la salve évitée atterrit au bon milieu de la foule. Sous l'impact, un petit nuage de fumée se créa. Heureusement, personne ne fut touché. Mais les gens furent paniqués. Ils s'éparpillèrent rapidement, se mettant à courir de part et d'autre de la rue pour trouver refuge dans les magasins. Cependant, quelques personnes curieuses restaient là.

Furieuse, l'Hasegawa fixa l'ange blanc. Celui-ci affichait un sourire où se mêlait parfaitement bien cruauté et amusement. Sans plus attendre, elle lui lança à son tour une plume. Il n'eut même pas besoin de l'éviter. Aiko l'avait raté. Il ricana un peu et marmonna un léger "Pitoyable...". Puis, il se mit à la bombarder.

L'adolescente ne pouvait esquiver les attaques. Elle avait peur qu'elles n'atteignent les civils... Elle croisa les bras sur son torse et se recroquevilla, encaissant tant bien que mal les coups. Parfois, un petit cri de douleur lui échappait.

À bout d'endurance, elle finit par vriller vers le sol. Elle s'écrasa sur l'allée en pierre. À sa (mauvaise) surprise, beaucoup de gens se mirent à sortir des magasins. Ils eurent tôt fait de l'encercler. Plutôt que de l'aider, comme elle croyait qu'ils allaient faire, les citoyens se mirent... à lui asséner de violents coups de pieds en l'insultant! Elle se protégea la tête avec ses bras, ne voulant pas les blesser. Des larmes de rages et de douleurs se mirent à rouler sur ses joues. Au-dessus d'eux, Krad les observait en ricanant.

La jeune fille était sur le point de perdre connaissance. Tout à coup, les coups cessèrent. Surprise mais soulagée, la collégienne ouvrit péniblement les yeux. Une paire de chaussures noires étaient devant ses yeux. Yeux qu'elle leva péniblement pour voir la personne qui semblait vouloir la protéger. Elle ne voyait que son dos, mais elle pourrait reconnaître entre mille la cascade de cheveux bruns qui dégringolaient dans son dos. Son doute fu vite prouver par la prise de parole de la personne qui venait de la tirer de ce mauvais pas.

- Vous devriez avoir honte! Vous êtes pitoyables! Yuko vient de nous protéger de Krad et tout ce que vous trouvez à faire pour la remercier, c'est de la frapper sans relâche pendant qu'elle est à terre? Vous êtes vraiment pitoyables!

Harada-san? Qu'est-ce qu'elle fait là?

Une voix dans la foule demanda soudain:

- Yuko? Krad?

- Ce sont les noms que les policiers ont donné à la Dark fille et au Dark blanc.

Le dit "Dark blanc" atterrit soudain derrière la foule. Les gens, effrayés, se mirent à reculer, lui arrachant un sourire amusé.

- Vous êtes si... Faibles... Pitoyables... Vous êtes si... Humain. Ça fait peine à voir...

Il se trouva rapidement devant la jeune Harada. Son regard félin se planta dans celui déterminé de la jeune fille. Soudain, d'une voix pleine de dédain, il lâcha:

- Je déteste ce regard...

Le poing de Krad partit en direction du ventre de Risa. Celle-ci ne broncha pas. Un dixième de secondes plus tard, quelqu'un crachait un peu de sang sur l'habit de l'ange blanc. Mais se n'était pas Risa.

Aiko, plier en deux sur l'avant-bras de son ennemi, dit, la voix entrecoupée par sa respiration difficile:

- Harada... San... Ce n'était... Pas la peine... De me défendre... Pourquoi... Avez-vous... Fait ça?

La brune, surprise, fixa son regard dans celui de la jeune ange.

- Cette voix... Cette manière de vouvoyer tout le monde...

Elle fronça les sourcils. Un fractions de secondes plus tard, ses yeux s'écarquillèrent de stupeur. D'un souffle, elle murmura:

- Aiko...?

La concernée eu un petit sourire faible, démontrant à l'adolescente qu'elle avait raison.

- Ai... Yuko... Pourquoi avoir prit le coup à ma place?

La jeune ange hésita quelques secondes avant de répondre.

- Car vous êtes... mon amie... Et je ne laisserais... pour rien au monde... Krad faire du mal... à un civil... peut importe lequel.

Le blond eut un sourire amusé. Puis, d'un ton des plus sarcastique, il déclara:

- Comme c'est touchant...

Il enleva son poing du ventre d'Aiko. Celle-ci s'écroula lamentablement sur le sol, incapable de tenir debout. Il la saisit rapidement par le collet. Il jeta un regard en coin à la jeune Harada en déclarant:

- On se reverra...

Puis, il s'envola, sa prise dans les bras.