Chapitre 6 : « The Scientist », Coldplay
Les jours passaient et l'automne faisait doucement son nid.
Hermione ne parlait plus, ou presque plus. Elle se contentait la plupart de temps de quelques mots rapidement prononcés. Au début, elle parlait uniquement à Severus, dans leur lien puis, au fur et à mesure, son silence se prolongea et elle ne parlait presque plus.
En elle, tout bouillonnait. Sa magie était en ébullition comme elle ne l'avait jamais été auparavant.
La vieille dame l'avait accueillie et elles s'aident toutes les deux. Hermione faisait parfois le repas, ou le ménage, mais toutes ces tâches se faisaient dans un constant silence.
« Miss … Tout va bien ? », demanda Helena dans un énième essai d'engager la conversation avec sa jeune pensionnaire.
Hermione se tourna vers elle, la regardant profondément. Elle prit une grande inspiration, laissant croire à la femme que son essai allait peut-être enfin porter ses fruits. Pourtant, elle se retourna, fixant son assiette silencieusement.
Elle ne voulait rien dire parce qu'à son sens, il n'y avait rien à dire. Mentalement, elle était en train de préparer son plan, sa vengeance. Elle prévoyait tout dans les moindres détails.
Tout ce mettait en place dans son esprit alors, elle ne voulait gaspiller aucune force en babillage inutile. La dame était adorable, au fil des jours, elle avait appris à lui faire confiance. Seulement, elle ne voulait divulguer son plan à personne. Si personne ne savait, personne ne pourrait la trahir, personne ne souffrirait avec elle. C'était son combat, sa revanche, pour son amour, pour son homme.
D'abord, elle savait qu'elle devait reprendre des forces, c'était bien évidemment primordial. C'était la première phase de son plan, et c'était bien la seule raison qui la maintenait ici. Sinon, elle serait déjà loin.
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Deux mois, ça lui avait pris deux mois pour mettre au point son plan parfaitement. Deux longs mois, mais maintenant elle était prête.
Toutes les étapes étaient rigoureusement préparées, chacune étant millimétrées rigoureusement. La potion était prête, son sac était prêt lui aussi. Son destin se scellait et elle était décidée. Plus rien ne pourrait l'arrêter, elle avait pris sa décision et elle était heureuse de cette décision.
Elle savait qu'elle allait aux devant du danger, elle allait devoir être forte, elle en avait conscience, mais elle n'avait pas peur. Au contraire, une joie et une bouffée d'air frais et bienfaiteur avait envahis ses poumons et tout son corps.
Elle ouvrit la porte du chalet, embrassa Helena en la remerciant silencieusement de ce qu'elle avait fait pour elle. La vieille femme lui avait appris un sort pour ne pas qu'elle se perde, lui avait donné à manger, elle lui avait confié des vêtements chaud. Elle était un peu triste de la quitter, mais l'idée de sa vengeance bientôt réalisée lui mettait du baume au cœur. Elle se tourna vers la foret et se mit à avancer, direction : la zone de transplanage la plus proche.
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Dans la nuit, à des milliers de kilomètres des tourments de la Finlande, deux corps entrelacés fortement tentant de se donner mutuellement un peu de chaleur. Car si dans le pays Scandinave, c'était la détermination et le bonheur qui avait étreint le corps d'Hermione, en Angleterre, les heures sombres avaient commencées.
Les enlèvements suspects se faisaient de plus en plus nombreux et le Ministère ne cessait d'accabler les groupes d'opposants, accusant les partisans de Dumbledore et d'Harry Potter d'être les instigateurs. Le QG de l'Ordre du Phœnix avait déjà dû déménager de nombreuses fois. Le climat était tendu, chaque jours un peu plus. Dans les rues de Londres, la tension était palpable. Les habitants étaient méfiants, les regards étaient tous baissés vers le sol, et les dénonciations étaient devenues de plus en plus nombreuses. Le Ministère créait de nouveaux postes dont l'un était le Bureau de Dénonciations des Crimes. Si un habitant avait des suscitions sur l'un de ses voisins, il suffisait qu'il aille au Ministère, il demandait une convocation au BDC et il était au plus vite entendu par le Directeur du Département. L'entretien était très succin. On reprenait le nom, le prénom et l'adresse du suspect et il était sur le champ arrêté. Il n'y avait aucune investigation, malgré les apparences. S'il était effectivement opposant au régime, il était enfermé, quand bien même il serait innocent, il était enfermé après que l'on ait « vérifié » son sang.
La population vivait constamment dans la peur et l'angoisse du lendemain.
« Harry … Qu'est-ce qu'on va faire ?, demanda doucement Océane, appuyée contre le torse du jeune homme.
-Je ne sais pas Océane …
-J'ai peur …
-Ils ne sont pas encore dans ton monde …
-Je sais, mais ils sont chez les Sorciers.
-Oui …, dit-il le regard un peu dans le vide.
-Harry … J'ai peur pour toi …
-Ne t'inquiète pas, je serai prudent.
-Tu dis toujours ça … Pourtant, tu viens toujours me voir …
-Tu n'es pas heureuse que je sois là, avec toi ?
-Harry, tu ne comprends pas … en venant ici, tu prends le risque d'être capturé, d'être suivis, tu mets Romane en danger et les autres Membres de l'Ordre … Je ne vaux pas tout ça …
-Si, mon ange … Tu vaux bien plus que ce que tu penses. Je ferai tout pour toi, je me battrai contre n'importe qui. Je ne peux pas me passer de toi, ça m'est impossible. Je voudrais constamment être près de toi, pouvoir de tenir dans mes bras, te serrer fort, j'aimerais pouvoir te sentir à mes côtés tout le temps, je voudrais t'embrasser à chaque instants. Mon ange, la vérité c'est que depuis que tu es avec moi, je ne veux plus que tu t'éloignes.
-Oh Harry … Je t'aime tellement, et je ne veux pas qu'il puisse t'arriver quelque chose par ma faute, dit-elle en se redressant pour le regarder dans les yeux.
-Il ne pourra rien m'arriver tant que tu seras là … Tu es mon ange gardien et avec toi, c'est un monde de bonheur qui m'a ouvert les bras.
-Tu parles comme un poète …, dit-elle un peu rêveuse.
-Mais je suis un poète voyons … Surtout avec toi …
-Je t'aime mon chéri …, dit-elle doucement en l'embrassant.
-Moi aussi je t'aime mon ange … », dit-il en lui répondant un peu plus passionnément.
Le Survivant fit basculer la jeune fille sur le dos, se plaçant au-dessus d'elle, déposant dans son cou une myriade de baisers.
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Ron sursauta lorsqu'il entendit des coups à la porte de leur nouveau refuge. L'Ordre du Phœnix s'était maintenant installé dans une petite bâtisse, bien sûr, tout ceci n'était que temporaire, comme pour chaque refuge.
Les autres membres de l'Ordre ne frappaient jamais quand ils devaient entrer. Alors, cela ne pouvait signifier qu'une chose : c'était elle. Depuis plusieurs jours, Pansy et lui s'envoyaient de nombreuses lettres. Elle lui avait dit qu'elle voulait le voir absolument et il avait utilisé un code pour lui faire savoir où le trouver.
Il ouvrit la porte doucement se retrouva face à la jeune fille, la faisant entrer rapidement avant de la prendre dans ses bras une fois qu'il fut certain que personne ne les avait suivis.
« Rony, fait attention …, dit-elle en lui montrant la petite qu'elle tenait contre elle.
-Elle est tellement petite …, dit-il en caressant sa tête.
-Tu sais, pas tant que ça …
-Mais regarde … La taille de ses mains comparées aux miennes …, dit-il en prenant sa main dans la sienne.
-Tu veux la prendre ?
-Je peux ?
-Bien sûr … Tiens … », dit-elle en sortant le bébé.
Pansy plaça Isya dans les bras de Ron, l'aidant à la tenir correctement. C'est cet instant que choisit Molly Weasley pour arriver, découvrant les deux adolescents dans le hall d'entrée de la petite demeure. Elle resta un instant en arrière.
Elle ne nierait certainement pas qu'elle avait eu quelques a priori quand Ron lui avait annoncé qu'il sortait avec Pansy Parkinson
Après tout, son père était connu pour être un Mangemort plus que présent auprès de son Maître. Elle avait eu de sérieux doute quant à la confiance qu'elle pouvait accorder à la jeune fille, mais ne dit-on pas que tout le monde a le droit d'avoir sa chance ? Molly Weasley voulait vraiment laisser sa chance à la jeune fille, mais son cœur avait des palpitations chaque fois qu'elle imaginait la possibilité que Pansy ne trahisse Ronald. Que feraient-ils tous dans ce cas.
Cependant, lorsqu'elle vit la jeune fille si douce avec le bébé, elle commença à douter de ses propres craintes, accordant déjà bien plus de confiance à la jeune femme. Une fille aussi douce, aussi prévenante et attentionnée avec un bébé ne pouvait pas avoir un mauvais fond. Elle s'avança un peu plus, attendrie de voir son fils tenir son enfant comme si c'était le sien.
« Oh, excusez-moi, madame Weasley …, dit Pansy quand elle vit la matriarche, baissant la tête.
-Ne t'inquiète pas Pansy, tu n'as pas à t'excuser …, dit-elle doucement.
-J'aurais dû venir vous saluer, c'est la moindre des politesses.
-Ne t'inquiète pas avec ça … Venez plutôt, vous allez avoir froid dans l'entrée.
-Maman, nous allons aller dans la chambre, ça va, intervint Ronald.
-Mon chéri, tout le monde est à table et Pansy doit être affamé, venez manger tous les trois. Ce petit ange doit avoir faim lui aussi…
-Je lui ai donné un biberon avant de partir, mais elle n'en a pas voulu beaucoup …
-Elle devait sentir que quelque chose se préparait …
-Vous pensez ?
-Oh oui, j'en suis certaine. Les bébés sentent quand un changement se profile. Elle t'a peut-être simplement vue te préparer et elle a compris que vous alliez sortir, alors son biberon, ce n'était plus le plus intéressant. »
Molly lui fit un doux sourire, prenant Isya dans ses bras avant d'inviter les deux jeunes à la suivre jusque dans la cuisine pour manger.
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Hermione avançait doucement et calmement, son attitude contrastait avec son ressentit intérieur. Elle était en ébullition, son anxiété montant crescendo au fil de ses pas. Elle se dirigeait jusqu'au Ministère par l'entrée de Service.
La semaine passée, elle avait espionné une dame qu'elle connaissait pour l'avoir vue plusieurs fois travailler au Ministère. En épiant ses faits et gestes, elle avait rapidement pu établir un programme précis de ses allers et venues, analysant le tout pour définir le moment opportun pour lancer son offensive.
Tous les jours Mafalda Hopkrik empruntait le même chemin pour rejoindre le Ministère, passant à 6h23 exactement devant un hangar abandonné. Cette fois, la jeune Gryffondor l'attendrait. Elle était en place, sure d'elle, sa baguette fermement en main. Le sort serait bref, clair, précis.
« Stupefix. »
Mafalda s'écroula dans les bras d'Hermione tandis que cette dernière la remmenait à l'abri des regards indiscrets. Elle lui arracha un cheveu et le laissa tomber dans sa potion qui réagit immédiatement. Elle la but sans cérémonie, se transformant progressivement avant de devenir la réplique parfaite de l'employée.
Complètement indifférente, Hermione attaqua Mafalda avant de remettre en place son tailleur. Elle sortit du hangar le plus naturellement, prenant le chemin du Ministère comme si elle était véritablement cette employée.
A présent, plus rien ne raisonnait en elle, elle ne ressentait absolument aucune émotion. Elle était concentrée et n'avait plus que son objectif en tête, c'était son seul but, sa seule motivation.
Voilà Severus … Je sais ce que tu vas dire : que je me jette dans la gueule du loup. Et tu aurais parfaitement raison. Mon plan est très simple, je veux tous qu'ils payent ! Ils vont tous connaître la douleur que j'ai ressentie quand tu m'as été enlevé. Au Ministère, je veux toucher un maximum de personne tant que je serai sous cette apparence, mais ensuite, j'espère bien me faire capturer. Je veux qu'ils me reconnaissent. Qu'ils voient qu'Hermione Granger est toujours en vie. J'espère qu'ils m'emmèneront chez les Malfoy, j'espère être au plus près de Voldemort … Je t'ai promis une vengeance, Sev, et ma vengeance sera grandiose. Je peux mourir ensuite, ça n'a aucune importance. Je suis prête, je veux me venger et ensuite de retrouver là-haut … Rien ne m'en empêchera, et je sens que c'est ce que j'ai à faire … Je t'aime Severus, je t'aimerai toujours et jusqu'au dernier instant.
Elle lui avait parlé, pas comme elle l'aurait voulu, mais à cet instant, elle ne pouvait pas être plus heureuse d'avoir gardé ce lien entre eux. Elle le sentait avec elle et ça lui redonnait encore plus de force. Elle avançait plus sereinement encore, incertaine de la suite mais confiante quant à son choix.
Elle avait pu passer la sécurité sans trop de problèmes et avançait maintenant dans le hall. Maintenant, elle avait deux solutions : soit elle lançait son offensive dans le Grand Hall et elle était certaine de blesser et tuer un très grand nombre de sorciers, soit elle attendait d'être dans les bureaux. Si elle lançait attaque ici, certes elle ferait plus de victimes, mais en regardant autour d'elle, elle pensa à tous les civils qui étaient ici, ceux qui n'y étaient pour rien. Elle pensa à tous ces hommes qui pour d'autre femme étaient ce que Severus était pour elle.
Non, ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle voulait faire souffrir ceux qui l'avaient fait souffrir, pas la population qui n'y était pour rien. Le peuple sorcier se punissait déjà bien assez tout seul en fermant les yeux et en croyant aveuglément ce que la Gazette racontait. Hermione, elle, visait les hautes sphères de la société. Elle frapperait fort, elle frapperait en masse, mais elle toucherait précisément.
Elle prit l'ascenseur et se dirigea vers le Département de la justice magique, là où il était le plus susceptible que la véritable Mafalda soit à cette heure-ci.
« Mafalda ? C'est bien vous ? »
Cette voix, elle la connaissait bien, mais elle était étonnée de l'entendre ici. Depuis son retour en Angleterre, elle avait tout fait pour en apprendre le plus possible, rattrapant tout ce que ses mois passés en Finlande lui avait fait rater. Elle avait pensé qu'Arthur aurait démissionné en voyant toutes ces arrestations et les nouvelles évaluations que le Ministère. Mais non, apparemment, il était toujours au Ministère et en se retournant, elle en eut la certitude.
« Arthur ?
-Oh, je ne m'attendais pas à te voir ici …
-Je travaille ici pourtant …
-Oh oui, bien sûr, mais je pensais que tu aurais directement été au Département des accidents et catastrophes Magiques.
-Et pourquoi ça ?
-Et bien, apparemment, il y aurait un problème avec Radford.
-Comment ça ?
-Il doit passer une évaluation devant la Commission aujourd'hui et il semblerait que tu aies été assignée à sa comparution, ils t'attendent en bas.
-Oh … Très bien, mais au fait, Arthur …
-Oui ?
-Comment va Molly ?
-Ça va, tu sais, Charlie lui manque mais elle sait qu'il est bien en Roumanie.
-Et tes plus jeunes, ils vont bien aussi ? Comment ça se passe où Poudlard ?
-Ils sont tombés malade alors ils ne sont pas à l'école, on a demandé à recevoir les cours à la maison pour qu'ils puissent quand même continuer leurs études.
-Rien de grave, j'espère ?
-Non, ne t'inquiète pas, mais c'est gentil.
-C'est normal, mais dit moi, ça ne t'inquiète pas tous ces assignements à comparaître ?
-Oh, tu sais, je pars bientôt, alors oui c'était inquiétant mais, maintenant je ne m'inquiète plus.
-Tu pars ?
-Oui, il me restait des vacances à prendre, alors j'ai décidé de tout prendre maintenant pour aider Molly avec les enfants.
-Oh, c'est chouette ça !
-Oui, bon, je vais te laisser, j'ai encore de la paperasse à faire.
-Je ne vais pas te mettre plus en retard encore. Bonne journée, Arthur.
-Merci, toi aussi, Mafalda. »
Hermione était heureuse d'avoir entendu ces nouvelles de la voix d'Arthur même. Ses amis allaient bien et c'était ce qui importait le plus pour elle maintenant.
Elle décida de continuer à avancer, essayant de repérer sur les portes le nom de certaines personnes qui auraient pu être affiliées à Voldemort.
Certains noms lui disaient vaguement quelques choses, tels que Rabastan Lestrange ou Augustus Rookwood, Mulcibert ou Nott.
Elle réajusta son sac contre elle, vérifia discrètement que ses petites bombes étaient toujours en place. Il y a quelques jours, elle avait été chercher dans une boutique Moldue des petites boîtes qui, une fois que l'on avait appuyé sur le mécanisme, était programmée pour exploser dans les cinq minutes. Elle déposa les boîtes devants les bureaux qu'elle avait reconnus comme étant occupés par des Mangemorts.
Son cœur battait à tout rompre et elle avait l'impression qu'il allait exploser ou sortir de son corps. Pourquoi avait-elle cette douleur dans son cœur ? Parce que ce qu'elle s'apprêtait à faire était à l'opposé de ses principes ? Oui, probablement … Mais elle avait tellement mal qu'il ne soit plus là.
Elle avait trouvé refuge dans un petit renfoncement dans le mur de l'étage et attendait patiemment que les bombes explosent pour faire sortir tout le monde dans le couloir.
Pourquoi le temps passait-il si lentement ? Elle aurait tellement voulu déjà être dans le feu de l'action, pouvoir lancer son offensive maintenant.
Un instant, elle crut sentir une caresse sur sa joue et elle pensa à ce que Severus aurait dit s'il avait été avec elle …
Il lui aurait certainement dit qu'elle était inconsciente et irresponsable. Il aurait dit que c'était dangereux et typiquement Gryffondor. Mais lui, qu'aurait-il fait si c'était elle qui avait péri cette nuit-là ? Il se serait senti coupable … Et il se serait encore plus investi dans cette lutte pour la Lumière. Il aurait accumulé les missions, à chaque fois plus dangereuses. C'était exactement ce qu'elle faisait sauf qu'elle le faisait seule. Personne n'avait à lui dicter sa conduite et ses gestes et pour une, sa motivation était bien plus égoïste. Elle ne se battait pas vraiment pour la lumière, elle se vengeait pour lui. Bien sûr, ça profitait à la lumière, mais elle s'en fichait.
La douleur qui enserrait son cœur, ce froid autour d'elle et en elle, ça ne voulait jamais la quitter. Plus jamais il ne l'embrasserait, plus jamais il ne l'enlacerait, plus jamais ils ne pourraient se disputer tous les deux, et plus jamais ils ne pourraient se réconcilier de la plus délicieuse des façons. Jamais elle ne pourrait retrouver quelqu'un qu'elle aimerait autant et même si c'était possible, jamais elle ne pourrait ressentir de nouveau tout ce qu'il faisait naître en elle … Il faisait vibrer son âme tellement fort, il faisait chanter son corps comme un virtuose, il la connaissait par cœur …
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Pansy avait trouvé une place à table à côté de Ronald, juste en face de Molly. Quand le couple était entré dans la pièce, il eut un léger silence mais Ron sembla ne pas s'en formaliser et prit sa petite amie par la main pour qu'ils aillent s'asseoir. Molly apporta d'abord une assiette et de quoi manger pour la Serpentard avant de s'asseoir et de donner le biberon au bébé.
« Heu … J'ai raté un épisode ?, demanda Sirius.
-Pourquoi ça ?, demanda Molly sans quitter le bébé des yeux.
-Peut-être la présence de Parkinson à ma table ?!
-Tout d'abord, il ne s'agit pas de ta table mais de la nôtre et ensuite, Ronald a proposé refuge à sa petite amie … »
Tout le monde fut choqué, Ron et Pansy parce que rien n'avait jamais été dit à leurs parents respectifs concernant leur couple, les autres par cette nouvelle et en général pour le calme paisible de la matriarche.
« Maman comment tu sais …
-Ronald Wealsey, je suis ta mère, sais-tu seulement quel enfer ça a été de te porter alors pour tout le mal que je me suis donnée, je crois que je mérite bien de deviner certaines choses …
Ron rougit et Pansy eut un léger rire tandis que Sirius garda la bouche ouverte.
-Ron, tu sors avec Parkinson ?!, dit-il abasourdi.
-Oui, je sors avec Pansy, dit-il en insitant sur son prénom.
-Et comment se fait-elle qu'elle n'est pas avec son cher papa ?, dit-il d'un ton railleur.
-Elle est venue ici parce que j'avais envie de la voir !
-Et tu as jugé bon de donner notre adresse à des Mangemorts ?
-Pansy n'est pas une Mangemort !, dit-il en se redressant, Sirius le suivant en se levant lui aussi.
-Comment peux-tu le savoir ? C'est la fille d'un des Mangemorts les plus actifs du pays.
-Et alors ? Parce que son père en est un, elle fait forcément parti des leurs ?
-Exactement !
-Je crois savoir que dans ta famille, être Mangemort c'était plutôt bien, non ? Alors quoi, toi aussi tu es l'un des leurs ? Viens Pansy … Prend Isya, nous n'avons rien à faire à cette table …
-Ron, attend …, dit-elle en essayant de le calmer.
-Non, prend là, on va aller en haut, on sera mieux.
-D'accord … Désolée, madame Weasley, dit-elle tout bas, en reprenant la petite.
-Ne t'inquiète pas … Je m'occupe de cet imbécile-ci et je te confie Ron ?
-Oui … Comptez sur moi … »
Ils allèrent à l'étage et Pansy s'assis sur le lit avec le bébé dans ses bras.
« Elle est vraiment mignonne …, dit Ron en s'approchant.
-Oui … Mais Rony, tu ne devrais pas te disputer avec ta famille pour moi …
-Sirius ne fait pas parti de ma famille, dit-il en caressant le front de la petite.
-Ne joue pas sur les mots, tu sais ce que je veux dire.
-Pansy, je ne les laisserai pas dire que tu es partisante de Voldemort si tu ne l'es pas !
-Rony, ne dit pas ce nom, s'il te plait …
-Tu n'as pas à en avoir peur, ce n'est qu'un nom.
-Je n'aime pas le dire, c'est tout …, dit-elle doucement.
-Combien de temps tu restes ?
-J'ai dit à mon père que je voulais aller passer quelques temps chez une amie … Donc je ne sais pas trop …
-Il ne se pose pas de question ?
-Le Seigneur des Ténèbres gagne en puissance et il sait que tous les partisans de Dumbledore se cachent alors, il s'en fiche un peu … Et puis, comme ça, il peut se concentrer sur ses missions sans trop devoir s'occuper de moi …
-D'un côté, ça me plait bien qu'il agisse comme ça …, dit-il en l'enlaçant, se plaçant dans son dos.
-Pourquoi ?
-Parce que je peux te garder longtemps avec moi …, dit-il en embrassant son cou.
-Tu sais que … Je vais quand même devoir … Rentrer un jour chez moi ? …
-Oui … Mais n'en parlons pas trop … Maintenant je veux savourer … Chaque moment avec toi … »
Ron entraîna doucement la jeune fille et le bébé sur le matelas, enlaçant la Serpentard en gardant Isya entre eux.
