Titre: Blueberry

Raiting: T

Auteur: Myllie

Disclaimer: Le monde magique appartient à la merveilleuse J.K. Rowling, je ne fais qu'emprunter quelques uns de ses personnages.

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Merci à La Plume de Sucre pour sa review et à ceux/celles qui ont ajouté ma fic dans story alerts/favorites.

Bonne lecture!

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Chapitre 7

Après ma séance étude avec Albus, je retournai à ma salle commune. Je trouvai Louis qui m'attendait confortablement sur le sofa devant le feu de cheminée. Je lui sautais dessus et ébouriffai ses cheveux.

- Alors, raconte-moi tout, m'écriai-je.

Il sourit et je m'assis sur l'accoudoir du sofa.

- Après que tu sois partie, il était très gêné et moi aussi. Blue, tu aurais dû le voir! Il était plus rouge que moi, s'exclama-t-il.

- Eh bien, c'est rare ça.

Un sourire niais fleurissait sur son visage.

- Il a bafouillé: Louis, je pense que je vais prendre une douche glacée pour refroidir mes ardeurs.

- Il a bafouillé? Le grand Scorpius Malfoy a bafouillé? Il perd de sa prestance devant un Weasley? Ceci n'a jamais été vu dans l'histoire des sorciers. Abraxas Malfoy doit se retourner dans sa tombe, me moquais-je.

Je reçus une tape sur le crâne.

- Et tu lui as répondu quoi? repris-je en contenant un fou rire.

- Rien. J'étais trop surpris pour répondre quoi que ce soit, mais mes oreilles ont chauffé.

- Elles chauffent encore, remarquai-je en éclatant de rire.

- Maudit gène roux, grogna-t-il.

Je lui collai un baiser baveux sur la joue.

- Je pense qu'il est attiré par moi, constata Louis en frottant sa joue pour enlever toute trace de bave.

- Tu penses? Moi, j'en suis plus que certaine. Et puis s'il est parti, se refroidir les ardeurs, c'est qu'il t'aurait sauté dessus à coup sûr.

- Pourquoi ne l'a-t-il pas fait? Je n'aurais pas dit non, se lamenta Louis.

- Parce que vous êtes amis et que te déshabiller aurait été au-dessus de l'amitié. Je ne sais pas s'il est prêt à franchir ce cap.

- On le voulait tous les deux. Je pense que si tu ne nous avais pas interrompus, on aurait pu aller loin, confia-t-il.

La culpabilité me rongea de nouveau.

- Je suis encore désolée pour ça, dis-je avec peine.

Il haussa les épaules.

- Mais pour te consoler, dis-toi que la prochaine fois que vous vous retrouverez seul, vous allez vous embrasser comme des fous!

- J'espère.

Il sourit, légèrement gêné, et cala sa tête sur mon épaule. Je caressai ses cheveux doux et observai le feu vert de la cheminée. Le feu croissait, décroissait et répétait cette danse inlassablement. C'était comme nos relations. C'était mes discussions avec Albus qui devenaient sitôt houleuses ou, au contraire, qui se taisaient. C'était cette attirance entre Scorp' et Louis qui hésitait entre sauter le cap de l'amitié ou non. C'était incessant et répétitif. Et comme le feu, nous allions nous consumer si nous ne nous alimentions pas.

- Alors avec Albus? me demanda mon meilleur ami en me tirant de mes pensées.

Un sourire idiot apparut sur mon visage et je lui racontais tout.

Quelques jours plus tard

Je planais avec ivresse au-dessus du stade. Mes coéquipiers se balançaient au gré du vent. L'automne tirait à sa fin et une fine neige recouvrait la pelouse du château. L'air glacial du matin fouettait mes cheveux remplis de nœuds. J'éternuai. Un léger rhume dû au changement de température rendait mon jeu malhabile. Même si j'adorais voler, j'en voulais à notre capitaine de nous avoir réveillés aux aurores pour s'entraîner. Demain, un match de Quidditch contre les Gryffondors se disputait et rien n'aurait pu dissuader notre équipe à rester au lit. On avait envie de gagner, on allait gagner.

- Eh oh Blue! Concentre-toi sur le cognard, hurla Ethan Pucey, notre capitaine, à l'autre bout du terrain.

Le cognard venait de me frôler la tempe et me secoua durement. D'une main, je m'accrochai fermement à la batte et, de l'autre, au balai.

- Je suis malade nom d'une bouse de dragon, criai-je en pestant contre les maudits microbes et contre Pucey.

Je toussai à m'arracher un poumon. Je vis du coin de l'œil mes coéquipiers se moquer de moi. Pour eux, une fille était faible physiquement, malade ou non. Étant la seule à être du sexe féminin, j'ai dû prouver plus d'une fois que j'appartenais à cette équipe. Chaque année, le nouveau capitaine réévaluait mon potentiel comme batteuse. Je refaisais les tests sans rechigner parce que je savais que c'était la seule manière de leur montrer que j'étais aussi capable que les garçons. Jamais Serpentard n'avait eu au sein de son équipe de Quidditch une fille. J'étais la première et j'en étais très fière. Ainsi, je me plaignais rarement lors des entraînements, toujours prête à devenir plus forte, plus assurée, meilleure. Je jouais d'ailleurs plus honnêtement que la plupart de mes camarades, ce qui se distinguait dans le style de jeu des Serpentards. Et puis, ma force en tant que batteuse égalait largement celle des garçons dans les autres équipes. J'étais féroce et précise, rien ne m'arrêtait. Pour ces raisons, mes coéquipiers évitaient normalement de me mettre en rogne, mais dès qu'il y avait une faille dans mon comportement, ils ne pouvaient s'empêcher de me railler.

- Va voir Pomfresh alors pour une potion et reviens rapidement. On doit continuer à s'entraîner, lança Pucey en s'approchant de moi pour éviter de hurler de nouveau.

Je suivis ses instructions et me dirigeais vers l'infirmerie. Une fois à l'intérieur du château, la chaleur pénétra mon habit de Quidditch. J'éternuai pour la millième fois ce matin et me mouchai bruyamment. Je continuai ma route lorsque, au détour d'un couloir, des voix me firent arrêter net. Mon nom avait jailli dans une conversation et faisait écho dans le couloir désert. Je me cachai derrière une statue.

- J'ai aidé Bee en métamorphose.

La première voix fut identifiée comme celle d'Albus. Mon cœur frétilla de bonheur. Il parlait de moi, de moi! Mais à qui?

- Tu ne devrais pas, répondit quelqu'un que je soupçonnai fortement être Rose Weasley.

Ah, éternelle rabat-joie cette fille!

- Pourquoi? demanda le garçon de mes rêves.

- Je crois que tu ne fais qu'encourager son comportement ridicule, expliqua Weasley.

- Je ne crois pas. Je ne fais rien et elle se sent encouragée.

Vas-y Albus! Défends-moi contre cette vile sorcière qu'est ta meilleure amie!

- Continue à ne rien faire, elle se lassera un jour ou l'autre.

Jamais.

- Jamais. Elle ne se lassera jamais, crois-moi, dit Albus.

- Elle est indéniablement la fille la plus pathétique que j'ai jamais vue, je te plains, s'exclama Weasley.

Son commentaire me remplit d'une immense colère. Avec quel droit me traitait-elle de pathétique? Cette fille croyait tout savoir. Je l'injuriais mentalement. Si ce n'était pas pour Albus, je serais sortie de ma cachette et l'aurais sacrée une baffe inoubliable. « Contrôle-toi, Blue. La colère ne t'envahira pas », m'intimai-je.

- Tu veux rire? Pathétique? Elle n'est pas seulement pathétique, elle est sotte. Une vraie cruche. Ça fait presque cinq ans qu'elle me fait vivre un calvaire, râla Albus.

Je fus clouée sur place. Ses mots se répétèrent continuellement dans mon cerveau : « Pathétique, sotte, cruche, calvaire ». Je contenais des larmes qui menaçaient de jaillir dans un flot qui m'aurait rendu encore plus pathétique. Albus avait pour habitude de me lancer ces mots à la figure, mais c'était différent parce que j'étais en face de lui et que je pouvais lui répliquer ou les ignorer. Il le disait sur le coup, sur la frustration. Mais là, là, c'était autre chose. Me critiquer avec sa meilleure amie était atrocement douloureux. Ma poitrine se serra, ma tête me tournait légèrement. J'avais été un calvaire pour lui. « Elle n'est pas seulement pathétique, elle est sotte. Une vraie cruche.» Je tremblais de rage, je voulais frapper, faire mal, jeter quelque chose. Je ne fis rien de tout cela. En bonne Serpentarde, je m'enfuis des lieux. Je courrai vers l'infirmerie d'un pas aveugle, les poings serrés. Dans l'antre de Mme Pomfresh, je me jetais sur un lit et saccageais tout ce qui y contenait. Je déchirai les oreillers, frappai dans les couvertures en m'imaginant le visage de Weasley et de Potter. Je finis par renverser le matelas. Un petit Serdaigle couché sur un lit m'observa avec frayeur. Il sursauta lorsque je propulsai les potions sur la table de chevet par terre. La vitre se répandit sur le plancher, le liquide mouilla mes souliers. Le vacarme alarma Pomfresh qui courut s'enquérir des événements.

- Miss Bee, s'écria-t-elle horrifiée.

Elle lança un reparo avec sa baguette et je restai debout en plein milieu, observant mes mains. Du sang coulait de la gauche.

- Tenez, buvez ceci, m'ordonna-t-elle.

Pomfresh connaissait mes sautes d'humeur. Plus d'une fois, j'étais venue ici ou j'y avais fait venir quelqu'un. Je bus d'une traite la potion tranquillisante qu'elle me tendait pendant qu'elle désinfectait ma blessure. Je me sentis immédiatement calme, en paix même. Un faible sourire pointa le bout de son nez.

- Alors à quoi veniez-vous si ce n'était pour saccager mon infirmerie? me demanda-t-elle d'un ton bourru.

- Navrée pour ça, m'excusai-je peiner, je venais pour soulager mon rhume. Demain, c'est le match contre Gryffondor et il faut que je sois en forme.

- Pour votre conduite, vous ne mériterez pas que je vous donne cette potion, me gronda-t-elle.

- Avouez, vous ne voulez surtout pas que Serpentard gagne, plaisantai-je.

- Foutaises!, dit-elle en cherchant la fameuse potion qui allait me libérer de la toux et de la morve.

Je ris, la tête dans la brume.

- Wow, c'était débile, s'exclama le seul et unique habitant de l'infirmerie, un jeune Serdaigle, un mioche.

Il afficha un sourire joyeux et engageant. Un mioche plutôt mignon ma foi.

- Tu ressemblais à Hulk, rajouta-t-il en imitant mes gestes.

- C'est qui Hulk?

- C'est un bonhomme vert qui est super fort. C'est un truc moldu, éclaircit-il d'un ton enjoué en voyant ma tête déconcertée.

Le Serdaigle ne devait pas avoir plus de douze ans. Il semblait rempli de vie, jeune et innocent. Il me fit soudainement penser à mon frère, à cette joie de vivre avant sa maladie. Avant que je devienne subitement nostalgique, Pomfresh arriva avec la potion que je bus. Je dis au revoir au petit Serdaigle en ébouriffant ses cheveux et il m'offrit le plus beau sourire, un sourire qui valait de l'or, un sourire qui allait m'encourager à affronter les événements à venir. Je retournai ensuite sur le terrain de Quidditch et acceptais sans tiquer les plaintes de Pucey pour ma lenteur. La potion tranquillisante faisait encore son effet lorsque je me couchai cette journée-là épuisée par l'effort donné et par les émotions.

Le lendemain matin, j'enfournai crêpes, toasts et bacon dans ma bouche.

- Dieu du ciel Blue, tu veux t'étouffer? s'écria Louis en m'ôtant la saucisse grillée des mains.

- Hé, redonne-moi ma saucisse, protestai-je.

- Je savais bien que tu avais une saucisse, insinua Josh assis à gauche de moi.

Il ricana. Tiens, et si je lui lançais ma saucisse? Il se tairait sûrement. La potion tranquillisante de Pomfresh avait fini de faire son effet et ma colère ainsi que mon ressentiment bouillonnaient de nouveau dans mes veines. Je m'imaginai déchiquetant la tête de Rose Weasley. Pour ce qui est d'Albus, un poing dans la figure aurait suffi pour me soulager.

- Bonne chance, Blueberry, on compte sur toi, me lança la mafia des « M » en passant derrière moi.

Les trois filles me rappelèrent à moi et je dégustai mes œufs brouillés rapidement. Dans une heure, le match Serpentard-Gryffondor allait débuter. L'appréhension me rendait nerveuse et après toutes ces années, tout ce que j'avais trouvé pour calmer mon anxiété était de manger à m'en faire vomir. Évidemment, Louis essayait d'éviter que j'en arrive à ce point-là. Scorpius, quant à lui, s'occupait de ne pas me déranger avec ses piques. Il s'était d'ailleurs installé à deux mètres de mois pour pouvoir profiter de son petit-déjeuner tranquille. Il évitait ainsi d'observer mon manque de bienséance et donc, de me critiquer ouvertement. De là où j'étais, je pouvais remarquer les coups d'œil fréquents qu'il jetait à Louis. Celui-ci regardait Scorp' avec un désir palpable lorsqu'il croyait que son ami n'avait pas ses yeux sur lui. Leur manège semblait durer une éternité, assez longtemps pour que je finisse de manger et de rejoindre mes coéquipiers dans les vestiaires de Quidditch.

- Nous allons battre les Gryffondors! Nous leur montrerons que nous sommes plus forts qu'eux, plus rapides, plus ambitieux et plus rusés! Nous allons les démolir!, nous encouragea Pucey.

Mes coéquipiers tapèrent des pieds et des mains et crièrent leur assentiment. Je me joignis à eux. Ma voix de soprano couvrit leurs cris de guerriers mâles. Enfin sur le terrain, notre capitaine serra la main de James Potter, le capitaine et attrapeur de l'équipe adverse. Ils bataillèrent du regard et s'écrasèrent les doigts pour démontrer leur force masculine. Je lançai un regard noir à Potter, il en fit de même. Les Serpentards huèrent leur équipe tandis que les Gryffondors s'occupaient de leur lancer des quolibets. La foule s'embrasa lorsque le coup de sifflet de Mme Bibine annonça le début du jeu. Souaffle, cognard et vif-d'or furent lancés. Je me tins à l'opposé de Flint, l'autre batteur de Serpentard. C'était un garçon terrifiant à la mâchoire de travers. En général, les gentils griffons évitaient de se mettre dans son chemin.

- Et c'est parti! Wall attrape le souaffle et s'élance vers le gardien de Serpentard, Pucey. Flint envoie le cognard sur Wall, elle perd l'équilibre et le souaffle en même temps. Rose Weasley le rattrape tant bien que mal et l'envoie à son coéquipier Mercier. Il est suivi de près par Parkinson et Montgomery. Parkinson pousse Mercier qui lance à la dernière seconde le souaffle à Weasley. Montgomery l'intercepte et se dirige vers les buts des griffons. Potter crie des instructions à ses joueurs. Roxanne Weasley se prépare à arrêter le souaffle, Montgomery lance et Weasley… BUT DES SERPENTARDS, lance Molly Weasley, la commentatrice, dans un souffle.

Des cris de joie retentirent suivis des plaintes des Gryffondors. Je ne me laissai pas gagner par l'excitation sachant que le jeu venait de commencer. Je tournai autour des joueurs rouge et or avec ma batte à la main. Le souaffle revint entre les mains de Wall et je lançai le cognard sur elle. Elle bascula légèrement, mais cet instant de faiblesse profita à Parkinson pour s'emparer du souaffle. Robbins, le batteur de l'équipe adverse, jeta le cognard sur lui. Parkinson perdit la balle et Weasley l'attrapa. Une colère noire s'empara de moi. Normalement, pendant un match de Quidditch, j'évitais de laisser mon agressivité me guider, mais les paroles de Weasley me revinrent rapidement en mémoire : « Elle est indéniablement la fille la plus pathétique que j'ai jamais vue, je te plains. » Voilà que je ne pus contrôler ce qui arriva. Je larguai le cognard de toutes mes forces sur elle sans réfléchir un instant aux conséquences. Elle le reçut avec violence dans les côtes et lâcha sur le coup de la surprise le souaffle. J'entendis son cri de douleur qui fut sitôt étouffé par les exclamations outrées de la foule. Elle perdit l'équilibre, mais s'accrocha au balai aussi fort qu'elle le pouvait. Je ne ressentis aucune culpabilité, c'était le jeu. Mes coéquipiers ricanèrent et les griffons semblaient sur le point de m'arracher la tête. Cooper, le troisième poursuiveur de notre équipe, s'empara du souaffle et se jeta sur les anneaux dorés. Le but qui suivit réveilla l'équipe adverse. Apparemment, aussi douloureux que cela fût, Rose Weasley n'eut pas besoin de soins médicaux. Au contraire, elle s'élança plus féroce que d'habitude et fut capable de lancer à plein potentiel trois buts. J'étais par contre déterminée à arrêter sa course effrénée vers la victoire. Ce fut alors un match entre elle et moi. Je catapultai maintes fois le cognard sur elle, elle recevait les coups sans hurler et ses doigts se crispaient sur le souaffle. Plus d'une fois, elle le lâcha et, plus d'une fois, cela permit à mon équipe de marquer. Nous nous regardions dans le blanc des yeux, les sourcils froncés, déterminés à ne montrer aucune faiblesse. Je n'avais qu'à me rappeler les mots qu'elle avait prononcés contre moi pour n'avoir aucun scrupule à m'obstiner de cette façon sur elle. Potter m'injuriait, les Gryffondors m'insultaient, les batteurs griffons essayaient de me faire perdre pied. Molly poussait des exclamations d'indignation. Les Serpentards encourageaient mon comportement, Flint prenait un malin plaisir à la situation savourant chacun de mes gestes. Et lorsque j'envoyai pour la millionième fois le cognard sur elle qui atterrit sur son épaule et qui la fit basculer de son balai, les professeurs comme les élèves fixèrent sa chute avec horreur. À ce même moment, Bennet et Potter effectuèrent une course pour attraper le vif-d'or. Potter qui vit sa cousine tomber ne pensa pas à deux fois et fit le geste qui nous assura la victoire. Il s'élança vers elle et l'empêcha de s'écraser lourdement au sol. Bennet attrapa le vif-d'or. Des hurlements de joie se mêlèrent à ceux de rage, braillant contre injustice. Un conciliabule se forma auprès des professeurs pour déterminer si oui ou non Serpentard avait gagné, tandis que les joueurs se déposèrent au sol. Ceux de Gryffondors encerclèrent le corps de Weasley qui fut bientôt transporté dans un brancard. Mes coéquipiers me tapèrent sur le dos, me félicitant de mon jeu. Je devais certainement éprouver de la fierté, mais étrangement je ne ressentais rien. Je regardai les autres sans aucune émotion. Potter se dirigea vers moi, entouré de son équipe.

- Tu es une idiote Bee, cracha-t-il quand il arriva à ma hauteur.

Je n'eus pas le temps de me défendre que mes coéquipiers lui lancèrent des insultes diverses. Nos deux équipes se mirent à vociférer des jurons et des paroles offensantes. Je ne pris pas part aux injures, observant la scène sonnée. « Elle est indéniablement la fille la plus pathétique que j'ai jamais vue, je te plains », répétai-je dans mon esprit. Mais est-ce que cela avait valu la peine? La colère qui avait bouillonné m'empêchant de réfléchir correctement ne résidait plus. Là où normalement elle se formait, le vide persistait.

- Finalement, un vote a été prononcé : Serpentard remporte le match, annonça Molly d'un ton plat et neutre montrant son désaccord évident à la décision prise.

La bannière verte et argenté explosa de cris et de hourras enthousiastes. Ce n'était pas à tout les jours qu'on écrasait les griffons. Encore une fois, les Serpentards avaient prouvé qu'ils pouvaient gagner avec un jeu douteux et violent. J'y avais contribué. Je ressentis pour la première fois du match une pointe de culpabilité, mais je l'étouffais bien aussitôt. Mes coéquipiers, heureux, partirent célébrer dans notre salle commune. Je les suivis, mais fus arrêté par James Potter plus qu'énervé.

- Tu es qu'une sale garce Bee, tu le sais ça? s'égosilla-t-il.

Ses mots ne m'affectèrent pas comme il le souhaitait. J'enlevai sa main de sur mon épaule.

- Dégage Potter et va fêter ta défaite, le narguai-je.

Ma réponse avait un ton de finalité, mais il persista.

- Tu…, commença Potter.

- Laisse James, je vais lui parler, s'enquit Albus.

Je ne l'avais pas vu venir vers nous et mon étonnement s'afficha sur mon visage. Je m'empressai d'employer un masque impassible. Albus ne méritait pas que je lui accorde de l'attention. J'étais encore terriblement fâché par ses propos. J'avais l'impression de ne plus le reconnaître ou plutôt de ne jamais l'avoir connu réellement. Potter acquiesça non sans me jeter un regard furieux et nous laissa seuls. Albus me fixa le regard sévère, tandis que je le défiai d'oser me sermonner.

- Quel est ton problème Bee? Tu aurais pu tuer Rose, tu sais? s'écria-t-il.

Ah, ben voyons, toujours de ma faute!

- Je ne l'aurais pas tuée. Calme-toi Potter. Ton frère et toi cherchez le problème là où il n'y en a pas, rétorquai-je en levant les yeux au ciel.

- De quoi parles-tu? Il y a un problème ou tu n'aurais pas vu Rose tomber de son balai? m'accusa-t-il, hargneux.

- C'est le jeu, dis-je simplement en haussant les épaules.

- Tu ne veux seulement pas ouvrir les yeux.

Peut-être avait-il raison? Je taisais ma culpabilité.

- Potter, laisse-moi tranquille et va t'occuper de Weasley, lançai-je en tournant les talons.

C'était sans compter sur sa détermination, il m'arrêta sèchement la main sur le poignet.

- Oh, d'accord, maintenant, c'est toi qui veux être tranquille. Je ne te laisserais pas filer, je n'ai pas fini de parler avec toi, dit-il durement.

Ses yeux émeraude semblaient orageux.

- Bee, je comprends que ce soit un jeu, mais tu es allée trop loin. Tu t'es défoulée sur elle et ne le nies pas!, ajouta-t-il en voyant que j'allais protester.

Sa main enserrait toujours mon poignet. Il était bien décidé à passer son courroux sur moi.

- Lâche-moi, fut tout ce que je dis.

Il fit comme demander.

- Tu es odieuse, déclara Albus d'un ton glacial.

Cela me rendit furieuse.

- De quel droit te permets-tu de m'insulter? Parce qu'en plus d'être odieuse, je suis pathétique, sotte et cruche? Je te fais vivre un calvaire, pas vrai? Tu crois être un saint, mais tes paroles sont blessantes. C'est mieux que tu retournes avec Rose parce que je suis bien le summum du pathétisme! Allez ensemble et riez de moi, je n'en ai rien à faire. Je n'en ai rien à foutre de toi! Je te déteste Potter!

« Je te déteste parce que je t'aime trop pour voir que tu ne m'aimes pas », aurais-je voulu rajouter. Mais le courage me manquait. C'était vrai que j'étais sotte finalement. Ma tirade fut suivie d'un silence assourdissant. Le visage d'Albus reflétait un mélange de surprise et de repentance. C'en était trop, je partis et le laissai planter là. Qu'il aille au diable! D'un pas agité, je retournai au château. Je maudis cent fois Albus avant même de mettre un pied à Poudlard. J'oubliais de rejoindre Scorpius et Louis près des vestiaires où ils m'attendaient à chaque fin de match. Occupée à inventer des répliques différentes en lui montrant que ses paroles m'avaient offensée, je ne me rendis pas compte du spectacle sous mes yeux.

- Alors, Bee, as-tu toujours des oiseaux dans ta minuscule cervelle? se moqua un garçon avec l'insigne de Serpentard.

- Il-il-il n'y a pas d'oi-oi-seaux dans ma-ma tê-te, bafouilla mon frère entouré de trois garçons de septième année qui lui tournaient autour comme des vautours après une proie.

- Il y a quoi dans ce cas? Des écureuils? ridiculisa un autre.

Ils ricanèrent. Ni une ni deux, je m'élançai vers eux. Furax, je sautai sur le dos de l'un d'eux, un blond. Je jetais en même temps un sortilège de saucisson à un brun. Celui sur lequel j'étais montée tentait avec force de se dégager de mon emprise. Son ami l'aidait, mais je m'agrippai fortement, plantant mes ongles dans son torse. Il me plaqua durement contre le mur. Je gémis. Le blond sortit sa baguette, mais avant qu'il ne me lance un sort, je lui assénai un coup de poing sur la mâchoire. La force de l'impact le jeta à terre. Encore debout, le troisième garçon me lança un stupéfix et je sautai sur le côté. Il me rata d'un cheveu. Puis d'un expelliarmus, je le désarmai. Énervé, il ne s'arrêta pas là, il se rua tel un taureau vers moi. Il m'arracha ma baguette et me plaqua au sol. Le choc me coupa le souffle. Il m'offrit une gifle qui résonna dans tout le couloir. Ma joue prit feu, mon tympan bourdonna. Désorientée, je geins faiblement. Il me gueula des insanités au visage que je n'assimilais pas. La douleur vive s'effaça un court instant. Assez longtemps pour que, déchaînée, je donnasse des coups de pied à tout va. On roula sur le plancher, chacun essayant de faire le plus de mal à l'autre. Soudainement, quelqu'un me prit par la taille et me dégagea de cet imbécile de Serpentard.

- Ça suffit!

La voix du professeur Londubat résonna comme un couteau tranchant. Il retenait le garçon par l'épaule. Londubat nous intima de nous calmer. Il semblait aussi furieux que je l'étais au début de m'attaquer aux trois serpents. Scorp' me lâcha voyant que je n'allais plus me précipiter vers eux. Louis me prit le poignet juste au cas où je n'avais pas fini de me battre.

- Votre comportement est inacceptable, se battre est contre les règles de Poudlard. Je vous amène tous les quatre voir Mme la directrice, elle…

Je n'écoutais plus. Je venais de remarquer le regard effrayé de Noah sur moi. Il se tenait derrière Londubat et s'accrochait à sa robe de sorcier comme un enfant le ferait devant des inconnus. Apeuré, il évita de croiser mon regard, il sembla si vulnérable. J'avais effrayé Noah en me battant pour le défendre et il était celui qui était allé chercher Londubat. Mon frère avait peur de moi. La vérité me fit flancher. Je me retins lourdement à Louis. « Je lui avais fait peur. Moi. Moi. J'avais commencé tout ceci. C'était ma faute », pensai-je avec horreur. Mon cœur lâcha en réalisant mon énorme bêtise. Londubat dut me traîner jusqu'au bureau de McGonagall, laissant derrière moi mon frère et mes meilleurs amis. La directrice nous sermonna longuement, mais je n'écoutais pas. Elle m'adressa la parole, mais je ne réagis pas. J'étais dans une transe, la poitrine serrée, la douleur au ventre. Les yeux terrifiés de Noah me hantaient.

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Fin du chapitre 7. J'espère que vous avez aimé.

Si vous trouvez que Blueberry est trop agressive, je peux vous certifier qu'il existe des gens comme elle. En général, ce sont davantage les hommes que les femmes. (Voilà c'est dit, j'espère que ça ne choque personne)

Le prochain chapitre sera plus joyeux.

Si vous avez aimé pourquoi ne pas me le dire dans une review?! :)