... AUCUNE EXCUSE, je sais !
Je vous dois cette ultime partie depuis un an maintenant. J'en suis vraiment désolée, j'ai eu une panne effroyable dans l'écriture en tout genre, que ce soit sur ce fandom ou un autre, impossible d'ouvrir une page Word et laisser mes doigts courir sur le clavier. D'ailleurs vous allez le ressentir dans la qualité de ce chapitre qui n'est pas terrible... et pas vraiment relu tellement j'étais pressée de vous le poster, à chaud, toute remplie de culpabilité !
Vous êtes nombreux à m'avoir envoyé des messages privés, laissé des reviews, et je remercie pour ça chacun de vous. Chaque message était une petite pression de plus qui m'a poussé à finir cette fiction. Encore jusqu'à récemment, j'ai reçu vos messages, et vous ne savez pas quel bien fou ça m'a fait. Et malgré la piètre qualité de cette partie (parce que je voulais mettre trop de choses, trop de points de vue, et que je n'ai pas su bien m'organiser), la voilà enfin.
Et pour me faire pardonner, il y a au moins un point de vue par mois de cette année scolaire, parfois deux par mois. (coeur coeur)
Un énorme merci à Thilde, A little Cherry, Orlane Sayan, Chapi Chapo, Ayumihashimoto, Shameless, LauraNyra, fandetafic, Nelopee, loudee, et maeva jouan !
Je ne promets rien pour la suite de mes projets. Me remettre à cette fiction m'a fait réfléchir à une idée d'OS (pour être sûre de ne plus avoir rien d'inachevé haha) sur Angel et Albus. Un looong OS. Mais même si j'ai les grandes lignes dans ma tête, rien d'écrit sur page Word. J'aviserais, c'est pour ça que je ne fais aucune promesse.
Je vous embrasse tellement fort, et encore une fois (je ne le dirais jamais assez), MERCI ! (gras, souligné, italique ! haha)
FORGIVE US, WE'RE YOUNG
PARTIE VII
« Si tu veux quelque chose dans la vie, prends-le. » Into the Wild
Juillet 2023
« Oh bon dieu, c'était incroyable... » murmura Marian, allongée près de Scorpius qui afficha un sourire de pur contentement.
Il savait qu'il prenait de plus en plus d'expérience avec ses aventures – sans être pour autant un dieu au lit -, tout ayant commencé avec une charmante serpentarde de septième année après leurs examens de fin d'année. Abigail Flint, une brune flamboyante, au caractère de merde – tenant indubitablement de son père - mais au corps de déesse, qui l'avait initié aux charmes des parties de jambes en l'air. Fort satisfaisantes avec elle, d'ailleurs, pour une première fois.
Et avoir croisé Marian Bole à cette ennuyeuse soirée donnée par ses parents dans leur manoir, aidé par quelques verres de Grisant Champagne, avait été plus que bénéfique. Il n'avait jamais été réellement intéressé par elle, la jugeant trop problématique et dramatique. Mais il fallait que Scorpius reconnaisse qu'elle se débrouillait vraiment bien au lit. Au moins, de retour à Poudlard, il savait déjà que Marian était un bon coup.
Cette dernière se tourna vers lui, sa chevelure châtain clair flattant sa nuque, un grand sourire sur ses lèvres bombées, les joues rosies, les yeux verts brillants. Il devait le reconnaître : Marian Bole était magnifique.
« Tu as aimé ? S'enquit la jeune fille d'une petite voix.
-C'était vraiment bien, répondit Scorpius en continuant à garder le regard fixé sur son plafond constellé d'étoiles.
-J'arrive pas à croire que j'ai fait l'amour avec Scorpius Malefoy. » continua-t-elle avec un petit rire.
Oh, elle était mignonne. "Faire l'amour". Cet acte avait été tellement loin de cette notion. Il l'avait prise et reprise, et ça s'était arrêté à ça. Pas de sentiments particuliers hormis l'appel de leurs corps. Rien d'autre que du physique. Merde, il savait que Marian était une fille à problèmes, mais non, il s'était jeté en plein dedans. Quarante cinq minutes de plaisir pour une année d'emmerdements ? Non, quand même. Scorpius n'allait pas laisser faire ça.
Hors de question que Marian ne lui gâche sa septième année qu'il prévoyait riches en... émotions.
« Nous devrions retourner en bas avant que notre absence ne soit trop flagrante. »
Il vit du coin de l'oeil Marian pâlir, et l'entendit très distinctement hoqueter. Avait-il été trop sec ? Non, Scorpius se plaisait à penser qu'il avait juste été très clair et qu'elle ne serait pas assez idiote pour lui faire une scène.
Vraiment, il ne manquerait plus que ça.
« Une nuit, n'est-ce pas ?
-Oui Marian, répondit le blond avec un faux sourire d'excuse. L'expérience était très agréable, mais je ne veux pas de relation. Je ne suis pas encore prêt pour ce genre de choses, et je ferais plus de mal à celles qui essaieraient de s'y frotter qu'autre chose. »
Voilà. Jouer la carte du mec torturé sentimentalement parlant. Ça marchait bien en général. Et au sourire compréhensif, compatissant de Marian, Scorpius sut qu'il avait remporté cette manche et qu'il s'en sortirait bien.
Parfois, ce jeu pouvait être épuisant mais il ne mentait qu'à moitié. Il ne voulait pas de relation, mais il se fichait bien de faire du mal aux filles assez sottes pour essayer de le mettre au pas. Personne n'avait réussi à aiguiser assez son intérêt pour qu'il reste. Personne ne lui donnait envier de s'afficher devant les autres, heureux et amoureux. Personne ne lui suscitait des élans romantiques. Il préférait les étreintes dans le noir, secrètes, excitantes et discrètes. Il préférait l'interdit, le désir, le plaisir, l'éphémère. Il préférait être un célibataire convoité, doué pour les affaires de la nuit.
Mais il ne voulait pas non plus être un vulgaire play-boy, un petit coureur de jupons. Il resterait un gentleman, juste un homme qui prendrait du plaisir là où on lui en offrirait et qui n'irait que très rarement à la chasse, uniquement pour les proies intéressantes et difficiles.
Scorpius voulait qu'on vienne le chercher, que les filles se pâment devant lui et viennent s'offrir à lui de leur plein gré. Et même si ça paraissait narcissique, égocentrique, et autres qualificatifs du même genre, il ne s'en cachait pas. Albus le suivrait peut-être, ou alors au contraire, lui imposerait des limites bien que celui-ci ait aussi découvert les plaisirs de la chair avec... Lynne Montgomery.
La fille avec laquelle il n'aurait jamais dû faire l'amour. Parce que connaissant Albus, ça n'avait pas été un acte à la va-vite. Ils étaient saouls à une de leurs premières soirées de vacances hors Poudlard, et tout avait dérapé. Albus n'avait jamais prévu de faire ça, de l'alcool plein le sang, dans une soirée, et surtout pas avec Lynne.
Scorpius avait toujours soupçonné que cette bleue et bronze n'ait jamais totalement abandonné l'idée d'une histoire longue et durable entre Albus et elle. Et qu'elle lui ait pratiquement sauté dessus à cette soirée confirmait ses doutes. Albus était fait comme un rat.
Ou pas, si il l'aidait un peu. Que Salazar le garde, il ne permettrait pas à cette folle hystérique et capricieuse de ranger Albus dans le rang.
« En tout cas, merci... J'espère que quand tu seras prêt, tu viendras me voir. » lui dit Marian en remontant la fermeture éclair de sa robe.
Pour toute réponse, pour ne pas la froisser, pour ne pas lui donner non plus de faux espoirs, Scorpius se pencha pour lui faire un baise-main, lui arrachant un faible gloussement ravi. Et mentalement, en renfilant sa chemise, sa cravate et sa veste de smoking, le vert et argent pria pour cette jeunesse dorée, encore pleine d'illusions du prince charmant.
Parce qu'il allait rentrer en septième année, se sentait pleinement homme et ne ferait pas de quartier. Impossible qu'il se range avec une bonne petite sang-pur comme ses parents et ses grands-parents s'y attendaient. Il voulait découvrir de nouvelles choses tout le temps, voyager dans le monde, travailler à l'étranger peut-être. La justice et la protection sorcière, ça pouvait se vendre partout.
C'était peut-être tout bête mais depuis qu'il avait eu dix-sept ans, depuis qu'il était en vacances, précédant sa dernière année dans le cocon de Poudlard, il se sentait pousser des ailes, il se sentait capable de tout, il se sentait maître de son monde, de son destin et de ses décisions.
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Août 2023
Se prélassant sur l'herbe parfaitement entretenue de la pelouse du manoir Malefoy, Albus observait le ciel, son meilleur ami à ses côtés sirotant une bieraubeurre. Leurs vacances se déroulaient admirablement bien, pris dans une atmosphère de débauche, fait auquel son pote Malefoy n'était pas étranger.
Lynne le harcelant de hiboux en tout genre, Scorpius avait décidé de prendre les choses en main et l'avait amené à une quantité effroyable de soirées. Albus se demandait d'ailleurs comment il faisait pour connaître autant de monde alors qu'ils étaient (quasiment) toujours fourrés ensemble.
Mais il savait aussi que le nom Malefoy, ainsi que sa belle gueule et sa personnalité, ouvrait une quantité de portes non négligeable. Tout comme le nom Potter en réalité, quand il avait vu son frère aîné trainer à plusieurs de ses soirées, fêtant la réussite de sa première année en études supérieures.
« Septième année Scorp... Déjà. Le temps a filé trop vite. » souffla d'une voix basse Albus à son ami.
Il lui semblait être pris dans un étau, prisonnier, subissant le temps sans pouvoir y remédier. Il avait presque l'impression, malgré tout ce qu'il avait vécu ces dernières années, de n'être parfois encore qu'un enfant de onze ans angoissé à l'idée de son avenir dans l'école de sorcellerie du Royaume Uni.
Mais il se rappelait à chaque fois que Scorpius était près de lui, et qu'ils ne se lâcheraient pas. N'est ce pas ? Le doute ne pouvait pas être permis, le Malefoy étant son ami le plus proche, celui à qui il accordait toute sa confiance, celui qui savait tout de lui, un presque frère.
Etrange comme le destin pouvait être ironique : les rejetons Malefoy et Potter, meilleurs amis ? Ça n'aurait pas dû se produire, comme un Potter/Weasley envoyé à Serpentard n'aurait pas lieu d'être. Mais à seulement onze ans, ils avaient envoyé balader leurs convictions et les préjugés. Ils étaient devenus amis.
Et Albus ne regrettait rien.
« Noël et le jour de l'An cette année à Poudlard ? Histoire d'en passer au moins un là-bas. On en a pas eu l'occasion l'année dernière, demanda Scorpius d'un air songeur.
Peut-être que lui aussi réalisait l'ampleur des conséquences de cette année. La dernière.
-Pourquoi pas ? Ça me tente bien. Noël à Poudlard... On pourra dire qu'on l'aura fait au moins une fois dans notre vie. Ça serait dommage de ne pas le faire. »
Noël à Poudlard... Ça lui changerait des habituels Noëls au Terrier, entouré – et oppressé – par sa gigantesque famille (et amis de la famille). Un Noël avec ses amis, oui ça serait définitivement sympathique et sans aucun doute – ou presque – une expérience très agréable.
Et puis, il leur resterait cinq mois avant de laisser définitivement Poudlard derrière eux, de quitter le berceau de leur adolescence mouvementée. Qui de sa famille allait rester encore les année suivantes ? Roxanne et Lucy allaient être les suivantes à laisser le temps de Poudlard derrière elles, puis Hugo et Lily fermeraient la marche.
Albus grinça des dents en songeant aux deux années où Lily serait sans "surveillance", et il espérait qu'Hugo protège sa cousine et meilleure amie. Même si il savait pertinemment que Lily n'était plus une gamine désormais, qu'elle savait faire la différence entre ceux qui lui voulaient du bien et du mal, Albus n'arrivait pas à s'empêcher d'avoir ce syndrome du grand frère sur-protecteur que James lui avait refilé.
C'était d'ailleurs pour ça qu'il avait des relations un peu tendues avec sa petite soeur. Ils s'aimaient énormément, mais cette caractéristique d'Albus gâchait petit à petit leur entente. Même James n'avait pas été aussi terrible avec elle, disait-elle à qui voulait l'entendre. Et Albus répliquait inlassablement la même chose : James n'avait été là que de onze à treize ans, âge encore très innocent pour une fille. Lui devait se coltiner un âge beaucoup plus difficile en plus : de quatorze à seize ans.
Et qu'il soit maudit si il laissait un petit connard poser ses mains vicieuses sur sa petite soeur.
« On demandera aussi à Wyatt, Peter et Mark si ça leur tente.
-Si Mark reste, ta cousine restera sûrement, fit remarquer Scorpius.
-Dérangeant ? S'enquit Albus, prêt à défendre pour la énième fois sa cousine qui n'avait jamais réussi à s'attirer les faveurs de son ami.
-Si Rose et toi restez pour les fêtes, Lynne sera plus que motivée pour rester elle aussi. A toi de prendre le risque. » répondit Scorpius avec nonchalance.
Albus haussa des épaules, que Lynne reste ou pas lui importait peu. Il était persuadé qu'après encore un ou deux rejets de sa part, la jolie Serdaigle irait faire mouche sur Crivey. Le problème avec Lynne était qu'elle aimait trop l'habitude, revenir vers ses ex et ne plus les lâcher. De toutes ses années Poudlard, il n'y avait eu que lui et Crivey. Et elle tournait, tournait, tournait.
Il y avait quelque chose de dérangeant dans ce fait. Avec toutes ses élucubrations romantiques et sa manie de garder le même homme pendant quelques années puis retomber amoureuse de l'autre, Lynne était quelqu'un d'assez complexe à saisir. Et qu'elle soit la meilleure amie de Rose accentuait ce fait.
Rose et lui avaient été très proches avant de rentrer à Poudlard. Mais leurs maisons respectives les avaient éloignés peu à peu l'un de l'autre, et ils ne gardaient désormais que des relations très cordiales – tout justes amicales – à Poudlard, ne reprenant naturellement leur complicité de jadis qu'entourés de leur famille. Comme si ils avaient deux vies différentes.
Cette fascination qu'elle avait eu pour Scorpius n'avait pas aidé à leur rapprochement, et s'étant remise en couple avec Mark, son meilleur ami la respectait beaucoup plus. « Pour tenir en laisse aussi longtemps un gars comme Mark, qui a survécu à ma cousine, chapeau à Piaf Weasley. » avait-il dit. C'était la seule fois en sept ans qu'il avait laissé échapper le surnom qu'il avait attribué mentalement depuis leur première année à Rosie.
Albus avait fait les gros yeux mais il devait avouer que Rose avait l'air d'un petit oiseau gazouillant, sans défense, un peu comme un colibri. Ou parfois un aigle féroce prêt à foncer sur sa proie. Parce que, foi d'Albus Potter, Rose possédait sans aucun doute le sang chaud des Weasley ajouté au caractère un peu pédant et autoritaire des Granger.
« Et sinon, la fête de ce soir ça se passe où ?
-A Brighton, très cher Potter. C'est une fête d'un né-moldu, Edward Langdoc, donc imagine toutes ses ravissantes copines moldues qui vont venir.
-Avec des sorciers à peine majeurs, bourrés ? Qui sortiront leurs baguettes voulant impressionner les demoiselles ? Se moqua Albus.
-Je sais pas si on pense aux mêmes baguettes, Al'... »
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Septembre 2023
En passant son bras autour des épaules de sa soeur pendant qu'ils déambulaient sur le quai de la gare, valise en main, Fred lui embrassa le haut du crâne, ses boucles brunes lui chatouillant le nez. C'était l'avant-dernière année de Roxanne, et Fred en avait profité pour revenir un peu aux sources. Le quai 9 3/4...
Un peu plus loin, James taquinait son cadet qui foulait pour la dernière fois ce quai en tant qu'étudiant à Poudlard, et Lily se tenait près d'eux, amusée par le manège de son aîné. Pour sûr, elle avait dû être moins amusée quand elle avait dû endurer les sermons de ses deux grands frères, qui avaient décidé que cet été devait voir leurs premiers discours à leur petite soeur adorée sur le sexe.
Comme si Lily Luna n'avait pas déjà un certain bagage sur le sujet. Après tout, à Poudlard, les langues se déliaient facilement et ce genre de discussions étaient courantes dès la puberté. Comment le faire bien ? Est ce qu'il fallait faire ceci/cela ?
Mais les frères Potter s'y prenaient relativement tôt, Fred n'imaginait pas Lily Luna à seulement quinze ans aller dans le lit de n'importe qui... Ah, en effet, il était vrai qu'elle sortait avec Duncan Dubois depuis un peu plus de six mois et qu'il avait un an de plus que sa jolie cousine.
Heureusement pour lui, cette étape de sa vie était déjà passée avec Roxanne, bien qu'il aurait préféré que l'heureux élu soit un autre garçon que Lorcan Scamander. Pouvaient-ils un peu sortir du cadre familial ? Lorcan était un peu comme leur cousin, ainsi que son jumeau Lysander. Ils avaient grandi (plus ou moins) ensemble, vu que la famille Scamander était tout le temps en voyage sur les traces d'innommables et innombrables créatures magiques.
Et ça n'avait pas tellement duré au final. Lorcan était parti l'année dernière de Poudlard et ça s'était terminé quelques mois après. Et qui avait du récolter les pots cassés aux vacances de Noël ? Freddy, bien sûr.
« Tu seras là à Noël ? Lui demanda Roxanne avec un sourire dans la voix. J'ai entendu dire que tu souhaitais partir avec James et Caitlin dans une contrée exotique où il ferait chaud, chaud et encore chaud.
-Loin de la grisaille, du froid et de la pluie de Londres, en effet. » répondit Fred.
Il se demandait par quelle oreille sa petite soeur avait bien pu entendre ce projet. Rares étaient ceux qui étaient au courant... Fred eut un sourire entendu : Roxanne était elle aussi la digne fille de Georges Weasley. Tout s'expliquait.
Leur envie d'aller passer la période des fêtes sous le soleil venait d'un trop plein familial depuis dix-neuf ans, les grands-parents Weasley et Johnson allaient en péter une durite mais qu'importe. Quant à Caitlin, ses parents étaient eux mêmes de grands baroudeurs qui ne tenaient jamais en place, et elle avait déjà passé des vacances de Noël au sein de la famille Weasley.
« Tu m'emmènes ? Demanda sa petite soeur, taquine.
-Interdit aux moins de vingt ans, gamine. » répondit Fred en pinçant l'arête du nez de Roxanne.
La brune fit mine de bouder avant d'éclater de rire et empoigner ses valises pour rentrer dans le train qui allait la conduire à sa dernière année dans l'école de sorcellerie du Royaume-Uni. Fred eut cet étrange pincement au coeur pour Roxanne : il savait combien cette année allait compter dans sa vie, autant pour les études que pour l'environnement. Sept ans à Poudlard ne s'effaçaient pas d'un coup de baguette, les habitudes étaient ancrées, et heureusement qu'il vivait en colocation avec James, sinon il n'aurait pas réussi à faire facilement la transition.
« Je t'aime, petite soeur...
-Moi aussi Freddy. » répondit Roxanne sur la marche du train, un grand sourire aux lèvres illuminant sa peau bronzée.
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En sentant les mains masculines de Mark frôler la cambrure de ses reins, Rose frissonna de plaisir et d'impatience. Ils s'étaient à peine vus des vacances, leur relation frôlant des sommets en terme de relation compliquée. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle voulait de Mark, hormis le fait qu'elle ne supportait pas voir une autre fille trop proche de lui, et Mark lui faisait payer toutes ces indécisions au centuple.
« Allez Rose, tu sais que nous deux ça peut marcher. Si on fait ça bien... Si tu nous laisses une chance. J'en reviens pas de dire ce genre de conneries de mecs sans couilles. T'as vu dans quel état tu me mets ? » Lui souffla Mark à l'oreille, le nez dans ses cheveux.
Son corps épousait parfaitement celui du serpentard, et Rose en avait déjà fait deux fois l'expérience plus poussée. Dans ses rêves les plus fous, elle n'aurait jamais cru que sa première fois se serait passé comme cela, si sauvage et si tendre à la fois, et avec Mark Sanders.
Il lui disait toujours de magnifiques choses qu'elle n'aurait jamais cru sortir de la bouche d'un garçon... non, homme, comme Mark à qui on aurait pu tatouer "Viril" sur le front. En réalité, il se laissait facilement submerger par ses émotions quelles qu'elles soient. Et elle adorait ça. Elle adorait que ce côté de lui ne ressorte qu'en sa présence.
Et pourquoi n'acceptait-elle pas tout simplement de sortir avec lui ? Scorpius était sorti du tableau depuis l'année dernière, elle n'y était plus du tout accrochée, il n'y avait personne d'autre et les lèvres de Mark dans son cou, elle ne trouvait plus aucune raison valable de ne pas devenir son officielle petite amie. Elle était déjà l'officieuse alors bon... cela revenait au même, non... ?
« Ok, très bien, tu as gagné ! » accepta Rose en levant les mains en l'air en signe de reddition.
Un sourire victorieux éclata sur les lèvres rougies du vert et argent.
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Octobre 2023
Se faisant héler par Harriet qui était presque de l'autre côté du parc – bon sang, ce que ses amis pouvaient être discrets parfois -, Lily leva ses grands yeux bruns au ciel avant de se diriger vers leur petite bande rouge et or. Calvin, Hugo et Harriet. Étrangement, ils avaient eu des affinités dès leur première année et ne s'étaient plus quittés, faisant un peu bande à part des autres rouges et or de leur année sans le vouloir expressément. Ils fonctionnaient juste mieux à eux quatre.
Et Merlin merci, aucun drame amoureux n'agitait leur groupe. Harriet n'avait jamais été intéressée par les deux garçons de leur groupe, Calvin n'avait jamais mentionné une quelconque attirance pour l'une d'elles, Hugo préférait les brunes voluptueuses – et Harriet était tout sauf brune et voluptueuse -, et Lily elle-même considérait Calvin comme un frère.
Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Ou enfin presque... Quand elle vit les mains de Calvin et Harriet enlacées en arrivant près d'eux, son souffle se bloqua dans sa gorge et elle tomba des nues.
Que... ? Quoi... ? Comment ?
« Qu'est ce que... ? » osa commencer Lily en passant une main dans ses cheveux auburn. (Avec le temps, ils avaient perdu de leur flamboyance initiale, et Lily ne le regrettait pas)
Harriet affichait une mine coupable – encore heureux, elles étaient meilleures amies depuis plus de quatre ans et n'avait laissé filtré aucun indice -, Calvin avait l'air tout particulièrement fier de lui, et Hugo réellement blasé.
« Ça dure depuis quelques semaines, on voulait... on voulait voir si ça marchait avant de vous en parler à Hugo et toi, répondit Calvin avec un sourire d'excuse. Comme on est super soudés tous les quatre, on avait peur que ça nous influence trop.
-Quelques semaines ? S'indigna la cadette des Potter.
-Bon d'accord un petit mois ! Craqua Harriet en lâchant la main de Calvin et en croisant les bras contre son ventre.
-C'est pas ce que vous m'avez dit. Ça a commencé fin août, Lily Jolie. » souffla Hugo en se laissant tomber vers l'arrière dans l'herbe fraîche d'octobre.
Calvin le fusilla du regard et Harriet fit la moue, tandis que Lily les observait à tour de rôle, n'y croyant pas, ne réalisant pas. Ça faisait un peu plus de deux mois qu'elle vivait dans le mensonge avec deux de ses meilleurs amis. Et même si elle comprenait le concept de "Pour vivre heureux, vivons cachés", Lily n'encaissait pas que Harriet ne lui ait réellement rien dit pendant aussi longtemps. Elles ne s'étaient jamais rien cachées, enfin elle le pensait, et cette révélation remettait tout en cause.
Qu'ils sortent ensemble, tant mieux, là n'était pas le problème – bien au contraire, Lily était ravie qu'ils se soient trouvés. Mais qu'ils l'aient caché autant de temps, ça la vexait plus qu'autre chose.
Bizarrement, elle se sentit suffoquer, des souvenirs de sa relation avec Duncan l'agressant mentalement. Depuis qu'il avait rompu parce qu'elle refusait de passer si tôt à l'étape supérieure, Lily abhorrait l'idée de couple et grâce à Merlin, elle n'avait aucun couple dans son entourage... enfin le croyait-elle.
« J'ai besoin de prendre l'air. Laissez-moi quelques minutes. » leur dit Lily en s'éloignant.
Oui, elle prenait la fuite, et elle entendit vaguement Hugo marmonner : « On est déjà dehors dans le parc, de quoi elle parle ? »
Lily ne savait pas non plus. Elle ne comprenait pas quelle mouche l'avait piquée, pourquoi elle agissait ainsi, pourquoi elle réagissait aussi mal à cette nouvelle. C'était comme si tout le ressentiment envers les sentiments et boire à leur source, remontait brutalement. Après sa rupture avec Duncan, elle ne s'était pas laissée aller, y avait fait face bravement et avec dignité : après tout, pourquoi avoir honte que votre petit ami vous ait plaqué parce que vous ne vouliez pas faire l'amour avec lui ?
Après que le ragot ait fait le tour de l'école, que Duncan se soit retrouvé affublé d'une voix criarde et de cheveux longs et bouclés, colorés en rose pendant plusieurs jours (aucun doute sur l'auteur de cette petite vengeance), Lily avait été vu par certains comme une petite prude innocente – et ça faisait rire -, d'autres étaient même venus la féliciter d'avoir refusé, d'avoir voulu attendre.
Ça n'aurait jamais fait autant de bruit si elle n'avait pas été une Potter... et c'en était presque pathétique et pitoyable.
Ses pas l'avaient menée à une des petites cours de l'école, agrémentée de deux bancs en pierre, et encore joliment fleurie pour un mois d'octobre. Une tête blonde familière y était installée, des parchemins entre les mains, une plume calée derrière son oreille. Lily faillit faire demi-tour, ce n'était pas la première personne qu'elle aurait voulu voir dans cet état, et il ne saurait sûrement pas comment réagir face à la petite soeur de son meilleur ami, les larmes aux yeux, agitée par des tourments qu'elle ne saisissait pas.
Mais elle ne se décida pas assez vite : Scorpius l'aperçut et fronça des sourcils face à la sale tête qu'elle devait afficher.
« Lily ? »
Ce devait être la première fois qu'il l'appelait par son prénom, et ça la toucha plus que nécessaire.
« Désolée de t'avoir dérangé, je ne pensais pas qu'il y aurait quelqu'un ici, s'excusa malgré elle la fille du Héros.
-Qu'est ce que tu as, petite lionne ? Un problème... ? »
Il avait l'air sincèrement interloqué et désireux de savoir ce qui pouvait la tracasser et lui mettre les larmes aux yeux. Le vert et argent se leva, et lui prit doucement la main pour la faire s'asseoir près de lui sur le banc, avant de laisser sa main posée sur son genou recouvert par son collant.
Lily se sentit troublée par le contact de la main de Scorpius avec une parcelle de peau presque nue de son corps, et mit cela sur le compte des ses hormones un peu mises en dessus dessous.
« Rien de très important. Je ne sais même pas pourquoi je me mets dans cet état pour ça. »
En voyant le vert et argent hausser un sourcil interrogateur, Lily ajouta : « Calvin et Harriet sortent ensemble depuis quelques mois, et je ne l'ai appris qu'aujourd'hui... Je crois que je me suis sentie trahie.
-A nouveau, tu veux dire ? »
... Comment avait-il pu deviner ? Comment avait-il pu faire le lien avec sa rupture avec Declan ? Jamais elle n'aurait cru que Scorpius Malefoy pourrait ainsi lire aussi facilement en elle, et Lily le vit soudainement sous un autre jour. Elle avait toujours eu un petit faible pour lui mais qu'il la comprenne aussi facilement en rajouta certainement une couche.
-C'est ça. C'est exactement ça, soupira Lily. Ma meilleure amie qui me cache un secret de cette importance ? Elle tombe amoureuse d'un de nos meilleurs amis, et n'ose même pas me le confier. J'ai l'impression d'avoir raté un morceau de sa vie que j'aurais été ravie de partager avec elle.
-Réellement ? Demanda Scorpius avec un petit sourire en coin. N'aurais-tu pas plutôt préféré qu'elle reste solidaire dans le célibat avec toi, clamant à qui voudrait l'entendre que tous les hommes sont des salauds sans coeur ne pensant qu'avec leur baguette ? »
Un rire s'échappa des lèvres de Lily, qui vit le ridicule de la situation et son égoïsme partiel. Scorpius avait à moitié raison, il y avait un peu de ça. Harriet célibataire, elle se sentait moins seule. Maintenant sa perspective allait changer, son amie allait être heureuse, non était déjà heureuse et Lily se fustigea mentalement pour avoir osé penser qu'elle n'aurait pas du sortir avec Calvin.
Au contraire elles auraient du minauder ensemble sur le premier baiser, sur les premiers regards énamourés, sur les premières déclarations. Lily pouvait comprendre que vu son mental de ces derniers mois, la pression de Duncan qui pesait sur elle, et la rupture qui en avait suivi avec des proportions publiques, Harriet n'ait pas voulu exposer son récent bonheur.
« Et puis je t'avais prévenu, petite lionne. Dubois ne te méritait pas, c'est un abruti.
-Tu m'as déjà fait ce discours, Malefoy. En gros, je vais finir ma vie seule, entourée de chats ou d'hiboux au choix. Et je vais être une tante gâteuse avec la ribambelle de neveux ou de nièces que j'aurais grâce à Albus et James. »
La main de Scorpius se crispa légèrement sur son genou, faisant frissonner quelques secondes Lily qui vit le visage du vert et argent se fermer imperceptiblement.
« Je n'ai jamais dit ça. Tu mérites un homme qui sache t'aimer pour ce que tu es, qui sache comment te combler tout le temps, à chaque moment de votre vie. Tu mérites un homme qui te fera toujours passer avant tout, un homme qui pourra encaisser ton sang chaud, un homme qui saura t'apprécier à ta juste valeur et qui saura se rendre compte de la chance incroyable qu'il a de t'avoir... »
Lily resta muette. Et Scorpius pinça les lèvres comme si il venait de réaliser ce qui était sorti de sa bouche. Lui avait-il vraiment dit ça ? La rouquine n'en croyait toujours pas ses oreilles, et elle sentait que son coeur battait à toute vitesse sous le regard irisé de Scorpius Malefoy.
Ils restèrent immobiles et silencieux durant quelques secondes, qui leur parurent les plus longues de leur vie, avant d'être interrompus par Albus qui débarqua de nulle part.
« Que...? »
Scorpius se hâta d'enlever sa main sur le genou de la petite soeur de son meilleur ami, et reprit une attitude détachée et clairement innocente, tandis que les joues de Lily avaient malencontreusement pris une teinte rouge tomate. Ils ne faisaient pourtant rien de mal mais elle n'avait pu s'en empêcher. C'était comme si Albus les avait surpris dans un moment qui signifiait beaucoup plus qu'elle ne le réalisait à l'instant.
Voyant Albus leur jeter un regard suspicieux, et maudissant son frère de toujours intervenir à des moments clés de sa vie (aucun doute que c'en était un), Lily s'enfuit rapidement de la petite cour et ne songea même pas à retourner vers le parc pour s'excuser auprès de ses amis, l'esprit trop perturbé pour penser à autre chose que Scorpius, et encore Scorpius.
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Novembre 2023
En soupirant d'ennui, Scorpius s'étira à la table de la bibliothèque où il était installé depuis déjà deux heures en compagnie d'Albus qui heureusement ne lui avait pas battu froid trop longtemps après l'avoir surpris dans une position incongrue avec la petite Lily Jolie de leur famille.
Enfin incongru était un grand mot. Il avait juste sa main posée sur le genou de la petite rouge et or. Et Scorpius n'avait eu que des pensées fraternelles. Oui oui monsieur. Il n'avait pas pensé à sa peau nue sous le collant, il n'avait pas dévoré du regard son cou dépourvu d'écharpe, il n'avait pas été fasciné par la courbe des ses lèvres.
Bon sang, elle avait quinze ans. Quinze ans. Et lui comptait déjà dix-sept ans, avait son permis de transplanage, pouvait pratiquer la magie en-dehors de l'école et partait de Poudlard définitivement à la fin de l'année. Sans oublier qu'elle était intouchable. La petite soeur chérie de son meilleur ami. Le petit trésor des Potter.
Scorpius n'avait entre autres aucune idée du pourquoi du comment cela lui était arrivé. Le début de son respect (et presque de l'admiration) avait commencé quand elle avait superbement envoyé son poing dans la figure de cet ignoble Verity. Puis quand elle s'appliquait à illuminer de sa présence les couloirs de Poudlard quand elle y passait. Et aussi quand elle courait dans le parc le dimanche matin. Ah oui, tiens, quand elle avait envoyé Dubois se faire voir alors que ce dernier considérait qu'il était normal de forcer à ce point sa petite amie de faire l'amour pour la première fois.
Chaque acte de Lily Potter avait contribué à forcer son respect, et même à faire fleurir un peu d'attachement pour elle. Après tout, depuis qu'il allait parfois chez les Potter durant l'été, elle était là, rayonnante de vie, de naturel.
Et il avait été sincère quand il lui avait dit ce qu'elle devait attendre d'un homme dans la vie. Elle le méritait mille fois. Mais cet homme ne serait jamais lui, il était trop égoïste. Cependant, il s'était promis que si elle choisissait un homme qui lui paraissait non-méritant, il interviendrait. Ou manipulerait à foison Albus pour que la relation échoue.
« Tu rêves Scorp' ?
La voix d'Albus le sortit de ses réflexions, et il faillit en tomber de sa chaise. Mais comme il était un Malefoy, il se rattrapa élégamment et eut un clin d'oeil pour son meilleur ami.
-Je pensais aux futurs enfants que vont nous pondre Mark et Rose d'ici peu. » se moqua Scorpius.
Oui, désormais il appelait Rose Weasley par son prénom. Amoureuse de Mark et heureuse dans son couple, elle était beaucoup plus supportable et même clairement une amie à avoir en fin de compte. Elle avait dépassé le fantasme du Malefoy (en même temps, il ne pouvait pas la blâmer pour ça : il était bien trop désirable pour le commun des mortels) et avait trouvé son bonheur avec Mark Sanders.
Couple atypique certes, mais qui pétillait de naturel et de compatibilité.
Albus fit la grimace, et se replongea dans ses cours. Lui, avait un peu plus de mal à concevoir que son camarade de chambrée sortait (et donc, couchait) avec sa cousine. Il la protégeait beaucoup moins que Lily parce que de un, c'était sa cousine, et de deux, elle avait le même âge que lui, mais son égo de mâle aîné présent sur place le titillait.
Mais Scorpius savait qu'il râlait un peu pour la forme et qu'il était plus que ravi que sa cousine ait trouvé son bonheur avec un de ses amis, serpentard en bonus.
Et lui mettait un point d'honneur à éviter le plus possible la petite lionne.
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Décembre 2023
Brièvement, le regard d'Albus s'attarda sur elle, et Angel en fut bêtement ravie. Elle avait fait un effort vestimentaire assez voyant en même temps pour la nouvelle année. Comme beaucoup d'autres septièmes années, la blonde avait décidé de rester pour les vacances de fin d'année à Poudlard. C'était leur dernière année, la der des der, et Angel devait avouer qu'elle trouvait ce fait quelque peu déprimant.
Heureusement, Juno était présente elle aussi. Passer ces vacances sans sa meilleure amie n'aurait pas eu le même goût. Elle n'appréciait réellement que sa compagnie, les autres serpentardes de leur année étant trop soumises et désireuses de lui plaire. Manquant cruellement de naturel.
Hormis la grecque Ilona Desiclos qui faisait peu cas de la popularité et de tout ce qui en suivait. Angel l'aimait bien même si elles se parlaient peu.
« Tu es ravissante, Angel. » lui susurra Jeremy Rodriguez en posant sa main au creux de ses hanches.
Refoulant son mouvement de recul à ce contact, Angel lui adressa un sourire poli. Elle savait qu'elle était ravissante, elle avait tout fait pour. Une robe noire longue bustier, de style empire avec une encolure en coeur, un rouge à lèvre rouge pétant qui détonnait avec la blancheur de sa peau et la blondeur de ses cheveux détachés. Et si elle devait en croire les regards des garçons qui avaient croisé son chemin, elle faisait son petit effet.
Mais en se préparant avec Juno, elle n'avait pensé qu'à ce qu'en penserait Albus Potter. Ils n'avaient pas résisté longtemps à ne plus se parler, et leur jeu de piques avait repris. Moins qu'avant, mais Angel s'en contentait. Il lui fallait un contact, n'importe lequel, avec ce binoclard mal embouché. Et elle détestait se sentir faible à ce point pour le vouloir.
Pourtant, il ne s'était jamais rien passé. Juste des regards brûlants de mépris, d'incompréhension, de tristesse, de lassitude. Et le trou dans son ventre était désormais immense.
« Tu n'es pas trop mal non plus Jeremy, tu es venu sans cavalière ?
-Non, j'accompagne Veronica MacDougal. » clama Jeremy avec un sourire vainqueur.
Angel Nott haussa un sourcil. Qu'un de ses ex fricote avec sa pire ennemi, soit. Mais se faire rappeler indirectement que cette pire ennemie avait réussi à posséder un temps le coeur d'Albus suffit à lui miner sa bonne humeur.
Mais qu'importe, elle ne se laisserait pas abattre par ça. Ce soir, elle était magnifique, rayonnante, passerait une excellente soirée et puis elle commencerait parfaitement bien l'année. C'était le meilleur projet qu'il soit pour la soirée.
« Angel, tu viens, on va dévaliser le buffet, les interrompit Juno, elle aussi ravissante dans une longue robe beige qui découvrait ses jambes longues par une fente le long de la robe.
-Bonne soirée Jeremy, le salua Angel avant de filer à la suite de Juno.
Arrivées devant le buffet, garni autant que possible, Angel sourit franchement à sa meilleure amie.
-Dieu merci tu m'as sauvé de cet abruti, souffla la blonde. J'ai cru l'étrangler quand il m'a dit que sa cavalière était MacDougal.
-Que tu n'aies pas de cavalier ne veut rien dire An'. Tu es la plus belle de l'assemblée, tous les garçons te dévorent du regard, même le petit de onze ans assis sur sa chaise là-bas, et toutes les filles te détestent ou t'admirent au choix. Ou un peu des deux. »
Juno lui adressa un sourire rassurant en piochant dans les petites parts de quiches et en lui tendant une assiette pleine pour qu'elle puisse s'empiffrer elle aussi. Contrairement aux idées reçues sur la Reine de Serpentard, Angel adorait la nourriture et la nourriture le lui rendait bien. Elle adorait aller se réfugier dans les cuisines avec les elfes et une quantité astronomique de nourriture à ses côtés. Et Merlin merci, elle ne prenait pas un gramme.
« Une morfale, commenta une voix qu'elle ne connaissait que trop bien.
Angel eut un grand sourire. Le jeu commençait tôt ce soir, c'était parfait. Il était tellement à croquer dans son costume de soirée moldu avec son petit noeud papillon. Scorpius à ses côtés vêtu du même costume à la différence près que lui portait une cravate n'était pas trop mal non plus.
-Sois pas jaloux que je porte plus d'amour à la nourriture qu'à toi, Potter. Elle le mérite mille fois plus.
Avec délectation, elle vit apparaître un rictus sur ses lèvres, mais ses yeux émeraude pétillaient d'une lueur de malice qu'elle n'appréciait que trop.
-Vrai, surtout qu'elle sera la seule à te rendre autant d'amour. Donc profites-en mon coeur.
Sur cette phrase, il tourna les talons, Scorpius à sa suite clairement blasé de leurs joutes verbales qui duraient depuis bientôt sept ans. Et Albus la laissa là, une assiette d'entremets à la main, et le trou dans son ventre qui grandissait encore plus (elle ne savait pas que c'était encore possible). « Profites-en mon coeur. » Elle se sentait comme une idiote à trembler pour ces mots, une idiote naïve et niaise. Jamais il ne l'avait appelé mon coeur, même pour se moquer.
Et bêtement, comme toute fille normalement constituée, elle se demanda si c'était un signe de sa part. Un drapeau blanc. Une demande de trêve. Un début d'une autre page de leur histoire.
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« Qu'est ce que tu es en train de faire ?
Scorpius le jaugeait de toute sa hauteur (même si il faisait la même taille que lui, ça pouvait être parfois impressionnant), et Albus ne savait pas quoi lui répondre. Le petit surnom doux était sorti de lui-même. Il avait essayé de ne pas rester bouche bée devant Angel, devant sa beauté, et avait fini par l'appeler mon coeur.
-Aucune idée, soupira Albus en passant une main dans ses cheveux sombres en épis.
-C'est Angel, nom d'un gnome. Soit vous deux ça va cartonner du tonnerre, soit tu vas t'en prendre plein la gueule. Vous vous détestez autant que vous vous désirez. Donc couche avec elle une bonne fois pour toutes, fais le plein d'étincelles, et laisse tomber une fois pour toutes. Si tu réussis à la capturer un jour pour de bon, tu vas te brûler les ailes Al'. »
Albus jeta un regard derrière lui, là où il avait laissé Angel, adorable avec son assiette remplie, et la repéra instantanément. Fruit défendu, avec toujours cette aura indéfinissable, mélange de douceur et de noirceur, de passion et de colère. Angel l'avait toujours fascinée, il ne le niait pas. Et à dix-sept ans, cette fascination avait pris un tournant de désir. Plus adulte, plus mature, plus... instinctif. Il avait clairement envie de la faire sienne, de savoir ce que c'était d'avoir sa peau contre sa peau, ses lèvres contre ses lèvres.
Mais son meilleur ami avait raison, et Albus détourna le regard à contre-coeur. Il se devait d'assurer la deuxième partie de son année, avoir un très bon dossier, et réussir haut-la-main ses ASPICS. Il se devait de ne pas essayer de réaliser le plus grand fantasme de sa vie et ne pas se laisser déconcentrer. Il devait avoir l'habitude maintenant, ça ne faisait que sept ans qu'elle le faisait tourner en rond.
Fantasme ou pas, il vit Scorpius regarder derrière son épaule, un rictus désabusé aux lèvres et Albus comprit instantanément. Elle approchait. Surement splendide, fendant la foule de sa beauté avec son sourire sarcastique. Prête à l'envoyer à nouveau sur les roses.
Mais alors qu'il pensait qu'il allait être interpellé sèchement d'un "Potter" qui allait l'obliger à se retourner sur elle, Albus sentit une main délicate attraper la sienne, et Angel l'entraîna à sa suite, hors de la Grande Salle transformée pour l'occasion en une salle de bal, sans un mot, ne laissant à Scorpius que le temps de dire « Non mais sérieusement ? » derrière eux.
Oh oui, sérieusement, songea Albus avec un sourire niais.
Quand ils sortirent de la Grande Salle, ils virent qu'ils n'étaient pas les seuls à avoir déjà voulu s'isoler, et quelques retardataires les joues rougies se hâtaient vers la porte de la Grande Salle. Et même si il avait promis à Scorpius de ne pas le lâcher de la soirée pour qu'il ne se fasse pas agresser par une petite Poufsouffle qui s'était déclarée folle de lui, Albus savait que son meilleur ami lui pardonnerait aisément si Angel ne faisait pas de lui une loque.
« Ce n'est pas ce que tu crois, Potter, souffla Angel après l'avoir emmené à l'abri des regards.
Ses grands yeux gris étaient troubles, perdus, une once de panique clairement visible. Jamais il ne lui avait vu cette expression. Encore une facette de la vipère qu'il n'avait pas décelé et qui provoquait des ondes de choc au creux de son ventre. Elle avait des faiblesses.
-Qu'est ce que je crois, Angel ?
Il avait prononcé son prénom à dessein, et elle hoqueta légèrement. Merlin, c'est qu'elle pouvait se montrer fragile et humaine par moments, la Reine des vipères !
-Que j'ai bêtement craqué pour un idiot "mon coeur" de ta part, ou pour le sex-appeal que tu dégages ce soir en costard moldu, répliqua Angel avec un sourire moqueur qui indiquait qu'elle se reprenait en main.
Ou presque. Parce qu'Albus n'attendit pas une seconde de plus, et décida de battre le fer lorsqu'il était encore chaud : il l'embrassa. Et ce fut le black-out.
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Janvier 2024
Perplexe, Mark jeta un regard aux alentours. La salle commune était étrangement silencieuse depuis une dizaine de jours, plus exactement depuis le jour de l'an. Scorpius et Albus traînaient beaucoup moins qu'à leur habitude avec Wyatt, Peter et lui. Angel s'était de plus en plus isolée, gardant son statut de reine de la promo et de la maison mais de façon moins... décelable. Juno lançait à tout ce petit monde des regards en coin, comme guettant une explosion. Melinda, Emma et Natalie avaient l'air sur leur garde, observant méticuleusement Angel, attendant qu'elle fasse un faux pas pour qu'une d'entre elle prenne sa place de reine.
C'était une peine perdue, songea Mark. Angel Nott était indétrônable. Elle était devenue préfète-en-chef pour leur dernière année, avait des résultats tout à fait corrects en cours, se destinait à une carrière dans la justice (avec le charisme qu'elle avait et sa langue de vipère bien acérée, pas étonnant) et était sublime, il fallait l'avouer.
Et son regard était rivé à celui d'Albus, nota le petit ami de Rose Weasley. Quelque chose se tramait entre ces deux-là, c'était certain. Scorpius, près d'Albus, semblait plongé dans un livre de Défense contre les forces du Mal mais un tic nerveux agitait le coin de ses lèvres.
L'amitié que partageait ces deux énergumènes avait toujours fasciné le Serpentard. Les deux fils de vieux ennemis d'école s'entendant à merveille, veillant l'un sur l'autre. Les ancêtres Malefoy devaient se retourner dans leur tombe, et ceux de Potter devaient soit applaudir, soit faire la moue. Au choix. Et Mark devait l'avouer, il avait remarqué que la famille Potter/Weasley avait séduit Scorpius malgré lui et réciproquement. La petite Potter avait droit à un surnom affectueux dès qu'il la croisait, Rose et Scorpius étaient devenus des amis depuis que Rose avait compris qu'elle n'aimait que lui (encore heureux), même James Potter avait réussi à apprivoiser un peu l'héritier Malefoy, et la fabuleuse Dominique l'avait attrapé le temps d'un instant.
Et les voir aussi tendus depuis le jour de l'an n'augurait rien de bon. Qu'est ce qui avait pu se passer entre eux pour qu'ils continuent à rester ensemble, à s'isoler, et à entretenir une ambiance aussi remplie de tension ? Pas que leur amitié semblait craquer, mais il y avait quelque chose d'indéfinissable dans l'air, et Mark rentra instinctivement la tête dans les épaules, perplexe.
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Février 2024
Scorpius souffla bruyamment pour exprimer (il l'espérait) son désaccord clairement. Mais Albus était une forte tête, et ça depuis sept années il le savait.
« Tu ne peux pas aller t'entraîner dans cet état sous cette pluie ! Asséna Scorpius d'une voix sèche.
-Oui Papa, bien sûr Papa, singea le noiraud en se mouchant.
Levant les yeux au ciel devant tant de mauvaise foi, Scorpius avait la baguette qui le démangeait pour jeter un sort de paralysie à son meilleur ami. Enrhumé au possible, avec un match de prévu dans trois jours, et qui refusait de se reposer. C'en était accablant.
-Je ne déconne pas Al'. Il faut que tu te reposes, et tu le sais mieux que moi. Et puis c'est pas comme ça que tu impressionneras Angel.
La dernière phrase de Scorpius eut l'effet d'un électrochoc, et Albus grogna imperceptiblement. Et le blond savait pertinemment qu'il avait touché le point sensible et eut un petit sourire supérieur. Depuis le début de la nouvelle année, c'était sa grande arme contre Albus qui était déchiré entre ses révisions pour les ASPICS et ses pensées concupiscentes à propos de la belle préfète en chef.
Tout ça pour que quelques baisers torrides dans un couloir sombre pour le nouvel an.
Ok, Scorpius était de mauvaise foi. Il aurait eu la tête autant à l'envers par ce fait qu'Albus. Le fantasme de toute une scolarité, la personne avec qui il entretenait une relation amour/haine assez intense, il y avait de quoi péter un plomb et vouloir tout envoyer en l'air.
Après tout, lui était à la limite de craquer bêtement sur la petite soeur chérie de son meilleur ami alors qu'elle était de deux ans plus jeune. Dis comme ça, la différence d'âge paraissait idiote, mais à leur âge elle était gigantesque. Lily Luna était encore une petite vierge innocente et naïve (enfin, sur les choses basiques de la vie d'adulte dans lesquelles Scorpius faisait petit à petit son apprentissage), et lui désirait plus de choses que de simples frôlements de lèvres.
Donc évidemment, il reportait sa frustration sur ses devoirs, ses révisions, sur d'autres jeunes femmes plus âgées, plus matures et plus disponibles, et sur son bêta de meilleur ami qui agissait comme un adolescent pré-pubère.
Non mais sérieusement. La veille encore, il s'était étalé dans les escaliers qui menaient à leur dortoir parce qu'il avait entendu le rire de mademoiselle Nott ! Impensable. Scorpius pensait avoir mieux éduqué que ça Albus.
« Je n'essaie pas d'impressionner Angel, tenta platement Albus en essayant de garder une mine tout à fait neutre.
-Et moi je suis amoureux du monstre du lac. »
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Quel jour heureux qu'était la Saint-Valentin... Une énorme blague. La plus grosse blague du monde pour des étudiants à Poudlard. Lily avait pensé qu'avec Angel Nott comme préfète en chef et Henry Willis pour préfet en chef, ils auraient évité la dramatique ambiance rose bonbon, petits coeurs et angelots blonds.
Mais apparemment non, râla intérieurement la rousse en chassant un petit angelot blond qui était venu se nicher dans ses cheveux.
Harriet et Calvin étaient plus qu'heureux, Hugo avait décidé qu'aujourd'hui il irait parler à la "bombe" de quatrième année, Elvira Sawyer, et après leur avoir juré tous ses grands dieux qu'elle allait bien et qu'elle allait se programmer une petite journée révisions à la bibliothèque, Lily leur avait échappé.
La fille du Héros savait que c'en était presque pathétique de vouloir éviter à tout prix les garçons depuis une malheureuse expérience en amour, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Duncan l'avait réellement traumatisée avec son insistance malvenue à ce qu'ils couchent ensemble alors qu'elle n'était pas prête à passer cette étape. Et puis, elle voulait aussi trouver un endroit dans Poudlard où elle ne serait pas obligée de subir cette ambiance romantico-niaise que beaucoup semblaient apprécier.
Non, elle n'était pas aigrie. Juste une jeune fille de quinze ans, seule en ce jour de Saint-Valentin.
Et soudain, l'illumination se fit. La Salle-Sur-Demande ! Depuis les mémoires de la guerre, tout le monde (ou presque) connaissait son existence mais peu de gens savaient son emplacement précis dans Poudlard et la technique pour l'ouvrir. Avec un peu -non, énormément- de chance, aucun couple n'aurait pense à l'utiliser et Lily pourrait s'y terrer tranquillement.
L'espoir au coeur, Lily fila au septième étage qui semblait désert, sourit devant la tapisserie qui représentait Barnabas le Follet essayant d'apprendre la danse classique à des trolls, et y passa trois fois aller-retour en priant pour une salle qui serait loin des affres de la fête romantique de ce jour. Et la porte s'ouvrit, permettant à un sourire serein de fleurir sur les lèvres de la gryffondor.
Vérifiant que personne ne l'avait observée dans le couloir, Lily entra. Mais quelqu'un était déjà installé dans la salle, confortablement assis dans une des causeuses et visiblement en train de lire un livre de Potions. Quelqu'un que Lily ne connaissait que trop bien, et la dernière personne qu'elle aurait voulu voir en ce jour. Quelqu'un qui la perturbait un peu trop pour son propre bien mental. Et une autre personne apparut dans son champ de vision, et Lily soupira lentement.
Pourquoi son frère et son meilleur ami devaient avoir envahi la salle sur demande le jour de la Saint Valentin ?
« Petite lionne, tiens quelle surprise, commenta Scorpius en levant la tête de son livre en souriant allègrement.
-Lily ? Qu'est ce que tu fais là ? S'étonna Albus.
Elle qui voulait de la tranquillité, c'était raté. Elle allait devoir se coltiner les interrogations de son frère qui adorait se mêler de la moindre partie de sa vie, et la présence de l'homme qui la troublait de plus en plus. Quelle joyeuse journée ça allait être.
-Nott et Willis ont créé une ambiance insupportable dans le château tout entier pour les célibataires comme moi. Plus que je ne pouvais en supporter, je voulais juste être... tranquille. Pourquoi vous vous n'êtes pas en train de vous faire picorer de baisers par vos Valentines ? »
Scorpius se mit à ricaner sous cape tandis que son frère blanchissait à vue d'oeil. Et Lily comprit immédiatement ce qui se passait avec Albus. Elle s'en était toujours doutée en surprenant parfois des morceaux de conversation entre les deux meilleurs amis et ceci confirmait ses doutes.
« Angel c'est ça ? T'as la trouille de lui dire ce que tu veux vraiment d'elle et tu vas continuer dans votre jeu malsain de suis moi je te fuis, fuis moi je te suis ?
-Oh lâche moi Lily Jolie, répondit Albus en s'asseyant dans le sofa près de Scorpius. On doit juste réviser, et cette salle était parfaite pour que Scorpius échappe à sa foule d'admiratrices.
-Ne me rends pas responsable Potter. De un, je n'ai pas une foule d'admiratrice, juste un ou deux cinglées trop entreprenantes, et c'est toi qui a voulu fuir Poudlard pour un moment avec Fergus qui essaie de conquérir Angel depuis quelques semaines. »
Lily sourit et s'assit près de son frère pour lui faire un petit câlin d'encouragement. Elle ne savait que trop bien ce que c'était de ne pas pouvoir se révéler, de ne pas pouvoir se déclarer. Parce que c'était trop dur, parce que ça aurait beaucoup trop de conséquences, parce que ça impliquerait beaucoup trop de changements, parce que ça aurait été peut-être beaucoup trop de bonheur ou au contraire beaucoup trop de malheur.
Et elle n'osait même pas attarder son regard trop longtemps sur le blond vert et argent, sous peine d'éveiller les soupçons de son frère. Ça lui avait pris d'un coup comme ça, d'un jour à l'autre, ou bien ça avait lentement mûri, elle ne savait pas trop. Pourtant, au début, son grand projet était de réunir Scorpius et sa cousine. Désormais, l'idée même lui faisait horreur.
Mais ce n'était qu'un béguin de gamine, n'est ce pas ? Oui, oui ça allait forcément lui passer, c'était évident. Non ?
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Mars 2024
Tout en piquant une plume dans ses cheveux flamboyants pour les retenir en chignon, Rose ruminait tout ce qu'elle pouvait. Mark l'avait beaucoup trop distraite cette année, et son niveau scolaire s'en ressentait. Non mais sérieusement, quelle idiote elle avait été de roucouler avec lui l'année de leurs Aspics. Lui s'en contrefichait, la moyenne lui suffisait, mais elle, elle visait l'excellence. Et des séances intenses de baisers ou plus, de niaiseries, de moments câlins, avaient cruellement affecté la possibilité d'exceller aux examens de fin d'études de Poudlard.
Et maintenant, la voilà, le cerveau embourbé, se tapant presque la tête contre les livres de la bibliothèque, et battant nerveusement du pied. Les élèves présents dans la même partie de la bibliothèque qu'elle lui jetaient de temps à autre des regards craintifs, et personne n'avait osé essayer s'asseoir près d'elle. En même temps, qui aurait pu ? Rose s'était étalée de tout son soûl, métamorphose, défense contre les forces du mal, potions, et compagnie, sur deux tables entières.
La Serdaigle était intimement persuadée qu'elle allait s'en sortir, mais à quel prix ? Devait-elle rompre avec Mark jusqu'à la fin des Aspics ? Non, ce serait égoïste et peu digne d'elle. Et puis le perdre allait plus affecter son moral qu'autre chose ? Trouver un équilibre serait la solution parfaite – voir même privilégier un peu plus les révisions que son couple – mais faudrait-il encore que Mark accepte d'être relégué au second plan pendant quelques temps.
En parlant de l'hippogriffe, il pointait le bout de son bec.
« Salut mon coeur, je peux approcher ? Plaisanta Mark en levant les bras en l'air en signe de paix.
Rose le fusilla du regard mais ne put s'empêcher très longtemps de laisser un sourire apparaître sur ses lèvres.
-Si tu comptes faire autre chose que travailler dans mon espace vital Sanders, dégage, le menaça la bleue et bronze.
-Ouh, j'ai très peur, fit Mark en prenant un air mi-effaré mi-moqueur.
Elle haussa les sourcils face à sa moquerie, et préféra se remettre à travailler en ignorant superbement le serpentard (dont elle était malheureusement devenue folle amoureuse). Peine perdue, et surtout, mauvaise tactique. Pourtant, Rose le savait bien que Mark détestait par dessus tout être ignoré.
-T'es certaine de vouloir m'ignorer Rose ?
Aucune réponse de l'intéressée qui continuait à griffonner sur ses parchemins. Et les doigts de Mark craquèrent. Mais il relâcha la pression assez immédiatement, sourit et le serpentard plaqua un léger baiser sur les lèvres de Rose.
-Travaille bien, je viendrais te chercher pour le dîner. Je sais à quel point c'est important pour toi Rosie, je t'aime. »
La plume de Rose se suspendit brusquement. Ces mots sortaient tellement rarement de la bouche de Mark que ça lui coupait le souffle à chaque fois. Combien ça pouvait être dingue qu'il lui fasse cet effet-là... toujours, tout le temps. Avant, le moteur de Rose était les études, la fierté familiale, l'accomplissement personnel. Avant. Maintenant, l'aînée de Ron et Hermione Weasley se sentait plus vivante que jamais dès que cet homme-là était dans les parages.
C'était trop dangereux mais Merlin, qu'elle aimait l'adrénaline que ça lui procurait. Les fourmillements, les frissons, les papillons dans le ventre, le bien-être permanent.
Et il la comprenait, il l'aimait, et elle n'avait pas à se rendre malade si une fille trop jolie, trop intéressante lui tournait autour, parce qu'elle savait. Elle avait vu combien il s'était battu pour qu'ils soient ensemble, combien il avait lutté contre elle-même, et combien il rêvait de faire bonne impression devant ses parents.
« Je t'aime aussi Mark... »
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Avril 2024
Hugo jeta un coup d'oeil rapide au couple d'amis qui se dévorait des yeux à la table des Gryffondor, et se re-concentra sur ses tartines et sa confiture. Et sur son jus de fruit. Le repas était un évènement très important dans ses journées, la faute aux gènes de goinfre Weasley, et il était hors de question que l'image de Calvin et Harriet se faisant des papouilles tout à fait dégoûtantes ne le lui gâche.
Et personne n'était là pour le soutenir, enfin par personne Hugo entendait Lily. Il la sentait distante depuis quelques semaines, comme si elle lui cachait quelque chose qui allait le contrarier. Elle n'avait jamais pu lui mentir depuis qu'ils étaient tout petits, ils se disaient tout, se liguaient ensemble contre les plus grands et les aînés. Ils ne faisaient souvent plus qu'un, avaient le même mode de pensée, et ressemblaient plus à des frères et soeurs, voir jumeaux, que des cousins et cousines.
Mais il la vit arriver, ses cheveux roux affolés tout en boucles anglaises autour de sa tête, et ses joues rosies. Et Hugo sourit face à la retardataire.
« Désolée du retard, j'étais en train de me battre avec mes affaires pour retrouver mes parchemins de potions !
-J'ai cru supporter seul le spectacle de H et C, dit simplement Hugo avec un sourire moqueur.
-Oh tu aurais survécu, faible petit. » répliqua Lily en rangeant une de ses mèches rousses derrière son oreille.
Hugo ricana faiblement. Le romantisme et les histoires de couple, ça n'avait jamais été réellement pour lui. Il laissait ce genre de choses à Lily par exemple. Elle, elle était beaucoup plus portée sur le prince charmant, enfin plutôt sur l'idée d'un mec respectable qui l'aimerait plus que tout. Niveau désillusions, elle avait donné déjà une fois et Hugo espérait très fort qu'elle ne se laisserait plus reprendre au piège d'une ou deux belles paroles. Et d'une belle gueule.
« T'arrives à réaliser que l'année prochaine, on sera en sixième et plus que deux ans à Poudlard ? Intervint Clara Peakles, une Gryffondor de leur année, assise en face d'eux.
Non, il ne réalisait pas et il ne savait pas si cette idée devait le réjouir ou le déprimer. Hugo avait hâte de commencer une nouvelle vie étudiante, ou même de commencer à travailler dès la sortie de Poudlard. Ou encore aller voyager à travers le monde, vivre de petits boulots par ci par là. Et si Lily était motivée, l'emmener avec lui.
Eux dans un tour du monde, ça serait un super plan. Colombie, Allemagne, Inde, Mexique, les îles Caïman... Il y avait tant à découvrir et Hugo avait toujours hésité à exposer son plan de baroudeur à ses parents. Sa mère penserait uniquement à la sécurité des études et d'un emploi, et son père aimait trop ses racines familiales pour songer à partir de l'Angleterre ne serait-ce qu'un mois.
-On verra quand on y sera, répondit Lily en mordant à pleines dents dans un pancake dégoulinant de caramel.
D'un coup, l'atmosphère se tendit, et Hugo fronça des sourcils. Duncan Dubois approchait de leur côté de la table avec l'intention évidente de venir vers eux. Les sourcils de Lily furent agités d'un tic, mais aucun autre signe de nervosité n'apparaissait.
Duncan s'arrêta derrière Clara, et les toisa de sa grande taille. Supérieur, arrogant et incroyablement stupide, aux yeux d'Hugo. Il pensait que les choses avaient été claires depuis plusieurs mois : rien qu'un essai d'adresser la parole à Lily allait se solder par une autre vendetta de la famille Potter/Weasley. Ce type était bien un Gryffondor : un suicidaire.
« Salut Lily.
Cette dernière ne répondit même pas, et se contentait de continuer à manger son pancake en le fixant droit dans les yeux. Mais ça ne suffisait apparemment pas à Duncan pour le faire abandonner sa tentative. Et pourtant, il n'avait pas essayé de lui reparler depuis la fin septembre. Qu'est ce qu'il manigançait ?
-Qu'est ce que tu veux Dubois ? L'agressa Hugo.
-J'avais toujours su que tu étais le bouledogue de la princesse Lily mais du calme toutou, répliqua Duncan avec un sourire mauvais en levant les mains en signe de reddition.
Mais ces paroles mirent automatiquement Hugo en rage et il se leva brusquement de sa chaise, faisant ainsi converger tous les regards de la grande salle sur lui (professeurs, élèves et fantômes compris) et amenant un silence de mort.
-Tu ne m'intéresses pas Hugo, tu peux te rasseoir. Je veux tranquillement parler à Lily sans avoir à donner d'explications à quiconque. Lily Jolie ?
-Moi je n'ai rien à te dire, Dubois. Tu peux disposer. La princesse Lily n'a pas de temps à perdre.
Hugo ne retint pas son ricanement en se rasseyant. Il savait très bien que Lily avait utiliser à escient le nom de famille de Duncan, et vu la tête de ce dernier, il n'appréciait clairement pas ce fait. Et qu'elle le jette de cette manière hautaine et princière presque, c'en était jouissif.
Dès que ses fesses avaient touché à nouveau le banc, les murmures de la grande salle reprirent petit à petit, et il sentait les esprits se détendre.
Mais face à eux, à la table des Serpentard, deux paires de yeux étaient focalisés sur leur scène. Albus, évidemment, les regardait avec une moue mauvaise, et surprise, Hugo voyait aisément que Scorpius était en train de bouillir intérieurement. Son regard était trop intense pour être celui d'un simple spectateur mécontent.
Etrange constat. Hugo savait que la cadette des Potter et l'héritier Malefoy s'entendaient relativement bien, mais il trouvait la réaction de Scorpius anormale pour un simple ami. Un frère de coeur ? Peut-être bien... Mais un pressentiment ne quittait pas Hugo. Il y avait quelque chose qui clochait dans tout ça.
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Mai 2024
Respirant à pleins poumons l'air frais depuis la fenêtre de leur dortoir, Angel laissa ses pensées vagabonder. Les ASPICS approchaient dangereusement, plus qu'un mois avant de pouvoir jeter leurs chapeaux de sorcier au dessus de leurs têtes.
Sans l'avouer à voix haute, Angel était terrifiée par ce qui l'attendait derrière les portes de Poudlard. Elle savait qu'elle allait y faire des étincelles, c'était évident, mais quitter l'environnement familier et sécurisant de Poudlard était une étape importante dans la vie des sorciers. Une étape presque déterminante. Elle avait déjà été acceptée par l'université de droit magique de Harvard sous réserve qu'elle ait ses ASPICS plus ou moins brillamment.
Et puis, quitter Poudlard, c'était quitter ceux à qui elle tenait dans l'enceinte du château. Merlin merci, Juno et elle seraient normalement des colocataires, mais les autres... Albus Potter, précisément. Il allait lui manquer, c'était un fait.
En réalité, c'était un déchirement et y penser creusait encore, encore, encore et toujours, le trou dans son ventre. Ils n'auraient même pas réussi à essayer de construire quelque chose ensemble avant la fin de Poudlard, c'en était pathétique. Foutu orgueil d'un côté et de l'autre. Et Angel voyait combien Scorpius lui en voulait de cette situation.
A une époque, ils étaient... amis. Et il y avait eu ce jeu avec Albus qui avait commencé, et ses relations avec Scorpius s'étaient doucement dégradées. Ce n'était même pas de l'indifférence polie, ils se côtoyaient en permanence en étant dans la même promotion, dans la même maison, dans les mêmes cercles sociaux. Mais ce n'était pas la même chose qu'avant Poudlard et leurs deux premières années. C'était devenu Albus et lui contre le monde.
Angel ramena une de ses longues mèches blondes derrière son oreille et sourit. En même temps, ils n'étaient plus les enfants d'autrefois. De garçon manqué lui courant après pour l'embêter le plus possible, elle était devenue une reine des serpents, crainte et admirée. Sans forcément chercher cette position, ça lui était venu naturellement. Et Scorpius était presque resté égal à lui-même, mûrissant année après année, délaissant petit à petit au contact du fils Potter cette apparence coincée de Sang Pur.
Potter... Albus. Tout revenait toujours à lui à Poudlard, et c'était en grande majorité à cause de lui qu'elle était à la fois heureuse et nostalgique de quitter le château qui avait vu sept années de sa vie. Elle ne le verrait plus tous les jours que Merlin faisait, elle ne pourrait plus discrètement l'observer, et elle ne pourrait plus lui voler des baisers dans les couloirs déserts.
Ils allaient grandir, et elle devait le laisser partir. Sauf qu'Angel Nott était terriblement égoïste, cet énergumène elle l'avait toujours voulu, et Salazar en soit témoin, un jour elle l'aurait.
D'ailleurs, maintenant allait être le parfait moment, songea-t-elle instantanément laissant ses jambes la porter vers la bibliothèque où elle savait qu'Albus était. Ses jambes la portaient toutes seules, et confusément, Angel s'en rendait compte. Des palpitations agitaient ses mains, et son coeur, et ses jambes, et sa tête. Etait-ce peut être la pression des examens à venir ? L'angoisse d'un nouveau départ ? Angel n'en savait strictement rien mais même si elle en crevait de peur, elle croisa les doigts pour que rien ne l'arrête.
Par chance, Albus sortait de la bibliothèque à cet instant précis, livres et plumes sous le bras, des cernes sous les yeux dues aux révisions tardives, les cheveux ébouriffés comme jamais. Et Angel ne l'avait jamais vu aussi beau.
Leurs regards se croisèrent, s'accrochèrent et elle songea fugacement que cette scène sortait tout droit d'un vieux film de série B qu'une de leurs congénères moldues leur avait fait regarder un soir de vacances d'été. Un énorme cliché. Lui s'avançant, elle aussi. Ne pouvant se quitter du regard.
« Un problème, mon coeur ? T'as l'air toute essoufflée, se moqua à voix basse Albus.
Son coeur rata un battement et elle lui offrit un grand sourire comme à chaque fois qu'il l'appelait comme ça. Depuis ce fameux jour de l'an. Depuis qu'ils n'arrivaient toujours pas à encaisser qu'ils se devaient un essai. Depuis qu'elle soufflait le froid et le chaud avec lui. Pire qu'avant.
-J'avais envie de te voir. » avoua avec légèreté Angel en priant pour que sa voix n'ait pas tremblé une seule fois.
Un sourire de conquérant se dessina sur les lèvres du brun, et la serpentarde fut prise d'une envie irrépressible de l'embrasser.
Ce qu'elle fit sans plus attendre.
Et la dernière chose à laquelle elle s'attendait, c'est la passion avec laquelle Albus lui rendit son baiser. En public, comme ça, devant la porte de la bibliothèque où une multitude d'élèves passaient chaque seconde. Elle entendit les chuchotements, les exclamations de surprise, mais elle s'en moquait. Rien d'autre ne comptait que les lèvres d'Albus contre les siennes, ses bras autour de son corps, ses mains dans ses cheveux, sur sa nuque.
Elle ne s'était jamais sentie aussi bien dans les bras d'un homme. Que ce soit Albus Potter la dépitait quelque peu, mais qu'importe. C'était dans l'ordre des choses, elle le sentait.
Pourquoi n'avait-elle pas fait ça plus tôt ? Elle n'arrivait même pas à se souvenir de leurs sujets de discorde, du pourquoi du comment.
« Ben voyons ! » entendit-elle derrière eux, de la part de quelqu'un qu'elle reconnut immédiatement comme Scorpius.
Et dans leurs lèvres se mêlèrent leurs éclats de rire.
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Juin 2024
De loin, Scorpius vit Rose Weasley mordiller nerveusement sa plume. L'archétype typique de la fille studieuse, intelligente, qui allait cartonner aux examens, et qui stressait inutilement.
Potions, en plus. Rose, tout comme Albus, semblait avoir un certain don pour cette matière. Enfin lui aussi se débrouillait très bien, évidemment. Pour réaliser ses ambitions professionnelles, certaines matières étaient obligatoires et il se devait d'y frôler l'excellence, au moins.
Son nom ne l'aiderait pas dans ce domaine. Enfin, pas autant qu'il le faudrait pour avoir une admission certaine. Disons qu'il était sûr à trente-cinq pourcents que son nom l'aiderait. Le reste, de lui-même, il l'obtiendrait. Se battre pour obtenir un résultat, il adorait ça. Dans tous les domaines de sa vie, il avait toujours appliqué cette doctrine.
Il ne mériterait ce qu'il avait dument gagné. De bons résultats, la victoire d'un match de Quidditch, une soirée avec une femme.
A quelques chaises près de lui, Albus avait les sourcils froncés de concentration, et derrière lui, Angel semblait trouver un intérêt particulier au dos de son meilleur ami. Ou sa nuque, il ne savait pas trop. Comme ils étaient ensemble, ça paraissait normal. Mais Scorpius savait que c'était plus compliqué que ça, avec les révisions, le dernier mois de leur grande route, leur relation n'était pas celle qu'ils avaient espéré. Ou moins que ce qu'ils voudraient qu'elle soit.
« Quinze minutes avant le début des épreuves ! » clama le professeur Londubat avec un sourire enjoué.
Vu que ce n'était pas lui, il pouvait se permettre de sourire comme si c'était le plus beau jour de sa vie, bien sûr.
Les ASPICS, voilà ils y étaient. La conclusion de sept années. Ils s'y étaient préparés avec (plus ou moins de) rigueur, et normalement tout devait bien se dérouler.
« Cinq minutes ! »
Scorpius grinça des dents. Si le professeur Londubat recommençait encore ce genre de choses, le genre de personnes comme Lynne allait s'évanouir sur leurs chaises. Elle en était d'ailleurs à deux doigts.
Fantastique place qui lui servait redoutablement de poste d'observation. Scorpius avait bien besoin d'un peu de distraction avant de se plonger dans les pages d'examens.
Après cet examen, le dernier, les réactions allaient être diverses et sans aucun doute explosives, et Scorpius en bouillait d'anticipation.
« Vous pouvez commencer ! »
A la guerre comme à la guerre.
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Silencieusement Albus laissa son regard vagabonder sur les paysages qui défilaient à toute vitesse à travers la fenêtre de leur compartiment. Tous les serpentards de leur année avaient décidé de faire route ensemble (même Mark avait abandonné Rose avec d'autres serdaigle et gryffondor), ils étaient serrés comme des salamandres dans un bocal, mais qu'importe. C'était la dernière fois.
Scorpius en face de lui semblait songeur lui aussi, et Angel serrait sa main à lui en briser les phalanges comme si c'était la dernière fois. Cet été allait les voir s'éloigner, il le savait et ne voulait pas y penser. Elle partait pour les vacances d'été aux Etats Unis en stage, et lui allait surement passer quelques semaines chez ses cousins français durant l'été. Les hiboux allaient être rares et malgré la technologie sorcière qui avait évolué ces dernières décennies, l'éloignement allait être difficile.
Merlin merci, Scorpius serait là à moins que ses parents décident de l'embarquer à la dernière minute en voyage à l'étranger. Et puis ils allaient devoir préparer leur rentrée, et trouver un appartement. Ils avaient décidé de ne pas être colocataires mais d'essayer de trouver deux studios dans le même quartier. Après sept ans à vivre en cohabitation, ils ne pouvaient pas se séparer plus.
Comme c'était bizarre d'en avoir fini avec Poudlard. Le glas avait sonné, ils étaient tous des adultes à présent. Et il se rappelait avec émotion son premier voyage dans ce train, l'angoisse qui l'avait traversé, les doutes qui l'avaient épris.
La peur de ne pas trouver sa place.
Mais il l'avait trouvée, aux côtés de Scorpius Malefoy, le dernier être sur Terre avec qui il aurait pensé être ami. Non plus qu'amis, frères. Il l'avait trouvée aux côtés des serpents, dans la maison des rusés et des malins. Il l'avait trouvée dans les yeux de ses amis, de sa famille.
Et il ne regrettait absolument rien, en échangeant un sourire en coin avec son meilleur ami, Scorpius Hypérion Malefoy, le meilleur qu'il puisse lui avoir été donné.
Ils s'étaient trouvés, faisant fi de plusieurs siècles de préjugés, de rancoeur, d'inimité, de haine, de guerres, de génocides. Ils avaient été complémentaires, avaient fait ressortir le meilleur l'un de l'autre, avaient grandi l'un avec l'autre, et Albus ne concevait pas sa vie sans Scorpius à l'intérieur.
Et dans son esprit, se dessinait déjà un portrait de Scorpius et lui, soixante-dix ans bien sonnés, en train de boire un whisky pur feu au bord du lac du manoir Malefoy et rire aux éclats à propos des dernières péripéties de leur entourage.
« Pour la vie. » mimèrent les lèvres de Scorpius.
Pas trop nul j'espère ... !
Mille baisers, n'hésitez pas à me donner votre avis en reviews ou mp ! :)
