Joyeux réveillon ! :D

Je suis contente de vous mettre ce chapitre le 24, c'est mon petit cadeau de Noël. En plus, je n'ai pas de retard, ce dont je me félicite, vu que ce mois de décembre était vraiment chaud, point de vue boulot. En Suisse, où je travaille, on fait du 8h par jour et quarante heures par semaine, sans heures sup. (et la retraite à 65 ans xD).

Sinon, un chapitre assez soft, bien que bourré d'informations, pas toujours très gaies, mais qui m'ouvre des portes inestimables. D'ailleurs, il faut le dire clairement, je me lance dans un projet très lourd. Après de longues réflexions, j'ai réfléchi et noté sur papier tout ce qui allait se passer dans cette fiction. Je ne sais pas comment je vais réussir à imbriquer les éléments les uns dans les autres mais j'y arriverai. Je compte faire une bonne trentaine de chapitres à cette fiction. (Et dire qu'à l'origine, il aurait dû en comporter 4 -')

Sinon, aussi, je sais enfin avec qui Bella va finir dans cette histoire mais je ne le dirai à personne et j'ajouterai qu'il ne vous faut croire en rien jusqu'à la fin de la fiction. Il va y avoir pleeeeeins de retournements de situation.

Ensuite, bahhhhh, un Joyeux Noël ! ^^

Réponses aux reviews :

Nodame : la réponse n'est pas pour ce chapitre mais on en parlera plus loin.

Edwardbellaamour : Edward ou James, hein ? Telle est la question… qui restera sans réponse durant trèèèèèèèès longtemps. )

Ag : c'est fou le nombre de personne qui veulent attendre que j'aie fini pour continuer la suite. Néanmoins, c'est vrai que je m'embarque dans du lourd, alors je comprends. A bientôt, j'espère.

Léa1985 : Non, Royce n'a pas été arrêté parce qu'il s'est enfui avant que Rosalie ne puisse porter plainte. Il court toujours dans la nature…

Cs85 : de rien xD

Sand91 : merci beaucoup pour ton long commentaire sur le dernier chapitre. C'est bien le genre que j'aime lire :)

MeggieSue : entre 30 et 40 chapitres, je pense, mais ce n'est qu'une estimation. Je suis très contente que tu apprécies ma fiction.

PatiewSnows : J'aime beaucoup ton commentaire, très réfléchi. Ton analyse psychologique est vraiment bonne, surtout pour Esmée. En revanche, pour Bella, c'est vrai, elle est confuse. Il faut comprendre que c'est dur pour elle. Elle aime Edward mais il lui a fait du mal. Pour son bien, elle cherche à s'émanciper de lui. Néanmoins, elle est obligée de tirer un trait sur des années de vie commune. Elle aime Edward et… ce qu'il lui arrive, elle ne l'a jamais voulu, aurait préféré une histoire différente, ne finissant pas aussi mal, genre des enfants et une villa à la campagne.

Habswife : le problème avec Esmée, c'est que même si Edward lui disait ce qu'il pensait, cela ne servirait à rien. Esmée est persuadée qu'elle a raison. Elle ne démordra pas.

Jujulalie : non, en effet, tu n'es pas au bout de tes surprises.

Xmissxpixie : en effet, ça change, ça fait du bien )

FraisyChocolat : salut, je suis toujours ravie d'avoir de tes commentaires :) Effectivement, Esmée, Emmett, Rosalie, Carlisle… enfin, ils ont tous des problèmes. Et ce n'est pas encore terminé, loin de là. Un POV Rosalie va se faire, bientôt, je ne sais pas encore quand. Même si j'ai toutes les idées, je suis loin d'avoir fini d'écrire cette fiction. A bientôt… ^^

Dreams-Twilight : Edward a mal agi mais il l'a fait inconsciemment, en quelque sorte, il n'était plus maître de lui-même. Je pense que c'est pour ça que tu n'arrives pas à lui en vouloir.

Lea228 : concernant Rosalie, oui, elle a suivi un psy, c'est mentionné dans le chapitre 6 :)

Lucie62170 : Et oui, les vieux démons sont de retour. ^^

Caropat07 : On en cause sur msn ? xD

Bellaeva : je compte bien dévelloper le comportement d'Esmée par la suite, et donner des explications quant à son comportement. Mais ce n'est pas pour tout de suite.

Izzie : je suis ravie que ma fiction te plaise. ^^

Llala : je pense que tu as deviné une partie de ce chapitre à la fin de l'ancien : le Alice/Jasper sombre. Néanmoins, il faut le reconnaître, c'est le seul couple qui n'a pas de problèmes… de couple. Ils viennent d'ailleurs mais je n'en dis pas plus. Bonne lecture !

Chapitre 7

Cette vie qui n'est plus comme avant

2 jours plus tard

POV ALICE

Cela ne se voyait pas encore, pas vraiment. Mon miroir ne me renvoyait que mon reflet et jamais, qu'il me semblait, je n'avais eu si mauvaise mine. Je m'inquiétais tant pour Bella, je voulais tellement la voir… Pourquoi ne m'appelait-elle pas ? Elle était ma meilleure amie depuis presque toujours. Avant de la rencontrer, lorsqu'elle avait emménagé à Forks, j'étais constamment seule. Aucune fille ne voulait s'approcher de moi et, aujourd'hui encore, je ne savais pas pourquoi. Peut-être étais-je trop différente des autres, trop immature, trop jolie, trop proche de mes frères… Puis, Bella était arrivée. Je me trouvais déjà à l'université, lorsqu'elle avait rencontré Edward. Néanmoins, je rentrais tous les week-ends à la maison. Bella passant chaque instant avec mon frère, il n'avait fallu que quelques rencontres, pour nous apprivoiser. Depuis, la vie m'avait toujours souri. J'avais rencontré Jasper, étudiant en architecture. Je m'étais mariée et Bella et Edward n'avaient pas tardé à suivre notre exemple. Nous avions fini nos études, étions venus habiter à New-York et Edward avait racheté la société qu'il faisait tourner. Bella avait entamé l'écriture de son premier livre, une véritable merveille littéraire. Aucun éditeur n'en avait voulu, néanmoins, ce qui m'avait chagrinée plus d'une fois. Puis, le temps était passé. Mon passe-temps favori était d'emmener Bella faire du shopping avec moi. C'était toujours un véritable défi mais j'étais heureuse, toujours, de passer du temps avec elle.

Aujourd'hui, tout était différent. Edward avait irrémédiablement bouleversé notre quotidien, l'avait anéanti. Et moi, je ne savais pas quoi faire. Je passai une main sur la toute petite bosse de mon estomac. Cela ne se voyait pas encore, pas vraiment. Mais d'ici quelques jours, quelques semaines ? L'enfant que je portais, en cet instant, ne viendrait pas au monde avant les huit prochains mois. Néanmoins, je ne savais pas si tout serait réglé, d'ici là. Il le fallait, cependant. Je voulais que Bella soit la marraine du petit ange que j'attendais. Mais si elle quittait Edward – ce que j'espérai – et qu'elle quittait la ville, l'état, où était le sens de ma démarche ? Je voulais que mon bébé connaisse cette femme qui était ma meilleure amie.

Que Bella quitte Edward était normal. Néanmoins, je ne voulais pas qu'elle coupe les ponts avec moi à cause des erreurs de mon frère.

Jasper n'était pas encore au courant de l'heureuse nouvelle. Et je n'allais pas lui dire, pas maintenant. Il n'était pas en état, je le savais. Ce qu'il s'était passé l'avait retourné, il n'avait pas le moral et je souhaitais que l'annonce de ma grossesse soit un moment de joie.

Cela faisait une semaine que j'étais au courant. J'avais arrêté la pilule, suite à une discussion que nous avions eue, Jasper et moi. Nous voulions un enfant et nous étions lancés. Un matin, je m'étais sentie mal, en me levant. J'avais eu des nausées mais je n'avais pas vomi. Petit à petit, je m'étais rendue compte être victime de faits divers et variés, me concernant. Ma poitrine était tendue, me faisait souffrir. J'étais devenue sensible à certaines odeurs. Je n'avais pas tardé à comprendre et une visite chez le gynécologue avait certifié mon état.

J'étais enceinte.

J'entendis des pas, provenant du corridor. Ils annonçaient que Jasper était de retour, qu'il était rentré du chantier sur lequel il travaillait, en ce moment. Il arrivait bientôt à son terme et il comptait ne pas signer de nouveaux contrats, pour le moment. Il en avait d'autres, encore, en cours, et il voulait se faire plus présent pour moi, pour notre projet parental. Néanmoins, je me demandais si j'avais vraiment envie de l'avoir plus souvent à la maison, en ce moment. Il était bouleversé, tourmenté par ses vieux démons et je savais que je ne lui étais d'aucune aide. Toutes mes tentatives, ces deux derniers jours, de l'approcher, s'étaient soldées par des échecs.

Je regardai une dernière fois dans le miroir, soupirai et allai le rejoindre. Il avait retiré ses chaussures, ainsi que sa veste, trainant en chaussettes dans l'appartement, tel un fantôme.

-Bonsoir, murmurai-je, un fin sourire aux lèvres, tout en m'approchant de lui.

J'espérai que sa journée l'avait distrait au point de le rendre quelque peu jovial, ce soir, mais je me rendis vite compte que ce n'était pas le cas. Il me murmura un faible « bonsoir », en retour, sans aucun sourire, les yeux vides, ailleurs. Je n'ajoutai rien, sachant que cela ne servirait à rien. Il fallait que je lui laisse le temps d'accepter la situation, le fait que mon frère – un véritable ami, pour lui – l'avait terriblement déçu et sans doute plus encore. Edward était devenu, à cause de son acte inhumain, ce que Jasper craignait le plus au monde, ce qu'il haïssait le plus au monde.

J'avais perdu mon frère (c'était, du moins, ce que je pensais, en cet instant, ne pouvant lui pardonner). Mon mari que j'aimais tant avait perdu l'une des personnes en qui il avait le plus confiance, un repère de stabilité, et je savais qu'il souffrait plus encore que moi. Je le laissai donc seul avec ses démons, jusqu'à ce qu'il se sente mieux, que la vie reprenne son cours normal. S'il avait besoin de mon aide, il n'avait qu'à m'appeler. Il savait que j'accourrai à la seconde, tout comme je savais qu'il ne me mêlerait pas à sa mélancolie.

Jasper passa à côté de moi, sans ajouter un mot, et alla s'enfermer dans la chambre. J'inspirai profondément et me répétait mentalement qu'il avait juste besoin de temps. Du temps, quelques jours, une semaine ou deux, un mois. S'il avait besoin de plus de temps, je lui parlerai.

Je lui ferai comprendre que la situation ne m'était plus acceptable et je trouverai une solution.

En attendant, il fallait bien que je m'occupe. Il n'était que quatre heures – ce qui signifiait que Jasper avait quitté très tôt le chantier – et j'avais encore deux bonnes heures devant moi, avant que les magasins ne ferment. J'attrapai mon sac à main, une paire de chaussures (des petites Mellow Yellow absolument charmantes), ainsi qu'un manteau léger et quittai l'appartement. Je réussis aisément à prendre un taxi et me rendis directement sur la Cinquième Avenue, dans mes boutiques favorites. Je m'arrêtai chez Bergdorf Goodman, dans un premier temps, et craquai sur une ravissante robe de soirée verte, qui me coûta tout de même 4690 dollars* (* robe et prix se trouvent sur le site de Bergdorf Goodman, si jamais OO'). Puis, je fis un petit tour chez Dior et Prada, chez Channel, évidemment, aussi, puisant outrageusement sur ma carte de crédit. Lorsque je sortis de cette dernière boutique, je crus m'étaler de tout mon long au milieu du trottoir. Là ! Là ! Là ! Devant moi ! C'était…

-Bella, appelai-je, la voix enrouée par l'émotion ?

J'étais persuadée que c'était elle. Elle ne m'avait pas vue, pas attendue, ne s'était pas retournée, mais je savais que c'était elle, qu'elle… James était avec elle ! Il sortait d'un immeuble et vint lui serrer la main, un sourire franc peint sur le visage. Il s'approcha d'elle et déposa un baiser sur sa joue. Puis, Bella pivota et je pus enfin voir son visage. Certes, ses blessures étaient en voie de guérison mais elles n'en restaient pas moins impressionnantes. Elle était couverte d'hématomes et de petites coupures, à la lèvre, l'arcade sourcilière. Néanmoins, ce qui me perturba le plus fut ce que je vis dans ses yeux.

Certes, elle souriait, elle aussi. Pas outrageusement, discrètement. Et je compris pourquoi. Ce n'était pas un sourire, qu'elle faisait à James. Elle lui créait une illusion. Elle faisait semblant, cela se percevait très clairement dans son regard.

Instinctivement, je reculai. Je ne voulais plus que Bella perçoive ma présence. Je comprenais, maintenant, pourquoi elle n'avait pas pris contact avec moi, pourquoi elle n'avait pas voulu me voir, jusqu'à aujourd'hui. Jasper et elle étaient exactement les mêmes. Tout comme lui, Bella ne voulait pas me faire souffrir. Elle ne voulait pas que j'endure avec elle. C'était cela, j'en étais persuadée. Ca devait être ça ! Car si ce n'était pas ça… cela signifiait sans doute qu'elle voulait juste couper les ponts.

Ils montèrent tout deux dans une sympathique Mini Cooper. Puis, ils s'en allèrent et je restai seule, sur le trottoir, à les regarder s'éloigner.

En cet instant, je n'avais plus envie de faire les boutiques. J'avais seulement envie de rentrer chez moi et de me poser dans le canapé, à écouter Aqualung et Lucy Schwartz interpréter Cold. J'hélai un taxi et lui donnai mon adresse. Durant le trajet, je collai mon visage contre la vitre, les yeux dans le vague.

What you are given

Can't be forgotten

And never forsaken

Lorsque je pénétrai dans l'appartement, Jasper était debout dans la cuisine, immobile. Je déposai mes affaires sur le canapé et allai l'embrasser sur la joue, histoire qu'il remarque que j'étais de retour. Puis, Mandela et Kennedy vinrent se frotter dans mes jambes. Je les pris dans mes bras, allai les déposer dans le salon et les caressai affectueusement. J'adorai littéralement ces deux petites boules de poils.

Une étrange sensation m'obligea à tourner la tête. Jasper me regardait, maintenant. Il soupira, tourna plusieurs fois la tête de droite à gauche, comme résigné, et s'approcha de moi. Je fus soudainement emplie d'espoir. Cela faisait plusieurs jours que j'essayais d'attirer son attention, sans aucun résultat. Et là, en cet instant, il semblait venir à moi.

-Tu n'as pas vu Edward, aujourd'hui, demanda-t-il ?

-Non, lui répondis-je.

-Et tu as l'intention de… enfin… de le revoir, ces prochains jours ?

-Non plus.

Il vint s'asseoir à côté de moi et prit ma main dans la sienne, qu'il serra tendrement.

-C'est bien, déclara-t-il. J'aimerai – et ne m'en veux pas de ce que je vais te dire – que tu restes éloignée de lui. Au moins… au moins jusqu'à ce que cette affaire se termine. Et si Edward venait à… s'il s'avérait qu'il perdait une nouvelle fois le contrôle de lui-même, pour une quelconque raison, j'apprécierai que cet éloignement soit définitif.

Je comprenais parfaitement Jasper, pourquoi il me demandait cela. Néanmoins, sur le coup de sa demande, je ne sus quoi répondre. Avant ce jour, j'adorais mon frère. Aujourd'hui, je n'avais plus confiance en lui. Mais ce que me demandait Jasper me parut soudainement être d'une extrême excessivité. J'allai néanmoins lui accorder ce qu'il désirait.

Ma parole.

Les doigts de ma main de libre effleuraient, dans une douce caresse, la peau de la sienne. Puis, lentement, ils remontèrent jusqu'à son poignet. Il ne tenta pas de m'arrêter, bien qu'il avait parfaitement compris ce que j'étais entrain de faire.

Je détachai l'un de ses boutons de manchette, puis le second, et glissai mes doigts sous le tissu. Et je les sentis. Je relevai lentement sa manche et les vis. Des morsures, tant de morsures…

Jasper était mon mari et je connaissais tout de lui. Et, pour qu'il n'ait plus rien à craindre, aujourd'hui, je lui promis.

What you are given

Can't be forgotten

And never forsaken

POV BELLA

Lorsque je me levai, aux alentours de huit heures du matin, James n'était pas là. J'étais seule, à nouveau, et cela ne me réconfortait en rien. Il fallait impérativement que je trouve de quoi m'occuper l'esprit et vite. Pour la première fois, j'eus l'idée de visiter l'intégralité de l'appartement de James, ce que je n'avais encore jamais fait.

Je connaissais le salon, la chambre et la cuisine nous y avions eu de brûlants ébats. Je rougis, les images remontant lentement jusqu'à mon esprit. Moi contre lui, nos deux corps en fusion, nos halètements et les orgasmes successifs… J'inspirai profondément et soufflai calmement, un fin sourire peint sur le visage. Puis, sans comprendre pourquoi, je ris. Un rire léger, agréable, qui me fit du bien.

Puis, je me calmai. La chambre, donc, ainsi que la cuisine et le salon, je connaissais. Le corridor était intéressant, plusieurs toiles étant accrochées aux murs. J'en reconnaissais certaines, les ayant aperçues dans les innombrables expositions de Carmen.

Tout en passant devant, je fus prise d'une envie de la voir. Elle, ainsi qu'Alice et Jasper. Et Emmett, aussi, mais il était à Seattle, avec Rosalie et Ethan. Ces deux derniers me manquaient moins. Je n'avais fait que partager des entrevues plus ou moins cordiales, avec Rosalie, et je ne voyais que très rarement son fils.

J'allais chercher le téléphone et composai le numéro d'Alice. Avant d'appuyer sur le téléphone vert, je réfléchis à ce que j'allais lui dire. Elle ne devait sans doute pas savoir ce qu'il s'était passé. Personne ne devait le savoir. Après l'intervention de James au vernissage, j'étais persuadée qu'Edward avait trouvé le moyen de s'en sortir sans trop de problèmes.

A moins, qu'au contraire, il n'en ait pas eu la force ni les moyens et ait tout révélé.

Je ne savais pas quoi faire. Quel ton devais-je prendre ? Si Alice était au courant de ce qu'il s'était passé, il était certain qu'elle devait se faire un sang d'encre, pour moi. Néanmoins, si elle n'était pas au courant, c'était certain qu'elle devait se poser beaucoup de questions quant à ma disparition.

Je fermai les yeux et appuyai sur le téléphone rouge. Je n'avais pas le courage, pas tout de suite, de l'appeler. Je le ferai, tout comme il était certain que j'appellerai Edward. Il fallait que je m'entretienne avec lui, afin de savoir comment je devrai réagir face à sa famille.

Puis, une question étrange me vint à l'esprit : « Devais-je encore me préoccuper d'eux ? » Il était évident que je n'allais pas abandonner Alice. Je tenais beaucoup trop à elle. Néanmoins, j'allais divorcer. Indéniablement, je m'éloignerai d'elle, ainsi que de Jasper, Carmen, Eleazar, Emmett, et même de Carlisle et d'Esmée. Je les appréciai tous tellement. Ils faisaient tous partie de ma vie depuis tellement longtemps…

Lorsque j'étais jeune, j'avais emménagé chez Charlie parce que ma mère ne voulait plus de moi. Certes, j'avais affirmé le contraire à tout le monde. J'avais fait croire à la terre entière que j'avais pris seule la décision et que cela nous avait déchiré le cœur, à elle tout comme à moi. Néanmoins, ce n'était pas le cas. Elle et moi vivions… précairement, lorsqu'elle avait rencontré Phil. Pour elle, il était la chance de sa vie. Et même si nous n'avions jamais eu de problème, lui et moi – au contraire, nous nous entendions même très bien – Renée avait très vite éprouvé le besoin de me voir voler de mes propres elles, et me l'avait très bien fait comprendre. N'étant qu'en troisième au lycée, je ne pouvais subvenir seule à mes besoins. J'étais partie chez Charlie qui m'avait accueillie à bras ouvert. Néanmoins, nous n'avions jamais été très proche. Lui, tout comme moi, nous avions quelques soucis de sociabilité. Nous avions été séparés si longtemps que nous étions devenus de véritables étrangers, l'un pour l'autre. Ma relation avec Edward nous avait soulagé, l'un comme l'autre. Ainsi, j'étais moins seule et lui se sentait moins coupable.

Edward et moi avions eu un grand mariage en blanc. Tout avait été parfait, comme dans un conte de fées. Mon père était heureux pour moi et ma mère était heureuse pour… elle. Disons qu'elle m'avait très bien fait comprendre, avant la cérémonie, qu'il était dans mon intérêt de la faire bénéficier des avantages pécuniaires dont mon mariage me donnait légalement droit. Je l'avais haïe de me dire cela et, après la cérémonie – une fois que nous nous étions envolés, Edward et moi, pour notre lune de miel, en direction des lacs italiens – je ne l'avais jamais revue, n'avait jamais cherché à la recontacter.

C'était pour cela que je me sentais autant proche de la famille d'Edward. Pourquoi Alice, Carlisle, Esmée, Emmett et Jasper étaient le centre de ma vie. Parce que je n'avais personne d'autre, à l'exception de James.

Je reposai le téléphone et cessai de ressasser tous ces éléments du passé. Ma mère, Charlie, Edward… c'était terminé, tout cela. Il fallait que je passe à autre chose.

Afin de me sortir ces noms de mes pensées, je repris ma consultation des lieux. A vrai dire, il n'y avait qu'une pièce que je ne connaissais pas. Il s'agissait du bureau de James. Enfin… je ne savais pas ce qu'il cachait derrière cette porte. Il ne m'y avait jamais emmenée mais ne m'avait jamais interdit de m'y rendre. Lentement, j'abaissais la poignée et la porte s'ouvrit. J'entrai et fus totalement subjuguée par ce que je vis.

C'était une pièce aux dimensions incroyables. Ce dont il fallait bien se rendre compte, c'était que James possédait un appartement de plus de deux cents mètres carrés, aux plafonds hauts, avec de larges baies vitrées. Chaque pièce, que ce soit sa chambre, la cuisine ou le salon, était conséquente. Mais celle-ci dépassait de loin les autres. Elle devait facilement faire trente – si ce n'est quarante – mètres carrés à elle seule. En son centre se trouvait un bureau, avec un imposant Mac en son centre. A ma gauche, une vidéothèque comme j'en avais toujours rêvée. Scorcese, Coppola, Spielberg, Tarantino, Eastwood ou Von Trier, pour ne citer qu'eux. Puis, à ma droite, une bibliothèque absolument formidable, de classiques, tout comme de textes politiques, d'histoire et de philosophie.

A vrai dire, je ne connaissais pas ce James « grand lecteur ». Il m'était totalement inconnu, ce qui était étrange. Je lui avais souvent fait part de ma passion pour la lecture et l'écriture. Il m'avait dit lire, lui aussi, de temps à autre, mais ça… c'en était presque de l'élitisme.

James avait la chance – enfin, cela dépendait du point de vue, évidemment – de ne pas travailler. Son père était mort, bien des années auparavant, lui léguant une fortune avec laquelle il pourrait vivre dix fois, sans avoir à lever le petit doigt. Il ne rendait de compte à personne et avait la chance de pouvoir faire ce qu'il voulait, quand il voulait. Néanmoins, il ne paraissait pas blasé, comme le tout New-York bourgeois. Il ne passait pas ses soirées en boîtes, à aligner les verres, ainsi que ses journées à dormir, afin de récupérer. Il était mieux que bien d'autres, savait comment vivre afin de profiter pleinement de son existence.

Je m'approchai de la bibliothèque et perçut un certain nombre d'ouvrages en français. Je ne savais même pas qu'il parlait cette langue que je mettais au supplice, lorsque j'essayais de la pratiquer. Néanmoins, j'arrivais plus ou moins à déchiffrer certains titres.

Perceval ou le conte du Graal

Tristan et Iseut

Le Cid

Phèdre

Supplément au voyage de Bougainville

Le contrat social

La nouvelle Eloïse

Microméga

Les liaisons dangereuses

Bel-Ami

La bête humaine

La condition humaine

Voyage au bout de la nuit

Bonjour tristesse

… ainsi que bien d'autres encore. J'en avais lu quelques-uns en Anglais mais j'étais persuadée que c'était encore mieux en langue originale.

Puis, une pile de CD attira mon regard et je me sentis obligée d'aller en mettre un dans la chaine stéréo qui se trouvait face au bureau. J'optai pour AaRON, que je trouvais en haut de la pile (classement par ordre alphabétique oblige). Puis, j'enclenchai la chaine et me laissai bercer par les vagues successives des notes et paroles de Arm your eyes.

I need to walk just as far as tomorrow

(J'ai besoin de marcher jusqu'à demain)
Until the dawn seizes my hand

(Jusqu'à ce que l'aube saisisse ma main)
Where can our shadows go lay down their sorrow

(Où nos ombres pourrons étendre leur peine)
When our souls take the wind

(Où nos âmes peuvent partir au vent)

Did you know the sun

(Savais-tu que le soleil)
Was made out of our cries

(Etait fait de nos pleurs)
Each tear we drop is gold and

(Chaque larme que nous pleurons est de l'or et…)
This is how it shines

(…c'est ainsi qu'il brille)

The world leans in a sense that I can't follow

(le monde se penche dans un sens que je ne peux suivre)
Too many rules for one man

(Trop de règle pour un seul homme)
(I wonder)

(Je me demande)
How can we fit in a place that we don't know

(Comment pouvons-nous nous adapter dans un lieu que nous ne connaissons pas)
Life has no master no plan

(La vie n'a pas de maître, pas de plan)
(Hey stranger)

(Hey étranger)

Did you know the sun

(Savais-tu que le soleil)
Was made out of our cries

(Etait fait de nos pleurs)
Each tear we drop is gold and

(Chaque larme que nous pleurons est de l'or et…)
This is how it shines

(…c'est ainsi qu'il brille)

My skin is young, and my eyes were full of hope

(Ma peau est jeune et mes yeux étaient pleins d'espoir)
But I've seen the dark of the day

(Mais j'ai vu l'ombre du jour)
(I wonder)

(Je me demande)
I need a shore, just one trail I could follow

(J'ai besoin d'un rivage, d'une trace que je pourrai suivre)
Far from the fog in my head

(Loin du brouillard dans ma tête)
(Hey stranger)

(Hey étranger)

C'était beau, c'était vrai et j'étais inconditionnellement fan de ce chanteur.

Je m'étais assise sur la chaise de bureau de James. J'avais les yeux fermés et je savourai pleinement. Cela faisait longtemps que je n'avais pas écouté de musique et cela m'avait véritablement manqué.

Puis, lorsque la chanson prit fin, j'ouvris les yeux et tombai sur une photographie, dans un cadre, derrière l'ordinateur. Il s'agissait de James et d'un enfant, bien plus jeune que lui. Enfin… James n'avait pas l'air d'avoir plus de seize ou dix-sept ans. L'enfant, lui, ne devait pas avoir plus de huit ans. C'était étrange…

Puis, une réalité me frappa. Je ne connaissais pas véritablement James. Ce qu'il se passait, entre lui et moi, avant, était purement sexuel. Peu à peu, il avait commencé à éprouver des sentiments à mon égard mais, au final, nous n'avions jamais eu de grandes conversations sur nos vies respectives.

Quoiqu'il en soit, cet enfant était mignon à croquer, même si je ne doutais pas du fait qu'il ait aujourd'hui grandi.

-Bella, entendis-je ? Tu es là ?

James était de retour. Je lui indiquai son bureau et il vint me rejoindre, les yeux dans le vague. Il n'avait pas l'air au meilleur de sa forme, paraissait… bouleversé, presque… anéanti.

-James, tout va bien, demandai-je ?

Il tenta de sourire mais cela ne prit pas. Il se passait quelque chose, je le sentais.

-James ?

Il s'approcha de moi et je me relevai. Il me prit dans ses bras et je me laissai faire, le laissai nicher son visage dans mon cou, déposer ses lèvres sur ma peau.

-C'est rien, murmura-t-il. Juste un petit coup de blues. Ca va passer.

Néanmoins, cela ne passa pas. James fut d'une humeur morose toute la journée et, à chaque fois que je lui demandais ce qui n'allait pas, il me mentait effrontément, prétendant que tout était bon pour lui, qu'il n'y avait aucun problème. Malheureusement, le temps défila et, au lieu d'aller mieux, son état empirait. Il ne me parlait plus, passait sa journée à fuir mon regard. Personnellement, j'abandonnai. S'il ne voulait pas me parler de ses problèmes, je n'avais pas à l'y obliger.

Je regardai un film, lorsqu'aux alentours de dix-sept heures, James vint s'asseoir à mes côtés et me prendre dans ses bras. Il me serra fortement et embrassa ma tempe.

-Tu vas mieux, demandai-je ?

-Non, répondit-il. Non, ça ne va pas mieux, mais… je ne peux rien faire, alors… autant laisser le temps faire son œuvre et vivre pleinement… même si… même si, le temps, bah… disons que ce n'est pas mon ami, en ce moment.

-Je ne comprends absolument rien à ce que tu veux dire, rétorquai-je… Qu'est-ce qu'il se passe, James ? Tu as des ennuis, tu… Tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ? Je suis là, si besoin est.

Je glissai mes doigts de ma main gauche dans ses cheveux et ceux de la droite traçaient délicatement les traits de son visage.

-Laisse-moi du temps, murmura-t-il…

Je déposai un baiser sur son front, avant de laisser mes lèvres trouver les siennes. James fut, dans un premier temps, hésitant, peu avide. Néanmoins, notre baiser prit rapidement de l'ampleur et, instinctivement, mon corps s'accorda au sien. Il bougea, se moula contre le sien. Des mains se posèrent sur mes hanches, me caressèrent tendrement. Malheureusement, je ne me sentais pas prête, pas si tôt. Alors que j'allai le faire remarquer à James, il se détacha de moi et, le regard brillant, s'exclama :

-Tu sais quoi ? Je pense qu'il est temps que nous nous amusions, toi et moi.

Voulait-il…

-On sort, me proposa-t-il, avant que je n'aie pu craindre une autre idée qu'il aurait pu avoir ?

-Où ?

-Surprise !

Il me prévint que je n'avais rien besoin de préparer, et qu'il ne m'était pas nécessaire de me changer, bien au contraire. Lui et moi, la veille, nous étions allés faire les boutiques, juste une ou deux, afin de m'acheter des vêtements. Avant cela, je ne portais que les vêtements de James. Des chemises trop grandes, et des pantalons de jogging qui me tombaient sur les genoux. Ne voulant pas faire dans le compliqué, j'avais attrapé les premières paires de jeans me passant sous la main, quelques pulls plus ou moins chauds et qu'Alice aurait absolument dé-tes-té, ainsi que deux paires de Converses. C'était uniquement lorsque j'étais arrivée à la caisse que je m'étais rendue compte que, n'ayant pas d'argent, c'était à James de payer. J'avais souhaité aller reposer quelques articles mais il m'en avait empêché, au plus grand bonheur de la vendeuse.

James aimait mon côté simple. Il m'avait, certes, avoué que la première chose qu'il avait vue en moi était mes jolies courbes mais, rapidement, il s'était rendu compte que j'étais différente, et cela l'avait littéralement rendu fou de moi (selon ses propres mots). J'avais rigolé, à l'écoute de ces âneries. Clairement, j'étais une fille tout à fait banale, qu'il me semblait. Je le lui avais fait remarqué et il m'avait répondu qu'à New York, lorsque toute la gente féminine était botoxée et trop maquillée, être une personne simple faisait de moi quelqu'un d'exceptionnelle.

Il avait souri, j'avais rougi.

Et il m'avait embrassée.

-Me feriez-vous des cachotteries, Monsieur Gigandet, lui demandai-je, tout en me relevant ?

-Il semblerait, effectivement. Allez, on y va !

oOo

James et moi prîmes la Mini et nous rendîmes… où ?

-James, où est-ce que nous sommes ?

Nous nous trouvions en pleine cambrousse. Nous avions rapidement quitté New-York, lui et moi, en direction d'un lieu qui m'était inconnu mais qui enthousiasmait James. Néanmoins, maintenant que nous étions à l'arrêt, je n'y voyais aucun intérêt.

-Pas très loin d'où je veux t'emmener.

-Et pourquoi t'es-tu arrêté, demandai-je ?

-Je voulais profiter des étoiles, avant.

Je levai un sourcil, sceptique.

-Les étoiles ?

-Il faut qu'on sorte pour les voir.

Nous quittâmes le véhicule. Il faisait froid. La nuit était tombée depuis une petite heure, déjà, nous avions roulé longtemps. James s'allongea dans l'herbe et j'en fis de même, le visage en direction du ciel. Un nombre d'étoiles incalculables me faisait face et je me sentis soudainement toute petite, face à elles.

-C'est magnifique, soufflai-je…

-Ca l'est, oui. Depuis New-York, on ne les voit pas. Les gratte-ciels sont trop hauts, il y a trop de lumière. C'est pour ça que lorsque j'étais petit, lorsque mon père ne rentrait pas durant plusieurs jours, la femme qui s'occupait de moi m'emmenait avec elle, dans le coin. Elle venait de Louisiane. C'était une femme adorable que j'aimais au moins autant que ma mère.

-Tes parents étaient séparés, demandai-je, surprise ?

-Non. Ma mère est morte en couche.

Je reçus l'information comme une véritable claque. J'en savais si peu sur James, aujourd'hui, que cela en était presque humiliant.

-Je suis désolée…

-Tu n'as pas à l'être. Ca c'est passé il y a si longtemps… J'avais dix ans, à cette époque. Sa grossesse ne se déroulait pas correctement. Elle a fait plusieurs allers-retours dans des cliniques privées, durant les quatre derniers mois de sa vie. Les médecins voulaient interrompre la grossesse, l'estimant trop dangereuse pour la vie de ma mère. Elle a néanmoins refusé, malgré l'insistance de mon père. Tout comme elle a refusé la césarienne. Ma mère venait d'une famille opposée à ce genre de pratiques. Elle en est morte.

Je ne savais pas quoi dire, me contentais de l'écouter. Ce qu'il me disait était si… impossible à croire. Avait-il réussi à surmonter ce drame ? Et qu'en était-il de l'enfant que sa mère portait ? Comme s'il avait lu dans mes pensées, il répondit à ces questions.

-Mon frère a survécu. Alec. Contrairement à mon père, je l'adore, ce gosse. Mon père, néanmoins, le tient pour responsable de la mort de la femme de sa vie et a toujours refusé de se trouver en sa présence. Il l'a envoyé en pension le plus loin possible de lui, afin d'essayer d'oublier jusqu'à son existence. Mon père est mort, il y a cinq ans. J'ai hérité, mon frère étant toujours mineur. Aujourd'hui, c'est moi qui m'occupe de lui et je fais tout pour qu'il ait la meilleure vie possible.

-J'ai vu une photo sur ton bureau, aujourd'hui. Je suppose que c'est lui.

-C'est lui, effectivement.

-Tu dois être un frère exemplaire…

-J'essaye de l'être, tout du moins…

Nous passâmes encore quelques minutes à regarder le ciel, dans le silence le plus complet. Puis, James me fit comprendre qu'il était temps de passer à la seconde partie de la soirée.

-Ce qui était géniale, lorsqu'Anya me gardait, c'était qu'elle m'emmenait toujours dans des endroits que mon père ne connaissait pas, des endroits… interdits, selon la liste de lieux dans lesquels je n'avais pas le droit d'aller. C'était une liste que lui avait fait mon père, afin qu'elle gère au mieux mon éducation. Anya était tellement géniale qu'elle faisait exprès de choisir nos attractions de la journée en fiction des interdictions de la liste.

Nous remontâmes dans la voiture et roulâmes une bonne vingtaine de minutes. James me racontait de petites anecdotes sur sa vie, son frère, sa mère, aussi, parfois. Cela me rassurait dans l'idée qu'il avait tourné la page, que cela ne devait pas lui rester sur le cœur comme cela arrivait parfois à certaines personnes.

Puis, des lumières apparurent. Nous nous trouvions aux abords d'une forêt mais j'avais comme l'impression que les arbres, devant moi, cachaient quelque chose. Il y avait bons nombres de voitures, garées, et j'entendais de la musique, aussi, ainsi que des cris.

James se gara et nous sortîmes. J'étais véritablement intriguée mais certains sons ne tardèrent pas à me faire comprendre ce dont il s'agissait.

-Un parc d'attractions, demandai-je ?

-Exactement. Assez vieux, pas très grand, mais très amusant, enfin… c'était ce que je pensais lorsque j'étais gosse.

Excitée, je l'attrapai par la main et le forçai à me suivre rapidement. Je voulais aller sur les manèges, dans la maison des horreurs, la pièce aux miroirs et les auto-tamponneuses. Je voulais manger de la barbe-à-papa, du pop-corn, ainsi que des pommes d'amour à en faire une indigestion.

Il fallut acheter les entrées avant de pouvoir passer les portiques de sécurité. James me fit passer devant lui avant de placer sa main dans le creux de mes reins, observant les réactions sur les traits de mon visage.

-Alors, ça te plaît ?

Si ça me plaisait ? C'était carrément d'enfer ! La dernière fois que j'avais mis un pied dans un parc d'attraction, c'était avec Phil. Ma mère n'avait pas voulu venir avec nous, estimant qu'elle n'était plus une gamine. (Elle avait surtout espéré qu'en ne venant pas, Phil abandonnerait ce projet qui m'incluait mais il avait été intraitable. Au lieu d'y aller à trois, nous nous y étions rendus à deux et la journée n'aurait pas pu mieux se dérouler.)

Les gens déambulaient à travers les stands, diverses friandises ou peluches entre les doigts ou dans les bras. Ils avançaient, lentement, en groupe, ne se pressaient pas. J'en fis de même. James m'emmena rapidement dans divers endroits, me gagna une peluche géante en forme de coeur et nous mangeâmes aussi une barbapapa d'une taille énorme. Tout cela, bien évidemment, après avoir fait chaque manège deux fois. (Il n'y en avait pas plus d'une douzaine.)

Puis, lentement, nous flânâmes à travers le parc. Moi, dans les bras réconfortants de James, oubliant tous mes problèmes, ne pensant qu'à l'instant présent.

-C'était une soirée magique, murmurai-je, lorsque nous revînmes à la voiture.

-Effectivement, me répondit-il.

Nous rentrâmes à New-York, le soleil allait bientôt se lever. Tout allait pour le mieux, pour moi, que j'avais envie de dire, en ce moment. Oui, tout allait bien. James avait réussi l'inimaginable, cette nuit, en me faisant oublier tous mes soucis.

Cette nuit, il m'avait rendue heureuse.

oOo

Le lendemain après-midi

-Avez-vous porté plainte ?

-Non.

-Etes-vous allée à l'hôpital ? Avez-vous fait faire un constat médical ?

-Non-plus.

Laurent Gathegi, mon avocat, leva un sourcil à la fois surpris et… mécontent.

-Vous auriez dû, me dit-il. Vous n'avez pas bénéficié de soins médicaux après… les évènements ? D'aucune sorte ?

Son ton ne me plaisait pas et j'avais bien envie de le lui faire remarquer.

-James s'est occupé de moi, c'est tout. Ne vous en faîtes pas, je vais très bien physiquement, aujourd'hui. J'ai encore quelques hématomes, certes, mais je n'ai plus mal. Cela fait presque une semaine que ça s'est produit. Physiquement, je m'en sors bien. Là n'est pas le problème.

-Je veux bien vous croire, néanmoins, le problème réside dans le fait que, lorsqu'il ne restera plus de trace de ce qu'il s'est passé, vous ne pourrez plus… faire jouer cet élément en votre faveur.

-Je n'ai jamais voulu faire jouer ça en ma faveur, bien au contraire.

-Bien au contraire, répéta-t-il, surpris ?

-Ecoutez, Monsieur Gathegi ! C'est James qui est à l'origine de cette discussion, qui est à l'origine de notre rencontre. Néanmoins, il me semble qu'il ne vous a pas tout dit. Ce qu'il faut que vous compreniez, c'est que je refuse que mon mari ait de quelconques ennuis, aujourd'hui. Ce que je veux, c'est divorcer, point. Et pour cela, je n'ai pas besoin de certificat médical, je le sais.

Laurent n'était pas un avocat spécialisé dans les divorces mais il avait les compétences pour s'occuper de mon dossier. En Amérique, le divorce n'avait pas besoin de motivations. Si une personne souhaitait divorcer, son conjoint ne pouvait l'en empêcher, il n'y avait pas besoin de deux accords, seulement d'une demande.

-Très bien, concéda-t-il. Et concernant les indemnités, pensions…

-Je ne demande rien.

-Rien ?

-Rien. Pas un centime. Si cela peut simplifier les choses, je suis même prête à lui laisser toutes mes affaires personnelles.

-D'accord, je prends note. Votre conjoint est-il au courant des démarches que vous entreprenez ?

-Je pense qu'il s'en doute.

-Vous n'avez pas pris contact avec lui ?

-Pas encore, non.

-Je pense qu'il serait bien que vous mettiez certaines choses au clair. Ce qu'il est prêt à accepter en comparaison de ce que vous désirez. Si vous ne voulez pas affronter votre conjoint – si vous ne vous en sentez pas prête – il serait préférable de lui adresser un courrier. S'il ne répond pas à vos demandes dans un délai respectable, nous déclencherons les procédures selon vos critères et vous serez convoqués tous deux devant un juge qui prononcera votre divorce.

J'hochai la tête, lorsque je me rendis compte que je ne cessais de faire tourner ma bague autour de mon doigt. J'avais l'impression de clore un chapitre important de ma vie et cela m'effrayait encore. Je le devais, néanmoins.

-Avez-vous d'autres questions ?

-Non, répondis-je.

-Très bien. Je vous conseille donc de prendre contact avec votre conjoint actuel et, une fois cela fait, revenir me voir, quelque soit ses revendications. Nous pourrons alors opter pour la meilleure stratégie à adopter.

-D'accord.

Je me levai, remerciai mon avocat, le saluai et m'en allai. James m'attendait dans la salle d'attente. Il lisait un catalogue de décorations d'intérieur, kitsch à l'extrême.

-Tu t'amuses bien, demandai-je ?

Il releva la tête et nos regards se croisèrent. Dans le sien, je perçus une pointe d'inquiétude, ainsi que du soulagement (sans doute dû au fait que je n'étais pas sorti de la pièce en larmes).

-Tout s'est bien passé, demanda-t-il ?

-Je crois que oui, répondis-je.

-Et… comment tu te sens ?

-Je… Je ne sais pas. Je… Je crois que je n'ai pas encore assimilé les récents évènements. Il me faut du temps…

-On a tout le temps qu'il faut. Alors, on rentre ?

-Oui.

James déposa le catalogue sur une table basse, se leva et me prit la main affectueusement. Ce ne fut qu'à l'appartement que je lui annonçai que je souhaitais m'entretenir avec Edward… en face à face.

POV EDWARD

Cela faisait trois jours que je ne vivais plus. Je passais mes journées à l'appartement ou au bureau. Lorsque j'étais au travail, rien ne s'arrangeait, au contraire. Plus le temps passait, plus l'entreprise coulait, je le sentais. Néanmoins, j'étais incapable de la remettre à flot. Pire encore ! Je ne le voulais pas, j'haïssais à même l'idée qu'elle puisse survivre alors que mon couple était détruit.

Cela faisait trois jours que je n'avais pas eu de nouvelles de Bella. J'imaginais qu'elle était avec Gigandet, dans ses bras, et cela me tuait, me rendait totalement fou. J'étais persuadé qu'ils était chez lui, que je pourrai m'y rendre et la voir, mais je savais que, si je le faisais, cela ne se passerait pas ainsi. Je me ferai refouler à l'entrée par le portier, à qui Bella ou James avait sûrement donné mon signalement. Et puis, si j'arrivais à franchir cette étape, je savais que Bella refuserait de me voir et que James n'hésiterait pas à se battre, histoire que je décampe.

Non, aller la voir n'était pas la bonne solution, pas tout de suite. La seule chose que je pouvais faire, c'était attendre un signe d'elle. Il fallait que nous parlions, elle et moi, mais je m'imaginais très clairement qu'elle avait besoin de temps et qu'être empressé ne me rendrait pas la vie plus facile, bien au contraire.

La patience était une vertu, disait-on, mais ce n'était pas vrai.

En réalité, c'était l'enfer.

Mike, Angela et Eric ne me parlaient pas. Ils ne venaient pas me voir, évitaient de croiser mon regard. Lorsque j'étais arrivé au travail (avec trois heures de retard, tout comme ces derniers jours), je m'étais directement rendu à mon bureau et ne leur avais pas adressé un mot. Avec la soudaine désertion de Willom Mimster, ils avaient moins de travail. Je savais néanmoins que Mike devait être entrain de faire mon travail en se décarcassant à trouver de nouveaux clients.

Il était bientôt quatre heures, lorsque mon téléphone portable vibra, sur mon bureau. Je ne répondis pas instantanément mais la personne, à l'autre bout du fil, insistait tellement, que je finis par décrocher.

-Edward Cullen à l'appareil.

-C'est… C'est moi, entendis-je.

Précédemment affalé dans ma chaise, je me relevai précipitamment, soudainement alerte.

-Bella ?

-Oui, répondit-elle, hésitante, peur sûre d'elle…

Elle me craignait, cela s'entendait dans sa voix. Je tentai de reprendre le court de ma respiration, lorsque je me rendis compte que l'air n'atteignait plus mes poumons et que je suffoquais.

-Comment… Comment va-tu, demandai-je ?

-Je… Bien. Enfin… oui, bien. Et toi ?

C'était ridicule. Elle ne pouvait pas aller bien. Seulement, comment pouvait-elle répondre sincèrement à ma question ? Je connaissais Bella. Elle avait l'habitude de toujours ménager les gens, qu'importe leur nature…

J'étais un monstre et elle s'inquiétait de me faire de souci.

Ma femme était un ange.

Et moi, réincarnation du diable, j'avais fait de sa vie un véritable enfer.

Monstre…

-J'aimerai te dire que tu me manques mais cela serait déplacé, je pense.

-Effectivement. Edward, reprit-elle… Je… Il faut que l'on se voie. J'ai des choses à te dire. J'aimerai… te parler de certains faits, mais… pas au téléphone.

J'aurai pu pleurer, en cet instant, tant ce qu'elle m'offrait était précieux, en ces temps de crise. Un moment avec elle…

-Quand, demandai-je ? Où ?

-Au… au café… celui de Central Park.

Je savais exactement duquel elle me parlait. Nous nous y rendions, souvent, peu après que nous ayons emménagé. Lorsque je m'étais mis à travailler, néanmoins, il était devenu difficile pour nous d'y aller ensembles et cela faisait maintenant des mois que je n'y étais plus retourné.

-Oui, au café de Central Park. Quand ?

-Demain. Il… il y a une heure qui t'arrangerait ? Avec… avec ton travail, je veux dire…

Elle avait une toute petite voix, nouée, haute perchée, et je devinai qu'elle était à deux doigts de pleurer.

J'avais envie de hurler.

-N'importe. Tout me convient. Choisis, toi ! Le travail n'a aucune importance, Bella. Dis-moi juste ce qu'il te plairait.

-Tu… Tu es sûr ?

-Sûr. Alors ?

-Vers… Vers trois heures de… de l'après-midi ? Demain ?

-C'est parfait.

-Alors, à demain.

-A demain…

Je me maudissais, ne trouvant pas le moyen de faire perdurer la conversation. D'ici un tout petit instant, je n'entendrai plus sa voix, n'aurai plus aucune connexion avec elle. Incapable de raccrocher, j'attendais qu'elle le fasse. Néanmoins, il lui sembla utile d'ajouter, de me torturer :

-Au fait, je… il est évident que… enfin… je ne viendrai pas seule. Voilà. A demain.

Et la communication prit fin, avant que je n'aie pu ajouter quoique ce soit.

« A demain, » pensai-je.

« Je t'embrasse. »

« Je t'aime. »

Voilà pour ce chapitre. J'espère qu'il vous a plus et que vous avez hâte de lire la suite. Alors, qu'est-ce qu'il vous a réjoui ? Je crois savoir xD Qu'avez-vous aimé ? Pas aimé ? Le POV Alice, Bella, Edward, comment ? Et toutes les révélations sur James. Je pense que vous avez compris que je risque très fortement de faire entrer d'autres personnages, encore… et pas qu'Alec.

En tout cas, je vous souhaite un très très bon Noël et tous mes meilleurs vœux…

(PS : j'ai vu un film, récemment, qui m'a fait pensé à ma fiction (une partie, tout du moins)… Si ça vous intéresse, voici le titre : « All Good Things ». Regardez-le, il est vraiment bien ! :D)