Vous êtes fantastiques. Plus de 30, quoi... C'est juste incroyable. Merci à tous.
Pour le jeu des références, CallistonTheWeb a trouvé des références meilleurs encore que les miennes. Je suis dépitée. Elsa Christia Vuurvliegson est donc la Reine des Neiges (mais aussi "le serment à Dieu" comme l'a remarqué Calliston. Avouez que ça colle trop) qui ressuscite comme une certain Sdf barbu Fils de Luciole. Valà. Le nom de la meilleure amie est aussi un condensé de deux écrivains que j'aime beaucoup.
J'ai écouté Charles Aznavour, comme vous vous en doutez. Mais la chanson qui m'a inspirée c'est Yet, de Switchfoot. Les paroles finales collent trop.
Allez, à bientôt.
-o-o-o-
La douche lui faisait du bien. Il n'avait pas pris le temps de se reposer depuis qu'il était revenu à la Tour. Le but était surtout chasser ce qu'il s'était passé sur la berge de sa tête, mais la fatigue commençait à le rattraper. Il avait de plus en plus de mal à se concentrer, à vider son esprit du regard si lourd de sens de Loki et de son rêve.
Même les gouttes d'eau roulant sur sa peau lui rappelaient les évènements de l'avant-veille. On aurait dit les doigts fins du Dieu sur sa nuque, et il était prêt à parier qu'il ne se débarrasserait pas de la sensation de si tôt.
Il avait toujours été incapable de faire un deuil propre, du style : « Oh mince t'es mort. J'étais légèrement dépendant de toi/tu m'as sauvé la vie/ tu étais ma vie. Tant pis, du coup c'est fini. Je pleure pendant toute la durée de l'enterrement, mais après quelques semaines, j'arrête de penser à toi, je passe à autre chose, j'efface les souvenirs de toi, bref, tu dégages de ma tête (et surtout, je souffre plus). » Il avait plutôt tendance à s'accrocher pendant des années à un parfum, une voix, un visage, des souvenirs ténus de ceux qu'il avait aimés.
Bien que Loki n'appartienne pas vraiment à cette dernière catégorie… il aurait donné n'importe quoi pour sentir un torse brûlant contre son dos, des paumes caressantes sur son épaule, une voix chaude dans son oreille. Mais le dieu était mort. Depuis le début de leur étrange… relation, Loki avait toujours été mort.
L'intérieur de sa tête était carrément glauque ces derniers temps…En résumé, il fantasmait sur un mec depuis que ce même mec était un tas de cendres.
Il devait arrêter de se voiler la face : il n'était qu'un pauvre type nécrophile.
Il appuya son front contre le carrelage froid et essaya de se concentrer sur son problème. Penser à Loki n'arrangerait rien. De toute manière, le but du Dieu avait toujours été de trouver un moyen de ne pas mourir : pas vraiment Tony.
… Vraiment… ?
Il n'y avait pas vraiment réfléchi, mais la conclusion s'imposait d'elle-même : Loki avait l'intention de s'introduire dans la Tour Stark avant que Elsa Vuurvliegson ne meure. Ce serait une extraordinaire coïncidence qu'un bébé naisse en plein centre de New York quand Loki avait décidé de mettre en place son plan.
« Jarvis ?
Il pouvait sortir de la douche pour reprendre sa réflexion au sec, mais l'eau chaude continuait de le relaxer, et puis son budget de milliardaire ne craignait pas la facture d'eau. Il resta.
-Oui monsieur ?
-Combien d'enfants naissent par seconde dans le monde ?
-4,41 monsieur.
C'était beaucoup : Loki avait l'embarras du choix. Un enfant à Mumbaï, l'autre au fin fond de la Sibérie, le troisième à Pékin, et le quatrième au sein du plus vieil hôpital de New York. … Mouais, finalement, ça restait possible.
-Un enfant naît tous les combien à New York ?
-Toutes les trois minutes monsieur.
-Ca fait une naissance sur sept cent vingt…
Ca pouvait rester une coïncidence. Une femme pouvait être… Minute, un accouchement ne durait pas un millième de seconde.
-Jarv', temps moyen d'un accouchement.
-Environ treize heures pour le premier enfant et huit pour les seconds.
Dix heures trente en moyenne : Loki avait très bien pu choisir une femme en train d'accoucher à New York pour lui rendre visite après. De toute manière-
De toute manière…
Loki n'avait en aucun cas besoin de coucher avec lui pour avoir son Adn : un cheveu aurait suffit. Ce n'était que pur caprice de sa part. Sa visite approfondie (sans mauvais jeu de mot) était le dernier vœu d'un condamné.
Ma visite n'était pas due à tes beaux yeux.
Menteur.
-o-o-o-
Jarvis lui avait dit qu'il s'occupait de tout, et qu'il en avait pour bien neuf heures pour tout finir. La carte d'identité, la green card, la fiche de renseignement de la Nsa, tout le toutim, et tout ça sans se faire repérer par des trucs gênants tels que Shield, Cia, Fbi ou autre. S'il réussissait, Tony lui avait promis une maintenance optimale pour lui enlever les cookies, quelques micro-virus, et autres trucs enquiquinants qu'il dédaignait habituellement. La lumière des caméras avait clignoté en orange-rose, signe qu'il était ravi, et ça avait fait penser Tony à un caniche qu'on emmène au toilettage. Mais Jarvis lui en aurait voulu de l'avoir comparé à un caniche, donc il avait gardé ça pour lui.
Sous les conseils plus ou moins implicites de Jarvis («Mon micro-processeur va être partiellement indisponible pendant environ neuf heures, soit le temps de sommeil sain moyen pour un être humain de votre âge, sexe et activité physique. C'est une coïncidence étrange monsieur, vous ne trouvez pas ?)»,il était allé dormir. Il était resté quelques temps allongé sur le dos, à réfléchir à la probabilité que Loki éprouve un réel intérêt pour lui. Peut-être le Dieu avait-il été frustré que son bâton brillant n'est pas fonctionné, il y avait deux ans… « Tu me résistes, toi. Tu me plais.» lança une image mentale de Loki avec un accent corse.
Il se secoua la tête et se redressa sur son lit. Il avait toujours la tête à l'envers. Avec ou sans magie, Loki foutait facilement le bordel dans le cerveau des gens. Et finalement, ils faisaient tout ce qu'il voulait.
Il se rallongea en grommelant. Il avait envie d'élever le gosse. Il était un fascinant sujet d'étude et une chance inestimable de détourner les pouvoirs de Loki du coté obscur de la force. Qui sait, peut-être l'enfant rejoindrait-il la relève Avengers que Cap' préparait déjà en (presque) secret. Peter était l'étape intermédiaire. Ils étaient tous fatigués, et Tony en premier. Le temps d'agir était passé et celui de transmettre s'amorçait.
Il se secoua à nouveau la tête. Il n'avait pas récupéré l'enfant qu'il lui traçait déjà sa voie, tout comme son père l'avait fait pour lui. Tony aurait voulu devenir pilote, archéologue ou acteur, mais on l'avait trainé au MIT, et il avait appris à aimer jouer avec les lois de la physique.
Donc puisqu'il voulait être un bon père de toute son âme, si Loki ne voulait pas devenir super-héros, mais fleuriste, apiculteur ou libraire, il l'encouragerait de toutes ses forces.
Il devrait se faire des post-it. Encourager ses rêves même s'il veut fonder un groupe de métal. Ne pas lui dire que la littérature c'est de la merde au risque de gâcher une vocation. Ou se trouver un coach parental.
« Jarviiis ?
-Oui mon-sieur ? répondit son IA d'une vois légèrement plus hachée et lente que d'habitude.
-Et si le gosse veut faire professeur de littérature, je fais quoi ? Ou s'il dit qu'il est une fille dans un corps de garçon ? Ou pire, s'il veut épouser un batteur punk ?
-Je crois que vous avez enco-re le temps de vous pencher sur la ques-tion, monsieur, l'enfant n'a ac-tuellement que 8 jours et 2 heures.
-Ouais, fit Tony dans un soupir de soulagement, t'as raison. Merci Jarv', bonne nuit.
-Bonne nuit monsieur."
-o-o-o-
Miguel Antonio Ramirez Hierro gravissait les marches du Bellevue Hospital Center. Il jetait des regards rapides autour de lui, comme s'il avait besoin de toutes les informations qu'il pouvait récupérer pour comprendre la situation présente, à cause de son anglais balbutiant. En face du premier panneau directionnel, il mit du temps à lire les inscriptions américaines, ses yeux se plissant pour déchiffrer les mots. Il réussit à trouver le chemin de l'accueil, attendit sans rechigner que l'hôtesse explique à la première personne que non, ce n'était pas ici pour avoir la télé, mais au point presse au fond du couloir à gauche, à la deuxième que pour les doigts coupés, il fallait aller aux urgences, dépêchez-vous ça goutte sur le sol, et à la troisième que pour la cinquième fois, elle ne voulait pas lui donner son numéro, pourquoi ?, parce que vous avez 86 ans monsieur Mac Conley.
« Bonjour, fit-elle, sa voix trahissant sa fatigue prématurée.
-Bonjour, je… Je cherche la… nurserie, enfin je…
Tout ça avec un accent mexicain irréprochable. Tony Stark aurait été acteur si son père n'avait pas décidé qu'il serait ingénieur.
- Ah, attendez, commença l'hôtesse, avec les sourcils froncés et une mine concentrée, vous avez appelé ma collègue tout à l'heure, non ? Vous êtes…
-Sí, fit-il avec une expression soulagée et enthousiaste, je suis Miguel Ramirez Hierro, j'ai appelé pour mon fils.
La fille eut un micro-changement sur son visage qui adouci son expression, montrant que son histoire guimauve balbutiée au téléphone tout à l'heure avait sans doute été racontée dans tout le cercle d'hôtesses d'accueil.
-Je passe un coup de fil à la maternité, ils vont vous autoriser à entrer. Vous comprenez, avec les vols de bébé qui arrivent en ce moment on a dû renforcer le niveau de sécurité, et de plus je crois que votre fils est sous observation, alors évidemment, vous auriez eu du mal à entrer comme ça, enfin quoique… »
Non, il n'était pas censé comprendre sa logorrhée avec son niveau d'anglais, mais il hochait la tête en assentiment tous les onze mots. Elle prit le combiné et commença à expliquer la situation. Il attendit qu'elle ait fini sa conversation, montrant extérieurement une patience soumise, bouillant d'impatience à l'intérieur. Grouille-toi, il m'attend depuis dix jours bordel ! Elle raccrocha après ce qu'il lui sembla trois ou quatre éternités et lança :
« A partir d'ici, c'est à droite, vous descendez les escaliers, vous prenez le couloir à gauche, et ce sera fléché.
-Muchas gracias, vraiment, merci.
-De rien, bonne chance à vous, fit-elle ave un sourire. »
Elle le regarda partir en se disant tout de même qu'il lui rappelait quelqu'un. Bah, ils se ressemblaient tous, ces Mexicains.
Tony Stark se retenait de courir. Il y était presque. Il avait préparé pendant deux jours cette sortie, pendant que Jarvis faisait mumuse avec le service des renseignements généraux. Il s'était bronzé à la lampe UV, rasé la barbe et teint les cheveux en noir, tout en apprenant par cœur le passé de ce mec ainsi que celui de la mère défunte et s'entrainant à agir et à parler comme un immigrant mexicain. Satisfait du résultat, il avait appelé l'hôpital en les baratinant sur son histoire (ça avait été long à raconter. Mi novia a décidé d'accoucher sous X s'en m'en parler, elle est… (petite pause dramatique) ella… ella ha perdido la vida durante el parto, et je voudrais… m'occuper de nuestro hijo, me comprendéis, pouvez-vous m'aider ?!), et une fois avoir bien expliqué sa situation et attendri l'hôtesse avec un dernier « je vous en prie, ese niño es tout ce qu'il me reste d'elle », on lui avait accordé une visite. Il s'était précipité en taxi (une éternité qu'il n'en avait pas pris) (et tout bien réfléchi, ça ne lui avait pas manqué) vers le Bellevue Hospital.
Elle n'avait pas reconnu ce mexicain comme étant Tony Stark, bien qu'elle ait l'âge et l'air de suivre avec passion les déboires des super-héros relatées par les tabloids. C'était encourageant pour son déguisement, mais le plus gros baratinage restait à faire.
Il sentait son cœur battre contre ses côtes. A quoi l'enfant ressemblait-il ? Il avait forcément deux émeraudes à la place des yeux. Sinon il serait franchement déçu. Il avait réussi à arracher à l'hôtesse qu'il avait eue au téléphone que le nourrisson était en chambre seule à cause de phénomènes étranges : sinon il aurait déjà été transféré en orphelinat.
Et là, ça aurait sans doute été plus compliqué. Mieux valait rester à l'hôpital et engranger la procédure d'adoption tant qu'il y était. Et puis Jarvis accélèrerait tout ça.
… Procédure d'adoption ?
Tony Stark stoppa au milieu du couloir et manqua de se frapper le front de la paume de sa main. Tout ça sonnait comme s'il avait inconsciemment déjà fait son choix…
Il se remit à marcher. Il verrait bien. Et si ça se passait mal, si quelqu'un le reconnaissait, il n'aurait qu'à laisser tomber.
Avant que son coté Je ne connais pas le sens du mot abandonner de lui ne proteste, il rentra dans un infirmier et ils s'écroulèrent tous les deux au sol.
« Putain ! jura le soignant
-Perdóname, lança-t-il en se relevant, yo-
-Perdóname mon cul oui ! jura-t-il en se redressant à son tour. Regarde où tu marches !
Tony Stark se vit préparer son poing et lancer son bras mais il se retint juste à temps. Pas taper le connard d'infirmier, ne pas taper…
L'interne le vit amorcer son geste et eut une expression haineuse, se tenant juste devant lui :
-Tu resteras pas longtemps dans ce pays si tu sais pas l'écraser. Pousse-toi. »
Il bouillait de rage. Quatre mots et c'était l'infirmer qui s'écrasait. Quatre mots et sa couverture était grillée. Fierté ou devoir ?
Fierté fierté fierté.
… Devoir. Il s'apprêta à s'écarter.
Sourire de l'infirmier. La fierté gagne : et intense satisfaction en prime. Jackpot.
Il allait lui balancer une bonne droite quand une douleur le prit au niveau de la poitrine. Il vacilla et se recula pour trouver un appui, s'écartant du passage de l'infirmier pour qu'il le laisse tranquille, et analyser calmement pourquoi il avait subitement si mal.
« Ca va ? s'enquit le soignant, inquiet d'avoir déclenché le début d'une attaque cardiaque (faute professionnelle relativement grave, tout de même)
-Ca va, grogna Tony, en en oubliant son accent.
La douleur refluait déjà. Qu'est-ce qui s'était passé ?
-Vous êtes sûr ?
-No te preocupes, je vais bien. Perdón para la caída.
-C'est bon, c'était rien, fit le soignant.
Il s'éloigna à reculons, et Tony lui fit un dernier signe rassurant de la main qui le décida à partir.
L'ingénieur attendit au milieu du couloir, surveillant son rythme cardiaque et guettant le moindre signe de rechute. Mais il allait de nouveau bien. La douleur était partie comme elle était arrivée, soudainement. En plein combat, il aurait pu être distrait suffisamment longtemps pour être mortellement touché. Il devrait se faire analyser par Jarvis, voire Bruce, à son retour.
Il se remit en marche, sentant qu'il n'était plus très loin. Le bruit ténu de pleurs de bébé lui parvint, et il sut qu'il était arrivé.
-Bonjour, lança-t-il à l'accueil de la maternité. Je suis Miguel Ramirez Hierro.
-Oui, on m'a appelé, lança le soignant en se levant. Venez, je vous en prie.
Tony lui emboîta le pas, son cœur battant à nouveau à tout rompre. Enfin. Après des jours de recherche. L'infirmier se tourna vers lui :
-Vous devez savoir qu'il y a eu des phénomènes étranges qui nous ont poussé à le garder-
-Yo lo sé. Sa mère était un peu magicienne, fit-il avec une ironie grinçante qu'il était le seul à comprendre.
Le puériculteur haussa un sourcil sceptique mais ne releva pas.
-Vous avez eu de la chance, vous savez, il partait demain en foyer de l'enfance.
Mot politiquement correct pour orphelinat, lui-même synonyme de mouroir pour malchanceux. Les mots protègent, les mots dissimulent, les mots mentent. Hein Loki ?
-Oui, une amie de ma femme m'a dit tout ce qui s'était passé hier. Et je… Je veux m'occuper de lui, parce que je suis tout ce qu'il lui reste."
Attendrissement. Faire pencher la balance de son coté. Manipulation. Regarde, divinité crevée, regarde comme ton pantin apprend vite.
Il eut un sourire gêné et doux du soignant, qui l'amena près de la chambre, quand une infirmière en sortit. Des braillements résonnaient derrière elle.
"Gilles, je sais pas ce qu'il a le bébé en observation, mais il n'arrête pas de hurler alors qu'il est très calme d'habitude. Bonjour monsieur, lança-t-elle à son attention.
-C'est sûrement rien Karine. Il a été nourri quand ?
-Une heure, sa couche est propre, tout va bien. Il doit avoir mal quelque part, mais impossible de savoir où.
La douleur dans sa poitrine revint soudainement. Il y porta sa main et s'appuya contre le mur.
-Monsieur ?! Ca ne va pas ?
-Je vais bien, fit-il en n'oubliant pas son accent cette fois, ce n'est rien. Je peux le voir ?
Il y avait de la magie là-dessous.
-Bien sûr, je, allez-y, balbutia l'infirmier en ouvrant la porte.
Il entra en titubant légèrement, s'approchant du berceau de plastique. La douleur dans sa poitrine augmentait au fur et à mesure qu'il se rapprochait, et il manqua de tomber. Il atteignit finalement le berceau et le regarda quelques instants, avant de tendre les doigts. La petite chose pleurait à s'en arracher la gorge, agitant ses poings minuscules. Tony avait l'impression que sa poitrine allait se déchirer en deux, que son cœur était écartelé par l'espèce de pic à glace qui s'était logé dans son cœur. Qu'est-ce que t'as traficoté avec mon palpitant, enfoiré ?
-Attendez, vous devriez vous laver les-
Il allait mourir sur place s'il ne touchait pas cet enfant. Il posa ses doigts sur le corps agité de sanglot, son index sur la poitrine.
La douleur s'évanouit et le bébé ouvrit à demi les yeux. Tony eut l'impression d'être foudroyé par les orbes vertes. Une dernière larme roula sur la tempe du nourrisson alors que les sanglots se faisaient plaintifs. Avec précautions, encore agité de tremblements dus à la douleur, il prit le bébé dans ses bras et le tint contre sa poitrine.
-Tout va bien, Loki, murmura-t-il doucement, je suis là…
-Euh, je… On lui a attribué un nom…
-Ah, fit-il en se tournant vers eux, tenant avec précaution l'enfant dans ses bras. Su madre quería que el niño se llama Loki, lança-t-il en se rendant compte qu'il n'avait pas assez appuyé son accent.
-… Elle ne lui avait pas donné de nom. Je veux dire, avant que…
- Elle avait laissé un message à sa meilleure amie… fit-il en bougeant l'enfant pour le tenir d'un bras."
Il s'était endormi, fatigué d'avoir pleuré. Pour autant, Tony refusait de le lâcher. Il avait peur qu'il se réveille ou que la douleur réapparaisse s'il rompait le contact.
Il sortit son Starkphone de sa poche et pria pour Jarvis réagisse comme il le souhaitait. Un message s'afficha sur l'écran et il remercia du fond du cœur son IA.
« Le 29 mars à 10h21
De : Laura
Elsa voulait qu'il s'appelle Loki, mais elle ne savait pas si elle pouvait lui donner un nom, comme elle accouchait sous X, tu vois Miguel ? Je suppose qu'elle voulait se concentrer sur l'accouchement et voir ça après, mais… Bon, elle a pas eu le temps quoi. »
L'infirmier et l'aide-soignante qui était restée lurent le message avec une palette d'émotions tristes sur le visage. Jarvis avait bien fait son boulot.
"Il a été appelé Mathieu Théo Smith, lança l'infirmier en rendant le téléphone.
Sa réincarnation appelée Mathieu Smith. Loki aurait envahi la Terre pour moins que ça.
-D'accord, ce n'est pas si grave, répondit-il.
-Donc vous… Vous allez l'adopter ?
-Gilles, c'est son père, ça devrait être simple. Un test Adn et le tour est joué.
Merci Loki.
…Il avait sacrément bien prévu son coup, l'enfoiré, pour une impro à la dernière minute. Il n'avait pas été choisi par le Dieu le plus stupide du Panthéon d'Asgard, c'était assez flatteur.
-C'est vrai, songea l'infirmier.
-En tout cas vous avez un sacré coup de main avec les enfants, lança l'infirmière à son attention. Il s'est endormi."
Tony l'avait déjà remarqué depuis quelques minutes, mais il baissa les yeux vers le nourrisson. La minuscule chose au visage encore fripé reposait dans ses bras. L'être humain était tellement vulnérable à la naissance, totalement incapable de se défendre…
Comment j'aurais pu le tuer ?
Comment j'aurais pu l'abandonner ?
-o-o-o-
J'espère que ce moment crucial ne vous a pas trop déçues. Le deuxième paragraphe n'était pas là il y a trente minutes, mais j'ai craqué. Mea culpa, j'espère que c'est pas trop du n'importe quoi.
C'était le dernier chapitre tout beau tout propre, je n'ai que des passages isolés pour le reste. Je vais essayer d'être à l'heure mercredi prochain, mais je ne vous promets rien. Prenez votre mal en patience, je vous promets de la finir. J'ai déjà la fin en tête. (et si je suis en retard, je vous publie le premier chapitre d'une mini UA Frostiron multichapitres)
A bientôt (et bonne rentrée. Croyez bien que je partage la douleur de ceux qui étudient encore, et de ceux qui travaillent aussi). Vos reviews sont des lucioles dans la nuit noire de la fin de ces vacances.
