AZUL MERGER- DISTRICT 4

-Plus vite Azul ! Tu serais déjà mort si je l'avais voulu !

Aujourd'hui, chacun rêvait de voir son nom pigé... Mon entraîneuse, Madame Courbet, aimait me dire que j'étais quasiment né ici. Mais cela n'était pas vrai. Mes parents étaient morts tous les deux et ce centre était mon seul foyer. Ce centre, je lui devais tout, parce qu'il m'avait tout appris. Notamment à tuer. Cela paraissait compliqué et moralement impossible, mais c'était aussi facile que de respirer ou de parler. Je maniais toutes les armes, mais ma favorite restait la massue.

-Tu n'es pas assez rapide Azul ! Hurla Antéïa. Nous sommes une équipe de tueurs et non des babouins essayant de danser avec des bouts de métaux dans les mains.

Je grognais avant de décapiter la tête d'un mannequin en pierre à la l'aide de ma massue. Je ne savais pas comment cela se passait dans les districts un et deux, mais ici, nous avions chacun un binôme. Il nous était attribué dès notre naissance. Chaque binôme contenait un garçon et une fille qui devaient concourir ensemble aux Hunger Games. La fille se portai volontaire en première et ensuite le garçon qui était son binôme, se désignait à son tour. Nous apprenions alors à tuer en équipe, mais sans s'apprécier réellement. D'ailleurs je ne voyais pas comment j'aurais pu apprécier ma partenaire. Antéïa était quelqu'un de tellement... gentille et banale. Elle souriait tout le temps ! Sauf quand elle s'entraînait, évidemment. Elle dévoilait alors ses dents pointues et blanches. Mais elle ne m'effrayait. pas du tout.

-Ça te vas là ? Lui demandais-je dédaigneusement.

-M'ouais pas mal...

-Pas mal ? M'énervais-je. Attention Antéïa ce mannequin pourrait être toi !

Elle rit en se moquant de moi. Mon sang ne fit qu'un tour. Je me dirigeais vers elle, avec une sévère envie de la tuer. Ma massue au-dessus de sa tête, j'étais à deux doigts de lui porter un coup dont elle se serait souvenue toute sa misérable vie. Elle esquiva l'attaque avec une agilité déconcertante, même pour moi, qui la connaissait depuis toujours.

-Mon pauvre Azul. L'idiotie fait partie de toi...

-Chacun ses tares. Pour toi, il s'agit de la laideur !

Elle afficha un air faussement vexé, tout en sachant que mes propos étaient faux. Fereg lui répétait tous les jours qu'elle était la plus belle…. Impossible pour elle d'oublier ce fait ! Mais je devais au moins reconnaître cela à Antéïa. Elle était plutôt jolie avec sa peau brune et ses cheveux bouclés noirs... Elle dégageait quelque chose de bestiale.

-Moi, au moins, j'ai des parents !

Un cri de rage sortit de ma gorge et je lâchais mon arme pour lui lancer un coup de poing en plein dans le nez. Elle se mît à saigner. Elle m'attaqua en donnant une série de coups de pieds. Elle me toucha au ventre. Je l'attrapais afin de la mettre à terre. Nous roulions sur le sol d'entraînement et nous nous donnions le plus de coup possible. Un sifflet résonna dans la salle alors déserte. Nous nous stoppions net. C'était Madame Courbet.

-Vous êtres que des inconscients ! Vous êtres sensés démolir les autres, pas votre binôme ! Vous serez de corvée pendant un mois !

Je ricane.

-Nous n'avons pas l'intention de rester ici. Nous participons au Hunger Games cette année !

Madame Courbet posa sa main sur sa tête ce qui signifiait chez elle : « Mais oui, comment ai-je pu oublier?! ».Elle regarda attentivement Antéïa qui baissa la tête d'un air coupable.

-Allez prendre une douche. Antéïa passe à l'infirmerie. Maintenant ! ordonna-t-elle.

Je n'aimais pas être sous les ordres de quelqu'un. Je valais mieux qu'un simple soumis qui obéissait aux lois. Non, moi je voulais les édicter et régir ! Quand je serai rentré vainqueur des Hunger Games, je deviendrais haut placé dans mon district et obligerais tous les enfants à s'inscrire dans un centre. Et je détruirais les binômes aussi... Quand j'arrivais dans le réfectoire, tout le monde mangeaient en bavardant. Les tables étaient nombreuses. Elles étaient attribuées en fonction de l'âge. Les plus jeunes avaient parfois un an. Nous étions nés pour tuer et voir ces enfants me le rappelait agréablement tous les jours. Je m'asseyais à côté de Fereg, une personne avec laquelle je m'entendais plutôt bien.

-Félicitations, me dit-il.

-Sans rancune ?

-Évidement ! sourit Fereg.

Il parlai du tournois qui c'était finit hier. Nous étions une bonne dizaine de notre âge à y avoir participer et le binôme gagnant devait participer aux jeux de cette année. Fereg et Gaziella étaient les finalistes en face d' Antéïa et moi. Nous avions gagnés sans mal. A peu trop facilement...

-Tu vas vraiment te porter volontaire ?

-Bien sûr ! Je suis né pour ça. Comme toi... répondis-je telle une évidence

-Ne prend pas les choses si sérieusement. Cool !

-L'honneur de notre district repose sur nous et les victoires que nous lui apportons ! m'énervais-je presque malgré moi.

-Si c'est pour finir comme Hadrien non merci !

-Hadrien était faible et nul. Il c'était trop attaché à son binôme.

-Et si jamais tu en sors, tu pourrais finir comme le morbide Timéo Finn ! Il passe ses journées sur la baie à ce que j'ai entendu dire. Et Delphine Anémar sombre dans les drogues un peu plus chaque jour...

-Ce ne sont que des faibles qui ne rendent pas comptes de la chance qu'ils ont eu ! Ce ne sont qu'une poignée de vainqueurs ! Regarde Madame Courbet, elle ne semble pas traumatisée...

-Oh ! Calme mec...

Je réalisais soudainement que j'étais débout et que tout le monde me regardait la bouche ouverte.

-Décidément, tu ne rates jamais une occasion de te ridiculiser Azul ! déclara Antéïa en s'asseyant à côté de Fereg.

Je me rasseyais et lui plantais un regard froid en la fusillant des yeux.

-Tu sera la première à mourir dans l'arène Antéïa !

-Madame Courbet te l'interdit. Non, que le fait de se batte à mort avec toi me déplaise mais, j'obéis.

-Madame Courbet ne sera pas avec nous à ce moment-là et je me fiche de ce qu'elle ordonne !

Fereg retient Antéïa de dire quoique que soit et lui tenait la main en la fixant dans les yeux. J'avais du mal à comprendre leur manège... Je me concentrais sur mon assiette de poissons. Je m'apprêtais à avaler une bouchée quand un gamin de quatre ans me parla :

-Madame Courbet souhaite vous voir.

Je jetai mon assiette et me levais sans dire un mot.

-Merci Noé, le remercia Antéïa à ma place en soupirant.

-De rien Antéïa ! sourit le garçon.

Pff... Quelle politesse superflue ! Je quittais le réfectoire pour longer les grands couloirs grisâtres. Chacun d'eux nous menait dans une salle particulière. Celui le plus à gauche, menait à une salle d'entraînement aux tirs en tout genre. On y retrouvai l'arc, les couteaux, la fronde et javelots ou pieux. Celui qui était au milieu était pour le combat rapproché, donc les épées et le corps à corps. Enfin, celui à droite conduisait sur un chemin qui servait à tester l'agilité et la rapidité. Je rejoignis le bureau de Madame Courbet et frappai à grand coup jusqu'à ce que l'on m'ouvre :

-Entre Azul.

Elle me fit signe de m'asseoir. Je l'ignorais, préférant rester debout, ne serait-ce que pour la défier. Madame Courbet s'était occupée personnellement de mon entraînement. Je ne savais pas pourquoi mais elle avait toujours prêté une intention particulière à mon égard. Cela m'avait valu plusieurs moqueries de Fereg et Antéïa.

-Tu n'as jamais voulu obéir, et je dois reconnaître que cela te vas bien. Mais n'abuse pas de ça, quand tu seras au capitole. Tu pourrai en devenir trop désagréable et les gens ne t'apprécieront pas.

-Que les gens m'apprécient ou pas, je m'en fiche.

-C'est là que tu as tord Azul. Il te faudra attirer assez de sponsors et pour cela il faudrait que tu te montres agréable et souriant.

-Pourquoi ne pas parler de ça avec Antéïa ?

Son silence me glaça. Cette femme avait toujours un truc à dire… Elle finit par ouvrir la bouche, le visage toujours impassible :

-Parce qu'elle sait ce faire aimer. Allie-toi particulièrement avec les carrières du un et du deux. Tu auras besoins de leur soutien pour le début, ensuite arranges-toi pour les fuir et emporter avec toi leur provisions.

-Je sais comment je dois procéder, dis-je en levant les yeux au ciel. Ce n'est pas la peine de me faire le topo !

-Tu crois que cela seras simple ? Mais tu oublis que si jamais tu en sort vivant tu ne seras plus le même Azul.

-Cet événement, rétorquais-je. J'attends ce moment depuis ma naissance !

-Et moi je le redoute depuis que tu es né !s'emporta-t-elle en face de moi.

Elle soupira et se massa les tempes un instant en s'asseyant sur sa chaise de bureau. Elle croisa finalement les mains devant elle, en me fixant sérieusement.

-Tu ne connais que la théorie, mais tuer en pratique est plus dure qu'il n'y paraît pour certain. Hadrien Fester n'as pas supporté cela... Il ne faudra pas te dégonfler, n'avoir aucun scrupule.

-Je n'ai jamais eu aucun scrupule, la coupais-je furieusement. Et cela ne changera pas !

Un long silence s'installa. Je ne supportai plus son inquiétude envers moi. Elle était infondée, ridicule. J'étais prêt depuis si longtemps…

-Quand tu es arrivé au centre, tu n'étais qu'un petit bébé. Tu braillais tout ce que tu pouvais. Je me suis occupée de toi personnellement, car j'ai bien connu ton père.

Cette phrase attira mon attention. On ne m'avait jamais parlé de mes parents. Jamais Et même si je m'en fichais un peu, ce que venait de dire Madame Courbet me frappa en plein cœur :

-Ta mère était déjà bien enceinte quand ton père est partis pour les Jeux.

Interloqué, je m'assis sur la chaise en face de la sienne. Ainsi, mon père avait participé aux Jeux. Mais alors, il n'avait pas gagné ? Quel lâche, quel faible. Il ne me méritait pas…

-J'étais très amie avec ta mère, poursuivit Madame Courbet, le regard voilé par le passé. Mais ton père, son frère jumeau Thétys et moi étions très proches. Nous rêvions tous du jour où nous serions de grands vainqueurs. Malheureusement, nous avons été moissonnés la même année, ton père et moi.

J'étais heureux de ne pas porter le nom de mon père. Je fouillais dans ma mémoire essayant de me rappeler la tête et le prénom du tribut masculin ayant combattu la même année que Madame Courbet… Ghostrider ! Ghostrider… J'étais cependant incapable de trouver dans mes souvenirs le prénom de ce garçon aux yeux bleu mer.

-Thétys n'a jamais réalisé notre rêve : c'était notre dernière année à tous les trois, continua la directrice. Si j'ai gagné c'est en partie à cause de ton père. J'aurais dû mourir, mais ton père savait manier sa hache mieux que personne et s'en est servi pour me sauver lors d'un combat qui m'opposait à la Tribut du Un. Cela la distrait et son partenaire a tué ton père sous l'effet de la surprise. Déjà bien amoché tous les deux, je les ai tué…

Elle secoua la tête de gauche à droite, comme pour chasser toutes ces images. Ce combat, je le connaissais par cœur : il était mythique. J'avais toujours trouvé l'erreur de ce tribut vraiment pitoyable. Les enfants les plus médiocres aux combats ne l'aurait jamais faite !

-En rentrant je me suis occupée de ta mère et de Nympheya. C'était la fiancée de Thétys. Elle aussi, était enceinte. Mais, lui était mort. Il s'était suicidé par orgueil de voir son frère aux Jeux et pas lui. Nympheya a eu sa petite fille et s'est mariée. Elle n'est pas entrée au centre. C'est dommage… Cette petite est étonnement habile et intelligente.

De nombreux parents refusaient d'éduquer leurs enfants au centre. C'était quelque chose que j'avais du mal à comprendre… Ce centre nous donnait une chance de sortir de nos vies misérables dans le district quatre, et de lui faire honneurs dignement en concourant aux Hunger Games. Parfois, c'était les enfants eux-mêmes qui refusaient d'y entrer, par peur. Ceux-là, on les virait. Il était inutile de donner à quelqu'un quelque chose dont il ne voulait pas.

-Quant à ta mère, elle pleurait tout son saoul. Elle a décidé de mettre fin à ses jours six mois après mon retour. Je ne sais rien de la chose ou de l'événement qui l'a conduit à faire ce choix. Je l'ai repêché dans la mer, et voyant qu'il était trop tard pour la ranimer, je l'ai laissé partir en paix. Son bébé n'avait plus aucune famille. J'ai pris en charge ce garçonnet, dont on ne savait rien, mis à part les noms de ses parents. Je lui ai donné le prénom de son père et le nom de sa mère. Je l'ai gardé avec moi, en me promettant de le garder en vie. Mais sotte comme je suis, je ne voulais pas abandonner mon institution de combats, même pour ce bébé, qui est devenu encore plus doué que son père et son oncle ne l'étaient dans l'art de tuer. Ce bébé, Azul, c'est toi. Azul Ghostrider et Magdalissa Merger étaient tes parents biologiques.

Azul. Il s'appelait Azul Ghostrider… Une lumière venait de se créer dans mon cerveau. Je me souvenais parfaitement de lui désormais. Avant de mourir de façon atrocement ridicule, il avait au moins sept tributs à lui tout seul. Même s'il n'avait pas gagné les jeux, il restait un combattant impressionnant.

Je décidai de couper court à l'entretien, en claquant la porte. S'en était trop pour moi. Je ne voulais pas m'embrouiller la tête de pensées et de réflexions inutiles. J'avais passé dix-sept ans de ma vie à ne pas me poser de questions sur mes origines… Il fallait que je poursuive ainsi, pour rester concentrer sur mon objectif : revenir ici dans quelques semaines, une couronne dorée sur la tête. Je refusais de retourner pas au réfectoire : je n'avais pas faim de toute façon. Je décidais de m'habiller pour La Moisson. J'étais prêt et déterminé. J'attendais cet événement depuis longtemps et je ne comptais pas en perdre une miette.

Je sortais du centre et me dirigeais vers la grande place. J'étais très en avance, car le gong n'avait même pas encore sonné. Le jour de Moisson avait toujours été mon jour préféré. J'adorais ce sentiment d'impatience, d'excitation à l'idée de savoir qui aurait l'honneur de représenter notre district. Je me voyait toujours à la place des anciens tributs du quatre dans leurs beaux costumes de parade. Cette année je défilerais à cette parade, et je tiendrais mon rang la tête haute et les épaules droites.

Les caméras étaient en place, l'estrade venait d'être montée et Anémone Francis se recoiffait et se remaquillait. J'aperçu les mentors de cette année et sans aucune surprise je remarquais Timéo Finn et Delphine Anémar en grande conversation. Le maire était déjà assis. C'était le père de Fereg et il avait été très déçu de savoir que son fils avait perdu le tournoi et qu'il ne participerait jamais aux Hunger Games. C'était notre dernière année à tous les deux, et notre dernière chance. Je trépignais, incapable de contenir mon excitation, ma joie.

-Tu es vraiment si impatient que ça ? fit une voix derrière mon dos.

Je me retournais instinctivement. Antéïa habillée dans une robe bleue ciel et Fereg à ses côté d'elle, se tenaient bien droit devant moi. Le gong sonna, les faisant sursauter de surprise. Le moment était venu. J'ignorais Antéïa qui s'entêtait à vouloir me parler alors que je ne l'écoutais. Nous aurions tout le temps de parler dans le tain nous menant au capitole

-Azul..., bafouilla Antéïa encore une fois . Je voulais te dire...

Je commençais sérieusement à perdre patience

-Quoi ? m'énervais-je. Tu voulais me dire quoi ?

Elle hésita un moment et échangea un regard discret avec Fereg qui haussa les épaules.

-Bonne chance. Je voulais te dire bonne chance.

Elle se sépara de Fereg et s'en alla vers la file des filles pour se faire enregistrer. Je fis de même vers celle des garçons accompagné de Fereg.

-Elle est bizarre Antéïa., lui dis-je suspicieux.

Même si je en considérai pas forcément Antéïa comme une amie, elle restait ma partenaire. Je devais anticiper la moindre de ses réactions et les comprends. Mais là… Elle n'était pas elle-même.

-Elle est tendue à l'approche des jeux, m'assura Fereg. Elle a peur de te décevoir surtout...

Il n'en rajouta pas plus et patienta avec moi dans la section des dix-huit ans. Ceux que je n'avais jamais vu au centre d'entraînement me craignaient et ne m'adressaient pas la parole. Le silence se fit quand Anémone Francis se rapprocha du micro et commença à parler d'un ton cérémonieux :

-Joyeux Hunger Games ! Et puisse le sort vous être favorable ! Bienvenu à tous ! Et avant de procéder au tirage au sort, visionnons ensemble, un film, venu tout droit du Capitole !

Le film me faisait toujours autant d'effet qu'avant. Excitation, joie, allégresse... Je ne comprenais pas pourquoi les districts s'étaient rebellés. Le Capitole devait pourtant leur apporter tout ce dont ils avaient besoins... Mais bon, je n'allais pas m'en plaindre, sinon la compétition des Hunger Games n'aurait jamais existé.

-Maintenant il est temps pour vous de connaître la jeune-fille et le jeune-homme qui représenteront le District 4 au quarante-sixième Hunger Games. Nous allons commencer par les filles.

L'hôtesse se dirigea vers le bocal en verre qui était tout à droite et prit un papier. Quel que soit le nom écrit dessus, Antéïa se porterait volontaire et serait la tribut du district 4. Je n'avais rien à craindre. Je me fichais bien du nom qui allait être prononcé par la voix suave d'Anémone.

-Éioné Littlesea.

Une fille de dix-huit ans se dirigea vers l'allée. Elle n'avait pas l'air abattu ni faible ou frêle. Elle dégageait un semblant d'intelligence et de calme. On aurait dit qu'elle se fichait carrément d'avoir entendu son nom, et pourtant elle n'était pas une carrière. Sinon je l'aurais vite repérée... Un visage comme le sien se repérait vite ! Elle s'adressa pliement à l'hôtesse, lui disant même « bonjour ». Elle était inoffensive mais dangereuse. Cette petite était très jolie et semblait assez maligne. Elle aurait fait une excellente candidate si elle avait été entraînée aux Jeux... Mais je ne l'avait jamais vu. Après tout, elle n'avait pas à s'en faire, elle le savait : une tribut se porterait volontaire à sa place.

-Il y' aurait-il des volontaires ?

Le moment était venu. Mon cœur battait fort, mais je me retenais de sauter dans tous les sens. Plusieurs secondes passèrent, mais je ne voyais toujours pas Antéïa s'avancer et dire qu'elle était volontaire. Elle ne bougeait pas et ne disait rien. Je lui fis signe de se dépêcher. Elle allait rater notre chance ! Mais rien. Elle ne faisait rien. Elle baisa la tête et fit mine de s'excuser : elle se dégonflait ! Je commençais à m'énerver et l'assassinais du regard. Elle venait tué mon rêve, alors je la tuerais elle ! Tous les garçons ayant envi de concourir le pouvait maintenant qu'elle s'était désisté ! Elle venait de balayer en l'espace de quelques minutes plus de dix-huit de travail acharné ! On serait au moins cinq à se présenter et je n'avais pas beaucoup de chance d'être choisis sur les quatre autres qui m'avait fait de la concurrence pendant toutes ces années ... Ils connaissaient plus de monde que moi, étaient plus populaires… Je voulais sortir de mon rang et étrangler Antéïa pour ce qu'elle venait de faire. J'aurai voulu trainer son corps par les cheveux jusqu'à la scène, mais Fereg me tenait fermement et me regardait durement. Je les détestais tous les deux. J'avais de sérieuses pulsions meurtrières. J'aurais pu les tuer là, maintenant, devant tout le monde.

-Veuillez applaudir Éioné Littlesea, notre tribut féminin des quarante-sixième Hunger Games.

Pourquoi aucune des quatre filles sélectionnées pour le tournoi du centre ne s'étaient présentées ? Maddie aurait pu se porter volontaire… Ou même Gaziella. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond ici ? Une scène dégoulinante de sentiments se déroula sous nos yeux, interrompant mes pensées, entre Timéo Finn et Éioné Littlesea. Je ne m'en occupais pas et priais pour que mon nom soit pigé en me débattant contre Fereg pour qu'il lâche son emprise. Cela me faciliterait les choses. Mais mes muscles étaient toujours à vifs et je ne savais pas vraiment ce qui m'empêchais de contrer Fereg et de décocher à cette garce d'Antéia une raclée magistrale qui lui ferait regretter sa lâcheté et son désistement.

-Oh ! Alors ça, c'était vraiment trop mignon. Vous vous connaissez ? Demanda Anémone en minaudant.

-Oui. Comme tout le monde ici... , répondit la fille en nous englobant de ces bras. C'est un des gagnants des Hunger Games.

Elle essayais d'attirer le public et elle était plutôt douée. Elle n'avait pas perdu la face malgré le fait qu'il n'y ait pas de volontaire. Cette Eioné était d'un sang-froid impressionnant. Cependant, je ne pouvais m'empêcher de me demander comme une fille comme Eioné Littlesea pouvait survivre aux Hunger Games : elle n'avait pas la carrure ni le mental ! Anémone se dirigea vers mon bocal en verre. Mon souffle se coupa. Je fis toutes les prières du monde. Il fallait que mon nom sorte.

-Azul Merger.

Je ne réprimais un cri de joie dans ma gorge. J'avais eu beaucoup de chance et j'en étais heureux. Mon visage se figea dans une sorte de mutisme qui m'empêchait de devenir trop sympathique aux yeux du Capitole. Je voulais être froid, distant pour qu'on me prenne au sérieux. Je m'avançais dans l'allée confiant. Je décidais de prendre les gens de haut, sur la scène en leur criant à tous :

-Non, je ne veux pas de volontaires ! Je suis honorer de participer à ces jeux !

-Mesdames et Messieurs ! Quelle Moisson ! s'extasia Anémone. Je vous demande d'applaudir bien fort les tributs qui représenteront le district 4 au quarante- sixième Hunger Games : Éioné Littlesea et Azul Merger. Serez-vous la main.

J'étais fier de moi et serrais la main de ma nouvelle partenaire dans mienne. Elle était douce, frêle. Nul doute qu'elle ne survivrait même pas au bain de sang celle-là… Tout ce passa comme dans un rêve en technicolor et en avance rapide. Je ne réalisais même pas ce qui était en train de se passer devant. J'avançais mécaniquement, escorté par les pacificateurs. Je m'autorisais un sourire. J'avais vécu dix-huit en attendant ce moment. Je savourais désormais chaque seconde en tant que tribut du district quatre. Les pacificateurs nous emmenèrent dans deux salles différentes. J'étais tellement heureux... Je me demandais qui allait venir me rendre visite. Madame Courbet ne venait jamais pour les autres Tributs. Je n'avais aucune famille. Je n'avais pas d'amis… Le mentor, Timéo Finn, entra finalement dans un grand fracas dans la pièce et laissa claquer la porte. Un vase se brisa au sol sous la violence du claquement. Les murs de la pièce tremblèrent.

-Vous serez mon mentor. Nous aurons tout le temps de nous voir n'est-ce pas ? Lui fis-je sans comprendre sa réaction.

Il me regarda avec haine. Sûrement parce qu'il savait que j'étais un potentiel tueur pour Éioné Littlesea. Tout cela m'écœurait amèrement, cet homme, si fier, si fort était devenu faible et impuissant.

-Je connais les gars comme toi, commença-t-il d'une voix glaciale. Tu t'es entrainé toute ta vie pour les Hunger Games. Tu n'as pensé qu'à ça, chaque seconde de ta vie, sans chercher à connaître autre chose ou à vivre tout simplement.

Je me fichais bien des jugements des gens. Ce n'était pas son rôle de toute façon. Je lui demandais juste de me trouver des sponsors et me préparer dans la dernière ligne droite. Il pouvait bien parler… Je ne l'entendais qu'à peine.

-Si jamais..., reprit il en haussant la voix. Tu la touches, ne serait-ce qu'une demi-seconde ou que tu la tue et reviens vivant ici... Sache que tu seras finalement mort. Alors quoiqu'il arrive ton sors est scellé Azul Merger !

Je ricanais face à sa tirade. C'était pathétique.

-Si tu le fais vraiment, tu mourras toi aussi. Le crime est punis de la peine de mort, lui rappelais-je d'un ton condescendant.

-Si je dois te tuer, c'est qu'Éioné est morte. Je n'aurais plus rien à perdre. Pas même la vie.

-Arrête-moi ces conneries. Comment peut-on aimer quelqu'un d'aussi peu intéressant ?

Il me regarda droit dans les yeux, dans un semblant de sentiments que j'identifiais comme étant de la pitié. Son air furieux l'avait quitté pendant un instant. Moi, j'avais juste envie de le frapper, mais je savais qu'il me serait utile : sans lui j'aurais moins de chance de m'attirer la faveur des sponsors !

-Comment une personne qui ne connaît rien en l'amour, peut poser une question pareille ?! Tu me dégoûtes Azul Merger. Et une dernière chose. Éioné. Tu ne lui parles pas, tu ne la regardes, tu ne la touches pas et tu ne penses même pas à elle...

-J'ai peut-être un cœur de pierre et suis insensible, mais moi au moins je ne dépends de personne ! hurlais-je seul dans la pièce qu'il avait déjà quitté.

Je n'aimais pas cette personne, c'était définitif. Je décidais de soulager ma colère contre une pauvre peinture qui trônait sur le mur. Je la déchirais et hurlais de colère. Cet homme aura tout l'inverse. J'allais très bien m'amuser avec cette petite Éioné... Elle sera facile à amadouer. Ma colère resurgit vite quand je me surpris à repenser à Antéïa. Celle-ci se décupla quand cette dernière osa entrer dans la salle. Je la pris par le col de sa robe et la frappa. Elle s'étrangla, un sanglot menaçant de s'échapper de sa gorge. Je la laissais tomber sur le sol. Elle était pitoyable ! Elle reprit peu à peu son souffle, toujours sur le sol.

-Pourquoi ! POURQUOI ? On était les tributs de cette année Antéïa ! Tu as de la chance que mon nom ait été pigé ! Sinon je t'aurais tué ! Comment as-tu pu faire ça à Madame Courbet... Tu es pathétique ma pauvre !

-J'ai essayé de te le dire, murmura-t-elle. Et Madame Courbet m'a encouragé dans ce choix.

-ELLE ETAIT AU COURANT ?! criais-je de toute mes forces.

-Quand elle a su que Fereg avait fait exprès de perdre le tournoi avec Gaziella, elle les a convoqué et leur a demandé pourquoi. Fereg ne voulait pas participer aux Jeux. Gaziella voulait rester ici, avec sa famille et sa petite-nièce. Elle a abandonné il y a longtemps !

Et Maddie ? Et l'autre fille dont je n'avais pas retenu le prénom ? Pourquoi avaient-elles refusé de se porter volontaire comme tribut ? Elles auraient eu une chance, contrairement à cette petite Littlesea.

-Fereg n'as pas fait semblant de perdre ! Je l'ai écrasé..., répondis-je férocement.

Je refusais de croire que ma victoire était un coup de bluff. Non. J'avais mérité ma place. Elle m'était due. Antéïa divaguait, racontait n'importe quoi.

-Mon pauvre Azul ! Fereg ne voulait pas participer aux Hunger Games ! Il ne voulait pas me quitter... Et on avait prévu tous les deux de se désister et de ne jamais se porter volontaire. Je ne veux pas le quitter non plus. On s'aime. Et Madame Courbet m'a convoqué avec Fereg et nous a dit qu'elle ne nous en voulait pas. Elle nous a même proposé un poste d'entraîneur à tous les deux. On s'aime vraiment Fereg et moi. Tu comprends Azul ?

-VRAIMENT ? TU CROIS QUE JE COMPRENDS ?

Je la rattrapais par le col et lui tordis le poignet qui craqua sous la pression. Elle hurla de douleur et ce son me fit du bien. Je ne pouvais pas croire tout ce qu'elle me disait. Je ne le voulais pas.

-Fereg m'avait dit que tu ne comprendrais pas... Mais moi, j'ai cru qu'après toutes ces années, tu ne voudrais que mon bonheur. Je t'aime comme un frère Azul. Essaye de comprendre je sais que tu en es capable...

-Tais-toi. Et ne m'adresse plus jamais la parole. Nous n'étions pas frère et sœur. Nous étions un binôme !

Je lui tournais le dos en sentant mon sang se chauffer encore un peu. J'étais très en colère. Cette rage était en train de posséder mon corps tout entier. Je cognais un coup sur la petite table en acajou qui s'écrasa sous le poids de l'attaque et se brisa en mille morceaux. J'entendis Antéïa se relever, elle me murmurer faiblement :

-Je te donne ma bague de fiançailles. Quand tu rentreras, tu pourras me la redonner et assister au mariage. Cela te fera un souvenir du district quatre. Et de moi.

Je la regardais, sans la comprendre. Cette fille, n'était celle avec laquelle j'avais passé toute ma vie à m'entrainer. Elle tendit la main dans ma direction. Un anneau en argent y était posé. Je ne bougeais rien, la jaugeant du regard. Elle ne m'inspirait que du dégoût, du mépris. Je ne voulais pas de cette bague. Je lui crachais dessus. Elle recula et se mIt à sangloter. Ses jambes flageolèrent et elle tomba. Je ricanais. Des pacificateurs l'embarquèrent en la traînant au sol. Elle criait.

Quelques minutes après, des hommes vinrent me chercher. Au sol, l'anneau d'argent brillait. Je me penchais afin de le ramasser. Je l'examinai sous toutes les coutures. Je ne lui rendrais pas. Quoiqu'il advienne, je ne le lui rendrais jamais. Je le garderais pour moi et le vendrais en rentrant.

Azul Merger Tribut du District 4
Le sort sera-t-il en sa faveur ?


hello ! Pour ceux qui se le demandent, le concept de la fanfiction est expliquer dans le premier chapitre. Les votes et les points commenceront à se faire dès la publication du prochain chapitre et concernera les tributs déjà présentés.