Hello ! Le lemon de mercredi est d'un autre genre, vous comprendrez vite pour quelle raison je crois… Ce qui est intéressant -bien que parfois laborieux^^- avec les membres de l'Akatsuki c'est qu'ils ont des personnalités si opposées qu'on ne peut pas appliquer systématiquement les mêmes règles aux uns qu'aux autres.

Et ça vaut bien sûr pour leur lemon. Hmm… c'est leur psy qui doit être content (XD… non ! plutôt mourir que de me lancer dans la fic du psy de l'Akatsuki… punaise, quand j'y pense ce serait un sacré sujet… à méditer^^)

Kuroi-Hoshi: ah, que veux-tu… on ne peut pas être disciple de Jashin et sain d'esprit à la fois, il faut choisir^^ En tout cas merci pour ton commentaire !


CHAPITRE 6: MERCREDI, FRIGIDITÉ

Installé à son bureau, les yeux de Kakuzu parcouraient attentivement le relevé de comptes du mois dernier. C'était bien cela… Lâchant un grognement contrarié, il se recula contre le dossier et se pinça l'arête du nez. À moins que Deidara n'accepte de monter une galerie d'Art ou qu'Itachi ne se reconvertisse dans l'hypnose thérapeutique, la prise de mesures s'avérait nécessaire si l'organisation voulait continuer à couvrir ses dépenses… Il devrait faire part de ses inquiétudes à Madara lors de la prochaine réunion. Avec un peu de chance il serait envoyé en mission avec Hidan renflouer les caisses de l'organisation -il doutait sincèrement que quiconque eut voulu dépenser un seul centime pour les horreurs insipides de Deidara…

Une présence derrière la porte le tira de ses pensées. Son poste de trésorier offrait l'avantage de la tranquillité au sein du quartier général; de ce fait, personne d'autre que Madara et Pain ne se permettaient de lui rendre visite. Or en cet instant, il ne reconnaissait le chakra d'aucun des deux.

- Kakuzu-san ? Puis-je vous déranger quelques instants ?

Il eut une moue agacée. C'était la prostituée, et il savait pertinemment ce qui la poussait à venir le voir.

- Je suis occupé.

- Je n'en ai pas pour longtemps…

- Inutile d'insister, c'est n…

La porte coulissa et elle apparut dans l'encadrement, la posture et le visage innocents.

- Allons, ne soyez pas si froid, dit-elle d'une voix posée.

- Je suis occupé, répéta-t-il. Lequel de ces mots faut-il que je vous explique ?

- J'ai juste… quelque chose à vous demander.

- Inutile de vous fatiguer, c'est non.

Il reporta son attention sur les registres et fit mine de l'ignorer. Naomi tiqua mais ne s'avoua pas vaincue pour autant; elle ne s'était pas attendu à un combat facile de toute manière.

- Vous ne savez même pas ce que…

- Vous êtes venu me demander une avance sur votre salaire du mois prochain, l'interrompit-il sans lever les yeux de ses papiers.

Naomi pencha la tête sur le côté et pinça les lèvres.

- Vous n'y mettez vraiment pas les formes, Kakuzu-s…

- Ce n'est pas l'argent qui vous a fait venir ? demanda-t-il en relevant la tête.

Elle ne répondit pas et réfléchit à la manière dont elle pouvait procéder.

- C'est bien ce que je pensais… lâcha-t-il devant son silence qui se prolongeait.

- Je suis bien obligée de prendre soin de moi pour…

- Non.

- Il est plus agréable pour vous d'avoir une jolie…

- Non.

- Mais Hidan-san et Kisame-san déchirent régulièrement mes…

- Non ! Dégagez maintenant, si vous croyez que j'ai le temps de satisfaire vos petits caprices…

Avec un haussement d'épaules irrité il replongea dans ses registres, au plus grand désespoir de la jeune femme. Cette dernière n'aurait jamais le dernier mot sans déployer les grands moyens, elle le savait pertinemment.

- Très bien… concéda-t-elle en se retournant. Mais je vous préviens, ne vous étonnez pas si mes ongles ne sont pas suffisamment bien limés pour jouer avec vos points de suture, Kakuzu-san.

Elle prit tout son temps pour passer les écrans et commencer à les faire coulisser derrière elle. À son bureau il avait relevé la tête et la fixait désormais d'un regard où perçait une panique évidente. Alors qu'elle avait presque joint les deux panneaux sa voix furieuse lui parvint, et elle ne put s'empêcher de sourire.

- Venez-là, tout de suite.

Elle s'exécuta prestement et s'approcha de son bureau.

- Combien ? s'enquit-il d'un ton aussi ferme que s'ils ne s'étaient pas chamaillé quelques instants auparavant.

- Hmm… environ la moitié… oui, je pense que ça me suffira pour jeudi.

- Bien, répondit-il en farfouillant dans ses tiroirs. Au fait, je ne viendrais pas ce soir.

- Vraiment ? Et pourquoi cela ?

- Je dois m'entretenir d'un sujet relativement urgent avec Madara. Ça me prendra probablement toute la soirée.

- Bon.

Son visage affichait une affection polie, mais en réalité elle se réjouissait: cette soirée oisive ne s'avérerait pas de trop pour récupérer de sa précédente nuit au côté d'Hidan.

- Oh, ne vous inquiétez pas, lança Kakuzu en se laissant convaincre par sa déception feinte, vous ne perdrez pas d'argent. Un autre membre viendra certainement à ma place.

- Qui ?

- Et comment voulez-vous que je le sache ? Je m'occupe de leur paie, pas de leurs hormones.


Naomi attendait sur la véranda de son pavillon. Agenouillée, les mains appuyées derrière son dos, elle regardait les nuages défiler dans le ciel qui se teintait de rouge. Comme son client, l'automne s'attardait cette année; la brise fraîche et le bleu pur d'un ciel froid aurait dû s'installer depuis deux semaines déjà. Octobre était bien avancé, cependant l'on pouvait demeurer dehors sans craindre un coup de froid malgré le soleil qui disparaissait. La paresse de l'hiver n'avait rien de désagréable; toutefois aucun dérèglement des saisons ne pouvait s'avérer de bon augure… Et Naomi n'aimait pas les surprises.

Peu lui importait le client dont elle devait s'occuper ce soir, du moment qu'il ne s'agissait pas de Madara. Ce dernier devait certainement être avec Kakuzu, mais la simple pensée qu'il puisse apparaître de l'autre côté de l'allée qui menait à son pavillon lui soulevait l'estomac et faisait trembler ses mains comme des feuilles mortes. Elle respira la brise pour apaiser les battements de son cœur qui s'emballait; elle avait l'habitude de préparer son esprit à leurs rendez-vous, et le désistement imprévu de Kakuzu l'en avait empêché.

Des pas crissèrent sur les graviers de l'allée, et le cœur de Naomi tomba au fond de sa poitrine. Et s'ils avaient terminé leur réunion plus tôt que prévu ?… Elle tourna lentement la tête, comme si ce qu'elle allait voir déciderait de sa vie ou de sa mort. Ce n'était pas Madara.

- Pain-san ? s'étonna-t-elle en se relevant. Bonsoir…

Elle ne lui avait parlé qu'une seule fois et, tout comme Zetsu et Konan, ne se souvenait pas l'avoir jamais croisé en dehors du quartier général. Fronçant les sourcils en s'interrogeant sur la raison qui l'avait mené jusque là, elle s'inclina tandis qu'il parvenait à sa hauteur.

- Que se passe-t-il ? s'enquit-elle d'un ton respectueux malgré son appréhension naissante.

La jeune femme scruta son visage afin d'y déceler un quelconque indice. Les barres métalliques qui transperçaient ses oreilles, son nez et ses lèvres lui donnaient un air étrange, mais plus-que-tout c'étaient ses yeux gris aux pupilles uniques qui contribuaient à le rendre si inquiétant. Naomi, qui d'ordinaire excellait dans l'art de deviner les pensées des hommes, ne parvenait pas à lire dans ce regard impénétrable et comme dénué de toute émotion. Son obstination à garder le silence accentua le malaise de la jeune femme.

- Pain-san ? insista-t-elle.

- Votre arrivée ici a coïncidé avec une amélioration notable des résultats de nos équipes en mission, déclara-t-il de sa voix grave. J'aimerais comprendre.

- Ah ! répondit-elle avec un franche soulagement. Ce n'est que ça… Vous auriez dû le dire tout de suite, votre air grave m'a effrayée… Entrez, je vous en prie.

Elle s'effaça humblement pour le laisser passer. Pain hésita un instant, puis il entra dans le pavillon. Elle lui emboîta le pas et referma les écrans derrière elle.

- Du saké ?

- Un verre, seulement.

Elle le pria de s'asseoir et sortit une bouteille du récipient remplie d'eau bouillante. Prenant place face à lui, elle le servit et attendit qu'il fasse de même avec elle. Une fois qu'il se fut exécuté, ils burent tous les deux d'un même geste. Naomi le resservit, et il ne fit pas mine de protester.

- Comment se fait-il que vous ne m'ayez jamais rendu visite auparavant ? s'enquit-elle poliment.

Elle profita qu'il était occupé à vider son verre pour le dévisager un peu plus: en réalité il ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'elle, bien que son visage à l'expression si austère laissait à penser autrement. Pain prit son temps pour reposer son verre. Inspirant légèrement, il baissa les yeux sur le parquet d'un air pensif.

- Je n'ai pas l'esprit à ce genre de choses. Pour tout vous dire, je ne suis même pas sûr d'en avoir vraiment envie.

- Est-ce l'ennui qui vous a mené jusqu'à moi ? Ou la curiosité, peut-être…

- La curiosité ? répéta-t-il, une nuance dubitative dans la voix.

- Tout à l'heure, vous me disiez ne pas comprendre l'effet positif que j'avais sur vos hommes… Cela me laisse deux possibilités d'interprétation: soit vous vous êtes entiché d'une femme peu adroite dans ce domaine, et ce depuis de très longues années, soit… soit vous n'y avez jamais vraiment goûté.

- Vous avez l'air bien sûre de vous…

- Les hommes comblés se reconnaissent de loin, et je suis persuadée que vous n'en faîtes pas partie.

Pain la fixa pendant un instant. Il se pencha sur le bac d'eau chaude et se saisit d'une autre bouteille de saké. Le verre de Naomi à nouveau rempli, il patienta le temps qu'elle le serve. Comme elle attendait qu'il reprenne la parole, il brisa finalement le silence qui s'était installé.

- Vous n'avez pas l'air perturbée, constata-t-il en portant le verre à ses lèvres.

- Par quoi devrais-je l'être ?

- Par le fait qu'un homme accorde si peu d'importance à ce sur quoi vous avez bâti votre vie, expliqua-t-il en reposant son verre. Ce doit être plutôt inhabituel pour une femme telle que vous.

- Ne vous méprenez pas; je ne fais pas que satisfaire le besoin animal des hommes qui louent mes services. Certains d'entre eux… certains d'entre eux attendent bien plus de moi.

- C'est-à-dire ?

- Il y a des hommes qui sont convaincus que le bonheur s'achète: ils pensent que je pourrais leur apporter la paix dont la solitude et la douleur les privent. En un sens, je suis en mesure de les rendre heureux, toutefois…

- Toutefois ?

- Ce n'est jamais que poudre aux yeux, car pour offrir le bien-être, ne faut-il pas d'abord être heureux soi-même ?… Je suis bien incapable de soigner les cœurs malades, pour autant je me force à essayer car j'ai appris que chaque âme abritait son lot se souffrances. Qui sait… peut-être les dieux ont-ils créé les prostituées pour ceux que le bonheur fuit le jour…

- Le bonheur… lâcha Pain en secouant légèrement la tête. Je trouve ce mot d'une telle abomination… Il nous éloigne tant et si bien de la réalité du monde que seuls ceux qui ne peuvent le posséder en connaissent le véritable sens.

- Vos paroles sont si dures… murmura-t-elle en le dévisageant d'un air triste. Ne culpabilisez pas de rechercher le bonheur, Pain-san, c'est quelque chose de natur…

- Je refuse de le connaître.

Ils se fixèrent un court instant dans le silence. Tous les bruits du jardin parvenaient jusqu'à l'intérieur de la villa, de la brise tiède qui fuyait entre les branches des arbres aux oiseaux qui saluaient les dernières lueurs du jour disparaissant.

- De toute façon je doute sincèrement que vous puissiez jamais rencontrer le bonheur, reprit-elle avec calme. Si vous le fuyez, c'est que vous êtes d'ors et déjà perdu… Il faudrait un miracle pour vous faire échapper de votre esprit si sombre, par ailleurs il vous faudrait déjà en éprouver le souhait.

- Je ne suis pas fait pour vivre sans la douleur.

- Je crois que je peux comprendre… La violence de certaines souffrances est parfois telle qu'elles se gravent à jamais dans nos cœurs, et vouloir s'en séparer ou vivre sans revient à tenter de s'arracher une partie de son être… Nous ne pouvons pas y parvenir, seule la mort peut nous libérer de ce genre de cicatrices.

- Si la délivrance leur est interdite, que recherchent tous ces hommes qui ont besoin de vous?

- Allez savoir… une minute d'oubli; un plaisir réel, même s'il n'est qu'éphémère; une personne sur laquelle décharger le fardeau des souffrances latentes; un peu de reconnaissance… Tout l'inverse de ce que leur offre leur vie misérable, en somme.

- Votre discours pessimiste glacerait le sang des plus endurcis… j'imagine que vous devez avoir de l'expérience dans ce domaine.

- Cela signifierait-il que vous consentez à me faire confiance ?

- Tout cela n'engage à rien, n'est-ce pas… souffla-t-il en fermant les yeux.

Il ne s'agissait pas d'une question, et Naomi sourit.

- Encore du saké ?

- Non, merci.

Elle ramassa les deux verres ainsi que les bouteilles vides et se releva. Pain n'avait pas bougé tandis qu'elle revenait de sa cuisine. Son visage résolument tourné vers le sol, le second de l'Akatsuki semblait en proie à un profond malaise intérieur. Désemparée face à tant de fébrilité, elle tortilla ses doigts avec nervosité.

- Pain-san… lança-t-elle à voix basse, si cela vous embarrasse tellement, je ne voudrais pas…

- J'ignore si ma condition me permet de goûter au plaisir…

Naomi fronça les sourcils; la gêne laissa place à l'irritation. Il était révoltant que certains eussent à composer avec des esprits ainsi tourmentés, et elle aimait à se persuader que passer un moment avec elle leur offrait un instant de répit. De gré ou de force elle le ferait s'évader, quand bien même cela ne devait durer que quelques minutes.

La jeune femme s'approcha d'un pas lent et déterminé, puis vint s'agenouiller face à lui. Il ne réagit que lorsque leurs genoux se frôlèrent. Alors qu'il relevait la tête, elle posa la main sur sa joue en la caressant avec douceur. Le toucher glacé de sa peau la déconcerta un instant; apparemment il était aussi froid à l'intérieur qu'à l'extérieur.

- Ne vous posez pas trop de questions, murmura-t-elle en souriant légèrement, laissez-vous faire, rien qu'une seule fois.

Pain haussa les sourcils et sa bouche s'entrouvrit légèrement sous l'effet de la surprise; ses mots étaient-ils parvenu à le convaincre ? Qu'importait, elle sentait qu'il ne tenterait rien pour l'empêcher de faire ce qu'elle avait à faire. La jeune femme se traîna sur ses genoux et vint s'asseoir derrière lui.

[Musique: Precious, Depeche Mode]

Plaçant doucement ses mains au creux de ses épaules, elle approcha son visage de sa nuque. Les paupières closes, Naomi respira son odeur et déposa les lèvres sur sa peau. Un frisson la parcourut lorsque sa bouche entra en contact avec l'épiderme gelé; elle cola instinctivement son corps contre le sien comme pour le réchauffer.

Precious and fragile things
Need special handling.
My God what have we done to you ?

Les muscles raides, Pain demeurait immobile entre ses bras. À trois kilomètres de là, réfugié dans la chaumière isolée qu'il habitait depuis que l'organisation s'était installée dans le temple abandonné, Nagato ressentit la chaleur de la prostituée envelopper son corps frêle et altéré. Il lui semblait pouvoir sentir les lèvres douces et si vivantes contre sa peau. Cette volupté… il l'avait connu une fois avec Konan, mais la beauté de ce souvenir appartenait à un passé définitivement révolu. C'était une sensation si agréable… Nagato poussa un soupir: il espérait que Yahiko lui pardonnerait son écart -il ne s'agissait que d'un abandon passager, et aussitôt que la fille aurait achevé son travail, ses pensées retourneraient toutes entières à son ami perdu et à l'œuvre qu'il était en train d'accomplir pour tous ceux qu'il pleurait.

Pain ferma les yeux, et Naomi sentit son corps se détendre sous les caresses. D'une main elle passait ses doigts dans les cheveux roux; de l'autre elle enlaçait son ventre sans cesser d'embrasser son cou. Sous son haut noir elle sentait des excroissances plus dures et froides que la pierre; la jeune femme s'interrogea sur les raisons qui le poussaient à s'infliger un tel traitement.

We always try to share
The tenderest of care.
Now look what we have put you through...

Il se laissa docilement faire alors les mains de Naomi se saisirent du bas de son tee-shirt. Elle le retira avec lenteur de son torse et de ses bras qu'il avait levé pour lui faciliter la tâche, puis le posa doucement à côté des nattes. Il continuait à lui tourner le dos, toutefois elle ne voulait en aucun cas le brusquer. Posant ses deux mains à plat sur les omoplates dénudées, elle se pencha en avant et frôla de ses lèvres la colonne vertébrale un peu saillante. Il frémit à ce contact; cela l'encouragea à poursuivre ses baisers. Tandis que sa bouche descendait centimètre par centimètre le long de son échine, elle sentit son souffle s'accélérer subrepticement. Il s'agissait d'un bon début.

Naomi se redressa et entreprit de le contourner. Elle se retrouva face à lui et plongea son regard dans le sien. Pareil à une statue de marbre, il se contenta de la regarder lorsqu'elle posa une main sur chacun de ses genoux et le força à écarter un peu les jambes pour se rapprocher d'avantage de lui. Loin d'abandonner le combat, elle enlaça sa taille nue et commença à baiser doucement la base de son cou. Pain déglutit, mais ne prit aucune initiative. Les lèvres de Naomi, plus légères que des gouttes de pluie, cheminaient sur sa peau en suivant les reliefs de sa pomme d'Adam et de sa jugulaire. Elles parvinrent à sa mâchoire mais ne paraissaient aucunement décidées à y interrompre leur flânerie.

Alors que leurs lèvres se frôlèrent, il ne fut plus capable de respirer. Fermant les yeux, il sentit le souffle de la jeune femme effleurer sa bouche entrouverte. Les secondes avaient cessé de s'écouler, et il lui parut sentir les battements de son cœur à travers sa poitrine. Naomi n'entendait pas le forcer; lui seul devait décider de la tournure que prendraient les événements. Ils demeurèrent ainsi de longs instants, leur bouche se frôlant sans jamais se toucher vraiment, comme suspendus au-dessus d'un vide qui les appelait alors qu'ils tentaient de s'envoler. Finalement, les lèvres de Pain se refermèrent doucement sur celles de Naomi.

Angels with silver wings
Shouldn't know suffering.
I wish I could take the pain for you…

Du bout de la langue elle les chatouilla sans précipitation, soucieuse de ne pas l'apeurer. Sa respiration se fit un peu plus difficile tandis qu'il se laissait guider dans la douceur de leur échange. Enfin, la bouche de Pain s'entrouvrit d'avantage et sa langue rencontra celle de la jeune femme. C'était un délicieux plongeon, il ne pouvait le nier… Une vague de bien-être se répandit dans son corps, et il souhaita que ce courant l'emporte.

Suivant son instinct, il posa les mains sur les épaules de Naomi afin de la posséder un peu plus. Ses doigts se faufilèrent sous le tissu de son kimono; la douceur et la tiédeur de sa peau étaient enivrantes, et il se plaisait à l'effleurer. Repoussant le vêtement fin, il découvrit les épaules et la poitrine menue de la jeune femme. Sa bouche s'écarta de la sienne, et il baissa les yeux sur ce corps aux formes délicates et fragiles.

Naomi passa une main derrière sa tête et le força lentement mais sûrement à se rapprocher d'elle. Il embrassa son cou, ses épaules, ses salières, et effleura des lèvres la naissance de ses seins. Alors que sa bouche se déposait furtivement sur l'un de ses tétons, la jeune femme caressa ses côtes. La descente que ses doigts entamèrent le long de son ventre lui paraissait d'une lenteur insupportable. Son souffle perdait en régularité, et il mordilla le petit bout de chair.

If God has a master plan
That only He understands
I hope it's your eyes He's seeing through...

Naomi dénoua la ceinture de son pantalon d'un geste assuré. Pain la fit basculer sur le dos puis plaqua son torse nu contre sa poitrine, leur bouche s'unissant de nouveau mais d'une manière autrement plus intense. Sa main tremblait un peu, mais il parvint à se débarrasser de son pantalon une jambe après l'autre. La culpabilité qui avait jusque là persisté laissa place à l'appel de l'abandon; le leitmotiv se briserait l'espace d'un souffle, mais n'en reviendrait que plus puissant juste après. L'agréable chaleur consumait déjà son corps; elle lui semblait moins parfaite que lors de cette fameuse nuit passée avec Konan, mais pour autant il ne comptait pas la laisser s'éteindre.

Les bras de Naomi entouraient ses épaules moites, et les pans du kimono s'ouvrirent complètement sous ses mouvements et ses caresses toujours plus sensuels. Alors qu'il ne cessait de l'embrasser, la jeune femme sentait le désir croissant de son client contre son ventre. Elle-même commençait à se laisser envahir par cette sensation singulière tout en sachant pertinemment qu'elle ne serait pas comblée ce soir-là. Tandis que ses jambes s'écartèrent d'avantage afin d'accroître la proximité de leur corps, elle laissa sa main droite se diriger vers le bas-ventre de son partenaire. Les soupirs de ce dernier se firent plus profonds et plus bruyants alors qu'elle toucha du bout des doigts son membre tendu par l'excitation.

I pray you learn to trust
Have faith in both of us
And keep room in your heart for two...

Naomi caressa l'érection sur toute sa longueur, et il poussa un râle appréciateur tout en resserrant un peu plus son étreinte autour d'elle. Comme le plaisir qu'il ressentait semblait le couper de la réalité, elle entreprit de le stimuler grâce à des mouvements de va-et-vient lents et intenses. Le corps de Pain se crispait violemment à chaque fois que ses doigts enserraient un peu plus fort sa virilité; il perdait le contrôle de lui-même, et n'y voyait absolument aucun inconvénient. L'envie de s'abandonner complètement dans la jeune femme occultait toutes ses pensées raisonnables; les réticences passées n'importaient plus désormais.

Naomi guida peu à peu l'extrémité de son membre aux portes de sa propre intimité; il n'avait pas fait preuve d'une affection débordante, mais ses caresses incessantes et un peu maladroites étaient tout de même parvenu à éveiller le désir de la jeune femme. Pain la pénétra d'un coup de reins, et ils poussèrent un soupir à l'unisson. Sa féminité l'enserrait si étroitement et avec une telle ardeur qu'il sentit son être prendre littéralement feu. Il roula encore une fois des hanches, et l'incendie embrasa tout son corps. Le monde était un cauchemar éveillé, et il avait oublié à quel point s'en échapper était agréable.

Entamant des va-et-vient lascifs en elle, la sensation du plaisir l'étourdissait et il se sentait bien incapable d'interrompre ses mouvements. Sous son corps tendu et moite, Naomi éleva son bassin de quelques centimètres afin d'accroître les sensations de son client comme les siennes. Il poussa une plainte un peu plus profonde que les autres et sa pénétration gagna en intensité; impatient d'atteindre le sommet du bien-être, il envisageait déjà avec une angoisse infinie le moment où il devrait en redescendre… Pour rien au monde il ne voulait renouer avec toutes les meurtrissures qui avait mutilé son existence.

Things get damaged, things get broken…
I thought we'd manage but words left unspoken…

Des vagues de plaisir le submergeaient, toujours plus violentes. La cadence de ses coups de hanche augmentait progressivement tandis qu'il essayait de se perdre à chaque fois un peu plus profondément en elle. Naomi le sentait; elle l'avait presque mené jusqu'à la libération -peu importait qu'elle ne partage pas avec lui ce moment d'extase. Le long de son dos elle fit glisser l'une de ses mains et appuya de toutes ses forces contre ses fesses afin de le sentir plus proche d'elle. Quelques secondes d'échange plus tard, il jouissait.

Dans les bras de Naomi son corps se raidit violemment. Il se cambra brutalement tout en s'abandonnant complètement à l'orgasme qu'elle lui offrait. Le liquide tiède ruissela dans l'intimité de la jeune femme; désormais elle avait la preuve qu'il n'était pas aussi froid que son apparence laissait à penser. Alors qu'il gémissait près de son oreille et que son torse conversait avec le sien, elle l'encouragea à poursuivre ses mouvements d'allée-et-venue afin de prolonger le flottement.

Pain, cependant, n'avait aucunement l'intention de rompre la sensation pleinement divine qui l'emplissait en cet instant précis. Il se sentait momentanément comblé et heureux, bien plus qu'il ne l'avait été depuis de longues années. Pendant un nombre incalculable de secondes, il ne fit rien d'autre que se mouvoir avec autant de fougue que possible, déterminé lui aussi à plonger au plus profond de l'abysse libérateur.

Left us so brittle,
There was so little left to give…

oooooo

En pénétrant de nouveau dans son salon, Naomi réalisa que Pain n'avait pas encore quitté sa maison. Alors qu'il commençait à se rhabiller avec lenteur, elle se doutait qu'il avait dû longuement cogité une fois seul.

- Tout va bien, Pain-san ?

Il acheva de revêtir son haut avant de répondre.

- Il est à la fois cruel et rassurant qu'une telle félicité ne puisse être que passagère, déclara-t-il finalement en s'immobilisant.

Les yeux dans le vague, son visage avait recouvré l'expression songeuse qu'il arborait d'habitude.

- Je sais pourquoi cela vous rassure… répondit-elle d'une voix douce. J'en déduis que vous avez renoué avec tous vos soucis et toute votre colère…

Il tourna lentement la tête vers elle et la dévisagea d'un air impénétrable.

- Je crois que je comprends mieux les effets positifs de votre présence ici. Vous êtes un luxe… sans l'être totalement.

- Et oui… Il y a des choses dont nous pouvons nous passer mais qui nous manquent quand même.


J'ai jeté un coup d'œil et me suis rendu compte que Pain et Nagato avaient été plutôt laissés sur le carreau côté romance ou lemon… j'ai blasphémé ! XD En espérant que ça leur aura fait plaisir (enfin lui aura fait plaisir)^^

N'oubliez pas que toutes vos impressions, bonnes ou mauvaises, sont les bienvenues… en fait j'y suis carrément accro, alors n'hésitez pas…