CHAPITRE 6 : L'Equilibrium


Cela faisait deux jours que je n'avais pas dormi et je commençais à être sur les rotules. Mais il fallait que je coordonne à nouveau les troupes, celles-ci s'étant étendues et accrues, il fallait trouver un poste à tout le monde. Ce qui n'était pas difficile en soi, il y avait beaucoup à faire, néanmoins cette tâche administrative prenait du temps. Quelle bénédiction toutes ces nouvelles recrues !

L'armée était désormais composée de plus de 2000 sorciers, dont 500 en formation. On devait cela à l'aura de l'Ordonnateur qui attirait de très bons sorciers à la cause, celle de l'équilibre sacré. C'était ce que l'on était, l'armée de l'Equilibrium, une force neutre, dont la seule mission est d'assurer l'équilibre sur Terre entre les forces du bien et du mal.

Deux ans que je servais l'Ordonnateur et j'étais l'un de ses bras droit. Il se déchargeait sur moi de la tâche de former les hommes et femmes au combat. Nous étions au départ que quatre autour de lui, mais nos rangs se sont rapidement gonflés. Nous formions à nous quatre, le conseil de guerre ou également nommé le conseil restreint. Nous dirigions l'armée.

L'Ordonnateur n'était pas une identité, il n'était plus un homme désormais, ni même un sorcier, il était celui qui allait rééquilibrer les forces sur Terre. Il était le seul apte à pouvoir faire cela. Nous ne savions que peu de choses de lui hormis qu'il venait soit d'Angleterre ou des Etats-Unis. Il semblait être un homme d'une quarantaine d'année, la rumeur au sein de nos rangs disaient qu'il avait tout perdu dans cette guerre, femme et enfants et qu'ils étaient sortis de l'ombre afin de réajuster les choses. Il pouvait faire face à la magie de Voldemort. La Terre ne comprenait que très peu de grands sorciers et l'Ordonnateur était l'un d'eux. Le jour où je l'avais rejoint était un matin d'hiver il y avait maintenant deux ans.

J'étais dans une taverne, fuyant les milices qui cherchaient des sangs mêlés, ce que je suis. Mais ils arrivèrent pour une rafle. Je n'eus pas le temps de m'enfuir, j'ai essayé de me défendre, mais ils étaient plus nombreux. Ils me tabassèrent moi et quelques autres. Il me cognèrent la tête contre le table, tout en m'insultant de sang impur et que je ne devrais pas exister, moi une informité de la nature.

Ils violèrent à côté de moi une sorcière. Les trois hommes prisonniers et moi-mêmes avions essayé de nous débattre mais encordés et frappés comme nous étions, nous ne pouvions plus que regarder le sol en priant au temps de s'accélérer ou bien de mourir afin de ne pas finir dans l'un des camps pour usurpateurs. Ce sont des camps que Voldemort a créé pour les gens de sang mêlés. Il considère que nous ne sommes pas de vrais sorciers et que nous avons volé cette identité. Nous sommes envoyés dans ces camps afin d'être réduit en esclavage pour fabriquer les armes du mage noir.

Ils commencèrent à nous embarquer quand un individu entra dans la taverne, visage masqué, capuche rabattue, baguette brandie, ses mains nues étaient parsemées de grosses cicatrices blanches.

- C'est qui ce bouffon ? S'était exclamé l'un des rafleurs.

- Toi, tu vas gentiment ranger ta baguette et nous tendre tes papiers, avait ordonné un autre.

Pendant quelques secondes il ne se passa rien. L'inconnu de bonne carrure ne bougea pas, ni ne répondit. Le silence devenait pesant et on sentait que les rafleurs étaient prêts à attaquer. Quand l'un d'eux lui envoya le sort de la corde. Tranquillement, sans presque bouger sa baguette, l'inconnu lui renvoya avec une force exponentielle le sort. Le rafleur fut encordé et projeté avec fracas contre un mur. Les autres miliciens le regardèrent d'un œil mauvais, tout en levant leur baguette.

- Vous dépassez les bornes, tabasser, violer des personnes, ... dit l'homme d'une voix grave et posée sans être pour autant dénuée de colère.

Il les avait tous tué avec une facilité déconcertante, dix rafleurs en à peine une minute. Nous voulions en savoir plus sur lui.

- Qui êtes-vous ? Vous aussi être traqué à cause de votre sang ? Demanda un homme d'une quarantaine d'année, les cheveux grisonnants, tout en s'essuyant le sang sur son arcade.

L'homme encapuchonné sembla nous considérer gravement avant de répondre.

- Non, je suis celui qui va arrêter tout ce bordel, dit-il d'une voix abrupt.

Un homme près de la soixantaine fronça les sourcils, il semblait épuiser, la femme qui s'était fait violer le regardait méfiante.

- Ha oui ? Car vous avez le pouvoir d'arrêter ce charognard ? Vous avez une arme de destruction massive sur vous ? Demanda-t-elle sèchement, presqu'hautaine. Écoutez, je vous remercie de nous avoir sortie d'une mauvaise passe, mais s'il y avait des héros et des façons de s'en sortir, on le saurait.

Il croisa les bras sur sa poitrine, j'aurais juré qu'il souriait sous son écharpe blanche. C'est là que je remarqua son immense épée à son ceinturon comme les chevaliers d'une autre époque. Je me demandais comment je n'avais pu la voir auparavant, elle était massive. Mais d'un autre côté, le coup que j'avais reçu sur la tête m'avait quelque peu assommé. L'épée était également magnifique, d'un argent brillant et éclatant, gravée de multiples signes ou hiéroglyphes étonnants, qui semblaient si anciens, qu'ils ne semblaient pouvoir être décryptés. Je m'y connaissais en épées et armes blanches de façon générale, mais je n'avais jamais rien vu de tel, elle semblait très ancienne.

- Cette épée, dis-je perplexe. Elle vient d'où ?

Il se tourna vers moi et me considéra un long moment.

- D'une contrée lointaine, d'Amérique du Sud pour être précis. Aussi vieille que l'Homme et la magie qui coule dans nos veines. Et effectivement, elle n'est pas une arme comme une autre, dit-il comme s'il avait lu dans mon esprit. Elle permet de canaliser une très vieille magie, plus dangereuse que tout ce que vous connaissez.

- Quelle magie ? Interrogea l'homme d'une soixantaine d'année.

- Victor Tuiler, dit-il comme pour le saluer.

Je me retournais abruptement vers l'intéressé. Je ne l'avais pas reconnu avec sa barbe de plusieurs jours et ses cheveux qui avaient poussé et partait dans tous les sens. Le doyen de l'Université magique française, une sommité dans le monde de la magie, aussi connu que pouvait l'être Dumbledore, respecté et aimé. Il avait disparu peu après le début de la guerre, alors que sa famille avait été décimé par Voldemort lui-même, souhaitant anéantir tous ces ennemis principaux.

- Monsieur Tuiler, dit la femme en français en lui tendant sa main. Je suis désolée je ne vous avais pas reconnu. Isabelle Palin, conservatrice à la bibliothèque française de magie, nous nous étions déjà rencontré lors d'un colloque, il y a si longtemps de cela maintenant.

Je compris plus ou moins ce qu'elle disait, ayant appris le français à l'école,. Je suis espagnol et je parle plutôt bien l'anglais.

Le doyen lui serra la main.

- Ho oui, oui, dit-il un peu confus. Pardonnez-moi Madame Palin, effectivement nous nous sommes déjà rencontré dans une autre vie.

Il semblait éteint, à mille lieux de vouloir se souvenir du passé. La femme s'en rendit compte et n'insista pas. L'autre homme et moi-même le regardait impressionné, comme si nous voyons un revenant.

Mais l'homme masqué se mit en branle et d'un mouvement nonchalant de la main fit disparaître les corps des rafleurs avant de saisir sa baguette pour créer des sorts de protection autour de l'auberge. J'étais éberlué, peu pouvaient faire disparaître des corps ainsi sans l'aide d'une baguette.

- On peut savoir ce que vous foutez ? S'énerva Palin.

Cette femme ne semblait aucunement avoir subi un viol quelques minutes auparavant.

- La nuit tombe et ce pays est gangrené de collabo, si vous voulez vous en sortir un minimum, il faut faudra du repos avant de repartir, expliqua l'homme tout en continuant à créer des sorts puissants autour de la demeure. Et puis, rajouta-t-il, j'aurais besoin de vos lumières puisque vous êtes une conservatrice afin de m'aider de finir à décrypter ceci.

Alors apparut juste devant elle un vieux parchemin enroulé, qui semblait devoir se désintégrer si nous y touchions par inadvertance. La femme ouvrit la bouche, surprise, et observa le parchemin avec vénération comme si elle le reconnaissait. Victor Tuiler sortit également de son apathie, un érudit restait un érudit après tout.

- Et vous aussi Monsieur Tuiler.

- Qu'est-ce donc ? Demandant l'homme aux cheveux grisonnants se rapprochant du parchemin flottant.

L'homme cessa donc ses mouvements et vint se remettre devant nous. D'un coup de baguette, il ouvrit le parchemin qui fit un bruit de craquement épouvantable. Comment se faisait-il qu'il ne tombe pas en miette sur le sol ?

- Le Traité de l'Itmake.

La femme se secoua la tête comme si elle n'en croyait pas ses oreilles. Victor Tuiler s'approcha davantage pour vérifier par lui-même. Seul l'homme aux cheveux grisonnants et moi-même ne semblaient pas savoir de quoi il s'agissait.

- Mais c'est une légende, dit Palin dans un chuchotement.

Après observation, Tuiler regarda gravement l'homme et son épée et sembla se fermer dans une profonde réflexion.

- Qu'est-ce donc que ce traité ? Demandais-je à mon tour.

- D'après la légende, expliqua Palin d'un ton universitaire, il s'agit d'un traité des peuples premiers de la Terre. Ils avaient connu des mages noirs déjà à leur époque, mais ils ne les nommaient pas ainsi. Des cataclysmes gigantesques avaient presque anéanti la population humaine. Alors, pour préserver l'unité, l'équilibre et la paix, une grande congrégation s'était réunie et avait mis en place des protocoles magiques afin de protéger l'Humanité. Ils auraient apparemment amoindri la magie chez les Hommes et c'est ainsi que sont apparus les moldus.

- A la base tous les humains seraient des sorciers ? Interrogea l'homme aux cheveux grisonnants.

- Oui, monsieur. Enfin, c'est ce que dit la légende. Légende car ce traité était introuvable.

- Perdu, reprit l'homme masqué. Je l'ai trouvé en même temps que cette épée. Il est évident que Voldemort a plus de pouvoirs que quiconque dans l'histoire de l'Humanité. Peut-être parce que ce traité et les protocoles mis en place sont si vieux qu'ils maintiennent moins bien l'énergie magique. L'Equilibre recherché est en train de se rompre, de toute évidence.

Nous le regardions tous gravement, personne ne pouvait le contredire sur ce point et nous imaginions sans mal l'avenir de l'Humanité et à terme de la Terre.

- Je suis parvenue à le traduire en parti, mais je ne suis pas un érudit, continua-t-il. Votre aide Madame et vous aussi Monsieur Tuiler me serait d'un grand secours.

- Un secours pour quoi ? Demandais-je. Que voulez faire avec ce morceau de papier, cette épée et cette légende, même si elle se révèle vraie ?

Il se tourna vers moi et j'aurais juré encore qu'il souriait mais de façon plus sadique.

- Le traité parle d'une armée, une armée à mettre en place si l'Equilibre de la magie se retrouvait compromis.

- Et donc vous voulez monter cette armée ? Demanda le second homme d'un air circonspect mais néanmoins respectueux.

Je ne vois que peu d'autres solutions.

- C'est de l'Aratmite, dit la femme qui étudiait avec minutie les inscriptions. Et vous avez réussi à traduire en parti ce parchemin ? Alors que vous vous dîtes non érudit ?

- Un homme m'a déjà aidé dans le passé.

Tuiler et Palin le considérait gravement.

- Il est mort, attaqué à Londres, malheureusement, siffla-t-il entre ses dents. Et j'ai volé ça.

Il fit apparaître dans les airs deux gros livres poussiéreux et également en mauvais état. Palin se pencha sur eux et les prit dans ses bras.

- Vous rigolez ? Vous les avez volé à ma bibliothèque ?

- Ils sont mieux sous ma coupe que sous celle de Voldemort, s'expliqua-t-il.

- Certes, dit-elle dans un mouvement de sourcil mais elle semblait de mauvaise humeur qu'un héritage aussi précieux finissent entre les mains de qui veut en ces temps de guerre.

Elle passa la soirée avec Victor Tuiler à étudier le parchemin sur une table de l'auberge. L'homme masqué était assis dans un coin les regardant travailler, ombre menaçante plus que jamais. Il n'inspirait que force et brutalité. J'en profitais pour faire connaissance avec l'autre homme, il s'appelait John Larry, un écossais qui avait été un fabriquant de baguette dans son pays. Je lui expliquais mes origines et qu'avant toute cette guerre, je finissais à peine mes études, voulant devenir auror ayant toutes les capacités pour. Ce n'est que grâce à ces capacités que j'avais pu m'en sortir pratiquement sans embûches dans cette guerre. Ma mère et ma sœur était repartie en Amérique du Sud dans une branche éloignée de notre famille. Je n'avais pu partir, cela me semblait invraisemblable de ne rien faire. Alors, j'avais fait cavalier seul durant la première année, arrivant à délivrer quelques personnes des camps. Puis j'avais rejoint un groupe de mercenaires parce que je n'arrivais plus à me nourrir convenablement. Nos missions étaient pour la plupart de sortir des prisonniers des camps, de tuer des mangemorts dans des périples périlleux. Puis, suite à une bataille compliquée en Allemagne, la plupart avaient péri, nous avions pris chacun notre route avant que je finisse ici en Autriche. Pris comme un rat comme un abruti. L'homme encapuchonné nous avait sauvé et je lui revaudrais ça. J'avais un sens de l'honneur aigu.

Le lendemain, j'avais monté la garde, bien que les sorts de protection étaient très efficaces, mais j'étais trop nerveux par tous ces événements pour dormir. Palin qui avait passé sa nuit sur le traité et s'était endormie sur l'un des gros volumes qui étaient en fait des livres de traduction de l'Aritmite, se recoiffa, se leva et alla droit vers l'homme mystérieux.

- Montons cette armée, dit-elle déterminée en lui tendant la main.

Il se leva alors lentement, bien plus grand qu'elle, il semblait l'engloutir de son ombre pourtant elle ne semblait nullement décontenancée. Elle avait une force de caractère hors norme. Il lui tendit à son tour sa main balafrée.

C'est ainsi qu'avait commencé l'armée. Palin avait alors expliqué ce qu'elle avait trouvé dans le parchemin, c'est-à-dire la façon de contrôler au mieux la magie. L'homme nous demanda à Tuiler, John et moi-même si nous étions intéressés.

- Vous êtes un grand combattant, vous me serez indispensable, m'avait-il expliqué.

- Qu'en savez-vous ? Demandais-je méfiant. Je n'ai pas été très bon hier avant votre arrivée.

- Je lis facilement dans les gens. Pardonnez mes intrusions intempestives dans vos âmes, mais c'est ma façon de juger une personne, rajouta-t-il à l'attention de tous. Alors Pablo Altar seriez-vous prêts à m'aider dans cette dangereuse entreprise ? Je n'aurais pas de trop d'un des meilleurs mercenaires de ces dernières années. Et pour ce qui est d'hier, vous n'avez pas eu de chances c'est tout.

Il m'impressionnait. Cela avait fini de me convaincre. J'avais répondu à l'affirmative, il en allait de la survie de notre espèce. Après tout, je ne m'étais pas caché de la guerre afin de pouvoir agir contre l'ennemi et ce jour semblait enfin arriver. Je lui tendis la main tout en lui rajoutant :

- Évitez de faire ça à l'avenir.

- Je ferai de mon mieux, dit-il en serrant la mienne.

Je compris le sens de sa phrase que des mois plus tard. Il semblait avoir des difficultés à contenir son pouvoir d'occlumentie. Il était déjà arrivé qu'il nous somme d'arrêter de penser si bruyamment.

- Et vous John Larry un fabriquant de baguette, demande des connaissances immenses en magie. C'est très pointu. Au vue de la magie que l'armée va utiliser, vous seriez très utiles.

John acquiesça également. Seul Victor Tuiler semblait réfléchir derrière ses pupilles éteintes. Cet homme n'était plus que l'ombre de lui-même. Ne répondant pas, l'Ordonnateur, c'est ainsi qu'on l'avait nommé, avança vers lui et s'assit à ses côtés.

- Ce n'est pas un hasard que vous nous ayez retrouvé Palin et moi, n'est-ce pas ? Lui demanda le doyen.

Après un long silence, il répondit :

- Je vous cherchais M. Tuiler effectivement. Juste vous. Palin fut un heureux hasard ainsi qu'Altar et Larry.

Ils semblaient s'opérer une discussion silencieuse entre les deux hommes. Au bout de plusieurs minutes, Tuiler rentrait également dans l'armée.

Peu après, nous répandîmes la nouvelle. Nous cherchions des gens pour mener à bien ce combat. Des personnes se virent vite intéressées par ce nouvel ordre. Il s'agissait de contrer le chaos ambiant sur cette planète.

Isabelle Palin faisant évidemment partie du conseil de guerre, et était également le professeur de l'armée, ainsi que la responsable de nos renseignements généraux.

J'étais des cinq le plus prédisposé au combat, évidemment. Par conséquent, avec l'Ordonnateur nous avons créé un entraînement intensif pour chaque recrue, afin que l'armée devienne invincible ou presque. L'entraînement consiste à canaliser la magie de chacun afin qu'elle ressorte plus forte et de façon plus concentrée, donc bien plus dangereuse. Procédé expliqué par le traité justement. Après tout, les premiers hommes étaient les plus renseignés sur la magie que nous utilisons naturellement. Ces techniques tribales rendirent notre magie personnelle bien plus forte.

L'Ordonnateur avait déjà appris lui-même à canaliser sa magie déjà puissante pour qu'elle devienne précise et quasiment indestructible.

Les premiers mois, très peu savaient que nous existions, mais très vite l'efficacité de notre entraînement firent de nous l'armée la plus puissante qu'un sorcier n'ait jamais levé. Au bout d'une année, Voldemort prit connaissance de nous et commença à s'en inquiéter. Mais nous trouvâmes un endroit au milieu d'une forêt roumaine, dans un vieux château où établir notre armée.

Grâce aux dons que chaque soldat avait développé, nous firent la plus puissante protection jamais faite, autour du château et jamais un ennemi qu'il soit bon ou mauvais, n'a pu pénétrer nos murs. Il s'agit bien de comprendre, qu'au nom du bien, des personnes mettent dans un péril extrême l'Equilibre, nous sommes prêt à vaincre cette personne comme nous sommes prêt à vaincre Voldemort. Mais ce jour n'est pas encore venu.

Il y a six mois, Voldemort a tenté une attaque contre notre château à l'aide de ses foudres vertes, mais en vain. Les attaques ont duré quinze jours. Depuis cet événement est appelé La quinzaine verte, mais jamais la protection n'a faibli. Cela a attiré nombre de recrues qui ne savaient pas que notre armée existait. Je n'ai jamais connu d'homme plus dévoué que l'Ordonnateur, il a consacré sa vie ces dernières années, depuis l'hécatombe à l'Equilibre. Il a fait l'impossible, faire renaître de ses cendres, quelque chose de fondamental que tout le monde a oublié. Il est un homme sage, malgré sa brutalité apparente, qui prend toujours les bonnes décisions et lorsqu'il n'est pas sûr il nous consulte.

Après cette longue nuit de travail, je dois le rejoindre dans la salle de guerre avec les trois autres membres du conseil, dont John et Victor. Il aurait apparemment trouvé comment protéger l'Equilibre. Ce qui n'est pas évident.

En effet, l'Equilibre n'est pas un simple concept. A l'époque de ce traité, les peuples premiers auraient mis en boîte les forces qui pouvaient mettre en péril le Monde, après des années de captation et de magie intense. Cette magie partagée entre tous les hommes. Désormais, cette magie était entreposé dans un objet. Cet objet avait disparu, caché avec soin. Il serait réapparu il y a une vingtaine d'année et aurait été absorbé par une personne vivante. La retrouver signifie protéger l'Equilibre soit en protégeant la personne visée soit en tuant la personne si elle a de mauvaises intentions. D'après l'Ordonnateur, cet humain n'a pas de mauvaises intentions, sinon on aurait déjà entendu parler de lui.

Je rentrais dans ma cellule afin de me passer de l'eau sur le visage, me rafraîchir avant une réunion particulièrement importante. J'aurais préféré avoir quelques heures de sommeil à mon actif afin de mieux réfléchir mais je devais faire avec. Je serrais un peu plus mon ceinturon contenant ma baguette magique mais également deux poignards et me dirigeais vers la salle de guerre. Lorsque j'arrivais mes trois autres compagnons étaient attablés.

- Bien le bonjour à toi, sergent Altar, me salua John.

- Pas de ça entre nous, le sermonnais-je gentiment.

Je remarquais que Victor avait la mine basse et regardais son parchemin avec un air contrarié.

- Un problème ? M'enquiais-je.

Il se retourna vers moi comme s'il ne m'avait pas remarqué auparavant. Il était l'être avec la plus grande humanité que je n'avais jamais connu.

- Hey Pablo, me dit-il dans son accent français à couper au couteau. Non, je suis juste impatient de savoir ce que l'Ordonnateur a prévu afin de mieux m'organiser.

Victor Tuiler était l'homme du conseil chargé de la stratégie, il passait beaucoup avec l'Ordonnateur afin de planifier au mieux les futures batailles qu'allaient livré l'armée de l'Equilibrium. Pour l'instant, à part quelques interventions sur personnes isolées, nous n'avions pas encore tester notre armée sur combat réel.

La quinzaine verte n'avait été qu'un rôle défensif de notre part, je dirais même préventif. Nous n'avions pas combattu. Mais nous étions sûr de nos forces, jamais un bouclier n'avait résister jusqu'à présent à Voldemort et sa baguette de sureau.

L'armée de l'Equilibrium ne pouvait que gagner, la survie de la Terre et de l'Humanité en dépendait. Perdre n'était dans aucune option.

J'observais silencieusement Victor. La guerre avait laissé des stigmates chez cet homme que j'apprécie au plus haut point. Il est éteint, semble toujours attendre quelque chose mais fait parti des plus dévoué à notre cause. Parfois je me demande s'il ne se serait pas suicidé ou se laissé tuer par l'ennemi s'il n'avait jamais rencontré l'Ordonnateur. Seule l'armée le maintenait en vie et il n'avait plus que cela.

Sa femme et ses trois filles avait été tué par la main même de Voldemort quelques temps après la mort de Dumbledore en Angleterre. Le mage noir avait voulu éliminer les grandes figures de ce Monde afin d'effrayer les population et avoir main mise sur eux. Dumbledore était très puissant, le seul à pouvoir lui faire face. Victor était un sorcier brillant, le meilleur en sortilège sur cette planète mais n'a pas cette puissance que possédait son homologue anglais. Le doyen n'était pas chez lui lorsque les meurtres se sont produits. Je n'imagine même pas comment devait-il être lorsqu'il a découvert les corps de sa famille sur le sol de sa maison. Il n'a jamais raconté son périple depuis ce jour là.

J'adore par dessus tout, nos discussions philosophiques qui arrivent toujours à atteindre un niveau d'abstraction que j'ai rarement entendu. Il est le seul que je connaisse qui arrive à avoir du recul sur ce qu'il se passe dans le monde en ce moment, c'est pour cela qu'il est un excellent tacticien. Le temps de la réflexion, il parvient à laisser de côté tous les affects afin d'arriver aux fins de l'armée de l'Equilibrium.

Mais rien n'arrive à rallumer la lumière dans ses yeux, parfois je me l'imagine avant la guerre, et j'imagine l'homme joyeux, fin et brillant qu'il était. Je ne pus continuer ma réflexion lorsque l'Ordonnateur entra à son tour dans la pièce ronde.

Il marchait d'un pas ni rapide ni lent, mais avec une agilité et une assurance remarquable. Nous nous levâmes pour le saluer. Il portait toujours cette tenue grise, cette vieille tenue que portait les chefs des armées magiques quelques siècles plus tôt, un pantalon sur lequel tombe une robe de sorcier courte arrivant à peine au genou. Son ceinturon de couleur noir contenait sa baguette, ainsi que son immense épée d'une autre époque. Il y avait également, une petite gourde, une petite bourse en cuir et un poignard. Le même que celui que je possédais. C'était le poignard de l'Equilibrium que chaque recrue recevait lors de son entrée dans l'armée. C'était un poignard fait d'un alliage spécial, verrouillé par de puissants sortilèges crée par Victor et John et qui captait les énergies neutres de la Terre.

L'Ordonnateur s'installa dans l'unique siège libre en face de la cheminée condamnée. Il portait toujours son foulard blanc recouvrant la moitié basse de son visage. Ses yeux étaient cachés par la pénombre de sa longue capuche. Il joignit ses mains sur la table en bois massif, mains qui arboraient de longues et grosses cicatrices.

- Bonjour à vous tous.

Sa voix était grave mais ne laissait rien transparaître, elle semblait la plus neutre du monde, mais aussi la plus cinglante et glaciale. Nous nous rassîmes.

- J'ai pris le temps de réfléchir, j'ai considéré toutes vos remarques pertinentes, j'ai retourné dans tous les sens les infos que je possédais, minces, je vous le concède et je suis parvenue à un plan pour retrouver la personne détenant l'Ultem. Nous savons aujourd'hui que cette personne est une femme, se nommant Azèle Keller. Sergent Palin, je vous laisse nous faire part du rapport concernant l'enquête de cette femme.

Isabelle était une femme de la quarantaine, une très belle femme. Elle portait toujours ses cheveux roux dans un chignon strict, elle avait la maturité sur son visage que lui donnait son âge mais malgré cela le temps ne semblait pas avoir de prise sur elle. Elle avait le visage dur mais aussi portait cet air que porte tous les érudits. Ses yeux bleus se baissèrent sur sa feuille avant de nous regarder tous.

- Azèle Keller était, lorsque la guerre s'est déclarée élève en sixième année à l'école de Poudlard en Angleterre. C'est une orpheline française, ayant grandi dans un orphelinat dans le Sud de la France près de Marseille. Mais ses parents sont, tenez vous bien, Jean d'Artheressy et vous le devinez sa femme, Persephona Laïs.

Cette nouvelle eut son petit effet autour de la table. Victor releva la tête intrigué, le visage inquiet. John la regarda et l'interrogea du regard, elle confirma ses dires d'un petit mouvement de tête.

- Oui, rien d'autre que Jean d'Artheressy, une des plus vieille famille de sang pur de France et Persephona Laïs, une des descendantes de la grande famille de prêtresse de Laïs. Personne ne le savait, mais le jeune couple avait eu un enfant peu avant que Jean d'Artheressy meurt et que Persephona disparaisse, et le bébé aussi visiblement. C'était dans un dossier classé confidentiel, mais les aurors auraient retrouvé dans leur salon un landau et dans la maison une chambre de bébé.

L'Ordonnateur prit la parole :

- Sergent Tuiler, que savez-vous sur ce couple, au vue de votre ancienne position sociale, saviez-vous quelque chose sur ce bébé ?

Victor regarda devant lui, bougeant ses yeux rapidement, comme s'il réfléchissait vite, comme s'il remontait dans ses souvenirs.

- Non, je ne savais pas. Jean faisait parti de mes amis les plus chers à Beauxbâton, mais j'avoue avoir perdu contact avec lui après son mariage avec Persephona, élève également de ma promo. Comme vous le savez tous, cela avait été un mariage fastueux mais surtout un mariage ayant créé beaucoup de polémique. Les prêtresses bien que respectées sont craintes et encore plus celles de la famille Laïs. Ce mariage avait été mal vu par la communauté magique du monde entier. J'ai pensé que c'était pour cela qu'il avait pris ces distances avec tout le monde...

On regarda tous Victor mi-dépité, mi-perplexe. Cette nouvelle était un coup de massue. Qui sait ce que fera l'Ultem à une sorcière prêtresse ?

- Reprenez Sergent, souffla l'Ordonnateur de façon plus sèche, comme fatigué de nos visages surpris et perdus.

- Azèle Keller a donc été recueilli par cet orphelinat alors qu'elle n'était qu'un nourrisson. C'est tout ce que nous savons. Ensuite, fait étrange je vous l'accorde, elle a fini sans que l'on ne sache réellement pourquoi à l'école de Poudlard et non à Beauxbâton, aucun document n'atteste de cette mutation, sauf une signature étrange en bas de son dossier de première année, la signature de Dumbledore. Il semble évident qu'il a du interférer dans cette décision. Mais la raison pour laquelle il a fait une telle chose est impossible à savoir, il a emporté ce savoir dans sa tombe. Peut-être savait-il qui elle était et la voulait sous sa coupe. Mais je ne fais que supputer. Je n'ai malheureusement pas pu obtenir plus d'informations puisque tous les dossiers de cette personne ont été volé, sûrement par Voldemort. Je n'ai pu savoir pour la signature en bas de son dossier de première année par la secrétaire administrative de Poudlard de l'époque qui se rappelait ce détail, car cela n'arrivait jamais.

" Azèle Keller était dans la maison Gryffondor et était connue pour être une proche d'Harry Potter, au même titre qu'Hermione Granger et de Ronard Weasley, qui sont comme vous le savez le trio le plus recherché aujourd'hui. J'ai réussi à retrouver des élèves de sa promotion et même quelques gryffondors. Azèle Keller était bien plus qu'une amie, elle était la petite amie attitrée semble-t-il d'Harry Potter. Tous les témoignages convergent en ce sens. Tous m'ont dit que Keller était une personne taciturne, secrète mais surtout violente. Elle était du quatuor la plus casse-cou et la plus tout feu tout flamme. En effet, ce qui est ressorti de mon enquête est qu'elle était une jeune sorcière brillante et très puissante. Tous les élèves à qui j'ai parlé m'ont parlé du même incident, le combat qu'elle a mené face à un Malefoy, l'un des jumeaux pour être précis, Draughar Malefoy qui est porté disparu depuis cinq ans. Ils ont bien failli s'entretuer. Elle l'a étranglé grâce aux algues se trouvant dans le lac de l'école, et a absorbé la magie noire que ce Malefoy avait lancé contre elle, avant de la déverser autour d'elle, brisant les vitres du château. Cela s'est déroulé durant sa sixième année et c'est à la même époque que ses rapports ont cessé avec Potter, Granger et Weasley, se rapprochant de ce ledit Draughar Malefoy, qui était considéré comme un futur puissant mage noir par tous les élèves, si j'en suis les racontars.

" Ce dernier a disparu lorsqu'il a transplané avec son jumeau après la mort de Dumbledore. Depuis ce jour quiconque ne l'a revu sauf son frère bien évidemment qui comme vous le savez sert Voldemort, avec ses parents. Ce qu'il sait, personne ne le sait, si ce n'est peut-être Voldemort qui a du lui sortir les vers du nez. Quant à Keller, elle disparut le lendemain de la mort du directeur et c'est depuis ce jour là que Voldemort la traque. Il sait qui elle et ce qu'elle porte en elle. Je n'ai réussi à avoir que deux informations sur Keller qui sait se faire discrète et prudente. Elle aurait été vu il y ya quatre ans en Estonie, il y a deux ans en Russie où elle se serait battu avec l'armée de Voldemort et les Youtreks et en serait ressorti selon les dires des mangemorts très abîmées. Mais il y a quelques mois, elle a été revu aux Caraïbes. Ce qui est intéressant de constater est que Voldemort la craint, lorsqu'il l'avait retrouvé en Russie, il n'est pas intervenu dans la bataille. La seule chose que je sais de façon sûre est que Voldemort a ressuscité les Youtreks pour la rechercher et la tuer afin de voler l'Ultem.

Isabelle se tourna vers l'Ordonnateur tout d'un coup.

- Néanmoins Ordonnateur, depuis que je vous ai informé de cette enquête hier soir, une nouvelle information est tombée une heure avant la réunion. Je ne vous en ai pas informé car je cherchais à l'affirmer mais je ne l'ai pu. Il me faudrait plus de temps.

L'Ordonnateur se tourna vers elle, son intérêt semblait vivement suscité.

- Parlez.

- Il y a une rumeur qui circule depuis deux ou trois semaines maintenant. La Lumière est apparu à plusieurs coins du globe, là où se situe les vortex. Il semblerait que ce soit les habitants locaux et d'autres sorciers du monde venu leur prêter main forte qui les ait activé. Mais il y a une rumeur qui parle d'une grande prêtresse vivant dans l'un d'eux. Ce ne sont peut-être que des rumeurs, des choses fausses que les gens colportent, je n'ai pu vérifier. Mais il n'existe plus de prêtresse vivante connue depuis Persephona Laïs, cela ne veut pas dire que les autres lignée de prêtresse se sont éteinte pour autant. Enfin, maintenant nous en connaissons une... Azèle Keller.

- Ou est-ce ? Questionna abruptement l'Ordonnateur dont la voix n'était plus du tout neutre.

- En Afrique mais je ne sais pas où, je dois enquêter. Ce sont mes espions qui m'ont rapportée cela il y a quelques minutes.

L'Ordonnateur se leva et alla se prostrer devant la fenêtre. Il était grand et bien qu'agile semblait n'être que de muscles. Nous n'osions plus parler, ne voulant interrompre sa réflexion. Lorsqu'il se retourna vers nous, il dit d'une voix neutre et froide :

- Il est temps de faire la guerre à Harry Potter.