Chapitre 7 : Douche froide

Alice retrouva son père ce soir-là, absorbé par un chaudron contenant une potion ambrée qu'elle ne reconnue pas.

- Bonsoir père, lança-t-elle gaiement.

Il lui répondit brièvement en hochant la tête et en marmonnant quelques mots incompréhensibles.

- Est-ce que je peux vous aider ? demanda-t-elle en s'approchant du chaudron.

- Va chercher la passiflore en poudre dans la réserve.

- Oui, père.

Severus regarda s'éloigner sa fille avec une certaine perplexité. Alison n'était même pas encore adolescente et elle était déjà lunatique à souhait. Qu'on ne lui dise pas que sa précocité s'étendait aussi à ces choses là, il n'en croirait pas un mot. Toute petite déjà elle avait été en avance pour son âge, mais il ne s'en était pas spécialement inquiété, après tout lui aussi avait toujours été en avance sur ses camarades. Mais la placer dans ce pensionnat, le meilleur pourtant, n'avait pas été l'une de ses plus brillantes idées et il le regrettait aujourd'hui. Il aurait du la prendre avec lui à Poudlard beaucoup plus tôt, enfin rien ne servait de ressasser le passé il ne le changerait plus à présent.

Elle finit par revenir avec une petite bouteille et la lui tendit.

- Tu peux tout verser. Sais-tu ce qu'est cette potion ?

- Non, répondit Alice en faisant lentement tomber la poudre dans le liquide bouillonnant.

- Réfléchis.

- Est-ce que c'est une potion de sommeil ?

- Pas tout à fait, elle n'endort pas, elle crée un effet de somnolence. Ce qui diffère de la potion de sommeil par la possibilité d'être réveillé si nécessaire, contrairement à celle que tu connais qui te fait dormir profondément pendant plusieurs heures.

- Mais qui aurait besoin de cette potion, père ?

- Le directeur, par exemple.

- Est-ce que l'on pourra faire des potions ensemble pendant les vacances ?

- Bien sûr, fit Severus en esquissant un sourire. Autant que tu le voudras.

Alice lui rendit son semi-sourire.

- De toute façon je n'ai pas envie d'aller chez les Selwyn.

- Non ? fut la réponse surprise.

- Pas vraiment.

Après tout il y avait du vrai, elle n'était pas prête à retenter l'aventure de si tôt. Pas après le dernier épisode qui avait bien failli finir en amnésie permanente.

- Je croyais pourtant que tu les aimais bien.

- Oui c'est vrai. Mais je sais que vous non, alors…

- Tu pourrais inviter tes amis tu le souhaites, proposa Severus avec réticence.

- Vraiment ?

- Oui, répondit le maître des potions d'un ton encore plus hésitant.

- Et les jumeaux ?

- J'ai dit tes amis, pas tes cousins.

- Papa ! Ils ne sont pas leurs parents et tu le sais.

- Oh très bien, abandonna Severus d'un ton agacé.

- Merci père, sourit Alice.

- Mais attention, c'est sous réserve que je n'ai rien à te reprocher d'ici là.

- Oui, j'ai compris.

On frappa soudain de petits coups à la porte.

- Vous n'allez pas ouvrir père ?

- Vas-y et si ce n'est pas important, je ne suis pas disponible.

Alice se dirigea donc vers l'entrée du bureau de son père et ouvrit légèrement la porte pour voir qui venait le déranger à cette heure-ci.

Contre toute attente, c'était un étudiant de Gryffondor et pas des moindres. Celui que son père détestait le plus.

- Bonsoir, fit-elle.

- Salut, répondit timidement Harry.

- Que viens-tu faire ici ? demanda-t-elle d'un ton neutre mais où le Gryffondor crut y déceler de l'agacement.

- Le professeur McGonagall m'a envoyé chercher une potion de sommeil.

- Pourquoi ne vas-tu pas voir Madame Pomfresh ? Elle en a beaucoup en réserve.

- Le professeur McGonagall m'a dit de venir ici.

- Et bien tu n'as qu'à aller à l'infirmerie, mon père ne souhaite pas être dérangé.

Severus, qui malgré lui avait entendu toute la conversation, décida de se lever et de prendre la situation en main.

- Monsieur Potter, commença-t-il en posant son regard perçant sur le garçon. Puis-je savoir combien de potions de sommeil avez-vous déjà pris cette semaine ?

Harry regarda son professeur de potions avec une certaine appréhension et répondit :

- Tous les soirs, monsieur.

- Je vois, fit Severus d'un ton glacé. Et qui vous les a données ?

- Madame Pomfresh.

- Ne me mentez pas Potter !

- Je… je les ai prises à l'infirmerie.

- Voler, vous voulez dire, siffla Severus.

Son visage se fit sérieux, du moins encore plus qu'à l'ordinaire, et il laissa passer quelques secondes avant de reprendre.

- Entrez, Potter.

A peine eut-il prononcé ces mots qu'il fila en direction de sa réserve de potions, ses longues robes flottant derrière lui.

Alice, tout d'abord prise de cours par la réaction de son père, observa le Gryffondor avec circonspection mais finit par ouvrir la porte un peu plus grand pour le laisser entrer.

Celui-ci s'engagea à l'intérieur des cachots de son maître des potions avec prudence et faillit sursauter quand la porte se referma.

Severus réapparut aussi vite qu'il était partit et tendit une potion de couleur bleue au Gryffondor qui la prit précautionneusement.

- Buvez ça Potter, ordonna-t-il d'un ton sec.

- Qu'est-ce que c'est ? interrogea Harry méfiant.

- Un poison mortel qui va vous faire cracher vos intestins à un à un et agoniser de longues heures avant de mourir dans d'horribles souffrances.

Alice se retint de rire mais ne parvint pas à cacher son sourire devant l'air déconfit du jeune garçon.

- Dites-moi ce que c'est ! s'écria-t-il furieux.

- Mais regardez-vous Potter ! Qu'est-ce que vous croyez que c'est à part un soulagement pour votre dépendance absurde !

- Ma… je n'ai pas de dépendance !

- Croyez-moi vous ne trompez personne avec vos yeux ahuris, vous êtes en manque Potter.

- Vous dites n'importe quoi !

- Et si vous croyez que je vais accepter de vous donner une seule potion de sommeil supplémentaire, continua Severus comme s'il n'avait pas été interrompu, vous vous trompez lourdement. Maintenant allez vous coucher sans faire d'histoire dans la chambre de ma fille et laissez-moi en paix jusqu'à demain matin.

- Il n'est pas question que je dorme ici ! s'insurgea Harry en avalant finalement le flacon. Et vous allez me donner ma potion de sommeil !

- Je n'ai nulle envie d'entendre vos protestations comme je n'ai envie de vous laisser errer dans les couloirs à la recherche de votre drogue favorite. Comme notre chère infirmière n'est visiblement pas capable de se rendre compte que les élèves pillent sa réserve, que j'ai moi-même approvisionnée, elle n'est sûrement pas capable de surveiller un adolescent tapageur en pleine crise et je ne tiens pas à être tenu pour responsable de la déchéance du sauveur du monde sorcier, alors vous allez me faire le plaisir de faire ce que vous dit et maintenant Potter !

Harry sentit sa colère retomber comme un soufflé et des formes se mirent à danser devant ses yeux comme s'il était ivre. Il chancela et s'écroula sur un fauteuil que Severus venait de matérialiser pour éviter qu'il ne tombe par terre.

Celui-ci allait soupirer de soulagement face aux effets de sa potion quand des protestations se firent de nouveau entendre.

- Je ne veux pas qu'il dorme dans ma chambre !

- Alice, ne commence pas.

Le professeur de potions fit léviter le Gryffondor jusqu'à la chambre de sa fille et l'allongea sur un lit d'appoint qu'il venait d'installer.

- Dans ce cas, je pourrais retourner dans le dortoir avec mes camarades, lança Alice.

Severus la regarda l'air sombre et elle se tut immédiatement.

- Je peux concevoir que cet arrangement ne te plaise pas, fit-il sèchement. Mais je ne changerai pas d'avis.

Sa fille fit mine de bouder quelques secondes, réfléchissant à un argument convainquant.

- S'il-te-plaît, d'accord ? insista gentiment Severus en posant une main sur son épaule.

- Qu'est-ce j'aurais en échange ?

- Il n'y a pas d'échange qui tienne, répliqua le maître des potions en la poussant dans sa chambre. Bonne nuit.

La porte se referma avec un claquement, faisant soupirer bruyamment Alice.

Elle se tourna vers le Gryffondor qui dormait à présent comme un bébé. Il faisait vraiment très jeune ainsi, on aurait presque dit qu'il allait se mettre à suçoter la couverture.

Elle s'approcha tout près de lui et l'observa en penchant la tête. Sa cicatrice était cachée derrière sa frange. Curieuse, Alice souleva quelques mèches de cheveux et contempla la marque en forme d'éclair qu'avait laissé le Seigneur des Ténèbres bien des années auparavant.

Elle la frôla du bout des doigts, et au moment où elle allait retirer sa main, elle fut parcourue d'un frisson. En réaction, une scène se matérialisa devant elle.

Il faisait sombre, des silhouettes encapuchonnées formaient un demi-cercle au centre duquel se tenait une autre silhouette de laquelle émanait une aura maléfique. La scène silencieuse semblait se tenir dans un cimetière et être le théâtre d'une sinistre cérémonie.

Sur le sol, une masse sombre était étendue, inerte comme un rocher. Soudain, un cri déchira le silence et un rayon vert jailli dans sa direction.

Des sifflements se firent entendre et la haute silhouette au milieu des autres se déplaça, sa capuche glissant lentement de sa tête, dévoilant un visage reptilien à la peau diaphane et aux yeux rougeoyants comme des braises dans l'obscurité glacée.

- Harry Potter, siffla la silhouette tel un serpent.

Alice revint dans le présent en poussant un cri d'horreur, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Elle s'éloigna vivement du survivant, sa respiration saccadée.

La porte de la chambre s'ouvrit quelques secondes plus tard, et un maître des potions inquiet en sortit.

- Papa, murmura Alice encore effrayée par sa vision.

Severus se dirigea vers sa fille et la prit dans ses bras pour la rassurer. Il sentit son jeune corps trembler légèrement et attendit quelques instants qu'elle se calme avant de l'interroger.

- Que s'est-il passé ?

- Je ne sais pas, j'ai vu un homme avec des yeux rouges qui ressemblait à un serpent et des gens qui portaient des capes noires et on ne pouvait pas voir leurs visages et…

- Pas si vite, coupa Severus. Tu as eu une vision ? s'étonna-t-il, sa fille n'ayant jamais manifesté ce genre de dons.

- Oui, je pense, déclara-t-elle après réflexion.

Elle lui décrivit en détails la scène dont elle avait été témoin, jetant de temps à autres des coups d'œil au Gryffondor qui dormait toujours, d'un sommeil agité.

- Père, pensez-vous que j'ai vu l'avenir ?

- C'est possible, répondit Severus avec prudence.

Ce pourrait-il qu'Alice ait entrevu le Seigneur des Ténèbres ? La description ne correspondait pas à celle dont il se souvenait, mais si le mage noir devait réapparaître, il y avait fort à parier que son apparence serait différente de la précédente. Il espérait juste que celui-ci resterait encore pour longtemps inactif, son passé de mangemort était déjà suffisamment lourd à porter.

- Est-ce que c'était… Lui ? demanda Alice en frissonnant.

Severus serra plus étroitement sa fille contre sa poitrine et caressa ses cheveux.

- Je l'ignore. Mais n'aie pas peur, s'il revenait au pouvoir je serais là pour te protéger.

- C'est promis ? insista sa fille en le fixant de ses yeux sombres.

- Oui, répondit-il en embrassant son front. Je te le promets.

Rassurée, Alice laissa son père l'emmener à son lit et la border. Elle tomba dans le sommeil avant même qu'il ait quitté la chambre.

Elle dormit d'un sommeil paisible pendant quelques heures, jusqu'à ce qu'elle soit réveillée par des bruits voisins.

Des gémissements provenant de son colocataire d'une nuit la tirèrent de ses rêves. Elle cligna des yeux pour constater qu'il faisait encore sombre et chercha dans le noir la source de la nuisance.

- Harry.

Immédiatement après prononcé le nom du garçon, elle s'interrogea. Pourquoi appelait-elle le survivant par son prénom ? Elle se souvenait d'avoir partagé une certaine complicité avec lui ces jours derniers mais ses souvenirs étaient vagues. Agacée, elle observa de nouveau le Gryffondor. Il était en proie à un cauchemar qui n'en finissait plus.

- Harry, murmura-t-elle en le secouant légèrement. Harry !

Le garçon se réveilla d'un seul coup et se redressa, manquant de percuter sa voisine de chambre.

Il était essoufflé et regarda la fillette d'un air effrayé, semblant à peine la voir.

- Ça va ? demanda Alice d'un ton hésitant.

- Oui, je crois.

L'adolescent avait l'air totalement chamboulé.

- Veux-tu que j'aille te chercher une potion ?

- Non, bougonna Harry qui en avait assez avalé pour la soirée.

- Moi aussi j'ai fait une sorte de cauchemar tout à l'heure, se confia la Serpentard tout coup. Tu étais dedans.

Mi agacé mi intrigué, le Gryffondor manifesta un intérêt momentané à la fille de son maître des potions détesté.

- J'ai le pressentiment que ce que j'ai vu va arriver. Et, ça me fait un peu peur.

Devant le froncement de sourcil de son interlocuteur, elle continua d'un ton très bas.

- J'ai vu le Seigneur des Ténèbres, il était vivant à nouveau.

- As-tu déjà fait ce genre de rêve auparavant ?

- Non. En fait, c'était plus une vision qu'un songe. Si ce que j'ai vu est vrai alors tu seras en grand danger.

- Je commence à avoir l'habitude, fit Harry d'un ton amer.

Alice resta silencieuse un instant, le garçon n'était pas son ami mais pourtant elle avait l'étrange impression qu'il pourrait facilement le devenir. Les Gryffondors n'étaient généralement pas amicaux avec les Serpentards, alors elle n'avait jamais eu l'intention de se faire des amis parmi eux. Des autres maisons, elle ne connaissait que les Serdaigles car ses cousins en faisaient partie, les membres de cette maison étaient parfois rejetés tout comme les Serpents.

- Tu es plutôt courageux, affirma-t-elle.

Harry ne sembla pas prendre sa déclaration comme un compliment et fixa obstinément le sol.

L'observant, Alice se demanda à quoi il pensait. Elle n'avait plus du tout sommeil à présent.

- Comment cela fait-il de se retrouver devant… Tu-sais-qui ?

Le Gryffondor leva un regard sombre vers elle et sembla offusqué par la question.

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? lâcha-t-il d'un ton méchant.

- Je…, commença la jeune Serpentard avant de s'interrompre. Inutile de faire des révélations qu'elle pourrait regretter. Le garçon ne devait sûrement pas savoir que sa famille se composait principalement de mangemorts, d'ailleurs elle n'était même pas sûre qu'il sache ce que ce terme désignait. Mais elle, savait très bien ce que cela signifiait. Si le Seigneur des Ténèbres revenait, elle n'aurait pas d'autre choix que de se ranger du côté de sa famille sous peine d'en être exclue. Ses cousins Zachary et Emmy le savaient bien eux aussi, c'est pour cela qu'ils espéraient tous trois que le Lord ne reviendrait jamais. Leur arrière grand-mère Lucy ne croyait pas aux valeurs du sang et leur avait narré la déchéance de son fils unique Terence qui s'était rangé aux côtés du plus grand mage noir de tous les temps, qui avait été à une certaine époque l'un de ses camarades de classe. Les enfants n'avaient pas souvent discutés avec leur grand-père car celui-ci était très secret, mais quand il parlait c'était pour vanter les mérites de son ancien maître et affirmer qu'il reviendrait un jour.

Secouant la tête, Alice décida d'arrêter ici la conversation et alla se recoucher sans dire un mot.

Le lendemain, la fille de Snape se leva en hâte et se prépara rapidement avant d'aller saluer son père, pressée.

- Où cours-tu donc ainsi ? demanda celui-ci.

- A ma salle commune.

Il n'eut pas le temps de formuler une réponse que sa petite tornade blonde était déjà partie. Il soupira.

Alice courut presque dans les couloirs des cachots en direction de la salle commune de Serpentard, un sourire malicieux sur les lèvres.

Elle entra en trombe dans la vaste pièce, où brûlait déjà un feu crépitant dans l'âtre de la cheminée, emplissant l'atmosphère d'une douce chaleur. Il n'y avait encore personne mais les diverses lampes vertes suspendues qui pendaient un peu partout, faisaient penser à de grosses lucioles, dont Alice s'amusait à croire qu'elles gardaient les Serpentards contre les intrus.

Sans ralentir le moins du monde, elle gravit les marches de pierre gris sombre qui menait aux dortoirs. Se dirigeant vers le sien, elle entra et découvrit ses camarades se préparant pour la journée. L'une d'elle était encore dans son lit à s'étirer, une autre en train de relire ses notes de cours, une encore essayait de plisser joliment sa jupe avec sa baguette, et les deux dernières se coiffaient mutuellement, l'une tenant le miroir, la seconde brossant les cheveux de l'autre.

A son arrivée, celle qui s'affairait avec sa jupe releva la tête et lui sourit amicalement. Ses cheveux courts, déjà parfaitement coiffés, lui donnait un air plus mûr que les autres.

Elle eut un regard désapprobateur devant la cravate à moitié défaite de sa plus jeune camarade et s'approcha d'elle pour la refaire correctement.

- Je n'arrive pas à croire que Snape t'ait laissé sortir comme ça.

- Ashley, se plaignit Alice, cherchant à se dégager.

- Honnêtement, il va vraiment falloir que tu apprennes à le faire toute seule.

Une fois que la dite Ashley eut finit, Alice se dirigea vers sa meilleure amie, qui avait cessé de brosser les cheveux d'une petite brune et lui murmura à l'oreille à toute vitesse.

Savannah acquiesça avec empressement en pouffant de rire et elle se tourna vers celle à qui elle avait redonné la brosse et lui chuchota à son tour quelques mots. L'autre hocha la tête et toutes trois s'enfuirent bien vite à l'extérieur du dortoir sous le regard déconcerté des autres filles.

Elles se rendirent au couloir opposé et écoutèrent à la serrure de la deuxième porte.

- Tu l'entends ? murmura Alice.

- Chut ! Attends..., répondit son amie l'air concentré sur son écoute.

Elles restèrent quelques secondes collées contre la porte à tenter de percevoir les moindres sons provenant de la pièce. Soudain les yeux de Savannah se mirent à briller malicieusement.

- C'est son tour !

- Vas-y, vas-y !

- Encore un peu de patience.

Alice avait du mal à contenir son impatience mais elle attendit que son amie donne le signal, la questionnant du regard à chaque seconde.

Savannah finit par hocher la tête en souriant et la jolie brune se dirigea vers le couloir principal en courant. Puis, Savannah ouvrit la porte brusquement en criant :

- Les gars, Rebecca est tombée dans l'escalier ! Il faut quelqu'un pour l'aider !

Toutes les têtes se tournèrent vers elle et les garçons acceptèrent de la suivre avec une rapidité surprenante.

Alice qui était restée un peu en retrait, se faufila dans le dortoir désormais vide et chercha des yeux sa cible. La salle de bain était située tout à droite et un bruit d'eau régulier s'en échappait. Souriant de son plan diabolique, la Serpentard entrouvrit la porte et grâce à un Wingardium Leviosa quasi-silencieux, elle fit léviter la serviette de bain posée près du lavabo.

Elle l'attrapa quand elle fut à sa portée et fit un léger mouvement de baguette en direction de la salle de bain.

Un cri s'en échappa immédiatement ce qui la fit éclater de rire. Il fut suivi d'un autre et la porte s'ouvrit, laissant voir un adolescent trempé à l'air furieux à moitié caché derrière le battant de l'ouverture.

- C'est ça que tu cherches peut-être ? se moqua Alice en désignant la serviette de bain qu'elle tenait.

Un éclair de surprise passa dans les yeux du garçon et l'instant d'après, il sembla doublement furieux.

- C'est toi qui m'a balancé de l'eau glacée !

- Oh vraiment ? répondit-elle avec un air innocent.

- Sale peste ! Rends-moi ma serviette !

- Non.

- Alice !

- Jake ?

- Arrête ça tout de suite, ce n'est vraiment pas drôle.

- A une condition.

- Qu'est-ce que tu veux ? marmonna le garçon d'un air sombre.

- Que tu cesses de bouder.

Jake lui lança un regard noir.

- Et que tu me dises pourquoi, continua-t-elle.

Cette fois, le Serpentard détourna les yeux et parut hésitant.

- Je veux bien mais pas ta deuxième condition.

- Pourquoi ?

- Parce que.

- Ce n'est pas une réponse.

- Contente-toi s'en, c'est la seule que tu auras.

Les deux Serpentards se toisèrent un moment, puis Alice abandonna.

- Oh très bien, soupira-t-elle.

Elle lui tendit la serviette et Jake lui arracha des mains avant de claquer fermement la porte.

Il ressortit de la salle de bain quelques minutes plus tard, habillé et prêt à partir.

- Tu me revaudras ça, grommela-t-il.

- Hé ! Tu as dit que tu arrêtais de bouder, fit joyeusement son amie en le prenant par le bras et l'entraînant vers la sortie.

- Donne-moi ton sac, éluda-t-il.

En arrivant à la salle commune, ils virent un petit groupe de garçons entourant une jeune fille aux longs cheveux bruns et aux yeux gris. Elle semblait enchantée d'être ainsi le centre de l'attention.

- Oh Tommy, c'est tellement gentil de me proposer, tu es si adorable, minauda-t-elle en battant des cils. Et toi comme tu es fort Alexander.

Savannah, apercevant son amie lui fit un clin d'œil et voyant que Jake était avec elle, les rejoignit, laissant Rebecca aux bons soins de ses admirateurs.

- Bonne douche ? lança-t-elle.

- La ferme, répondit l'intéressé d'un ton méprisant.

- On peut bien rigoler un peu non ? En plus, ce n'était même pas mon idée.

Jake repoussa Alice, toujours accrochée à lui, la faisant presque tomber mais sans réussir à lui enlever son sourire.

- Il fallait bien faire quelque chose, tu aurais boudé pendant des siècles, se défendit la plus jeune.

- Pas du tout. Je comptais te reparler aujourd'hui.

- C'est ça.

Ils se rendirent au cours de botanique qu'ils avaient en commun avec les Serdaigles, discutant gaiement.

Ils retrouvèrent Zachary et Emmy, les cousins d'Alice avec qui ils étaient très proches.

Celle-ci leur parla des arrangements pour les vacances et ils se montrèrent tous enthousiastes de pouvoir se retrouver. Avec réticence, elle leur parla également de son étrange vision et tous restèrent perplexes.