Bonjour à tous,
Surprise, voici un chapitre cadeau en ce jour
de fête. Que fêtons-nous ce 15 mai? Les deux ans de
l'apparition d'Ellen McGregor. Cela méritait bien un chapitre
de fête, un peu plus court que les autres, certes…
Bonne lecture… et à samedi.
Chapitre 7: retrouvailles
Gris. On aurait pu croire que le paysage était passé en
noir et blanc. Les heures de soleil étaient aussi rares que
les ronflaks cornus, et chacun espérait l'arrivée du
blanc de l'hiver pour chasser cette grisaille, qui commençait
même à déteindre sur le moral de chacun.
Ellen n'avait plus droit à sa balade dans le parc depuis plus
de deux mois. L'exploration à quatre pattes des motifs du
grand tapis de sa chambre occupait une grande partie de ses journées,
et c'est devant la grande cheminée qu'elle avait fait ses
premiers pas, soutenue et encouragée par Annie.
A Poudlard, les vacances de Noël semblaient
ne jamais vouloir arriver. La dernière lettre de Quentin
transpirait l'impatience. Raspoutine était reparti vers son
maître, porteur d'un dessin d'Ellen plein de couleurs.
Rory
avait décidé d'aller chercher ses deux garçons à
Poudlard pour leur épargner de longues heures de voyage. Le
ciel, ce matin-là était bas...- Il va
neiger! prédit Annie à Catriona. Avec un peu de chance,
nous ferons un bonhomme de neige à Noël! Et une bataille
de boules de neige, aussi! Je suis sûre que Quentin
adorera ça! Ce sera très amusant, n'est-ce pas
Ellen?
Ellen
battit des mains, en réponse au sourire de sa nourrice.
- Vous n'y
pensez pas! s'effraya Catriona. Ce n'est encore qu'un bébé!
Il fait bien trop froid!
Le rire de
Rory lui répondit:
- Notre
Ellen n'est pas en sucre! Ce n'est pas en l'élevant dans
du coton qu'elle que nous ferons d'elle une McGregor digne de ce
nom!
Catriona
n'osa répliquer. Elle tendit son front à son mari qui
l'embrassa tendrement.
- Je vais
chercher les garçons, dit-il avec un empressement joyeux. Nous
serons de retour avant la nuit. Vous avez raison, Annie... Il
neige...
C'est donc sous les premiers flocons qu'on fit amener l'attelage devant la grande entrée. Rory monta dans la voiture avec au coeur un sentiment de joie indéfinissable. Dans quelques heures, tous ceux qu'il aimait seraient réunis dans la grande salle du château. Plus aucun nuage n'assombrissait l'avenir et l'hiver arrivait à point. Les fêtes fin d'année s'annonçaient sous les meilleurs auspices, et sous un blanc manteau...
Les chutes de neige s'intensifièrent tout au long de la journée. Dans ces conditions, l'attelage ailé mit plus de dix heures à faire l'aller-retour entre Poudlard et le château, et il faisait déjà nuit depuis longtemps lorsque Quentin et Robbie arrivèrent enfin chez eux. Robbie partit en courrant dans la neige, abandonnant ses bagages dans le carrosse. Quentin, quant à lui, porta ses bagages à l'intérieur, mais les laissa tomber devant la nurserie où il se précipita. Il trouva Ellen debout, les mains appuyées à une chaise.
- Tiens, s'exclama Annie. Regarde, Ellie, Quentin est de retour!
- Bonjour mademoiselle, déclara Quentin en
la prenant dans ses bras. Mais que tu as grandi!
- Ça pousse à cet âge-là,
répondit Annie dans un rire. Je suis contente de te revoir,
Quentin. Et Ellie aussi!
- Vous avez adopté le surnom Ellie?
- Oui, c'est mignon. Et tout le monde ici a adoré. C'est
presque devenu son prénom officiel!
- Chouette, fit Quentin, sur un ton qui exprimait
exactement le contraire.
Il s'assit pour jouer avec Ellie.
- Je peux te la confier un moment? demanda Annie.
Il faudrait que je m'absente quelques instants.
- Avec grand plaisir, sourit Quentin.
Quand Annie fut sortie, il commença un long monologue.
- Alors Ellie, je suis de retour. Et je vois que tu vas bien et que
tu as passé un bon automne. Tu marcherais presque, c'est
génial! Tu ne vas plus tarder à commencer à
parler. C'est bien, mais on n'aura plus un seul instant de silence…
je plaisante, ne te vexe pas!
Par contre, c'est embêtant que tout le monde se soit approprié
ton surnom. Je t'en trouverai un autre, qui ne sera rien qu'à
nous! Tu veux bien?
Ellie écoutait religieusement son grand frère en
souriant. Il la chatouilla un moment, partageant ses éclats de
rire, puis la reposa par terre, la regardant farfouiller partout.
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Pendant les quatre jours précédant
Noël, Quentin se hâta de terminer ses devoirs de vacances.
Il trouva vite une solution pour ne pas être séparé
de sa sœur pendant qu'il travaillait en s'installant directement
dans la nurserie. Robbie ne suivit pas l'exemple de son cadet,
malgré les conseils de Catriona.
Il préféra passer ses journées
à jouer dans le parc enneigé avec les enfants des
employés des haras, ou à chevaucher à travers la
forêt du domaine.
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Le repas de Noël fut gargantuesque. Les parents de Rory étaient
descendus de leurs appartements pour l'occasion. Quentin s'était
battu bec et ongles pour qu'Ellen et Annie participent au repas, et,
de guerre lasse, Rory avait fini par accepter.
Quentin faisait déguster à sa sœur
tous les plats, qu'il lui coupait en petits morceaux. Ellie semblait
ravie. Catriona voulut l'empêcher de manger de la viande, de
peur qu'elle ne s'étrangle, mais Annie la rassura et autorisa
Quentin à lui donner de tout. Ellen apprécia
particulièrement la glace du dessert, malgré une
grimace de surprise à la première bouchée.
Après le repas, toute la famille s'installa
au salon pour recevoir ses cadeaux devant le grand sapin que Catriona
avait décoré.
Robbie avait profité de la sortie à
Pré-au-Lard pour acheter une pipe pour son père et une
broche pour Catriona. Quentin avait réalisé pendant les
soirées pluvieuses des petites sculptures dans des morceaux de
bois pour toute la famille. Il avait fait un cheval pour Rory, une
fleur pour Catriona, un soleil pour Annie, et bien sûr, un
hibou pour Ellie, qu'il dut placer en haut de la cheminée, car
il était trop petit pour qu'elle puisse jouer avec sans
risque.
Robbie reçut une selle et les accessoires nécessaires
pour s'occuper au mieux de son cheval. Quentin eut un grand livre sur
le soin aux créatures magiques et un jeu d'échecs,
version sorcier bien sûr.
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Quentin passa la fin de la journée de Noël dans la
chambre d'Ellen à lui raconter Poudlard, et le championnat de
quidditch en particulier.
- Tu sais Ellie, les deux premiers matches ont été
passionnants. Gryffondor a résisté plus de deux heures
aux Serpentard, menant même de plus de cinquante points. Mais
c'est les serpentard qui ont attrapé le vif. Facile quand on
assomme l'attrapeur adverse en lui envoyant les deux cognards en même
temps. Heureusement, il n'a pas été blessé
gravement, mais il faut dire qu'il n'est pas très agile non
plus. Robbie et sa bande ont parcouru les couloirs en chantant leur
victoire pendant tout le week-end. J'espère que quelqu'un
trouvera un jour comment leur clouer le bec…
Ellen rit en gigotant dans son lit.
- Oui, tu peux rire! L'aîné de tes
frères est un comique quand il s'y met… Le deuxième
match opposait notre valeureuse équipe de casse-cou aux
Poufsouffle. Ce sera sans doute notre seule victoire de la saison. Le
vif s'est fait attendre, et notre attrapeur a fini par l'avoir.
Heureusement, car Poufsouffle menait déjà de huit buts.
Notre gardien fait ce qu'il peut, mais les trois poursuiveurs ne
savent pas défendre. Heureusement qu'ils ne sont pas trop
mauvais en attaque et que les deux nouvelles batteuses sont assez
douées. Mais les meilleurs batteurs du monde ne suffisent pas
à défendre les goals… Je ne te raconte pas la fête
dans la salle commune de notre tour. Heureusement que nos préfets
aiment le quidditch et sont compréhensifs.
Ellen bailla avant de se pelotonner dans sa couverture.
- Oh mais je bavarde et toi tu fatigues, reprit
Quentin après avoir déposé un baiser sur le
front de sa sœur. Dors bien petit ange.
Il resta longtemps assis près du lit, la regardant s'endormir. Il sortit son jeu d'échecs et joua avec. Puis, lorsqu'il en eut assez de faire s'entretuer des pièces, il sortit de sa poche son couteau et un morceau de bois, qui n'avait pas encore de forme définie. Il s'installa près de la cheminée pour le sculpter, jetant dans le feu les morceaux qu'il retirait.
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Les rares moments où il n'était pas avec Ellie, Quentin les passait à choisir dans le bûcher les morceaux de bois qu'il pourrait sculpter, à moins qu'il ne soit en train de les sculpter au coin du feu ou assis devant sa fenêtre. Il passait aussi beaucoup de temps assis à son bureau, à répondre aux lettres que lui apportait régulièrement Raspoutine.
C'est à ce sujet qu'éclata une
violente dispute entre les deux frères. En effet, curieux et
provocateur, Robbie réussit à dérober une de ces
lettres à Raspoutine avant que Quentin ne la prenne. Celui-ci
se jeta alors toutes griffes dehors sur son aîné pour
récupérer son bien. Robbie sortit sa baguette et en
menaça son frère. Quentin leva la sienne. Catriona
s'interposa, l'air outrée. Les deux garçons écopèrent
d'une punition pour s'être battu, et Robbie en eut une deuxième
pour avoir volé le courrier de son frère, ce qui
n'améliora pas l'estime qu'il portait à son cadet.
Quentin dut éplucher sans baguette magique
les pommes de terre du repas du soir, mais le plus important, c'est
que Robbie n'ait pas pu lire sa lettre.
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Durant la dernière semaine de l'année, excepté lorsqu'il écrivait à son mystérieux correspondant, Quentin se consacra presque uniquement à sa sœur. Il la promenait dans tout le château, lui faisait découvrir les pièces une à une. Parfois il la portait, parfois elle trottait devant son frère qui la soutenait de moins en moins. Elle fit en quelques jours des progrès époustouflants, et, le jour du réveillon, elle entra dans la salle à manger sans aide de Quentin, et se dirigea vers son siège de bébé, dans lequel elle avait pris tous les repas en famille depuis Noël. Quentin la fit manger, puis Annie de l'emmena se coucher. Peu avant minuit, Quentin demanda l'autorisation pour Ellen de franchir le cap de la nouvelle année avec eux, et, malgré toute son insistance, il n'eut bien sûr pas l'autorisation de la réveiller.
Sur les douze coups marquant la nouvelle année,
toute la famille trinqua. Quentin et Robbie eurent même droit à
un fond de coupe de ce champagne envoyé par les cousins
français. Profitant d'un moment où personne ne
regardait, Quentin fila jusqu'à la chambre de sa sœur.
Il entra le plus doucement possible dans la chambre pour ne pas la
réveiller.
Il déposa un baiser sur son front et lui
murmura à l'oreille:
- Maintenant, il est temps de fêter ton anniversaire.
Puis il chantonna doucement la chanson de
circonstance en sortant de sa poche un hibou en bois sculpté
d'une vingtaine de centimètres.
- Bon anniversaire petite sœur, murmura-t-il en
le posant sur le linteau de la cheminée à côté
de celui qu'il lui avait offert pour Noël. Celui là est
assez grand. Tu pourras jouer avec.
Il la regarda dormir paisiblement pendant quelques minutes, puis rejoignit le reste de la famille.
