Ce n'est peut-être pas très bien écrit et la fin ne vous plaira peut-être pas, mais... voilà.
Epilogue à venir.


Riza frappa doucement à la porte devant laquelle elle se tenait. Elle entendit ensuite quelque chose se déplacer contre cette porte et enfin, elle s'ouvrit.

- Vous devriez installer un lit supplémentaire, Havoc. Dormir par terre ne sert à rien.

- Je sais.

Le lieutenant sourit tristement à son sous gradé. Il avait la tête de quelqu'un qui a mal dormi. Et qui n'a pas vraiment dormi depuis un moment.

- Pourquoi êtes-vous venue, lieutenant ?

- Le colonel veut que nous l'accompagnions à Lior. Et j'ai bien peur que Lior ne devienne une nouvelle Ishbal.

- On arrive.

Havoc ferma la porte et alla réveiller Lily. Il lui secoua doucement l'épaule… et se retrouva avec deux mains fermées sur son bras.

- Calme-toi, Lily…ce n'est que moi…

Elle soupira et lâcha son bras. Elle ne portait plus de gants, désormais. Elle préférait inspirer de la peur qu'autre chose.

- Allez, lève-toi. On est mutés à Lior.

Il s'était écoulé un mois depuis la mésaventure de la jeune femme. Et depuis, elle se montrait froide, renfermée. Son visage était à présent comme celui de son demi-frère : sans expression des sentiments.

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A peine furent-ils dans le train que Lily sentait qu'il y avait quelqu'un qui n'avait rien à y faire. Et ce type avec un masque ressemblait fortement à quelqu'un. Elle fronça les sourcils et s'assit aux cotés d'Havoc, l'homme louche dans son champ de vision.

- Je peux enlever mon masque, maintenant, demanda l'homme à Armstrong.

- Je pense que oui.

Lily serra les poings alors qu'il lui souriait.

- Salopard…

- Eh, p'tite sœur ! Quelle bonne surprise !

Elle se leva brusquement mais sentit quelqu'un lui attraper le bras.

- Lily. Calme-toi.

- Kimblee, que faites-vous là, demanda le colonel Mustang.

- Il semblerait que l'armée ait passé l'éponge.

- Je vois que je n'ai pas à vous présenter le lieutenant-colonel Kimblee…

- On le connaît, en effet.

- Vous ne le portez pas dans votre cœur, Mademoiselle… ?

- Kimblee. Lily Kimblee. Et ce cher Zolf est mon demi-frère.

- J'imaginais nos retrouvailles plus… explosives… Au fait, comment ça va, depuis la dernière fois que je t'ai vue ? Il ne t'a pas fait trop mal ?

Elle se figea, sentant le souvenir de l'horreur monter en elle. Elle sortit en courant du wagon et un bruit de vomissements se fit entendre.

- Tiens, je ne savais pas qu'elle ne supportait pas les voyages en train…

L'Ecarlate éclata de rire et ce fut au prix d'un effort surhumain qu'Havoc sortit sans le frapper.

- Lieutenant-colonel ! Ceci est inadmissible !

- Lieutenant Hawkeye, je fais ce que bon me semble. D'ailleurs, je vous prie de me parler sur un autre ton, je suis votre sup…

Il n'eut pas fini sa phrase qu'il eut reçu une claque de la part de ce cher lieutenant. Et il la regardait, les yeux écarquillés de stupéfaction, la main sur sa joue.

- Hawkeye, dit Archer, sur un ton calme, frapper un supérieur coûte cher, vous sav…

- Je prends la responsabilité du geste de mon officier, Archer, l'interrompit Mustang. Si elle ne l'avait pas frappé, je l'aurais fait.

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Une bonne petite virée à Lior, pour « discuter pacifiquement »… Ah, que j'attendais ce moment !

Exploser deux ou trois bâtiments, tuer quelques personnes et hop, on fait croire que les habitants qui ripostent ont attaqué les premiers ! Comme à Ishbal…

J'éclate de rire. C'est si bon ! Tuer, tuer, faire souffrir, encore et encore !

Et… Ah, merde !

Un ishbal ? Ici ? Eh, minute, je le connais…Oui, la croix sur le front, c'est de moi qu'elle vient ! Quelle heureuse surprise ! Je vais pouvoir achever mon travail…

Que… ? La pierre rouge… Absorbée par son bras comme l'avait absorbée son ami ishbal, la dernière fois…

C'est bizarre.

Et là, j'ai l'impression de jouer à chat : on court dans tous les sens, chacun essayant de toucher l'autre et d'éviter de se faire toucher. Sauf que nous, on fait ça avec le risque de mort. C'est bête, quand on y pense.

Ah, tiens, l'armure. Je lui avais promis de le faire exploser. Un peu plus tard, je dois me débarrasser de l'Ishbal, d'abord. A propos… il est passé où ?

Qu…

Il était derrière.

J'ai mal. Affreusement mal. Même pas la force de hurler.

Un silhouette sur un toit. Ça ressemble beaucoup à…

Mais ce n'est sûrement pas elle.

Je suis bien placé pour le savoir.

J'avais bien vu la terreur dans ses yeux juste avant que je…

Je suis tombé sur le sol. Ce n'est pas encore fini. Ça ne peut pas…

Je dois encore faire exploser l'armure. … C'est programmé.

Ah, l'ishbal, tu te crois assez fort pour le sauver ?

Me revoilà par terre…

Et ma vue se brouille.

Il y a une personne qui me regarde. Elle lui ressemble beaucoup. Mais ça ne peut pas être elle. Pourtant, quand elle s'approche, j'ai bien l'impression que…

Elle murmure mon nom. Presque la même voix que celle dont je me rappelle.

- Maman…

Elle sursaute.

- Pardon…

Pourquoi est-ce que je pleure ?

- Je te demande pardon de t'avoir tuée… Et aussi de n'avoir pas pu aider Lily quand Greed l'a emmenée. Et de m'être moqué d'elle alors qu'elle avait mal. Pardon, maman.

Et si ça se trouve, je suis déjà mort. C'était peut-être pour cela que je vois ma mère. Elle doit m'en vouloir de l'avoir tuée.

- Je suis déjà mort…Et ce n'est même pas Lily qui m'a tué…C'est bête…

J'ai l'impression de redevenir le gentil gamin que j'étais… c'est stupide…C'est ça, mourir ?

- Adieu,… maman…Et dis à Lily que… que Greed est mort. J'ai au moins… réussi …à faire ça… même s'il n'est pas mort... à cause de moi…

Un dernier sourire. Maman. Comme avant. Comme avant le jour où papa est parti…Comme quand j'avais peur d'un rien. Comme avant que papa ne me frappe tous les jours. Comme avant que beau-papa ne me crie dessus tout le temps. Comme avant…

Quand on était heureux.

Et mes yeux se ferment lentement.

Maman, pourquoi pleures-tu ?

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Alors voilà.

Je l'ai haï presque toute ma vie. Presque toute mon existence je n'ai rêvé que de le voir mourir. Et là, je ne suis plus sûre de rien.

Il est mort sous mes yeux. Il a fermé définitivement ses paupières devant moi. Il m'a dit ses derniers mots. Ou peut-être les a-t-il dit à maman.

Je ne sais pas pourquoi, il m'a prise pour elle. Je lui ressemble un peu, c'est vrai. Mais il nous a confondues.

Et ce qu'il a dit me laisse perplexe. Il cachait toujours tout. Ses sentiments, surtout. Mais il semblait si exécrable, si sûr de lui et si fou…

Il est redevenu à son agonie le petit garçon qu'il avait été. C'est stupide. Pourquoi juste maintenant ?

Mais le pire, c'est ce qu'il a dit. C'est sûrement ça qui doit me faire pleurer.

Il regrette. Il regrette. Il regrettait…

Il regrettait de t'avoir tué, maman. Il regrattait d'avoir laisser ce type me toucher. Il regrettait que ce ne soit pas moi qui l'aie tué. Je n'aurais pas réagit ainsi, dans ce cas. Je n'aurais pas pleuré.

Mais pourquoi je pleure, merde ? Il a fait souffrir tant de gens, en a tué énormément, il s'en est même prit moralement à moi… Et comme une idiote, je pleure.

Zolf.

Toute petite, j'ai essayé de me rapprocher de toi. Toute petite, je t'aimais comme on aime un frère, même si tu n'y répondais pas. Je t'ai aimé jusqu'à ce que tu les tues sous mes yeux. Mon père, je ne l'aimais pas. Mais j'aimais maman. Et toi aussi. Sinon, tu ne lui aurais pas demandé pardon.

Tu n'aurais pas pleuré.

Et pourquoi je pleure, moi ? Parce que mon demi-frère est mort. Celui que j'ai haï pendant un peu plus de dix ans. Il est mort. Et si ça se trouve, je pleure pour ça.

Je lève lentement les yeux. L'Ishbal me regarde. Je lui offre un sourire triste et je m'en vais. Je rentre. Je vais rejoindre les autres.

Quand je suis arrivée, Jean a accourut vers moi. Il a crié, m'a traitée d'inconsciente. Je me suis remise à pleurer. Il m'a prise dans ses bras.

Il est mort. Mon frère est mort.

Et la lumière rouge qui provient de Lior me fait encore pleurer.

Mais pourquoi est-ce que je pleure ?

Pourquoi… ?

Je ferme doucement les yeux. J'ai sommeil.

Moi, je les rouvrirai. Toi non.


Epilogue dans pas longtemps...