Master and Slave
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Le concierge, Mr. Augustin K. par contre est ma propriété ! (on ne rigole pas ;P)
Note: J'ignore si je pourrai avoir un rythme de publication régulier, je m'en excuse d'avance. Je m'excuse également s'il y a un peu de OOC...
Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !
Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)
Je réponds (toujours) à toutes les reviews, via le système de réponse aux reviews!
La review anonyme:
Lynn: Voila une bonne nouvelle ^^. Aizen est insaisissable et il réserve encore quelques petites surprises ^^ (du moins je l'espère)
Je n'en doute pas une minute \o/ j'attends ta review avec impatience alors ;)
Le jeune homme se figea alors que Sosuke le relâchait et le dépassait pour disparaitre finalement dans sa chambre. Lui-même resta un instant immobile, les paroles d'Aizen en boucle dans son esprit. Il ne comprenait absolument pas où il voulait en venir, d'autant qu'il ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait. Il se rappelait juste s'être énervé. Grandement énervé. Pas plus.
Il alla s'écrouler sur le canapé et mit la télévision en marche sur une chaine quelconque. Juste se vider l'esprit. Rien d'autre. Sans qu'il ne s'en rende, il piqua du nez et se retrouva allongé sur le canapé, un des coussins entre ses bras. La télécommande tomba au sol alors que Morphée venait l'emporter.
Livre I – Un simple jeu
Chapitre 7
Un nouveau mois s'écoula, sans que rien de passionnant ne se déroule. Les journées de l'étudiant étaient divisées entre ses études, et les visites à l'hôpital. Du moins durant la première semaine puisque Masaki ne fut pas longue à sortir. Elle n'avait reçu que quelques blessures légères.
Au niveau de ses relations ? Au point mort également. Sosuke n'était plus dans le mépris clairement affiché. Disons plutôt une légère hostilité. Mais au moins il ne cherchait plus à le faire sortir de ses gonds. Alors il avait fini par instaurer une sorte de… rituel ? Il ne savait pas exactement comment définir cela. Toujours était-il qu'il avait prit cette habitude, lorsqu'il rentrait des cours, de rejoindre le brun pour une étreinte brève avant qu'il ne se sépare pour retourner à ses fiches et ses leçons, tranquille dans sa chambre.
Parfois, lorsqu'il se décidait à se poser pour regarder un peu la télé, plus pour déconnecter son cerveau que par réel intérêt, il en profitait un peu plus. Ça lui évitait au moins de se sentir complètement seul.
Même si Sosuke ne réagissait pas, ou très peu. Il se contentait de se laisser faire, en attendant qu'il en ait assez et s'en aille. Parfois il grognait et bougeait légèrement, mais c'était plus pour trouver une position plus confortable pour lui. Il fallait dire que… cela arrivait souvent lorsqu'il venait s'étaler de tout son poids sur lui alors qu'il était sur le canapé.
Qu'Aizen décide de l'ignorer l'ennuyait un peu à vrai dire, mais dans la mesure où il avait cessé de le railler à tout bout de champs, il ne lui en demandait pas plus. Il se contentait de ce qu'il lui offrait actuellement.
Oh… Il se doutait bien que cette indifférence à son égard était liée aux paroles qu'il avait prononcées ce soir là bien sûr. Mais il ne parvenait toujours pas à comprendre ce qu'il pouvait faire au juste. Aizen avait refusé de lui répondre lorsqu'il lui avait posé la question. Il lui avait simplement dit qu'il devait trouver tout seul.
Il tournait en rond, et en revenait toujours à se demander comment il aurait dû réagir. Se mettre en colère face à son cousin… n'était pas exactement la meilleure solution. C'était même la plus inefficace. A bien y réfléchir, il ne se souvenait pas de que quelque chose ait, un jour, réussi à le calmer.
Et puis, bon. Même si Shiro était assez énervant, il l'appréciait malgré tout… quand il était de bonne humeur, il était un très bon allié. Il l'avait tiré plusieurs fois des ennuis et lui avait évité de sérieuses blessures. A cause de ses cheveux. Sa mère lui avait dit que leur couleur était magnifique, mais beaucoup trop voyante. Elle avait souvent eu tendance à attirer l'attention. Une attention dont il se serait parfois bien passé.
Enfin, c'était de l'histoire ancienne.
On était désormais mi-novembre, et alors qu'il enfilait son manteau et son écharpe pour partir en cours, il se surprit à languir d'arriver aux vacances de noël. Histoire d'avoir la paix… Et aussi de ne plus avoir à aller se geler dehors.
- A ce soir, Sosuke.
Il n'attendit pas la réponse pour quitter l'appartement, puisqu'il savait très bien qu'il n'en aurait pas. Pour preuve, Sosuke ne daigna même pas lever le nez de son livre, même lorsqu'il entendit le bruit caractéristique du verrou. Il se demandait encore la raison de cet enfermement puisqu'étant libre de ses mouvements il pouvait très bien l'enlever pour s'en aller.
« Mesure de précaution, quelle question. » lui avait répondu froidement Ichigo lorsqu'il avait osé lui demander directement, un beau matin. C'était une évidence bien sûr, ce qu'il pouvait être idiot des fois, vraiment... Au moins le jeune homme avait-il finalement compris qu'il avait intérêt à lui trouver une occupation.
Il ne pouvait, ni ne voulait, accompagner l'adolescent à ses cours et que sortir flâner dans les rues ne l'intéressait pas du tout. L'étudiant avait d'abord pensé à une console de jeux avant d'opter pour la littérature et les ouvrages d'histoire, après lui avoir demandé ses centres d'intérêts. Ichigo avait remarqué la manière dont ses yeux avaient brillé quand il avait mis la main sur ses cours d'histoire de la médecine. Avec ses révisions il avait tendance à laisser trainer ses feuilles partout. Alors il avait fait l'effort de prendre en priorité ce genre d'ouvrage, et il avait gardé la console pour lui.
L'esclave prit un livre au hasard, une tasse de thé prés de lui. Il s'installa dans le canapé avec l'intention de ne plus en bouger. Ce ne fut que bien plus tard dans la mâtiné qu'il fut dérangé, après qu'on est toqué à la porte. Un quelconque vendeur à la sauvette, qu'il aurait volontiers ignoré si ça n'avait pas été aussi insistant. Il referma l'ouvrage d'un geste brusque, alors qu'on toquait pour la dixième fois consécutive.
Il se leva, et ouvrit à l'imprudent d'un mouvement brusque, peu heureux. Ce fut pour tomber face à Shiro qui lui offrit son plus beau sourire. Il le salua d'un bref mouvement de la main, lâchant un « bah enfin». Insensible, Aizen se contenta de grogner, et referma la porte aussi sec. Ce fut sans compter la main du cousin d'Ichigo qui l'empêcha de finir le mouvement et de remettre le verrou.
- Pas content de me voir ? Allez, ouvre.
- Ton cousin n'est pas là, soupira l'esclave, dégage.
- C'est toi que je suis venu voir.
Sosuke ne put se retenir d'esquisser un sourire ironique, alors qu'il faisait de nouveau face à Shiro. Il l'empêcha d'entrer à défaut de pouvoir lui claquer la porte au nez. Ce gamin voulait donc venir lui chercher des ennuis ? N'avait-il rien de mieux à faire que de pourrir la journée d'un pauvre esclave ?
Oui, pauvre. Il n'y avait vraiment pas d'autre mot pour désigner l'acharnement du destin sur sa personne dernièrement.
- Tu m'as vu maintenant, tu peux repartir, fit-il d'une voix douce, tenant l'adolescent à distance.
- Ne soit pas si hostile, je suis sûr qu'on peut trouver un terrain d'entente.
- Tiens, j'ai déjà entendu ça quelque part.
- Tu me laisses entrer ?
- Que je réfléchisse… Non.
Le jeune homme eut une moue boudeuse, et il gonfla les joues, mécontent. Sur le coup, Aizen eut devant les yeux une copie conforme d'Ichigo dans ses grands jours. Il se demanda un instant si ce n'était pas voulu. Ne serait-ce que par ce que Shiro finit par soupirer et abandonner son attitude « amicale » voyant que c'était inutile face à lui. Il l'empêcha une nouvelle fois de refermer la porte.
- J'ne vois pas pourquoi je m'embête, t'es qu'un esclave après tout.
- Viens-en aux faits. Et déguerpis.
- Tu m'agaces, siffla l'adolescent, j'ai bien envie de te faire ravaler tes grands airs.
Aizen eut un soupir, alors qu'il se pinçait l'arête du nez. Il montrait très clairement son agacement face à l'attitude du jeune homme. Ce dernier d'ailleurs eut un sourire mauvais et fit passer sa langue sur sa lèvre inférieure. Il fit quelque pas et posa ses doigts sur le torse de l'esclave qui eut un sursaut, la chassant immédiatement. Shiro voulut profiter que les mains de l'esclave serrent ses poignets. Il s'avança pour tenter poser ses lèvres sur celle de son vis-à-vis, mais se fit repousser avant d'y parvenir. Il grogna.
Es-ce qu'il abandonna ? Bien évidement que non. Plus il était repoussé et plus il s'acharnait. Un trait de famille, sans aucun doute. Ce n'était pas possible autrement. Surtout qu'il s'était désormais mis en tête de lui sortir toute une liste de propositions indécentes, dont il n'écouta pas la moitié. Il préféra arrêter ce moulin à parole d'une main plaquée sur la bouche.
- Tais-toi, tu es fatiguant.
L'adolescent plissa les yeux. Il y vit sa chance alors que l'esclave s'était avancé pour le faire taire. Aussi rapidement que possible, sa propre main vient serrer le poignet de Sosuke, alors qu'il écrasait violement ses lèvres contre les siennes. L'élan qu'il prit, allié à la surprise d'Aizen, forcèrent celui-ci à reculer. Son dos heurta sans douceur le mur à côté de la porte. Shiro eut juste le temps de laisser sa main libre glisser sur le bas ventre avant que ses lèvres ne soient mordues sans scrupule. Il se recula par réflexe, et ouvrit la bouche pour l'insulter. Avant d'avoir pu prononcer une seule parole, il reçu un puissant choc sur le thorax, qui lui coupa quelque peu le souffle et le contraignit à reculer.
Il porta une main à ses lèvres douloureuses, siffla en apercevant du sang sur ses doigts. Ce connard ne l'avait pas loupé et le regard noisette était plus méprisant que jamais. Il se força à ignorer la douleur pour se redresser et offrit un sourire mauvais à Sosuke, désireux de reprendre l'ascendant. Du moins croyait-il le faire.
- Je suis prêt à parier que le prince ne t'a pas touché, fit-il alors qu'il croisait les bras sur son torse, il est bien trop prude pour cela. Je serai donc le premier à te baiser.
- Ça j'en doute, fit l'esclave, avec un rire.
- Trouve mieux.
- Peux-tu seulement comprendre les réponses plus élaborées, petite monture? ricana Aizen, se reculant pour clore définitivement la conversation et la porte. Il mit le verrou pour être certain avoir la paix.
Il y eut un léger silence. Puis un bruit sourd raisonna dans l'appartement suivit de la voix forte mais étouffée par la porte d'entrée de l'adolescent. La colère était très nettement perceptible et Sosuke s'autorisa un dernier rire, moqueur, par pure provocation, alors qu'il s'adossait à la dite porte. Il passa sa main sur ses lèvres comme pour tenter d'effacer le geste de Shiro. Lui faire croire qu'il était en position de force pour mieux le faire chuter par la suite et il récoltait une réaction absolument fantastique. L'adolescent finit par se calmer tout seul. Du moins arrêta t-il de taper contre le panneau de bois, posant son front dessus. Il savait que l'esclave était juste derrière.
- Profite… Par ce que je te jure, que d'une façon ou d'une autre, ton cul m'appartiendra. Et je me ferai une joie de te faire regretter cet instant.
- J'en tremble, fut la réponse qu'Aizen daigna donner avant de s'en aller pour de bon. Il se retrancha dans le salon après être aller se chercher une nouvelle tasse de thé. De retour dans sa position première, le récipient brulant dans les mains il se permit de souffler en baissant légèrement la tête. Puis il ferma les yeux, et chassa ce moment de sa mémoire.
Il décida de passer sous silence cet événement non désiré à Ichigo. Par ce que ça ne le concernait pas, dans un premier temps, et enfin par ce qu'il n'accordait qu'une importance relativement minime à cette scène. Quoi que pouvait bien décider de faire Shiro, il n'aurait aucune difficulté à la repousser. Il ne ferait plus l'erreur de comparer les deux jeunes gens, ça lui éviterait les mauvaises surprises.
Il se replongea dans son livre, l'incident fut vite oublié, jusqu'à ce que le verrou ne se fasse de nouveau entendre. La porte s'ouvrit pour laisser passer un Ichigo fatigué qui envoya son sac voler dans un coin de l'entrée avant qu'il ne rejoigne le salon pour venir lourdement s'effondrer sur lui. Sosuke n'eut que le temps d'ouvrir les bras pour le réceptionner et éviter ainsi des douleurs inutiles. Avec un soupir, il leva son ouvrage pour continuer sa lecture, stoïque.
Amorphe, le nez contre son torse, l'étudiant bougea finalement un peu avant de marmonner quelque chose d'incompréhensible. Trop bas, et étouffé par le tissu.
- Oui. Je suis entièrement d'accord, railla l'esclave pour la forme
Ichigo grogna et releva la tête pour le fixer. C'est à ce moment là qu'Aizen remarqua les cernes monstrueuses qui décoraient le dessous des yeux ambre. Il eut une légère grimace, ce qui vexa le jeune homme qui fronça d'avantage les sourcils.
- Te fous pas de moi…
- J'oserais jamais.
L'étudiant plissa les yeux, avant de laisser échapper un gémissement désespéré et de laisser sa tête retomber. Il se mit à pester contre le rythme effréné des cours et un certain esclave peu enclin à lui faciliter la tache. Sosuke pu l'entendre marmonner qu'il en avait marre et tout un tas d'autres choses, avant qu'Ichigo ne se redresse brusquement, un air franchement étonné sur le visage.
- Attends un peu… Tu recommences ?
- Recommencer quoi ?
- Ça ! Réagir, m'énerver !
Haussant un sourcil, Aizen referma son livre pour la troisième fois de la journée. Il prit simplement la peine de coincer son doigt, comme marque page. Il ramena ses bras contre lui, toute son attention focalisée sur le jeune homme. Toujours aussi suspicieux, Ichigo avança brusquement son visage vers lui et par réflexe, il utilisa son ouvrage comme bouclier. Il s'empêcha de rire alors qu'un bruit sourd et un nouveau gémissement de douleur témoignaient de la rencontre inattendue.
- Je crains de ne pas voir où tu veux en venir.
- Il s'est passé un truc durant mon absence…
- Tu vas me faire le coup du maître paranoïaque, maintenant ?
- Pas du tout !
Il y eut un silence éloquent entre les deux hommes, l'un boudeur, l'autre blasé. Ichigo finit par se redresser avec un soupir, pour se retrouver assis sur la taille de Sosuke. Il se passa une main dans ses courtes mèches, quelque peu gêné.
- Oh, ça va. Je suis juste fatigué.
- Bien sûr.
L'étudiant quitta le canapé avec un geste agacé de la main et il s'étira avec une grimace. Résigné, il retourna à son travail habituel, sans un mot de plus, pour finalement s'endormir sur son bureau, trop fatigué pour continuer d'assimiler ses leçons. L'esclave passa à côté de lui, mais ne daigna pas le porter jusqu'à sa chambre. On lui avait déjà fait le coup une fois. Pas deux.
Lorsqu'Ichigo se réveilla le lendemain, son corps lui rappela gentiment qu'il n'appréciait pas beaucoup cette position pour dormir. S'étirer ne lui apporta que des douleurs et il ne tarda pas à paniquer en réalisant que s'il ne partait pas immédiatement, il allait être en retard pour ses cours.
La semaine qui suivit n'eut rien de bien palpitant. Si ce n'est que les cernes et la fatigue donnaient au jeune homme un air de fantôme qui fit beaucoup rire le petit groupe que lui et Ishida rejoignait à midi, le Quincy ayant très vite été accepté. L'atmosphère entre les deux garçons était d'ailleurs devenu tendue : Ichigo ayant eu le malheur de le taquiner quelque peu après avoir remarqué l'intérêt brutal du garçon à lunette pour son amie d'enfance, Orihime. Sèchement rabroué par Uryû, ils s'étaient disputés et l'étudiant avait marmonné en partant quelque chose à propos d'un balai coincé quelque part.
Cependant, les rires avaient laissé place à l'inquiétude lorsqu'Uryû avait avoué qu'il avait dû plusieurs fois réveiller Ichigo qui s'était endormi en cours. Si le jeune homme avait râlé et lui avait rappelé qu'il avait promis de tenir sa langue, il dut très vite se faire tout petit face au sermon de Tatsuki.
- Ce n'est qu'un peu de fatigue ! avait-il répondu, avant d'hausser les épaules, j'rattraperai mon sommeil quand j'aurais le temps.
- C'est ce qu'on dit avant d'être retrouvé raide mort ! hurla son amie en retour.
- T'exagères pas un peu ?
- Mais non ! enchaina Orihime, assise à côté de lui, imagine que tu t'endormes d'un coup et que tu tombes dans les escaliers et puis…
Il aurait dû se douter qu'il ne parviendrait pas à les convaincre. Ne serait-ce que par les cinq regards sceptiques qui se posèrent sur sa personne. Orihime lui proposa même de profiter des pauses pour faire une petite sieste et offrit ses genoux comme oreiller de fortune. C'est avec les joues rouges qu'il refusa net. La jeune fille accusa le coup, mais n'insista pas plus. Il en fut désolé pour elle, mais préféra éviter de partir dans des explications qui seraient foireuses, de peur de s'enfoncer encore un peu plus.
Ishida lui en voulu un peu plus pour ça. D'autant qu'il était dans le même état de fatigue que lui. Peut être un peu moins. Mais il avait vite compris lorsqu'entre deux cours, le garçon avait sortit des cachets qu'il avait englouti. Des vitamines entre autre. En interceptant son regard interloqué il avait eut un léger sourire et lui avait tendu la boite.
- Tu en veux, Kurosaki ?
- Non merci.
Il avait décidé ne pas utiliser ce genre de procédé, d'autant qu'Uryû lui avait dit qu'il avait de plus en plus de mal à trouvé le sommeil depuis peu. Il préférait éviter de dérégler tout son système, juste pour pouvoir suivre des cours rasoirs au possible.
- Tu devrais arrêter, Ishida.
- Pas moyen.
La discussion se clôtura là, et le Quincy le laissa piquer de nouveau du nez lors du cours suivant. Le menton au creux de la main, il avait fermé les yeux un instant et avait sombré. Il ne le comprit qu'en se réveillant, alors qu'il se faisait la remarque que le professeur avait radicalement changé de sujet. Ils en étaient venus à un certain roulement : l'un prenait des notes pendant que l'autre dormait plus ou moins en écoutant. Le cours ou la fois suivante, ils échangeaient. Il ne leur restait plus qu'à photocopier les feuilles de l'autre et réviser tranquillement par la suite.
Et parfois, ils avaient de bonnes surprises. Comme ce vendredi où leur dernier cours sauta, le prof n'étant pas disponible. Les 4 heures de biologie en moins, il avait eut l'idée dans un premier temps de rejoindre la bibliothèque universitaire. C'était sans compter sur Orihime qui, ayant finit ses cours, le retrouva par hasard à une des tables.
- Kurosaki-kun ? Je pensais que tu étais encore en cours !
- Le prof n'est pas là, ch'uis venu bosser ici.
La jeune fille avait froncé les sourcils, et avait refermé le livre qu'il était en train de lire. Devant son regard surpris, elle prit l'ouvrage contre elle, pour être certain qu'il n'y toucherait plus et lui demanda de rentrer immédiatement chez lui. Avec un sourire, elle lui assura qu'elle remettrait tout en place si ça pouvait lui faire plaisir. Trop surpris, il avait obéi sans broncher.
- Passe un bon week-end, Kurosaki-kun !lui avait alors lancé la jeune fille avec un signe de la main. Il lui avait répondu d'un simple mouvement de la tête avant de prendre la poudre d'escampette.
Les colères d'Inoue étaient rares. Pour ne pas dire presque inexistante. Pas de cri, pas de violence, rien de tout cela. Elle n'en avait pas besoin pour faire plier les gens quand elle était vraiment décidée. Enfin… c'était en théorie puisqu'elle restait en retrait la plupart du temps.
Certains la trouvaient stupide et inutile. C'était faux. Elle vivait dans son petit monde, sa force était particulière, mais bien présente. Il se demandait parfois si elle avait conscience de ce qu'elle était capable de faire. Oui, surement. Mais elle préférait rester spectatrice que de devenir actrice.
Sur le chemin du retour, il s'arrêta un instant dans une enseigne, histoire de se prendre un chocolat. Ça lui servirait à garder ses mains au chaud et à ne pas arriver totalement frigorifié à l'appartement.
Manquerait plus qu'il tombe malade !
Cela lui prit quelques minutes supplémentaires. Heureusement, il n'y avait pas foule et il put reprendre son chemin tranquillement. Après avoir gentiment repoussé la serveuse qui lui faisait les yeux doux. Du rentre dedans plus ou moins subtil, qui le gêna plus qu'autre chose. Lorsqu'il franchit l'entrée, il se promit de ne plus jamais y remettre les pieds.
Le récipient en carton dans les mains, il soupira en marchant lentement le long de la rue. A quoi bon courir, il ne se sentait pas du tout l'énergie pour ça. Les premières gorgées chocolatées lui firent un bien fou, et il s'amusa un instant à souffler dans le vide. Il lui semblait que la brume était plus épaisse, puisque la chaleur dégagée était un peu plus importante que d'habitude.
Finalement, Orihime et les autres avaient raison. Ce soir et le week-end prochain, il les consacrerait à un repos bien mérité. Ça lui permettrait de reprendre plus belle pour la suite. Et d'éviter ainsi de devoir se droguer pour continuer. Ce qu'il ne fallait pas faire…
Arrivé devant son immeuble il étouffa un bâillement, et se débarrassa de son gobelet, désormais vide, dans la poubelle la plus proche. Il se frotta les mains en pestant contre le froid lorsqu'il composa le code digital de la porte d'entrée. Il récupéra son courrier machinalement et sentit un regard posé sur lui. Il tourna la tête pour faire face au concierge qui détourna les yeux, visiblement confus et ennuyé. Allons bon, qu'es ce qu'il avait encore fait ?
- Quelque chose ne va pas ?
Les lettres dans son sac, il s'était approché de l'homme âgé et aux cheveux grisonnants, mais qui n'était pas méchant. Peut être parfois un peu trop curieux. Celui-ci se gratta la nuque, hésitant visiblement sur la réponse, avant de secouer les mains.
- Rien, Kurosaki-sama. C'est juste… Enfin… Il me semblait…
- Oui ?
- Il me semblait vous avoir déjà vu passé, monsieur.
La surprise se peignit sur les traits du jeune homme, alors que le concierge retrouvait un léger sourire, visiblement content. Il se saisit de son balai, posé contre le mur à côté de lui puis se remit à sa tache en sifflotant. L'étudiant finit par l'interrompre à nouveau, et se posta devant son nez, ses mains crispées sur la bandoulière de son sac.
- Comment ça, déjà passé ?
- Eh bien, à part les cheveux et les yeux, une personne vous ressemblant est montée. J'ai cru que c'était vous. Je sais que les jeunes ont de drôle de lubies et… Mais ça m'étonnait un peu de votre part. Enfin, je suis content de voir que je me suis trompé…. Monsieur ?
Déjà blanc, Ichigo avait pâlit un peu plus, et l'homme se pencha, quelque peu inquiet de le voir dans cet état. C'est qu'il l'aimait bien ce petit, même si son dynamisme s'était quelque peu éteint ces derniers temps. Le voir le harceler de question aurait presque pu lui faire plaisir, si la panique n'était pas si visible et si perceptible.
- A quoi ressemblait-il ?
- Les cheveux blancs… Et les yeux… Étranges j'ai envie de dire, mais je n'ai pas eu le temps de bien voir.
- Et il est monté ?
- Comme il avait les clés dans ses mains, vous comprenez, je…
Le concierge s'arrêta brusquement lorsqu'il réalisa ses paroles, mais le jeune homme devant lui avait déjà disparu. Les bruits de sa course raisonnèrent dans tout le hall. Il râla contre son sac, devenu beaucoup trop encombrant pour le coup. Arrivé devant la cage d'escalier, il s'arrêta un instant avant de reprendre sa course effréné. Il ne prit pas la peine d'appeler l'ascenseur. Transparent, il pouvait voir que celui-ci était en hauteur, et donc bien trop long à descendre. Il se rua dans les escaliers.
Il ignora les protestations de son corps qui se rappela à son bon souvenir. Il ignora son point de côté, tout comme sa fatigue qui semblait s'être envolée momentanément. Et il se maudit d'habiter si haut, alors qu'il grimpait les marches quatre à quatre, la respiration erratique. Sa poitrine commença bientôt à le brûler. Il manqua d'ailleurs de tomber plusieurs fois en ratant une marche, mais ça ne le freina même pas.
Si Shiro, parce que ça ne pouvait être que lui, s'était pointé ici en son absence, c'était un très mauvais signe.
Non.
Que Shiro se pointe tout cours, était toujours très, très mauvais signe. Et il n'avait pas vraiment de difficulté à savoir pourquoi, ou plutôt pour qui, il avait bien pu faire le déplacement. Lui qui croyait qu'il rentrerait bien sagement avec sa tante après la petite soirée.
Mais comment diable son cousin s'était-il procuré la clé de son appartement ?
Arrivé devant la porte d'entrée, il s'arrêta quelques petites secondes, le temps de calmer ses tremblements. Il ferma un instant les yeux et fit attention à ne pas faire de bruit, alors qu'il poussait le panneau de bois, évidement déjà ouvert. Heureusement pour lui qu'il y avait un vestibule, qui lui permettait de ne pas être vu tout de suite. Il posa son sac sans bruit au sol et s'avança. Il se faisait justement la réflexion que l'appartement était bien trop silencieux quand raisonna le rire si caractéristique de son cousin.
- Regarde ce que je suis obligé de faire par ta faute. Le seul inconvénient, c'est que je n'vais pas pouvoir t'entendre crier et me supplier.
Ichigo passa dans le salon, son regard se porta immédiatement vers les deux autres hommes. Shiro lui tournait actuellement le dos, trop préoccupé par Sosuke, qu'il avait plaqué au sol. Ce qui l'inquiétait, c'était que ce dernier ne bougeait pas. Il fit quelques pas rapides vers eux et sentit ses poings se serrer sous la colère naissante qui s'empara de ses entrailles.
Son cousin se releva légèrement pour se déplacer. Se reculer plus exactement. Le jeune homme eut le temps d'apercevoir la chemise ouverte sur le torse d'Aizen qui ne réagissait toujours pas. Et lorsque Shiro eut un reniflement avant de se pencher et d'effleurer de sa main le corps étendu, Ichigo arrêta de réfléchir.
Merci de m'avoir lu !
