Bonsoir chères lectrices,

Je vous remercie pour toutes vos reviews. Je vous ai répondu assez tard par rapport à d'habitude mais, ayant eu une semaine plus qu'overbookée, vous n'imaginez pas comme elles m'ont fait plaisir !

Vous avez de la chance : comme j'avais anticipé cette semaine surchargée, je suis en mesure de vous fournir le nouveau chapitre de cette fiction en temps et en heure ! Je m'épate moi-même !

Bonne lecture ! Dégustez bien !


.

Titre de la fiction : Sous X

.

Enjoy !

.


.

.

Chapitre V – Repas de Fiançailles

.

.

Deux jours plus tard, le docteur Carlisle Cullen était venu demander solennellement au commissaire Charlie Swan la main de sa fille Isabella Swan pour son fils, Edward Cullen, avocat inscrit au barreau de Paris.

Il avait présenté la famille Cullen et son patrimoine, exposé les qualités de son fils, mis en avant son travail, ses revenus et sa réputation sans tache au Palais de Justice.

Après avoir évoqué le montant élevé de la dot de sa fille unique, Charlie s'était empressé d'accepter cette demande officielle. Il l'avait déjà en quelque sorte validée lorsqu'il avait convenu de ce rendez-vous avec le jeune Edward.

Son épouse avait mis « de l'eau dans son vin » et accepté cette union.

De toute façon, Charlie était convaincu que ce jeune avocat prometteur était l'époux idéal pour leur fille. En tout cas, il était celui qui serait capable de la rendre la plus heureuse possible, contrairement aux autres prétendants qui étaient venus la courtiser et qui l'avaient tant ennuyée.

Un repas chez les Cullen avait été immédiatement programmé pour officialiser les fiançailles, pour que les deux familles s'accordent sur l'organisation du prochain mariage.

Ce repas aurait également pour conséquence d'annoncer les fiançailles d'Edward et Bella à l'ensemble de la bourgeoisie parisienne. Ainsi, les deux jeunes gens pourraient apparaître au bras l'un de l'autre, en tant que fiancés lors du mariage de Sam Uley avec sa dulcinée Emily, qui se déroulerait le week-end suivant.

.

.

Bella était heureuse de cette demande en mariage. Elle l'avait tant espérée, redoutant une demande de la part de Mike ou Paul. Et encore plus de James.

Edward était celui avec qui elle appréciait passer le plus de temps ; celui avec qui elle aimait discuter de sa passion, la littérature ; celui avec qui elle semblait le mieux s'entendre.

Cependant, elle n'arrivait pas à se réjouir.

Non !

Ce milieu du mois d'août lui rappelait trop de souvenirs de l'an passé, qu'ils soient bons comme mauvais.

Elle se remémorait son été ennuyeux et solitaire en Charentes, ses balades agréables sur sa jument fétiche Apamée, sa rencontre avec...

Elle se refusait toujours à l'évoquer. Elle qui avait alors tellement cru à l'amour en avait été finalement blessée. Terriblement... Sans oublier ce qui s'en était dramatiquement suivi...

Bella perdait à nouveau pied.

Les pleurs qui s'étaient faits plus rares depuis le Bal des Débutantes revenaient à nouveau en force.

Elle réussissait à faire face devant Edward, à sauver les apparences.

Mais, dès qu'il quittait la maison de ses parents, ses yeux se brouillaient et elle devait trouver une excuse valable pour fuir dans sa chambre, où l'attendait toujours son plus fidèle confident, son oreiller. Jamais il ne lui avait fait faux bond, contrairement à son entourage parental.

Renée était finalement satisfaite de cette union. Elle avait sous-estimé le patrimoine immobilier de la famille Cullen. Certes, Bella n'aurait pas le même train de vie que ses parents, encore moins celui de la famille Newton. Mais elle bénéficierait d'une vie tout à fait charmante.

Elle ne voyait aucunement la souffrance de sa fille, encore moins le fait qu'elle traversait une période sombre.

Renée ne pensait qu'à préparer le trousseau de sa fille.

Le linge de maison (draps, alèses, serviettes de bain, gants, peignoirs, tabliers, essuie-mains, torchons, rideaux, …) était déjà acheté : il ne restait plus qu'à broder les initiales du futur couple sur les plus jolies pièces.

Le couturier était venu prendre les mesures de Bella pour préparer des robes de soirée pour la nouvelle saison qui s'annonçait et que Bella effectuerait en tant que femme mariée, et non plus jeune fille. Surtout, il se devait de proposer rapidement à Madame Swan les croquis d'une robe de mariée.

Le reste des vêtements de la jeune fille avait été acheté récemment en prêt-à-porter, comme cela se faisait actuellement. Renée Swan avait dû renouveler une grande partie de la garde-robe de son indécente progéniture, suite à son erreur de parcours de l'an passé.

Quant aux meubles, cela ne se faisait plus vraiment d'en amener chez son futur époux. Cela était vrai du temps du mariage de Renée avec Charlie. Cela dit, si la famille Cullen en réclamait, c'était tout à fait envisageable. Bella quitterait de toute façon le domicile parentale avec de la vaisselle quotidienne, mais aussi avec un service en porcelaine et des couverts en argent.

Renée se frottait les mains, heureuse d'avoir accompli sa mission de marier le plus vite possible sa désespérante descendante.

Elle espérait que les Cullen accepterait un mariage rapide, et non de longues fiançailles comme cela se pratiquaient de plus en plus actuellement, surtout quand la jeune fille était aussi jeune qu'Isabella et aurait pu aller étudier à l'Université.

Enfin, Renée ne s'inquiétait plus que d'une chose : informer sa fille pour qu'elle simule la douleur prouvant la perte de son innocence.

Elle ne comptait aucunement parler du devoir conjugal à Isabella, estimant que cette dernière, pour le plus grand malheur de leur famille, avait suffisamment pratiqué, ne songeant même pas aux peurs ou angoisses que cette dernière pourrait avoir développées à ce sujet-là, au fait que le prêtre lui avait répété mille fois en confession qu'elle avait été inspirée par le Malin et que Dieu l'avait correctement châtiée pour sa faute.

.

.

Le repas de fiançailles chez Cullen s'était déroulé de manière très agréable, en petit comité.

La table dressée dans le jardin de la maison du docteur et de son épouse sous une pergola était tout à fait originale, décorée de multiples fleurs estivales. Les mets servis étaient succulents et raffinées, de même que les vins.

Renée était ravie : la famille Cullen savait recevoir. Si ce n'est qu'il manquait à l'appel la vraie mère du jeune homme. Elle n'avait pas été évoquée du tout.

Pourtant, le docteur Cullen avait invité son jeune frère Eleazar et son épouse Carmen, venus expressément d'Espagne pour les fiançailles de leur neveu.

Leur fille, Kate, âgée de 12 ans, avait immédiatement adopté Bella.

-Est-ce que je pourrais être ta demoiselle d'honneur ? Demandait-elle en sautant partout autour des invités. Bella, dis oui, s'il te plait, ce sera mon premier mariage ! Et je te promets que je serai parfaite. Je porterai la traine de ta robe, ainsi que ton bouquet quand il le faudra, j'amènerai les allian...

-Kate ! Doucement ! L'interrompait gentiment Irène, sa grand-mère paternelle qui était aussi celle d'Edward. Laisse Bella respirer et choisir sa demoiselle d'honneur ! Si tu continues ainsi, tu vas l'effrayer !

-Mais Mamie, si je ne lui propose pas, elle ne peut pas savoir que j'en ai envie !

Bella, assise aux côtés d''Edward qui lui tenait la main sous la table, souriait devant cet échange affectueux. Mais elle n'osait pas répondre, ni prendre d'initiative ne sachant ce sa mère souhaitait.

-Elle a raison, la soutint Esmé qui adorait cette gamine rayonnante.

-Oh ! Esmé ! Râla Carmen. N'encourage pas ma fille dans ses lubies ! Bella a peut-être une cousine à qui proposer ce rôle.

-Non, Bella n'a pas de cousine assez jeune à qui proposer ce rôle, affirma Renée Swan d'une voix posée. Comme vous le savez, je suis fille unique et Charlie n'a qu'une sœur ainée, Adélaïde, qui est actuellement malade et ne peut voyager. Son fils Laurent sera présent au mariage mais ne pouvait venir pour ce simple déjeuner de fiançailles.

-Génial ! Alors, c'est moi la demoiselle d'honneur ! S'écria Kate enthousiaste. T'es d'accord, toi aussi Edward ?

-Bien sûr, choupinette ! Si Bella l'est aussi. Cette dernière acquiesça à la question muette d'Edward. Mais, avant de parler mariage, il nous faut officialiser nos fiançailles. Edward se leva et sortit un boitier bleu de la poche de sa veste. Il se tourna vers Bella dont la respiration s'accélérait. Elle n'avait pas pensé à cela, elle n'avait imaginé que le repas en famille. Isabella, acceptes-tu de devenir ma femme devant nos familles réunies aujourd'hui ?

Edward attendait cette réponse.

Jusqu'à présent, il n'avait eu que l'accord des parents Swan.

Il souhaitait tant obtenir celui de Bella, même s'il avait bien conscience que sa demande était de toute manière tronquée puisque la jeune fille ne pouvait pas répondre négativement ; elle n'oserait jamais, par peur de décevoir sa dominatrice de mère.

Bella était émue. Jamais elle n'aurait imaginé qu'Edward lui poserait officiellement cette question. Les larmes perlaient au coin de ses yeux bruns, faisant couler son maquillage. Elle n'arrivait pas à répondre. Sa voix était étouffée par des sanglots.

Contre toutes les convenances, elle se leva alors et rejoignit Edward, se blottissant contre son torse musclé, entourant son cou de ses petites mains, se dressant sur la pointe des pieds pour lui murmurer un petit « oui » que lui seul entendit.

Edward était heureux de la réaction de sa fiancée et avait refermé ses bras sur elle.

Cette réaction lui ressemblait totalement. Elle montrait sa douceur et sa timidité dans cette première étreinte qui les rapprochait, mais aussi son accord franc et honnête dans ce mariage qui n'était pas ainsi qu'un simple mariage arrangé entre deux familles parisiennes et bourgeoises.

Si l'attitude de Bella fit rire les convives de la tablée, elle déplut souverainement à Renée Swan, qui essaya d'en rire en se moquant de sa fille.

-Et bien, Isabella, c'est tout toi, cela ! Pleurer au lieu d'ouvrir le cadeau que tu viens de recevoir.

Bella s'éloigna confuse et rougie de l'étreinte chaleureuse d'Edward. Comment avait-elle pu faire cela ? Pour quoi allait-elle passée ? Pourtant, elle avait apprécié ce doux moment : sa chaleur, sa force, son odeur... Tout en Edward lui plaisait.

Elle le regarda un peu paniquée qu'il ne soit choqué par son attitude.

Il la rassura d'un clin d'œil et d'un sourire.

Puis tous deux se rassirent.

-Tiens, c'est pour toi, précisa-t-il en lui tendant à nouveau le boitier qui était resté sur la table.

-Ah ! La bague de fiançailles ! Le moment le plus émouvant de toute la journée ! Commenta une Renée impatiente de la voir. J'espère qu'elle brillera suffisamment pour que tout le monde la remarque !

-Un diamant ne fait pas tout, la contredit Esmé d'un ton acerbe. Elle n'avait pas apprécié que Renée rompe le tendre moment entre son beau-fils et celle qui allait devenir sa bru. Personnellement, que Carlisle m'ait offert une bague en bois ou une bague à mille carats, je l'aurai tout de même épousé !

Sous les regards de tous, une Bella aux joues rouges ouvrit le boitier lentement. Elle qui détestait être au centre de l'attention était bien servie en ce moment.

Des « oh ! » et des « ah ! », des « qu'elle est belle ! » ou des « je veux la même pour mon mariage ! » fusèrent de toutes les femmes de la tablée.

La bague de fiançailles choisie par Edward était un saphir, serti de minuscules diamants qui l'entouraient. Elle était à la fois discrète, ce qui correspondait tant au goût de Bella, mais indiquait clairement son prix lorsqu'on l'examinait attentivement, ce qui enchantait Madame Swan.

-Elle... Elle est ravissante, bégaya Bella émue au possible. Merci beaucoup Edward.

-Puis-je ? Lui demanda-t-il en indiquant la bague toujours déposée sur son coussinet dans l'écrin. Bella acquiesça positivement. Edward prit alors la bague et la passa à l'annulaire gauche de celle qui était désormais sa fiancée. Si elle ne convient pas, je la ramènerai chez le joaillier pour qu'il l'ajuste exactement à ton doigt.

-Elle semble parfaite, répondit la jeune fille en admirant sa bague qui brillait de mille feux. J'aime beaucoup cette couleur bleue, sourit-elle à son fiancé.

-Et elle te va très bien au teint, approuva-t-il.

-Edward, je pense que tu peux embrasser désormais ta fiancée, suggéra Esmé ravie de cette alliance entre les deux jeunes gens.

Entendant ses paroles, Bella rougit jusqu'aux oreilles. Elle avait déjà particulièrement apprécié être dans ses bras.

Edward la regarda et interpréta ses joues rosissantes comme de la gêne d'être embrassée en public. Elle était si jeune, si innocente. Elle ne devait jamais avoir été embrassée. L'être devant ses parents et futurs beaux-parents avait de quoi la déstabiliser.

Il se rapprocha alors doucement d'elle, lui murmurant au creux de l'oreille des paroles douces qu'elles fut la seule à entendre « Plus tard, ce sera mieux ». Puis, il fit glisser ses lèvres le long de la joue de sa jeune fiancée en la picorant de multiples baisers jusqu'à atteindre ses lèvres pulpeuses et rosées qu'il effleura d'un léger baiser.

Lorsqu'il s'éloigna de la jeune fille, elle s'aperçut qu'elle tremblait. Bien qu'elle eusse entendu ses paroles, elle était déroutée, ne comprenant pas pourquoi il n'avait pas approfondi son baiser.

-Cette bague est réellement splendide, affirma avec force Madame Swan. C'est une vraie petite merveille. Toutefois, maintenant que les fiançailles sont officialisées et que la demoiselle d'honneur a été choisie, il nous faudrait fixer une date de mariage rapidement.

Edward bouillonnait intérieurement de voir comment la mère faisait tout pour se débarrasser de sa fille. Certes, il était ravi d'épouser Bella bientôt, mais si cette dernière avait souhaité faire des études, alors il aurait patiemment attendu qu'elle se sente prête pour ce mariage.

-Bien, pourquoi ne pas les marier au printemps prochain ? Suggéra Carlisle.

-Cela me semble bien tardif, contra immédiatement Charlie,sachant que sa femme risquait de se mettre en colère à une telle évocation.

-Oui, c'est exact, le soutint Renée. De plus, Carlisle, je suis sûre que vous souhaitez devenir rapidement grand-père, n'est-ce pas ? Lança-t-elle tout en se tournant vers Esmé, qui n'avait pas eu la chance de devenir mère. Et puis l'automne offre de beaux jours pour célébrer un mariage.

-Edward ? Le questionna son père pour connaître son avis.

Edward était partagé entre ce qu'il voulait : un mariage rapide (il avait déjà 24 ans et n'avait pas envie de connaître de longues fiançailles), une Bella heureuse, la construction de leur couple, et puis d'une famille ; et ce que convenait le mieux à sa fiancée. Il n'était pas sûre qu'elle fut prête pour un mariage rapide, elle lui avait paru tellement triste ces derniers jours. S'il n'y avait pas eu sa réaction franche et directe quand elle s'était serrée contre lui, il aurait préféré stoppé tout le processus de ce mariage auquel la jeune fille semblait contrainte.

Et puis, il y avait aussi ce que voulait Madame Swan, qui ferait immanquablement plier sa fille.

-L'automne est une belle saison pour un mariage. Si la date agrée à Bella, elle me conviendra également, répondit-il en se tournant vers sa jeune fiancée.

Cette dernière acquiesça à nouveau, donnant ainsi son accord.

Qu'aurait-elle pu faire pour refuser ? Sa mère ne l'aurait jamais toléré.

De plus, ce mariage avec Edward lui plaisait car elle appréciait le jeune homme, sans compter qu'elle s'éloignerait ainsi de sa mère, de sa surveillance constante et de ses reproches désagréables réguliers.

-Que diriez-vous de célébrer ce mariage le samedi suivant le 13 septembre ? Proposa Renée. Ainsi, nous en profiterons également pour fêter les 18 ans d'Isabella.

-Hum... Cela me semble rapide ! Nous aurons à peine un mois pour organiser la fête ! Réfléchit Esmé. Elle décida alors de tester Renée sur son efficacité et sa diligence à organiser ce mariage. De plus, Bella n'aura pas le temps de préparer son trousseau et de...

-Isabella prépare son trousseau depuis son plus jeune âge, la coupa Renée. Ne vous inquiétez pas de cela, l'échéance sera respectée.

-Bella, questionna doucement Edward, m'accompagnerais-tu faire quelques pas dans le parc ?

Edward ne voulait pas entendre Esmé et Madame Swan parler chiffons et couture, et encore moins les ouïr se disputer sur les détails de l'organisation du mariage.

Il savait de toute manière que Bella n'aurait pas son mot à dire, et lui non plus. Le mariage était financé par leurs parents. Ils devraient donc plier à leurs exigences.

C'est pourquoi Edward préférait se promener avec Bella dans le parc et avoir un peu plus de liberté avec elle, maintenant qu'ils étaient fiancés.

Il était convaincu que la jeune fille n'agirait pas de la même manière si elle était loin de sa mère. Même s'il doutait moins depuis qu'il lui avait remis la bague, il avait besoin d'être sûr qu'elle n'avait pas été forcée à accepter sa demande.

-Quand souhaiterez-vous que nous nous voyions pour choisir les faire-parts et les envoyer ? Demandait Esmé alors que Bella acceptait la suggestion d'Edward et se levait de table.

-Isabella, puis-je savoir où tu te rends sans en avoir demandé la permission ? L'interrompit Madame Swan qui suivait sa fille des yeux.

-Je... avec Edward, je...

La jeune fille bégaya, rougit puis baissa la tête sous le regard furieux de sa mère. Finalement, elle choisit de se rasseoir à sa place.

-Madame, intervint Edward, appuyant sa main sur l'épaule de Bella afin de lui marquer son soutien, j'ai proposé à ma fiancée, Edward insista sur le « ma », de faire une petite balade dans le parc, de l'emmener voir la roseraie d'Esmé, d'observer les paons qui déambulent sous les chênes...

-Je préfère qu'Isabella reste ici. J'aurai besoin de son avis pour la couleur des fleurs qui seront sur les tables lors du diner de votre mariage.

Pour un peu, Edward aurait ri au nez de Madame Swan. Comme si elle allait demander la moindre chose à sa fille concernant son mariage ! Et puis la couleur des fleurs était réellement le détail qui déterminerait toute la cérémonie !

Il était clair comme de l'eau de roche que Renée Swan déciderait de tout, comme elle avait l'habitude de le faire, et que sa fille n'aurait aucunement son mot à dire.

Edward ne cessait de s'interroger.

Pourquoi Madame Swan était-elle si à cheval sur les convenances ? Pourquoi était-elle si implacable dans la surveillance qu'elle imposait à Bella ?

Bon Dieu ! Ils étaient désormais fiancés ! Edward n'allait tout de même pas mal se comporter avec sa future épouse !

-Pourtant, Edward a eu une excellente idée. Bella ne connait pas encore le parc et les détails d'intendance sur l'organisation d'un futur mariage ne sont pas les choses les plus transcendantes qui existent pour un jeune couple, les défendit Carmen.

-C'est tout à fait exact, mais je préfère que Bella reste près de nous, reprit Renée sèchement.

Voyant son fils commencer à bouillir de colère, Carlisle, qui fumait son cigare à l'autre bout de la table avec Charlie et Eleazar, intervint.

-Renée, je ne comprends pas pourquoi vous n'autorisez pas mon fils à faire découvrir le parc de notre demeure à votre fille. Que voulez-vous donc qu'il lui arrive ? Prévenant une nouvelle interruption de la part de Madame Swan, il reprit rapidement. Et ne remettez pas en cause l'éducation de gentleman qu'a reçu mon fils, je le prendrai comme une offense personnelle.

-Bien, devant toutes ces incitations, je m'incline, accepta majestueusement Renée Swan dans un sourire éclatant. Mais elle était furieuse d'avoir perdu une bataille. Néanmoins, elle ne s'avouait pas vaincu tant qu'elle n'avait pas perdu la guerre ! Kate, accompagnerais-tu ton cousin et Isabella dans le parc ?

-Oh ! Oui, s'écria l'enfant sans se rendre compte de la déception des fiancés qui n'avaient pas réellement l'envie d'être chaperonnés. J'ai envie d'aller cueillir des roses ! Elle précipita vers Bella, prit sa main et se tourna vers son cousin. On y va ?

Alors que le jeune couple s'éloignait vers la roseraie encadrant Kate, Renée, Esmé, Carmen et Irène reprirent leurs papotages concernant l'organisation du prochain mariage.

Pendant ce temps, les trois messieurs fumaient cigare sur cigare en buvant le café et les liqueurs.

Une demie-heure plus tard, c'est une Kate aux bras surchargés de bouquets de roses qui revint seule sur la terrasse. En faisant une petite révérence ravissante qui enchanta toutes ces dames, elle leur remit à chacune un bouquet de roses rouges, blanches ou jaunes.

-Où est donc Bella ? Demana Renée Swan après avoir remercié l'enfant pour ses roses.

-Elle est restée avec Edward, il voulait lui montrer les paons au fond du parc, alors je leur ai proposé de ramener les roses pour qu'ils ne soient pas chargés et qu'elles ne fanent pas avant d'être offertes.

-Cela ne me plaît pas, se leva Madame Swan. Je vais la chercher.

-Renée, ils ne vont pas tarder, laissez leur un court moment seul à seule pour qu'ils apprennent à mieux se connaitre, intervint Esmé, qui n'appréciait pas du tout l'attitude de la mère de Bella mais qui fit tout pour la calmer.

-Non ! Il en est hors de question ! Déclama Renée d'une voix dure.

-Renée ! La retint Charlie Swan. Esmé a raison, laisse-leur un peu de temps ensemble.

-Mais Charlie, tu sais bien que...

-Que veux-tu qu'il lui arrive ? Au pire, il l'embrassera ! Et alors ? Ce ne sera pas la fin du monde ! C'est ce que font tous les fiancés ! Si elle n'est pas revenue d'ici un quart d'heure, j'irai moi-même la chercher.

-Bien, plia Renée se rasseyant et reprenant en main la liste des noms d'invités qu'elle était en train d'écrire.

Carlisle, Esmé, comme Eleazar et Carmen étaient étonnés d'une telle conversation entre le couple Swan. Que redoutait-il réellement ? Edward était un jeune homme qui savait se conduire correctement en toutes circonstances.

Charlie avait fini par calmer son épouse, détournant ainsi les hypothèses et surtout les soupçons que pouvaient construire les autres adultes à l'égard de Bella.

.

.

Edward et Bella quittèrent la splendide roseraie d'Esmé en regardant Kate rejoindre leurs parents respectifs, les bras chargés de roses. D'elle-même, l'enfant avait suggéré de les rapporter immédiatement, pour qu'ils ne soient pas encombrés par elles lorsqu'ils chercheraient les paons au fond du jardin.

La seule que Bella avait conservée était la première rose que Edward lui avait offerte en entrant dans la serre. Elle l'avait épinglée sur son chignon pour égayer sa coiffure.

-Elle est vraiment gentille, chuchota Bella.

-Adorable ! Mais très têtue ! Rigola Edward. Elle n'aurait accepté pour rien au monde de ne pas être notre demoiselle d'honneur !

-Cela me fait plaisir qu'elle le soit !

-Viens donc par là ! Edward attrapa la main de sa fiancée, créant ainsi un mouvement électrique, et l'entraina à sa suite. Essayons donc de trouver ces paons !

-Ils existent réellement ? Questionna Bella curieuse. Ou est-ce une ruse pour m'emmener à couvert des bois ? Sourit-elle.

-Hum... Edward se retourna pour l'observer et l'attirer contre lui. Ils existent réellement, je te le promets, mais sache aussi que ton raisonnement n'est pas entièrement faux.

-Edward ! Soupira-t-elle devant son honnêteté.

-Oui ? Il appréciait la tenir contre lui, sentir ses doux mouvements lorsqu'elle redressait la tête pour lui parler, humer l'odeur florale de ses cheveux agrémenté par la rose.

-Je suis bien avec toi, souffla-t-elle. Je suis bien dans tes bras.

Les derniers mots étaient tellement un murmure qu'Edward les entendit à peine. Il les lut plus sur ses lèvres, ce qui enchanta son cœur, lui qui redoutait tant un mariage arrangé, un mariage forcé.

Il se pencha alors sur la jeune fille et prit délicatement ses lèvres rosées. Elles étaient si douces, si parfumées. Bella répondit à son baiser, ce qui le poussa à l'approfondir. Et sa langue pénétra la bouche de la jeune fille, à la recherche de la sienne. Lorsqu'elles entrèrent en contact et dansèrent, tous deux gémirent de bonheur, de plaisir.

Leur baiser dura autant de temps que leur condition humaine les autorisait. C'est essoufflés mais souriant qu'ils s'éloignèrent l'un de l'autre.

-Je t'aime Bella, lui murmura-t-il au creux de l'oreille, humant encore une fois le parfum si floral de ses cheveux bruns.

Elle ne répondit rien, si ce n'est que son sourire s'épanouit davantage et qu'elle se pelotonna plus contre le torse musclé du jeune homme. Elle avait tant apprécié ce moment qu'elle le revivait encore dans son esprit.

Edward n'était pas déçu de sa réaction, ni blessé du fait qu'elle ne lui retourne pas son amour.

Il pouvait comprendre son attitude. Elle était jeune, innocente, ne savait pas ce qu'était l'amour. Cela devait être son premier baiser. Il fallait qu'elle apprenne à connaître ses sensations, à les ressentir, qu'elle prenne confiance en elles. Tout cela viendrait avec le temps...

Il brisa finalement le silence et leur étreinte.

-Je crois qu'il va falloir que je te ramène... Sinon, j'imagine que ta mère sera en colère contre moi.

-C'est bien possible, mais elle sera davantage furieuse contre moi, grimaça la jeune fille.

-Elle semble t'étouffer parfois, l'interrogea gentiment Edward. Bella haussa les épaules, ne souhaitant pas s'embarquer sur ce terrain glissant. Bella, je sais moi aussi ce que c'est de manquer d'amour matern... Edward s'interrompit subitement pour le plus grand plaisir de Bella, son attention était attiré par autre chose. Oh ! Regarde ! Voici les paons ! Le mâle fait même la roue ! S'écria-t-il, attrapant sa fiancée par la taille pour qu'elle se tourne rapidement.

-Oh ! Bella était ravie. Edward ne lui posait plus questions auxquelles elle aurait dû mentir. Et elle n'avait jamais vu de paons. Les couleurs de la roue sont sublimes !

-S'il fait la roue, c'est pour charmer et séduire sa compagne, lui expliqua Edward alors qu'ils retournaient en direction de la terrasse de la maison.

-Hum... Et toi, comptes-tu faire aussi la roue pour me charmer ? Lança malicieusement Bella.

-C'est déjà fait ! Répondit du tac au tac Edward en souriant et en attrapant la main gauche de sa fiancée sur laquelle il déposa un baiser, et en lui montrant sa jolie bague.

-Oui, c'est vrai, admit Bella. Mais ce n'est pas toi qui l'a créée ! Relança-t-elle le jeu.

-Exact ! Pour autant, je ne ferai pas la roue ! Je préférerai te composer une musique au piano, suggéra-t-il.

-Joues-tu du piano ? Réellement ? Interrogea une Bella statufiée et interloquée.

-Oui, pourquoi ? Demanda Edward décontenancé par la question de la jeune fille.

-C'est un instrument de musique que j'aime beaucoup. Mais tu ne m'en avais jamais parlé.

-Chacun ses secrets ! Rigola Edward. Je suis sûr que tu ne m'as pas tout confié, toi non plus... À ces mots, la jeune fille pâlit subitement. Elle se mordit la lèvre et secoua négativement la tête, incapable d'en dire plus. Bella ! L'appela son fiancé, lui permettant de s'ancrer à nouveau dans la réalité. Bella, tu vas bien ? Elle acquiesça. Nous ne pouvons pas apprendre à nous connaître en quelques semaines, essaya-t-il de la rassurer en lui caressant la joue de ses doigts. Sa blancheur l'avait inquiété. Il ne voulait pas qu'elle prenne cette boutade comme un reproche. Tout viendra progressivement, je te le promets.

Bella aurait aimé lui en dire plus.

Lui raconter la vérité. Toute la vérité.

Mais elle ne pouvait pas.

Elle l'avait promis.

Il lui faisait confiance. Il lui donnait son amour. Et elle était incapable de lui rendre la pareille.

Désormais, elle se sentirait coupable en la présence du jeune homme. Elle lui mentait. À chaque fois. C'était insupportable. Et cela risquait de devenir pire.

Comment pouvait-elle construire un couple solide sur une telle tromperie ? Il la repousserait lorsqu'il s'en apercevrait. C'était sûr !

Bella se promettait alors de profiter au maximum de ses fiançailles, de tout l'amour que Edward pouvait lui apporter jusqu'à ce qu'il se rende compte de son mensonge et qu'il la haïsse et la rejette.

.

.

Lorsque Renée Swan vit revenir le jeune couple une dizaine de minutes après le retour de Kate et ses roses, elle fut grandement soulagée. Ni l'un ni l'autre n'avait l'air débraillé dans ses vêtements, ni leurs cheveux décoiffés. Au contraire, sa fille arborait maintenant dans son chignon une rose rouge épanouie qui soulignait leur couleur brune.

Toutefois, elle remarqua immédiatement la pâleur de sa fille. Bella réagissait toujours ainsi lorsqu'elle était amenée à mentir. Avait-elle dû raconter quelque chose qui la dérangeait ? Avait-elle réussi à tenir sa promesse de ne rien raconter concernant ces derniers mois ?

Renée était très curieuse : elle aurait aimé se retrouver seule avec Isabella pour savoir maintenant si elle avait failli à sa promesse ou non. Fort heureusement, rien dans l'attitude de son fiancé indiquait qu'il était au courant de quoique ce soit de déplaisant.

Renée Swan préparait déjà mentalement l'interrogatoire qu'elle ferait subir à sa fille dans la voiture.

-Alors, comment était cette balade ? Demanda Carmen.

-Très agréable, répondit Bella en regardant sa mère afin de rechercher son approbation. Votre roseraie est une vraie merveille, Madame Cullen, la complimenta-t-elle. Et, grâce à Edward, j'ai même pu voir les paons, dont l'un faisait la roue ! C'est sublime !

Renée voyait combien sa fille était enthousiaste. Elle ne mentait pas. Tout cela la confortait dans le sens que rien ne s'était passé.

Rien d'indécent.

-Je suis vraiment heureuse que le parc t'aies plu ! Lança une Esmé ravie. Je vous remercie d'ailleurs pour les roses que vous nous avez cueillies et que Kate a apportées. Voyant les joues de la jeune fille rougir et se doutant qu'il y avait certainement eu un baiser échangé en l'absence de leur chaperon, elle reprit rapidement afin d'éviter une nouvelle interruption de Madame Swan. Nous avons bien avancé concernant les préparatifs de votre mariage. La liste des invités est dressée, Renée s'occupera d'envoyer les faire-parts. Cette dernière acquiesça à l'entente de son nom. Je m'occupe de réserver un orchestre pour la musique. Je le ferai dès lundi. Et, mardi, Renée et moi, nous irons toutes les deux chez le traiteur pour sélectionner les plats du diner. Carlisle et Charlie s'occuperont du champagne et des vins. Esmé se tut, légèrement essoufflée par sa tirade. Ah ! Si ! J'oubliais ! Vous avez rendez-vous chez le prêtre vendredi après-midi prochain. Edward, est-ce bon pour toi par rapport à tes obligations professionnelles ?

-Oui, je n'ai pas de plaidoirie au tribunal ce jour-là. Je déplacerai mes autres rendez-vous dès lundi.

-Tu me diras aussi quels jours tu préféreras que je te prenne rendez-vous chez le modiste pour prendre les mesures pour ton costume. Edward secoua positivement la tête en proposant un siège à Bella, puis une limonade pour qu'elle se rafraichisse. Renée, vous nous tiendrez au courant concernant les détails de la robe de la demoiselle d'honneur pour Kate ?

-C'est évident ! Affirma cette dernière. J'aurai très certainement un rendez-vous chez la modiste dans la semaine pour que nous puissions préparer la robe de Isabella. Je ferai de même pour les fleurs.

Il était inutile de dire que Renée Swan avait déjà demandé des croquis de robe de mariée au couturier, ni que ce dernier avait déjà pris les mesures de sa fille.

Toutes ces informations voletaient au-dessus de la tête de Bella, qui n'avait d'yeux que pour son fiancé.

D'un côté, cette rapidité des événements l'inquiétait ; d'un autre, il lui donnait l'envie d'aller encore plus vite afin de pouvoir bientôt vivre aux côtés du jeune homme qu'elle appréciait tant, afin d'être libérée de la tutelle parentale, et surtout de la surveillance maternelle qui était si pesante.

Toutefois, elle ne pouvait s'empêcher de garder cette crainte au fond de son ventre ; une crainte sournoise qui gagnait son estomac, son cœur, son cerveau et progressivement tout son corps ; une affreuse peur que Edward la rejette lorsqu'il se rendrait compte de ses mensonges éhontés.

Soudainement, son esprit capta une information donnée par Madame Cullen, qui la fit revenir sur Terre.

-Renée, Bella, il faudra que nous fixions une demie-journée dans la semaine pour que Bella puisse venir visiter l'appartement d'Edward, afin qu'elle voit où elle vivra d'ici moins d'un mois.

-L'appartement d'Edward ? Reprit Bella interloquée.

-Oui, Bella, tu ne vivras pas ici, grinça des dents Renée mécontente. Rappelle-toi, je t'en ai parlé. Devant l'air stupéfait de sa fille, elle poursuivit. Peut-être que j'ai oublié de le faire.

Edward était un peu abasourdi par cette nouvelle, mais finalement pas si étonné que cela de cette omission. Il se chargea lui-même d'expliquer ce qu'il en était à son adorable fiancée.

-Bella, je possède un appartement dans le 5e arrondissement parisien. C'est bien plus simple pour moi d'y vivre que lorsque j'habitais là. Je suis ainsi plus proche de mon cabinet et du Palais de Justice, qui se trouve sur l'Île de la Cité.

-Bien plus simple ! Rigola Esmé au commentaire de son beau-fils. Dis surtout que tu voulais être un peu indépendant depuis ton retour des États-Unis !

-Possible, admit-il. C'est donc là-bas que nous vivrons, si tu y es toi aussi favorable. C'est pour cela que je souhaiterai que tu viennes le voir, pour que tu me donnes ton avis.

-Oui, bien sûr. Cela me fera plaisir de le visiter.

-C'est bien dommage de ne pas vivre ici, dans cette si belle et grande demeure, soupira Renée encore affligée par cette nouvelle qu'elle n'avait pas digérée depuis la demande en mariage.

-Certes, mais les jeunes couples ont maintenant besoin de leur indépendance, intervint Carlisle, qui soutenait Edward dans son projet de vie à deux. Ce n'était désormais plus la mode de vivre sous le toit de ses parents ou beaux-parents, sans compter les disputes intergénérationnelles qui pouvaient se produire au quotidien du fait de différents modes de vie et de pensée. De toute façon, Edward et Bella savent qu'ils sont les bienvenus ici quand ils le veulent, pour la journée ou pour la semaine. Cette maison leur sera toujours ouverte.

-Merci, Père, souffla son fils reconnaissant.

-Oui mais, continua Renée toujours accroc à son idée traditionaliste, cet appartement risque d'être trop petit pour accueillir tous les meubles et le linge d'Isabella. De plus, je n'ai pas envie que ma fille travaille comme une domestique. Je suis sûre qu'elle n'aura aucune aide ménagère ou autre. Elle termina par son argument ultime. Et puis, comment ferez-vous lorsque votre couple deviendra une famille ? Vous ne pouvez pas décemment vivre dans une si petite surface !

A l'évocation de leurs futurs enfants, les joues de Bella s'enflammèrent et ses mains tremblèrent. C'était un sujet qu'elle craignait d'aborder.

-Madame Swan, reprit un Edward calme qui s'apprêtait à contrer ses arguments un par un. Si je souhaite que Bella vienne visite l'appartement en votre compagnie, c'est pour qu'elle voit quels sont les meubles et la vaisselle qu'elle souhaite amener. Si certains de ses meubles lui tiennent à cœur et que nous manquons de place, nous enlèverons certains des miens. Je veux qu'elle se sente chez elle, dans un environnement qui lui plait. Ensuite, sachez que j'ai actuellement une femme de ménage qui vient trois fois par semaine pour s'occuper de l'appartement. En tant que célibataire, cela me suffisait amplement. S'il nous faut accroitre le nombre de ses heures ou engager une personne supplémentaire, nous le ferons, rajouta-t-il en prenant chaleureusement la main de Bella dans la sienne. Quant à l'enfant évoqué, l'appartement est suffisamment grand pour l'accueillir et vivre à trois. Et si l'avenir nous offre plusieurs enfants, alors nous aviserons à ce moment-là. Nous reviendrons dans cette maison ou nous déménagerons dans un appartement plus grand... Nous aurons le temps pour voir venir les choses, n'est-ce pas ma chérie ?

Bella sursauta à la question d'Edward. Non seulement, il lui avait pris la main pour la rassurer lorsque sa mère avait commencé à leur imposer ses idées devant lesquelles, la jeune fille le savait, elle aurait fléchies ; mais en plus, il lui demandait son avis. C'était si inattendu... Enfin, peut-être était-ce normal entre fiancés ou dans un couple marié, mais cela la jeune fille ne le savait pas.

-Oui, bien sûr..., nous... nous aurons le temps..., bafouilla la jeune fille, qui ne savait pas quoi répondre, par peur de décevoir soit sa mère, soit son fiancé, soit les deux.

Son fiancé l'avait appelée sa « chérie ». C'était une première. Et ce fut la seule chose que l'esprit de Bella enregistra en cette après-midi d'août finissante.

.

.

Dès que la famille Swan se retrouva dans la voiture conduite par Georges, leur chauffeur, Renée s'empressa d'interroger sévèrement son inconstante progéniture sur ce qui s'était passé pendant leur balade.

À toutes les questions que posait implacablement sa génitrice, Bella avait réussi à répondre correctement et par des banalités.

Elle ne voulait pas tout dire à sa mère. Elle voulait garder pour elle ce tendre baiser échangé. Il lui avait tant plu. C'était son secret, celui qu'elle partageait avec Edward.

Mais, lorsque sa mère la poussa dans ses derniers retranchements, elle se sentit faiblir. Sa lèvre supérieure tremblait.

Renée Swan voyait enfin sa fille flancher. Elle allait lui cracher le morceau, elle allait lui raconter ce qu'elle avait dit à son fiancé, elle allait lui expliquer pourquoi elle était revenu si pâle de leur promenade. Foi de Renée Swan, elle connaitrait la vérité avant de descendre de voiture.

-Vas-tu donc me dire pourquoi tu es revenue si pâle de votre promenade ? Bella baissa la tête devant les injonctions de sa mère. Elle ne voulait pas révéler son secret à une tierce personne. Encore moins lui confier toute la culpabilité qu'elle ressentait à l'encontre de son fiancé en lui mettant sur son passé, ou tout au moins en omettant de lui en parler. Que s'est-il passé entre vous ? Que lui as-tu dit ? Cria-t-elle en plaçant sa main sous le menton de sa fille pour lui relever le visage et discerner toute trace de mensonge.

-Renée, doucement ! Exigea d'elle Charlie, posant sa main sur l'avant-bras de son épouse pour qu'elle se calme.

-Non, Charlie, n'essaie même pas ! Je veux connaître la vérité et je l'aurai ! Pesta Renée contre Isabella renforçant sa poigne sur le menton de cette dernière. Que lui as-tu dit pour te sentir si mal ? As-tu compromis ce futur mariage ?

Des larmes apparurent dans les yeux de la jeune fille brune, qui essaya de remuer la tête négativement. Toutefois, ce geste fut bloqué par la poigne tenace de sa mère sur son menton.

-Non, je... Je... Elle bégaya. Je n'ai... pas... du tout...

Elle savait que sa mère réagirait mal à la vérité. Et elle savait aussi qu'elle mentait fort mal.

-C'est la dernière fois que je répète cette question, reprit froidement Renée, sans prêter attention aux bégaiements de sa fille, ni à son malaise. Que s'est-il passé ?

-Je... Bella souffla fortement et prit son courage à deux mains, croisant les doigts mentalement pour que son mensonge ne sonne pas faux aux oreilles de sa génitrice, puisqu'elle savait que la vérité ne lui plairait pas du tout. J'ai taché son mouchoir.

-Quoi ? Renée ne comprenait rien.

De quoi parlait sa fille ?

Elle lâcha alors le menton de sa fille, l'incitant à s'expliquer rapidement.

-J'ai taché le mouchoir d'Edward, raconta-t-elle en baissant la tête à nouveau. Lorsqu'il m'a offert cette rose, expliqua-t-elle en désignant celle qui était dans ses cheveux, j'ai voulu l'attacher mais en tournant la tige..., je me suis blessée avec une épine... Comme je saignais et que je ne trouvais plus mon mouchoir, il m'a tendu le sien..., acheva-t-elle dans un murmure.

Lorsqu'on connaissait la maladresse légendaire de la jeune fille brune, c'était une histoire tout à fait plausible.

-Mais il n'y a rien de dramatique à cela, répondit Madame Swan grandement soulagée. Je ne vois pas pourquoi tu craignais tant de me raconter cet incident. Il est clair que tu aurais dû avoir ton mouchoir et tes gants sur toi, mais il n'y a pas mort d'homme. Renée se stoppa. Observant les mains moites de sa fille et les tremblements de ses lèvres, elle rajouta. A moins qu'il n'y ait encore autre chose...

Charlie la coupa brutalement.

-Renée, tu sais bien que le sang a toujours mis mal à l'aise notre fille, c'est pour cela qu'elle est revenue si pâlichonne de cette balade.

Renée abandonna alors son interrogatoire. Charlie vit sa fille se détendre instantanément.

Tous ses instincts de flic lui faisaient se douter qu'Edward avait bien dû l'embrasser et qu'elle craignait d'en parler à sa mère par peur de la rendre folle furieuse. Sans compter qu'il avait bien conscience que son épouse avait une manière très brutale pour interroger leur fille, qui risquait plus de se renfermer sur elle-même que de se confier.

La voiture s'emplit alors de silence durant la fin du trajet.

.

.


.

Note auteur :

La dot des filles lors des mariages n'est plus une obligation en France depuis le XIXe siècle, même si elle a perduré davantage dans certaines régions ou à la campagne. Cependant, les familles bourgeoises continuent de la pratiquer après la seconde guerre mondiale, car c'est une manière d'équiper le jeune couple, mais aussi de faire des donations déguisées pour la bourgeoisie, sans qu'elles ne soient ponctionnées par les impôts.

.

.

Chapitre publié le 15 janvier 2012

.

Prochain chapitre : La Faute

.

Je vous retrouve dimanche prochain pour un nouveau chapitre !

Passez une bonne semaine. Bye ! AliLouane.

.

Réponse aux presqu'anonymes : merci patnat pour ton petit commentaire.

.