Bon, largement plus court que d'habitude. Mais j'ai quand même bien galéré à l'écrire! Comme toujours, j'implore votre indulgence ;)
Merci pour toutes vos reviews, désolée si j'ai oublié de répondre à certains mais j'ai eu des journées chargées.
Bonne lecture!
L'écurie. Des rires. La chasse. La clairière. L'attaque. Le sang. Trop de sang. Merlin…
Arthur ouvrit les yeux. Il reconnut son lit à baldaquin et se redressa sur ses oreillers en grognant. La chambre était sombre. Merlin n'avait pas ouvert les rideaux, pourtant il faisait jour visiblement. Le roi marmonna dans sa barbe et commença à se lever pour aller réveiller son incapable de serviteur. Mais brusquement sa tête se mit à tourner et sa vison se troubla. Terrifié, il plaqua sa main sur sa tempe. Il avait quelques points de suture. Non! Impossible!
Il avait pourtant cru que ce n'était qu'un cauchemar. Un terrible cauchemar. Et c'était la vérité. Le roi se laissa retomber sur ses coussins. Il commençait à réaliser que son ami ne franchirait plus cette porte, qu'il n'ouvrirait plus les rideaux en criant une phrase idiote quelconque, qu'il ne renverserait plus son déjeuner ni n'aurait le hoquet lorsque son maître remplirait des papiers. Plus jamais il ne jetterait des gobelets sur son servant à cause d'une blague douteuse, et son rire, il ne résonnerait plus dans cette salle, ni nulle part ailleurs. Plus jamais.
Arthur se frotta brutalement les yeux. Il ne devait pas pleurer. Il devait rester fort. Merlin avait donné sa vie pour lui, il se devait de rester digne, au nom de se sacrifice. Mais bon dieu pourquoi était-ce si difficile? Il ferma les paupières et tenta de calmer sa respiration. Il inspira profondément. L'absence de son meilleur ami lui pesait, comme si elle se tenait là, dans la chambre, et guettait chaque signe de faiblesse. Comme si elle était une entité à part entière.
Elle grignotait son espace et l'étouffait. Son étau se resserrait autour de lui. Il avait besoin d'air. Il sortit du lit en ignorant ses tremblements. Il se vêtit sommairement et sortit de ses appartements. D'un pas chancelant, il se rendit à la terrasse où il avait si souvent parler avec son père, si souvent écouter les absurdités de son serviteur. Une fois sur le toit du château, il s'approcha du parapet et s'y appuya.
La cour était bruyante, comme à l'accoutumée. Cela le distrayait de ses sinistres pensées. Le temps était radieux et le roi ferma les yeux en laissant le vent lui caresser le visage. L'espace d'un instant, il fit comme si rien n'avait changé. Comme s'il rentrerait dans sa chambre à midi et que Merlin l'attendrait avec son déjeuner. Il protesterait devant le plat, trop léger à son gout, et son servant répliquerait avec une délicatesse dont lui seul avait le secret.
Mais cela ne servait à rien de vivre dans le passé. Pourquoi se voiler la face? Tout avait changé. Et désormais il avancerait seul. Il avait perdu tous ceux sur lesquels il s'appuyait, ceux sur qui il comptait. Il frappa le muret avec rage. NON! Il ne devait pas se laisser aller, il ne tomberait pas dans les mêmes travers que son père. Il ne devait pas tomber dans la folie. Il était le roi, il se devait de rester fort. Pour son peuple.
Un cri interrompit ses réflexions. Léon se rua sur lui.
- Sir ! Vous m'avez fait peur! J'ai paniqué en trouvant votre lit vide! Gaius a dit que vous ne deviez pas présumer de vos forces. Vous avez besoin de repos.
Le regard du roi le fit frissonner. Une peine si grande…
- Altesse, si je puis me permettre…
- Rentrons.
Le chevalier sursauta, étonné par la froideur de son souverain. Lequel passa devant lui sans un regard. Léon resta stupéfait du détachement du roi. Il aurait voulu l'aider, le soutenir, le réconforter quelque peu. Mais il ne savait que faire ni de quelle façon le montrer. Il n'avait jamais compris comment son monarque avait pu devenir ami avec Merlin. Certes celui-ci était attachant, mais il était également insolent.
Le chevalier connaissait Arthur depuis longtemps, et sans l 'avoir vu de ses propres yeux se chamailler avec son serviteur, il ne l'aurait jamais cru possible. Mais le prince avait tant changé. Bien qu'il n'osait l'avouer, le servant avait eu une bonne influence sur son maître.
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Arthur accéléra le pas, il voulait retrouver la quiétude de sa chambre. Il ne supportait plus la vue des rubans noirs noués autour des bras des habitants du château. Il se retourna et surpris le regard inquiet de son chevalier.
- Je retournerai seul à mes appartements Léon, merci. Vous avez certainement plus intéressant à faire.
Il ne laissa pas le temps au soldat de répondre et tourna à l'angle du couloir. Une fois dans la pièce familière, le blond se laissa tombé sur un siège, las, et soupira. Pourquoi fallait-il que ce soit si difficile de penser à autre chose? Tout ici lui rappelait Merlin et leurs gamineries quotidiennes.
Lui qui avait été si soulagé de retrouver sa chambre, éprouva de nouveau l'impérieux besoin de la quitter. Il se souvint brusquement de la promesse faite à son ami et se dirigea prestement vers le laboratoire du Médecin de la Cour. Au diable le repos! Il dormirait dans sa tombe.
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Il entra dans l'atelier avec précaution. Il craignait la réaction du vieil homme. Après tout, c'était de sa faute si son protégé n'était plus. La culpabilité ne quittait plus Arthur. Lui seul était coupable. Et jamais rien n'effacerait cela.
Il trouva Gaius assis sur une vieille chaise bancale, dans la chambre de Merlin. Il y faisait sombre et un silence presque religieux y régnait. Les épaules basses, le médecin était plongé dans ses souvenirs. Il ne remarqua pas le jeune homme qui se rapprocha doucement. Ou peut-être l'ignora-t-il. Indécis, les bras ballants, le blond ne savait que faire.
Peut-être était-ce sa manière de faire son deuil. Arthur observa attentivement le visage ridé et fatigué, plongé dans une réflexion amère. Cet homme avait vécu tant de choses, il avait vu la magie régner, la Grande Purge éclater, des horreurs et des atrocités sans noms advenir. Il avait vu des parents, des amis le quitter. Il devait connaître la marche à suivre.
Replonger dans les souvenirs, peut-être était-ce la bonne méthode. Pour oublier, tirer un trait sur le passé. Rendre un ultime hommage à l'être disparu. Il prit une chaise et entra dans la pièce endeuillée. Il s'étonna d'y pénétrer aussi facilement. Après tout, à quoi s'attendait-il? Un flash, un éclat de colère le rejetant au loin, un tonnerre assourdissant? Pas ce silence en tout cas, pas ce vide. C'était probablement la première étape de l'oubli.
Il s'assit avec précaution, afin de ne pas troublé la paix du vieil homme. Et là, devant le lit vide, il décida d'entamer son long voyage pour retrouver sa tranquillité d'esprit. A ses cotés, Gaius n'avait toujours pas bronché. Comme s'il l'avait attendu là. Tout le jour.
Le roi ferma les yeux et se retrouva quelques années plus tôt, en train de s'entrainer en s'amusant sur le dos d'un serviteur. C'est là qu'un jeune garçon lui avait conseillé de vite mettre fin à cette mascarade. Il se souvint avoir rit, quelle idiotie de croire qu'un homme de ferme si chétif pouvait lui dire quoi faire. S'il avait su…
Hum... *essuie sa petite larme*
Merci de votre passage!
La suite...je sais pas quand =S Suspense!
Review?
