Piou!

Comment ça j'ai oublié? Non pas du tout ! (Fuis en courant)

Un grand merci à tous ceux qui me suivent encore et qui m'envoient des petits coms (j'essaye d'y répondre mais certains n'ont pas de compte fanfiction ou même de pseudo alors... Je ne peux pas T^T Snif) Je vous fais pleins de poutous!


Kap II

Chap 2 : Alea jacta est ou l'ironie du sort

La porte de la chambre d'Allen fut frappée, celui-ci était toujours au lit et câlinait l'oreiller comme si sa propre survie en dépendait. Il ne bougea pas lorsque le cognement se répéta. Le blandin n'avait pas envie se lever, il préférait se rendormir et ne plus penser à tout ça. Il voulait juste oublier, tout oublier.

« Mooooyashiiii ! Fit une voix familière avec un surnom qui paraissait être devenu à la mode dans toutes les bouches.
- Fiche le camp Lavi ! » Ordonna le garçon qui laissa sa tête choir sur le coussin un peu plus.

Evidemment, le roux n'avait pas envie d'écouter les supplications du cadet et c'est donc ainsi qu'il entendit sa porte s'ouvrir sans son autorisation et le dit nommé entrer par la même occasion.

« Il faut qu'on parle ! Déclara celui qui refermait la pièce d'un coup de poignet.
- Pas envie… Grommela le blandin bien décidé à faire une grasse matinée et une grasse après-midi aussi.
- Tututut ! D'abord tu m'écoutes ! »

Lavi s'assit sur le matelas à quelques centimètres du jeune homme. Allen se retourna, exprimant clairement son point de vue sur le dialogue qui allait se dérouler entre eux. Cependant le rouquin n'avait pas dit son dernier mot.

« Yu est venu me voir hier. Expliqua Lavi
- Tu m'en diras tant… Il t'a raconté comment il a prit plaisir à me raconter la nouvelle vie sexuelle de Néa ?
-Entre autre…
-Et bin il n'est pas menteur au moins… »

Lavi soupira, il comprit que c'était mal partit entre les deux et qu'aucun ne ferait des efforts… Evidemment, ils avaient les mêmes défauts. Et une bonne panoplie de défauts !

« Allen… Commença le rouquin.
- Quoi ?! Demanda celui-ci assez exaspéré.
- Yu… il pleurait. »

Le cadet se redressa et dévisagea le meilleur ami du Kanda d'un air surpris. Lavi le soutint du regard, exprimant silencieusement la vérité de ses propos. Le visage étonné du blandin se décomposa de plus en plus avant de lui aussi éclaté en sanglot et de verser lui aussi ses premières larmes. Il plaqua ses mains sur sa figure et se laissa aller, l'ainé l'observa pleurer sans dire un mot. Il plaça simplement sa main sur la jambe droite du plus jeune, la plus proche de lui.

« J'aurais jamais du venir… Lâcha le moyashi entre deux gémissements.
-Ne dis pas ça, je pense au contraire que c'est un mal pour un bien.
-Qu'en sais-tu ?! S'écria le blandin qui en relevant la tête fit découvrir au rouquin un visage rougit par les larmes.
-Allen… Tenta lavi.
- Je ne sais plus quoi faire ! Yu m'en demande trop… Je ne peux pas me forcer à l'aimer comme il le souhaite ! Je suis venu ici parce que je m'inquiétais pour lui et j'y retrouve Néa ! NEA ! »

Il avait hurlé ce dernier mot comme si sa poitrine allait exploser. Lavi continua à l'écouter, le blandin poursuivit son discours tel une thérapie. Le garçon avait besoin de vider son sac et il se devait de le faire. N'importe qui à sa place craquerait ainsi, il n'avait que quinze ans et portait déjà tant d'émotions sur ses épaules.

« Quand je l'ai vu… C'est comme si je venais de naitre, j'avais l'impression de respirer pour la première fois. Non… De respirer à nouveau ! En faite c'est comme si j'avais arrêté de vivre pendant ces trois années, que j'avais oublié comment on faisait et que là… En le voyant, tout m'étais revenu en mémoire. »

Il fit une pause, essuyant ses larmes du revers de ses mains.

« Et je m'en veux… Je m'en veux terriblement parce que je fais du mal à Yu. Et alors que je voulais m'excuser, il m'a dit que… Que Néa… »

Allen ne put finir, c'était bien trop douloureux pour lui. Lentement, Lavi posa sa main sur la tête du blandin qui ne chercha même pas à l'enlever.

« J'ai entendu parler de cette histoire mais je ne crois pas être le mieux placé pour te la raconter. Je pense que tu devrais demander à Néa ce qu'il s'est passé. Parle avec lui, résous cette histoire et tu verras, tes problèmes avec Yu se régleront rapidement.
- A t'entendre quoiqu'il arrive je finirais avec Yu… »

Alors que le blandin allait baisser les yeux, son ainé attrapa son menton et l'obligea à garder la tête haute. Allen le dévisagea, surpris.

« Non, ce que je veux dire c'est qu'une fois que tu arrêteras de douter et affirmera clairement ce que tu veux, Yu… Qu'importe ton choix il le respectera. Et il pourra passer à autre chose, avec ou sans toi. »

Lavi se remit debout et avança jusqu'à la porte, il l'entrouvrit rapidement et jetant un dernier coup d'œil au benjamin, il lui dit ceci :

« Il n'est pas en colère parce que tu ne l'aimes pas, il est furieux parce que tu te fais du mal. Et ça, plus encore que le fait que tu joues avec ses nerfs en doutant de ses sentiments, cela l'insupporte.
- Je ne doute pas de ses sentiments ! Protesta-t-il.
- Que réponds-tu à chaque fois qu'il te dit je t'aime ? »

Allen ouvrit la bouche pour répondre mais se ravisa, il détourna la tête peu fier de lui.

« C'est juste que… Sa manière de le dire, elle me perturbe.
- Vraiment ?
- Oui ! Soupira le garçon. Il exagère en voulant à tout prix que je le crois. Du coup il en fait trop… Ca me met mal à l'aise.
-Malheureusement ça, c'est à lui qu'il faut le dire.»

Le meilleur ami du Kanda passa la porte et la referma après avoir ajouté : « A droite, la deuxième chambre tout au fond » laissant seul le jeune homme avec ses doutes et ses peurs.

Non loin de là, dans une autre chambre.

« C'est rare de te voir dormir aussi tard… Constata un grand frère.
- J'ai assez mal dormis cette nuit en faite. » Avoua un brun encore dans son lit.

Le ni-san tenta de sourire mais il fut caduc. Difficile de resplendir la bonne humeur et la joie de vivre après les évènements d'hier. Surtout quand on se sentait en parti concerné par l'histoire qui se déroulait devant ses yeux. Yuuta s'adossa au mur situé perpendiculairement à la porte, bras croisé et dans le dos

« Je te demande pardon.
- Tu n'as pas besoin de t'excuser. Ordonna Yu qui tirait sur sa couette et découvrait ses jambes.
- Mais si je t'avais parlé de Néa…
- Cesse tes bêtises ! Comment tu aurais pu savoir que ton Néa puisse avoir une histoire avec le mien ? C'est du jamais vu depuis le début des kaps.
- Tu as probablement raison… Mais je me sens tout de même un peu coupable. »

Yu qui était toujours assis sur son lit, se releva et alla jusqu'à son frère. Arrivé à sa hauteur il alla abattre sa main sur le coté gauche de son crane. Yuuta soupira douloureusement.

« T'es sourd ou tu le fais exprès ?
- Très bien, très bien… Mais pour Néa ? »

Le petit frère baissa son bras et retourna s'asseoir sur son matelas.

« Si tu n'étais pas mon frère adoré, il serait déjà mort. »

Le visage peiné de Yuuta à l'entente de cette phrase passa rapidement à un air désespéré.

« T'es vraiment un cas toi…
- La famille c'est sacré !
- En théorie Néa fait partie de la famille»

Yu lui jeta un regard qui en disait long.

« M'en demande pas trop toi… »

Le grand-frère soupira avant de se redresser, il se dirigea vers la sortie et après un dernier « à tout à l'heure », il le laissa tranquille.

Yu toujours assis sur son matelas, se rallongea aussitôt et s'étira de tout son long. Il resta un long moment ainsi, se rappelant les paroles qu'Allen lui avait dit hier et aussi… Il y a presque un an.

« Ca ne te regarde pas… Va-t'en.
- Tu es tombé amoureux de quelqu'un d'autre ? Questionna le brun d'une voix plus ou moins menaçante.
- Et si c'était le cas ? Cela changerait quoi ?
- Tu es à lui ? »

« Quelle question stupide… » Marmonna Yu pour lui-même.

Cela changerait quoi ? Rien … L'amour ça ne se commande pas. S'il était si simple de tomber amoureux tout en choisissant la personne, pas sûr qu'il aurait prit le blandin. Pourtant c'était lui. Lui et il fallait vivre avec cette douleur qui lancinait dans sa poitrine. Il y a un an, sa plus grande peur était qu'on lui prenne sa moitié… Et cette angoisse était devenue bien réelle et le hantait jour et nuit.

« Votre peuple me l'a prit il y a deux ans… » Avoua t'il

A l'époque il n'avait rien laissé paraitre. Mais au fil du temps, à force de côtoyer le moyashi, cette carapace qu'il portait s'était effrité petit à petit et aujourd'hui… le blandin le mettait totalement à nu. Hier, pour la première fois depuis longtemps, il avait pleuré. Cela ne lui était pas arrivé depuis l'âge de onze ans. Il se sentait complètement perdu, affaiblit et ne savait pas comment faire pour redevenir celui qu'il était. S'il le pouvait évidemment…

« Un de tes « amis » c'est amusé à se bâtir un harem, je n'avais que treize-ans à l'époque… Et lui avait le tient. Celui qui était tout pour moi, il c'est sacrifié pour me protéger… Et… Plutôt que de devenir une de vos marionnette il a mit fin à ses jours. Tout ça pour votre petit orgueil personnel. Voilà pourquoi je vous déteste ! »

Yu n'avait pas réfléchit à l'époque puisqu'Allen lui avait dit qu'il était mort, il n'aurait jamais pu imaginer que son grand frère l'avait soigné et ramené chez eux pour le sauver. Pourtant il se souvenait : Yuuta passait son kap à ce moment là et avait retrouvé un garçon de son âge qui avait faillit passer l'arme à gauche et l'avait réanimé. Ensuite, il avait appelé les kappeurs qui organisaient et l'avait ramené ici pour se faire soigner correctement.

La moitié qui s'était donné à Allen et avait ensuite été violé par un autre kappeur. C'était Néa. Et ce garçon… C'était la moitié de Yuuta.

Ce qui voulait dire, que Néa n'était pas à son frère tout comme Allen n'était pas à lui. Et qu'il ne le serait probablement jamais, pour aucun des deux.

« Je ne savais pas que Yuuta n'avait pas réussit son kap. Pourtant je le comprends, à sa place j'aurais fait pareil. »

Oui, même s'il n'était plus à lui comme il l'aurait souhaité, le Kanda se serait saigné les veines pour protéger l'être qu'il aimait le plus. Ce n'était pas le genre à crier son amour devant tout le monde mais il était un homme honnête et fidèle, qu'importe le sale caractère dont il faisait preuve parfois.

« Je te veux tellement que ça occupe toutes mes pensées. »

Yu ferma les yeux et expira difficilement.

« Je n'ai pas l'intention de me faire un harem, j'aurai choisi des proies moins coriaces. Dit-il tout simplement
- Et si je te disais que je lui appartenais ?
- Alors il ne me resterait plus qu'à me donner la mort. »

Il le pensait vraiment, ces mots d'il y a un an. Et encore maintenant, ce poids dans sa poitrine lui pesait si lourd qu'il aurait volontiers sauté par la fenêtre pour se sentir plus léger.

«Je viens de te dire que j'étais à lui ! »

« Je pensais que tu disais ces mots pour me faire rebrousser chemin… A présent je sais qu'il y avait un fond de vérité dans ce que tu me racontais. »

« Vas-y tire.
- Tu es malade ! Cracha-t-il en se disant qu'il était bel et bien barge.
- Une vie sans toi c'est cela la vraie folie. »

Finalement, Yu en était venu à vivre une vie sans lui… Ou plutôt à le regarder de loin. Parce que même s'il vivait sous le même toit, il fallait bien avouer que côté cœur… Allen lui semblait terriblement éloigné.

« Je suis trop lâche, impossible de me séparer de toi… Comme quoi même la mort ne me détournerait pas de toi.»

Le jeune Kanda s'installa un peu mieux dans son lit, pliant son bras droit dont il se servit comme d'un oreiller.

« Mais je crois que je vais dormir encore un peu, prendre des forces ne me fera pas de mal. »

Yu s'endormit sous peu, souhaitant rêver de choses plus gaies que la vie réelle dans laquelle il demeurait.

Quelque part dans le palais on frappa à une porte.

« Entrez »

La poignée visible de l'intérieur tourna avant d'être poussée, dans l'embrasure apparue un jeune garçon de seize printemps qui venait chercher des réponses à ses questions. Et celui qui pouvait résoudre ses interrogations était là dans la pièce, assis à son bureau avec ce qui semblait être du papier pour écrire et un stylo. Allen n'en avait jamais vu de pareil mais ne s'attarda pas dessus, ce n'était pas le moment de s'extasier devant les merveilles de ce monde inconnue. Le blandin referma la chambre et, se tenant face à la personne qu'il croyait ne plus jamais revoir, déclara d'une voix intelligible :

« Néa, il faut qu'on parle.
- Très bien, assied-toi »

De sa main, le plus vieux pointa une chaise située dans le coin de la pièce situé derrière le blandin à sa gauche. Il prit rapidement le petit mobilier et le posa en face de Néa qui l'avait regardé sans sourciller, celui-ci ajouta néanmoins :

« Par contre j'ai du travail, si ça ne te dérange pas… Je te réponds en même temps.
-D'accord… »

L'ainé sortit une seconde feuille et commença à griffonner dessus. De là où il était, le blandin n'arrivait pas à discerner ce qu'il faisait. Il opta plutôt pour le regarder.

« Alors tu es bel et bien vivant… Conclu le cadet qui avait du mal à le croire lui-même.
- En effet, surprise surprise ! S'exclama le vieil ami.
- Pourquoi tu n'es pas revenu ?
- C'est assez compliqué…
- Pourquoi ne nous as-tu pas prévenus ?
- C'est… Commença Néa
- Compliqué ? Coupa le jeune garçon.
- Tu m'enlèves les mots de la bouche. »

Allen soupira, il avait espéré une autre façon de dialoguer, une manière plus constructive. Il avait tant de choses à lui demander, tant de chose à comprendre… Alors que le blandin se perdait dans ses pensées Néa le ramena à la réalité, jugeant surement qu'il avait le droit de savoir ce qui c'était réellement passé. Il commença donc son histoire en lui rappelant la leur.

« Tu te souviens de cette journée ?
-Oui… C'était le jour de la cérémonie du Kap. Un kappeur m'avait attrapé et tu es venu me libérer. Mais… Il t'a fait prisonnier à ton tour et t'a… »

Allen ne put en dire plus, sa gorge venait de se serrer. Néa, dans un élan paternel approcha sa main de la tête du jeune garçon et caressa tendrement sa chevelure. Le cadet se laissa faire, allant même jusqu'à déposer ses doigts sur le bras que l'ainé lui tendait et le câlina à son tour. La paume de Néa s'échoua ensuite sur la joue du blandin, celui-ci engouffra son visage dedans tandis que ses propres mains remontaient sur ce poignet. Il baisa affectueusement l'intérieur tout en fermant instinctivement les paupières. Allen inspira profondément, cette odeur lui avait manqué.

« Ce n'était pas ta faute Allen.
- Alors pourquoi ? Pourquoi…
- Cela n'a rien à voir avec toi enfin… »

Allen releva la tête et le regarda dans les yeux, des larmes se retenaient de tomber aux coins de celles-ci. Néa les essuya de son pouce avant de relâcher le visage du cadet.

« Je l'ai fait pour Yuuta
-Pour… Yuuta ? »

Ce nom… C'était le frère de Yu. Celui-ci lui en avait beaucoup parlé pendant cette année passée à ses côtés. Allen avait d'ailleurs appris que l'ex-kappeur avait plusieurs membres dans sa fratrie mais c'était avec Yuuta qu'il se sentait le plus proche. Ils n'avaient que deux années d'écart et le grand frère était devenu un model pour le plus jeune. C'est ainsi qu'Allen le connaissait de réputation et, il devait bien l'avouer, savoir que cette même personne avait sauvé Néa et l'avait « obligé » à rester… Comme disait Yu, en effet c'était plutôt ironique.

« C'est lui ta moitié alors… » Murmura le jeune garçon

Il croisa les mains laissant son regard se poser sur ses deux pouces qui se frottaient l'un contre l'autre. Néa garda le silence ce qui, conforta le blandin dans ses propos.

« Je comprend mieux pourquoi tu es resté… »

L'ainé glissa l'une de ses paumes sur celles d'Allen qui n'eut pas le cœur de les repousser. Ils restèrent donc tous les deux ainsi, comblant ce vide de trois années consécutives en y ajoutant quelques secondes de plus. Difficile de savoir quoi dire dans ce genre de moment, la souffrance du à l'absence avait pris le pas sur l'émotion liée à leur retrouvaille. C'est Néa qui, finalement reprit la parole.

« Je suis désolé… Je pensais te prévenir au départ et puis, après réflexion… Il m'a semblé plus approprié de ne rien te dire.
- Plus approprié ? » Répéta Allen qui n'en croyait ses oreilles.

Le blandin se fit silence, il avait envie de se relever. D'hurler à Néa, au monde ce qu'il pensait de cette idée de le laisser dans le noir le plus complet. Il était trop idiot n'est-ce pas ? Trop jeune pour comprendre ? Incapable d'imaginer qu'on puisse quitter quelqu'un pour un autre ? Pas besoin d'être adulte pour connaitre la sensation d'être abandonné, il l'avait ressentit à la « mort » de Néa.

« Je n'aurai jamais cru que tu puisses partir et simuler ta mort… Trois ans que je porte ton deuil ! Trois ans que je culpabilise d'être la cause de ton décès et tout cela pour rien…
- Ce n'est pas ce que je voulais… Prétendis le brun qui resserra sa prise sur les mains du cadet.
-Et tu croyais quoi ? Que j'allais sauter de joie après ta mort ? Faire comme si tout cela ne me touchait pas ? Oh mais peut-être que toi tu aurais fais une fête… Non ?
- Bien sûr que non, j'aurais réagis comme toi.
- Dans ce cas pourquoi ? Pourquoi m'as-tu laissé ainsi ? C'était plus facile de te faire passer pour mort que de me quitter ? »

Allen n'y tint plus et se remit debout. Une colère sourde était en train de monter en lui, et, celle-ci s'échappait de tous les côtés… Impossible d'arrêter toute cette rage qui venait de s'éveiller. Il voulait frapper dans quelque chose, n'importe quoi… Mais cogner Néa n'était pas la meilleure solution pour résoudre ce problème. Le blandin recula, bousculant la chaise au passage avant de s'adosser au mur puis de se laisser glisser sur le sol. Il planta son visage entre ses mains et soupira douloureusement :

« Lâche… »

Le visage du brun s'assombrit, il quitta sa chaise et s'avança vers son ancienne moitié qui tentait tant bien que mal de réfréner les sanglots non sortit d'hier. Il s'agenouilla face à lui et délicatement, installa ses doigts sur les genoux du plus jeune. D'une douce voix il appela le blandin et lui demanda de le regarder, celui-ci l'écouta à contre cœur et lui jeta un coup œil plaintif.

« Quand Yuuta m'a trouvé et ramené ici, je suis resté presque cinq mois dans le coma.
-Cinq mois ?
- En effet et… J'ai passé le double en rééducation.
- A ce point ? »

Allen posa ses yeux sur la main droite de Néa toujours installé sur son genou. Il eut un pincement au cœur : l'imaginer dans un lit endormit tout ce temps… Quelle torture !

« Et pourquoi tu ne m'as pas prévenu quand tu t'es réveillé ? J'aurais pu t'aider ! »

L'ainé détourna le regard, observant le lit comme s'il se remémorait son retour dans le monde réel. Il scruta longuement l'oreiller posé sur le polochon, finalement il répondit :

« Tu n'as pas idée dans quel état j'étais et… Je ne voulais pas que tu me vois ainsi. Quand tu as réussis à t'enfuir et que j'ai… Fais ce que je pensais devoir faire, j'ai continué d'avancer vers la sortit avant de glisser sur la pente humide. Mes pieds n'ont pas tenu le choc et je suis tombé tête la première. Mon corps à cavalé ainsi pendant ce qui me semble être des heures, puis il s'est arrêté contre un arbre que j'ai pris de plein fouet. »

Il fit une pause, tentant de se souvenir de la suite.

« Ensuite je t'ai entendu hurler et après c'est le trou noir. »

Fin de l'histoire, tout du moins entre Allen et Néa. Le blandin contrairement à son ami, se rappelait de quelques évènements en plus qu'il ne tarda pas à lui conter pour compléter sa mémoire.

« J'ai accouru vers toi, tu étais dans un état… J'ose à peine y repenser. Puis tu m'as dis de m'enfuir, tu me l'as ordonné. Et moi, je n'ai pas pu. Je suis resté. J'ai pris tes mains et j'ai attendu que tu partes. Et puis j'ai entendu un bruit, quelqu'un était dans les fourrés. J'ai hésité entre m'enfuir ou protéger ton corps…
- Et tu t'es enfui ? Tu as bien fais.
- Je savais que tu m'en voudrais si je restais là et me faisais kapper à mon tour. Mais je le regrette, si j'étais resté alors j'aurais pu savoir que tu étais en vie.
- Ca aurait pu être lui idiot ! Tu n'as aucune raison de t'en vouloir. »

Néa serra les genoux du blandin comme pour étayer son point de vue. Allen lâcha l'affaire, vaincu.

« Ca n'explique pas pourquoi une fois la rééducation terminée tu es resté ici… Tu aurais pu au moins nous prévenir.
- Je te l'ai déjà dis j'y ai pensé mais après y avoir bien réfléchis… Je ne me voyais pas te faire une fausse joie. »

Le cadet compris le sous-entendu, voyant où il voulait en venir :

« Tu avais peur qu'en plus d'avoir souffert de ta mort, je supporte le poids de me faire quitter ?
- En résumé, oui. »

Les mains toujours accroché aux jambes du jeune homme partirent aussitôt cette phrase énoncée. Apparemment Néa cachait d'autres choses et il ne semblait pas enclin à les détailler avec lui. Il s'assit toutefois en face du blandin, en tailleur. Allen qui avait perçu cette mise en retrait, ne voulu pour autant pas le laisser faire.

« Néa ?
- Hum ?
- Que me caches-tu d'autres ? »

Le brun sourit et d'une voix douce déclara : « Je suis heureux de te revoir »