VI. Friend (Ami)

Moriarty était un mystère. Stimulant, novateur, astucieux, intéressant. Mais Sherlock Holmes voulait qu'il parte. A cet instant précis, il ne pouvait penser - ne pouvait apprécier. Tout ce qu'il pouvait voir c'était John, emprisonné dans sa veste. Tout ce qu'il pouvait comprendre, c'était le fait qu'avec une simple pression sur la gâchette, John serait mort.

Un millions de choses lui traversèrent l'esprit pendant que Moriarty lui prenait la clé USB des mains. Il put voir l'intention de John dans ses yeux une fraction de seconde avant qu'il n'agisse et il essaya désespérément de l'en retenir. Arrête ce que tu fais. Tu n'es qu'un idiot si tu penses que je vais partir sans toi.

Mais John était un soldat, et John était un ami. Ses yeux criaient ce que ses mots disaient. - Cours Sherlock! Dégage d'ici et ne te préoccupe pas de moi.

Même pas en rêve, John.

Idiot.

En effet, tu en es un.

C'était incroyable comme Moriarty n'avait pas d'importance à ce moment. Il était là - parlant, haletant et les séparant du calme et de la sécurité. Mais Sherlock ne pouvait voir que John, et John ne pouvait voir que Sherlock.

Nous allons mourir ici tous les deux, n'est-ce pas?

Oui. Soit ça, soit je nous sortirai tous les deux d'ici. Je ferai tout ce que je peux.

Je sais.

Et puis, sans comprendre comment, tout s'arrêta. Moriarty les avait quitté, ne laissant que le souvenir entêtant de sa voix. Pendant une seconde, Sherlock ne put pas bouger. Son bras était pétrifié et le flingue pointait toujours sur l'endroit où se trouvait Moriarty.

Puis, comme attiré par un aimant, il se tourna vers John. Il pouvait voir dans ses yeux et dans les coins de sa bouche, qu'il était extrêmement fatigué. Effrayé. Soulagé aussi, mais la vertigineuse terreur rôdait encore, agrippée à ses épaules.

Sherlock sentit le flingue s'alléger dans sa main. Il lui était assez rare de montrer son inquiétude mais il n'arrivait pas à y faire attention.

"Ça va." John tomba à genoux. Ce qui était justifié. A cet instant, Sherlock fut surpris par la chute de son amour-propre tellement il se sentait inférieur à son ami. John ne parlait pas. Normalement il aurait eu besoin d'être rassuré, mais son cerveau était trop confus. "Est-ce que ça va?"

Il allait bien. Ils allaient bien. La bombe avait été enlevée de John et Sherlock pouvait à nouveau penser. Il put bégayer quelque chose qui ressemblait à un "merci" et comprit que les mots n'étaient pas vraiment nécessaires.

Là, dans l'obscurité de la piscine, Sherlock pouvait plaisanter avec son ami John Watson, et comprendre que tout allait bien dans le monde.