Note de l'auteur : Je tiens tout d'abord à remercier shenendoahcalyssa, Clina9, et toph90 pour leurs reviews sur le chapitre précédent.
Voilà le chapitre 7 (l'avant dernier chapitre, donc).
Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que ce chapitre vous plaira :)
Chapitre 7 : Le pleurer
Gwaine ne sut jamais comment Merlin réussit cet exploit, mais le jeune homme dû tout de même courir pour arriver à l'heure à son travail. Une heure supplémentaire ne lui suffisait visiblement pas pour trouver le temps de réaliser entièrement ses tâches matinales. Le professeur supposait toutefois que le chagrin amer encore présent n'avait pas été propice à une concentration maximale. Lui-même se sentait patraque et mélancolique alors qu'il passait les portes du lycée.
Il décerna un faible sourire à Lancelot lorsque ce dernier l'accueillit avec une bonne humeur habituelle.
-Mauvaise nuit ? S'enquit l'homme.
-Nuit délicieuse, mais réveil difficile, rétorqua Gwaine.
Il ne s'était en tout et pour tout assoupi que deux à trois heures, et même dopé à la caféine son corps rechignait à réagir correctement.
Cette tirade déclencha un sourire intéressé chez son ami.
-Léon a-t-il finalement cédé ?
Oh comme Gwaine aurait aimé que cela soit le cas ! Mais la réalité était bien décevante.
-C'était malheureusement juste pour une nuit, soupira-t-il alors qu'ils atteignaient la salle des professeurs. C'est terminé.
Il fit un bref résumé de sa soirée à Lancelot, changeant de sujet pour discuter du weekend à venir pour se diriger finalement vers le gymnase. Il n'avait pas une envie particulière de s'étendre en discussions inutiles. La douleur et l'abandon étaient encore trop récents. Parviendrait-il d'ailleurs un jour à oublier ? Il promit toutefois à Lancelot de le retrouver à la fin de la journée dans le but d'aller boire une bière avec le couple.
La journée en question passa à une lenteur affolante dans l'esprit de Gwaine. Ses pensées ne cessaient de revenir vers Léon et vers le geste définitif et crucial qu'il avait l'intention de faire. Plus les heures s'écoulaient, et plus le médecin lui échappait. Il faisait pourtant tout son possible pour sortir cet homme de son esprit. Mais le souvenir de la nuit qu'ils avaient passé ensemble restait vivace. Il pouvait se rappeler sans effort le goût de la peau de l'homme sous ses lèvres. Il se voyait encore l'embrasser passionnément, ses doigts parcourant ce corps chaud réagissant si bien sous ces douces caresses. Comment de tels souvenirs pouvaient-ils avoir un goût si amer ? Léon allait bientôt devenir propriété exclusive de Morgana. Et ceci lui donnait la nausée. Il ne cessait d'espérer que tout cela ne se réalise jamais. Mais il savait que ses espoirs étaient vains.
Il passa la journée à échanger des SMS avec Merlin, réconfortant le jeune homme comme il pouvait alors que lui-même tentait de rester optimiste et de ne pas craquer devant les élèves. La fatigue n'aidait pas, et il devinait des larmes déjà prêtes à rouler sur ses joues.
Lorsque finalement il regagna le soir l'air frai de l'extérieur, il se laissa emporter par le bras puissant que Perceval passa autour de ses épaules. Lancelot les rejoignit peu après, et Gwaine observa avec une certaine jalousie les deux hommes s'étreindre avec chaleur. Pourrait-il lui aussi vivre un jour une histoire comme la leur ?
-Comment vas-tu ? S'enquit Perceval lorsqu'ils se mirent finalement en route pour rejoindre le pub qu'ils fréquentaient habituellement.
Ils avaient unanimement décidé de s'y rendre à pieds. Le soleil se faisait pardonner pour son absence du weekend précédent en brillant de tout son éclat, rendant agréable une longue marche dans Londres. Gwaine avait de plus besoin d'exercice. Il était sur les nerfs, son chagrin et le taux de caféine présent dans son organisme ne l'aidant pas à se relaxer.
-Mal, répondit-il. Je suis malade rien qu'à l'idée de ce que Léon a prévu pour ce soir. Et ce qui est arrivé à Merlin me dégoûte encore plus.
-Que s'est-il passé ? Fit Lancelot en fronçant les sourcils.
Gwaine soupira une fois de plus. Il n'avait pas encore évoqué les malheurs de son colocataire, mais peut-être valait-il mieux qu'ils soient tous les deux au courant de cela avant de faire face à Merlin. Il avait en effet été convenu que le jeune écrivain les rejoigne au pub dès que son service serait terminé.
-Il pense qu'Arthur le trompe. Il l'a vu embrasser la secrétaire de Léon.
-Oh.
Le couple échangea un regard surpris.
-Est-il sûr ? Finit par murmurer Perceval.
Gwaine fit la moue.
-Il les as vus s'embrasser. Et Merlin n'est pas du genre à exagérer ce genre de chose.
-En effet, attesta Lancelot. Mais parfois les apparences sont trompeuses.
Le professeur grimaça.
-Trompeuses ? Comme voir l'homme qui m'intéresse décider de demander en mariage sa petite amie ?
Une tape sur l'épaule le réassura quelque peu. Mais sa mélancolie était toujours présente, et ce fut avec un soupir qu'il poussa finalement la porte du pub.
Il put surpris d'apercevoir la figure élancée de Merlin assis au comptoir.
-Merlin ! Je croyais que tu ne devais finir que dans une heure ?
Il salua d'un signe de tête Colin, puis prit place à la droite de son ami. Ce dernier fixait la pinte presque vide posée devant lui. Ses yeux rouges témoignaient de son chagrin encore présent.
-Mon patron m'a laissé partir après que j'eus fait tombé deux verres, trois assiettes, et cinq pintes. Je crois qu'il a voulu limiter la casse.
-Je le comprends, plaisanta le professeur.
Il hocha la tête en remerciement lorsque son verre habituel de whisky fut déposé devant lui. Il avait besoin d'une grande dose d'alcool. Peut-être parviendrait-il à s'abrutir assez pour tout oublier. Il sourit lorsque Merlin lui ébouriffa les cheveux. L'alcool faisait visiblement déjà son effet chez son jeune ami. Et peut-être cela était-il pour le mieux. Tournant la tête, il haussa un sourcil lorsque Lancelot et Perceval ramenèrent vers le comptoir un Will qui semblait encore plus agité que d'ordinaire.
Le large sourire de l'homme lui dictait d'ailleurs de s'enfuir en courant. Un air comme celui-ci sur le visage de cet homme n'était en général que le présage d'une conspiration proprement préparée par ce dernier. Ses gènes de marieuse frétillaient sûrement déjà d'impatience. En temps normal, Gwaine aurait courageusement prit la poudre d'escampette. Mais ce soir, peut-être avait-il justement besoin d'un amant de passage déniché soigneusement par Will.
Il sourit maladroitement lorsque l'homme se laissa tomber sur le siège vide près du sien.
-Gwaine ! J'ai ouïe dire ce qui s'est passé entre Léon et toi.
Le brun leva les yeux pour apercevoir le clin d'œil qui lui envoya Lancelot par-dessus le bord de sa pinte.
-Je te remercie, Will, soupira-t-il. Mais je ne pense pas que…
-Sottises ! S'exclama l'homme. Toi aussi Merlin ! Suivez-moi donc !
Gwaine se contenta de soulever son verre en signe de dénégation.
-Je ne suis pas encore assez ivre, Will. Peut-être plus tard.
Ce qui le surprit fut cependant la réponse presqu'immédiate de son ami.
Merlin se leva, et termina sa pinte d'un trait.
-Ce sera avec grand plaisir, Will ! J'ai besoin d'oublier. Et une nuit d'oubli sera toujours mieux qu'une nuit passée avec un menteur et un traitre.
Gwaine lui jeta un regard interloqué. Ceci n'était pas dans les habitudes de son ami. Le professeur savait que Merlin était blessé. Profondément blessé. Il ne put cependant se résoudre à le retenir alors qu'il slalomait entre les tables, guidé par Will.
-Que lui arrive-t-il ? S'enquit Colin.
-Il pense que son nouvel amant le trompe, avoua Gwaine. Et, avant que tu ne me le demandes, tout est fini avec Léon.
-Oh.
Gwaine sourit maladroitement.
-Ce soir, je serai trop ivre pour seulement me souvenir de Léon. A ce sujet…
Il finit d'un trait son verre, avant de le pousser entre direction de l'homme.
-J'ai envie de tester ce nouveau cocktail dont tu m'as parlé récemment. Il me semble que cela était à base de vodka ?
-Gwaine. Ecoute, je sais que tu es malheureux, mais…
-Oui, je suis malheureux ! Terriblement malheureux. Comment pourrais-je ne pas être malheureux alors que l'homme que je poursuis depuis trois semaines s'apprête à demander en mariage sa petite amie, après avoir passé la nuit précédente avec moi ?
Il s'aperçut qu'il avait dû crier un peu trop fort car Colin l'observait désormais d'un air choqué. A sa gauche, les regards de Lancelot et de Perceval étaient également suspicieux. Soupirant profondément, il joua un instant avec son verre.
-Désolé, finit-il par murmurer. J'ai juste encore du mal à croire qu'il a pu choisir cette femme.
Il acquiesça lorsque Colin déposa quelques secondes plus tard un verre plein devant lui.
-Fais tout de même attention, Gwaine, le prévint le barman. Je ne te laisserai pas te noyer dans une quantité d'alcool trop importante.
-Comme tu voudras, grogna le professeur.
Il fit un geste de la main.
-Distrait-moi, Colin ! As-tu revu Josh ?
Lancelot et Perceval se rapprochèrent aussitôt avec intérêt.
Colin fit la moue quelques instants, avant qu'un sourire malicieux n'éclaire son visage.
-Je l'ai revu ! Admit-il.
Lancelot laissa aussitôt échapper un éclat de rire.
-C'est formidable ! Alors la fameuse règle n'est plus que de l'histoire ancienne ?
Mais le barman leva les mains en signe de protestation.
-N'allons pas trop vite, messieurs ! Je l'ai revu, et…
-Et tu n'en as pas profité pour te faire à nouveau pardonner ! Le coupa Gwaine avec indignation. Si j'avais autant de chance que toi, je n'aurais pas hésité à le trainer jusqu'à ma chambre.
Il but ensuite une lougne gorgée de sa boisson, grimaçant alors que l'alcool lui brûlait la gorge.
-Terrible ! Lâcha-t-il. Je sens l'image de Léon s'éloigner doucement.
Colin échangea un regard avec Lancelot avant de reprendre.
-Et j'en ai profité pour me faire pardonner, en lui offrant une nouvelle paire de tongs.
Percy et Lance lâchèrent un léger rire.
-A-t-il apprécié ? S'enquit le colosse.
-Il m'a embrassé langoureusement avant de me remercier pour ce merveilleux présent, soupira Colin en soupirant largement.
-C'est génial ! S'exclama Lance.
-Et le mieux, c'est que je le revois demain, ajouta Colin avec un clin d'œil. Je crois que ma règle sera bientôt rompue.
-Tant mieux pour toi, affirma Gwaine avant de prendre une longue gorgée de sa boisson. Je commençais à croire que tu ne te caserais jamais.
-Gwaine a raison, ajouta Perceval. Je suis vraiment content pour toi.
-Nous le sommes tous, renchérit Lancelot en serrant la main de son amant dans la sienne.
Colin eut un rire gêné.
-Et bien ! Je ne m'attendais pas à autant d'appréciation de votre part. Mais merci à tous.
Il balaya un instant la salle du regard.
-Je suis d'ailleurs surpris que Will ne soit pas également là pour se réjouir. Lui qui aime tellement écouter les romances des autres. Mais je vois qu'il s'occupe actuellement de notre jeune Merlin.
Tous se retournèrent, suivant le regard du barman. Un sourire amusé se dessina aussitôt sur les lèvres de Gwaine. Contrairement à ce qu'il avait pu songer quelques minutes plus tôt, son colocataire était visiblement en de bonnes mains. Assis à une table légèrement en retrait, Will avait un bras passé autour des épaules de Merlin, et un autre autour d'un jeune homme que le professeur n'avait jamais vu auparavant.
L'inconnu ne quittait pas des yeux le visage de l'écrivain, malgré les gesticulations animées de Will entre eux deux. Ce dernier semblait s'être embarqué dans un monologue haut en couleur que Gwaine supposait démontrer ô combien les deux jeunes hommes étaient faits l'un pour l'autre. L'étranger releva un instant le regard, et le brun fronçant les sourcils lorsque deux prunelles sombres se plantèrent dans les siennes avec intérêt. Il y avait dans cet échange une lueur témoignant une reconnaissance certaine, alors qu'un sourire ravi étirait les lèvres de l'étranger. Mais cette connexion étrange fut bientôt rompue lorsque l'homme reporta son attention sur Will, ses longs cheveux bruns se soulevant en un mouvement fluide.
-Qui est-ce ? S'informa Gwaine auprès de Colin.
Le barman fit la moue.
-Cenred. Il vient s'arriver en ville. Je ne sais pas grand-chose de lui. Il m'a juste dit qu'il était dans les affaires.
-Quel type d'affaires ? S'enquit aussitôt Lancelot.
Gwaine haussa un sourcil en direction de son ami. Lance semblait suspicieux, et il ne pouvait lui-même s'empêcher de trouver la présence de l'homme dérangeante.
Ils n'avaient ces derniers mois n'eut que peu d'occasions d'accueillir de nouveaux venus dans ce pub. Cela était bien pour Colin que de nouvelles personnes deviennent des habitués du lieu, mais le regard que Cenred posait sur Merlin mettait Gwaine mal à l'aise.
-Je l'ignore, soupira Colin.
Gwaine grimaça alors qu'un nouveau sourire éclairait le visage de l'étranger. C'était un sourire malin, presque prédateur. Et le fait que cet air malicieux fut posé sur Merlin terrifiait le professeur. Le jeune homme avait déjà assez de problèmes avec Arthur. Il n'était pas nécessaire qu'un autre opportuniste profite de sa jeunesse et de sa naïveté. Merlin semblait cependant dans un état d'ébriété trop avancé pour se rendre compte du comportement particulier de son nouvel ami. Un sourire sur ses lèvres, il riait aux gesticulations de Will tout en jouant avec sa pinte entièrement vide.
-Est-il digne de confiance ? Finit par demander Percy après de longues minutes d'une contemplation muette.
-Je ne sais pas, déclara le barman. Mais Will semble beaucoup l'apprécier.
Il soupira un instant avant de reprendre.
-Je comprends votre inquiétude au sujet de Merlin, mais je ne puis faire une enquête sur chacun de mes clients. Ce serait mauvais pour les affaires. De plus, si Merlin veut oublier Arthur, alors le meilleur moyen serait d'atteindre le septième ciel dans les bras d'un autre homme, pas vrai ? Il a vingt-trois ans. Il est tout à fait capable de prendre ses propres décisions sans que vous ne le couviez constamment.
Gwaine acquiesça lentement. Colin n'avait pas tort, mais il ne pouvait empêcher ses instincts de mère poule de prendre le dessus.
-Peut-être est-il assez grand, mais ce ne serait pas la première fois qu'un homme profiterait de lui. Et je préfère être complètement bourré plutôt que de le voir être à nouveau séduit par la mauvaise personne.
Comme pour appuyer ses propos, il but à nouveau une longue gorgée du cocktail devant lui.
-Et tu seras justement trop ivre pour l'aider à s'en sortir, ajouta Lancelot calmement. Je crois qu'il vaudrait mieux pour nous tous que tu gardes tes esprits ce soir. Cela t'éviterait également de faire une bêtise.
-Léon m'a laissé tomber, Lance ! Lâcha le professeur. Quelle bêtise pourrais-je faire ce soir ? Contrairement à Merlin, je suis officiellement célibataire !
-Tu ne connais Léon que depuis trois semaines, Gwaine, fit doucement Percy. Peut-être changera-t-il d'avis ? Et sinon, il y a plein d'autres hommes à Londres. Je suis certain que tu finiras par trouver chaussure à ton pied.
-Comme j'ai trouvé tong à mon pied, ajouta Colin en un éclat de rire qui se propagea très vite chez ses trois amis.
-Arrêtez de me réconforter, les rabroua mollement Gwaine. Ou je vais vraiment finir par vous croire.
Il savait que les intentions de ses amis étaient bonnes, mais il ne pouvait se résoudre à abandonner Léon pour le moment. La soirée ne faisait que commencer, et le médecin avait encore du temps pour revenir sur sa décision, n'est-ce pas ? Sa déclaration lui valut une tentative de le décoiffer de la part de Lancelot. Tentative que le professeur repoussa bravement. Qu'avaient-ils donc tous à vouloir lui ébouriffer les cheveux ? Sa longue chevelure le faisait-il ressembler à ce point à un chien ? Si c'était le cas, il allait devoir envisager une visite urgente chez son coiffeur.
Il secoua la tête, remerciant chaleureusement Colin lorsque le barman lui remplit à nouveau son verre.
-Je croyais que tu devais surveiller ma consommation d'alcool ? Plaisanta-t-il.
-Je devais, confirma l'homme. Mais ton chagrin et le comportement de Merlin me poussent à songer qu'il ne serait finalement pas inutile que tu ais un peu d'alcool dans ton système…
Fronçant les sourcils, Gwaine se retourna pour lâcher ensuite une exclamation de stupeur.
-Mais quel idiot !
Il dévisagea avec incrédulité, et ce durant de longues secondes son colocataire qui embrassait langoureusement le dénommé Cenred. Ce dernier semblait par ailleurs profiter entièrement de cette étreinte si Gwaine pouvait en juger par ces doigts habiles qui massaient le dos de Merlin. Will avait quant à lui visiblement battu en retraite et revenait vers eux avec un air profondément satisfait.
-Que leur a-t-il raconté ? Lui siffla Gwaine lorsque l'homme s'assit à sa droite.
-Je n'ai pas eu besoin de leur raconter grand-chose. Attraction immédiate, mon cher !
-Es-tu sûr que cela était une bonne idée ? Intervint Lancelot. Merlin n'a pas encore confronté Arthur par rapport à ce qu'il a pu voir hier. Peut-être était-ce une erreur ?
-Je pense…, commença Percy.
Mais il ne put jamais finir sa phrase. La porte du pub fût ouverte de manière peu élégante, et une silhouette entra précipitamment, se dirigeant aussitôt vers la table occupée par Merlin et Cenred.
-Je peux savoir ce que vous faites ?
-Arthur ?
Gwaine n'en croyais pas ses yeux. Et, pourtant, l'avocat était bel et bien présent, ses mains sur ses hanches, les yeux brillant d'une fureur non contenu alors qu'il dévisageait le jeune couple.
Les deux hommes s'étaient d'ailleurs détachés l'un de l'autre et dévisageaient le nouvel arrivant. Le visage de Merlin était terriblement pâle, et son regard reflétait une inquiétude mêlée à une tristesse bien présente. Ces sentiments différaient toutefois complètement de ceux exprimés par Cenred. L'air vainqueur qu'affichait ce dernier était terrifiant, et donnait à Gwaine l'envie presque irrésistible de le frapper. Mais Arthur engagea en premier les hostilités.
-Toi ?
L'avocat dévisageait l'étranger avec stupéfaction et fureur. Mais ce fut une satisfaction évidente qui apparut sur le visage de Cenred.
-Content de voir que tu te souviens de moi, Arthur !
-Que fais-tu ici ? Siffla le jeune homme. C'est Morgana qui t'envoie, pas vrai ?
Le sourire de l'homme s'agrandit.
-Disons que j'ai su de source sûre que tu t'étais trouvé un nouvel amant. Un garçon tout à fait charmant avec qui j'ai tenté ma chance. Qui aurait cru que cela serait aussi facile de le faire tomber sous mon charme ? Le pauvre avait le cœur brisé. Tu devrais revoir tes fréquentations, Pendragon.
Le rire qu'il laissa ensuite échapper fut presqu'aussitôt coupé lorsque la main de Merlin s'abattit sur sa joue.
La lèvre inférieure de l'écrivain tremblait avec tristesse et colère, et il fixa durement l'homme lorsque ce dernier se massa le visage en lâchant un juron.
-C'était juste pour Arthur, hein ? Me trompe-t-il également avec vous ? Si c'est le cas, débrouillez-vous tous les deux. J'en ai assez de vos manigances !
Il tenta de se lever, mais la poigne ferme d'Arthur le retint aussitôt sur sa chaise. Ce fut à cet instant que Gwaine quitta son siège, avec la ferme intention d'arrêter cela. Pour qui se prenaient-ils tous les deux pour traiter Merlin de cette manière ?
-Dégage, Pendragon ! Dégagez tous les deux !
-Du calme ! S'exclama aussitôt Arthur. Je ne ferai rien à Merlin.
L'écrivain eut presqu'aussitôt un rire amer.
-Ne rien faire ? Tu en as déjà bien fait assez ! Laisse-moi tranquille maintenant. Je vous ai vu, Gwen et toi.
Un éclair de compréhension naquit sur le visage de l'avocat, suivit très rapidement par une grimace.
-Oh. Il…Il ne s'est rien passé. C'est…un malentendu.
-Un malentendu, hein ? Le coupa Cenred qui était resté silencieux jusque-là. C'est comme cela que tu appelles le fait de tromper ton amant ?
Il éclata de rire.
-Un malentendu ! S'esclaffa-t-il.
-Si vous avez fait quoique ce soit à Merlin, vous pouvez être sûr que vous le paierez, s'interposa Gwaine. Mais maintenant laissez-le partir et réglez vos problèmes avec lui !
Il désigna d'un signe de tête Cenred, avant de tendre une main vers Merlin. Mais Arthur avait visiblement d'autres idées en tête.
-Attendez juste quelques minutes, les supplia-t-il. D'abord…
Il ne termina pas sa phrase, se contentant d'envoyer son poing dans la figure de Cenred. Ce dernier lâcha un cri de douleur, avant de réagir violemment. Ce fut à cet instant que tout dégénéra. Cenred bouscula Arthur, tentant de le blesser à son tour. Mais l'avocat n'était visiblement pas décidé à se laisser faire, et l'étranger se retrouva rapidement plaqué contre la table. Cela aurait pu sonner la fin de l'affrontement si Merlin n'avait pas décidé d'y prendre part. Malgré sa fine carrure, le jeune homme était parfaitement de se battre, et c'est ce qu'il prouva en envoyant un coup bien placé dans l'entrejambe de l'avocat. Ce dernier battit aussitôt en retraite.
-Merlin ? Gémit-il avec incompréhension.
-Laisse le tranquille ! Siffla durement le jeune homme. Et dégage ! Je n'ai plus envie de supporter tes mensonges. J'ignore ce qu'il s'est passé entre vous….
-Il m'a trompé aussi, l'interrompit Cenred en se redressant finalement. Nous étions amants, et il m'a trompé avec un autre homme.
-Tu sais très bien que c'est faux ! Protesta Arthur. Je t'aimais ! Et tu as décidé de t'allier à Morgana. Que veut-elle cette fois ? N'a-t-elle pas fait assez de dégâts.
Gwaine s'était à son tour avancé pour se joindre à l'affrontement, mais la mention de Morgana se fit se figer.
-Morgana ? Murmura-t-il. Que vient-elle faire là-dedans.
-La même chose qu'elle vient fait dans votre relation avec Léon, répondit Arthur. Se mêler de ce qui ne la regarde pas.
L'avocat se tourna ensuite vers Merlin.
-J'ai embrassé Gwen, admit-il. Mais c'était justement pour que Morgana le voit. J'en ai assez qu'elle interfère dans mes relations, et Gwen est intéressée par elle.
Merlin le dévisagea avec stupéfaction.
-Gwen…aime les femmes ?
Son ton était interrogatif et respirait une incrédulité totale. Il échangea un regard surpris avec Gwaine, lequel souriait déjà d'un air moqueur.
-Qu'en est-il de Morgana ? S'interrogea le professeur.
Arthur eut un rire soudain.
-A vrai dire je ne suis pas entièrement sûr. Notre père la pousse vers Léon, mais je crois qu'elle y voit surtout une bonne occasion de récupérer notre héritage, étant donné que je n'aurai jamais d'enfants.
-Alors si Gwen arrivait à mettre le grappin sur Morgana, Léon serait libre, murmura Gwaine avec espoir.
Il n'osait y croire, et pourtant voilà qu'une échappée possible se dévoilait. C'était insoupçonné mais merveilleux. Cela était-il cependant possible ?
Mais Cenred semblait visiblement déterminé à ce que cet incident ne se termine pas de cette manière.
-Et allez-vous croire tout ce qu'Arthur vous racontera ?
-Pourquoi mentirait-il ? Rétorqua Gwaine qui commençait à reprendre confiance en l'homme.
-Peut-être pour masquer sa relation avec Gwen ?
Mais l'avocat secoua la tête.
-C'est parfaitement ridicule ! Gwen est comme une sœur pour moi. Jamais je ne pourrai…
-Si c'est ce que vous préférez croire, termina Cenred.
Il fit un signe de tête à Arthur, puis un clin d'œil à Merlin.
-Peut-être à une prochaine fois !
Et il quitta le pub, non sans avoir jeté un dernier regard appréciateur à l'écrivain. Une fois que l'homme eut disparu, l'attention de Merlin se reporta aussitôt vers Arthur.
-Je veux toute l'histoire, lâcha-t-il après l'avoir fixé en silence durant de longues secondes. Tout.
L'avocat sembla hésiter un instant, avant d'acquiescer lentement.
-Très bien. Mais tout d'abord, je crois que j'ai besoin d'une bière.
Ils se dirigèrent tous les trois vers le comptoir, retrouvant Lancelot, Perceval, Colin et Will, lesquels avaient assisté à la scène. Will s'excusa aussitôt auprès de Merlin, tandis qu'Arthur faisait la connaissance de Lancelot et de Perceval. Ils furent bientôt tous installés autour de l'avocat, lequel savourait une bière bien méritée.
-Au fait, l'interrogea Gwaine. Vous n'aviez pas un repas de famille ce soir ?
Arthur fit une grimace avant de consulter sa montre.
-Je ne dois y être que dans une heure. J'ai horreur de ce genre de choses. Et puis, si c'est pour voir mon meilleur ami être forcé de demander en mariage une demi-sœur que je déteste, plutôt crever.
Il donna une tape d'encouragement dans l'épaule de Gwaine.
-Je suis sûr que cela finira par s'arranger. Mais avant…
Il but une longue gorgée de sa boisson.
-Je crois que j'ai quelques explications à vous fournir…
Il se tut quelques secondes, avant de reprendre d'une voix assurée.
-Comme vous le savez tous, ou presque tous, Morgana et moi ne nous sommes jamais entendus. Mon père s'est remarié avec sa mère lorsque j'étais encore très jeune. Et depuis, elle n'a cessé de me pourrir l'existence. Cenred et moi étions en couple il y a quelques années déjà. Nous sommes sortis ensemble durant plus d'un an. Mais comme d'habitude, Morgana a décidé de s'en mêler. A cette époque, mon père n'était pas au courant de mon attirance pour les hommes. Et je suppose qu'elle aurait aimé que ma famille me rejette à cause de cela, ce qui n'a heureusement pas été le cas.
Il s'interrompit afin de boire une nouvelle gorgée de bière.
-Elle voulait également m'éloigner de Cenred, reprit-il. Sa famille est riche et puissante. Je suppose qu'elle était jalouse de cela. Elle m'a emmené boire, un soir. A l'époque je pensai encore qu'il allait un jour être possible de me réconcilier avec elle. Et cette soirée était justement une bonne occasion de tenter de mettre nos différents de côté. Mais cela ne s'est pas passé comme je l'avais prévu. Elle m'a fait boire…
Il soupira.
-Je ne me souviens pas de tout, et je ne suis pas fier de mes actions de cette nuit-là. Mais je me suis laissé emporter par l'alcool, et j'ai embrassé un autre homme. Et c'est précisément à cet instant que Cenred est arrivé.
Il secoua la tête.
-Les années passent, et ses combines restent les mêmes. Sauf qu'à l'époque cela ne s'est pas aussi bien terminé qu'aujourd'hui. Cenred et moi avons rompu en de très mauvais termes, et Morgana a obtenu les photos compromettantes qu'elle souhaitait. Sauf que ma famille s'est avérée être très tolérante à ce sujet.
-C'est pour cela que vous souhaitez la caser avec Gwen ? Fit Gwaine.
-Exactement, soutint l'avocat. A part Léon, Morgana ne s'est intéressée qu'à très peu d'hommes. Et Gwen a l'air particulièrement sérieuse sur le fait de lui mettre le grappin dessus. Si Morgana pourrait enfin avoir une vie amoureuse digne de ce nom, alors peut-être me laisserait-elle enfin tranquille.
La conversation se poursuivit sur ce sujet, avant qu'Arthur et Merlin ne s'éclipsent finalement, main dans la main. Gwaine les observa s'en aller avec satisfaction. Ils avaient sûrement beaucoup de choses à se dire, et il commençait à se demander si Arthur allait bel et bien se rendre au diner prévu avec sa famille.
-Il a l'air d'être quelqu'un de bien, commenta Lancelot lorsque le couple eut disparu derrière les portes du pub.
Gwaine acquiesça.
-L'homme idéal pour Merlin, mis à part ce léger soucis de demi-sœur envahissante. Je n'ai jamais été aussi heureux de m'entendre aussi bien avec Freya.
S'entendre aussi bien n'était cependant peut-être pas le terme le plus approprié. Freya Brown, alias la furie, était la jeune sœur de Gwaine. Même si jeune n'était plus tellement d'actualité car l'étudiante en psychologie avait fêté ses vingt-deux ans quelques semaines auparavant. Le frère et la sœur s'étaient disputés durant toute leur enfance, enchaînant des farces pas toujours de très bon goût l'un contre l'autre. Mais le départ de Gwaine pour Londres avait marqué la fin des hostilités. Ils n'étaient aujourd'hui pas les meilleurs amis du monde, mais une certaine entente cordiale s'était instaurée entre eux.
-Tu ne sais jamais. Peut-être s'alliera-t-elle avec Morgana, lança Percy avec humour.
Gwaine faillit s'étouffer dans sa bière alors qu'un rire soudain secouait ses épaules.
-Pauvre Morgana. Elle ne sait pas ce qui l'attend.
Son hilarité se propagea au reste de ses amis, et ils passèrent de longues minutes à imaginer toutes les galères dans lesquelles l'enthousiasme de Freya pourrait les mener.
(Fin du chapitre 7)
C'est donc tout pour le chapitre 7. J'espère qu'il vous a plu, et qu'il aura permis de répondre à certaines de vos questions.
Le chapitre suivant (qui sera donc le dernier de cette histoire) sera mis en ligne la semaine prochaine :)
Pour ce qui est de 'l'après' Running for love, je ne me suis pas lancé dans une autre fiction longue. J'ai par contre mis un autre OS en ligne, qui est en fait un grand délire né d'un ennui certain et d'une profonde fatigue. Si vous aimez Léon, Gwaine, les pommes et les malédictions étranges, vous pouvez allez y jeter un oeil.
