Salut-salut, c'est moi, en ce premier jour de l'année 2015 pour vous livrer le chapitre 6 (enfin !) ! Alors tout d'abord, joyeux Noël en retard à ceux et celles qui le fêtent et heureuse année à tous !
Ensuite je tiens à me plaindre qu'écrire quelque chose en lien avec Halloween en pleine période de Noël, ça s'est avéré particulièrement compliqué, avec l'influence des décorations joyeuses et lumineuses et colorées... Donc le bal est reporté d'un chapitre, et j'en ai profité pour décrire un peu mieux la préparation ! Non, pitié, ne m'écorchez pas vive...
LeyMan Ta review avait littéralement égayé la mienne, de soirée ! Mais non, malheureusement je ne bénéficie pas de l'excuse des partiels, mais je souhaite bon courage à tous ceux qui révisent, je sais (par le biais d'amis) à quel point c'est dur !
PS. Oui, j'abuse des points d'exclamation, vu que je m'interdis l'usage d'émoticônes.
PS2. J'aaaaime les reviews.
Disclaimer : Merci à J. K. Rowling d'avoir créé un univers si passionnant !
Chapitre 6 : Costumes et préparation, ou comment enrichir considérablement les boutiques de Pré-au-Lard.Vendredi. Le hall grouillait de quatrième, cinquième, sixième et septième années pressés de partir à Pré-au-Lard. Il était à peine neuf heures, le départ n'étant qu'à dix heures – après que la concierge ait passé en revue les autorisations parentales.
D'ailleurs, heureusement pour elle, les parents de Lily n'avaient pas levé cette autorisation, et James lui avait promis que s'ils le faisaient, il signerait pour elle.
Pour l'instant, la jeune fille se demandait comment dissimuler à Theonia qu'il lui fallait un déguisement masculin et comment son amie, elle-même, allait lui cacher son propre objectif. Elle avait déjà obtenu de la part de divers Serpentards des conseils sur les boutiques à choisir – beaucoup de boutiques du Chemin de Traverse avaient installé leurs filiales à Pré-au-Lard depuis quelques années dans un but purement monétaire – et quel genre de tissu demander, etc... Elle ne leur avait rien révélé sur la nature de son déguisement et avait simplement prétendu aider Hugo. Justine, Joann et Adrian avaient coopéré sans poser de questions, alors que Theonia, Scorpius et Rose haussaient des sourcils suspicieux. Son cousin par alliance s'était d'ailleurs penché vers elle et lui avait murmuré qu'elle devrait sérieusement penser à ce transfert de Maison.
Ils étaient tous les sept assis ensemble à la table vert et argent, discutant de leur journée à venir. Ils partiraient ensemble au village et s'y sépareraient en temps voulu.
Justine se plaignait d'ailleurs pour la énième fois d'être forcée d'accompagner le cousin de Scorpius, parce que Lysander avait refusé de venir avec elle, puisqu'il cousait lui-même son costume en restant à l'école – à savoir un loup-garou, à l'aide du professeur Lupin. Joann, habitué au caractère de la jeune fille, puisqu'ils étaient très proches, souriait de lassitude, mais restait calme. Après tout, c'était lui qui lui avait demandé de venir avec lui. Il avait encore beaucoup de mal avec la culture moldue et avait donc demandé son aide pour identifier son personnage – le prince Philippe – et quel genre de costume il devrait faire faire. L'avantage d'être un Greengrass, c'était bien d'être plein aux as. Alors Justine avait accepté avec la demande d'une petite cotisation en échange. Elle n'était pas Serpentard pour rien. Lysander avait donc désapprouvé, fortement râlé et finalement abandonné devant sa tête de mule de compagne.
- Il est déjà neuf heures trente ! S'exclama le jeune homme, mourant d'envie de faire taire Justine en douceur.
Raté.
- Déjà ? Mais il faut qu'on se dépêche, sinon on va se retrouver derniers ! Lysander va voir, je peux parfaitement m'en sortir sans lui ! Quand bien même, il aurait tout de même pu descendre me dire au revoir... Tant pis pour lui, il a mérité de passer sa journée seule au château, ce lâcheur...
Et elle continua sur sa lancée, ne cessant de se contredire entre « Je peux me débrouiller seule » et « J'ai été abandonnée ».
Lily, qui, jusque là était amusée, finit par lâcher un soupir de très mauvais augure.
Heureusement, elle n'eut pas le temps d'exprimer son agacement qu'Hugo apparut, accompagné d'Eric.
- C'est bon, on peut y aller, la concierge a déjà fait former une file dans le hall !
Sa cousine le remercia vivement à voix haute d'une voix clairement soulagée, devant une Justine interloquée. Hugo ne parut pas non plus comprendre, jusqu'à ce que Rose fasse un signe discret vers la pipelette. Eric leva les yeux au ciel, comme pour approuver l'exaspération générale.
Ils se levèrent tous ensemble et se rendirent dans le hall, où, en effet, une longue file d'élèves avait pris forme devant une petite table qui n'avait pas l'air bien solide, derrière laquelle se trouvait la concierge. Elle s'appelait d'ailleurs Gertrude Debaunsen, mais d'un commun accord, elle était juste « la concierge ». Lui donner un nom l'aurait trop rendue humaine à leurs yeux. Elle était, tout comme les anciens occupants de son poste, une Cracmolle, mais ce n'était pas cette caractéristique qui embêtait les élèves. Du moins, il n'y avait qu'une minorité à y voir un inconvénient, mais leur opinion ne comptait pas.
Ils se placèrent dans la foule et attendirent une bonne dizaine de minutes durant lesquelles Lily croisait les doigts pour que Justine n'ouvre plus sa bouche. Cela n'arriva pas, et Lily se dit en premier lieu que cette journée s'annonçait finalement bien, avant de s'inquiéter pour son amie.
Elle tourna les yeux vers elle, et vit qu'elle avait la tête tournée vers le haut des escaliers – derrière eux – le regard quelque peu vide. C'était complètement inhabituel. Lily se tourna donc complètement vers ce qu'elle regardait apparemment, mais elle se heurta au sourire charmeur d'Adrian.
- Eh bien, Lily ? Tu as l'air distraite, qu'est-ce qu'il y a ?
- Ce n'est pas moi qui ai l'air distraite ! Répliqua-t-elle d'un ton furieux en se tournant vers Justine... Qui était en grande conversation avec Lorcan.
Son regard se fit soupçonneux jusqu'à ce que Scorpius pose une main sur son épaule et se penche vers son oreille pour lui murmurer deux mots : « Prends garde. ». Puis il lui sembla qu'il avait glissé quelque chose dans la poche de sa veste de sorcière.
Quand elle se tourna vers lui – il était derrière elle à droite, alors qu'Adrian était à gauche et Joann exactement derrière elle – il discutait à voix basse avec Rose, l'air de rien, un grand sourire niais aux lèvres.
- Lily ? Interpella Theonia, qui n'avait pas bronché depuis le matin-même. Tu vas bien ?
Pour toute réponse, la rousse lui adressa un grand sourire malicieux.
- Ca irait mieux si tu me disais quel est ton costume !
Theonia soupira, faussement agacée.
- Tu exagères ! J'ai dit non, c'est non. Tu verras au bal et c'est tout, conclut-elle en ignorant le « roh » déçu de son interlocutrice.
Ils finirent par arriver devant la table branlante qui commençait à trembler sous l'amoncellement d'autorisations qui se trouvait dessus.
La concierge avait l'air plus que lasse. Son regard noir s'était posé sur Lily, cette fois. Elle grogna quelque chose d'inarticulé, ressemblant à un aboiement de bouledogue – Lily en avait vu un quand elle était plus jeune et que sa mère et sa tante l'avaient emmenée dans une ville moldue. Elle ne répondit pas à la provocation de la plus âgée, voulant être certaine de pouvoir passer cette journée avec ses amis. Une fois reçu le grognement d'approbation, elle rejoignit la foule de ceux qui étaient déjà passés, rassemblés devant le portail et parlant avec animation. Theonia, Justine, Lorcan, Hugo, Eric et Joann discutaient quand Lily arriva. Apparemment, ils plaisantaient au sujet des déguisements connus de certains élèves.
- Oui, Rod Zabini aurait eu le Colonel Hathi ! S'exclama Hugo en riant.
Voyant qu'il n'y avait que Rose – qui les avait rejoints avec Scorpius et Adrian – Eric et Justine pour en rire, Lily décida d'intervenir.
- Celui du Livre de la Jungle ?
- Oui ! Il a dit qu'il avait du mal avec le concept d'éléphant et il a fallu que Mars MacGonagall métamorphose pour lui un bureau pour lui en donner un aperçu.
- Il en a dit quoi ?
- Qu'il n'était pas question pour un garçon de son rang de s'abaisser à ce genre de créature disgracieuse et qu'il refusait de venir au bal.
- Un enquiquineur de moins, si vous voulez mon avis, intervint Lorcan, tripotant son anneau d'argent.
Lily ne pouvait qu'approuver. Rod était un de ces élèves qu'elle méprisait sans rien connaître d'autre que ses opinions. Elle vit Scorpius esquisser un sourire. Il sortait avec une Weasley, était ami avec une Potter et considérait un Londubat comme un égal, mais il restait un Malefoy. Son père lui avait conseillé de ne pas créer d'accrochage avec une des grandes familles de sorciers – puisqu'il n'avait plus le droit d'utiliser le terme de Sang Pur – et les Zabini en était une. Se moquer ouvertement de leur héritier aurait sans doute créé plus de problèmes que nécessaire.
- Au moins, il n'aura pas eu à chanter « C'est la marche des éléphants », chantonna Lily, n'hésitant pas, dans son cas, à se moquer, allant jusqu'à mimer une danse.
Rose rit doucement, vite rejointe par les autres. Les élèves l'ayant vue ou entendue et ayant connaissance de la référence rirent aussi sous cape. Deux minutes plus tard, alors qu'ils se calmaient, le portail s'ouvrit, déversant une vague d'élèves vers Pré-au-Lard. Le petit groupe suivit le mouvement et atteignit finalement le village, bondé d'élèves courant dans l'une et l'autre boutique.
- Bon. Ce serait trop triste de se séparer tout de suite, on va où ? Demanda Adrian après s'être tapé dans les mains.
- Pourquoi pas dans la boutique du frère de Lily ? Suggéra Theonia, un peu hésitante.
- C'est la boutique d'un de mes oncles, en fait, mais pourquoi pas, j'aimerais bien voir James !
D'un commun accord, les dix jeunes gens avancèrent dans la douceur de ce mois d'Octobre, piétinant les quelques feuilles rouges, oranges, jaunes et marrons qui traînaient déjà au sol.
Après avoir poussé la porte, ils se retrouvèrent... Dans un univers coloré où des petits bruits jaillissaient de partout, accompagnés de cris de surprise, de rires et d'une atmosphère chaleureuse qui donnait envie de rester et de tout explorer. Des rayons d'étagères remplies d'articles divers et variés à en déborder, des présentoirs à exclusivité où les affiches bariolées descriptives attiraient le regard. Tout était travaillé de manière à ce que la personne qui entre veuille avancer, toucher, tester... Et se faire piéger.
Eric et Hugo foncèrent en fond de boutique, impatients de faire le plein de farces et attrapes. Lorcan, Justine et Joann, eux, se dirigèrent vers la gauche, intéressés par les Vêtements Boucliers, que le fils de Georges, Fred Junior, avaient retravaillés de manière à ce qu'ils soient totalement personnalisables – sans exclure l'extravagance de certaines tenues, bien évidemment.
Adrian, Lily, Rose, Scorpius et Theonia allèrent droit vers le comptoir.
- Salut Fred ! S'exclama Lily avec un grand sourire.
L'héritier de ceux qui étaient autrefois des jumeaux lui répondit de la même manière sur un ton enjoué, et se retourna pour appeler son père d'un grand cri. Celui-ci arriva, le dos droit et le torse bombé avec, un air de fierté mêlé de malice sur le visage. Derrière lui se trouvait une jeune femme que Lily identifia immédiatement comme étant Roxanne, la sœur de Fred, de trois ans son aînée.
- Aaaaah, ma nièce préférée ! S'exclama Georges avec un large sourire. Sans vouloir te vexer, Rose, se rattrapa-t-il en la voyant.
- Aucun souci, je sais bien sur quels critères tu te bases, oncle Georges ! Répondit celle-ci en s'esclaffant.
- Toujours avec ton adoré, à ce que je vois. Pour avoir dressé un Malefoy, tu arrives deuxième sur ma liste !
Scorpius grommela quelque chose, vaguement gêné et Rose se dressa sur la pointe des pieds pour lui faire un bisou sur la joue en riant de plus belle.
- Et voilà Adrian. Toujours aussi clinquant, ce jeune homme. C'est qu'il tient de son père, ce gaillard.
Le jeune Londubat leva les yeux au ciel, ignorant si c'était ou non ironique.
- Qui est cette jolie jeune fille qui vous accompagne ? Reprit Georges sans attendre de réponse en pointant la brune.
- Je suis Theonia Withdrawn, monsieur. Ravie de faire votre connaissance.
Lily crut voir un éclair de compréhension passer dans le regard de son oncle, mais à bien y regarder, elle n'y vit que l'espièglerie habituelle.
- Monsieur ? Comment ça, « monsieur » ? Tu me vieillis, jeune fille, Georges suffit amplement !
L'arrivée d'un Hugo essoufflé épargna la peine à Theonia de répondre.
- Oncle Georges, oncle Georges ! C'est nouveau, ça ? C'est combien ?
- Bonjour à toi aussi, Hugo ! L'essence de crin de Gronian, hein ? Monsieur a des goûts de luxe. Elle vaut beaucoup plus que tu ne peux te l'offrir.
- Roh, mais allez, tu me fais la réduction familiale et voilà.
- Hugo Weasley, si je faisais une réduction familiale, mon magasin n'aurait pas perduré aussi longtemps, avec le nombre de membres de notre famille.
- Mais tu fais bien une remise à Lily !
- C'est la réduction « Testeuse professionnelle des Farces et Attrapes », c'est comme si elle faisait partie de mes employés, et c'est une remise qui lui est exclusivement réservée !
Hugo se renfrogna et lança un regard noir à Georges avant de se reprendre, de lui tirer la langue et de lâcher un seul mot avant de retourner voir Eric.
- Favoritisme.
Rose, Scorpius et Lily riaient de bon cœur.
- Et ça sert à quoi, l'essence de crin de Gronian ? Demanda Theonia, un sourcil levé.
- Une goutte versée sur un balai suffit à lui faire doubler sa vitesse pendant une heure. C'est génial pour saboter un match de Quidditch, mais je doute que Gryffondor ait besoin de ça pour gagner face à vous, les Serpentards, répondit Georges, narquois.
- Gryffondor et gagner dans la même phrase, ça relève de l'impossible, Georges, et tu le sais, répondit Scorpius sur le même ton.
Ils échangèrent un regard éloquent et éclatèrent de rire. Ils savaient l'un comme l'autre qu'ils plaisantaient. Si il y a quelques années, ces deux-là ne pouvaient pas se voir, maintenant ils étaient aussi proches que pouvaient l'être un oncle et un neveu.
- Oncle Georges, James n'est pas là ? Demanda Lily, surprise de ne pas avoir vu son frère.
- Non, il est parti voir Verity sur le Chemin de Traverse, au sujet de la dernière livraison, répondit Roxanne, qui était restée coite jusque là.
Son regard s'était assombri à la mention de Verity, et Lily se dit que ses soupçons au sujet d'une Roxanne amoureuse de James n'étaient peut-être pas si stupides qu'il l'avait prétendu. En effet, le jeune homme et sa sœur avaient eu une conversation – brève, car ils étaient tous les deux aussi mal à l'aise sur le sujet l'un que l'autre – sur le célibat du plus âgé. Quand Lily avait mentionné Roxanne, James avait balayé l'idée d'un revers de main en disant que c'était « impossible ». Il n'avait pas précisé pourquoi.
Lorcan, Joann et Justine avaient reparu et payaient leurs articles. Une fois rangés dans leurs sacs respectifs, les jeunes gens se tournèrent vers le reste du groupe.
- Nous, on va jeter un œil aux autres boutiques du village. On se retrouve plus tard pour rentrer au château, d'accord ? Fit Justine en souriant.
- Je viens avec vous ! Répondit Adrian d'un ton qui se voulait enthousiaste.
- En effet, il est temps de te désinfecter de toutes ces Nargoles, fit posément Lorcan.
- Je ne vais rien dire à ce sujet, si tu permets.
Ils sortirent tous les quatre de la boutique, après avoir salué d'un bref hochement de tête son propriétaire. Theonia se tourna vers les autres, à moitié perplexes, et ouvrit la bouche, s'apprêtant à poser une question. Lily l'interrompit immédiatement :
- Non, ne demande pas. On n'en a aucune idée.
Theonia fronça les sourcils avant de sourire à nouveau. Elle reprit :
- D'accord. Tu sais, ils n'ont pas tort. Pas au sujet de ces Nargoles, quelles qu'elles soient, mais même si on a toute la journée, il ne faudrait pas tarder, si on veut trouver ce dont on a besoin pour Halloween.
Lily acquiesça. En un sens, elle avait hâte de se retrouver seule avec son amie.
- Si j'ai bien suivi, tu comptes kidnapper ma nièce préférée pour la garder avec toi toute la journée, c'est ça ? Intervint Georges, tout sourire. Permission accordée, à condition que tu ne dises pas un mot de ce que tu vas voir dans une seconde, mademoiselle la Préfète.
- Pourquoi cette condition ne s'applique-t-elle qu'à moi, alors qu'il y a deux autre Préfets ici ? Demanda Theonia, éludant la première partie de sa phrase.
- Primo, parce qu'ils ont déjà promis, et secundo, parce qu'ils sont de toute manière trop occupés pour voir quoi que ce soit.
Georges pointait du doigt les deux jeunes gens, qui se bécotaient passionnément dans un coin de la boutique. Roxanne et Lily soupirèrent de lassitude en même temps, tandis que Fred rougissait violemment, et que Theonia parvint tant bien que mal à croasser un « Je vois. », malgré son embarras évident.
Georges tendit à Lily un petit sac qu'elle saisit avec un plaisir presque sadique évident.
- J'espère que tes intentions sont toujours aussi mauvaises, parce que si c'est le cas, ça va te servir.
- Evidemment.
- Bien. Allez profiter de votre journée, après tout, ce genre d'événement n'arrive pas tous les jours. Bande de veinards, de mon temps ç'aurait été impensable ! Je préviendrai Hugo, tu sais comment il est, ici.
- Merci, oncle Georges !
Lily emboîta le pas à Theonia et elles sortirent, après un bref salut de la main à l'adresse de ses cousins. Une fois dehors, elles ne surent pas vraiment où aller.
- On n'a qu'à passer chez Madame Guipure ! S'exclama Lily, ne perdant rien de son enthousiasme habituel.
La sorcière replète et aimable que son père avait connu avait deux enfants. Ils avaient repris le magasin de prêt-à-porter bien connu et l'avaient agrandi, créant des succursales dans tout le pays, le fils s'occupant de la création et la fille de tout le côté économique et financier de la boutique. Ils avaient cependant veillé à ce que chaque « Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers » garde cet aspect traditionnel que la boutique d'origine avait eu. Leur mère travaillait toujours sur le Chemin de Traverse, mais plus seule.
Les deux jeunes filles discutèrent en marchant, passant devant moult magasins. Theonia posait beaucoup de questions sur la famille de son amie, celle-ci répondant avec patience.
Une fois arrivées, elles furent accueillies par deux femmes, une ayant la trentaine et une un peu plus âgée. La boutique était pleine d'élèves, et heureusement pour la boutique, plusieurs employés s'en occupaient.
La plus âgée expliqua que Poudlard avait prévenu par lettres les commerçants de Pré-au-Lard, leur demandant de doubler leurs effectifs pour le vendredi et le mercredi. Et en effet, la demande s'était avérée bénéfique avec l'afflux d'élèves qu'ils avaient reçu dans la matinée.
Les deux femmes avaient un porte épingles au poignet droit et un mètre ruban magique flottait derrière elle, suivant chacun de leur mouvement et évitant de s'emmêler dans les pieds des autres couturiers qui passaient et repassaient, courant dans tous les sens pour accueillir ou chercher du matériel les Accio auraient sûrement causé trop d'accidents.
Lily et Theonia expliquèrent que l'une et l'autre se réservaient la surprise de leurs costumes, et les couturières les prirent donc à part, celle ayant la trentaine emmenant Theonia vers la gauche du magasin, tandis que l'autre et la rousse se dirigeaient à l'opposé.
Quand Lily expliqua ce qu'elle voulait à la vieille couturière, celle-ci sourit gentiment. Elle prit consciencieusement note de ce que Lily lui expliquait, et prit son mètre ruban pour prendre ses mesures.
- Que comptez-vous faire pour vos cheveux, mademoiselle ? Aucun sort ne pourra faire de miracle, vous savez.
En effet, les longs cheveux roux de la jeune fille étaient un obstacle conséquent, et elle s'était torturée l'esprit à ce sujet toutes les nuits depuis que Hugo et elle avaient échangé leurs parchemins.
- Je devrai probablement les couper, fit-elle d'un ton découragé.
- Cela me semble être la solution la plus raisonnable, en effet. Si vous le souhaitez, vous pourrez toujours appliquer un sortilège de Repousse Capillaire par la suite. Sous la surveillance d'un sorcier aguerri, bien sûr, puisqu'il s'agit d'un sort qui vient seulement d'être accepté par le Bureau de Création et de Recensement des Sortilèges.
- Alors je demanderai à ma tante, puisqu'elle est la directrice de ce bureau. Elle devrait pouvoir l'utiliser sans soucis.
- Et pour la coiffure ?
Lily n'avait pas vraiment pensé à cet aspect-là. Elle n'avait pas vraiment d'amies à qui demander de l'aide, Theonia étant de toute façon excluse. Elle pensa brièvement à Rose.
- Je verrai, je demanderai de l'aide à quelqu'un.
- Bon, eh bien puisque tout est réglé... Vous chercherez votre costume mercredi prochain ou vous préférez que nous vous l'envoyions ?
- À vrai dire, je doute que je puisse revenir mercredi, alors je préférerais la seconde option.
Lily ponctua l'achat en payant – cinq Gallions et huit Mornilles – et alla s'asseoir sur un banc à l'entrée, le regard perdu dans le vide.
Quand Theonia revint, elle avait l'air joyeuse. Apparemment tous les détails étaient réglés, il lui faudrait juste revenir le mercredi. La rousse la prévint qu'elle ne pourrait venir, mais ne précisa guère pourquoi, même quand la brune l'interrogea à ce sujet.
Elles décidèrent toutes deux de passer la journée au village et se dirigèrent vers Les Trois Balais pour manger un morceau. En effet, la tenancière, madame Rosmerta, avait fait agrandir son établissement, y ajoutant des cuisines. Elle avait engagé trois Elfes de maison avec contrat équitable – sous l'oeil attentif d'Hermione Granger – et fait de son bar un bar-restaurant. Les plats proposés étaient plutôt simples mais délicieux, et les habitués s'étaient fait de plus en plus nombreux, grâce au pouvoir du bouche à oreille.
L'après-midi, passé à traîner dans les boutiques en croisant des élèves passa vite, et elles finirent par Honeydukes. Elles attendirent devant la devanture, savourant tranquillement leurs friandises. C'était là où le groupe du matin s'était dit de se retrouver avant de retourner au château. Il était seize heures passées, et leur limite était de dix-sept heures.
Bientôt, elles furent rejointes par Rose, Scorpius, Hugo et Eric, qui s'étaient regroupés un peu plus tôt. Quand Adrian, Joann, Lorcan et Justine arrivèrent, Lily ne put s'empêcher de penser que quelque chose clochait, alors que les trois jeunes hommes discutaient allègrement.
Justine lui semblait plus pâle que jamais. Elle fronçait les sourcils, comme si elle n'arrivait pas à voir où elle allait.
Les soupçons de Lily se confirmèrent quand la jeune Serpentard se dirigea vers elle, l'air d'un coup à la fois furieux, apeuré et perdu.
- Qui es-tu ?
Croyant à une blague, les autres sourirent, ne remarquant rien. Mais quand la jeune fille saisit l'autre au col pour la plaquer contre le mur adjacent à la vitrine, Adrian et Scorpius réagirent immédiatement et l'éloignèrent de Lily. L'autre lutta avec force, se débattant violemment et en donnant des coups, tout en continuant de crier.
- Qui es-tu, qui es-tu, qui ES-TU ? QU'EST-CE QUE TU AS FAIT À MES AMIS ? QU'EST-CE QUE TU LEUR AS FAIT ? LÂCHEZ-MOI, C'EST UN IMPOSTEUR, JE VOUS AI DIT DE ME LÂCHER !
Lily ne savait pas comment réagir. Elle déglutit et croisa le regard de Scorpius. Il était pensif. Il se dirigea vers sa poche gauche puis vers Poudlard. le jeune homme lui laissait clairement un message. Il déclara fermement qu'ils allaient emmener Justine au château pour consulter McGonagall. C'est là que la folie apparente de Justine redoubla, car elle réussit à dégager un bras, dégainer sa baguette pour lancer un Expelliarmus à l'encontre de Lily, qui s'écrasa violemment contre le mur duquel elle s'était un peu écartée. Elle fut légèrement assommée, et sa vue se troubla l'espace d'un instant. Elle sentit quelqu'un la relever – elle ne se rappelait pas être tombée – et la soutenir. Elle leva la main vers l'arrière de sa tête et frissonna en sentant un peu de sang.
Entre deux clignement d'yeux, elle vit que Joann, Adrian et Scorpius tenaient fermement Justine et s'éloignaient vers le château. La rousse se sentit vaseuse et crut perdre l'équilibre malgré le soutien de la personne. Une autre paire de mains la rattrapa alors que sa vision s'obscurcissait.
Lorsqu'elle se réveilla, elle était à l'infirmerie. Pompom P. Pomfresh était penchée sur elle. Elle se releva en disant « Bien » d'un ton sec. Lily se redressa tant bien que mal sur son lit, ne sentant plus aucune douleur à l'arrière du crâne. Elle vit l'infirmière ouvrir la porte et faire entrer trois personnes. Hugo, Theonia et la directrice en personne. Lily maudit son cœur lorsque celui-ci fit une embardée lorsqu'elle croisa du regard certains yeux caramel.
- Bonjour, miss Potter. Il semblerait que, pour changer, ce soit vous dans ce lit d'infirmerie. Et que, pour changer, ce ne soit pas totalement de votre fait.
Ha ha, elle avait de l'humour, cette directrice.
Lily laissa tomber son envie de répliquer, croisa les jambes en tailleur et posa directement la question qui lui taraudait l'esprit depuis son réveil.
- Qu'est-il arrivé à Justine ?
- Votre camarade de Serpentard va bien. Il semblerait qu'elle ait été soumise à un des nouveaux sortilèges dérivés de l'Impero, lui faisant oublier votre identité et la remplaçant par quelque chose se rapprochant de ce qu'elle identifiait comme un danger. Elle ne se souvenait pas de son agression, et lorsqu'elle l'a appris de la bouche de ses camarades, elle s'est répandue en excuses.
Lily rumina l'information. C'était à cause des nouveaux sortilèges dérivés des Sortilèges Impardonnables que le Bureau de Recensement des Sortilèges avait été créé.
- Est-ce que ça signifie que je suis en danger ?
- Pas nécessairement, tempéra McGonagall. Ce sort a pu être jeté comme test, ou peut-être visait-il quelqu'un d'autre. Ce genre de sortilège est instable car l'effet n'est pas forcément prévisible. Quoiqu'il en soit, je pense qu'il est inutile de vous dire de vous reposer et d'être prudente.
La directrice la salua d'un geste de la tête avant de faire demi-tour dans un claquement de cape. Lily réalisa en la suivant du regard que le soleil était haut dans le ciel alors qu'il était proche du soir quand elle s'était évanouie.
- On est quel jour ?
- Dimanche, répondit Theonia d'une voix douce.
Lily ouvrit de grands yeux stupéfaits et se retint de crier un « QUOI ?! » peu gracieux. Elle avait dormi un peu plus de vingt-quatre heures.
- Mais qu'est-ce que j'ai eu ?
- Une légère commotion cérébrale, et même si madame Pomfresh t'a soignée en deux-deux, ton corps n'a rien voulu savoir, tu es restée endormie, répondit Hugo, avec un sourire moqueur.
Il se moquait souvent de sa tendance à dormir plus que nécessaire, mais en croisant le regard de Theonia, Lily sut qu'elle le regretterait. Elle avait loupé l'occasion de passer du temps avec elle avant qu'elle ne l'oublie encore. Elle soupira tristement et se laissa tomber en arrière.
- Désolée de vous avoir inquiétés.
PS3. Bah quoi ? J'ai jamais dit que ce serait une fanfic slice of life. Gnuhuhu.
