Bonjour à tous!
Voici le dernier chapitre de mélodie d'espoir. Je sais qu'il aura pris son temps avant d'être publié mais je tenais à changer certains petits détails.
J'espère sincèrement qu'il vous plaira ainsi que le lemon.
Je remercie également toutes les personnes qui ont mis cette histoire en "favorites" ou "follows" et je vous souhaite une bonne lecture.
POV Eren
- Atchoum !
Il n'y a rien à faire. Depuis hier, je n'arrête pas de tousser et d'éternuer. Je ne pense pourtant pas avoir pris froid. Je suis plutôt solide en général. On en parlera plus ce soir avec les médicaments.
Je me suis fait gronder par Mikasa en rentrant. Elle était inquiète que je sois revenu si tard sans l'avoir prévenue à l'avance que je partais pendant plusieurs heures. De ce fait, j'ai peu dormi et je me retrouve derrière le comptoir au lieu d'aller servir. Ce sont mes deux amis qui s'en chargent. J'aurais tellement voulu être à leur place ne serait-ce que pour aujourd'hui. Cela m'aurait aussi évité d'avoir les sarcasmes de Jean.
Marco vient de sortir de l'hôpital ce matin même et pour fêter cela, ils se sont tous ramenés au café. C'est-à-dire Ymir et Christa se sont encore fourrées dans un coin isolé de tous. Reiner me raconte encore toute sa vie et Bertholt subit autant que moi. La remarque de Rivaille ne lui a pas suffi apparemment. Des petits gâteaux sont commandés par Sasha sur le compte de Connie. J'en oublie le pire d'entre eux, Jean. Il tente sans arrêt de me faire sortir de mes gonds.
Malgré tous les événements qui se sont déroulés, les choses n'ont pas tellement changé. La bonne humeur est toujours présente. Je trouve cela assez incroyable au final. D'ailleurs, Hanji et Mike ont dit qu'ils devaient passer dans la journée. Ma prof risque encore de foutre le chambard.
D'entre tous, il y a une personne en particulier que j'attends et là aussi cela n'a pas changé.
La porte s'ouvre et c'est toujours avec la même joie que je l'accueille. Le rituel recommence comme auparavant. Il s'assied, commande son éternel thé et je le sers en silence. Armin et Mikasa me laissent faire pour ce client quelque peu spécial à mes yeux. Il me provoque toujours autant du regard tout en se délectant de sa boisson.
Hanji arrive à son tour de façon toujours aussi bruyante. Mike est devant avec son fauteuil roulant. Elle l'aide à entrer lorsqu'on lui ouvre les deux portes d'entrée du café. On se réunit même les curieux qui ne sont pas directement concernés autour d'une grande table.
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins, dit Hanji.
Il est rare de la voir si sérieuse.
- Je le dis surtout pour toi Eren mais aussi pour Mikasa.
- Là, je le sens vraiment mal.
- Votre père est directement lié à toute cette affaire.
Elle nous expliqua tout depuis le début. Dans un premier temps, la relation qui existait entre toutes les fiches falsifiées. Elle a ensuite analysé un cadavre récent de l'un des incendies et tout comme le père d'Annie ce fut par arrêt cardiaque. Toutes les personnes présentes dans le dossier étaient mortes de cette façon. Après quelques recherches supplémentaires auprès de ses collègues, Hanji avait découvert une nouvelle substance qu'elle déposa devant nous sur la table.
Elle est utilisée dans certains médicaments et en particulier pour une certaine firme pharmaceutique. Le produit est encore au stade d'essai et n'est pas en vente. Elle ajoute que nous en ignorons encore les effets secondaires. Apparemment, ils ont voulu être dissimulés.
Mike avait poursuivi l'enquête via son réseau en demandant de plus amples informations sur mon père. Ils ont découvert qu'il y avait un lien avec cette même entreprise. Ils ont réussi à le tracer pendant un bon moment, leur permettant de recevoir de nombreuses preuves de sa place au sein de l'affaire. Ils en sont venus à la conclusion qu'il avait été payé pour falsifier ses fiches et ainsi empêcher de retarder la mise en vente de ce médicament sur le marché. L'entreprise toucherait gros. Du coup, d'autres firmes ont décidé d'attaquer ou de s'associer pour en toucher un bénéfice.
L'enjeu financier semble très grand. Malheureusement, Mike nous demande d'être réaliste. Il y a beaucoup trop d'acteurs dans toute cette histoire et vu leur pouvoir, il sera difficile de tous les arrêter. Il nous promet de faire un maximum en commençant par inculper notre père. Justement, il est là le souci. C'est que depuis qu'il s'est rendu compte qu'on le pistait, il n'a plus donné signe de vie en se faisant aider par l'organisation.
Je tente d'abord de digérer tout ce que je viens d'entendre. Je me sens mal et je n'arrive pas à croire que mon père soit corrompu à ce point. J'ai l'impression que tout tourne autour de moi et je reste paralysé. Je ne suis pas le seul à avaler difficilement l'histoire. La plupart de mes amis sont sous le choc également. Un claquement de vaisselle nous sort de notre torpeur. Rivaille s'est levé pour se mettre au piano. Je repense alors à ma demande d'hier. Il est venu sûrement pour qu'on joue ensemble la mélodie.
Je me sens un peu pitoyable d'avoir été ébranlé par une telle situation. Je mets donc mes pensées de côté pour me concentrer sur l'apprentissage au risque de me faire taper dessus dans le cas contraire.
Il déploie la partition et commence avec les premières notes. Nous avions déjà travaillé un peu dessus lorsqu'il était à l'hôpital. Il m'avait aidé à la lire et à en retenir les passages les plus difficiles. J'ai prétexté cette excuse d'apprentissage pour qu'il puisse se rendre compte d'une certaine chose. Les mots auraient été inutiles.
Les notes s'enchaînent pour le plus grand bonheur des spectateurs. Certains ferment leurs yeux pour se fondre davantage dans la musique. Christa décide même d'improviser un chant sur cette dernière. Sa voix est douce et mélodieuse. Elle correspond parfaitement à l'ambiance. Même Sasha s'est arrêtée de manger pour éviter de perturber ce moment qui semble magique.
Les derniers accords sont joués et tout le monde nous acclame. Je regarde Rivaille quelque peu surpris par la réaction des autres. Je lui souris en lui demandant s'il avait maintenant compris le pourquoi de ce titre.
La musique possède le pouvoir de chasser les mauvaises pensées et de redonner espoir. Cette constatation lui arrache un léger sourire. Hanji s'empresse de le faire remarquer et de le taquiner là-dessus tout l'après-midi. Des rires fusèrent à leur tour.
Marco et Jean s'étaient éclipsés plusieurs fois à l'arrière de la boutique pour un moment à deux. Connie était tombé sur eux sans le vouloir. Il était revenu au comptoir avec les joues en feu. Sasha lui avait alors proposé de manger un gâteau avec elle qu'il accepta avec plaisir.
Christa parla à Ymir de peut-être faire carrière dans la chanson. Elle avait dû avoir une révélation. Ymir refusa car elle désire la garder pour elle seule. Reiner leur lançait des regards noirs et à la fois désespérés.
Armin était en train de réfléchir un peu plus loin à un plan tout en conversant avec Annie par sms. Elle avait de nouveau eu droit à son téléphone. Son état allait de mieux en mieux.
Pixis buvait comme à son habitude. J'en suis resté étonné de toutes ces bouteilles vides sur le sol. Hanji n'aurait pas refusé un verre si elle n'avait pas le bébé.
Mike cherchait également un plan pour tenter de coincer mon père demain. Quand j'y repense, les mêmes sensation réapparaissent.
Je suis à côté de Rivaille qui termine son thé. Sa tête est dirigée vers la fenêtre. Il est surpris par quelque chose.
- Un problème?
- C'est con mais j'ai cru voir mon ancienne troupe qui me souriait dehors...
J'esquisse un sourire accompagné d'un léger rire. Le voir totalement désemparé était vraiment trop drôle car si rare. Il n'apprécie pas ma réaction et me le fait savoir en mettant mon tibia en miettes. Les autres en rigolent sauf Mikasa qui se dresse devant lui. Ils se défient chacun du regard. Entre temps, je reçois un message pendant que je suis encore à terre. C'est mon père qui me demande de l'aider à s'enfuir. Je ne sais vraiment pas quoi faire. Dois-je le montrer à Mike? Non c'est beaucoup trop risqué.
- Je me demande tout de même comment ce dossier est tombé entre les mains d'Erwin, exprime Hanji à voix haute.
- Ho ça! C'est moi qui lui ai passé pour qu'il vous en parle, lâche Pixis.
Tout le monde est étonné une fois de plus. Il avoue qu'avant de tenir ce café, il était médecin. Déjà à l'époque, quelques détails l'avaient perturbés. Il avait tenté d'en parler à la direction de l'hôpital mais il n'a eu que pour seule réponse une demande de démission. Malgré sa bonne foi très probable, je préfère me taire au sujet du message. Un traître est si vite caché.
Tout le monde s'en va à tour de rôle. Rivaille me quitte lui aussi. Je n'oublie pas de lui rendre sa veste lavée. Cela m'a d'ailleurs fait un peu bizarre de le voir sans sa veste avec seulement une chemise et son col. Il me fait un bref signe d'au revoir. Avant qu'il passe la porte, je le retiens alors quelques secondes pour lui voler un baiser à la hâte. Il ne dit rien et s'en va.
Je sens une aura menaçante derrière mon dos. Heureusement, Mikasa reporte ses envies de meurtre à plus tard et désire seulement qu'on discute. Elle préfère qu'on ne mette pas au courant maman à propos de tout ça. Je suis d'accord avec elle. Notre mère a déjà ses soucis de santé. Il est donc inutile de lui rajouter du stress en plus. Cela me rappelle le sms. Je lui dis que je dois me rendre quelque part en m'excusant. Elle insiste pour me suivre. Je refuse fermement tout en prétextant que c'est pour rejoindre Rivaille. J'ai pu alors partir seul.
Le rendez-vous est près d'un vieil immeuble abandonné et je repense à mon père qui me donne la nausée.
- Pourquoi t'as fait ça?
Je continue de marcher en direction de l'endroit indiqué. Ma propre quête de vérité s'écroule face au poids des interrogations. Je ne comprends pas pourquoi il a agi ainsi. Il est vrai qu'il n'était pas souvent à la maison. De là à penser qu'il complotait des trucs pareils dans l'ombre, j'ai beaucoup de mal à l'avaler.
- Maman est encore à l'hôpital et toi...
Tu n'es toujours pas là. En fait, tu n'étais jamais là pour nous soutenir.
Des larmes commencent à couler sur mes joues. Je renifle un peu tout en les essuyant avec ma manche au passage. Je prends à droite au carrefour et je croise Erwin près du pont qui surplombe la chaussée. J'accélère le rythme mais il m'attrape par le bras arrêtant net ma course. J'ignore ce qu'il me veut.
Son visage est effrayant. Il est vide de tout émotions, brisé, anéanti.
Il me pousse au bord du précipice. Le seul rempart qui m'empêche de m'éclater la tête contre le sol en contrebas est l'énorme barrière de sécurité. Je sens qu'un seul mot de travers et j'y passe. Il n'hésitera pas à me pousser, j'en suis certain.
- Espèce de sale petite merde, me crache-t-il au visage.
Il m'attrape par la nuque.
J'essaye de sortir mon gsm de ma poche pour envoyer un message à Rivaille. J'ai à peine le temps de faire envoyer que le blond remarque ma manœuvre. Il le prend de force avant de le jeter plus loin. Je me sens à présent complètement démuni face au vide et à la main qui m'enserre de plus en plus la gorge. J'ai l'impression que mes dernières minutes sont comptées. Seulement, cela ne m'empêche pas de refuser de me soumettre. Je ne compte à aucun moment baisser les yeux face à lui.
Quelques minutes s'écoulent, sa main se met à trembler. Il hésite un peu à commettre l'irréparable.
Je peux à nouveau respirer.
Je lui demande pourquoi il réagit ainsi. Au de-là de la colère voire peut-être un soupçon de folie, c'est surtout une grande tristesse que je lis dans ses iris. Je comprends qu'il m'en veut de lui avoir pris la personne qu'il aimait. Il l'aime peut-être depuis bien plus longtemps que moi. Je ne suis qu'un empêcheur de tourner en rond pour lui et même pire, un simple déchet à éliminer. Il ne dit rien et fait violence contre ses pulsions. D'autres minutes passent sans même qu'aucune voiture traverse le pont. Il se fait pourtant tard, à croire que ce n'est vraiment pas mon jour de chance.
Il sort doucement de ses états d'âme et me pousse encore un peu plus vers le vide. Il a l'air d'avoir pris sa décision.
- Adieu, Eren.
Mikasa arriva par derrière pour lui jeter un violent coup de pied au visage. Il est peut-être grand mais son coup fit mouche. Il tombe à terre quelque peu sonné. Je me doute qu'au final, elle n'a pas pu s'empêcher de me suivre. Elle s'arrête devant moi après une dernière attaque.
- Eren...je ne pense pas être si différente de ce type...
- Mikasa?
- Je n'admets toujours pas que tu sois...
Elle se retourne pour laisser apparaître Rivaille. Il semble m'avoir cherché partout et il est maintenant à bout de souffle. Il reprend une respiration normale après quelques secondes. Elle se tient debout devant lui avec une stature fière et qui en impose.
- Si tu le fais pleurer ne serait-ce qu'une seule fois, je t'étripe.
Il ne prend même pas la peine de lui répondre. Il s'avance vers moi en me disant de venir avec lui. Je suis sûr qu'il a pris la menace au sérieux ou peut-être pas finalement. Il donne toujours l'impression qu'il ne craint jamais rien alors qu'au fond il lui arrive aussi d'être humain. Je me souviens quand il a crié mon prénom pour la première fois.
C'est quand l'immeuble était en flamme. J'étais à moitié conscient à cause de la chute de débris qui me sont tombés dessus. Je me souviens de sa voix qui m'appelait pour que je bouge. Il a eu peur que seulement l'un de nous deux puisse s'en sortir. Il ne voulait pas m'abandonner. Peut-être qu'il refusait d'avoir ma mort sur la conscience en supplément de celles de ses amis.
Il m'avait tout raconté un soir lorsque nous étions à l'hôpital.
J'ai à peine eu le temps d'aller ramasser mon portable avant de le suivre. Sur la route, le coucher de soleil illuminait le ciel. Un tableau magnifique qui aurait pu ne pas avoir ce goût amer. Celui de voir Mikasa trembler légèrement et pleurer lorsque je me suis retourné.
Nous allons jusque chez lui. Il me fait presque entrer de force. Je ne cesse de m'interroger sur le pourquoi du comment. Je ne sais plus quoi faire ou même entrevoir l'avenir dans ces conditions. Je suis complètement perdu. Rivaille me donne un coup sur l'épaule pour me prévenir qu'il s'en va prendre une douche. Je lui réponds que je suivrai juste après. Je vérifie mes derniers messages. Mon père m'en a envoyé un deuxième.
Il se demande où je suis passé. C'est normal vu le temps que le blond m'a retenu. Le salaud, j'ai encore un peu mal à mon cou. Je dois en avoir gardé quelques traces.
Je lui écris simplement que j'ai eu un empêchement sur le chemin et lui donne rendez-vous demain à l'hôpital pour voir maman. Je n'aurai peut-être pas dû répondre sans en parler aux autres. Dans l'urgence, je préfère uniquement appeler Armin. Je lui explique tout ce qu'il s'est passé. Nous prévoyons une rencontre au café demain après-midi. Il me dit de prendre soin de moi et de me reposer avant de raccrocher.
Je range mon portable sur la table du salon avant de m'asseoir dans le canapé pour caresser Shin toujours aussi heureuse. Je lui gratouille le menton et elle aime ça. Elle réussit à me faire sourire. Mes idées noires filent au loin par la même occasion. Ces ronronnements m'apaisent au point de ne pas m'apercevoir de la présence de Rivaille dans la même pièce.
Il était vêtu d'une simple serviette sur les hanches. Le corps ruisselant encore avec quelques mèches rejetées en arrière d'une main. Le reste de son corps appuyé contre le chambranle de la porte. Je crois que le rouge me monte aux joues sans le vouloir. Je l'avais déjà vu nu mais là avec ce corps mouillé et dans cette pose, j'ai des doutes sur le fait que je puisse contempler un spectacle aussi grandiose. Il me fait signe d'y aller à mon tour et je m'exécute.
Quand je reviens, il n'était plus dans le salon. Je me dirige alors vers la chambre. Je me dis qu'il est sûrement parti se changer. J'ouvre la porte sans y voir quelqu'un à l'intérieur. Je m'approche doucement du lit et j'entends la porte qui se claque derrière moi. Je me retourne et ce sont deux lèvres que je rencontre. Elles sont incroyablement douces. D'une douceur qui me permet de reconnaître immédiatement leur propriétaire. Celui-ci me fait chuter sur le lit. Il porte toujours sa serviette qu'il défait sans oublier d'arracher la mienne juste après.
Je lui laisse entièrement mon corps car je n'ai pas la force pour résister. Il me caresse pour que j'en oublie cette journée. Ses mains se baladent le long mon dos pendant que sa langue trace un chemin de mon cou jusqu'au creux de mes hanches en passant sur mon torse. Il mordille l'un de mes petits bouts de chair violemment pendant qu'une de ses mains s'occupe de l'autre. La deuxième se fait plus intrusive en allant jouer sur mon intimité.
Je sens qu'il n'a pas envie que l'acte dure trop longtemps même si je lui reconnais une certaine tendresse dont il n'a pas l'habitude. J'arrête de me poser des questions en profitant simplement du moment présent. Il commence à jouer avec mon sexe de ses doigts avant de rester un long moment à m'embrasser. Ses lèvres se glissent lentement jusqu'à ma nuque.
Je ne peux m'empêcher de gémir légèrement. J'appuie un peu sur sa tête pour lui dire qu'il peut y aller sans vergogne. Mes mains s'amusent à caresser ses cheveux en même temps.
Il se positionne au-dessus de moi. Sa verge touche la mienne. Nous nous sommes alors relevés de concert tout en nous embrassant. Nos corps se rapprochent au point de former qu'un seul bloc.
Il m'enlace tout en déposant des baiser papillons et jouant avec un doigt près de mon intimité. Nos langues se réunissent pour une danse passionnée. Mes bras entourent sa nuque pour mieux m'agripper. Nos souffles se mélangent sans une subtile symphonie où l'occasion de respirer est devenue rare. Je continue de l'embrasser et de m'accrocher désespérément à lui comme si cette nuit était la dernière. J'ignore ce qui m'attends demain. Je ne veux pas avoir de regrets s'il m'était impossible de revenir sur ces instants partagés.
Rivaille me sent partir ailleurs que dans le présent. Il me le fait vivement savoir en mordant ma peau. Il descend de plus en plus arrivant presque à me faire perdre toutes pensées logiques. Sa langue envieuse passe sur mon sexe où je grimace de plaisir. Cette dernière s'amuse et mes émotions en sont le jouet. Il se relève et je sens son doigt qui se met à faire des petits mouvements de va et vient près de mon intimité. Il n'ose toujours pas en forcer l'entrée. Je ferme les yeux pour mieux apprécier les sensations avant de jeter un œil vers la fenêtre. Dans l'action, nous avons oublié de fermer les tentures mais qu'importe après tout. Je vois le jour qui décline tout comme ma conscience lorsque le rythme s'accélère. J'ai envie de lui et de lui faire partager ce même plaisir.
Je l'arrête pour m'attarder à mon tour sur son entre-jambe. Il ne dit rien et me laisse continuer. Je suis heureux tout en ayant le cœur serré par quelque chose. J'ai mal intérieurement. Je ne devrais pourtant pas vu la situation.
Parfois, je me suis demandé si cet amour avait un sens. Il m'a attiré dès la première rencontre maintenant je ne suis plus sur de mes sentiments.
Je me demande aussi si ce jour-là, il a désiré que je me taise pour cette raison. Ce ne sont décidément pas des mots à dire à la légère. Il ne m'a jamais dit qu'il m'aimait. C'est lui qui avait conscience dès le départ que notre relation est en vérité qu'attirance. Des larmes viennent à couler sans que je comprenne pourquoi. J'ai encore plus mal.
Si cette relation n'est qu'éphémère, je ne devrais pas pleurer. Si ce n'était qu'une attirance, je ne devrais pas avoir cet sentiment de perdre quelque chose.
Cet instant semble pourtant être bâti sur quelque chose qui ne repose pas sur une illusion. Il se pourrait que je ne fais que rêver dans mon coin. Je n'arrive pas à me convaincre de tout cela.
Une langue vient lécher mes perles salées. Ses lèvres m'embrassent d'une fougue comme jamais auparavant. Il se serre contre moi comme pour me rassurer. J'ai l'impression de n'être qu'un livre dont il a lu toutes les pages.
Toute cette tendresse, je ne peux en recevoir plus et je me mets à pleurer pour de bon. Il garde le silence en me tendant un mouchoir. Je me sens misérable de gâcher un tel moment. Tout se bouscule dans ma tête. Trop de choses se passent en si peu de temps, je me demande comment les autres font pour supporter la pression.
En réalité, je ne sais même pas pourquoi je craque exactement. J'en ai besoin dans le pire moment qui soit. J'en ai marre avec l'envie de tout oublier.
Rivaille vient me mordiller le lobe de l'oreille. Il tente de me faire reprendre là où nous en étions sauf que je ne suis pas réceptif. Je me demande à quoi bon continuer si ce moment s'oubliera parmi tant d'autres.
Le soleil est à présent effacé par les bâtiments et la nuit se met à tomber. Seuls les derniers rayons nous illuminent encore. L'homme de mes fantasmes est devant moi. Il est si beau voire presque irréel de la même manière que mon amour pour lui. Je ressens comme de l'attachement dans ses gestes. Un attachement profond. Ma main vient caresser sa joue.
- Rivaille...dis-le-moi... je t'en prie.
Il ne dit rien et se contente de prendre ma main dans la sienne avant de la faire redescendre le long de mon corps. Il m'embrasse à nouveau. Je n'espère plus recevoir une réponse. Les images du passé défilent. Aucune d'entre elles montrent qu'un jour, ses trois mots fatidiques se sont échappés de ses lèvres. J'ai de nouveau mal au cœur. Ce monde est si incertain et moi-même je doute sur ce qui devrait être des certitudes. La certitude d'aimer ou plutôt que lui m'aime.
Il m'allonge alors sous lui en écartant mes jambes. Je refuse qu'on aille plus loin. Il semble surpris par ce choix. Il affiche un air mécontent. Je remets en place une de ses mèches qui tombe presque devant ses yeux. Il ne sait plus quoi faire aussi. Le Rivaille que je connais n'aurait pas hésité et dans le pire des cas, il se serait contenter de continuer sans se préoccuper de mes états d'âme. Ce n'est pas le cas, ce qui me gêne encore plus. J'ai l'impression que l'on s'est retrouvé dans une impasse. Le mieux serait de se quitter là maintenant.
Je l'ai entraîné dans mes histoires. Il a accepté de m'aider. Nous avons vécu de bons moments. Je sais que chaque histoire possède une fin pour qu'une nouvelle puisse commencer. Celle-ci s'achève sûrement. Tout ceci n'aura été qu'un magnifique rêve, le monde étant ce qu'il est, cruel.
Je me lève et j'entends mon prénom murmuré derrière moi. Il sonne pourtant presque comme un ordre de rester. Je doute encore une fois sur ma décision.
On ne peut jamais prédire un choix que l'on fait.
Cette phrase je l'ai déjà entendue plusieurs fois surtout quand je lui rendais visite à l'hôpital. Il m'a tout raconté sur son passé. Il lui est souvent arrivé de faire les mauvais choix tout en me disant aussi qu'il est impossible d'avancer sans essayer.
Si ce fut une erreur de rester auprès de lui, je préférerai partir. Seulement, mon cœur et mon estomac m'obligent à rester. Le fait de penser que je me retrouverai loin de lui me cloue sur place.
Je reprends profondément mon souffle. Je vais le vide quelques secondes. Ma raison est partie et je me retourne vers lui, l'air bien plus déterminé.
Je n'aurai pas dû douter comme je l'ai fait. J'ai toujours eu au fond de moi la certitude qu'un jour, cet amour il me le dira. Oui car j'en suis sûr je n'aurai pas eu aussi peur de le perdre lorsqu'il s'est fait poignardé. Je n'aurai pas cherché par tous les moyens possibles de l'embrasser sans qu'il me donne sa permission ou bien simplement faire l'amour avec lui comme la dernière fois.
Il reprend ses baisers papillons.
Le jour a disparu entièrement. Une nuit claire transperce le ciel. Il est encore impossible d'y voir les étoiles ou la lune. Je m'approche du lit. Il me prend dans ses bras. J'ignore pourquoi mais tout semble plus intense qu'avant. Que ce soit lorsqu'il m'embrasse, lorsque ses mains effleurent mon intimité ou sa langue qui parcourt mon corps dans ses moindres détails. Je ne me sens plus comme une poupée entre ses doigts. Je me sens vivant. Une douce chaleur m'envahit et je veux qu'on aille plus loin ensemble. La symphonie des sens peut reprendre.
Il me comprend et commence à mouiller son index. Il l'enfonce doucement à l'intérieur de moi. La douleur n'est pas encore vraiment perceptible. Il y va avec un deuxième assez vite. Je me contracte et je m'agrippe à son corps encore plus. Il les fait bouger un peu pour que je m'habitue à cette intrusion. Contrairement à moi, il ne compte pas y aller avec du lubrifiant. Je ferai avec en lui faisant confiance. Il y met un troisième pour être sûr que la suite soit la moins douloureuse possible. Je me cambre un peu et je gémis de plus en plus.
Il me demande de me retourner. Je suis étonné qu'il ne veuille pas le faire en face à face. S'il préfère ainsi, je me plie à sa volonté. Il me pénètre tendrement, ses mains sur mes hanches. Le rythme s'accélère bien vite et je ne peux plus contenir mes râles de plaisir qui se font de plus en plus forts. Ses coups de rein se font plus violents aussi tout en s'enfonçant toujours plus loin en moi. Nous arrivons à notre limite. Il colle sa poitrine à mon dos pour mettre sa bouche près de mon oreille.
- Eren...
Mon prénom soufflé d'une façon si sensuelle m'électrise davantage. La chaleur qui m'animait se transforme en véritable brasier lorsque nous venons ensemble dans un cri de jouissance. Il reste encore un peu en moi, le temps que nos tremblements s'arrêtent. Ses lèvres passent de nouveau près de mon oreille pour me murmurer cette fois quelque chose de bien plus fort, de bien plus intense.
- Je t'aime.
Je ne me rends pas compte tout de suite du poids de ces trois mots. Pourtant, ils sont bien plus difficiles à dire que n'importe quels autres. Je les ai attendus si longtemps. Mes larmes se remettent à parcourir mes joues. Je suis persuadé qu'ils sont sincères car après sa franchise est l'un des nombreux points qui le caractérise. La douleur qui me nouait le cœur et l'estomac est enfin partie complètement.
- Moi aussi...
Il se retire enfin. Il attendait sans doute ma réponse. Il voulait savoir si celle-ci serait tout aussi sincère et réfléchie. Il tombe à côté de moi. Nos visages sont en face à face.
La lune apparaît enfin dans le ciel accompagnée des premières étoiles. Je nous recouvre avant de me blottir contre lui. Il grogne un peu mais m'accepte tout de même. Il va même jusqu'à passer une main dans mes cheveux. Il est devenu bien docile d'un coup. Je crois que lui-même ne comprends pas trop ce qu'il lui arrive. Moi non plus il faut dire. Tous ses sentiments me dépassent un peu pour le moment au point de m'y perdre. Leur nature est la seule chose dont je suis réellement certain à présent.
Le matin est arrivé bien trop vite à mon goût. Je remarque que Rivaille n'a pas changé de position en dormant. Il est resté le visage tourné vers moi. Je n'ai pas le cœur à le réveiller et je me lève le plus discrètement possible. Je m'habille en vitesse avant de déposer un mot sur la table comme quoi je rentrerai bientôt. Je pars seulement au rendez-vous prévu avec Armin.
Quand j'y entre, Pixis m'y accueille chaleureusement avec une tasse de café. Armin et Mikasa sont là eux aussi. Mon ami me dit que la plupart ne viendront pas participer.
Nous attendons Mike et sa fiancée ainsi que quelques amis. Une fois tout le monde sur la place, l'échange d'idées a pu débuter.
Mike avait apporté des oreillettes pour communiquer plus facilement. Chacun sera placé à un poste pendant que j'irai chercher seul mon père. Cela permettra ainsi d'intervenir directement si un problème survient. Jean se chargera du couloir avec Marco, Connie et Sasha du hall d'entrée, un collègue de Mike nommé Naile sera sur le banc devant l'entrée en face du parking pour nous suivre en voiture si nécessaire tandis que lui et sa fiancée observerons la scène à partir de la fenêtre d'une chambre. Armin sera surtout là pour changer le plan en dernière minute si celui-ci échoue et Mikasa me talonnera de très près.
- Dommage que Reiner participe pas à l'opération, je l'aurai bien vu en infirmière.
- Jean... je lance.
Quand tous les préparatifs furent terminés, nous nous sommes mis en chemin vers l'hôpital. J'envoie un sms à Rivaille pour le prévenir d'où je suis. Je pense qu'il va me chercher après son réveil.
J'arrive dans la chambre. Mon père est déjà là et vient de cacher une enveloppe dans le tiroir de la table de chevet. Ma mère dort paisiblement et ne se rend pas compte de notre présence. C'est peut-être mieux ainsi. Il me regarde et me fait comprendre qu'il vaut mieux que je l'accompagne. Je m'exécute même si un brouhaha est présent en fond sonore dans mon oreillette. C'est vraiment de la camelote le matériel de la police.
- Eren, tu n'es qu'un abruti, dit Jean pour me narguer car il sait que je ne peux lui répondre dans cette situation.
- Jean, ce n'est pas le moment de régler tes comptes, lui conseille Marco.
Il a raison, ce n'est vraiment pas le moment. Mon père est beaucoup trop proche pour que je puisse réponde sans me faire repérer. Nous prenons l'ascenseur avant de marcher le long d'un couloir et d'atterrir sur le hall d'entrée.
- Connie, tu vois Eren? demande Armin
- Alors, je voudrais un sandwich...commande le concerné.
- Connie... la ferme, clame Jean.
- Mais c'est Sasha qui...
- On s'en fout, lui répond Jean.
Je ne peux m'empêcher de mettre une main sur mon oreille. Pourquoi les a-t-on autorisés à nous aider? je me le demande sérieusement. Ils ne prennent vraiment pas la situation au sérieux. Mon père me demande ce que j'ai à l'oreille du coup. Je sors alors l'excuse que je suis tombé à l'eau récemment et que j'ai dû me choper une otite au passage et que donc j'ai un petit peu mal. Il me dit qu'il y regardera une fois qu'on sera à destination.
- Je le vois sortir, crie avec enthousiasme Hanji.
- Oui mais arrête de manger autant de cookies, supplie son fiancé.
Apparemment, depuis qu'elle avait ce bébé, elle se jette sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à des cookies.
Nous passons devant Naile. Je lui fais signe de se préparer à nous suivre et que je ne connais pas la destination. Je reconnais au loin la voiture de mon père. Nous y montons et j'ai juste le temps de prévenir les autres de toute la situation pendant qu'il cherche ses clés dans sa poche. Il les retrouve assez vite et enclenche le moteur. L'oreillette se met de nouveau à grésiller. Une voix familière retentit à l'intérieur.
- Naile! Passe-moi les clés de ta bagnole!
J'ai cru reconnaître la voix de Rivaille mais c'est impossible, il ne conduit plus. Pourtant, je suis sûr que c'était la sienne. Ce ton, c'est le sien, pas de doute possible. Je regarde dans le rétroviseur après qu'on est quitté la zone de l'hôpital. Je vois que c'est lui qui conduit la voiture derrière nous. Il a donc fait un nouveau choix, celui de me protéger. Je me sens beaucoup plus confiant sur l'opération à présent.
Nous nous arrêtons devant un vieil immeuble avec des appartements. Il m'ouvre la porte et se rue vers le lit. Il y sort une valise et m'explique qu'il doit bientôt prendre l'avion. Il aura donc besoin de moi l'aéroport. Il ajoute que l'enveloppe qu'il a déposée contient de l'argent pour payer nos dettes.
Je n'étais même au courant de cette histoire. Il ne veut rien me dire de plus sur le sujet. Alors, il aurait fait tout ceci dans notre intérêt? J'ai dû mal à y croire et tout s'embrouille à nouveau dans ma tête. Je ne sais plus qui est coupable ou alors ils le sont tous un peu au final que ce soit mon père ou Annie. Je ne sais plus et seul le claquement de la porte d'entrée me sort hors de ce brouillard. Elle s'est ouverte en grand sur Rivaille.
Il s'approche de nous. Mon père sort soudainement une arme à feu de sa valise. Il la pointe vers mon amant. Je lui demande de stopper son geste. Il se met alors à pleurer légèrement en me demandant pardon. Rivaille se rapproche encore un peu plus pour tenter de lui faire baisser son arme. Elle est aussitôt orientée de nouveau vers lui. Il est prêt à tirer mais hésite encore. Rivaille fait encore un pas. Il arme le revolver et un son de détonation retentit aussi vite.
J'imagine le pire en pensant voir le corps inanimé de l'homme que j'aime. Au final, contre toutes attentes, c'est celui de mon père que je vois gisant au sol. Le sang coule peu à peu. La personne derrière mon père était Erwin. Il a tiré avec sa propre arme avec un sourire dément sur les lèvres. Rivaille préfère éviter tout geste brusque. Le blond jette son arme à terre. Il attend qu'on l'arrête. Nanaba et Naile ne tardent pas à arriver. Ils découvrent la scène avec effroi et s'empressent de menotter Erwin. Il est emporté par une voiture de police tandis que des larmes coulent sur mes joues avant de tomber près du cadavre de mon père.
Rivaille ne dit rien, observant la scène en silence. Il pose seulement une main sur mon épaule en guise de soutien. Il attend que je me calme un peu avant de suggérer de rentrer.
Quelques jours sont passés et beaucoup de choses se sont déroulées. Erwin sera bientôt jugé pour le meurtre qu'il a commis. Toute cette affaire n'est pas encore claire dans ma tête. Beaucoup de zones d'ombre existent encore et existeront sûrement à l'avenir. Je me souviens juste de ma mère qui pleurait quand on lui a annoncé que papa était mort. Mikasa et moi ne lui avons pas caché la vérité. Cela n'aurait servi à rien de toute façon.
Je suis dans l'appartement avec Rivaille. Il est appuyé à la fenêtre pour savourer une cigarette en contemplant l'horizon. Je m'avance vers lui pour lui parler.
- Finalement, Erwin a tué mon père pour te sauver...
- Et le faire taire.
Quoi?
- Ce n'est pas possible. Erwin n'a jamais eu aucun lien avec mon père à ma connaissance.
- Tu ne trouves pas ça bizarre qu'il savait à qui demander pour avoir ce dossier?
- Alors...
- Cette vieille branche de Pixis doit aussi être dans le coup à la différence qu'il a vu là une occasion de se venger de la démission forcée dont il a été victime à l'époque.
- Ce n'est pas possible, il est peut-être excentrique mais ce n'est pas quelqu'un de...
- Tu crois?
En fait, je n'en suis plus certain. Je me remémore l'instant où Erwin a tenté de me jeter dans le vide. Il n'avait plus rien d'humain dans ses expressions et ses gestes alors qu'habituellement, il semblait être doux et serviable. C'est moi qui suis encore jeune pour ne pas avoir remarqué qu'une partie de nous est bien sombre. Chaque être humain en possède sa part. Rivaille tire une dernière fois sur sa cigarette avant de l'écraser dans son cendrier et d'envoyer la fumée vers l'extérieur de l'appartement. Ses yeux sont de nouveau sur l'horizon de manière pensive. J'essaye encore de comprendre le fin mot de l'histoire.
- Tu sais Eren, la dette de tes parents, c'est Erwin le responsable.
Je ne sais que répondre. Il ajoute alors qu'il s'est souvenu d'un détail qui date d'il y a presque dix ans. C'était au tout début de sa carrière de pompier et lui de musicien. Ils avaient été boire un verre lors d'un soir après une journée de travail. Son ami se plaignait de ne pas être assez rémunéré. En revanche, il avait trouvé la solution à son problème.
Intrigué, Rivaille lui avait demandé quelle était cette solution miracle. Elle trouvait son origine dans des arnaques immobilières où les propriétaires s'endettaient assez vite à leur insu. On leur faisait croire que le contrat était une opportunité à ne pas manquer alors que c'était faux. Il l'avait mis en garde sur cette idée qui lui semblait très mauvaise. Malheureusement, Erwin est quelqu'un de très sûr de lui et il était donc sûr à l'époque de ne pas se faire coincer. Encore maintenant, il me dit qu'il y a des chances pour qu'il aille en prison pour avoir tué mon père pas pour avoir embobiner une masse de gens.
Je me rends compte qu'une bonne partie de cette affaire a été orchestrée par le blond. Je désire entreprendre des poursuites contre ce salopard. Rivaille me fait comprendre que c'est une mauvaise idée. Il me dit que de toute façon, ce type est très malin et l'inculper pour ses arnaques serait très laborieux et long. Il ne me dit pas d'abandonner juste de réfléchir à quelle est la meilleure option. Mon père s'est fait corrompre pour pouvoir rembourser la dette. Ma mère sort de l'hôpital demain avec l'enveloppe. Elle pourra vivre dans une nouvelle maison avec l'argent de l'assurance. La perte de son mari l'a déjà assez affectée et ce procès également.
Je dois admettre que Rivaille a raison. Il vaut mieux ne pas lui mettre plus de stress sur le dos et sur le nôtre aussi. Nous avons tous assez souffert ainsi et je lui fais confiance quand il dit qu'il sera difficile d'avoir le dernier mot sur le blond. Il le connaît mieux que quiconque après toutes ces années. Il est plus important de se concentrer sur l'instant présent avec un futur aux côtés de Rivaille. C'est pourquoi, je l'enlace une fois de plus pour l'embrasser.
Une semaine plus tard, une page de l'histoire a été tournée et la vie a repris son cours. Les vacances d'été s'achèvent avec son lot de surprises. La première est que nous n'avons même pas été payés la moitié de notre salaire pour avoir travaillé au café. Le vieux est en réalité un radin de la pire espèce et donc nous avons dû renoncer à notre voyage cette année. Il nous avait retenu le nombre de jour de paye pour chaque jour d'absence même si la plupart étaient involontaires. En revanche, il a offert à Rivaille un emploi. Il lui a proposé de devenir le pianiste du café. Le concerné avait refusé la première fois. Il s'est maintenant pris au jeu à force d'insistance de ma part et le café accueille davantage de clients qu'avant. La majorité étaient des femmes qui venaient uniquement pour le voir et qui gloussaient autour de lui quand il jouait. Il ne les regardait même pas et attendait mon arrivée. Un rituel s'était installé. J'allais vers lui et il m'attrapait par la taille pour m'embrasser ce qui en décevait un grand nombre d'entre elles.
Pour ce qui est de nos amis, Armin rendait visite à Annie tous les jours pour la soutenir. Elle irait de mieux en mieux et devrait pouvoir sortir d'ici quelques mois. Pour rattraper le retard scolaire, le Hanji passait aussi de temps en temps pour la remettre à niveau ou l'aider à s'améliorer. Quand elle reviendra en cours, l'écart avec les autres ne sera pas trop grand. D'ailleurs, elle a annoncé sa grossesse à tout le monde même les voisins, l'école et j'en passe. L'hôpital ne suffisait pas apparemment. Elle a même saoulé son fiancé pour qu'ils se marient le plus tôt possible. Elle s'amenait souvent au café pour nous demander quelle robe lui irait le mieux. Les magazines inondaient le comptoir où Pixis reluquait les différents mannequins.
Jean, Connie, Sasha et les autres travaillaient seulement sur leurs devoirs de vacances avec l'excuse qu'ils attendaient Marco. En cours, c'était une tête avec Armin. Ils en profitaient donc les charognards puisque Marco était assez gentil pour les aider. Par contre, je n'ai pas envie de voir à quoi ressemble leur lieu de travail. Rivaille en ferait sûrement une crise cardiaque. Reiner a eu sa dose d'émotion lui aussi. Il a enfin déclaré sa flamme à Christa. Cette dernière ne partageait pas ses sentiments. Son amour allant pour Ymir. Bertholt passa une soirée entière à consoler son ami.
Le jugement d'Erwin est tombé lui aussi. Celui-ci est de cinq ans de prison avec sursis pour avoir donné la mort sans intention de la donner en guise de première sentence même s'il devra être rappelé devant la cour de justice. Je crois qu'il a encore bien manipulé son monde. On raconte qu'il a réussi à avoir à sa botte quelques membres du personnel dans son camp.
Les funérailles de mon père se sont terminées la semaine dernière aussi. L'instant fut difficile. Ma mère, Mikasa et moi avons pu compter sur le soutien de nos amis.
Nanaba est monté en grade et s'occupe de cette affaire de trafic de médicaments. Mike ne travaille plus sur le terrain. Il continue de superviser les enquêtes. Son flair étant toujours utile pour remarquer les moindres petits détails suspects dans un dossier.
Pour ce qui de ma mère et Mikasa, l'assurance leur a trouvé un logement le temps qu'on reconstruise notre ancienne maison. Elles se portent bien même si Mikasa continue de m'appeler tous les jours pour savoir si je vais bien.
Quant à moi...
J'ai emménagé avec Rivaille dans un appartement entre le café et l'école. Ce n'est pas toujours facile avec son caractère de maniaque de la propreté. Heureusement, il s'en occupe en grande partie. J'ai la tâche de cuisiner pendant qu'il crée de nouvelles compositions. Certains soirs, il me donne parfois des leçons de piano. Le temps semble s'arrêter dans ces moments-là. Shin se couche quelque part et savoure les différentes mélodies qui emplissent la pièce.
Je sens une présence contre moi. Elle m'enlace par derrière et pose sa tête dans le creux de mon épaule. J'arrête de préparer le repas pour lui prendre les mains.
- Rivaille...
Je me retourne et nous nous embrassons. Il est souvent d'humeur câline ces derniers temps. Ce qui lui ressemble pas du tout. Il garde tout de même une certaine indépendance même s' il désire qu'on passe par la case festivité au lit chaque soir. Il stoppe le baiser pour s'asseoir au piano. La partition que nous avons intitulée ensemble est toujours posée en premier. Les autres sont soigneusement rangées dans un des tiroirs du bureau. Je me mets à côté de lui pour l'accompagner. Cette musique, nous la jouons uniquement quand nous sommes tous les deux. Nos doigts sont les seuls à se poser sur les différentes notes qui la composent. Comme les deux ailes d'un oiseau, nous formons une paire. Si elle n'existait pas, tout comme l'oiseau incapable de voler, jamais cette musique ne pourrait résonner. Dans nos cœurs se joue maintenant une mélodie d'espoir.
Me revoilà une dernière fois avant de se quitter pour cette histoire.
Cela fait maintenant près d'un an que son brouillon a été écrit. La voilà achevée et publiée. Dans tous les cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à la construire et j'espère sincèrement que vous avez eu autant de plaisir à la lire. D'ailleurs, merci de l'avoir lue de près ou de loin.
Merci aussi à tous ceux qui se sont exprimés d'une manière ou d'une autre car cela m'a encouragé à aller jusqu'au bout.
Je vous souhaite pour le mot de la fin qu'une mélodie d'espoir pourra également se jouer pour vous.
