Chapitre 7 : Destinée

- Mort vous dites ?... oui, je vois… Bien, elle sera prête.

Sakura songeait quand elle entendit une voix, celle de l'Uchiwa qui l'emprisonnait. Il semblait parler à quelqu'un, voie même parler seul. Elle n'entendait que sa voix et cela lui paraissait plus qu'étrange. Cette nuit-là, elle avait rêvé à ses amis de Konoha. Elle sentait leur présence et se demandait s'ils la recherchaient encore. Elle fut réveillée au petit matin par le monologue incessant de cet homme qu'elle jugeait complètement diabolique. Oui, c'est logique non ? Il vous torture, puis quand il voit que ça ne marche plus laisse la nourriture devant vous, puis décide de vous panser les blessures pendant votre sommeil alors que vous êtes en sous-vêtements, si ce n'est pas diabolique, ça… et pire encore, maintenant il parlait tout seul !

- Dans une semaine vous dîtes ? Je peux essayer… de toute façon elle est presque guérie… Hn ? Je ne sais pas si… bon, oui, j'accepte.

Quelques secondes plus tard, il entra dans la chambre et s'adressa à Sakura. Il était si froid, si distant, que Sakura se demanda même si c'était possible de cacher autant ses émotions.

- A partir de maintenant, et ce pendant une semaine, je vais t'entrainer trois heures par jour, déclara-t-il sévèrement.

- M… m'entrainer ? Pourquoi… ?! s'écria la jeune medic-nin, sous le choc.

- Peu importe.

- Mais si ! Moi ça m'importe !

- Crois-moi, tu obéiras.

- Du tout, déclara-t-elle fièrement.

- Je vais t'attaquer et tu seras bien obligée de te défendre, kunoichi, murmura-t-il lentement.

Elle grogna de mécontentement.

- Et ça commence maintenant, annonça-t-il.

D'un geste trop rapide, presque inhumain, il balança trois kunai sur le mur derrière la tête de Sakura. Celle-ci, sous le choc, fit un saut en arrière et se mit en garde. Il était rapide !

- Prête ?

- Vous vus en fichez, de toute façon.

- Pas faux…

Il s'élança vers elle et commença le combat au corps à corps. Sakura vit rapidement le gros désavantage qu'elle avait face à lui et décida de le faire reculer à toute vitesse. Elle chargea donc son poing de chakra et tenta un coup puissant mais rapide. Toutefois, grâce à son sharingan, Itachi avait précu le coup et le retint de sa main droite. La kunoichi décida donc de la frapper de sa gauche, mais encore une fois Itachi la retint. Ses deux mains étant invalides, elle lui donna un coup de pied mais il se désintégra en un millier de corbeaux. Complètement sous le choc, elle se maudit intérieurement de s'être faite prendre dans un genjutsu. Elle tenta de l'annuler, en vain, et se rappela les paroles de Chiyo : « Il y a une chance contre les Uchiwa si tu es en équipe, mais seule, il faut fuir ». En colère contre celui qui se moquait ouvertement d'elle, elle décida de s'assoir et de fermer les yeux. Il voulait jouer à ça ? Il allait voir !

- Vous faites exprès, non ? déclara-t-elle, irritée.

- Et alors… ? résonna la voix du nuke-nin dans la pièce.

- Eh bien moi aussi.

- Inutile.

Sakura hoqueta de douleur en sentant une lame froide et indésirable pénétrer sa peau à partir de son ventre. Le sang coulait à flots et Sakura se crispait de souffrance en gardant le plus possible les yeux fermés. Dans un élan de désespoir, elle concentra tout son chakra pour annuler le genjutsu. Après de longues minutes de torture, la lumière vint peu à peu éclairer cette scène macabre et ensanglantée pour redevenir la petite chambre qu'habitait désormais Sakura.

- Très bien, souffla-t-il, légèrement admiratif.

- Quoi ? grogna-t-elle de mécontentement.

- Un excellent contrôle du chakra

- Ce n'est pas nouveau.

Sans faire attention à la réponse hautaine de sa détenue, il lança un kunai dans le bras de celle-ci à une vitesse effarante. Elle cria de douleur et maudit pour la énième fois l'Uchiwa.

- Arrêtez ! cria-t-elle, énervée.

Il ne répondit pas et Sakura entreprit de soigner ses blessures. En cinq minutes, tout avait disparu.

- Epatant… murmura-t-il tout bas.

- C'est pour cette raison que vous avez fait cela ?

- Tout juste.

- Je… c'est ridicule !

- Peut-être mais au moins je connais tes capacités. Et puis j'ai été gentil, le bras ce n'est rien de bne grave.

- Vous êtes inhumain.

- Demain même heure, déclara-t-il déplaçant vers la porte.

- Vous allez arrêter de m'ignorer, à la fin ?!


Au village de Konoha, la routine du quotidien, ce petit réconfort, reprenait peu-à-peu. Lentement mais surement, Uzumaki Naruto reprenait quelques missions et tentait d'oublier Sakura. Bien sûr, c'était impossible, même Sasuke, qui n'était qu'un ami, ne quittait jamais ses pensées, mais il s'améliorait ne serait-ce qu'un peu plus chaque jour. A son grand étonnement, Hyuuga Hinata rechercherait activement sa compagnie et semblait l'apprécier énormément. Il y aurait-il un lien avec le départ de sa meilleure amie, et premier amour, Sakura Haruno ?

Chaque jour son cœur était apaisé par le fait qu'il réalise une promesse faite à sa duce, c'est-à-dire aller mieux. Certes, celle-ci ne connaissait pas l'existence de cette promesse. Elle lui avait même interdit d'en faire. Mais Naruto était déterminé et savait que cette promesse ne pouvait lui faire de mal, au contraire.

Dans ses pensées, la tornade blonde de l'équipe sept déambulait dans les rues bondées de son village natal quand il sentit une fine main prendre possession de la sienne. Une main douce, féminine, délicate. Surprit, il se tourna pour voir qui possédait de telles mains. Son regard, alerte, rencontra les yeux nacrés d'Hinata et il échappa un hoquet de surprise. Jamais elle ne l'avait approché à ce point sans tomber dans les pommes.

- Naruto-kun… murmura-t-elle timidement.

- Hé, Hinata ! la salua-t-il amicalement.

- Je… je… tu sais, je… bredouilla-t-elle difficilement.

- Oui je sais que tu m'apprécie, Hinata ! Moi aussi, d'ailleurs ! S'écria-t-il vivement, tout sourire.

Hinata échappa un timide soupir d'indignation et fit un sourire gêné à son ami.

- Oui… je… je t'apprécie, beaucoup… bégaya-t-elle, rougissante.

- T'as pas à être gênée, c'est normal d'apprécier quelqu'un ! C'est même super ! Dit-il en souriant.

- Je… peut-être… fit-elle tristement.

Visiblement, Naruto était toujours aussi stupide ! Pas facile de se déclarer à quelqu'un comme lui en étant aussi timide qu'elle. Elle décida donc de reporter le sujet à plus tard, le cœur gros. Mais de toute façon, elle avait une nouvelle importante à lui déclarer. Oui, très grande même.

- Naruto-kun… nous avons retrouvé un cadavre…

Naruto pâlit soudainement, désemparé. Sakura ne pouvait pas être… morte… si ?

- Il s'agit d'un membre d'Akatsuki. Celui qui te… te pourchassait, en fait. Hoshigaki… Kisame. Il est brulé de la tête aux pieds et… et est méconnaissable. Heureusement, nous… nous avions son bandeau frontal qui nous laisse croire qu'il… il s'agit de lui. Il y avait aussi son épée… Samehada je crois… non ? bredouilla-t-elle soudainement, les joues en feu.

- Oui… Samehada… l'épée légendaire… murmura-t-il vaguement.

- C'est bien cela, alors… je… je… oui. Il est dans la morgue et les ninjas spécialisés l'analysent… tu… tu… saurais –tu qui aurait été capable d'une telle prouesse ?

Naruto ne répondit pas, perdu dans ses pensées. Il se rappelait que Kyuubi avait pris possession de lui et s'était enfui dans la forêt… avec comme poursuivant le défunt criminel de Kiri… mais… après c'était le néant.

- Ce… ce n'est pas grave, si tu le savais pas, tu… tu sais… dit-elle subitement, prise d'un petit rire nerveux, ne sois pas si pensif, Na… Naruto… ça me fait un peu… peur…

- Je… oui, c'est vrai, désolé, Hinata.

Le kunoichi rougit subitement et baissa les yeux, gênée. Elle ne voulait pas mettre Naruto mal à l'aise. Le jinchuuriki, surprit, posa sa main sur la frêle épaule de son amie et lui fit son plus beau sourire. Celle-ci, chamboulée par des sensations fortes qui lui étaient encore inconnues, se jeta dans les bras de son ami, en pleurs ! Elle se sentait si bien, dans ses bras ! Dieu que c'était si bon mais elle avait en même temps si honte ! C'était comme une grande peur d'être rejetée, une peur des regards extérieurs, une peur de ne pas être assez bien. Mais son cœur, éhonté, battait à un rythme fou tant c'était plaisant d'être entourée de ses protecteurs.

- Ne pleure pas, Hinata… Sakura reviendra bien un jour ou l'autre.

En entendant le nom de la kunoichi qui prenait une si grande place dans le cœur de son bien aimé, la pauvre Hinata sentit un déchirement profond au fond d'elle-même. Le plaisir qui s'installait en elle au contact du jinchuuriki disparut très vite, voir trop, et elle sentit une honte immense s'emparer d'elle. Dégoutée d'elle-même, elle repoussa timidement le corps du bond et s'enfuit en courant, les larmes lui coulant sur les joues à une allure folle. Comment avait-elle pu faire une telle chose ? Elle n'était qu'une de ces trainées qui volent le cœur des hommes ou profitent d'eux sans amour réciproque ! En courant, elle crut même entendre Naruto l'appeler, mais continua sans y faire attention. Quelle était cette sensation de désir qu'il provoquait en elle ? C'était si… si… sale ! Mais elle l'aimait tellement…


- Debout, dit-il durement.

Sakura ouvrit péniblement les yeux et posa ses pieds sur le sol froid, titubante. Vêtue d'une tenue simple composée d'un pantalon de ninja noir ainsi qu'un haut sans manches blanc, elle plongea sn regard dans celui de l'homme qui l'observait depuis la porte. Cela faisait déjà longtemps qu'elle n'avait plus peur de lui et ne craignait plus ce « mangekyou sharingan » dont parlait autrefois son sensei. Visiblement, son tortionnaire ne semblait pas vouloir l'utiliser et ce n'était pas de simples illusions qui allaient lui faire peur ! Peut-être au début, oui, mais depuis elle était plus résistante. C'était ce regard si profond qui la fascinait à chaque fois et qui l'incitait à regarder encore et encore ces deux yeux aux prunelles d'un rouge sang si frappant. Folle ? Peut-être, mais surtout téméraire. Et puis ce regard lui rappelait tant Sasuke !

- Encore l'entrainement ? soupira-t-elle

- Non, suis-moi.

- Et pourquoi ? le défia-t-elle.

- Parce que je peux te tuer quand je le veux.

Sakura déglutit difficilement. Il avait vraiment le don d'avoir des répliques effrayantes. Elle entreprit donc de le suivre, soumise malgré elle, dans les escaliers qui quittaient ce sous-sol où elle vivait depuis trop longtemps déjà. Eblouie par la lumière du jour, elle plissa les yeux.

- Nous allons aller quelque part en dehors.

- Où ?

- Ça ne te regarde pas.

- Pourquoi ?

Il ne répondit pas et banda les yeux de sa prisonnière.

- Tu devras simplement faire de ton mieux, murmura-t-il froidement.

La medic-nin eu un frisson d'effroi mais tenta de garder son sang-froid. Etais-ce si grave ? Allait-elle perdre la vie ? Elle avait tant de questions mais elle ne devait pas compter sur cet Uchiwa pour avoir des réponses.

- Si tu échoues, tu perdras la vie. Si tu réussis, tu deviendras plus forte.

- Plus forte… ? Comment ?

- Tu n'en sauras pas plus, et puis je n'en sais pas beaucoup moi non plus.

- Hé ! J'en ai assez de vos histoires secrètes ! Ça me concerne, je veux savoir ! répliqua-t-elle.

Elle se sentit tomber vers l'arrière, et, sous le choc, se fit plaquer au sol par deux mains puissantes. Elle eut le souffle coupé pendant un instant et son cœur faillit exploser tellement il battait vite.

- Tu vas arrêter ce petit jeu avec moi, comprit, kunoichi ? susurra-t-il d'une voix froide. J'ai été trop gentil avec toi, il va falloir que je devienne plus sévère. N'oublie pas que je tiens ta vie entre mes mains, jeune fille.

- Je… souffla-t-elle, je n'aurais jamais de respect envers ceux qui détruisent la vie de… mes… amis…

- Que sais-tu de la vie, toi ? Tu ne sais que ce que les adultes veulent bien te dire.

- Arrêtez de me traiter comme une enfant, j'ai seize ans, maintenant ! Enfin… je crois… je ne sais plus trop la date…

- Et alors ? As-tu connu la guerre, les trahisons, les mensonges, la mort ? Quand tu auras connu tout cela, je te considérerais comme une adulte. Pas avant.

- Je… laissez-moi, j'étouffe ! souffla-t-elle difficilement.

- Jure-moi de te calmer.

- Je… non… je… fit-elle difficilement, le visage crispé.

- Je n'arrêterais pas avant, tu sais.

- Je… je… je le jure ! Au secours… j'é… j'étouffe…

Il lâcha la kunoichi et la laissa reprendre son souffle. Elle avait été bien résistante, de riposter jusque-là, au-delà de quelques secondes de plus, son corps allait manquer d'oxygène et l'entrainer dans l'inconscience. Elle connaissait bien ses limites, en tout cas. Ça paraissait qu'elle avait étudié sur la médecine. Juste par précaution, il en profita pour attacher les mains de l'Haruno. Celle-ci, mécontente, voulu se débattre mais Itachi était plus fort qu'elle et elle ne réussit pas à y faire grand-chose.

- Je t'ai dit de te calmer.

- Me calmer ne veut pas dire être folle au point de me laisser attacher les mains sans rien faire ! Riposta-t-elle.

- Pas faux, maintenant, debout.

Elle se leva difficilement, tentant de garder l'équilibre malgré les liens qui lui attachaient les poignets et le bandeau qui l'empêchait de voir.

- Tu as besoin d'aide, je me trompe ?

- Même pas vrai ! cria-t-elle, et puis c'est vous qui avez décidé de m'attacher les mains ! Je sais me débrouiller toute seule !

- Très bien, alors. Viens.

Hésitante, elle posa un pied devant elle. Elle entreprit donc une marche laborieuse dans le noir le plus total, en tentant tant bien que mal de ne pas tomber. C'était son honneur qui était en jeu, après tout ! Pas question de tomber devant lui !

- J'y suis presque ? fit-elle, hésitante.

- Tu veux vraiment savoir ?

- Euh… oui.

- Pas du tout, tu as même reculé.

« Quel sens de l'orientation merdique… », pensa-t-elle soudainement. Mais elle sentit deux bras la soulever de terre et échappa un juron. Elle s'était fait avoir !

- Hé ! Menteur !

- C'était un clone, et puis tu as dit que tu te calmerais…


Le corps brulé gisait sur une table d'un blanc immaculé. Il était large, imposant, voir inhumain, mais il était méconnaissable et dans un horrible état. Sa jambe étant à l'autre bout de la table et son crâne ayant été déchiré, il avait une apparence morbide. Seul Naruto et Hinata savaient à qui appartenait cet amas de chair carbonisée.

Mais il n'y avait que Kyuubi qui savait le coupable.


Et voilà un autre chapitre de fini, je l'ai fait plus rapidement celui-là.

Alors qui est le coupable de la mort de Kisame ?

Et pourquoi Itachi à ce comportement contradictoire avec la jeune fille ?

Pour le savoir il vous faudra lire la suite.

A une prochaine fois !