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Chapitre 6 :

19 ans plus tôt

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Lola Clarke était venue au monde le mercredi 1er Juillet 2015. Ses parents, Lilianne et Phil Clarke attendaient cet heureux évènement avec beaucoup d'impatience. Déjà parents d'une petite Iris âgée de 2 ans, ils étaient ravis d'accueillir un nouvel enfant.
Phil Clarke était très proche de sa famille. Son frère, Paul, était son meilleur ami et ses parents, bien que sévères, avaient toujours été là pour lui lorsque les portes se fermaient à la mention de son nom de famille. Les Clarke n'avaient jamais plus engendré d'héritier sorcier depuis près de trois siècles. Mais la famille s'enrichissait quand même de sorciers au fur et à mesure des mariages arrangés. C'est ainsi qu'était entrée dans la famille sa mère, Léanne, et sa propre épouse, Lilianne Londubat. Si Lilianne avait accepté la certitude de n'avoir aucune descendance magique, par amour, il en était autrement pour la matriarche des Clarke. Léanne Clarke, venait d'une puissante famille de sorcier, tenue en disgrâce par ses penchants pro-pur-sang lors de la seconde grande guerre sorcière. Déchue de ses privilèges, elle avait été contrainte de se tourner vers la seule famille, un minimum aisée, qui voulait encore bien d'elle. Désespérés de survivre, les Clarke étaient prêts à tout et peu regardant sur les nouveaux entrants dans la famille. N'importe quelle alliance faisait l'affaire à partir du moment où il s'agissait d'une alliance sorcière.
Léanne vécut péniblement les premières années de son mariage malheureux. Puis, réalisant qu'elle était en position de force, elle profita de ce nouveau statut dominant. Elle était une des rares aptes à utiliser la magie dans cette famille. Elle dirigea alors d'une poigne de fer tout ce beau monde et devint le pilier central du clan Clarke.

Le jour de la naissance de Lola fût un jour pluvieux et orageux. Lilianne Clarke donna naissance à un adorable bébé, à la date exacte prévue. Toute la famille fêta cet évènement, heureux d'accueillir la dernière petite fille de la famille.
Lola fût aimée, choyée et privilégiée avec sa grande sœur. C'était une petite fille adorable, aux cheveux longs châtains clairs et aux grands yeux noirs intelligents et espiègles. Elle vivait une enfance de rêve ne manquant ni de biens ni d'amour. Son bonheur ne dura pas très longtemps. En fait, il ne dura que 3 ans.

Le jour de ses 3 ans, Lola Clarke se baladait, dans sa jolie robe d'été aux motifs bleus fleuris, dans le jardin de la maison de ses mamy et papy Clarke. Elle courait après les papillons en entendant par moment sa grande sœur se moquer d'elle gentiment en jouant à la poupée plus loin. N'arrivant pas à attraper un joli papillon aux couleurs vives, Lola sautilla pour l'atteindre, puis sauta plus haut, puis enfin, s'envola de quelques mètres au-dessus du sol pour caresser son nouvel ami.
Les parents et grands-parents de Lola, assis plus loin dans le jardin, observaient la petite fille avec un sourire attendrie. Quand ils la virent s'envoler, son père se précipita pour aller la retenir de tomber, renversant sa chaise dans la précipitation, craignant qu'elle ne se blesse. Sa mère poussa une exclamation surprise laissant s'échapper sa tasse de thé sur le sol et rit. Son grand-père applaudit, très surpris lui aussi en lançant à la cantonade « Mais c'est merveilleux », « Bravo », comme s'il s'agissait d'un spectacle de magie moldue. Pour sa défense, le grand-père de Lola commençait doucement mais surement à perdre la tête. La seule personne qui arborait une expression inquiète était Léanne Clarke. Sans plus s'attarder devant ce spectacle, elle rangea son service à thé, rentra à l'intérieur de son vaste manoir et entreprit d'écrire à sa belle-sœur, Hélène, la très mauvaise nouvelle qu'elle venait juste d'apprendre. Lola était née avec des dons magiques. Tout cela ne présageait rien de bon pour l'avenir.

A partir de ce jour, dont Lola n'eue petit à petit plus aucun souvenir, les choses changèrent radicalement pour elle. Plus tard, plus âgée elle penserait avoir toujours était détestée par sa famille, ne se rappelant plus les jours joyeux et heureux qu'elle avait connu avant ses trois ans.
Lola grandit à partir de cet été-là, dans un cocon familial toujours agréable. Ses parents étaient aux petits soins, très fiers d'avoir une fille sorcière, et à fortiori dans la famille Clarke ! C'était un évènement extraordinaire. Sa sœur Iris fût triste et jalouse les premiers temps. Âgée de 5 ans à peine elle ne comprenait pas pourquoi son bébé de petite sœur était capable de telles choses et elle non.
Sa jalousie s'évanouit très vite en notant le changement d'attitude de ses grands-parents adorés face à sa petite sœur. Le grand-père Clarke devenait de plus en plus sénile et ne faisait plus la différence entre son chien, Norbert, et ses deux petites filles. La grand-mère Clarke, quant à elle devint froide et sèche envers Lola. Du haut de leurs 3 et 5 ans, les deux petites filles ne comprirent pas l'attitude de la vieille femme. Elles en déduisirent, après beaucoup de larmes versées dans les bras de leurs parents, que leur grand-mère n'aimait plus Lola. Iris n'était plus du tout jalouse de sa petite sœur, et devint même compatissante devant la présence de ses dons magiques.


Les années passaient et Lola eue bientôt 7 ans. Toujours adorée de ses parents et de sa sœur, qui désormais s'amusait de ses pouvoirs magiques avec elle, elle vivait heureuse en voyant tous les dimanches ses grands-parents, le pire moment de sa semaine. Son grand-père avait été placé dans une maison de repos peu après l'apparition de ses pouvoirs magiques et désormais le manoir Clarke était occupé par leur grand-mère ainsi que la sœur de leur grand-père, Hélène, veuve depuis de nombreuses années. Les dimanches se ressemblaient tous. Les deux vieilles femmes étaient froides et distantes envers Lola et peu patiente devant ses questions enfantines ou ses bêtises. Elles ne l'aimaient pas et avaient du mal à le cacher.
Les cours d'éducation sociale et de maintien que tout Clarke se devait de suivre auprès des plus hauts membres de la famille, achevaient Lola à petit feu. Après les repas dominicaux, elle se coltinait les leçons incompréhensibles de ses grands-mères sur quelles expressions utilisées en présence de telle ou telle personne, de l'étiquette à suivre selon les évènements. Ces leçons étaient un véritable calvaire et ses grands-mères en tiraient toujours les mêmes conclusions.

- Aucun espoir pour cette pauvre fille. Aucune grâce.

Et c'était le même discours, la même phrase, chaque maudit dimanche que Merlin faisait.

Mais vint le jour qui consolida définitivement la haine que les deux grands-mères éprouveraient pour toujours à l'égard de Lola.
Tout ce dont pouvait se rappeler la jeune fille de ce jour-là était très flou. Elle se souvenait d'avoir été réveillée en pleine nuit par des cris provenant du rez-de-chaussée de sa maison. Elle était sortie de sa chambre en se frottant les yeux, sans regarder où elle allait et avait bousculé Iris qui se dirigeait vers le haut des escaliers, à droite de sa chambre. Elle se souvenait parfaitement de ce moment, revoyant avec clarté sa sœur, les cheveux blonds ébouriffés, en pyjama rose délavé lui faire signe de se taire en plaçant un index contre ses lèvres. Elles s'étaient assises en haut des escaliers et avaient écouté. Lola ne savait plus exactement de quoi il était question, mais elle se souvenait avoir reconnu la voix de sa grand-mère qui paniquait et poussait presque des hurlements stridents. Cela aussi l'avait choqué, bien plus que son discours, car sa grand-mère était toujours mesurée, froide et implacable. Même envers elle. Les remontrances étaient faites calmement mêmes si elles restaient tranchantes.
La seule chose dont se souvenait Lola après était sa grand-mère relevant la tête vers elle, l'avisant en haut des escaliers, la montrant du doigt et crachant avec toute la haine dont elle était capable :

- C'est de sa faute !

Lola ne se souvenait absolument pas de la suite de la soirée. Ses parents l'avaient-ils raccompagné dans sa chambre ? Avait-elle fuit devant le regard hystérique de sa grand-mère ? Elle n'en avait pas la moindre idée. La seule chose qu'elle savait, c'était qu'à partir de ce soir-là, ses grands-mères passèrent de l'exécrable au cruel envers elle. Elle ne retourna pas immédiatement les dimanches chez les Clarke, lui semblait-il. Quelques-uns passèrent sans cours de maintien, mais elle ne pouvait pas en jurer.

De retour à ses cours de maintien quelques temps plus tard, la situation dérapa définitivement. Ce jour-là Lola et sa sœur furent séparées, trop dissipées pour apprendre quoique ce soit ensemble. Ce fut le jour le plus terrifiant dans la vie de la petite Lola. La grand-mère Hélène avait pris dans le petit salon une Iris surexcitée par l'approche de Noël et Lola se retrouvait dans la salle à manger avec sa grand-mère Léanne. Faisant son possible pour ne pas l'énerver elle tenta de reproduire les gestes que la vieille sorcière lui montrait pour boire son thé correctement. N'étant pas concentrée, elle fit tomber sa tasse sur le tapis, et le liquide ambré se déversa sur le magnifique tapis blanc, aux pieds de Lola. Rougissante et bafouillant des excuses Lola leva les yeux du tapis et n'eue pas le temps de voir venir le coup. Elle prit une gifle qui la propulsa par terre, à un bon mètre de la chaise sur laquelle elle était assise. Choquée, elle releva des yeux terrifiés et remplis de larmes vers sa grand-mère. Cette dernière avait attrapait sa baguette magique, et lui lançait le sortilège Doloris. Lola s'évanouit de douleur, ne se rappelant que de sa grand-mère, ivre de rage, lui criant qu'elle n'aurait jamais dû naître.

C'était Iris et l'autre grand-mère Clarke qui avait empêché Léanne de continuer à torturer sa petite fille en pénétrant dans la pièce. Iris, pleurant en voyant le petit corps de sa sœur étendu par terre hurla jusqu'à ce que ses parents pénètrent dans la salle à manger à leur tour, alertés par les cris de leur fille. Lorsqu'ils virent Lola, une violente dispute éclata entre les adultes, dispute dont Iris ne put jamais raconter les détails à Lola, trop en larme et triste pour prêter attention aux adultes.

Lola avait été admise à Sainte-Mangouste et la grand-mère Clarke avait dû user de toute son influence pour faire taire les médicomages et s'assurer que l'affaire ne s'ébruite pas. Après cet évènement, les parents d'Iris et de Lola, ne reparlèrent plus jamais à Léanne Clarke.
La petite fille mis une année complète à se remettre de ses blessures et à sortir de son mutisme. Mais grâce aux attentions constantes de ses parents et surtout de sa grande sœur, vint le jour où Lola reparla, souriant de nouveau. Seul son regard demeurait triste par moment, toujours questionnant ses proches de l'attitude de sa grand-mère.


A ses 11 ans, Lola reçut sa lettre d'admission pour Poudlard. Mais ses parents décidèrent de transférer son inscription vers une école sud-américaine, arguant que cela permettrait à Lola d'acquérir des bases en langues étrangères, une culture sorcière ouverte qui serait un plus pour son avenir et surtout cela lui permettrait de vivre une vie sans l'ombre de sa famille, habitant à 15 kilomètres de leur maison. Lola ne comprenait pas grand-chose à toutes ses raisons, et quand bien même, ce n'était pas comme si elle avait son mot à dire.

Finalement, écumer écoles après écoles lui avait fait connaître des tas de personnes, aux histoires faciles ou très difficiles. Elle apprit à différencier sa famille, son petit cocon d'amour, de la famille, cette famille Clarke, étrangère et cruelle. En les plaçant comme des individus extérieurs, lointains, dont elle se souvenait à peine, Lola effaça au fur et à mesure de ses années collèges les traces néfastes des maltraitances. Et il ne subsistait plus aucune crainte ou aucune tristesse de Lola envers sa grand-mère. Juste de la colère. Jamais elle ne pardonnerait. Jamais elle n'oublierait. Mais surtout plus jamais, elle ne pleurerait à cause de cette femme.