Bon. Je n'ose même pas savoir quand a été posté le dernier chapitre. Mais c'est pas facile d'écrire quand on est poursuivi par une bande d'exorcistes assoiffés du sang d'une innocente victime (moi). Salutations des Champs Elysées (c'est ma planque du moment) ! Je vais pas crier trop fort, on sait jamais... Ils sont encore dans le coin à me traquer... Je les sens...

Disclaimer : les acteurs sont à Katsura Hoshino et les personnages cités sont à Stephenie Meyer.

Piti rappel de qui est qui :

Lavi = Edward ; Miranda = Bella ; Cross = Carlisle ; Cloud = Esmée ; Daisya = Jasper ; Lenalee = Alice.

Décorateur = Tiedoll

Maquilleur et conteur : Jeryy

Metteur en scène : Komui

Au fait, j'ai vu la bande-annonce de Twilight 2 (le retour !) au cinéma l'autre jour. Je crois que personne n'a compris pourquoi j'ai explosé de rire quand j'ai vu Jacob. Torse nu.


Acte 3, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

C'est le petit matin. Les oiseaux gazouillent (cui-cui), la flore endormie s'éveille doucement sous une fraîche rosée. Bon, ce n'est absolument pas le sujet de cette histoire, mais que voulez-vous, un peu de poésie dans ce monde de Sokaro, euh… de brutes, ne fait de mal à personne. Je reprends.

C'est le petit matin. Komui gazouille (euh… cui-cui ?), la section scientifique, sur les rotules après une énième nuit blanche, s'éveille brutalement dans une épaisse odeur de café et de sueur. Beaucoup moins poétique, non ?

- IL EST L'HEURE ! DEBOUT TOUT LE MONDE !

L'appel ayant réveillé au bas mot toute la Congrégation ne s'adressait à l'origine qu'aux exorcistes. Mais le nouveau mégaphone de Komui avait un petit problème de réglage.

- OH ZUT! JE PENSAIS L'AVOIR BIEN CONFIGURE.

- Arrêtez de parler là-dedans ! dit Reever en lui arrachant des mains. Qu'est-ce qui se passe encore ?

- Rien du tout ! Juste un petit essai. Retournez vous couchez tous.

Parce qu'évidemment tout le monde avait déboulé dans les couloirs. En pyjama, en plus.

- Fausse alerte ! dit Reever. Je me disais aussi, à cinq heures du matin… De toute façon, on ne dormait pas vraiment. Avec tout le travail que vous nous avez laissé.

Les exorcistes avaient eux très bien compris le but du message. Et c'est plus ou moins gaiement qu'ils rejoignirent leur dur labeur. C'est ainsi qu'à l'entrée de la salle d'entraînement, et accessoirement salle de théâtre, peu après :

- Cloud ! Tu as un teint affreux !

- Merci Winter, je n'avais pas remarqué.

- Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

- Y'avait un piaf qui a cru bon de se mettre à chanter vers trois heures du matin à ma fenêtre.

- Personnellement, les piafs qui chantent à cette heure-là peuvent compter les secondes qu'il leur reste à vivre…

- J'ai dit « il y avait ».

- Ah…

À Cross qui a tout suivi derrière un mur :

- Dis-moi Marian, c'est pas toi qui parlais d'offrir un « cadeau exceptionnel » à Cloud pour la séduire ?

- Si…

- Comme un oiseau, par exemple ?

- Un joli petit rossignol… J'ai eu beaucoup de mal à en trouver un… J'avais pas prévu qu'il chanterait aussi tôt… Elle fait peur parfois…

- Si tu veux mon avis, laisse tomber.

***

- EN PLACE, JE VOUS PRIE, EN PLACE ! ET MINCE ! C'EST ENCORE BLOQUE !

Kanda attrapa le mégaphone et appuya sur le bouton approprié.

- Merci Kanda. Comment tu sais faire fonctionner ce truc ?

- J'ai demandé à Reever. J'en ai marre de vos bêtises.

- Hu, hu… Bon, je vous rappelle qu'il ne reste plus qu'un seul jour de répétition. La pièce se jouera demain soir dans le hall d'entrée. Je compte sur votre discrétion à tous d'ici là.

- Discrétion ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité là !

- Kanda, quel rabat-joie ! dit Komui en battant des mains.

À l'entrée :

- Papy, laisse tomber ! Tu vas t'ennuyer ! T'as pas un truc plus important à faire ? Je sais pas moi… potasser les Chroniques de la Congrégation par exemple ? Puis l'autre jour, t'avais dit que ça t'intéressait pas.

- Je ne manquerais ça pour rien au monde. Laisse-moi passer, tu veux ?

- Rhaaa ! Ce vieux me fait tourner en bourrique !

SPLASH ! (1er round : Kung fu Panda 1 – Lavi 0)

- Maître Bookman ! Que nous vaut l'honneur de votre visite ? dit Komui en venant aux nouvelles.

- Un Bookman se doit de graver dans sa mémoire le moindre fait de l'histoire, surtout en ces temps troublés.

- Et ceci est un moment crucial de la guerre, bien sûr. Bon, ben, installez-vous.

A l'entrée :

- ATTT----CHAAAA !

L'éternuement, pour le moins sonore, concentra l'attention collective vers les nouveaux arrivants. Soit Daisya et Marie soutenant Tiedoll.

- Maître, vous êtes sûr que…

- Bé oui, ça ba aller ! Snurflll…

- Komui ! Vous pouvez installer des chaises devant la scène ? On va l'allonger…

- Don ! Je beux resder debout ! dit-il en vacillant méchamment. Snurflll…

- Je vois ça… Ne bougez pas trop quand même.

- C'est bas un rhube qui ba b'embêcher de bibre ! Snurflll…

- Asseyez-vous quand même. Merci. Et si vous pouviez arrêter de renifler, c'est dégoûtant.

Pendant ce temps, dans les coulisses, les acteurs se préparaient :

- Ah ben ça alors ! Yû ! Mais… Mais mais mais… tu es en costume !

- Je-t'ai-déjà-dis-de-ne-pas-m'appeler-comme-ça.

- J'en reviens pas…

Kanda se leva d'un bond et dit en plaquant Lavi contre le mur d'une seule main :

- Tu veux que j'te dise, stupide lapin ? Tu connais mon maître ? Quand il est en pleine forme ? Eh ben, quand il est malade, c'est pire. Et franchement, je préfère mourir au milieu d'une centaine d'akumas qu'avoir à faire à ce bigleux cacochyme.

Il le relâcha.

- Flippant… ça veut dire quoi cacochyme ?

C'est sur cette réplique pleine de bon sens de Lavi que nous retournons devant la scène :

- Allez, allez ! Tous ceux qui jouent ! On se dépêche ! Il est (coup d'œil à sa montre) déjà six heures du matin et si vous voulez une pause à midi, il faut se dépêcher !

- C'est de l'esclavagisme ! s'insurgea Daisya.

- De l'esclavage.

- C'est un aveu !

- Non, c'est de la sémantique. Peu importe. Jacob, Edward et Bella !

***

Edward et Bella sortait du lycée. Parmi la foule, Jacob dominait largement, appuyé contre sa moto. Son T-shirt moulant noir sans manche, son jean déchiré et taché de graisse détaillaient son corps musclé (fan service, profitez-en)

Miranda avait les yeux rivés sur le tatouage de Kanda.

- Bella ? Enfin… Miranda ? C'est ton tour, dit Lavi.

- Hein ? Ah ! Euh… Il te suffisait de téléphoner, dit Bella.

- Je n'ai pas de sangsues dans mon répertoire, répondit Jacob.

- J'étais joignable chez Bella. Ici n'est pas le bon endroit, Jacob. On peut en rediscuter plus tard ?

- Bien sûr ! Je vais passer dans ta crypte après les cours.

- Miranda !, chuchota Lavi en lui donnant un coup de coude.

- Quoi ? C'est à moi ? Euh… Ne soit pas si tatouage Jacob !

Oups…

- Pardon ?

- Ne soit pas si vulgaire Jacob !, dit Miranda en tentant de se rattraper. Mais le mal était fait.

- Et voilà ! J'en étais sûr ! J'exige un pull !

- Yû, tu b'énerves…

- C'est pas grave, c'est pas grave ! dit Komui en prenant les devants afin d'éviter une énième catastrophe diplomatique. Miranda, essais de fixer un point derrière Kanda, ça ira mieux. On enchaîne.

***

- Euh… Kanda, tu nous fais quoi là ?

- Une démonstration de bons sentiments que j'abhorre au plus haut point.

- ça, on avait vu. Bon, je te réexplique une dernière fois. Jacob est d'abord surpris de voir Bella et non-pas dégoûté.

- Et alors ?

- Ce n'est pas tout à fait l'effet escompté (assonance en é). On dirait que tu as envie de vomir. Peu importe. Ensuite, il l'étreint car il est amoureux d'elle. Tu peux nous refaire ça avec plus de conviction ?

Kanda enlaça Miranda.

- Plus encore. Je te rappelle que Jacob a quinze ans. Il est fougueux, emporté, et surtout, plus qu'heureux de voir Bella. Lâche-toi Kanda !

Kanda étreignit Miranda.

- Tu t'es lâché là ? Je vois… Il nous faut l'aide d'un expert. Maréchal Sokaro ?

- Kwa ?

- Imaginez que Miranda est un akuma.

- Un niveau 4 ?

- Si vous voulez. Un joli niveau 4, tout seul, et vous n'avez pas votre innocence.

Il n'en fallu pas plus au bourrin de service pour se précipiter bras ouverts sur la pauvre Miranda. Éjectant Kanda au passage, il attrapa sa proie et la serra contre son torse.

- Un niveau 4 ! Et pour moi tout seul ! , dit-il en tournoyant sur lui-même.

Komui à Kanda :

- Alors ça, Kanda, c'est le minimum.

- Je vois.

- Met-toi ça dans la tête. Bella pour Jacob, c'est comme un akuma pour Sokaro.

- D'accord.

- Admire l'intensité des sentiments…

- Oui. Puis-je poser une question ?

- Vas-y.

- Je dois la relâcher quand elle devient bleue ou juste avant ?

- Ah euh… Maréchal ? Vous pouvez lâcher votre aku… Miranda ?

- Non ! Il est à moi !

C'est la dernière fois que je fais des métaphores avec des gens qui ont 2 de QI.

- Mais vous voyez bien que ce n'est pas un akuma !

- Nan ! C'est un piège ! Cross va encore me le piquer !

- Comme si j'avais envie de prendre tes déchets…

- Voyons Maréchal ! Ne faites pas l'enfant !

- Nan ! Nan, et nan !

Manquait plus que ça…

- Qu'est-ce qu'on fait ? On le prive de dessert ?

- Marian, on se passera de tes commentaires –idiots, au demeurant. Laissez Komui, j'y vais.

- Maréchal Yeegar…

Le doyen (à bas les doyens !) des maréchaux monta sur la scène et se positionna face à Sokaro qui avait laissé son jouet dans un coin (Règle numéro trois : pour une bonne baston, avoir ses deux mains libres), lui asséna un crochet du droit dans la mâchoire et un du gauche dans le plexus. Parfait gentleman, pas un coup en-dessous de la ceinture. Et Sokaro à terre. Yeegar vainqueur par KO.

Wow… (pensée collective)

Le vétéran hissa Miranda sur son épaule et tout en tirant Sokaro inconscient par le col :

- Dites-moi Komui. Ce genre de comparaison, c'est terminé.

- Oui monsieur.

- Je vais amener mademoiselle et l'idiot du village à l'infirmerie. Continuez sans faire de bêtises.

- Bien monsieur.

***

- Y'a comme un froid, non ?

L'auteur de cette réplique d'une extrême perspicacité n'est autre que le décoloré local (oui, c'est bien lui : Cross Marian ! Pourquoi je hurle, moi ?)

- C'est embêtant… (Komui)

- D'est fâcheux… Snurflll. (Tiedoll)

- C'est problématique… (Komui)

- J'ai rien compris… (Cross)

- Au cas où du l'aurais bas rebarqué, dous d'abons plus de Bella.

- C'est embêtant… (Cross)

Quelques instants d'intenses réflexions. Silence absolu où même les amibes n'osaient plus remuer leurs membranes plasmiques. On ne se rend pas compte du boucan que peuvent faire les amibes. C'était la parenthèse de sciences naturelles, nous vous remercions de votre attention. Pendant que vous lisiez ces lignes, Tiedoll avait eu une idée :

- On pourrait debander à Ledalee si…

- Pas question ! On a trop besoin d'Alice !

- A Cloud ? Don, elle doit déjà faire Rosalie en plus d'Esbée… Snurflll.

- Et si on demandait à Jeryy ? Qu'en pensez-vous ?

- J'en pense que Yû va dous poser encore plus de problèbes.

- Vous avez une autre solution ?

- Bas vraibent… Snurflll.

- Je suis sûr qu'il sera heureux de participer, dit Komui sans trop de conviction.

- Bon d'accord. Lenalee ?

***

Chambre d'Edward. Les deux amants sont allongés et discutent après s'être longuement embrassés.

- J'ai discuté avec Rosalie, hier soir.

- Et ?

- Elle a mentionné une bande de femmes… et toi.

- Calme-toi Bella, dit-il en l'embrassant sur le nez.

Mouvements dans l'assistance. Komui se retient de faire un civet de lapin.

- Elles sont d'une beauté extraordinaire, je suppose.

- Pour des humains, oui. Mais je préfère les brunes. Hum, tu es plutôt adorable quand tu es jalouse.

- LAVI ! TU N'AS PAS BESOIN D'EN FAIRE AUTANT ! hurla Komui dans son mégaphone. Non Kanda, cette fois c'est volontaire, dit-il ensuite au service de protection auditive.

- Komui, on peut reprendre la scène depuis le début ? demanda Lavi en profitant de l'interruption. Tu sais, au moment où Bella se réveille, Edward est censé l'embrasser. Après, il la touche jusqu'à… enfin bref, je crois qu'on a zappé une réplique. Donc si on pouvait reprendre ?

Komui était au bord de l'explosion :

- PAS QUESTION ! D'AILLEURS CETTE SCENE ETAIT TELLEMENT PARFAITE QUE JE CROIS QU'ON N'AURA PAS BESOIN DE LA REFAIRE POUR LE SPECTACLE (SAUF EVENTUELLEMENT SI MIRANDA REVIENT). BRAVO A TOUT LES DEUX ET KANDA, EST-CE QUE TU PEUX VENIR M'ETEINDRE CE FOUTU TRUC ? Merci. Scène suivante !

***

Jacob vient voir Bella chez elle. Elle est en train de faire la vaisselle et s'est éclaboussée parce que Jacob s'est approché discrètement et l'a surprise. Bella se tourne vers lui :

- Tu ne pourrais pas t'habiller, Jacob ? Je sais que tu ne ressens plus le froid, mais n'empêche.

- Si tu crois que j'ai eu le choix…, marmonna-t-il en regardant vers son maître qui lui décocha le sourire le plus innocent possible. C'est plus facile ainsi, reprit-il à voix haute.

- Qu'est-ce qui est plus facile ?

Kanda se retourna vers les spectateurs :

- Dites, je voudrais pas critiquer mais elle serait pas idiote sur les bords, Bella ?

- Qui c'est que tu traites d'idiote, exactement ? dit Komui.

- Bella, le personnage. Elle est attardée, non ?

- Yû… Tu es fatiguant… Ce d'est pas le bobent pour débattre de la psychologie des persodages. De toute façon, qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Snurflll.

- J'aime pas parler avec des demeurés.

- Tu d'aibes parler avec personne… Snurflll. Contidues.

Reprise :

- Qu'est-ce qui est plus facile ?

- Mes vêtement n'apparaissent ni ne disparaissent par magie quand je me transforme. Alors autant en prendre le moins possible. Ça te gêne tant que ça que je sois à moitié à poil ?

Dieu que je hais l'auteur de ces dialogues…, pensa le pseudo loup-garou. Contrairement à son personnage, le fait d'être à moitié à poil ne gênait que lui.

***

Peu après, Jacob se retrouve à faire la vaisselle avec Bella :

- J'ai droit à une autre question ? demanda-t-il.

- Oui.

- Combien de temps encore… enfin, combien de temps te reste-t-il… en tant qu'humaine ?

- Quelques semaines.

Il ne répondit rien. Ses traits ne trahissaient aucune émotion sinon une amère constatation. Il tenait fermement le couteau dans ses mains et tout à coup :

- Aïe ! Nom d'un chien, ça fait mal ! …

Kanda se retourna vers la salle :

- Euh, au fait Komui, comment je fais pour la blessure ? Parce que ça devrait pisser le sang…

- Ah effectivement. Je suppose que l'utilisation de sauce tomate ferait…

- Don. On laisse tomber.

- Pourquoi ?

- La sauce tobate donne des idées à certains.

- Ah bon ? Intéressant. Bon, ben, on trouvera d'ici demain. Peut-être un colorant de ma fabrication…

- Ah non ! Je veux pas avoir un bras rouge jusqu'à la fin de ma vie !

- Voyons, Kanda. Tu insinuerais que je ne maîtrise pas mes créations ?

- C'est exactement ce que je pense.

- Hem… Euh… La suite !

***

- Oh… cette scène est inutile, vous ne croyez pas Maréchal ?

- Elle est très imbordante ! On de peut pas la suppriber ! Snurflll…

- On fera faire un résumé par le conteur…

- Kobui !

- D'accord, d'accord…

- Personnellement, je pense aussi que cette scène n'est pas fondamentalement importante, dit Kanda.

Le regard que lui fit son maître en guise de réponse en aurait fait frémir plus d'un.

- Ne b'oblige pas…

- Je-remonte-sur-scène-tout-de-suite-maître.

- Snurflll…

***

Chez les Black, Bella et Jacob discutent dehors. Le vent se lève et fait tomber la température de quelques degrés. Le temps est menaçant.

- Il faut que je te dise quelque chose. Tu le sais déjà mais il faut que je le dise à voix haute.

Ils s'arrêtèrent de marcher. Jacob fronça les sourcils et planta son regard dans celui de Bella :

- Je suis amoureux de toi Bella, dit-il d'une voix ferme. Je t'aime.

Prise de court, Bella recula :

- C'est lui que j'aime. Il est toute ma vie.

- Plus depuis qu'il t'a abandonnée.

Soudain, il prit le menton de Bella entre ses mains, l'empêchant de tourner la tête :

- Je ne veux pas. Et les battements de mon cœur sont comptés.

- Raison de plus pour que je me batte de toutes mes forces.

- Euh… Jacob ? Enfin, Kanda ? Tu dois m'embrasser là, dit Lenalee.

Le Kanda/Jacob en question était partagé entre l'envie de mettre un pain à Lenalee pour sa logique et l'envie qui le tenait depuis le début d'envoyer au diable Komui avec ces fichus bouquins (ce qu'il aurait dû faire depuis longtemps). Bref, il en voulait à la famille Lee.

Mais pourquoi c'est pas Lavi qui doit se taper ce genre de trucs ? Depuis le temps qu'il en crève d'envie…

Dans la salle, tout le monde retenait son souffle. Cross avait lancé les paris sur l'issue de la scène (Kanda l'embrassera ou pas ?) : Cloud, Marie et Bookman avaient parié que non, Lavi, Daisya et Cross que oui. Yeegar avait opté pour une troisième option : il ne se passera rien, la scène sera interrompue avant la fin. Komui était allé faire un tour, sous prétexte d'un rapport urgent à transmettre à Reever qui ne trompa personne (Komui, se mettre à travailler ?). La tension était palpable. Certains, comme Lavi et Daisya, étaient tellement penchés sur leur chaise que le moindre courant d'air les aurait fait basculer.

Et merde… je suis coincé. Si je le fais, Komui me tue. Si je le fais pas, mon maître me tue. Si je le fais, je vais en entendre parler pendant le restant de ma vie. Si je le fais pas, Lenalee va mal le prendre. … D'ailleurs je m'en fous de ça ! Réfléchis, Yû, réfléchis !

Kanda se pencha lentement tout en réfléchissant à toutes bubures sur le moyen d'éviter tout contact muqueux avec cette cruche de Lenalee (et avec toute autre personne, tant qu'à faire).

Cloud, Bookman, Marie : Non, Kanda, soit fidèle à toi-même !

Lavi, Daisya, Cross : Oui ! Allez bon sang ! Grouille-toi !

Quand tout à coup :

- ATTTT----CHAAAA ! *tousse, tousse* Rheu… Snurflll

Toute l'attention se reporta sur l'auteur de ces borborygmes.

- Maître ?

- ça ne va pas Maréchal ?

-Je… J'ai la tête qui tourne… Je crois que je vais aller be reposer un peu…

- Heu… Marie ! Tu peux l'amener à l'infirmerie ?

- Bien sûr.

- Non ! Pas l'infirberie ! Je… vais… bien… *tousse, tousse*, dit-il avant de s'évanouir.

- Au moins cette fois… Marie ?

- Oui.

Marie prit son maître sur l'épaule et sortit de la salle.

Pendant ce temps sur scène :

Merci, merci, merci, merci maître ! Ô mon maître adoré, si vous saviez comme je vous aime ! Merci encore ! pensa Kanda, trop heureux d'avoir échappé à un destin tragique.

- On laisse tomber cette scène pour le moment, dit Komui. Kanda, ça ira pour demain ?

- Parfait.

Du côté des parieurs, c'était la déception. À part pour Yeegar qui venait de rafler le jackpot.

- Mais comment avez-vous pu… ?

- L'expérience, mes enfants, l'expérience…

Komui saisit son mégaphone :

- BIEN. SCENE SUIVANTE.

***

Après que Jacob l'ait embrassée de force, Bella lui assena un coup de poing en plein visage qui lui valut une main cassée. Il la raccompagna chez elle d'où elle appela Edward. Celui-ci arriva :

- Comment est-ce arrivé ?

- J'ai donné un coup de poing à Jacob. Je regrette seulement de ne pas lui avoir fait mal.

- Je peux t'arranger ça, si tu veux. La raison de ce coup ?

- Il m'a embrassée.

- Oui, enfin, ça, on l'a pas vraiment vu.

Pak… (une veine est apparue sur la tempe de Kanda, un sourire sadique sur ses lèvres)

- Je ne vais pas te tuer maintenant, lui lança Edward. Mais si tu me la ramènes une nouvelle fois abîmée, ou que tu me fais perdre mes paris, tu te retrouveras à courir sur trois pattes. Pigé, espèce de sale cabot ?

- Ne t'inquiètes pas, il n'est pas question que je retourne là-bas, dit Bella/Lenalee, un peu troublée par la digression dans les dialogues.

- Et si tu ne l'embrasses pas, je te jure que je te brise la nuque, enchaîna Edward.

- Euh… non, Lavi. La réplique, c'est « et si tu l'embrasses encore », dit Lenalee.

- Ah oui. Désolé, lapsus.

Kanda avait, quand à lui, parfaitement compris où voulait en venir le lapin.

- Tu me cherches, le rongeur ?

- Si je te disais oui…

Kanda retroussa ses manches (qu'il n'a pas d'ailleurs) et Lavi poussa Lenalee sur le côté :

- écoute Bella, on va discuter avec monsieur. Tu restes ici, tu bouges pas, je reviens.

Les deux disparurent dans les coulisses, laissant Lenalee seule, plus ou moins désorientée. De loin, Komui lui faisait des signes de continuer comme si rien ne s'était passé. Elle attendit donc sagement que les deux bourrins aient fini de se filer des bourre-pif.

Retour sur scène. Les visages sont tuméfiés.

- Bon, si tu as fini ta leçon de morale, dit Jacob.

- Sache que je me battrai. Je lutterai avec plus de vigueur que toi.

- Tant mieux. C'est pas rigolo quand l'adversaire déclare forfait.

- Je n'ai pas dit que je me battrai proprement.

- Moi non plus. Navré pour ta main, Bella.

- … (hésitation de Lenalee, parce que c'est toujours surprenant de voir quelqu'un qui n'a plus qu'un steak en guise de bouche parler)

Fin de la scène.

- Bravo ! Bravo ! C'était parfait ! Suivants !

Lavi et Kanda en profitent pour s'effondrer sur scène et se partager les compresses. Comme quoi, ils se chamaillent, mais en fait ils sont bons copains. (Promis, j'arrête la luzerne dès demain.)

***

- J'm'ennnnuuuuuiiiiiiie !!!!!!!!!!!!! C'est quand mon tour ? dit Daisya

- C'est vrai, c'est toujours les mêmes sur scène ! renchérit Cross

- Marian, tu te comportes comme un gosse, dit Cloud.

- T'aimes ça ?

- Les gamins chiants, je les claque.

- D'accord…

Pendant ce temps, Lavi et Kanda récupéraient au pied de la scène, dos contre dos :

- T'as pris des leçons de boxe quand t'étais môme ?

- Nan… Papy Panda a tenu à m'apprendre le kung-fu. Vu que j'étais pas vraiment doué, j'ai fait un mixe avec des techniques plus… artisanales… Mais je peux te retourner la question.

- Kendo… sans katana.

- Pas mal. Glaçons ?

- J'veux bien, répondit-il avant de se les poser sur la mâchoire.

- ALLEZ LES COMATEUX ! TOUT LE MONDE EN SCENE !

***

Les Cullen et la meute avaient convenus d'une réunion sur les techniques de combat des nouveau-nés. Ils étaient à présent tous réunis autour de Jasper :

- Les nouveau-nés diffèrent de nous en ce qu'ils ne sont que de la force brute. Et… Euh… Komui ? Il nous manque Emmett !

- Ah mince, effectivement… Marie ? Ça ne te dérange pas de faire Emmett ?

- Pas du tout. Que dois-je faire ?

- Dans cette scène, tu essais d'attaquer Jasper.

- Pas de problèmes.

---

- Les nouveau-nés diffèrent de nous en ce qu'ils ne sont que de la force brute. Emmett ? Si je choisis Emmett en premier, c'est qu'il est le meilleur exemple de la stratégie brute.

L'autre prit un air vexé (surtout Marie, c'est un géant certes, mais gentil tout plein. Mais revenons à nos moutons…).

- J'entends par là qu'il compte sur sa puissance, qu'il va droit au but. Nos ennemis ne feront pas dans la subtilité non plus. Allez, essaie de m'attraper !

- ça, ça va pas être difficile, Daisya…, dit-il un sourire aux lèvres.

- Euh… T'y va pas trop « brutos » s'il te plaît…

- T'inquiète.

Ils entamèrent leur démonstration. Les deux hommes se mouvaient à une vitesse stupéfiante… Enfin, à une vitesse qu'il est humainement possible d'atteindre sur une scène qui n'en a que le nom parce que d'habitude, elle sert de tremplin pour que Kanda puisse exploser des faux akumas, il faut bien s'entraîner, quoi ? Donc, ils faisaient tant bien que mal ce pour quoi ils étaient là. Jusqu'à ce que Jasper saisisse Emmett par derrière, ses dents à deux centimètres de sa gorge.

- Voilà, comment agir. Merci Emmett. Alice, à ton tour.

Lenalee, ayant retrouvé son rôle, s'avança et se planta au milieu de la scène.

Jasper commença à lui tourner autour, Alice faisant à chaque fois un pas de côté, évitant ses attaques comme si elle lisait dans ses pensées. Jusqu'à ce que :

Bung !

- WOUAÏE !

Eh oui, ça fait mal de se manger quelqu'un en pleine face. De toute façon, ça devait arriver. Lenalee se retrouva sur son séant l'air ahuri mais indemne, et Daisya, à genoux, se tenait la tête en vociférant des « rondudju que ça fait mal » et autres expressions d'intense douleur du même acabit, tout en tapant du poing sur le sol.

- B***** de m**** ! Elle a la tête dure cette…

- QUOI ?, hurla Komui.

- … jeune fille. Lenalee a la tête dure.

- Désolée Daisya. Ça va ?

Mange-toi un poteau, on en rediscutera après. Daisya n'est pas méchant par nature, mais quand on se cogne… comprenez-le.

- Oui, c'est bon.

Il se releva tant bien que mal.

- Merci Alice. À Edward, maintenant.

Leur démonstration se termina par un match nul. Faut avouer que Daisya n'osait pas trop taper sur Lavi, ce dernier étant déjà bien arrangé.

- Bien. Carlisle, à présent.

Cross, heureux de pouvoir enfin se défouler, attaqua.

- Mais qu'est-ce qu'il… ? Wééé ! Mais il m'attaque pour de vrai !

- Accroche-toi à ta perruque, petit !

- En parlant de perruque, espèce de décoloré !

- Quoi ?

- Décoloré, décoloré !

Heureusement que Daisya était agile, il put aisément éviter l'attaque du maréchal en furie. Ce dernier se retourna pour la contre-attaque et Daisya en profita pour lui faire un croche-patte. Cross s'étala de tout son long. Daisya mit un pied sur son dos à la manière des chasseurs de lions, sous les applaudissements de toute la salle.

- Il faut toujours qu'il en fasse trop, ce Marian. À mon tour ? demanda Cloud.

- C'est à Esmée, répondit Jasper en libérant le fauve.

Esmée s'approcha avec grâce. Elle évoluait telle une apparition, si bien que, hypnotisé, Jasper ne vit pas le coup. Il fut envoyé au tapis en un seul mouvement.

- Whoah ! Vous étiez vampire dans une vie antérieure ? On a rien vu venir ! s'exclama Lavi traduisant la pensée générale.

- Non, c'est l'habitude.

- Du combat contre les akumas ?

- Non. Il y a peu de temps encore, Marian expérimentait une technique de séduction qui consistait à coincer sa « proie » entre un mur et lui. Puisqu'il ne comprend que les baffes, j'ai mis au point cette petite technique de self-défense, mêlant rapidité et efficacité.

- Ah…

- Merci, merci, c'est bon pour cette scène. Kanda, tu peux venir un instant ? dit Komui.

Le japonais s'approcha :

- Je viens de relire le scénario… En ce qui concerne ton costume, dans ce passage, Jacob est en « loup ». Donc il faudrait prévoir…

- N'y pensez même pas !

- On va donc en rester là sur ce point…

La lueur diabolique qui luisait dans les yeux du Japonais mit à terre toutes les défenses de Komui.

- … et euh… Jacob doit lécher Bella…

- Si vous me demandez de faire ça, je vous promets une mort trèèèès douloureuse. Et je me fiche se ce que mon maître pourra me faire ensuite.

- Après tout, ça ira très bien comme ça.

***

- Bon, ce sera tout pour ce matin !

- Mais Komui, il reste le combat contre Victoria, non ?

- Ah, pour ça j'ai une idée. Vu qu'on ne pourra jamais être assez de participants, entre les nouveau-nés et les rôles principaux…, j'ai pensé qu'on pourrait le faire en ombre chinoises.

- Pas bête.

- Je sais, je sais… Bon, quelqu'un sait faire des ombres chinoises ?

- A priori, on aurait dit vous, Komui.

- Parce que je suis chinois ?

- Non, parce que je suppose qu'il faut que vous vous occupiez quand vous faites semblant de travailler.

- Hem… (pris sur le fait)

- Lavi, il en fait des jolies ! dit Lenalee.

- Chut ! dit Lavi en lui faisant signe de se taire.

- C'est vrai ? dit Komui.

- Oui, l'autre jour dans le réfectoire, il nous a bien fait rire en imitant Kan…

- Lenalee ! Tais-toi !

- QUOI ? hurla Kanda en entendant son nom et le verbe « rire » dans la même phrase.

- Euh… (elle vient de se rendre compte de sa bourde) un koala ! Hein, c'est bien ça ?

- Oui, oui, je fais très bien les koalas ! se rattrapa Lavi.

- Bien, la question est réglée alors. Lavi, tu apprends aux autres ? demanda Komui.

- Ai-je le choix ?

- Non. Parfait, parfait. On se retrouve donc ici dans une heure. Bon appétit !

***

À l'infirmerie, quelques instants plus tard…

- Comment va-t-elle ?

Komui et l'infirmière en chef étaient au chevet de Miranda. Qui n'a d'ailleurs toujours pas repris connaissance.

- à vrai dire, je ne sais pas trop. On dirait qu'elle a subi un choc émotionnel immense. Et un choc tout court, d'ailleurs, à en juger par les bleus qu'elle a au niveau des bras…

- Mince… Elle sera rétablie pour disons…, dans une heure ?

- Grand Intendant, sachez que de nos jours on peut faire beaucoup de choses mais pour les miracles, ce n'est pas demain la veille.

- Dommage…

- Comme vous dites.

- Et le maréchal Sokaro ?

- J'avoue ne pas comprendre. Le maréchal Yeegar m'a parlé d'un « choc des générations »… Enfin, lui s'en remettra plus vite que Miranda.

- Maréchal Tiedoll ?

- Ah lui. Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Il n'avait qu'à prendre ses médicaments. Ne vous inquiétez pas, c'est juste un gros rhume. Je voudrais quand même savoir…

- Oui ?

- En deux jours, le maréchal Cross, qu'on ne voit jamais d'habitude, vient pour une bosse. Je me rappelle qu'il avait un bonnet sur la tête, très moche si vous voulez mon avis. Ensuite, c'est vous qui venez, le nez complètement en sang. L'après-midi, on m'amène Miranda en pleine crise de tétanie. Et voilà que ce matin, j'hérite de deux maréchaux et encore de Miranda, les trois complètement hors-service. Sans compter Lavi et Kanda qui sont passés juste avant vous. Vous élevez des akumas ou quoi ?, dit l'infirmière en chef. La dernière phrase fut dite sur le ton de « si vous me dites oui, je vous étrangle ».

- Même pas. Rassurez-vous, ce n'est rien.

- ça doit me rassurer en plus…

- Mais c'est beaucoup trop long… Il faudrait que j'accélère le processus…

- Pardon ?

- Hein ? (il vient de se rendre compte qu'il a pensé à voix haute) Ah, rien… Je vais vous laisser faire votre travail. Bonne nuit, infirmière !, lança Komui en courant vers son bureau.

- Bonne nuit ? Il est midi ! (se retourne vers ses collègues) Si vous voulez mon avis, celui qu'il faut soigner, c'est lui.


Deux mois plus tôt...

L'homme enlève sa capuche et...

"Arghhh... J'ai été eue... Adieu..."

" ça va. Pas de blague. Alors c'est toi qui met en ligne nos "aventures"? "

"Daisya ! Qu'est-ce que vous faites ici ?"

"Ben on te cherche. Personnellement, je m'en fiche mais les autres il t'en veulent un peu. Hé les gars ! Elle est là !"

Enfoiré... Vite, sauvegarder le fichier, vite ! Je l'enverrai quand je pourrais...

"Bon travail Daisya."

"Attrapez son ordinateur !" *éjection de l'objet par la fenêtre du train*

"M'en fiche, le fichier est actuellement dans ma messagerie dont moi seule connaît le mot de passe."

... (temps de réaction que je mets à profit pour piquer un petit sprint de derrière les fagots, tout en remerciant mon prof de sport de m'y avoir forcée dans ma jeunesse)

"Attrapez la ! Rhaaa ! Elle va sauter !"

Saute... mais est récupérée au vol par...