Hello tout le monde ! Désolée pour le retard impardonnable, j'ai complètement oublié que je devais publier, et vous savez pourquoi ? Car j'écrivais des chapitres sur cette même fic XD Oui c'est stupide !
Quoi qu'il en soit, j'espère que vous apprécierez ce chapitre et serez présents au prochain ! N'hésitez pas à me laisser vos impressions, ça fait toujours plaisir X3
Chapter 7 : Momentary Separations
Suite au départ précipité d'Akaito après celui que ce guide de pacotille avait nommé Mikuo, Ppoiyo était resté au couvent, il n'avait pas perdu sa détermination mais il ne pouvait pas non plus partir ainsi, aussi bêtement que son ancien compagnon de voyage. Il devait construire un plan et surtout, éliminer tout d'abord ceux qui semblaient être pour le rétablissement du régime de terreur dont son roi s'était finalement débarrassé. C'était sa mission en tant que chevalier. Il devrait sans doute tuer les personnes présentes ici, ils l'avaient tous protégée après tout, il ne pouvait quitter l'endroit sans avoir effacé toute menace de la Princesse Diabolique.
Mais il ne voulait pas non plus commettre d'erreurs, car il connaissait l'importance de la vie. Pour ce qui était de son opposant aux cheveux turquoise il était presque certain qu'il représentait une menace et il n'aurait aucun mal à l'exécuter, même si la surprise qu'il avait affichée lorsqu'il avait parlé de la souveraine du Pays Jaune avait semé le doute. Pour ce qui était des deux jeunes femmes néanmoins elles devaient être innocentes, celle aux cheveux blancs… Haku avait dit qu'elle avait expié ses crimes, elle ne devait donc pas vouloir lui faire reprendre le trône. Pour ce qui était de Gumi… Bien que cette faiblesse l'énervait, il n'arrivait pas à la voir comme quelqu'un de malveillant. Il ne restait plus que ce brun. Il ne lui avait pas adressé la parole depuis la fuite des deux criminels, comme s'il essayait d'ignorer la présence de Ppoiyo, il s'était contenté de servir des sourires stupides aux deux femmes et les aidait à remettre en place certaines choses avant même qu'elles ne demandent. Il jouait les candides.
En temps normal ce comportement lui aurait tout à fait convenu, et même arrangé car il pouvait ainsi attendre tranquillement la fin de la pluie (les deux femmes étant trop effrayées pour oser lui dire de partir) avant de se remettre en route. Mais cette situation était tout sauf normale, le brun les avait quitté à l'orée de la forêt, pourquoi était-il ensuite revenu avec cet autre homme ? Avait-il prévu son coup ? Etait-il le chef d'une rébellion contre le Royaume Bleu ? Mais alors était-ce Akaito qui avait vendu la mèche du pourquoi de leur présence ici… ? Ou alors y avait-il des gardes au palais lors de leur départ ? Il était dans une des situations qu'il détestait le plus, une de celles où l'on peut se faire tout un tas de scénario catastrophe sans être capable d'y faire un choix. Alors il attendit que son ancien guide, traître à ses heures, soit finalement seul, ce qui prit une bonne heure à servir des sourires désolés. Et lorsque tous deux se retrouvèrent dans la chapelle déserte il n'attendit pas plus :
« De quel côté tu es au juste ? » Demanda Ppoiyo au brun, dans le couloir central créé par les rangées de bancs de bois, son regard fixé sur le brun qui lui observait les motifs sans vie des vitraux, sombres à cause de la pluie.
« Je ne vois pas ce que tu veux dire, Matsu' ! » Lui répondit Keine d'une voix légère, il jouait avec lui et ça agaçait vraiment le bleuté, encore plus que ce surnom stupide. Mais il n'allait pas le laisser s'en tirer comme ça et Ppoiyo rajouta :
« Tu sais bien de quoi je parles ne fais pas l'idiot ! Tu as aidé deux criminels à s'en tirer ! » il soupira alors profondément et continua dans un ronchonnement qui témoignait de son énervement « Un guide qui se retourne contre ses clients on aura tout vu. » Il ne remarqua alors le visage assombri du brun que lorsqu'il prit à nouveau la parole, toute trace de sa précédente légèreté disparue :
« Je me fiche bien de qui il est, lui ou cette fille, il avait besoin d'aide et je lui ai donné un coup de main c'est normal ! Pour ce qui est du contrat de guide, je vous ai amené ici, j'ai rempli ma part du contrat. Ce serait plutôt à moi d'être déçu d'avoir aidé des meurtriers. » Il posa alors un regard lourd de sous-entendus sur Ppoiyo qui compris bien vite où il voulait en venir, il inversait complètement les rôles, la meurtrière était la blonde qui s'était enfuie sous son nez !
« Le criminel que tu as aidé est celle qui a dirigé un pays dans la ruine pour ses propres besoins et a tué des milliers d'innocents ! Et cette criminelle tu l'as aidé à s'enfuir ! » Il aurait sans doute dû abandonner maintenant, il était évident que son locuteur n'avait aucune idée de l'identité de la blonde, tout comme Gumi au début, il avait sans doute aidé le turquoise après qu'il lui ait raconté des mensonges pour avoir son aide.
Mais il n'y arrivait pas. Le fait que le brun ait anéanti ses espoirs, ceux-là mêmes qui avaient finis par calmer la douleur ressentie depuis la résurrection de la princesse dans son monde, l'insupportait au plus haut point. Il voulait qu'il ressente cette douleur lui aussi, même si pour lui ce ne serait que du regret, il lui ferait porter le regret de toutes les victimes de cette guerre. Il s'étonnait lui-même de cette haine violente qui germait dans son cœur, cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas ressentie ce genre de choses, des sentiments qu'il ne pouvait contrôler… Cet homme… Il le détestait bien plus pour ce qu'il lui faisait que pour ce qu'il était.
« Et alors ? » Le regard rouge transperçant de Ppoiyo se planta alors dans celui sincèrement curieux du brun lui faisant marqué un instant d'hésitation. « Haku et Gumi m'ont parlé de cette histoire, c'était une princesse c'est ça ? Il parait qu'elle a été détrônée donc maintenant je ne vois pas ce qu'on peut lui reprocher ! » Une princesse ? Il parait ? Il jouait les incultes juste pour lui taper sur les nerfs, ce n'était pas possible ! L'expression meurtrière qui prenait place sur le visage d'habitude imperturbable du bleuté aurait convaincu n'importe qui de se taire mais le brun décida de continuer « Franchement j'n'aimerais pas être à sa place ! Devoir vivre reclus comme ça juste pour échapper à mon passé ! Si elle a été si cruelle, elle ne doit déjà pas réussir à se débarrasser de sa culpabilité et elle doit en plus supporter les tentatives de meurtre des autres ! »
Ron s'attendait à recevoir les foudres de Matsuda pour son insolence, même s'il ne regrettait pas son essaie pour raisonner le bleuté il aurait préféré ne pas se fâcher avec lui, quoi qu'essayer de ne pas énerver le bleuté semblait proche de l'impossible, il se doutait bien que ce devait être désagréable d'entendre tout ça. Cependant, aucune autre remarque ne vient, il fût même agréablement surpris de voir le plus âgé sembler réfléchir à ce qu'il avait dit, il ne le trouvait peut être pas si stupide après tout ! Toutefois, en cet instant il ne savait pas vraiment quoi faire, s'il partait sans un mot de plus Matsuda lui dirait sûrement qu'il prenait ses grands airs mais rester ici n'était pas plus à son avantage…
Dans sa réflexion il ne pouvait s'empêcher de regarder le bleuté toujours aussi silencieux il semblait déjà moins perdu que juste avant et la colère semblait remonter à la surface à nouveau, mais Ron ne s'attarda pas plus sur ce détail lorsque son regard fut attiré par un fin filet de sang qui coulait le long du bras gauche du garçon aux cheveux bicolores. Il fit quelques pas vers lui pour être sûr que ce n'était pas une ombre et puis Mikuo lui revint à l'esprit, c'est vrai qu'ils avaient sans doute combattus, mais il ne s'attendait pas à retrouver celui qui était dorénavant juste devant lui blessé, Mikuo était bien plus fort qu'il ne le laissait paraître.
Ignorant alors le sursaut du bleuté qui était tiré hors de ses pensées sans plus de cérémonie le brun lui pris le bras blessé, soulevant de son autre main la manche salie par le sang qui masquait une entaille à peine coagulée mais peu profonde. Il lâcha alors tout aussi rapidement le bras blanchâtre du jeune homme qui se reculait déjà, ses yeux écarquillés dans la surprise, le retenir aurait sans doute été plus efficace mais il aurait surtout risqué d'aggraver la blessure. Ensuite, comme si le bleuté venait de se rendre compte de sa blessure lui aussi il serra sa main sur sa plaie au travers du tissu qui s'imprégnait d'un nouvel éclat rouge plus visible. Maintenant qu'il y pensait, Matsuda était encore plus blême que d'habitude à bien y regarder, le voir si proche d'un blanc cireux en serait presque inquiétant si la vitalité manifestée en colère dans ses yeux n'était pas présente. Le brun hésita un instant à comment s'y prendre pour ne pas aggraver l'état des choses et commença à dire avec un sourire duquel il voulait détendre l'atmosphère :
« Ca pourrait devenir grave, laisses moi te soigner y'a de quoi faire ici ! » il vit alors la foudre noire naître dans le regard de Matsuda et se dit qu'il aurait dû dire cela autrement, mais c'était trop tard, le malade faisait déjà demi tour, ses pas résonnants dans la chapelle silencieuse. Le jeune garçon restait là, n'esquissant qu'un vague mouvement du bras pour le rattraper, mais cela ne servirait à rien, pas vrai ? Cet homme était ainsi et il se devait de le respecter… Un des battants de la porte principale se referma violemment, le faible rayon de lumière qui s'infiltrait alors à l'intérieur mourrant aussi vite qu'il était apparu sur le visage de Ron.
oOo
La pluie ne voulait pas s'arrêter. Le vent se faisait violent bien que la forêt restait relativement épaisse, certains craquements provenant des branches le faisaient d'ailleurs s'attendre à ce qu'un arbre finisse par leurs barrer la route. Le chaos extérieur parvenait presque à lui faire oublier la douleur qui le lançait dans son dos. Il ne comprenait pas comment le temps avait pu se dégrader si rapidement, était-ce une sorte de message ? Est-ce que Dieu ou qui que soit lui disait d'arrêter cette course effrénée et dire aux deux tueurs qui devaient être à ses courses que ce n'était qu'un malentendu ? Non… Non ce n'était pas un signe venu d'un être supérieur, c'était juste sa lâcheté et son doute qui se servaient d'une tempête pour gagner de l'importance…
Mais comment était-il censé continuer ainsi son chemin dans cette forêt clairsemée alors qu'il ne pouvait pas oublier sa présence et ce qu'elle signifiait… Sa respiration était assez éloignée mais son intensité la laissait audible malgré la violence de la pluie. Ce souffle rauque qui engouffrait le plus d'air possible pour se garder en vie dans cet effort, car il devait bien reconnaître que même si courir était déjà fatiguant, fuir sous la pluie battante, avec la peur et le poids de ses vêtements trempés était bien pire. Pourtant il ne compatissait pas pour celle qui peinait à le suivre. Elle ne le méritait pas, elle était un démon.
Pourquoi était-ce lui, Mikuo, que cette étrange femme avait arrêtée dans les rues de la capitale du pays violet ? Pourquoi avait-il fallut qu'il l'écoute, surtout ? A croire les divagations de cette sorcière il avait fait la dernière chose qu'il aurait pu vouloir de sa vie. Il avait eu dans l'espoir de retrouver sa sœur, il avait finit par sauver la vie à son assassin. Il se haïssait, peut être même plus qu'il ne haïssait la jeune fille derrière lui. Il l'avait sauvé et ne la tuait même pas, pourtant ce serait facile ici, à l'abris des regards, et elle serait sans doute incapable de disparaître vite.
Il n'avait qu'à se retourner et lui transpercer le cœur. Pourtant, une simple vision l'avait stoppé et le persuadait de la laisser vivre, ce ne devait être qu'une création de son esprit, mais cette vision de ce jeune garçon blond ne cessait de revenir à son esprit. Son regard le suppliant de lui laisser la vie sauve, le suppliant de prendre sa place et de la protéger. Il ne savait pas qui il était, ni même s'il existait, mais il pouvait deviner à ce regard empreint sur sa rétine qu'ils avaient un passé semblable. Un être aimé à protéger.
Les mots de la sorcière refirent alors écho à son esprit. Même s'ils avaient des points communs, cette meurtrière derrière lui n'était pas celle qu'il devait protéger. Elle était même la dernière personne qu'il devait protéger. Il savait parfaitement que si leur pays entier avait donné lieu au cœur de la guerre c'était car la princesse Kagamine avait ordonné la mort de sa sœur, Miku. C'était sa jumelle elle-même qui lui avait avoué dans une lettre tracée de ses fines lettres courbées, elle lui avait avoué avoir beaucoup à se reprocher, la mort d'un pays presque entier, les larmes d'une chère amie… Mais ce qui revenait le plus souvent était la colère qu'elle avait contre elle-même pour déclencher ces guerres et cette haine par amour. Une de ses phrases étaient d'ailleurs restée graver dans l'esprit de Mikuo « Je me dis souvent que si je n'avais pas cherché à atteindre le prince, j'aurais pu vivre heureuse et simplement avec un garçon très gentil. » Même si elle ne reparlait pas de ce garçon, son frère était persuadé que ces mots se rapportaient à quelqu'un, ce devait être un instinct de jumeau. Cependant il ne pu lui demander qui car le jour même où il reçut cette lettre, Miku était annoncée comme morte.
Surgissant faiblement de la monotonie de la tempête un léger cri de surprise suivit d'un bruit sourd se fit entendre un peu plus loin derrière lui, il se retourna plus par réflexe que par besoin, il savait pertinemment qu'une seule femme était dans les environs. Sans véritable surprise il trouva la jeune blonde accroupie au sol, le bas de sa robe couvert de boue et le tissu de sa robe ample lui collait à la peau, la terre parsemée sur son visage la rendait un peu plus pathétique, il avait du mal à se dire que cette jeune fille miséreuse était la princesse aux toilettes précieuses qui régnait trois ans auparavant. Une brusque bourrasque avait dû la faire tomber à cause d'une flaque de boue trop glissante, elle essuya rapidement ses mains dans le tissu de sa robe et se remise debout en s'aidant d'un arbre près duquel elle était tombée.
Pas un seul instant elle ne lui avait jeté un regard, elle ne s'attendait pas à ce qu'il l'aide et c'était une bonne chose, car jamais il ne le ferait. Toutefois, après s'être relevée elle le regarda, ou plutôt le fixa d'un regard fatigué qui menaçait de s'éteindre rapidement, elle n'était pas dans un meilleur état que lui-même.
« Pourquoi faites-vous cela ? » furent les paroles qu'il cru entendre, perdues dans les hurlements du vent, mais même s'il pouvait difficilement douter de ce qu'il avait compris il ne répondit pas, laissant la voix teintée d'angoisse de la jeune blonde il se retourna et repris la marche.
Elle était debout, ils pouvaient donc repartir et si elle ne suivait pas elle se débrouillerait. Il laissa cette dernière réflexion se perdre dans ses pensées quand les pas précipités de la jeune fille se rapprochèrent de lui, conservant tout de même une petite distance entre eux deux comme elle l'avait fait depuis qu'il lui avait lâché la main à l'entrée de la forêt. Pensait-elle, elle aussi, qu'il commettait une erreur incompréhensible ?
Soudain, les arbres de la forêt disparurent nettement, signe qu'ils devaient arrivés dans une région plus habitée où des aménagements avaient eu lieu. En effet, des champs s'étendaient au loin, séparés par de petites haies de buisson fruitier, des moulins de petite taille ponctuaient également le paysage, mais ce qui attira immédiatement le regard du garçon aux cheveux turquoises ce fût un fleuve qui s'écoulait dans toute la plaine, l'eau était violente à cause de la pluie et l'étendue d'eau était assez large et haute pour que la traverser soit impensable dans de telles conditions.
Mais si cette vision plut au jeune homme c'était par la présence d'un modeste barrage de bois qui étaient construit dans sa largeur et menaçait de céder par la puissance des flots, de l'eau boueuse s'infiltrait déjà entre les planches. L'idée lui vient alors, il ne savait pas combien d'hommes étaient après eux ni s'ils étaient loin alors il se devait d'agir vite, il courut en direction du barrage, ignorant la douleur qui lui déchirait le dos, la jeune fille sur les talons. Il passa ensuite rapidement sur le barrage, veillant à ne pas glisser sur le bois trempé qui n'offrait qu'un espace étroit pour traverser et après s'être maudit d'avoir rattrapé par réflexe la princesse déchue qui menaçait de se faire emporter par le courrant il planta sans hésitation sa lance dans une planche menaçant de céder, lui donnant le coup fatale. L'eau se déversa alors en un éclair de l'autre côté du barrage et animée par la force ainsi obtenue emporta toute la structure avec elle, enlevant toute possibilité de passage à quiconque voudrait les rejoindre.
La jeune Kagamine resta un court moment a regarder le flot violent de l'eau, elle devait comprendre le pourquoi de ce geste mais aucune expression précise n'était visible sur son visage, peut-être se contentait-elle de regarder l'eau pour se changer les idées ou se convaincre qu'elle était dorénavant sauve. Quoi qu'il en soit Mikuo repris la marche sans un regard pour elle, maintenant que l'urgence n'était plus il s'attendait à ce qu'elle parte de son côté, l'aurait voulu… Tellement espéré. Cela mettrait fin à une partie de ses tourments. Mais elle le suivit tout de même, silencieuse, se faisant la plus petite possible et tirant doucement sur le tissu noir qui masquait une partie de ses cheveux, par peur d'être reconnue sans doute.
Pourtant les environs étaient déserts, de par le temps effroyable, personne n'osait sortir de chez soit, les habitations étaient désertes et barricadées de planches de bois ou de sacs de sables pour éviter les désastres qui pourraient être causés par les intempéries. Parmi ces bâtisses frêles un grand moulin était visible plus loin, il voyait là un bon moyen de s'y réfugier, bien que les ailes de papier se déchirant à cause du vent n'était pas très bon signe, il s'y avança, toujours suivit. Une fois arrivé plus près, ils s'étaient assez éloignés de la rivière pour ne pas voir l'homme aux cheveux rouges pester contre eux pour avoir rompu le passage et lui-même pour ne pas avoir été assez rapide, il remarqua qu'accolée au moulin une petite ferme modeste était bâtie, pas un bruit, pas même celui d'un animal ne s'y faisait entendre et Mikuo pensa alors qu'elle devait être déserte et il entra dans le haut moulin en confiance.
L'eau de pluie n'y pénétrait pas, les pierres semblaient bien isolées, tout ce que l'on aurait pu reprocher à l'endroit c'était ce son grave et puissant que faisait la structure alors que les ailes du moulin tournaient furieusement, prises dans les courants d'airs. Cependant il n'allait pas s'en plaindre, il n'était pas là en tant que touriste mais réfugié, ou quelque chose comme ça… Il alla s'asseoir à l'opposé de la porte qui ne tenait presque plus sur ses gongs pour échapper à une partie de l'air froid, cela ne servait pas à grand-chose toutefois. Il ne pu retenir un soupire, puis une plainte de douleur, le calme retrouvé il ne pouvait que penser à sa blessure et il se rendit compte d'un bref coup d'œil sur les paumes de ses mains teintées de rouge qu'il avait perdu beaucoup de sang, sa vision était floue. Un doux son de tissu froissé se fit entendre à ses côtés, il releva légèrement les yeux vers la jeune blonde qui venait de s'accroupir devant lui, le regard inquiet.
« Est-ce que vous vous sentez bien… ? » demanda-t-elle, elle devait bien voir que non mais s'attarda tout de même aux politesses, même les tyrans ont une bonne éducation, remarqua Mikuo pour lui-même. Il lui aurait bien assuré qu'il se sentait bien, mais il ne s'en sentait pas la force, quand était-ce la dernière fois qu'il avait un peu dormi ? Il ne s'en rappelait pas… Et ce bruit sourd dans sa tête ne faisait que s'intensifier alors que ses paupières tombaient lourdement. Sans qu'il ne s'en rende réellement compte, il sombra entre l'inconscience et un repos mérité, laissant la jeune blonde le héler en vain.
…
Lorsqu'il repris connaissance il s'attendait à ce que ce soit le matin tant les muscles de son corps étaient reposés par son somme, pourtant il ne s'était assoupi que quelques heures et il faisait encore nuit. Ce qui l'avait tiré de son sommeil, s'était deux mains qui s'étaient resserrées autour de son bras alors que la vieille porte du moulin s'ouvrait dans un fracas amplifié par la tempête presque passée. Il s'était un peu affaissé contre le mur de pierres mais se relevait vite, si c'était un ennemi qui entrait il devait se tenir prêt.
Il saisie rapidement sa lance, légèrement ralentis dans son mouvement par la surprise de trouver à la place de son habituel haut un bandage fait de tissus gris. Mais ce qui le surpris le plus fut de voir que celui qui entrait n'était qu'un petit vieillard aux cheveux grisonnants et rares sur son crâne, il devait être tout juste un petit plus grand que Rin car il était très courbé sur lui-même, malgré l'étonnement qu'il devait ressentir à trouver des étrangers dans ce moulin ses traits s'étiraient en un doux sourire qui leur était sans aucun doute adressé. Les deux jeunes gens ne savaient pas vraiment comment réagir et la petite blonde s'éclaircit légèrement la gorge, sans pour autant prendre la parole. Son geste eu tout de même de débloquer la situation puisque le vieil homme rit légèrement et parla :
« Vous pouvez baisser votre arme jeune homme, je ne suis qu'un simple fermier ! » A ses mots il leva ses mains au ciel comme pour montrer qu'il ne cachait aucune arme et ajouta « Je ne vous blesserais pas. » Devant le naturel de cet homme qui se faisait tout de même menacer par une lance souillée par le sang faute de nettoyage après l'altercation de la veille, Mikuo ne pu que rabaisser la lame élancée et offrir un sourire désolé au fermier.
« Je suppose que nous sommes sur votre propriété, nous allons quitter les lieux dés à présent. » Dit Mikuo d'une voix étonnement douce qui surprit la jeune fille, elle se rendit alors compte que c'était la première fois qu'elle entendait le garçon parler normalement, les situations antérieures ne permettant pas un tel calme dans le timbre de sa voix. L'entendre parler aussi respectueusement faisait ressortir des accentuations qui rappelaient le chant des oiseaux une fois la nuit tombée, alors que tout devenait beaucoup plus calme avant de s'éteindre jusqu'au lendemain matin.
Pendant le petit silence qui s'installa Mikuo rassemblait rapidement les quelques affaires éparpillées, remettant son haut par-dessus ses bandages de misère, lorsqu'il réalisa que ce devait être la blonde à ses côtés qui lui avait retiré dans son sommeil il sentie ses joues se réchauffer, démontrant sa gêne à son insu, par chance aucune des deux personnes présentes ne firent des remarques, peut-être n'y avait-il pas assez de lumière en cette nuit nuageuse pour permettre à quiconque de s'en rendre compte. Toutefois, son attention fut vite détournée de ce détail quand le vieil homme après un petit moment de réflexion repris la parole.
« Je ne peux pas laisser deux jeunes gens voyager par une nuit si peu sûre ! » Dit-il « La tempête pourrait reprendre à tout instant. Vous n'aurez qu'à passer la nuit chez moi, c'est une vieille bâtisse qui n'est plus très isolée mais vous saurez apprécier le feu de cheminée j'en suis sûr ! » Finit-il avec un léger rire alors qu'un éclat naissait dans ses yeux, il devait se sentir seul et l'idée d'un peu de compagnie lui plaisait.
Mikuo n'osa pas dire non, même s'il était convaincu qu'il aurait dû, il était comme ça, il ne pouvait pas se dresser contre l'enthousiasme d'autrui. Il tenta tout de même un petit regard vers la princesse déchue, elle avait fait condamner des enfants alors elle pourrait toujours dire non à ce vieillard hospitalier. Mais rien y fit, le destin s'acharnait pour qu'ils restent ici, la blonde dû penser qu'il lui demandait son avis sur la question et elle s'inclina en remerciant le vieil homme, allant jusqu'à lui promettre que son amie qui tenait le couvent prierait pour lui. Pourquoi ne le faisait-elle pas ? Elle vivait dans un couvent et ne priait pas ? De toute façon cette fille était vraiment compliquée et Mikuo décida donc de parler dans le sens de la jeune Kagamine, remerciant lui aussi pour son hospitalité.
Le vieillard, aussitôt avaient-ils acceptés son offre, était sorti du moulin et s'était dirigé le long d'un grand prés pour rejoindre une petite ferme à peine assez grande pour loger quatre personnes. Un de ces silences que détestait tant Mikuo s'installait, il ne les aimait vraiment pas, lorsque sa sœur était à ses côtés sa voix virevoltait élégamment dans les airs, brisant tout silence par ses intonations célestes. Les silences ne faisaient que lui rappeler sa disparition…
« Vous êtes sûr que nous ne dérangeons pas ? Sans vouloir vous manquer de respect, votre maison n'est pas très grande alors si nous venions à- »
« Ne vous en faites donc pas ! Je vies seul depuis la mort de ma femme, je ne vais pas manquer de place ! » Le coupa rapidement le vieux fermier. Sa voix était légère mais ses propos très lourds, Rin ne compris pas très bien comment il pouvait réagir ainsi, elle savait que sa question n'était pas polie mais si cet homme détenait le secret pour ne pas souffrir d'une perte d'un être chère elle voulait le connaître…
« Vous ne vous sentez pas seul sans elle ? » Son regard d'un joli bleu azur fixa le vieil homme, comme s'il risquait de lui répondre par un signal visuel, Mikuo la regardait d'un air bien plus dur. Sa question était très mal placée, disait-elle cela pour s'abreuver du désespoir de l'homme ? Est-ce que ça l'amusait de se rendre compte de la souffrance des autres ? Il aurait aimé détourner la conversation mais le fermier répondit avant qu'il n'eut le temps d'esquisser une parole.
« Cela fait trois ans dorénavant, vous savez… Je serais bien plus seul si je ne savais pas traverser cette épreuve ! » il tentait de garder une voix enjouée mais sa faiblesse était lisible dans son regard. « De plus je l'ai perdu lors des attaques du Pays Jaune, c'était une période sombre et tout le monde s'attendait à mourir du jour au lendemain, si les feux ne l'avait pas prise, la famine l'aurait fait, je préfère encore ça… » Mikuo fut alors légèrement surpris de découvrir un regard perdu qui prenait place sur le visage de la princesse déchue, ou plutôt que perdu, absent. Mais il n'y fit pas plus attention que cela, il comprenait les sentiments du vieil homme, perdre des êtres chères dans cette guerre égoïste n'était pas facile à oublier. Il ne pouvait que compatir avec lui, silencieusement admiratif de son courage pour vivre malgré la souffrance qu'il devait ressentir.
Après ce qui parut une éternité de silence (aucun des deux déserteurs n'avaient eu le courage de le briser et le plus âgé semblait perdu dans sa nostalgie) ils arrivèrent finalement devant la petite ferme isolée parmi les champs où les plantes s'étaient fait arrachées par le vent et dont le sol était gorgé d'une eau presque solidifiée par la boue. Pourtant le vieil homme a qui devait appartenir ces champs ne réagit pas vraiment, se contentant d'un petit soupire peiné accompagné d'un sourire retrouvé, peut-être à la vue de son chez-lui, il ouvrit la porte de l'entrée qui donnait sur une petite pièce exiguë conduisant à des escaliers et plusieurs portes.
« Je suppose que vous devez être fatigués ! » Dit le vieil homme qui avait retrouvé un semblant de bonne humeur « Allez donc vous reposer, prenez la chambre que vous voudrez à l'étage. »
« Merci encore pour votre hospitalité… » Lui répondit Mikuo qui se rendait déjà à l'étage, suivit de près par la petite princesse à la tête basse. La voix du vieil homme repris alors qu'ils montaient les marches :
« Je sais qu'à votre âge vous devez ne voir que la cruauté de cette princesse, vous n'avez sans doute pas tord, mais je ne peux m'empêcher de me dire qu'une si petite fille ne méritait pas la mort… »
Il n'obtint pas de réponse, bien que Mikuo réfléchissait à ses propos il ne voulait pas étendre le débat, pour lui l'âge n'avait rien à voir avec sa peine de mort, elle avait clairement formulé ses ordres de mort. Vraiment, il ne voyait pas où voulait en venir cet homme… Pourtant ses paroles bien que paressant irraisonnées continuaient de passer dans son esprit inlassablement. La petite princesse rentra dans la première chambre qu'elle trouva, elle n'était munie que d'un lit simple, peut-être ce vieil homme avait-il eu un enfant ?
Elle était un peu gênée de la situation et prit garde à ne pas prendre trop de place sur le matelas, ne gardant de son côté que la couverture nécessaire pour ne pas attraper froid, elle ferma vite les yeux sans un mot mais son esprit ne trouvait pas le calme que montrait son corps inerte. Trop de choses étaient arrivées beaucoup trop vite. Mikuo lui ne chercha pas à se reposer, il se connaissait bien et savait pertinemment que dans un moment pareil il ne trouverait pas le sommeil alors il s'assit près de la fenêtre qui donnait sur les champs et relevait tantôt la tête pour regarder à l'extérieur, tantôt la baissait pour promener son regard dans la chambre. Il remarqua d'ailleurs à ce moment seulement que la robe gris foncé et noire de la jeune fille était raccourcie par rapport à la veille, maintenant qu'il y pensait, la couleur de son bandage correspondait avec l'étoffe…
Ponctuée par des mouvements fatigués de l'occupante du lit et des soupirs du jeune homme aux cheveux turquoise, la nuit passa lentement.
