[Disclaimer : Je prédis...Je prédis que...Ghost Hunt ne sera jamais à moi...Eh, vous allez voir! Cette prédiction va se réaliser!]


Nishimura semblait vraiment heureux.

- Tu acceptes, répéta-t-il ? Vraiment?

- Euh...Oui, répondit Mai, un peu gênée par tant d'enthousiasme.

Avec un large sourire, le jeune homme poursuivit:

- C'est génial. Pour de vrai.

- Oh...Merci. Enfin, j'espère que vous ne serez pas déçu, ajouta-t-elle en riant. Parce, que franchement...Mes capacités sont très limitées.

- Bien moins que tu ne le croies, contredit-il. Mais, je dois t'avouer...Ce revirement est un peu soudain. Je suis étonné. Tu n'as pas envie de finir ce cas avec ton équipe habituelle? Vous m'avez l'air très proche, pourtant, non? Au point que j'ai cru qu'il serait impossible de te convaincre...En particulier avec ce...Ce Narumi, compléta-t-il en fronçant les sourcils.

Mai rougit épouvantablement. Elle avait cru que le vice-président accepterait sa proposition sans se poser de questions. Que nenni! Et, franchement, est-ce que tout le monde avait remarqué comment elle était avec Naru ? Zut...Et puis sa gêne se changea en exaspération. Contre elle-même. Cet imbécile de Naru l'avait virée! Elle n'allait quand même pas s'intéresser à lui! Plus jamais! D'ailleurs, elle se fichait complètement de lui! Franchement, même si elle avait quitté la SPR sur un coup de tête, il n'était pas question qu'elle y remette les pieds, sauf si ce type décidait de la supplier à genoux.

Cependant, il fallait qu'elle invente quelque chose pour couvrir le fait qu'il l'avait renvoyée, puisque Naru n'était pas censé être son patron. Même si elle ne faisait plus partie de l'équipe, elle n'allait pas pour autant déchirer leur couverture. Elle expliqua donc à Nishimura:

- Oui, en fait...J'en ai eu vraiment marre de mon patron, d'un coup. On s'est disputé à ce sujet, avec Narumi, justement. J'ai compris qu'on ne pouvait pas s'entendre. Et...J'ai pris ma décision.

- Oh, ok, répondit Nishimura. Je suis désolé que ça se soit passé comme ça.

- Pas de souci, répondit Mai. Franchement, j'aurais dû le faire avant. Mon patron est tellement prétentieux! Il se prend pour le centre du monde, et il se fiche complètement des autres! Il croit qu'il peut décider à leur place! Il veut toujours tout décider, d'ailleurs, ce control freak! Vu qu'il s'imagine que son point de vue est forcément le meilleur! En fait, il s'aime plus que n'importe qui au monde! C'est juste un espèce de...un sale narcissique!

Elle n'avait pas vraiment besoin de se forcer pour son mensonge. En réalité, c'était exactement le genre de truc qu'elle avait envie de balancer à la figure de Naru, en ce moment. Elle était en colère contre lui. Vraiment très en colère.

- Eh bien, commenta Nishimura, c'est à se demander pourquoi tu es restée aussi longtemps...En tout cas, bienvenue dans l'équipe! Même si elle n'est pas encore tout à fait là pour l'instant...

Ils se trouvaient en effet presque seuls dans la pièce, à part Fujitaka qui n'avait pas réagit à l'arrivée de Mai (en même temps, il était plongé dans une pile de documents et ne pouvait pas l'avoir entendue ) . Ils se trouvaient dans la cuisine, la pièce qu'ils avaient choisi pour stocker leurs propres réserves de nourriture, et aussi pour manger. Nishimura était d'ailleurs en train de le faire tout en lisant des notes d'un air concentré quand elle était arrivée pour lui annoncer qu'elle acceptait son offre, immédiatement. Masako, qui l'avait accompagnée, attendait un peu plus loin, regardant par le rebord d'une fenêtre, pour laisser Mai faire son annonce tranquillement. Même si la médium faisait mine de ne pas écouter, d'ailleurs, la jeune fille était sûre de l'avoir vu tressaillir quand elle avait fait le portrait de Naru.

- Eh, Mai, déclara soudain Nishimura, qu'est ce que c'est que ça?

Il regardait son cou, le visage soudain sérieux.

- C'est...Le poltergeist de cette nuit? Il t'a blessé?

Cette nuit, en effet, tout ce qu'ils avaient bougé dans le château depuis qu'ils y étaient arrivés était revenu à sa place initiale. Ceux qui dormaient avaient eu la surprise de se réveiller sur un lit déjà fait.

- Oh ben, répondit Mai. En fait, je voulais prendre une douche, et...

Elle lui raconta toute l'attaque. Quand elle eût finit, le garçon avait l'air particulièrement soucieux, au point de jurer:

- Merde. La chose qui se trouve ici a dû repérer ton potentiel, Mai. Tu es sa cible.

- Oui, c'est ce que j'ai pensé, admit elle avec réticence.

Est ce que son nouveau patron allait aussi vouloir la virer? Non seulement c'était assez vexant de se faire licencier deux fois dans la même journée, mais en plus, cela la mettait au pied du mur.

- Eh bien, Mai, poursuivit le jeune homme en la regardant pensivement,Je pense...Je voudrais que tu ailles à l'hôpital.

- Je ne veux pas partir! Protesta-t-elle immédiatement, se demandant avec angoisse comment elle allait se sortir de là.

- Je ne te demande pas de nous quitter. De toute évidence, nous allons avoir besoin de toi, et puis...Je pense que même si je t'accompagnais jusqu'à la sortie, tu reviendrais secrètement juste après, et ce serait encore plus dangereux, de toute façon, Dit-il avec un petit sourire.

Soulagée, Mai le lui rendit.

- Ce que je voulais dire, reprit-il, c'est qu'il faut que tu reçoives des soins médicaux. Tu as peut-être des blessures internes...Bref, je te demanderais juste de t'absenter pour quelques heures, d'accord? Je ne pense pas que tu aies besoin d'un long séjour à l'hôpital. Tu pourras revenir tout de suite après. Je ne pense pas que tu manqueras grand chose, de toute façon. Les phénomènes paranormaux sont toujours plus faibles la journée.

Après une légère réflexion, Mai reconnu que c'était la solution la plus raisonnable, et accepta. Et puis, elle n'avait pas vraiment le choix.

- Bien, il faudra quelqu'un pour t'emmener en voiture. J'ai besoin de Fuji, Aoko, et Mariya ici aujourd'hui. Ça te dérangerais de demander à quelqu'un de ton équipe habituelle?

- Pas de problèmes, répondit l'adolescente. J'y vais.

Elle sortit de la pièce, Masako derrière elle. Dès qu'elles se furent éloignées, la jeune fille l'interrogea:

- Tu vas vraiment le faire? Tu quittes la SPR?

- Je ne vois pas pourquoi je resterais, grogna Mai. On m'a virée, tu te rappelles?

La médium ne répondit rien, mais Mai put la voir soupirer.

- En tout cas, j'ai l'impression que tes pouvoirs sont de plus en plus puissants. Finalement, je comprends pourquoi Nishimura voulait tellement t'engager...

Sans relever le "finalement", Mai répondit:

- Qu'est-ce que tu racontes? Ce n'est pas moi qui ait détruit ce...ce truc !

- Peut-être, fit Masako en haussant les épaules. Mais je sais que tu as réussi à appeler à l'aide.

- Quoi?

- Eh bien...

La médium sembla hésiter, puis, finalement, elle lâcha:

- Tu sais, quand Naru a ouvert la porte? En fait, s'il était là, c'est parce qu'il avait eu...un...un pressentiment.

- Hein?

- Quand tu as été attaquée, on ne pouvait rien entendre de l'autre côté de la porte, comme si tout était normal. Je ne me suis aperçue de rien. Et puis...Naru est arrivé d'un coup, et quand je lui ait demandé ce qu'il se passait, il m'a dit qu'il avait sentit que...Que quelqu'un avait besoin d'aide ici...Et voilà.

Mai ne savait pas quoi ajouter. C'était vraiment elle qui avait fait ça? Pourtant, elle n'avait pas l'impression! Enfin, elle avait bien appelé à l'aide, mais...Et puis, pourquoi Naru? Pourquoi pas Masako, ou n'importe qui? En fait, elle savait exactement pourquoi. C'est clair, cet appel vient bien de moi, pensa-t-elle avec horreur. Oh, non, la honte! C'était comme si elle avait poursuivi Naru en l'appelant à l'aide alors que plein d'autres gens se trouvaient autour d'eux! C'est pas vrai! Pourquoi ses propres pouvoirs la trahissaient comme ça?!

- Hé, les filles, ça va?

Ayako sortait de sa chambre. Derrière elle, relié par un morceaux de fil, se trouvait un John à l'air un peu décontenancé, une brosse à dent dans la bouche :

- Ayako, ché pa finit de me brocher les dents.

- Je sais, mais j'ai entendu Mai et Masako discuter et puis, tu veux vraiment rester dans une chambre où tous les objets ont bougés...Mai, oh mon dieu, qu'est ce qu'il t'es arrivé?

Pour la troisième fois de la journée, Mai se retrouva à raconter son aventure. Elle se fit la réflexion qu'elle racontait beaucoup de choses, ces dernières temps. Ses talents de conteuses lui serviraient-ils pour son prochain travail? Effectivement, elle ne pouvait plus compter sur un salaire régulier, en tant que freelance, même si Nishimura l'engageait à l'occasion. Il fallait qu'elle se prépare à la recherche d'emploi, maintenant...Non! Naru allait bien finir par la supplier de revenir travailler pour lui. Ça ne pouvait pas se passer autrement. N'est-ce pas?

- Je t'emmène tout de suite à l'hôpital, décida Ayako quand elle eut finit de tout lui expliquer.

Elle défit le fil qui la reliait à John d'un geste rapide.

- Je pourrais t'examiner, mais je n'ai pas les médicaments qu'il faut, expliqua-t-elle à Mai. Pour l'argent, j'ai assez. Masako et John, vous n'avez qu'à rester ensemble. A moins que vous ne vouliez venir?

- Le vice-président a dit qu'il aurait besoin de monde, répondit Masako. On ferait mieux de rester.

- Désolé que mon exorcisme n'ait pas fonctionné, s'excusa tristement John, qui avait enfin sortit la brosse à dent de sa bouche. A plus tard!

Mai salua le nouveau couple tandis qu'Ayako l'entraînait dehors, où elle rejoignirent l'une des camionnettes (Nishimura avait donné la clé à Mai) . Quelques minutes plus tard, elles étaient en route.

- Ma pauvre Mai, soupira Ayako. Je suis vraiment désolée que tu doives affronter tout ça...Comment tu te sens?

- Je n'ai plus mal, répondit Mai en haussant les épaules. Et...Je m'en remettrais, ne t'inquiètes pas.

Elle profitait du voyage pour regarder la forêt qu'elle avait loupée à l'arrivée. Il n'y avait rien de bien particulier à voir, mais ça restait bizarrement excitant, parce que c'était une forêt française ! Même du vivant de ses parents, Mai n'avait pas eu les moyens de partir à l'étranger, sauf une fois, quand elle était bébé, et bien sûr, elle ne s'en souvenait plus. Finalement, cette virée à l'hôpital ne la dérangeait plus trop. Elle allait pouvoir visiter un peu...Enfin, ce n'était pas vraiment le tourisme de ses rêves, mais quand même.

- Dis moi, Ayako, demanda-t-elle pour changer de sujet, ça se passe comment avec John?

- John? Eh bien...euh...Il ne ronfle pas, répondit Ayako en haussant les épaules, ce qui fit sourire Mai. Et Masako?

- Oh...Elle ne ronfle pas non plus, dit Mai, et elles se mirent à rire tous les deux.

Mais, rapidement, Ayako fronça les sourcils.

- C'est bizarre...

- Quoi?

- Je suis sûre que le chemin était beaucoup plus court la dernière fois. Ce n'est qu'une toute petite forêt...

- Tu t'es peut-être trompée à un virage?

- Impossible, il n'y en a pas. C'est une ligne droite. Bon, je dois juste mal me rappeler.

Cependant, elles ne voyaient toujours pas la route que devait rejoindre le chemin. A présent, l'habitacle était remplit d'un silence concentré, tandis que les deux femmes scrutaient le paysage à la recherche d'un indice, mais il n'y avait rien d'autre que des rangées d'arbres éclairés par la lumière grisâtre d'une matinée nuageuse. Soudain, Ayako s'écria:

- Ah! Là, devant...

Elle n'ajouta rien. Mai tourna vite la tête, et son corps se figea. Devant elle se dressait un bâtiment qu'elle ne connaissait que trop bien. Le château. Face à elles, l'impressionnante construction semblait les narguer. Ayako contemplait le bâtiment, l'air incrédule. Mai sentit un frisson lui parcourir le dos. Elle avait un mauvais pressentiment. Néanmoins, elle demanda:

- Tu...Tu crois que tu as pu te tromper?

- Ce n'est pas possible! Il n'y a qu'un seul chemin et je ne suis pas retournée en arrière...

La camionnette roulait au pas, se rapprochant plus en plus des grilles. Au dernier moment, soudain, les roues du véhicules crissèrent, tandis qu'il faisait brusquement demi-tour.

- J'ai dû faire une erreur! Dit Ayako en secouant la tête d'un air résolu, et elle entama à nouveau le chemin.

Cette fois, elles roulèrent dans un silence tendu, uniquement entrecoupé par les divers bosses qui secouaient régulièrement le véhicule. Mai regardait partout autour d'elle, les yeux inquiets, cherchant le moindre indice d'une intersection qu'elles auraient ratées. Mais les arbres et les buissons bordaient impitoyablement le chemin, empêchant d'imaginer qu'un passage quelconque aurait pu s'y trouver. Au fur et à mesure, Mai sentait son mauvais pressentiment enfler, enfler, jusqu'à ce que sa peur éclate quand Ayako poussa un petit cri. Elle leva immédiatement les yeux, même si elle savait, avant même de bien le voir, de quoi il s'agissait: du château.

- C'est pas vrai...

Ayako coupa brusquement le contact, ouvrit la portière, et sauta du véhicule, comme si elle avait besoin d'être vraiment dehors pour constater l'impossible. Mai la rejoinit, et ce fût elle qui déclara:

- On...On ne peut plus sortir...c'est ça?

La prêtresse la regarda, l'air paniquée. Soudain, son visage se plissa en une expression déterminée:

- Pas question. Monte!

- Mais...Répondit Mai. On a déjà essayé...

- Non, on a pas tout essayé. Tu ne veux pas rester coincée ici, n'est-ce pas? Allez, monte.

Mai hésita, mais, non, elle n'avait pas envie du tout de rester là. Elle se sentait comme un animal en cage. Elle qui hésitait à partir un peu plus tôt n'avait qu'une envie: fuir. Elle monta.

Elle eût à peine le temps d'attacher sa ceinture, et Ayako démarra en trombe. Mai fût poussée dans son siège. Elle mit quelques secondes à se dégager, pour constater qu'elles étaient parties dans la mauvaise direction. Au lieu de retourner vers le chemin, elles fonçaient derrière le château. Vers la forêt.

- Euh...Ayako? Demanda-t-elle, incertaine.

- Je parle rarement de ça, répondit la prêtresse d'une voix calme. Mais s'il y a une chose que j'adore faire ...C'est conduire.

- Euh...Ah bon?

Mai s'accrocha à son siège. Elles s'approchaient des arbres. Beaucoup trop prêt des arbres.

- Oui. Crois le ou non, mais je suis plutôt douée en fait. J'aimais bien faire des courses avec des amis, quand j'étais plus jeune...J'étais particulièrement douée pour éviter les obstacles. Il faut dire que, de là d'où je viens, si tu n'es pas attentif, un cerf risque d'emboutir ton pare-choc...

Elle tourna le volant et Mai sentit son estomac chavirer.

- ... Et bien sûr, il faut aussi savoir rouler dans une forêt!

La camionnette s'engagea à toute allure entre les arbres. Ayako, le visage fermé, observait la "route" avec une concentration que Mai lui avait seulement vu lorsqu'elle faisait un exorcisme. Pour sa part, la jeune fille était tout aussi concentrée sur la route, mais elle aurait mieux fait de ne pas l'être. Tous ces arbres qui surgissaient devant elles, prêt à s'écraser sur le pare-brise la terrifiaient. Ses mains étaient tellement enfoncées dans les bords de son siège que ses ongles allaient forcément laisser une marque. Et elle avait tellement mal au cœur que seul l'image de la tête d'un Naru qui se moquerait éternellement d'elle si ça arrivait pouvait l'empêcher de se mettre à vomir partout.

Finalement, les arbres se raréfièrent, et son rythme cardiaque pu devenir à peu prêt normal. Elles débouchèrent rapidement sur une clairière. Un instant éblouie, Mai plissa les yeux, puis sa vision revint au moment même ou Ayako jura. Le spectacle devant elle la terrifia. C'était encore le château, vu de derrière, comme si elles avaient fait demi-tour pour revenir exactement à l'endroit d'où elles étaient parties. Sauf que ce n'était pas le cas.

La prêtresse gara le véhicule à l'entrée, dans un crissement de peux impressionnant, et sortit de la voiture en claquant la porte.

- Merde, merde, merde!

Elle s'éloigna de la camionnette. Toute son assurance s'était envolée. Elle était paraissait plutôt dévorée d'angoisse. En descendant du véhicule, Mai se fit la réflexion qu'elle ne devait pas aborder un visage très différent. Elle avait vraiment peur. En levant les yeux vers le château, elle ne pu contenir un frémissement de crainte. Le bâtiment se dressait sous le ciel grisâtre, l'air plus menaçant que jamais, ses fenêtres sombres comme des dizaines d'yeux qui la fixaient. Elle détourna le regard, oppressée. Elle n'avait qu'une envie, à présent: partir d'ici. Mais c'était impossible.

- Qu'est ce que vous faites là?

C'était Nishimura, accompagné de tous les autres. Chaque paire tenait une carte du terrain, et ils étaient visiblement prêts à entamer les recherches qu'ils avaient prévu la veille. Cependant, leur arrivée avait interrompu leur discussion. Mai évita de regarder dans la direction de Naru, mais, comme Ayako ne répondait rien, visiblement bouleversée, elle expliqua:

- On ne peut pas sortir.

Le jeune homme la regarda, perdu.

- Quoi?

- On ne peut pas sortir d'ici. On est parties avec la camionnette, on est allées tout droit sur le chemin, on a même essayé dans l'autre sens, mais à chaque fois, même si on ne fait pas demi-tour, on revient vers le château. On est coincés.

Silence. Tout le monde se regarda.

- Tu es sûre que vous ne vous êtes pas trompées? Intervint Mariya, l'air peu convaincue par ses propos.

- On ne pouvait pas se tromper. On est allées tout droit. Et...A chaque fois...On s'est retrouvées là. On ne peut pas sortir.

Nouveau silence. Finalement, Nishimura déclara, d'un ton rassurant visiblement destiné à calmer tout le monde:

- Si ça se trouve, ça le fait juste pour toi, Mai. Parce que c'est toi qui est visée. On va essayer avec quelqu'un d'autre, d'accord?

Il toucha l'épaule de Fujitaka, lui montra la camionnette avec quelques gestes, et finalement, les deux hommes grimpèrent dans le véhicule qui ne mit pas longtemps à s'éloigner vers le chemin. Mai le fixa jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement de sa vision. Pendant un moment, il ne se passa rien. Tout le monde regardait l'allée, sans parler, dans une ambiance tendue. Finalement, un ronronnement résonna au loin, et la camionnette reparu devant eux, comme si elle était revenue en arrière. Mais, quand elle distingua les visages de Nishimura et Fujitaka derrière le pare-brise, Mai comprit qu'il n'en était rien. Malgré son flegme habituel, le vice-président avait tout l'air secoué. Et Fujitaka, le visage d'une pâleur anormale et les yeux écarquillés de surprise, avait l'air effrayé.

- Ça ne fonctionne pas, déclara Nishimura en descendant de la camionnette. On ne peut pas sortir non plus. On est effectivement coincés ici.

Il paru se ressaisir, et annonça d'un ton plus calme:

- Bien. Aoko, tu pense pouvoir t'occuper de ça?

- Je vais essayer, répondit la jeune femme en croisant les bras. Tu vas venir avec moi. Avec toi, ça pourrait marcher.

- Comment on va sortir d'ici? Intervint Bou-san, l'air inquiet.

- Je vais essayer de briser la barrière avec Takeshi, expliqua Aoko. Mais elle a l'air très puissante.

- Et sinon? Demanda Ayako.

- Et sinon, et bien...La seule chose à faire, c'est de détruire la chose qui se trouve ici.

Il passa la main dans ses cheveux, l'air préoccupé.

- Bon, on a à peu prêt une semaine de nourriture et d'eau, deux si on se rationne, et on ferait mieux de commencer tout de suite avant qu'il ne soit trop tard. Et une semaine d'essence pour l'électricité, peut-être plus si on laisse juste les moniteurs allumés. Bref, on peut tenir un peu de temps. Et puis...J'ai prévenu des gens que j'allais ici. Si je ne suis pas là 24 heures après l'heure de retour prévue, ils viendront nous cherchez. Ne vous inquiétez pas.

Et si ils nous oublient parce qu'on a tous disparu? ne demanda personne. De toute façon, s'ils disparaissaient, Mai était sûre que ce serait trop tard pour que qui que ce soit puisse faire quelque chose.

- On ferait mieux de s'y mettre tout de suite. Yasuhara, tu vas travailler avec Fujitaka sur ses documents. Je veux que vous étudiez les informations que Mai nous a donné sur les manifestations paranormales qu'elle a vécu, et que vous recoupiez ça avec tout ce qu'on a déjà sur cet endroit. Les autres, on poursuit les recherches de terrain. Et...Mai?

- Oui? Dit l'intéressée.

- Toi et Ayako, vous rejoignez une équipe qui s'occupe de la forêt. Je ne préfère pas que tu sois dans le château pour l'instant...Ni que tu sois trop seule. C'est tout, cria-t-il à l'intention d'eux tous. On y va!

Tout le monde se mit rapidement au travail. Il fallut recomposer les groupes, modifiés par les ordres de Nishimura. Comme John avait décidé de s'occuper, pour des raisons évidentes, de l'église, c'est là que Masako et lui partirent, avec la responsabilité du reste du château. Comme Nishimura et Tomaru étaient partis ensemble pour essayer de briser la barrière, Ayako et Mai devaient choisir entre la nouvelle paire formée par Mariya et Bou-san...Et celle formée par Naru et Lin.

- On va avec Naru, j'imagine? Soupira Ayako. On leur demande avant qu'ils ne partent?

- Pourquoi je voudrais aller avec ce type, rétorqua Mai, et elle se dirigea à grand pas vers Bou-san, ignorant complètement son ex-patron quand elle lui passa à côté.

Le moine la regarda, surpris.

- Euh...Tu ne voulais pas aller...

Mai poussa un soupir énervé. Elle en avait marre qu'on pense qu'elle veuille être avec Naru, alors qu'elle en avait marre de Naru! Qu'elle détestait Naru!

- Quoi, toi aussi tu veux que je parte? Demanda-t-elle très fort au moine, histoire que l'objet de sa haine l'entende bien.

- Ben, euh, répondit le pauvre moine, complètement perdu.

- Non, bien sûr que non, tu ne veux pas! Répondit la jeune fille toujours aussi fort. Parce que, toi, tu n'es pas un espèce de sale égoïste dépourvu de la moindre humanité! Hein?

Derrière elle, elle entendit des bruits de pas signalant le départ de Naru, mais elle s'en fichait complètement. Complètement!

- Mai, qu'est-ce qui t'arrive? Demanda Ayako, étonnée.

- Oh, vous vous êtes disputés, c'est ça? Avec Narumi? Demanda Mariya. Nishimura m'a raconté, au fait! Bienvenue!

- Bienvenue...? Demanda Bou-san d'une voix incertaine.

- Dans la S.H.A ! Elle ne vous a pas dit? Elle a quitté son agence pour la notre! Répondit la jeune femme en souriant. Ah, Mai! Je suis vraiment contente que tu nous rejoigne! J'espère que notre vice-président te conviendra mieux que ton abominable patron! ajouta-t-elle en riant.

- Euh...ça n'est pas difficile, répondit Mai en évitant de regarder les deux autres.

- Bon! En tout cas, on ferait mieux de commencer les recherches au plus vite. On s'occupe du périmètre avant...

Tout le monde s'engagea vers la forêt. Mariya expliquait la façon dont ils allaient rechercher, et pendant combien de temps, etc. Ayako et Bou-san, silencieux, écoutaient, mais Mai sentait leurs regards étonnés fixés sur elle. Pour sa part, la jeune fille regardait le sol avec résolution, toujours aussi énervée, pas encore frappée par le regret, pensant à quel point Naru l'énervait, elle ne supportait plus Naru, Naru...

- Mai? Mai?

C'était Ayako. La jeune fille releva la tête, surprise, pour constater qu'elles se trouvaient un peu éloignés de Mariya et Bou-san qui fouillaient dans les buissons.

- Euh, oui?

Ayako lui fit signe de baisser la voix.

- Elle (elle montra Mariya d'un geste vague) est loin maintenant. Alors tu peux me dire ce que c'est que cette histoire? Ca fait partie du plan de Naru?

- Non, répondit Mai sur le même ton. Non, il m'a vraiment virée. Et j'ai rejoint leur organisation.

- Quoi? S'exclama Ayako, en la regardant comme si elle avait perdu la tête - ce qui aurait bien pu lui arriver, effectivement, si la prêtresse s'était un peu trop approchée d'un arbre.

- Ben, il m'a virée, j'allais pas le supplier, non plus, rétorqua Mai, irritée.

- Mais...

- Dites, les filles! S'exclama Mariya. De quoi vous parlez? Vous avez trouvé quelque chose?

- Oh, non, on s'organisait juste! Répondit Ayako, ne quittant pas Mai des yeux.

Et elles durent se mettre au travail sans discuter plus avant du sujet. Elles cherchèrent pendant de longues minutes, puis des heures, passant en revue le sol et les arbres à la recherche d'un quelconque passage, ou bien d'un indice quelconque de la présence de cadavres.

- C'est bizarre, déclara Ayako au bout d'un moment.

Mai, qui était en train de plonger les mains dans un buisson de ronces un peu plus loin (elles ne s'étaient pas liées de nouveau, pour faciliter les recherches) , se tourna vers elle avec un "Aïe" retentissant.

- Qu'est-ce qui est bizarre, Ayako ? Demanda-t-elle en observant son bras, non seulement couvert de bleus, mais aussi d'égratignures. Pff!

- Vous n'avez pas l'impression que c'est calme?

Mai baissa les yeux vers son buisson, découragée. Elle avait cru qu'Ayako avait enfin trouvé quelque chose. Au point où elle en était, elle préférait de loin tomber sur un caveau géant que replonger encore une quelconque partie de son corps dans un de ces fichus buisson.

- Ben, personne ne vient ici, non? Répondit Bou-san, la voix pareillement lasse. C'est normal.

- Ce n'est pas ce que je veux dire, répliqua Ayako. C'est...Silencieux. Vous avez entendu un seul oiseau, depuis qu'on est arrivé ici? Un seul insecte? Et même...Vous en avez vu?

Mai haussa les épaules. Ça ne la dérangeait pas vraiment. Franchement, si elle avait dû plonger en plus ses mains dans des vers de terre ou des araignées, elle...elle ne l'aurait pas fait.

- Attends, c'est vrai ça, répondit Mariya, quittant l'arbre qu'elle auscultait, les sourcils froncés. C'est possible?

- Rien n'est impossible, non? Répondit Ayako, en soupirant. Et...Je n'ai pas vu un seul un arbre vraiment vivant, non plus...En pleine forêt...Ça ne m'est jamais arrivé avant. On dirait qu'il n'y a rien de vivant, ici. C'est comme si...tout était mort.

- Tu viens de répéter deux fois la même chose, là, se moqua Bou-san.

- Non, mais, tu crois que c'est le moment de relever ça, moine idiot? Répondit la prêtresse, furieuse.

- Eh, dans mon rêve, dit Mai pour détourner leur attention, il y avait aussi des cadavres d'animaux. C'est sans doute eux, non?

Malheureusement, ce fût inefficace.

- C'est pas ma faute si tu fais des bêtises que je dois relever!

- Comme si moi je faisais des bêtises que toi tu devais relever! Là, c'est même pas l'hôpital, c'est la morgue qui se fout de la charité!

- Donc, ils n'ont pas fuit, conclut Mariya, ignorant complètement les vociférations des deux adultes. Ce qui se cache ici...Tue donc tout ce qui s'approche. Non?

- Pas exactement, corrigea Mai, malgré les hurlements qui résonnaient en arrière plan. Il y avait...- elle frissonna de dégoût- des insectes vivants, là bas. Ils ont dû réussir à survivre, même s'ils ont été emmenés dans cet endroit...

- Donc, si on voit un insecte, on est sur la bonne voie ! Conclut Mariya après un instant de réflexion. On va essayer de chercher...Eh...Vous autres?

- Si j'avais une telle coupe de cheveux, j'arrêterais un peu de la ramener! A ton âge, c'est ridicule!

- La plus vieille miko du monde me parle d'âge? Tu rigoles!

Mariya inspira profondément, et soudain, Mai entendit une vibration résonner dans sa tête. Elle grimaça. Ayako et Bou-san arrêtèrent net leur dispute, la bouche ouverte.

- Désolée, dit Mariya avec un petit sourire, mais je devais faire quelque chose.

Mai lui jeta un regard impressionnée. Ouaouh! Ça, c'était des pouvoirs psychiques! Pas comme Naru et son Qigong qui le vidait en deux minutes...Mais pourquoi elle pensait à Naru? Oublie le Mai! se dit-elle avec résolution. Tu te fiches de ce type.

C'est alors qu'elle entendit le bourdonnement. Son cœur fit un bon.

- Eh! Chuchota-t-elle. J'en ai trouvé un !

- Quoi? Demanda Mariya, qui se trouvait à côté d'elle.

- Un insecte! Je l'entends, par là-bas.

- Tu es sûre? Je n'entend rien...

- Oui, oui, et on doit le suivre, je ne veux pas le perdre, répondit Mai.

Elle se voyait déjà découvrant la fosse pleine de cadavres et...Ok, découvrir une fosse de cadavre n'aurait certainement pas été tout en haut de sa liste de priorités habituelles, mais là, il s'agissait de résoudre l'affaire. Elle ne pouvait pas laisser passer ça.

- Bon, si tu veux, répondit Mariya, l'air hésitante, mais Mai ne l'écoutait déjà plus.

Elle se concentrait sur le son. Elle se demanda comment Mariya pouvait ne pas l'entendre. C'était un bourdonnement puissant. Il était étrangement statique, même si elle avait l'impression qu'il augmentait, et pas seulement parce qu'elle s'en rapprochait. Ignorant les bruits parasites, elle poursuivit sa route, lentement.

Peu à peu, tandis que le bruit résonnait de plus en plus fort dans ses oreilles, elle commença à ressentir une vague sensation de malaise. Quelque chose dans son estomac, comme un début de panique. Elle secoua la tête pour refréner l'angoisse. Peut-être était-ce à cause de son rêve. Peut-être parce qu'elle approchait du but. Dans son dos, elle entendait les murmures des autres et leur pas, et cela lui donna le courage de continuer. Au moins, elle ne serait pas toute seule cette fois.

Mais plus elle s'approchait, plus elle trouvait le bruit vraiment étrange. On n'aurait pas dit un insecte, ni même des insectes. On aurait plutôt dit une vibration. Une vibration qui lui faisait vraiment, vraiment peur. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais c'était un de ses sons instinctivement douloureux, comme le crissement d'une lame qu'on aiguise, ou un hurlement de terreur. Mais elle n'arrêta pas de marcher. Elle devait voir d'où ça venait. Cela avait forcément à voir avec ce qui les emprisonnait ici.

Alors qu'elle arrivait vers le chemin, elle aperçu enfin la source du bruit. Mais ça n'avait rien d'insectes, ni même d'un esprit, c'était...

- Nishimura?

Le jeune homme n'entendit pas son exclamation étouffée. Agenouillé sur le sol, dos à elle, les yeux fermés, il avait la main tendue devant lui comme en un salut silencieux. Cependant, en regardant mieux, on aurait dit que sa main était posée contre quelque chose. Même si il n'y avait que de l'air devant lui, elle avait l'air écrasée contre une paroi invisible. Des gouttes de sang dégoulinèrent alors de la paume. Mais, au lieu de tomber sur le sol, elles coulèrent, comme le long d'un mur, laissant des traces rouges en suspension dans l'air. Bien qu'il soit de dos, Mai pu voir Nishimura se contracter.

Soudain, le bourdonnement s'amplifia. Mai sentit des larmes couler sur ses joues, et un sentiment d'horreur déferler, comme si elle assistait à un spectacle atroce. Son instinct lui cria de fuir, comme si une chose affreuse était sur le point de lui arriver. Et d'ailleurs, elle sentait, physiquement, que quelque chose de douloureux était effectivement en train de lui arriver. Elle avait l'impression d'être brûlée, même si elle ne sentait pas exactement à quelle partie de son corps cela arrivait. Et elle ne pouvait pas bouger, parce que quelque chose l'appelait, l'attirait - comme un bourreau qui la pousserait sur l'échafaud...

- Mais c'est...Nishimura? Non, Mai! Recule!

C'était Mariya, dans son dos. La jeune femme lui attrapa fermement le bras, et l'entraîna en arrière.

- Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda Bou-san.

- Non! Non, n'approchez pas! C'est très dangereux! Reculez! Suivez moi!

Mariya, continua de traîner Mai jusqu'à ce que celle-ci sente la terrible attraction refluer, puis disparaître. Son corps se détendit, et Mariya s'arrêta.

- On est assez loin, hein? Bon sang...C'est pas de chance.

- Eh...C'était quoi...ça? Demanda Mai, encore sous le choc.

Elle se demanda s'ils ne devaient pas retourner aider Nishimura. Après tout, ce qu'il s'était passé était tellement...Elle ne comprenait pas exactement pourquoi, mais ça avait été horrible.

- Qu'est-ce que vous faites là? Vous êtes hors de votre périmètre!

Aoko se précipitait vers eux, l'air inquiet.

- Takeshi est...

- Je sais, je sais, répondit Mariya. On s'est laissé entraîné, on pensait avoir découvert quelque chose...Taniyama a été touchée.

- Évidemment, qu'elle a été touchée, soupira Aoko. Elle s'est approchée de lui?

- Non, elle était à neuf mètres...Ou dix.

- Quoi?!

Aoko avait l'air impressionnée.

- Incroyable...

Mai suivait silencieusement l'échange, la bouche ouverte. Elle ne comprenait rien.

- Dites, quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il se passe? Intervint Bou-san, qui en avait visiblement marre d'être laissé de côté.

- Je suis d'accord avec lui. Vous savez ce que c'était? Poursuivit Ayako, avec mauvaise humeur.

- C'est...commença Aoko, avant de se tourner d'un coup. Eh, Takeshi !

Mai se tourna, pour voir Nishimura s'avancer vers eux depuis les arbres. Pendant un instant, quand elle le reconnu, elle ressentit l'envie instinctive de fuir. Puis cette sensation disparu aussi vite qu'elle était venue.

- Eh, qu'est-ce que vous faites tous là? Personne ne devait s'approcher...

L'adolescente se rendit compte qu'il avait l'air en piteux état. Il avançait avec difficulté, l'air épuisé, le teint pâle, et du sang avait coulé sur son avant-bras, et gouttait régulièrement de sa main droite.

- Désolée, c'est ma faute, soupira Mariya. J'avais complètement oublié...

- Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? Demanda Ayako, radoucie. Ce qui nous retient ici, ça t'a...Attaqué?

- En quelque sorte, répondit le vice-président en passant une main fatiguée devant ses yeux.

- C'est à dire? Insista Mai.

Elle ne parvenait pas à se défaire de cette impression que quelque chose d'horrible s'était produit, même si, avec du recul, elle ne comprenait pas pourquoi. Et elle avait envie de comprendre, justement.

- Eh bien, fit le jeune homme en sortant de sa poche un mouchoir, qu'il enroula autour de sa main blessée avec précaution, ce n'est pas vraiment que cette chose m'a attaqué...C'est le contraire. C'est moi qui l'ait attaqué. J'essayais de détruire la barrière. Et comme je ne contrôle pas vraiment les limites de mes capacités...Personne ne devait se trouver ici. Désolé.

Mai le regarda, anxieuse. Ainsi, c'était de lui que venait cette sensation? Mais pourquoi ça lui avait paru aussi...Abominable? Il avait cherché à détruire la barrière qui les retenait prisonniers, mais elle...Elle avait eu la sensation...La sensation d'assister à une mise à mort.

- Et alors, Takeshi? Demanda Mariya. Ça a...Marché?

- Non...Je n'ai pas réussi. J'ai pu sentir la barrière, j'ai pu la toucher...Je l'ai abîmée, je crois. Mais plus je me battais...Plus ça m'attaquait. Et puis...J'ai arrêté. J'ai sentit que ça ne suffirait pas, et que j'aurais besoin de mes forces pour la suite.

Mariya soupira, l'air angoissée.

- Écoutez, poursuivi le vice-président, je vais rentrer avec Aoko, le temps de soigner ça, et...Et pendant ce temps là, continuez juste à chercher , d'accord?

Il fit une pause, puis, l'air sombre, il ajouta:

- Maintenant, c'est notre seule chance de nous en sortir.


Je poste un peu tard aujourd'hui. Excusez moi, mais j'ai eu du mal avec ce chapitre, je l'ai relu beaucoup trop de fois xD. Le prochain update sera plus tôt! (enfin...J'essaierai...;_;)

Réponses:

caro75480, merci pour le follow!

FrenchCirce : Effectivement, il y avait du Hitchcock là-dessous! Même si je dois avouer que celui qui m'a fait le plus peur de la salle de bain, c'est Stephen King ^^
Je suis d'accord avec toi...En fait, tels que je les vois, je prévois leur premier rendez-vous...A 80 ans xD
Merci! J'adore mettre ce genre de détail, les personnages secondaires sont tous intéressants de ce côté là je trouve : D
Du coup, je n'ai pas beaucoup montré Naru réagir...Parce qu'il a beau être buté, je pense qu'il a du se faire à la dure réalité: à ce jeu-là, Mai peut être aussi bonne que lui! ^^

Pompon : Awwww! Merci à toi pour ton commentaire! ^^

A lundi ~