7. Les Trois Sorciers
La statue obstruant l'entrée du bureau directorial pivota et le Chevalier de Poudlard sortit dans un claquement de cape, marchant d'un pas vif et décidé. Arrivé au bout du couloir, il tourna à droite dans un couloir occupé par une dizaine d'armures. Puis il descendit l'escalier situé au bout du couloir et se retrouva devant la peinture d'une coupe de fruit. Après avoir chatouillé la poire de la peinture, Rose entra dans la cuisine, vêtue de son uniforme noire et fut accueillie comme une reine par les elfes qui étaient en train de nettoyer et de ranger magiquement la vaisselle du repas qui venait de se terminer. Un elfe dont le regard ne fuyait pas celui des sorciers s'approcha avec hâte de la jeune femme.
-Rose ! Je suis heureuse de te voir ! dit l'elfe.
N'importe quel sorcier aurait regardé avec effarement cet elfe qui venait de saluer un sorcier sans aucune marque de respect. Pas de « mademoiselle », de « madame » ou de « maîtresse ». Cependant, cela n'aurait été rien à côté de la tête qu'aurait fait ce même sorcier lorsque la jeune femme si cavalièrement reçue s'agenouilla devant le petit être et le pris dans ses bras.
-Bonsoir Karl. Moi aussi je suis très heureuse de te voir. Comment vas-tu ?
Après quelques minutes de conversation privée avec Karl, le seul elfe ayant survécu au massacre de la famille Potter, Rose quitta la cuisine avec un sandwich jambon fromage bien fourni et descendit les escaliers menant aux donjons elle se sentait un petit peu plus calme qu'avant de parler à Karl. Greenspich avait rejeté avec véhémence la simple idée d'annuler ou de reporter le Tournoi des Trois Sorciers. Certes, les professeurs des quatre maisons n'avaient rien dit – pas crainte de froisser leur supérieur ou par indécision, Rose n'était pas sûre – mais il n'en demeurait pas moins que ce foutu tournoi aurait lieu, mettant délibérément en danger plus de six cents élèves si on comptait ceux de Beauxbâton et Durmstrang. Et Rose se retrouvait responsable de leur sureté. Il ne lui avait manqué que cela. Elle en venait presque à regretter sa promesse faite au dragon de Poudlard.
Les couloirs que Rose empruntait étaient déserts. Ils avaient en effet mauvaise réputation. Cela ne l'empêchait pas de les parcourir régulièrement. Les couloirs sombres perdent un petit peu de leur caractère effrayant lorsqu'on est capable de tuer un vampire.
Eloignés de toute pièce régulièrement utilisée et au voisinage de la salle commune des Serpentard, ces couloirs permettaient cependant de couper à travers le château pour se rendre à l'autre bout de l'école où Rose souhaitait aller se reposer, dans lieu où personne ne viendrait la déranger. Elle devait réfléchir à la lettre qu'elle souhaitait envoyer au Capitaine Squarish. Elle devait le voir rapidement.
Alors qu'elle passait un coin et qu'elle s'engageait à gauche dans un couloir particulièrement sombre, Rose entendit le frôlement d'une robe contre la pierre. Sans changer aucunement son allure, Rose passa devant l'endroit d'où venait le bruit et continua sa marche comme si de rien n'était. Mais arrivé au milieu du couloir, elle entendit un chuchotement distinct.
Enfin, arrivée au trois quart du couloir, deux élèves verts et argent surgirent à deux mètres devant elle, lui bloquant le passage. Le bruit de pas à l'autre bout du couloir lui appris qu'elle était à présent piégée entre quatre élèves dans le couloir.
-Eh bien ma petite Rose, on se balade toute seule ?
-Je ne pense pas t'avoir permis de me tutoyer, Strand.
L'élève qui avait crié dans toute la Grande Salle qu'elle n'avait aucune qualité requise pour intégrer une des maisons de Poudlard lors de sa répartition la dévisagea. Marcus Strand n'avait plus l'habitude qu'on lui parle ainsi.
-Pour qui tu te prends ? Tu ne sais pas qui nous sommes ? demanda un autre élève derrière elle. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, tu es seule et nous sommes quatre dans les donjons du château.
Les deux autres compères restés silencieux jusqu'à présent se mirent à rire bêtement.
Le visage de Rose se métamorphosa soudainement, son air assuré et fier faisant soudainement place à un air de peur et de soumission.
-E-écoute Marcus. Je … je ne veux pas de problèmes.
-Mais peut-être que moi j'en veux ma petite Rose ! Le jeune homme avait désormais le sourire d'un prédateur qui a trouvé une bonne proie sur le visage. Il aimait qu'on le supplie.
-Je ferais ce que tu veux, mais s'il te plaît, ne me force pas ! un trémolo dans la voix, la jeune femme recula d'un pas, le visage criant sa peur.
-Si tu es une bonne fille, je te promets qu'il ne t'arrivera rien.
Devant le silence de la Poufsouffle qu'il prit pour un consentement, Marcus s'avança avec ses camarades vers Rose et reprit :
-Bien. Que dirais-tu de commencer par remonter un petit peu ta robe hideuse qui cache de si jolies jambes ?
Les yeux de la jeune femme s'ouvrirent démesurément, mais après quelques secondes d'hésitation, elle se baissa doucement et saisit le bas de sa robe. Les quatre serpentard, avide d'en voir le plus possible, s'approchèrent encore plus près de Rose.
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Se dirigeant rapidement vers le deuxième étage, Rose arriva au bout du couloir et tourna à droite dans les toilettes pour filles. Une fois devant le lavabo, elle se retourna pour placer un sortilège qui repousserait quiconque voudrait entrer dans la salle d'eau. Puis, se tournant face aux lavabos, elle siffla dans une langue crainte une commande.
-Ouvre-toi !
Les lavabos se désolidarisèrent pour faire place à un trou assez large et où l'on pouvait descendre grâce aux escaliers qui apparurent sur un mouvement de poignet de la jeune femme. Elle avança et se mit à descendre les 1267 marches qui formaient l'escalier en vis sans se retourner lorsque l'entrée de la Chambre des Secrets s'obstrua.
Une fois en bas de l'escalier, elle se retrouva dans une pièce faisant office d'antichambre qui était richement décorée aux couleurs de Poudlard. Des tapisseries représentant les aventures et les exploits des quatre fondateurs recouvraient les murs et leurs donnaient une âme et une chaleur. Rose longea les couloirs qui étaient artistiquement décorés de peintures racontant la création de l'école et les siècles qu'elle connu.
Enfin, l'Elémentaire se trouva devant l'entrée de la Chambre elle-même. Rose répéta le sifflement qui lui avait permis de découvrir les escaliers et entra dans la cathédrale de pierre.
La vision qui s'offrait à ses yeux était à couper le souffle. La pièce était immense et lumineuse grâce aux murs de pierre blanche et aux lumières qui provenaient d'un élégant canal qui serpentait dans toute la crypte et qui semblait rayonner de lumière. Des petits ponts en bois ou en pierre permettaient de traverser ces bras d'eau. Le sol était un carrelage de grès rouge taché de tâches noires, brunes et azurés. Sur l'aile gauche, une véritable bibliothèque dont les étagères étaient faites en pierres finement ciselées attiraient l'œil. A droite, des cloisons légères mais solides étaient érigées pour isoler un véritable laboratoire débordant d'ingrédients rares et couteux afin d'éviter qu'en cas d'accident, les substances manipulées n'abîment le reste de la Chambre. Au centre, les piliers autour desquels s'enroulaient des serpents soutenaient la voûte de pierre recouverte de peintures baroques qui représentaient les différentes aventures de ses ancêtres, de sa famille et les histoires des familles de ses amis. Entre les piliers se trouvaient plusieurs bureaux et une immense de scène de combat délimitée par des runes qui protégeaient le reste de la Chambre de tout dommage.
Rose ressentait toujours la même fierté et le même pincement au cœur à chaque fois qu'elle pénétrait l'immense pièce. Harry Potter avait fait des travaux titanesques avec l'aide de ses amis dans ce qui avait autrefois été la Chambre des Secrets. Ils en avaient fait un lieu propice à l'étude et au ressourcement. Le calme n'était animé que par le son de l'eau qui coule dans les canaux de pierre. L'œil venait caresser les peintures et les runes qui racontaient milles et une histoires sans jamais se lasser.
La jeune femme s'avança et s'assit en affichant un visage détendu au bureau qu'avait occupé le dernier des Elémentaires Air.
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Vendredi matin, l'auror Squarish se rendit à son bureau la tête remplie de pensée qui le tourmentaient. Il traversa le hall sans faire attention aux sculpteurs qui remplaçaient la statue détruite le samedi précédent.
Le samedi précédent.
Au delà du premier choc, l'apparition et la confrontation dudit spectre avec Strior avait profondément ébranlé le Ministère. Assister à l'accusation du Capitaine des Aurors était une chose. Le voir utiliser de la magie noire en plein Ministère en était une autre. Enfin, assister à un combat aussi extraordinaire que celui qui avait suivi où l'homme qui est responsable des services de sécurité se fait étaler magistralement avant d'utiliser un impardonnable et de se faire tuer a de quoi vous amener à réfléchir. C'était l'emblème même de l'exécutif qui avait été mis à mal.
Et comme si cela ne suffisait pas, ledit spectre semblait ressusciter en direct et donnait à la conscience et à l'égo des sorciers de Grande-Bretagne une claque magistrale, leur rappelant les erreurs et les défauts flagrants de leur communauté. Sans compter le pronostic alarmiste qu'il avait donné sur la situation avec les Gobelins. Et celui-ci était des plus pertinents.
Qui était donc cet homme ? Voilà la question qui hantait Steven Squarish depuis six jours. Car pour lui, l'histoire de spectre ne tenait pas debout.
Ce que le « spectre » avait raconté sur les Elémentaires étaient également des plus troublant. Son peuple et ses pères s'étaient rendus responsable d'un véritable génocide. Et que dire de la manière dont sa société traitait les autres peuples magiques. Les siens ne faisait-il donc rien d'autre que d'enchaîner les autres êtres magiques aux liens incassables de la servitude ?
Bien entendu, Steven Squarish avait cherché à savoir si le mythe des Elémentaires existait vraiment et si oui, comment cela était décrit. Il n'avait cependant rien pu trouver dans les bibliothèques ouvertes au grand public. Mais dans les réserves de son bureau et grâce à son statut de Capitaine intermédiaire des Aurors, il avait pu trouver la confirmation de tout ce que le spectre avait révélé. La Gazette du Sorcier, via d'autres sources qu'il ignorait, avait également pu confirmer toute l'histoire et avait sortie une édition spéciale sur les événements du samedi passé. Avec autant de témoins, le Ministère de la Magie avait été incapable d'étouffer l'affaire. Cette édition spéciale avait eu des répercussions très vives parmi les sorciers et les sorcières de Grande-Bretagne, compromettant sérieusement les futures élections et de nombreuses figures politiques.
Son statut justement. Contrairement à la prévision de l'homme-spectre, il n'avait pas obtenu le poste de Capitaine. Pour une raison qui lui échappait, sa promotion semblait ne pas être aussi automatique que ce qu'elle aurait due. Le nom du nouveau Capitaine devait être annoncé le lundi suivant, dans trois jours.
Stevens avait pris sans s'en rendre compte l'ascenseur, arpenté différents couloirs, répondu aux bonjours de ses collègues et venait d'arriver à la porte de son bureau. Il l'ouvrit, entra, ferma la porte et accrocha sa cape au porte manteau. S'asseyant à son bureau, Stevens feuilleta rapidement son courrier. Son attention fut attirée par l'avant dernière lettre composée d'un fin rouleau de vélin et aux armoiries d'une famille qui avait disparue il y a six ans : les armoiries des Potter.
Se saisissant de sa baguette en bois de noyer, l'auror essaya tous les sortilèges de détection qu'il connaissait, mais tous se révélèrent négatifs. Cette lettre était tout simplement…sans danger. Physiquement du moins.
Après l'avoir retourné trois fois entre ses mains, l'homme défit le scellé et lu le court texte :
Monsieur Squarish,
Il a été porté à mon attention que vous n'avez pas obtenu la promotion que je pensais devoir vous revenir. Je vous prie de m'excuser de la déception dont vous avez peut-être été le sujet après mes dires.
Dans l'optique de me faire pardonner de cette erreur d'appréciation, je vous donne rendez-vous samedi soir à 18h30 à l'endroit que vous choisirez. Il va cependant sans dire que vous devrez être seul et que l'endroit devra être isolé. Pour me faire savoir quel sera l'endroit de votre choix, vous n'avez qu'à l'écrire à l'encre ordinaire en bas de ce courrier. Je compte sur votre réponse avant ce soir.
En espérant vous voir très prochainement,
Harry Potter
P.S. : saviez-vous qu'il existe des peintures qui servent de caméra ?
Stevens du relire la missive plusieurs fois. Il n'en croyait pas ses yeux. Ceux-ci firent toutefois rapidement le tour de la pièce et s'arrêtèrent sur l'unique peinture de la pièce : celle de sorciers affrontant des hommes vêtus de capes noires. Il relu la dernière phrase de la lettre et regarda de nouveau la peinture. Il y avait un moyen très simple de savoir si cette information était sensée – ou non. Stevens se leva, s'approcha de la peinture et d'un sort la décolla du mur. Il savait très bien ce qu'était une caméra. Si quelqu'un le surveillait, il le saurait rapidement.
L'auror éteignit toute source de lumière dans le bureau avant de s'avancer vers la toile et de la recouvrir d'un voile noire. Il l'enferma dans un de ses tiroirs et ralluma les lumières.
L'attente commença.
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Ecouter/voir .com/watch?v=N1j9AdBRHM4&feature=related avec une Rose aux cheveux noirs, yeux et robe verts profonds.
Rose participait à la chorale qui souhaitait la bienvenue aux délégations de Beauxbâton et Durmstrang qui venait d'arriver en cette fin de vendredi de novembre. Pour elle, chanter était autant un moyen de s'intégrer dans son école et de conforter son image de gentille poufsouffle inoffensive que de se faire plaisir. Morgane lui avait enseigné l'art délicat du chant et nombreux étaient les branches de la Magie qu'elle avait apprises par des chansons, la culture gaélique était orale et non écrite. Sa voix et sa technique faisaient d'elle une excellente soliste. Aussi se retrouva-elle devant toute l'école et les quelques soixante invités à interpréter et danser Adiemus sur la petite scène aménagée pour l'événement.
Tous la regardaient avec émerveillement. Chez certains, cela le disputait à l'envie ou à la jalousie. Chez d'autres, seul le plaisir se lisait sur le visage.
Lorsqu'elle eut fini, Rose quitta la scène sous les applaudissements et disparut par la porte du fond. Après s'être changée et prit une bonne douche, elle se rendit au repas.
Devant la table des professeurs se trouvait une caisse de bois finement décoré de gravures dorées.
Plusieurs élèves la suivirent du regard jusqu'à ce qu'elle soit assise et qu'elle mange. Et même après, elle sentait de nombreux regard sur elle.
-C'était magnifique Rose ! S'extasia un poufsouffle de son année.
-Merci Alexandre. Mais tu sais, c'est surtout de l'entrainement.
-Ta prestation était vraiment … magique ! compléta Hugo.
-Arrêtez, je vais rougir !
Leur conversation fut interrompue par le Directeur qui se leva et mit fin par ce simple mouvement à toutes les conversations.
-Chers hôtes, je suis heureux de pouvoir vous souhaiter en mon nom et celui de tous les résidents de Poudlard la bienvenue. J'espère que vous vous sentirez ici comme chez vous. Comme vous le savez déjà tous, le célèbre Tournoi des Trois Sorciers va se dérouler cette année à Poudlard. Il aurait normalement dû avoir lieu à l'école de Beauxbâton. Cependant, Poudlard fêtant sa mille cinq centième année, il a été convenu que nous dérogerions à la règle de manière exceptionnelle.
Le Directeur fit une courte pause.
-La sélection des champions est un passage important de l'événement. Lorsqu'un ou une élève inscrit son nom et le dépose dans la Coupe de Feu, il scelle un contrat magique. L'annuler après la sélection est impossible et entrainerait des conséquences désastreuses pour les participants. C'est pourquoi je vous demande, au nom de mes deux autres collègues et de moi-même, de bien réfléchir avant de déposer votre candidature. Pour des raisons évidentes de sécurité, seuls les élèves majeurs peuvent participer.
Les Champions verront leurs noms inscrits dans l'histoire et le vainqueur apportera gloire et fierté à son établissement. Il remportera à titre personnel la somme de mille gallions et l'assurance d'un grand succès dans sa vie professionnelle.
Son regard fit le tour de la salle et des différentes tables avant de se poser sur la caisse de bois posée devant lui.
-A présent, je vous présente la Coupe de Feu !
D'un mouvement de baguette, Mario Greenspich enclencha l'ouverture de la boîte de bois qui fit place à la Coupe de Feu, bijou d'orfèvrerie gobeline. D'un autre mouvement de sa baguette, le Directeur alluma le précieux artéfact. Une flamme bleue naquit dans la coupe.
Tous les regards étaient à présent sur l'objet qui sélectionnerait les champions le lendemain soir.
Quelques minutes plus tard, les élèves quittèrent la grande salle avec pour la plupart des images d'eux tenant la coupe dans la tête.
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Rose descendit ce matin là avec Hugo pour se rendre au petit déjeuner. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la Grande Salle, plusieurs dizaines d'élèves faisaient la file pour déposer leur nom dans la Coupe de Feux. A chaque que l'un d'entre eux laissait tomber un morceau de papier avec son nom et son école, l'artéfact produisait des flammes vertes et oranges.
-Rassure-moi Rose, tu vas t'inscrire pour devenir championne ! demanda Hugo sans décoller ses yeux de la Coupe.
-Non.
-QUOI ?
-J'ai dit non, je ne pense pas.
-Mais tu as toutes tes chances ! Tu es la meilleure de notre année et tu es majeure ! Qu'est-ce qui te retiens ? Ne veux tu pas devenir célèbre et riche ? Etre dans les journaux, donner des interviews ?
Rose n'avait aucune envie de répondre à cela. L'élève assit en face d'elle lui en donna l'occasion.
-Kellah ! Je peux regarder ton journal deux secondes ?
La septième année tendit son journal à sa camarade qui lu directement l'article qui l'intéressait.
Philippe Heather reste à Azkaban par Cation Ulpi
Le Ministre de la Magie l'a annoncé lui même hier, malgré le scandale de samedi dernier. Le prisonnier Philippe Heather, mari et père de feu Julia Heather Potter et Samia Heather, ne sera pas relâché, comme exigé par Le Spectre. « Il est hors de question que nous cédions au chantage d'un mage noir qui se trouve depuis ce matin sous état d'arrestation pour pratique de magie noire, tentative de renversement du pouvoir et calomnie. L'homme à l'origine de cette affabulation est un imposteur qui ne cherche qu'à escroquer des citoyens honnêtes et blancs de tous soupçon. Nous mettrons tout en œuvre pour l'arrêter. Quant à Philippe Heather, il purgera sa peine d'emprisonnement à perpétuité pour le crime odieux et innommable qu'il a commis. La justice ne cédera pas !
Pour rappel, Philippe Heather a été reconnu coupable avec sa femme du meurtre avec préméditation du petit Mickael, sept ans, hospitalisé au moment des faits à Saint-Mangouste, là où travaillait Philippe Heather en tant que médico-mage aux méthodes controversées.
L'article continuait sur plusieurs lignes.
Ainsi, elle devrait aller elle-même délivrer son père. Elle s'y était préparée. Son avertissement avait un rôle purement dramatique.
Sa métamorphose était à présent en très bonne voie. D'ici une semaine, elle pensait l'avoir achevée. Elle serait donc fin prête pour la phase trois de son plan. L'attaque d'Azkaban et l'évasion de son père.
-Noël sera au balcon cette année.
-Pardon ?
-Hein ? A. Rien. Je me parlais à moi-même.
Le jeune garçon continua pendant un quart d'heure à essayer de faire parler Rose sur la raison qui la retenait de participer à « l'événement du siècle ». A cause de son contrôle sur ses émotions, il ne vit pas qu'il était en train d'énerver sérieusement sa camarade.
Rose se leva et se dirigea vers la sortie. Ce faisant, elle passa à côté de la Coupe de Feu.
-Attends ! Rose ! Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu refusais de participer au Tournoi !
Rose se retourna violemment, obligeant Hugo à piler pour ne pas lui rentrer dedans. Plusieurs élèves s'arrêtèrent pour les regarder et écouter ce qui pouvait énerver Rose Weinberg, connue de tous pour son calme et sa douceur.
-Pour la dernière fois Hugo, je ne participerai pas à ce Tournoi. Et avant que tu n'ouvres encore ta bouche, retiens bien ce que je vais te dire. Je. N'ai. Aucune. Justification. A. Te. Donner. C'est clair ? Que ton père soit bien placé au Ministère ne te donne aucun droit sur moi ni sur aucune autre personne. Si j'ai envie de te le dire, je suis assez grande pour en décider. Pose-moi encore une question avec les mots « Coupe de Feu, Tournoi, célébrité ou fortune et je m'assurerai que tu chantes avec les sopranos à la prochaine chorale. Compris ?
Le garçon hocha rapidement la tête, impressionné par la réaction de son amie, d'habitude si douce. Rose sortie dignement mais rapidement de la salle, suivit du regard par le jeune homme encore médusé. Puis haussant les épaules, il déclara simplement en haussant les épaules :
-Les femmes…
Tous ceux qui l'entendirent se mirent à rire devant le constat sans appel du jeune sorcier.
Ce que personne ne remarqua en revanche, fut l'air conspirateur qu'afficha Marcus Strand lorsqu'il se pencha vers son voisin et se mit à lui murmurer quelque chose à l'oreille.
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Rose était dans la bibliothèque, penchée sur ses formules arithmétiques de sa potion. Son professeur les lui avait rendues et il y avait plusieurs fautes. Malheureusement, le professeur lui-même n'avait pas trouvé de solution. Ou plutôt, n'avait pas prit le temps pour.
Et Rose avait absolument besoin de mettre rapidement cette potion au point.
Refermant son cahier remplit de calculs, Rose se leva et sorti. Il était cinq heures, le temps de se préparer pour sa sortie.
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Dans la nuit épaisse de cette fin d'octobre, l'obscurité enveloppait tout le paysage d'un voile aveuglant. Une pluie fine mais pénétrante s'était mise à tomber
Le Capitaine intermédiaire des Aurors se prépara à entrer dans le cercle magique de Stonehenge où il avait rendez-vous.
-Numéro deux et trois, vous êtes en place ? murmura-t-il dans son micro magique.
-Affirmatif numéro un.
-Affirmatif.
-Bien. Préparez-vous.
L'homme monta la petite colline et se retrouva devant le lieu sacré. Lorsqu'il traversa l'enceinte, il sentit l'effet des barrières magiques anti transplanage et anti portoloin. Il avança jusqu'au centre du cercle. Et attendit.
Au bout de deux minutes, une personne transplana en dehors des barrières. Il ne la vit pas ni ne l'entendit. C'était les sorts de détections qui l'en avaient avertis. Stevens sentit la tension monter en lui. Pendant quelques instants encore, il ne vit ou n'entendit rien Puis l'arrivant avança dans le cercle magique jusqu'à ne laisser que deux mètres entre lui et Squarish. L'homme était le spectre de la semaine précédente, habillé d'une cape en cuir de dragon bleue nuit. Comme l'autre fois, son visage était dissimulé.
Pendant quelques instants, ils se jaugèrent. L'auror avait la main droite assez nerveuse. L'autre semblait détendu, mais cette impression n'était peut-être qu'un effet de son visage resté dans l'ombre. Ce fut lui qui rompit le premier le silence.
-Je suppose que vous n'êtes pas venu seul, Stevens ?
Tout à son honneur, l'auror ne sembla pas le moins du monde surpris par la question. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, il décida de jouer franc jeu avec l'inconnu.
-Qu'auriez vous fait à ma place si vous aviez reçu un courrier aussi étrange qu'inattendu et signé par un « spectre » ? dit-il en insistant sur le terme spectre pour bien faire comprendre qu'il ne croyait pas deux secondes à cette sornette.
-Sans doute la même chose que vous, Capitaine. Mais alors, à mon tour de vous demander, qu'auriez-vous fait à ma place, un homme traqué, accusé de pratiquer la magie noire et donnant rendez-vous au Capitaine des Aurors ?
Quelques secondes de silences se faufilèrent entre les deux hommes. Finalement, l'auror tourna légèrement la tête et parla distinctement.
-Numéro deux et trois. Mission terminée. Rentrez.
-Numéro un ? Mais…
-C'est un ordre. Terminé.
Stevens regarda l'inconnu et quelques instants plus tard, deux sons de transplanages retentirent.
-Vous devez avoir de bonnes raisons pour accepter de me voir sans protection autre que votre baguette. Ma suspicion concernant les tableaux se serait-elle révélée juste ? Je vois. Bien.
-Qui êtes vous ?
-Le Spectre d'Harry Potter, Capitaine.
-Qui êtes vous vraiment ? Un Spectre ne peut produire de magie, fut-il celui de Potter. Et l'argent ne leur est d'aucune utilité.
L'auror crut discerner un sourire dans l'obscurité de la nuit. Puis, ce fut un vrai rire franc. L'homme rit à gorge déployée.
-Heureux, réussit-il à dire, heureux de voir quelqu'un qui réfléchit un petit peu ! Vraiment, je commençais à désespérer.
-Allez-vous répondre à ma question ?
-Malheureusement, je crains que non. Si je le faisait, je prendrais des risques trop importants et devrais soit vous effacer ce souvenir – mais votre occlumencie m'en empêcherait, soit vous éliminer. Et je n'en ai aucune envie. Tuer me répugne.
L'auror fut un petit peu rassuré par la fin de la phrase mais ne put empêcher un sourcil de se lever concernant l'opinion de l'homme sur l'action de tuer.
-Ce que j'ai fait samedi dernier n'était que de l'auto défense. J'étais en plein milieu du Ministère de la Magie, entouré par plusieurs dizaines d'aurors qui bien que mal entrainés, représentaient un réel danger pour ma sécurité.
-Soit. Que vouliez-vous me dire.
-Pour aller à l'essentiel, puisque c'est ce que vous semblez vouloir, nous allons transplaner.
-Où cela ?
-Au manoir de votre cher Ministre de la Magie. Mais d'abord, je vais vous transformer en martre. Il serait risqué que vous vous métamorphosiez en belette. Votre animagus de belette pourrait être reconnu. Mais vous ne devriez pas être déstabilisé par la différence de forme et vous ne devriez voir que des différences minimes avec votre métamorphose.
L'auror marqua un temps d'arrêt.
-Comment savez-vous ? Je ne suis pas répertorié !
-Votre femme Capitaine.
-Qu'avez-vous fait à ma femme ? L'auror dégaina sa baguette et un sort luisait déjà au bout de celle-ci, pointée directement sur l'inconnu.
-Je ne lui ai rien fait.
-Marie ne vous aurait jamais rien dit volontairement ! Ni à vous, ni à personne !
-Vous devriez vous assurer que votre femme a d'aussi bonne protection mentale que vous, Capitaine. Il m'a suffit de dix secondes pour trouver cette information. Mes respects cependant pour la totale confiance que vous avez en elle.
Stevens n'était pas heureux du tout de savoir qu'un inconnu avait lu les pensées de sa femme. Il allait répondre, mais fut coupé.
-Allons-y maintenant. Mais avant, je dois vous prévenir. Ce que nous allons faire n'est pas sans risque. Le manoir est protégé et gardé. Pour passer les protections, je devrai vous stupéfixez quelques secondes. Conscient, vous déclencheriez les alarmes. Et avant que vous ne me demandiez, j'ai un autre moyen pour moi de ne pas être détecté. Une fois passée les protections, je vous porterai sous votre forme d'animagus jusqu'au manoir et attendrait à l'extérieur que vous reveniez. Je sais que vous êtes déjà allez là bas, vous ne devriez pas avoir de difficultés à trouver la salle de réunion. Pour partir, nous procéderons de la même manière. S'il y a le moindre problème, je suis responsable et vous ferez ce que je dis. Des questions ?
-Une seule. Qu'est-ce qui m'assure que ce n'est pas un traquenard ?
-Rien.
L'auror sembla réfléchir quelques secondes. Le risque était vraiment grand, mais quelque chose lui disait que ça en valait la peine. La résolution se lut sur son visage.
-Bien
L'auror fut métamorphosé en martre. Après tout, s'il avait voulu l'attaquer, l'homme en aurait eu plus que le temps désormais. Et pour une raison qu'il n'arrivait pas à s'expliquer, il sentait que l'homme ne lui ferait rien aussi longtemps que lui-même ne tenterait rien.
L'inconnu l'attrapa et transplana avec lui après être sorti du cercle de Stonehenge et s'être fondu dans l'impénétrabilité nocturne.
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Dans la grande salle, l'effervescence était palpable. Tous les élèves bavardaient avec leurs voisins pour savoir qui, selon eux, serait le champion Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang. Le repas de fête fut plus englouti que savouré et bientôt, tous n'attendirent plus que la fin du repas.
Enfin, le directeur de Poudlard se leva et aussitôt les conversations moururent dans un océan de murmures. D'un geste de la main, le directeur de l'école de sorcellerie éteignit plusieurs chandelles et les derniers bavards se turent.
-Chers hôtes, chers élèves, je suis heureux de présider cette cérémonie. Ce soir seront désignés les champions du Tournois des Trois Sorciers. Alors, sans plus attendre, que la cérémonie commence !
Le directeur s'approcha de la Coupe et la tapota du bout de sa baguette. A présent, toutes les lumières étaient éteintes et seule restait la flamme de la Coupe pour source de lumière. Celles-ci devinrent émeraudes et le visage de Grennspich prit des allures fantomatiques. Un bout de parchemin s'envola de la Coupe sous les exclamations des élèves et d'un geste vif, Greenspich se saisit de celui-ci. Il l'ouvrit et annonça :
-Le champion de Beauxbâtons est … Nicolas Letellier !
Un jeune homme aux cheveux bruns et au visage neutre se leva sous les applaudissements nourris de ses camarades. Assez grand et bien bâtis, il s'attira de nombreux regards de la part de la gente fémnine.
-Si vous voulez bien allez dans la salle concommittante monsieur Letellier, nous viendrons vous informer du déroulement de l'épreuve d'ici quelques minutes.
L'élève traversa la salle, toujours sous les applaudissements et les murmures pour prendre la porte indiquée. Le silence revint dans la salle et tous les regards retournèrent au centre de l'attention de la soirée : la Coupe de Feu. Les bruits de conversations redevinrent murmures et un deuxième papier s'échappa de la Coupe. Greenspich l'attrapa et lu :
-Le champion de Durmstrang est … Johann Leistung !
De nouveaux, de nombreux applaudissements accompagnèrent le champion jusqu'à sa sorti de la salle. Enfin, pour la troisième fois, le silence revint et tous attendirent, encore plus tendus, que le troisième parchemin sorte de la Coupe. Lorsque celui-ci apparut aux yeux de tous, une vague de murmure parcourut la salle. Le directeur l'attrapa dans sa chute, l'ouvrit et lu :
-Et le champion de Poudlard est … .
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Sans un bruit, Rose apparut avec dans la main une martre. Le mustélidé regarda autour de lui avidement et parut rassuré lorsqu'il reconnut les alentours pour ce qu'ils étaient : les bois sombres constitués de conifères entourant le manoir. Rose – ou plutôt la personne vêtue d'une cape bleue marine – posa le carnassier à terre. Elle sortit sa baguette et d'un mouvement rapide et dénué d'hésitation stupéfixa la martre. Puis le spectre se métamorphosa en un lynx boréal femelle le Kâ de Rose. L'imposant animale attrapa la martre par la peau du cou et se mit en marche. Haute de soixante-dix centimètres, longue d'un mètre cinq, le Kâ de Rose lui allait parfaitement. Comme ces animaux, elle évoluait sans émettre le moindre son et sa petite taille lui permettait une discrétion totale. Tous ses sens en alerte, l'animal progressa de manière fluide dans la forêt. Ses pattes larges lui permettaient de n'émettre absolument aucun bruit. Son pelage fauve tâcheté la rendait quasiment invisible sous le couvert forestier.
Enfin, elle arriva à la barrière et la traversa sans difficulté. Contrairement aux animagi, l'esprit d'une personne sous la forme de son Kâ était non pas celui du sorcier ou de la sorcière métamorphosé, mais celui de l'animal qui a prêté son double spirituel. Aussi, la barrière érigée pour détecter une conscience humaine ne repéra ni celle de l'auror inconscient, ni celle de Rose.
Une fois passée la frontière, le lynx se dirigea vers une mare dans laquelle il plongea la tête du mustélidé légèrement stupéfixé. L'effet fut rapide : la martre retrouva en moins d'une seconde ses esprits se mit aussitôt dans un position défensive. Mais à la vue du puissant félin, la martre s'immobilisa. Stevens Squarish fut soufflé par la grâce et l'aura majestueux et dynamique qui s'échappait de l'animal.
Doucement, le lynx s'approcha de la martre et la saisissant par le cou, se remit en marche.
Si la sensation n'était pas des plus agréables, elle ne faisait pas souffrir non plus. Stevens profita du trajet pour réfléchir rapidement à ce qui venait de se passer. Il devrait vérifier le registre des animagi. Même s'il savait déjà qu'il n'y trouverait rien. L'homme derrière le spectre était beaucoup trop intelligent pour se faire piéger par ce genre de détail. Cependant, quelque chose dans l'allure du lynx l'interpellait. Quelque chose clochait, mais il ne savait pas dire quoi. Son flair, normalement très développé sous sa forme de belette, ne lui permettait pas autant de précision sous cette forme de martre, moins adaptée à lui. Et cela, il était sûr que l'homme y avait pensé.
Arrivé à la lisière de la forêt, le lynx déposa le carnassier à terre et se détourna de lui pour se diriger vers un arbre. D'un saut élégant, il grimpa dans celui-ci et s'installe sur une branche épaisse. L'auror comprit qu'à présent, c'était à lui de jouer. Aussi se mit-il à marcher vers la porte de derrière, en face de la lisière, d'où il distinguât une chatière.
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Lorsque la martre revint, Rose attendit qu'elle monte dans son arbre avant de se lever. Sans même regarder le petit animal, il le saisit par la peau du cou et quitta son perchoir avant de se fondre dans la masse confuse des sapins et de disparaître aussi furtivement qu'ils étaient arrivés.
Vingt minutes plus tard, Rose arriva par transplanage dans la forêt interdite. Ses robes étaient de nouveaux celles d'une élève. La jeune femme se dirigea alors vers ce qui ressemblait à une tanière. Avec les délégations des deux écoles elle avait peu de chances de passée inaperçue dans le parc. Reprenant sa forme de lynx, elle emprunta le passage souterrain reliant la forêt interdite à la grotte du dragon.
Quelques minutes plus tard, Rose marchait silencieusement dans les couloirs de l'école, vide de tout élève à cette heure tardive de la soirée. Il était minuit passé, le couvre-feu était passé depuis plus de deux heures.
Ses pensées allaient à Squarish. Ce qu'il avait entendu avait du le secouer. Lui montrer la vérité lui permettait non seulement de le faire pencher de son côté, mais aussi de faire germer un noyau de changement au cœur même du Ministère. Cela servirait sans aucun doute un jour.
Alors qu'elle était en plein dans ses pensées, Rose arriva à l'angle du couloir donnant sur l'entrée de la salle des Poufsouffle. Elle tourna à l'angle et stoppa net.
Devant la porte des Poufsouffles, le Directeur et le professeur Septimus l'attendaient et dardèrent un regard n'augurant rien de bon sur elle.
Son regard se posa sur un bout de parchemin que tenait le directeur. Aussi loin qu'elle était, elle lut sans difficulté, écrit à l'encre noire deux mots :
Rose Weinberg
