Mot de l'auteur : Bonsoir à tous ! *tente un timide signe de la main*. Comme vous l'aurez remarqué, ce chapitre a été assez long à venir… En fait je suis tombée malade, mais je ne pouvais pas me permettre de manquer les cours. Donc dès que je rentrais chez moi, j'allais me plonger dans mon lit et ne me réveillait que pour retourner en cours xD
J'espère que ce chapitre vous plaira ~ On approche doucement de ce que vous attendez tous… )
Pour ce qui est de la publbication des chapitres suivants, je ne peux vous promettre une publiation régulière avant le 18 novembre… Mais j'ai une petite semaine de vacances après mes écrits ( donc du 19 au 28 novembre). Je vous reverrez donc dans tous les cas à ce moment là )
Sur ce, bonne lecture tous !
Lixy.
VIVRE PAR PROCURATION
Chapitre 6 : Père.
Alors que le paysage se mouvait lentement pour laisser place au ciel sombre d'une nuit d'automne, une silhouette se découpait en haut de la colline. Immobile telle une statue de pierre, seul le mouvement presque imperceptible de sa chevelure flottant au vent trahissait la véritable nature de cette figure.
De longs cheveux blonds presque blancs, une carrure plutôt fine pour un homme et le visage fermé : Lucius Malfoy observait silencieusement une immense bâtisse. Il n'eut aucune réaction quand un corbeau quitta son perchoir sur le toit du Manoir, et il n'en eut pas plus lorsqu'un léger bruissement de cape vint troubler le silence de la nuit.
Le nouveau venu portait la même robe sombre que le patriarche Malfoy, mais ses cheveux étaient tout l'opposé de l'aristocrate : noirs et emmêlés, trahissant son manque de soin.
Lucius ne prit pas la peine de vérifier l'identité du visiteur, il savait qu'il ne pouvait s'agir que de Severus. Ce dernier se plaça aux côtés de son ami, toujours sans prononcer un mot. Il savait ce qui se tramait dans l'esprit de celui-ci.
- Je pensais réussir à les apercevoir. J'ai bêtement cru que cette vieille folle me laisserait saluer mes fils…
- Les Rosier font partis des plus extrémistes des Sang-Purs… Et on peut dire que Druella fait plus qu'honneur à sa famille…
- Je le sais.
Le visage de Lucius s'assombrit en prononçant ces mots.
A la sortie du procès, il avait accompagné sa femme jusqu'à la demeure de sa mère. Druella avait aimablement proposé son aide pour garder les jumeaux le temps que Lucius et Narcissa seraient au Ministère.
Le jeune père n'avait pu refuser même s'il se doutait bien des motivations de sa belle-mère. Elle rêvait plus que tout de se voir confier l'éducation de ses petits enfants. Druella ne s'était d'ailleurs pas gênée pour faire comprendre à sa fille toute la honte et le dégout qu'elle lui inspirait pour avoir osé briser les règles d'éducations des Sang-Purs, en se rendant au Ministère.
La mère de Narcissa était une femme fine et sèche, qui imposait le silence rien que par sa présence. Lorsque Lucius l'avait aperçut au bas de marches du Manoir Black-Rosier, à son retour du procès, il avait immédiatement su qu'il n'avait aucune chance d'apercevoir ses fils.
Il pouvait paraître étonnant aux yeux de beaucoup que le très puissant et fier Lucius Malfoy se pliait aussi facilement à la volonté d'une femme affaiblie par l'âge. Mais l'éducation que Lucius avait reçue le poussait à respecter ses aînés plutôt que ses propres volontés. Et ceci était d'autant plus essentiel qu'il s'agissait d'un membre de la famille.
- Combien de temps va-t-elle rester chez sa mère ? demanda Severus.
Lucius resta silencieux, fixant inlassablement une des fenêtres du grand Manoir. Il vit la lumière décroitre peu à peu pour finalement disparaître complètement. Il tourna enfin le regard vers son hôte.
- Jusqu'à la fin de la première période d'éducation. Elle veut garder un œil sur Narcissa aussi longtemps que possible…
- Où comptes-tu aller ?
- Tu es déjà au courant pour le Manoir ?
Severus acquiesça.
- Je suppose que tu as été mis au courant par Dumbledore en personne, repris-til.
Severus tiqua légèrement : Il n'avait pas eu l'occasion de discuter avec Lucius depuis son propre procès. Et le soutiens que Dumbledore lui avait apporté n'était pas au goût de ses anciens « amis ».
- Il faudra que tu m'expliques les moyens que tu as employés pour berner un homme aussi brillant qu'Albus Dmbledore, annonça Malfoy avec un sourire.
- Brillant ? Je croyais que tu le détestais plus que tout…
- Je dois bien reconnaître sa seule qualité. Dumbledore est un homme intelligent… Fous, utopiste, et qui se mêle beaucoup trop des affaires des autres… Mais il est intelligent, c'est un fait indéniable.
- Si tu me racontais plutôt comment tu as fait pour faire disparaître ta Marque…
Lucius éclata de rire.
- Pourquoi te le dirais-je ? Après tout, je n'ai aucune certitude que tu ne sois pas réellement un espion à la botte du directeur de Poudlard…
Sur ces mots, l'aristocrate tourna les talons et s'éloigna du nouveau domicile de sa femme et de ses enfants. Severus le suivait de près sans oser ajouter quoi que ce soit.
Lucius aurait aimé lui dire comment il avait eu la brillante idée de garder quelques-uns de ses cheveux avant de recevoir la Marque des Ténèbres, quelques années auparavant. Cet indice aurait suffit à Severus pour comprendre quel usage Lucius avait pu faire de ses cheveux. /
Le Manoir Malfoy regorgeait de pièces secrètes, et l'une d'elle contenait tout un tas de potions prêtes à l'emploi. Bien sûr le Poynectar en faisait partie. Il avait donc suffit à Lucius de glisser un de ses cheveux dans la fiole et d'en boire le contenu pour récupérer un corps vierge de toute Marque…
Pour une heure seulement, certes. Mais ceci était amplement suffisant pour le procès. Et personne n'avait remarqué les quelques rides que Lucius avait perdu, après tout, il n'avait côtoyé que des Magemorts pendant les derniers mois, et aucun de ceux présent au procès ne se serait risquer à faire remarquer ce brusque rajeunissement de leur complice.
-o-o-o-
2 ans plus tard
Narcissa se préparait à revoir son mari, elle avait choisis de porter la robe que Lucius lui avait offert lors de leur premier rendez-vous. Une fois maquillée et coiffée elle se dirigea vers la chambre de ses fils.
Elle entra sur la pointe des pieds, et remarque qu'une fois encore Draco s'était débrouillé pour rejoindre son frère pendant la nuit. Elle posa une main douce sur l'épaule du petit garçon.
- Draco, mon chéri.
Il cligna des paupières et sourit à sa mère.
- Bonjour, mère, murmura-t-il de sa douce voix. Il faut réveiller Lélio ? demanda prestement le petit garçon tout heureux.
- Oui, vas-y mon grand.
Draco secoua donc son frère tout en riant jusqu'à ce que ce dernier proteste et regarde sa mère d'un œil suppliant. Narcissa prit donc Lélio dans ses bras afin de le sauver de l'attaque de son frère. Elle aida Draco à descendre du lit et lui demanda d'aller se plonger dans le bain que Dobby avait préparé un peu plus tôt. Il s'exécuta pendant que sa mère préparait les habits des deux petits garçons. Les jumeaux porteraient un pantalon noir, classique et une chemise de soie à manches courtes, verte pour Lélio et violette pour Draco.
Narcissa porta donc le petit Lélio jusqu'au bain où Draco tentait tant bien que mal de laver ses cheveux blonds. Ils étaient parfaitement identiques, et ressemblaient tellement à leur père.
La jeune mère laissa ses pensées vagabonder tout en lavant ses fils. Cela faisait un peu moins de deux ans depuis le procès. Et tout autant de temps sans voir son mari. Il lui avait écrit de nombreuses lettres au début, puis petit à petit elle ne reçut qu'une missive par mois.
Le Ministère n'avait toujours pas fini la fouille du Manoir. Milicent Bagnold semblait chercher toutes les excuses possible pour priver les Malfoys de leur domicile, aussi longtemps que possible. Elle avait d'abord prétendu que les agents du Ministère étaient trop occupés avec la chasse aux Mangemorts pour s'occuper de la fouille. Celle-ci n'avait donc commencée qu'un an après le procès. Les recherches furent interrompues à plusieurs reprises, pour des raisons que Narcissa ne connaissait pas, et le Ministère avait exigé de tout reprendre depuis le début.
Narcissa savait que Severus avait accepté d'héberger son vieil ami le temps nécessaire, mais il n'avait pas suffisamment de place pour accueillir quatre personnes. Lucius avait donc accepté – à regret – de s'installer chez la mère de sa femme.
Dobby apparut dans la salle de bain, accompagné de son habituel crack sonore, ce qui déclencha les rires de Lélio.
- Bibi ! Le petit garçon tendit les bras vers l'elfe – réclamant un câlin – mais sa mère s'interposa.
- Lélio, reste tranquille quand je suis entrain de laver tes cheveux.
- Madame, votre mère envoie Dobby vous prévenir que Monsieur vient d'arriver. Ils attendent dans le salon.
Narcissa se hâta de finir de préparer ses fils, et conseilla à Dobby de rester dans la chambre. Elle craignait que Lélio n'aille se réfugier auprès de l'elfe dès qu'il apercevrait son père.
Draco et son frère suivirent sagement leur mère jusqu'au salon. Elle déposa un léger baiser sur le front de chacun d'eux avant d'ouvrir la porte et de les faire entrer.
Son regard se posa immédiatement sur son mari. Il semblait épuisé, mais ce qui choqua le plus Narcissa fût le regard froid que ce dernier jetait à ses fils. Regard qu'il réservait habituellement au commun des mortels…
- Lucius… souffla-t-elle pour attirer son attention.
Le regard du patriarche Malfoy se posa sur sa femme. Mais il ne prononça pas un mot. Il se tourna vers sa belle-mère.
- J'aimerai m'entretenir avec mes fils, prononça-t-il dans un souffle.
- Je serai dans la bibliothèque, envoie quelqu'un me chercher dès que tu en auras fini avec eux. (Druella fit un vague signe de la main désignant les jumeaux). Narcissa vient !
- Mère…
- Un père a certaines choses à enseigner à ses fils lorsqu'il les rencontre pour la première fois. Et tu n'es pas la bienvenue lors de cette rencontre.
Narcissa suivit donc sa mère non sans un dernier regard pour ses fils. Draco était calme, comme à son habitude, mais Lélio semblait terrorisé.
Une fois la porte fermée, Lucius reporta son attention sur ses fils. Il eut un petit rire nerveux tout en marmonnant :
- Je ne sais pas par quoi commencer…
Un silence pesant s'installa. Assez vite brisé par l'un des garçons.
- Père, je suis enchanté de faire votre connaissance, dit Draco d'une traite.
- Moi aussi, chantonna Lélio qui se sentait plus à l'aise depuis que son frère avait parlé.
- Lélio, ce n'est pas comme ça que tu es censé te présenter ! le gronda son jumeau.
- Mais… Je…
Lucius sourit en voyant le petit garçon baisser le regard vers ses chaussures.
- Je suis encore plus enchanté que vous, conclue-t-il pour mettre un terme à la querelle de ses fils.
Il passa sa main dans les cheveux de Lélio.
- Tu es donc Lélio. Et toi Draco (Il caressa la joue du petit garçon). Moi c'est Lucius, mais vous m'appellerez père. Enfin, je pense que votre mère s'est déjà chargée des explications.
Lélio acquiesça avec un grand sourire.
- Et vote grand-mère… Et bien, on fera avec, n'est-ce pas ? dit Lucius avec un clin d'œil complice pour ses fils.
Lélio eut un grand sourire pour son père, mais Draco resta impassible.
- Ce n'est pas bien de dire du mal de ses aînés, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour son père.
- Tu as raison. Alors ce sera notre petit secret. Et si nous allions rejoindre votre mère ?
Lélio s'élança gaiement dans le couloir pour rejoindre la bibliothèque. Draco quant à lui marchait sagement aux côtés de son père.
- COMBIEN DE FOIS DEVRAIS-JE TE REPETER DE NE PAS COURIR DANS MES COULOIRS ?
Draco se tendit en entendant la voix haut-perchée de sa grand-mère. Il mourrait d'envie de se précipiter au secours de son frère, mais savait que cela énerverait encore plus la femme.
- Je m'excuse, grand-mère, dit Lélio les larmes aux yeux.
- ET ARRÊTE DE PLEURER ! TU ES CENSE ETRE UN HOMME, LES HOMMES NE PLEURENT PAS !
Les pleurs de Lélio redoublèrent en entendant les reproches de la vieille femme. Et ce qu'il craignait le plus arriva, elle lui asséna une gifle magistrale – ce n'était pas la première –. Il baissa le regard, mais sentit son cœur s'emballer en attendant des pas pressés se rapprocher.
Lucius avait assisté à la scène depuis l'autre bout du couloir, et il ne put s'empêcher de se précipiter vers son fils lorsqu'il vit sa belle-mère le frapper.
- COMMENT OSEZ-VOUS LEVER LA MAIN SUR MON FILS ?
- Tu vas baisser d'un ton avec moi, Lucius, siffla-t-elle à l'égard de son beau-fils. J'ai encore suffisamment de contacts au sein du Ministère pour obtenir la garde complète de tes fils, si je le souhaitais. Tu vas donc me faire le plaisir d'obéir à mes règles aussi longtemps que tu vivras sous mon toit !
Lucius serra les poings de frustration. Il savait que Druella disait vrai. Et il était même persuadé que c'était de son fait à elle qu'il n'avait toujours pas récupéré son Manoir.
- Allez tout de suite dans votre chambre les garçons, intima Lucius.
Draco s'avança vers son frère pour lui prendre la main. Et l'emmena au plus vite loin de leur grand-mère. A peine eut-il fermé la porte que Lélio se jeta dans les bras de son frère.
- Dray ! Je suis désolé. Je ne voulais pas tout gâcher.
Draco passa sa main dans les cheveux de son frère tout en lui murmurant que ce n'était pas sa faute.
