Jeu de Dupes

Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Je pose aujourd'hui le chapitre en avance parce que je pars en week-end sans internet et que ce serait dommage que vous ne l'ayez que dimanche soir. ;-)

Avertissement : Une certaine forme de violence dans ce chapitre...

Bonne lecture !


Chapitre 7 : Fin de partie

Ne cherchant plus à rester discret, Yassen traîna l'espion hors du bureau sans refermer la porte qu'il avait crochetée plus tôt. Le jeune homme tenta de résister, mais la poigne de l'assassin ne se relâcha pas et il ne parvint qu'à récolter un coup de crosse qui l'étourdit quelque peu. Comme dans une pièce de théâtre répétée maintes fois, la porte des appartements de Kaplov s'ouvrit pour les laisser entrer, et ils furent brusquement plongés dans la lumière.

Pendant les deux semaines qu'il avait passées dans l'hôtel particulier, Alex n'avait jamais pénétré dans ces pièces qui, à l'instar des autres du bâtiments, devaient conserver leur décor d'origine et leur faste tapageur. Ils étaient clairement dans l'antichambre mais elle ne contenait aucun meuble, si ce n'était un secrétaire fermé leur faisant face, et l'épais tapis qui constituait le sol avait été recouvert d'une bâche en plastique transparente. L'espion sentit l'assassin se tendre imperceptiblement dans son dos, alors qu'il réalisait que la pièce avait été préparée à l'avance dans un but bien précis. Jusqu'à quel point le mafieux avait-il anticipé leurs mouvements ?

La porte située à gauche s'ouvrit silencieusement et Kaplov sortit de ce qui était vraisemblablement sa chambre en arborant un air régalien. Il était accompagné de deux hommes lourdement armés au visage masqué qui se postèrent à ses côtés. D'un mouvement brusque, Yassen récupéra l'arme à la ceinture d'Alex, le poussa violemment au sol et le mit en joue. Il y eut un temps de silence. L'assassin se tenait immobile, ne lâchant pas des yeux son amant qui avait tourné un regard fier vers Kaplov, lequel arborait un air à la fois satisfait et amusé. Sans cesser de fixer le jeune homme, le mafieux s'adressa lentement à l'assassin :

« J'espère que vous avez une bonne explication pour les hommes que j'ai perdu ce soir Gregorovitch, dit-il sur un ton sirupeux.

- Crédibilité, se contenta de dire Yassen sans développer.

- Espèce de salopard, murmura Alex qui tourna brusquement la tête vers lui avec un regard meurtrier.

- J'en déduis que vous vous connaissez ? demanda Kaplov en haussant un sourcil.

- Nos chemins se sont croisés quelques fois, il y a longtemps, répondit l'assassin face au mutisme d'Alex.

- Et vous n'avez pas jugé bon de m'en faire part lors de notre entretien ? continua le mafieux de sa voix douce au tranchant glacial.

- Je n'étais pas sûr de son identité, concéda Yassen en tâchant de paraître légèrement gêné. Selon mes informateurs, il était retourné à la vie civile, et je ne le connaissais que de loin.

- De loin ? s'exclama l'espion en tentant de se relever. On a couché ensemble ! conclut-il en s'immobilisant à la vue des deux hommes qui se tenaient derrière Kaplov.

- Tu n'étais qu'un visage parmi les autres, répliqua l'assassin en haussant les épaules.

- Comme c'est intéressant, souffla le mafieux qui avait observé l'échange, de plus en plus amusé. Je croyais que les hommes ne vous intéressaient pas ?

- À cette époque, il n'avait rien d'un homme. »

À ces mots, les yeux d'Alex s'arrondirent comme des billes et il bondit vers Yassen qui le repoussa violemment au sol d'un coup de pied. Kaplov ne fit pas un geste mais laissa échapper un rire qui ressemblait à un aboiement. Il porta de nouveaux son regard sur les deux hommes et constata que l'assassin avait ôté la sécurité de son pistolet en le pointant de nouveaux sur le plus jeune.

« Vous m'avez plu dès le début Gregorovitch, dit-il avec un sourire qui découvrit ses dents, et il me faut reconnaître que pour l'instant, ce sentiment ne se dément pas.

- Vous devriez faire attention, grogna l'espion avec un sourire désabusé, il a tendance à planter un couteau dans le dos de ceux qui l'apprécient.

- Pas quand ceux qui m'apprécient me payent, rétorqua Yassen avec un sourire en coin.

- Tu me dégoûtes, cracha Alex en le fusillant du regard.

- Tu as pourtant été bien prompt à me faire confiance tout à l'heure, fit remarquer l'assassin.

- Crois bien que si j'avais eu le choix, je ne l'aurais fait pour rien au monde, grimaça l'espion.

- J'avoue que vous m'impressionnez Gregorovitch, reprit Kaplov en contournant lentement la bâche pour se diriger vers le secrétaire. Je ne pensais pas que vous obtiendriez des résultats aussi rapidement.

- Vous comme moi savons que l'efficacité est la seule chose qui ait une quelconque valeur dans ce monde, répondit l'assassin.

- Je ne peux que vous approuver sur ce point, acquiesça le mafieux d'un air sérieux avant de se tourner vers le meuble en sortant une clé d'une poche intérieure de sa veste. Vous avez les réponses que je vous ai demandées ?

- Le seul élément qui me manque vous apparaîtra sans doute », répliqua Yassen en marquant un temps d'arrêt.

Le bruit de la clé tournant dans la serrure résonna dans le silence et Kaplov ouvrit largement les battants du secrétaire qui tournèrent sur leurs gonds, parfaitement huilés. À l'intérieur, l'éclat métallique de plusieurs objets d'aspect chirurgical fit frissonner imperceptiblement Alex, qui remarqua toutefois qu'une des parties du meuble abritait des dossiers. Du coin de l'oeil, il aperçut que Yassen avait fait la même constatation. Le mafieux se retourna et ôta sa veste, qu'il plia soigneusement et déposa sous les documents.

« Je vous écoute, annonça-t-il calmement en remontant ses manches.

- Alex Rider, répondit l'assassin, espionner pour le compte du MI6 semble être chez lui une affaire de famille.

- Alex Rider, répéta lentement Kaplov, l'adolescent qui a mis Scorpia à genoux.

- Je me serais fait un plaisir de vous le dire moi-même si vous me l'aviez demandé poliment, ironisa le jeune homme.

- Je n'en doute pas, sourit Kaplov en se retournant pour fouiller dans le secrétaire derrière lui. J'aurais dû reconnaître les marques particulières laissées par cet instrument qui j'en suis sûr te sera familier. »

Il présenta alors un couteau à lame dentelée, et l'espion se força à garder un visage impassible alors que se rappelaient à lui les douloureux souvenirs liés à son passage entre les mains des bourreaux de Scorpia. Il n'allait certainement pas lui faire ce plaisir. Le mafieux fit alors un geste de la main et l'un de ses hommes vint se placer rapidement derrière Alex pour le relever et lui emprisonner les bras. Celui-ci ne se débattit pas, sachant que le gorille n'hésiterait pas à lui déboîter les épaules pour qu'il se tienne tranquille. De son côté, le mafieux reposa le couteau pour se saisir d'une longue rapière à la poignée finement ouvragée et à l'aspect acéré.

« Et maintenant, reprit-il d'un ton doucereux, si tu me disais ce que tu es venu chercher ici.

- Je suis sûr que vous le savez pertinemment, siffla Alex avec venin.

- Cela ne semble pas être le cas de notre ami commun, remarqua distraitement Kaplov en s'approchant du jeune homme. Pourtant, cela le concernerait tu ne penses pas ? conclut-il en passant lentement la lame sur sa joue, laissant une mince estafilade dans son sillage.

- Votre entreprise est vouée à l'échec, répondit calmement Alex sans quitter Kaplov des yeux. Le MI6 n'est pas le seul à vouloir vous empêcher de reformer Scorpia et je ne suis sans doute pas le seul espion à graviter autour de vous.

- Vous voulez ressusciter Scorpia, répéta Yassen d'un ton neutre imperceptiblement teinté de perplexité, en abaissant son arme sans remettre la sécurité.

- Je crois qu'il est temps de vous révéler la vraie raison de votre présence ici Grégorovitch, commença le mafieux en ouvrant simultanément la veste d'Alex de la pointe de son épée. Nous sommes de la vieille école vous et moi. Tout comme vous devez à Scorpia vos talents, je lui dois ma réputation d'homme redoutable et une grande partie de mon influence. Même toi, Alex, lui dois plus que tu ne le penses. »

À ces mots, le jeune homme éclata d'un rire sans joie qui glaça le sang de Yassen. Il n'avait pas entendu un tel son depuis longtemps et il aurait préféré ne jamais l'entendre de nouveau.

« La seule chose que je dois à Scorpia, dit-il avec un sourire inquiétant, c'est la perte de ma raison et croyez bien que je ne lui en suis guère reconnaissant. »

Le regard de Kaplov se durcit et d'un mouvement vif, il découpa de haut en bas le T-Shirt que portait l'espion, éraflant légèrement sa peau au passage. Il en écarta ensuite délicatement les pans, affichant de nouveau un air calme et satisfait, comme s'il ne s'était rien passé. La tension qui régnait dans la pièce était palpable et Alex avait l'impression que les battements de son cœur résonnaient follement dans le relatif silence de l'antichambre. Il essayait de respirer le moins fort possible, pour ne pas gêner la danse de l'épée qui traçait des arabesques sur son torse, provoquant chair de poule et frissons involontaires.

« Je ne peux pas t'en vouloir de ne pas comprendre Alex, reprit Kaplov comme s'il s'adressait à un jeune enfant. Il est normal que tu ne voies pas à quel point cette organisation est essentielle. Si la situation demeure inchangée, s'il ne se trouve plus personne pour former la relève, bientôt ce sera l'anarchie et il n'y aura plus aucun Yassen Gregorovitch pour éliminer sans un bruit la totalité d'une garde rapprochée. Ce sera le chaos.

- Vous êtes fou à lier, souffla l'espion dans un murmure, en lisant sur le visage du mafieux toute la passion que lui inspirait sa cause.

- Je ne vois toujours pas quel est mon rôle dans cette affaire », demanda l'assassin qui espérait détourner d'Alex l'attention de Kaplov.

Celui-ci ne répondit pas tout de suite, comme absorbé par les mouvements de la lame. Celle-ci fit le tour du nombril du jeune homme, et remonta le long de son torse en s'enfonçant légèrement. Alex fut obligé de relever la tête en sentant la pointe appuyer sur sa gorge et transpercer légèrement la peau. Il ferma les yeux brièvement, tâchant de rester immobile. Quelques instants plus tard, le mafieux abaissa l'épée et recula avec un léger sourire.

« Fascinant et dangereux, murmura Kaplov comme pour lui-même avant de secouer la tête. Je veux que vous fassiez parti de la renaissance de Scorpia Gregorovitch, ajouta-t-il d'un ton assuré en se tournant vers Yassen. Vous êtes le symbole de sa raison d'être et je ne vois personne d'autre qui incarnerait mieux ses valeurs.

- J'ai quitté Scorpia il y a plus de dix ans, remarqua l'assassin d'un ton neutre.

- Ce n'était que temporaire, éluda le mafieux avec un vague geste de la main. Vous ne pouviez pas prévoir que ce cher Alex mettrait à bas la plus grande organisation du monde. Après tout, vous savez comme moi que Scorpia ne vous laisse jamais vraiment partir, conclut-il avec un regard de connivence.

- Qu'attendez-vous exactement de moi ? demanda Yassen sans rien laisser transparaître de son impatience.

- Je voudrais que vous m'assistiez à sa tête, répondit Kaplov en essuyant sa lame sur un tissu blanc qu'il avait pris dans le secrétaire. Que vous rassembliez ceux qui ont été formés et que vous en fassiez en à leur tour des maîtres, que vous trouviez de jeunes gens ayant du potentiel. Utilisez vos contacts, je suis sûr que vous n'en manquez pas.

- J'ai toujours travaillé seul, rétorqua l'assassin. Je ne suis certainement pas votre meilleure option.

- Votre franchise vous honore mais permettez-moi de vous contredire, commença Kaplov en rangeant la rapière et en se saisissant d'un couteau d'aspect plus simple. Je suis convaincu que vous avez la discrétion et le discernement nécessaires à cette mission. Nous aurons tout le temps de parler plus avant des détails, loin des oreilles indiscrètes, ajouta-t-il avec un clin d'oeil. Je suis désolé mon cher Alex, reprit-il en s'approchant de nouveau de l'espion, mais je crains que notre délicieuse relation doive prendre fin et crois-bien que j'en suis désolé.

- Pas autant que moi, répondit Alex qui avait veillé à se tenir tranquille pour recueillir le plus d'informations possible.

- Tu me pardonneras une dernière lubie, continua le mafieux comme s'il n'avait pas été interrompu. Quelques envies que j'ai eues parfois, en voyant cette peau si fine, murmura-t-il en appuyant la lame de son couteau sur la gorge de l'espion pour y tracer une ligne rouge.

- J'avais cru comprendre oui, souffla Alex en épiant Yassen du coin de l'œil.

- Quel dommage que je rencontre trop tard cette langue si bien pendue, soupira Kaplov. Je déplore de ne pas avoir l'occasion de faire plus ample connaissance avec elle.

- Vous vous en seriez lassé, continua Alex, en essayant de gagner du temps et de deviner quel allait être le premier mouvement de l'assassin.

- Évidemment, mais nos moments ensemble auraient été tellement plus amusants », répondit le mafieux en enfonçant un peu plus profondément la lame de son couteau dans la peau d'Alex pour tracer une ligne qui allait de son nombril à sa ceinture.

Écartant légèrement son couteau de la peau de l'espion, le mafieux commença délicatement à ouvrir son pantalon, ses intentions ne faisant guère de doute. Le jeune homme se tendit, sentant que si Yassen voulait passer à l'action, c'était le moment idéal. Soudain, au milieu du silence qui s'était fait presque total dans la pièce, Alex entendit un bruit sourd, et il vit dans le dos du mafieux son homme de main s'effondrer avec un son mat. Kaplov se retourna brusquement et l'espion en profita pour lui décocher un coup de genou violent dans le bas-ventre. Rejetant brutalement la tête en arrière, il entendit un craquement et la pression exercée sur ses bras se relâcha suffisamment pour qu'il les libère, juste à temps pour parer un coup de Kaplov qui s'était déjà ressaisi. Pivotant sur un pied, Alex envoya l'autre dans le visage du mafieux qui tituba. Dans la périphérie de son champ de vision, il vit l'assassin saisir la tête de l'homme de main et lui briser la nuque d'un geste précis et implacable.

Kaplov se dirigea vers la porte, mais Yassen l'intercepta et le jeta violemment sur la bâche avec un uppercut qui lui brisa le nez. Alex saisit au vol le pistolet que lui envoya l'assassin et le pointa sur le mafieux en enlevant la sécurité. Ce dernier tenta de se relever mais face aux deux hommes qui le tenaient en joue, il se contenta de secouer la tête avec un petit rire. Pas un cri n'avait été émis durant la scène et pendant un temps, aucun des trois n'effectua un geste.

« Ainsi donc la rumeur était vraie, articula lentement Kaplov en pressant sa main droite sous son nez en sang, l'indomptable Gregorovitch a trahi son camp pour le cul étroit d'un gamin.

- Je n'ai jamais été dans un autre camp que le mien, rétorqua Yassen sans que ni lui ni l'espion ne relèvent l'insulte. Et je suis certain que vous accordiez une certaine foi à cette rumeur, alors pourquoi m'avoir engagé ?

- Que voulez-vous que je vous dise ? soupira le mafieux d'un air faussement tragique. Naïveté ? Espoir d'être détrompé ? Goût du risque ? J'avais l'impression de faire face à celui que j'ai été. Nous sommes faits de la même matière, des êtres solitaires, sans véritable attache, traçant seuls notre route. Et il semblerait que nous ayons les mêmes goûts en matière d'amants, ajouta-t-il avec un sourire en regardant brièvement Alex, j'avoue avoir pris grand plaisir à profiter de ce qui ne m'appartenait pas.

- Nous partageons peut-être une vision semblable du monde, mais c'est sans doute la seule chose que nous ayons en commun.

- Je m'attendais à plus de réaction de ta part Alex, s'étonna Kaplov sans faire cas de la réponse de l'assassin. Pas de protestation fière à l'idée d'avoir été traité comme un outil ? Je suis presque déçu.

- Vous pensez réellement avoir compris qui j'étais ? répliqua Alex avec un sourire mi-surpris et mi-amusé. Cela fait bien longtemps que je ne m'appartiens plus, mais ce n'est certainement pas pour moi un objet de honte. Finalement, conclut-il en désarmant son pistolet et en le rangeant dans sa ceinture, à vous croire supérieur à tous, vous fonctionnez sans doute de manière bien plus simple et naïve que moi.

- J'ai rarement vu lavage de cerveau si remarquablement exécuté, dit le mafieux en observant le jeune homme se rapprocher du secrétaire. Peut-être aurais-je dû directement me tourner vers le MI6 pour former la relève de Scorpia.

- Encore une fois, vous ne voyez que ce vous voulez croire, répondit Alex avec un sourire en coin. Je n'ai jamais dit que j'appartenais au MI6. »

Le regard de Kaplov se fit légèrement interrogatif tandis qu'il passait de l'espion à l'assassin, tâchant de comprendre ce qui lui avait échappé, mais rapidement, son visage redevint impassible, et il n'eut aucune réaction en voyant l'espion se saisir du dossier qu'il avait mis des années à constituer. Lorsque celui-ci sortit de la poche arrière de son pantalon un briquet et mit feu aux autres papiers contenus dans le secrétaire, il se contenta de faire une remarque sur un ton presque attristé :

« Un si beau secrétaire datant de l'époque de la grande Catherine, quelle tristesse...

- De toute façon, sourit froidement Alex en tâchant de se rhabiller du mieux qu'il put, vous n'en aurez plus l'usage. Dommage que vous n'ayez gardé qu'un seul exemplaire de ce dossier, ajouta-t-il après un petit silence.

- Je n'ai jamais eu confiance en l'informatique, répondit le mafieux avec un petit sourire en coin. Apparemment, j'ai eu tort de l'accorder à un assassin.

- On ne peut pas toujours faire les bons paris, souffla Yassen

- Je suppose que me tuer était la dernière partie de ta mission, interrogea Kaplov en se tournant vers Alex.

- Absolument pas, répliqua celui-ci avec un air réjoui. Le MI6 sera sans doute horrifié d'apprendre la nouvelle. Votre disparition va bouleverser tout l'échiquier que vous aviez si soigneusement mis en place et ils vont devoir recommencer tous leurs travaux de renseignement à zéro. Mon chef sera furieux et vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me fait plaisir. »

Le mafieux eut un rire éberlué et secoua légèrement la tête tandis que Yassen se retint de lever les yeux au ciel. Kaplov reprit soudainement la parole, son grand sourire tranchant avec le contenu de ses propos :

« Vous êtes deux face à des dizaines d'hommes ayant l'ordre de tirer à vue. Si vous me tuez, vous n'avez aucune chance de vous en sortir vivants.

- Parce que vous nous laisseriez partir sans dommage si on ne vous tuait pas ? ironisa Alex. Entre nous Serguei, murmura l'espion en se rapprochant du mafieux comme pour lui faire une confidence, vous pensez vraiment qu'une poignée d'hommes font peur à l'assassin qui incarne Scorpia et à l'adolescent qui l'a mise à genoux ? »

Le jeune homme sentit alors un sifflement près de son oreille et à quelques centimètres de lui, Kaplov s'effondra au sol, un trou entre les deux yeux et un léger sourire encore aux lèvres. Alex se releva calmement et fit face à son amant avec un air désabusé.

« Frimeur, dit-il en rangeant tant bien que mal le dossier dans une poche intérieure de sa veste.

-Tu n'as encore rien vu », répliqua Yassen avec un regard amusé en portant la main à son talkie-walkie.


Et voilà ! Comme vous le sentez sans doute, nous approchons de la fin, et j'espère vraiment que le dénouement vous plaira. ;-)

Merci d'avoir lu et n'hésitez pas à laisser un petit commentaire. J'écris pour moi mais je poste pour vous, et j'aime toujours savoir ce que les gens pensent de mes histoires... ^^

À la semaine prochaine !